La télévision ivoirienne (RTI) de 1963 à 2011

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Plus d'un demi-siècle après sa création sous Félix Houphouët-Boigny, la RTI a-t-elle atteint l'objectif fixé au départ, renforcer la cohésion sociale, positionner le pays sur la scène internationale et promouvoir le développement ? A-t-elle été un organe de développement souhaité, où comme presque partout en Afrique, elle n'a été qu'un ordinaire instrument des pouvoirs politiques de Côte d'Ivoire ? La RTI par certaines émissions a joué un rôle dans l'histoire cinquantenaire et le développement du pays, mais en tant que monopole de l'Etat elle a souvent eu du mal à se soustraire de l'engrenage politique.

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Date de parution 01 décembre 2017
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EAN13 9782140053047
Langue Français

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Issa Yeresso Sangaré
La télévision ivoirienne (RTI) de 1963 à 2011 Issa Yeresso S
Média de développement ou instrument du pouvoir ?
La télévision ivoirienne (RTI) de 1963 à 2011
Ecrire l’Afrique Ecrire l’Afrique
La télévision ivoirienne(RTI)de 1963 à 2011 Média de développement ou instrument du pouvoir ?
Écrire l’Afrique Collection dirigée par Denis Pryen Romans, récits, témoignages littéraires et sociologiques, cette collection reflète les multiples aspects du quotidien des Africains.Dernières parutions Babacar dit KHALIFA NDIAYE,Les babouches du rat,2017. Boubacar BA,Un périple pour l’amour d’une mère, La valeur de la parole donnée, 2017. Vincent ROBIN-GAZSITY,Enfermé à Libreville,Sept jours en Chinafrique,2017. Yannick DUPAGNE,Deux mois à Bumba, Récit d’un enseignant bénévole en République démocratique du Congo, 2017. Marcel NOUAGO NJEUKAM,Et le prophète Odjokoro parla !,Roman, 2017. Boubacar Hama BEÏDI,Le bruissement des souvenirs. Récit d’un instituteur nigérien, 2017. Patrick Serge BOUTSINDI,Les amants de Bar-le-Duc, 2017. Paule FIOUX,Foudres d’Afrique. Les impostures d’une révolution, 2017. Guikou BILET ZAFLA,Un enfant du village, nouvelles, 2016. Gaston M’BEMBA NDOUMBA,Escale à Brazzaville, 2016. Moussa CISSE,Tombouctou à tout prix. Récit d’une passion pour le Mali, 2016. Joachim OLINGA,Les métis de ma mondialisation, 2016. Gaston M’BEMBA NDOUMBA,Escale à Brazzaville, 2016. Mamadou DANTÉ,Moi, l’étranger… Le Mali en mémoire, 2016. Aimé NOUTCHÉ,La route de l’exil, La veste du demandeur d’asile, 2016. Prosper GUBARIKA WA MUDI-WAMBA VANELLA,Péril en la demeure, 2016. Michel Dieudonné VOHITO,Polokamba. Hippopotame et esprit sur l’Oubangui, 2016. Alfred Diban KI,L’œil ouvert. Nouvelles, 2016.Aichetou CAMARA,Au-delà des frontières, 2016.Adrien POUSSOU,Black bizarre, 2016.
