La monnaie dans tous ses états

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Français
488 pages
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Description


Notre système fabrique de la monnaie puis en détruit, mais il reste mal connu : d’où provient l’argent, où va-t-il ? Combien en circule-t-il ? Comment et combien en émettre – ou pas – ? De quoi un euro ou un bitcoin est-il la contrepartie ? Activerait-on sans péril la planche à billets pour le Revenu universel ?


En expliquant cette étrange mécanique qui crée à la fois trop de monnaie et pas assez, Philippe Laurier a écrit un livre sans idéologie, aussi exhaustif qu’original, qui dépasse l’actualité pour s’imposer comme un ouvrage de synthèse sur la monnaie et ses crises :




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Par son large panorama des théories, entre chapelles du laissez-émettre ou de la régulation, à travers les positions de Law, Keynes, Gesell ou Hayek, et la redécouverte des thèses inattendues de dizaines d’économistes au fil des siècles.




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Par sa mise en lumière de complémentarités entre ces écoles, avec leurs points forts ou faibles, et parfois les contradictions de celles qui professent de créer de la monnaie quand tout va bien pour répondre aux demandes... puis quand tout va mal pour répondre aux urgences.


Cette présentation des nombreuses manières d’espérer rendre l’argent efficace ou inoffensif, remises en perspective et expliquées, nourrit les débats contemporains sur les monnaies locales, sur le référendum suisse du « 100 % monnaie » pour retirer ou non aux banques commerciales la prérogative d’en émettre, ou sur le taux d’intérêt zéro des banques centrales par peur d’un taux d’inflation zéro (synonyme croit-on d'une croissance zéro) mais sans quête de justes taux.


L’ouvrage offre une relecture des phénomènes que sont la déflation, la croissance, la répartition et le déplacement des richesses. Il éclaire les politiques monétaires récentes en demandant si une fraction des milliers de milliards d’euros déversés eut obtenu de meilleurs effets, en étant mieux orientés.

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Nombre de lectures 40
EAN13 9782818807880
Langue Français
Poids de l'ouvrage 4 Mo

