Le krach de la dette publique

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Le krach de la dette publique approche. Il exposera au grand jour les errements de l’économie, en théorie comme en pratique. En particulier la surépargne qui gangrène l’économie mondiale par l’endettement qu’elle implique pourra enfin être corrigée, au profit d’un système plus équilibré où les gains de productivité sont réellement répartis afin de nourrir la demande et la croissance.
Une nouvelle économie de marché émerge donc, dans un retour au libéralisme des Lumières où le concept de pouvoir est central. Une issue existe à l’impasse économique qui se profile, l’avènement de la démocratie en économie.

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Date de parution 01 janvier 2010
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EAN13 9782849241882
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,012 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Le krach de la dette publique
L’économie de surépargneLa collection « Essai » se veut ouverte aux nouveaux regards
portés sur les sciences, les faits de société et les questions
contemporaines.
Dans la même collection :
L’accueil des demandeurs d’asile de Carolina Kobelinsky
L’immigration : problématiques et défis de Violette Daguerre
L’Internet des objets : une réponse au réchauffement climatique de
Geoffrey Zbinden
Les droits de l’enfant : une fausse bonne idée de Philippe de Dinechin
Hyperphagie : l’obsession de manger de François Faucon
La nudité : pratiques et significations de Christophe Colera
Écoterroristes ou écoguerriers ? de Roger Ribotto
Le souverainisme : une idée certaine de la France de Philippe Boulanger
La jeunesse qui range sa chambre de Grégory Kapustin
Philosophie du ménage de Sébastien Groyer
L’écologie profonde de Roger Ribotto
La sexualité collective de Radu Clit
Chirurgie esthétique : les conseils d’un chirurgien de Vladimir Mitz
Psychologie de la fatigue de Jean-Louis Dupond
J’accuse la dérive de la psychanalyse de Sylvie Lanzenberg
Image de couverture : © Designer_Andrea - Fotolia.com
© Éditions du Cygne, Paris, 2010
editionsducygne@club-internet.fr
www.editionsducygne.com
ISBN : 978-2-84924-188-2Sébastien Groyer
Le krach de la dette publique
L’économie de surépargne
Éditions du Cygnedu même auteur :
La réalité du système social français, Éditions du Cygne, 2007
Philosophie du ménage, Éditions du Cygne, 2007Avertissement
Ce livre annonce une catastrophe économique, mais il n’est
pas catastrophiste. Il est au contraire optimiste, puisque la
catastrophe annoncée provoquera des bouleversements
1conceptuels jusqu’ici impossibles , bouleversements qui seront
sources de vastes transformations du monde. L’idée de la
possibilité d’un krach de la dette publique s’est récemment répandue
dans l’opinion publique, amenant toutes sortes de
commentaires, de la dénégation à la minimisation ou à l’affolement.
Néanmoins, même si ce krach apparaît inéluctable, il n’est que
le point de départ permettant de repenser la théorie
économique dominante, aussi bien que le système dominant, et de
repartir sur de nouvelles bases. La lecture de ce livre nécessite
donc une ouverture d’esprit importante, le renouvellement des
fondements économiques bouleversant la théorie et la pratique
économiques. Mais il s’inspire des plus grands penseurs
économiques, Smith, Marx et Keynes. Cet ouvrage se veut finalement
un dialogue avec leurs pensées, et une nouvelle formulation des
avantages du libéralisme en économie, libéralisme qui n’a
encore jamais vraiment existé, même s’il a été continuellement
invoqué depuis deux siècles.Préambule
Nous nous dirigeons vers un krach, celui de la dette
publique. La crise des subprimes a en effet été la dernière étape
avant le krach de la dette publique qui se prépare depuis 30 ans.
La bulle d’endettement privé qui a causé la crise des subprimes
en 2007 n’a en fait pas éclaté, elle a seulement été transférée de
la sphère privée à la sphère publique, par le biais de multiples
aides et dépenses publiques. Le krach de l’endettement public
est donc devant nous, et le sera tant que les déséquilibres
macroéconomiques actuels ne seront pas corrigés. Ainsi,
malgré les discours rassurants des dirigeants politiques et
économiques, le redémarrage de la croissance auquel nous
assistons repose uniquement sur l’endettement public, aussi
insoutenable que l’était l’endettement privé du début des années
2000.