Issa Yeresso SANGARELA TELEVISION IVOIRIENNE(RTI) DE1963A2011 Média de développement ou instrument du pouvoir ? L’Harmattan
© L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-13282-2 EAN : 9782343132822
INTRODUCTION
Les médias sont, à n’en point douter, le moyen d’expression culturelle et de communication le plus important et le plus puissant. Ils façonnent notre quotidien en ce sens qu’ils contribuent largement à fixer les modes de pensée, à déterminer, en grande partie, les idées, les habitudes. Les médias sont devenus, en quelque sorte, les « juges de la vérité ». Ils décident et dictent la mode, la consommation, les modes de vie. Ils établissent ce qui est juste et ce qui est mal et décident quels sont les évènements importants et significatifs dans le monde. J’ai choisi de m’intéresser à un média spécifique, la télévision ivoirienne, connue sous l’appellation du groupe RTI. Depuis la création de la télévision ivoirienne, on déplore la baisse de la qualité des émissions et l’on incrimine les interférences du pouvoir politique, mais l’ignorance des mécanismes de la télévision ivoirienne empêche d’aller au-delà de la critique. Cet ouvrage s’appuie sur une expérience de trente-cinq ans à la télévision ivoirienne. Il trouve son point d’ancrage dans les rencontres qu’il m’a été donné l’occasion d’avoir avec le personnel, les différents dirigeants de la structure, les hommes politiques, les acteurs du monde culturel et sportif, etc. Les paroles et les silences des uns et des autres sont autant de témoignages des conflits d’intérêts à la télévision ivoirienne, mais, surtout des espoirs et des désillusions. Comme le souligne Hervé Bourges, «l’information catalyse, amplifie, répercute, mobilise, mais aussi, elle explique, elle classe, simplifie et justifie». Lorsque l’on s’interroge sur le rôle des différents médias dans ce contexte, il peut être utile de définir le concept de médias et ses implications éventuelles. On entend parfois certaines expressions associées au terme « média » : « médias de masse » ; « médias d’information » ; « médias people », etc. Mais que signifie le terme « média » ? Selon le Dictionnaire de l’Académie française, le mot « média » désigne «tout support de diffusion de l’information (la radio, la télévision, la presse imprimée, le livre, le téléphone, l’Internet) constituant un intermédiaire transmettant un message à l’intention d’un groupe».
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Dans les premiers cours de communication, les enseignants et les écrits des professionnels définissent le terme « média » dans l’acceptation la plus courante, tout moyen de diffusion naturelle ou technique permettant la communication d’un message, soit de façon unilatérale (transmission d’un message), soit de façon multilatérale (échange d’informations). Un média est donc au sens strict un agent de transmission. Dans ce sens, un média se présente généralement comme un agent neutre. Cependant malgré son état apparemment objectif, la nature d’un média détermine le style et la qualité du message qu’il peut transmettre. Plusieurs travaux de recherche se sont intéressés au rôle et à l’influence croissante des médias dans le monde. En Afrique, comme le relève Jean André Tudesq, l’étude des médias n’a pris sa place que tardivement dans les recherches scientifiques. Sans doute parce que les médias n’ont longtemps joué qu’un rôle restreint dans l’évolution des sociétés africaines et aussi parce qu’introduits par les Européens, ils sont restés et restent partiellement dominés par les modèles occidentaux. Les rapports entre les médias et la politique en Afrique sont assez complexes. Selon V.S. Fouda, «Ces rapports sont au cœur même de la vie politique du continent ne serait-ce que parce que, d’une part les deux réalités en question sont la résultante d’une conception exogène de la mise en rapport des hommes et des femmes, les uns avec les autres, par les moyens modernes de communication et d’autre part pour beaucoup d’africanistes, la démocratie telle qu’elle se vit aujourd’hui dans le monde est une curiosité pour l’Afrique».Sur un tout autre plan, de nombreuses questions se posent quant à la place des médias dans le processus de démocratisation sur le continent africain. Apparus avec la colonisation, après avoir servi les colons, puis, les dictateurs des lendemains des indépendances du continent noir, les médias africains influencés par leurs confrères du courant occidental et les pouvoirs politiques de leur terroir, se cherchent désespérément une voie honorable. Les partis politiques au pouvoir et ceux de l’opposition se partagent les mass media. Quelques rares hommes d’affaires, en quête d’hypothétiques bénéfices, jouent aux équilibristes entre ces deux tendances. Les médias du pouvoir sont ceux du service public que les différents régimes accaparent, monopolisent et instrumentalisent ; c’est le cas, pour la presse écrite, duSoleilau Sénégal, deCameroon Tribuneau Cameroun, deFraternité Matinen Côte d’Ivoire, etc. C’est le même constat pour la radio et la télévision : Radiodiffusion-Télévision