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PhilippeLaurier, chercheur en économie et docteur de l’université Paris 2 Panthéon Assas, est diplômé également de Paris 1 Sorbonne et de l’Institut d’Urbanisme de Paris. Il enseigne par ailleurs à l’École Polytechnique, à Télécom ParisTech, à l’Université Paris 9 Dauphine, à Paris 1 Sorbonne, à l’ENSEA et à l’ESIEA, ainsi qu’à l’ENSTA. Il a été maître de conférences (économie) à l’École des Ponts et Chaussées et a enseigné à l’EDHEC.
Auteur ou co-auteur de huit livres, notamment sur les crises, l’économie, la gestion et la tarification, il est membre du Comité de fondation de la Fondation Maurice Allais (Prix Nobel en sciences économiques 1988). Il est d’autre part co-auteur de brevets dans un établissement de recherche public, sur des architectures de télécommunications et de sécurité pouvant notamment être déployées pour des monnaies virtuelles. Il peut être joint à l’adresse :philippe.laurier@maxima.fr www.maxima.fr facebook.com/EditionsMaxima.VieProfessionnelle/ twitter : @maximaediteur
8, rue Pasquier, 75008 Paris. Tél. : + 33 1 44 39 74 00 ‒infos@maxima.fr © Maxima, Paris, 2018. ISBN : 978-2-818-80788-0 Photo de couverture : fotolia.com Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés pour tous pays.
Table des matières
Introduction Entre illusion et aveuglement monétaires
Trop & trop peu Des accusations de faux et usage de faux Trois formes de réelle création de monnaie (… de création de monnaie réelle)
PARTIE I UNE MONNAIE CRÉABLE EST MORTELLE
1 État des lieux Du faux neuf en guise de solution > Acheteur en dernier ressort > L’abolition proclamée des cycles économiques > Heureux celui qui trouve une trappe à liquidité Bis repetita > Jusqu’à la crise endémique > Jusqu’à l’addiction définitive Être payé pour recevoir de l’argent ? Le choix imparfait entre fabriquer de l’argent contre de la dette, ou fabriquer de l’argent contre rien La tendance vers une monnaie qui hypothèque le futu r, ou capitalise le passé La fin d’un modèle monétaire
2 L’enjeu : capter la « rente monétaire » La gratuité de la propriété, la propriété de la gra tuité Des rentes, au pluriel > Une première, où c’est la rente qui fait le prix (parfois nommée tribut) > Un deuxième type de rente, où c’est le prix qui fait la rente
3 Quand la monnaie créée fixe sa propre valeur, laq uelle décide de sa création (Causa sui ) Le combien > Le qui La défaite de qui emprunte pour consommer La victoire de qui emprunte pour spéculer Le quoi (un étalon)
PARTIE II PREMIER MODÈLE DE CRÉATION DE MONNAIE : « AUTANT QUE DE BESOIN »
1 Création et destruction au sein d’un processus un ifié
Une création pour destruction une fois la tâche ach evée Une autre création, avec destruction progressive
2 « AUTANT QUE » (… de besoin, de possible, de rais on ?) Une monnaie missionnée : quelques missions macro-éc onomiques
> La primauté du prisme temporel > Une monnaie grossissante > Davantage...
« Le trouble où nous sommes à présent pour la difficulté des monnoyes, m’a fait faire ceste digression. » Antoine de Montchrestien1615
Introduction Entre illusion et aveuglement monétaires
« Ce que l’on a pu imprimer de bêtises sur la monnaie de 1919 à 1922 est 1 inimaginable . » e ortebarbe, ou Courte-barbe, ménestrel du XIII siècle, a laissé une fable et 2 farce desTrois aveugles, une histoire de confiance collective en de l’argent qui n’existait que par la feinte d’un donateur puis par le comportement confianCquesoimoaainnecltstépé,seémique,dceéconop,rsèrCedipmoviAdqntunuoujègne,aleuqcnaifnocgetaanavntveouslaoceria.eomnnsouenetentien intéressé des réceptionnaires, qu’ils soient dépensiers ou thésaurisateurs. Illusion et subterfuge social dont on trouverait une copie conforme depuis le e dernier quart du XX siècle où, par des injections r utient la Trois aveugles faisaient chemin. Chacun d’eux avait sa sébile. Fort pauvres étaient leurs habits. Or un clerc venant de Paris, Qui en savait de toutes sortes, Vint à s’approcher des aveugles. Et le clerc à l’instant s’avise D’un bon tour qu’il va leur jouer. « Voici, fait-il, un bon besant en or ! Pour tous les trois je vous le donne. » — « Dieu vous le rende, fait chacun, et sainte Croix ; ce n’est vilain don. » Chacun d’eux croit qu’un autre l’a. Dans ce nouvel état d’esprit, Ils sont tout contents et joyeux. Le clerc les va toujours suivant, Et dit qu’il les suivra sans cesse Jusqu’à ce qu’il en ait vu la fin […]
La fin sera l’impayé laissé à un aubergiste par ces trois infortunés, dans la double acception du terme. Tenancier chez qui, se croyant et crus d’après leur mine enjouée porteurs d’un besantd’or frappée jadis à Byzance pièce , ils festoieront et prendront logis pour la nuit. Créer de la « richesse » sous forme de monnaie n’aura été que transférer de la pauvreté. Transfert dans l’espace puisque d’un porteur à un autreles aveugles vers depuis l’aubergiste; et dans le temps puisqu’une nuit s’écoulera...
PARTIE I
Une monnaie créable est mortelle
« […] tous ces engins nouveaux, billets de banque ou billets d’États, mandats et transferts télégraphiques, chèques […] Dans ces conditions, non seulement la théorie quantitative perd toute solidité, mais la valeur même du signe monétaire devient chose à peu près insaisissable. Au lieu d’en faire l’histoire, il faudra nous contenter de faire celle du pouvoir 1 monétaire . » Alfred de Foville, 1907
« Le pouvoir monétaire peut se définir comme le pouvoir correspondant à la création 2 monétaire, c’est-à-dire à la création de moyens de paiement . » Maurice Allais, 1992
« À partir du moment où l’on supprime toute référence métallique, le pouvoir de création 3 monétaire devient potentiellement infini . » 4 Thomas Piketty, 2013
Lorsque le président de la Banque centrale du Japon déclare « je suis convaincu qu’il 5 n’y a pas de limites aux mesures d’assouplissement monétaire », il reconnaît fonctionner par tâtonnements sur ces questions, François Perroux parlait d’empirisme aveugle, en mesuranta posteriori. Quand le Premier ministre japonais Shinzo Abe donne en 2013 la consigne à cette Banque du Japon de doubler la masse monétaire en deux ansordre de grandeur qui est dans l’esprit de la Banq ue Centrale Européenne également, un tel chiffre rond lancéà l’aveuglette est une manière de tirer sans viser, en se convaincant que si la cible s’avère ratée il suffira d’adopter un plus gros calibre. La presse titra à l’époque que l a Banque sortait la grosse artillerie. La même politique d’émission initiée par la Banque d’Angleterre fut qualifiée par le Parti conservateur en 2009 de « grand bond dans le noir ». Steve Forbes, rédacteur en chef du magazine économiqueForbes, compara en 2013 le président de la Fed Ben Bernanke à « un astronome aveugle ». Maurice Allais exprima l’opinion que les grands déc ideurs attendent tout de la monnaie mais la regardent sans la comprendre : « le degré d ’ignorance des grands dirigeants 6 mondiaux est fabuleux. Aujourd’hui ils sont tous hy pnotisés par la monnaie . » Autre forme d’aveuglement, avec la monnaie comme solution unique et martingale refuge, mais de leur part un seul mode d’emploi qui s’appar ente au fil des échecs à une méthode Coué.
1. Alfred de Foville (1842-1913),La monnaie, Gabalda & Cie, 1907, p. 146. 2. Maurice Allais identifie en matière monétaire un pouvoircréation la un problème et  les variations de valeur.InLe Pouvoir Monétaire », « Revue des Sciences Morales et
Politiques, Gauthier-Villars, 1992, n° 1, p. 36. 3. Thomas Piketty fait référence à une « immédiateté et illimitation de la création e monétaire ».InLe capital auXXI siècle. Éditions du Seuil, 2013, pp. 897 et 904. 4. Cette trajectoire où lepouvoir monétaire serait dupouvoir de création monétaire, souffrira de n’être pas unecréation de pouvoir d’achat, comme le résume Paul Fabra : « Si la Réserve Fédérale osait distribuer sans intermédiaire du pouvoir d’achat aux ménages, elle s’apercevrait vite que ce n’est pas du pouvoir d’achat qu’elle a prodigué. Son pouvoir est un non-pouvoir. ». Et peut-être une non-monnaie : « Le miracle de la multiplication […] se manifestait dans le domaine de la monnaie. Du coup, celle-ci cessa d’être tout à fait de la monnaie. »InLe capitalisme sans capital. EyrollesLes Echos, 2009, p. 52 et 250. 5. Haruhiko Kuroda, février 2016. Signe d’un exercice de communication pour soutenir la confiance des...