En effet, de même que l’idée d’une économie basé sur
l’endettement privé a échoué avec la crise des subprimes, l’idée
d’une économie d’endettement public va échouer elle aussi. Le
krach de la dette publique est en gestation, commençant par les
plus petits pays, avant de se propager vers les plus grands. Un
changement d’époque se profile, comme en 1929, avec de
nouvelles idées, et en particulier une nouvelle théorie
économique capable d’expliquer pourquoi les théories actuelles n’ont
pas réussi à prévoir et éviter un tel krach. Le livre entre vos
mains a pour but de dévoiler cette nouvelle théorie
économique, en expliquant la cause du krach, aussi bien au niveau
théorique que pratique.
Mais cette nouvelle théorie économique ne peut être
complète sans un nouveau système économique, sorti du
socialisme comme du capitalisme. Le nouveau système économique
7repose sur des bases conceptuelles renouvelées, telles que le
marché, le libéralisme ou la démocratie, repensés et
redécouverts. Les systèmes économiques historiques que sont le
capitalisme, le communisme ou le socialisme, seront ainsi
abandonnés au siècle précédent, pour se tourner vers l’avenir, vers le
eXXI siècle. Ce nouveau système économique, hors des illusions
utopiques du marché efficient et de l’État, a pour objectif
d’éviter un retour aux solutions extrémistes du passé, un retour
à l’hégémonie de l’État et aux dictatures, en réponse à l’échec à
venir du capitalisme. Car, que ce soit dans le capitalisme ou
dans le socialisme, la question est seulement et toujours de
savoir qui détient le pouvoir.Introduction
Le monde est récemment sorti de ce que beaucoup
d’économistes ont présenté comme la pire crise économique depuis
1929, la crise des subprimes, nommée ainsi à cause des crédits
immobiliers hypothécaires américains. Malheureusement, cette
crise n’était que peu de chose. La crise des subprimes a
seulement éliminé un des modes possibles d’endettement,
l’endettement privé, pour se reposer sur le suivant,
l’endettement public, qui provoquera ce gigantesque prochain krach.
Pour comprendre le krach, il est donc nécessaire de revenir
rapidement sur cette ultime étape le précédant, la crise des
subprimes, car elle en est le précurseur, avant de se projeter sur
les responsables de ce krach et sur sa solution interdite,
l’inflation.
La crise des subprimes
Deux conceptions de la croissance par l’endettement se sont
opposées ces dernières années. La première, basée sur l’État, est
la conception latine de l’endettement, où les déficits publics
récurrents permettent de créer une croissance de la
consommation, entraînant avec elle une croissance du PIB. Hélas la
croissance du PIB est dans ce cas souvent limitée, puisque la
croissance de la consommation permet aussi aux importations
de progresser. Mais la croissance est néanmoins là, ce qui évite
de remettre en cause profondément le système de répartition
des revenus. L’État dépense toujours plus pour permettre, par
sa politique de redistribution et par un nombre très élevé de
fonctionnaires, la consommation nécessaire à la croissance de
l’économie. Sous couvert de keynésianisme conjoncturel qui se
9révèle structurel, l’État latin soutient l’économie de son pays
par la demande.
La deuxième conception, anglo-saxonne, s’est par contre
concentrée sur les individus, à cause du refus politique d’un
État trop fort et étendu. Au lieu de se fonder sur l’endettement
public, il a donc été fait appel à l’endettement privé. L’avantage
de la solution est évident : une dette répartie entre des millions
d’acteurs privés, basée sur leur richesse, que le marché devait
correctement évaluer et donc contrôler. Les dérapages publics
constants des pays latins entraînaient la réprobation et le
courroux de ceux qui avaient des budgets publics sains, les pays
anglo-saxons. Étrangement, les dérapages privés des pays
anglo-saxons n’entraînaient pas les mêmes réactions
orgueilleuses de la part des pays latins. Mais la crise des
subprimes a mis fin à ces dérapages privés, de façon très visible.
La conclusion de cette stratégie d’endettement privé est que
malheureusement le marché n’est pas un outil parfait, et que les
individus ont des capacités d’endettement limitées. Malgré
l’imagination des acteurs financiers de la dette immobilière, les
excès ont été dévoilés, entraînant une crise mondiale.