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Gabonaise (RTG), Cameroon Radio Television (CRTV), Radiodiffusion-Télévision du Burkina (RTB), Télé congolaise (RTC Brazzaville), Office de Radiodiffusion-Télévision Malienne (ORTM), Office de Radiodiffusion-Télévision du Bénin (ORTB), Ghana Broad Casting corporation, la RTS du Sénégal, la Télévision togolaise (TNT), Télé Sahel (ORTN) du Niger, l’Office National Radiotélévision du Tchad, de l’Algérie, de l’Égypte, de la Libye, du Maroc, de la Mauritanie, de Djibouti, de l’Afrique du Sud, de la Côte d’Ivoire (Radiodiffusion-télévision ivoirienne : RTI), etc. Pour ce qui est des médias d’État, officiellement de service public, ceux-ci sont en réalité, selon Albert Biombi (2008), un relais des instructions gouvernementales et du parti au pouvoir. La télévision est à ce jour, le média le plus consommé par la majorité des Ivoiriens. En Côte d’Ivoire, la Radiodiffusion-télévision ivoirienne (RTI) est l’objet de préjugés défavorables et tenaces. Sa quasi-gratuité, à la différence des autres médias, la rend, en effet, très attractive. La RTI a connu et subi les soubresauts des principales crises qui ont secoué la Côte d’Ivoire et mis à mal la cohésion sociale. Elle en a été parfois actrice ; engagée avec les régimes successifs à un tel degré que les vrais auteurs des dérives, les politiciens, les assoiffés de pouvoir, les pyromanes dont les propos sont relayés par la caisse de résonance RTI, la voix de son maître, sont rarement inquiétés. Cet ouvrage qui s’inscrit dans une perspective diachronique, essaie de retracer l’évolution de la télévision ivoirienne et son positionnement par rapport aux questions de développement et de propagande politique en Côte d’Ivoire.
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L’HISTORIQUE DE LA RADIODIFFUSION-TÉLÉVISION IVOIRIENNE (RTI)
J’ai mis les pieds, pour la première fois dans un studio de télévision en octobre 1975, suite à un concours direct de la Fonction publique. C’était au studio B de la Radiodiffusion-télévision ivoirienne (RTI) où j’ai effectué un stage d’imprégnation de trois mois avant mon départ pour ma formation aux métiers de l’audiovisuel en France. La France, autrefois La Gaule ! Cet hexagone unique au monde, culturellement, intellectuellement enrichi des apports extérieurs, est la belle France. Liberté-Égalité-Fraternité sont le socle de son humanisme. Oui, elle est belle la France… Un pays de verre où l’Information se cache peu et finit toujours par se révéler au grand public. Elle a pris des rides. Elle a atteint la ménopause physique, intellectuelle et politique. Atteinte de la maladie de Parkinson, elle tremble, panique sur ses bases ; elle est devenue amnésique. La race des grands hommes et femmes politiques rassembleurs et visionnaires y a disparu. À la place, des démagogues, hypocrites, starlettes façonnés par la télévision hypothèquent l’avenir des Français. Elle fabrique des politiciens qui ont à peine très peu d’expérience dans la gestion des affaires de l’État. La télévision est un organe, un appareil, un outil de communication qui aurait pu être pour moi un machin mystérieux si je n’avais pas été formé à ses métiers à l’Institut national de l’audiovisuel à Bry-sur-Marne, à Paris de janvier 1976 à septembre 1977 puis à l’Université Aix-Marseille 2, d’octobre 1987 à septembre 1989. Pendant trente-cinq ans à divers postes d’exécution et de hautes responsabilités, sans discontinuer, j’ai pratiqué la télévision parcourant le globe. Je m’en suis servi pour communiquer. La télévision m’a ouvert les portes, les fenêtres, les persiennes, les cheminées, les caniveaux, les égouts, puits perdus et autres souterrains du monde et de l’Univers. Oui, la télévision est un puissant moyen de communication ! Communiquer est essentiel, c’est le moyen unique et irremplaçable de briser l’isolement, de se faire comprendre, de s’enrichir des idées, de la culture des autres et d’appartenir à un groupe, à la société, de s’ouvrir au monde entier. Communiquer, c’est sortir de soi, pour être autrui, sans cesser d’être soi-même, sans dénaturer, ni dévaloriser l’autre à qui je transmets mes informations et de qui je
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