Il n’est pas ici question de retracer une histoire détaillée de
cette crise, mais de se concentrer sur une relation cruciale. La
crise des subprimes est apparue aux États-Unis juste après (et à
cause de) un relèvement agressif des taux d’intérêts directeurs
par la banque centrale américaine, la Fed, pour contrer
l’inflation. En seulement deux ans, de juin 2004 à juin 2006, le taux
2d’intérêt directeur a été remonté de 1,25 % à 5,25 % . Les dettes
à taux variable ont vu leurs intérêts exploser, les
remboursements sont devenus difficiles et comme le prix de l’immobilier
arrêtait de monter, un nouveau refinancement est devenu
impossible pour les propriétaires américains. La crise des
subprimes est alors apparue, et les gouvernements des pays
anglo-saxons, pour sauver leur système bancaire et leur
économie, ont transformé l’endettement privé en endettement
public (par des plans de soutien à la consommation, de garantie
10des dettes, d’investissement dans les banques, etc). Les
réprimandes aux pays latins sur la gestion de leur déficit public se
sont arrêtées, puisque les pays anglo-saxons s’y sont mis avec
ardeur, rattrapant en quelques mois leurs années de retard en
matière de dette publique. Pour sauver leur économie du
naufrage, un déficit public énorme était la meilleure solution.
Grâce à cette politique, les États des pays anglo-saxons ont
finalement recueilli les dettes de leurs citoyens. Ils ont nationalisé
les dettes privées. Pour une fois qu’une nationalisation a fait
l’unanimité, il est important de le souligner.
L’erreur de la Fed a donc été de refuser l’inflation, qui aurait
certes fait remonter elle aussi les taux d’intérêt, mais à un
rythme beaucoup plus lent que les 4% en 2 ans qu’elle a
ellemême imposé. L’inflation aurait diminué lentement le recours à
l’endettement privé par la hausse des taux d’intérêt, tout en
obligeant les individus à rembourser leur emprunt variable à un
prix progressivement plus élevé. L’inflation aurait surtout
permis une hausse nominale des salaires et du prix de
l’immobilier, permettant au final un désendettement progressif et sans
panique des individus. Mais la Fed, après plusieurs années de
politique monétaire très accommodante, n’a pas voulu laisser
l’inflation s’installer au mépris de son objectif de stabilité des
prix. L’augmentation énorme de l’endettement privé était
pourtant très visible (en 10 ans, le montant des dettes immobilières
américaines a été multiplié par 2,5, passant de 4 000 milliards de
dollars en 1998 à 10 500 milliards en 2008). Ce qui était moins
visible était la gestion désastreuse de ces dettes par le marché,
empilées dans des véhicules dédiés impossibles à évaluer.
La crise des subprimes n’a finalement été que le transfert
d’une économie basée sur la dette privée, à l’anglo-saxonne, à
une économie basée sur la dette publique, à la mode latine. Les
latins peuvent être fiers, la culture anglo-saxonne a perdu, les
individus ne peuvent pas s’endetter sans fin. Voilà
l’enseignement des subprimes. La dette privée a donc été transformée en
dette publique dans les pays anglo-saxons. Mais les États ne
11peuvent pas plus supporter une dette toujours croissante. Ils
ont bien sûr beaucoup plus de ressources et peuvent plus
facilement repousser l’échéance, sans pour autant empêcher un
krach inéluctable. Ainsi, la crise économique récente a fermé la
voie de l’endettement privé, la voie anglo-saxonne, ne laissant à
portée des pays développés que la voie latine, la voie de
l’endettement public. Les États ont donc tous choisi cette voie,
volontairement ou non, les États-Unis en tête.
Il est facile de blâmer le comportement dépensier des
individus américains, qui ont succombé à l’attrait de la dette pour
continuer à consommer toujours plus et beaucoup trop.
Pourtant, au-delà de leurs erreurs, il a fallu des investisseurs
pour leur prêter aussi largement, sans quoi les subprimes
n’auraient jamais été aussi catastrophiques. Ces investisseurs, fonds
de pensions, pays asiatiques, pays pétroliers, disposant d’une
épargne colossale, ont paradoxalement provoqué la crise des
subprimes, à leur façon. La crise des subprimes a en réalité été
une crise de surépargne avant d’être une crise de
surendettement et de surconsommation. Et cette crise de surépargne n’est
pas terminée, loin de là.
L’inflation comme seule solution
La suite de la crise des subprimes est donc le krach de la
dette publique. Ce krach est théoriquement parfaitement
évitable, avec une politique d’inflation modérée (3 à 5% par an)
sur la décennie à venir. Mais cette solution, l’inflation, s’oppose
aux postulats économiques actuels des banques centrales, et aux
3désirs des investisseurs porteurs de dettes d’État . Il est vrai
qu’accepter l’inflation s’apparente à accepter un vol déguisé de
la part des États puisqu’ils ne rembourseront pas véritablement
leurs dettes, seulement du papier dévalué. Mais entre deux
maux, krach ou vol, le moindre est le meilleur. Vol est d’ailleurs
un mot trop violent, le terme ‘impôt indirect’, beaucoup plus
politiquement correct, est donc préférable.
12L’autre solution préconisée depuis longtemps serait de
combler le déficit de l’État. Mais la tâche est impossible dans la
pratique sans inflation. En effet, il existe 3 façons de réduire un
déficit public sans recourir à l’inflation : des réductions
budgétaires à court terme à PIB constant, une augmentation des
impôts à court terme à dépenses constantes, ou une maîtrise
des dépenses conjuguée à une croissance économique soutenue
à long terme (ce qui aboutit sur le long terme à une diminution
des dépenses par rapport au PIB et à une augmentation des
impôts, corrélés au PIB, donc à un rééquilibrage entre les
recettes et les dépenses). Malheureusement, ces trois options
sont impraticables, même si de nombreux économistes
orthodoxes les défendent, car elles existent en théorie. La première
4option est stupide économiquement : la réduction rapide des
dépenses élevées de l’État amènerait une récession, annulant les
efforts de réduction du déficit. En effet, si la demande que ce
déficit soutient structurellement venait à disparaître, une baisse
de la production, une récession, apparaîtrait aussitôt. La
récession issue de la réduction des déficits publics entraînerait
chômage et réduction d’activité, et donc des recettes fiscales
5diminuées, et des dépenses augmentées . La tentative de réduire
un déficit public structurel par une baisse rapide des dépenses
est par conséquent souvent impossible.
La deuxième solution de réduction du déficit,
l’augmentation massive des impôts, se heurte quant à elle à plusieurs
problèmes cumulés. Le premier et non le moindre est l’ampleur
du déficit à combler : pour la majorité des pays développés, il
faudrait augmenter de plus de 50 % les impôts actuels. Cette
augmentation énorme, simplement pour équilibrer les budgets
publics, provoquerait certainement des résistances politiques
très fortes, et, si elle était appliquée, une évasion fiscale très
importante. En effet, le gouvernement qui aura le courage
politique – et la capacité – d’augmenter aussi massivement les
impôts ne semble pas encore exister. Même si l’augmentation
des impôts est la solution la plus simple pour réduire
rapide13ment un déficit, le suicide politique qu’impliquerait une telle
mesure apparaît inenvisageable par des politiciens. Et si cela
arrivait, deux contraintes importantes apparaîtraient. La
première est la baisse de la compétitivité de l’économie
domestique due à cette augmentation d’impôt. Une imposition réalisée
intelligemment pourrait limiter cette contrainte en imposant
majoritairement la consommation. Mais cela amène à la
deuxième contrainte, qui est celle du transfert de la
consommation privée vers les impôts : la diminution importante de la
consommation privée due à la hausse d’impôts entraînerait une
récession et le retour au cercle vicieux de la première solution
(une récession amène une baisse des recettes et une hausse des
dépenses). L’augmentation des impôts, théoriquement
intéressante, semble donc en pratique impossible, autant d’un point de
vue politique qu’économique. D’un côté, un tel niveau
d’augmentation des impôts est presque impossible à faire accepter
politiquement, de l’autre la diminution de la consommation
issue de la hausse des impôts provoquerait certainement une
récession qui ne résoudrait rien, sans parler de l’évasion fiscale.
Enfin, la troisième solution, patienter, est la solution
privilégiée par beaucoup de politiciens. Celle-ci permet de ne pas
prendre de véritables mesures impopulaires, et de repousser à
plus tard le problème du déficit, en attendant une croissance
économique soutenue. La troisième solution est donc la moins
complexe, mais la plus hypothétique, puisqu’elle revient à parier
sur une croissance économique forte qui réduira d’elle-même le
déficit. Cette solution devrait être privilégiée par tous les États
développés fortement endettés, comme elle l’a été
historiquement dans les pays latins. Il faudrait donc renouer avec une
croissance forte qui permette aux États de se désendetter
progressivement. La bonne question devient alors : d’où
viendra cette croissance avec une demande mondiale faible, et
des États massivement endettés pour maintenir l’économie ? Le
monde a les yeux rivés sur l’Asie, attendant un décollage de la
consommation intérieure asiatique (chinoise et indienne en
14