Les défis du développement de l'Afrique contemporaine

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Français
192 pages
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Description

Cet ouvrage tente de décrypter les principaux défis qui caractérisent l'Afrique moderne. Tour à tour, les challenges de la famine et de la malnutrition aiguë, de la sous-industrialisation, de la bonne gouvernance économique et politique, du rattrapage scientifique et technologique, du tribalisme et du confessionnalisme politique, du financement de l'économie sont minutieusement examinés.

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Informations

Publié par
Date de parution 01 novembre 2012
Nombre de lectures 19
EAN13 9782296508354
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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E

René N’Guettia Kouassi

LES DÉFIS
DU DÉVELOPPEMENT
DE L’AFRIQUE
CONTEMPORAINE

Préface d’Edem Kodjo








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Collection IREA
Collection dirigée par David Gakunzi

Fournir des clés permettant de mieux comprendre l'Afrique, son
histoire, ses réalités et mutations actuelles, ainsi que sa
géopolitique, voilà l'ambition de cette collection de l'IREA
(Institut de recherche et d'études africaines).La collection - qui
réunit aussi bien des essais, des monographies que des textes
littéraires issus des travaux et des débats animés par l'Institut - a
pour vocation de faire connaître au grand public les travaux
d'auteurs confirmés mais également ceux de jeunes talents encore
méconnus. Les ouvrages dela collection sont rédigés dans une
langue conviviale, vivante et accessible.

Dernières parutions

Joao Maria Futi,Essai de morphologie lexicale du Cisuundi du
Cabinda (Angola), 2012.
Philippe Duval,Côte d’Ivoire. Chroniques de guerre 2002-2011,
2012.
Brian Tourré,à la « Chinafrique »De la « Francafrique », 2012.
Théophile Obenga,: la seuleL’État fédéral d’Afrique noire
issue,2012.
Jean-David N’Da,Le nouvel ordre ivoirien, 2012.
Roger Gballou,Côte d’Ivoire : souveraineté bafouée, 2011.
Calixte Baniafouna,La démocratie de l’ONU en Côte d’Ivoire,
2011.
Calixte Baniafouna,Ce que France veut Afrique veut : le cas de
la Côte d’Ivoire, 2011.
Calixte Baniafouna,La démocratie néocoloniale de la France,
2011.
Roger Gballou,Côte d’Ivoire, le crépuscule d’une démocratie
orpheline,2011.
David Gakunzi,Libye : permis de tuer,2011.

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Préface d’Edem Kodjo























































































































Du même auteur

Comment Gouverner autrement la Côte d’Ivoire,
L’Harmattan, 2010.

Les Chemins du Développement de l’Afrique,
L’Harmattan, 2008.

© L’Harmattan, 2012
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-96775-5
EAN : 9782296967755

À mon épouse

À mes enfants

La Commission de l’Union africaine n’entend donner aucune
approbation ou improbation aux opinions émises dans cet
ouvrage. Celles-ci doivent être considérées comme propres à
leur auteur.

SIGLES

ABCA : Association des Banques Centrales Africaines
ACDC :Accord sur le Commerce, le Développement et la
Coopération
APD : Aide publique au Développement
BAI : Banque Africaine d’Investissement
CAE : Communauté de l’Afrique de l’Est
CAF : Coût Assurance Fret
CEDEAO : Communautééconomique des États de l'Afrique de
l'Ouest
CEN-SAD: Communauté des Etats Sahélo-Sahariens
CER : Communauté Economique Régionale
COMESA : Marché Commun pour Afrique de l’Est et Australe
ECOSOC : Conseil Économique et Social
FED : Fonds Européen de Développement
FMA : Fonds Monétaire Africain
FMI : Fonds Monétaire International
IAA : Industrie agro-alimentaire
IGAD : Autorité Inter-Gouvernementale sur le Développement
MEDA : Mediterranean Economic Developement Area
NEPAD : NouveauPartenariat Économique pour le Développement
de l’Afrique
OMD : Objectifs du Millénaire du Développement
PNB : Produit National Brut
PVD : Pays en voie de développement
PD: Pays développés
SADC : Communauté de Développement de l’Afrique Australe
TICAD :Conférence internationale de Tokyo sur le Développement
en Afrique
UA : Union africaine
UMA : Union du Maghreb arabe
UN-NADAF : NationsUnies-Nouveau Agenda pour le
Développement de l’Afrique

AVANT-PROPOS

Cet ouvrage est l’aboutissement de profondes réflexions
portant sur les pistes à faire valoir pour libérer l’Afrique du
sous-développement structurel et chronique. Il propose aux
décideurs économiques et politiques africains des repères leur
permettant de mieux cibler les handicaps du continent afin de
leur administrer la thérapie la plus efficace et durable. Les défis
identifiés dans le présent ouvrage constituent la toile de fond de
tous les défis auxquels l’Afrique contemporaine doit faire face.
Leur résolution constitue donc le préalable à toutes stratégies de
développement au niveau du continent. Ces défis ne sont certes
pas exhaustifs, mais la teneur qu’ils comportent les place au
début du long chemin qui amène à l’émancipation économique
et politique totale de l’Afrique tout entière.

Ce livre a pu voir le jour grâce au précieux concours de
Mme Kokobé George qui a su mettre du sien pour saisir le
manuscrit et intégrer toutes les modifications requises. Qu’elle
trouve ici mes sincères remerciements et ma profonde
reconnaissance.

PRÉFACE

Les défis du continent sont énormes. Les priorités sont
partout. Tout est priorité en Afrique. Tous les sujets sont des
défis à relever et, pour les décideurs économiques et politiques
du continent, la tâche n’est pas facile. Ne serait-ce que savoir
par où commencer? Par quel angle aborder telle difficulté?
Comment classer les priorités? Une telle situation ne leur
facilite guère la tâche et leur renvoie en permanence les
questions délicates suivantes, à savoir: par quel bout
commencer ?Par quel angle faut-il attaquer? Quelle est la
priorité des priorités? Quel ordre de priorité faut-il établir?
Bref, la question récurrente: par où commencer? Semble être
la plus posée par tous ceux qui ont une responsabilité à assumer
en Afrique. Depuis les années 60, période où la plupart des pays
du continent se sont affranchis de la domination politique et
économique étrangère, certaines questions que l’on a pu penser
révolues, sont toujours d’une cruelle actualité, «notamment la
question, par où commencer ? ». Les responsables se succèdent
à la tête des institutions ou des services, sans que ce type
d’interrogation ne trouve une réponse efficace et durable.

L’Afrique doit maîtriser les véritables leviers de son avenir
économique et politique, s’accorder sur l’essentiel et trouver en
son sein les moyens nécessaires pour s’approprier son destin.
Le temps de la rhétorique est passé, il faut faire le choix des
solutions qui éloignent le continent de la pauvreté et de la
misère. Le renouvellement sans fin des urgences quotidiennes
conduit les décideurs économiques et politiques africains à la
recherche des solutions miracles, au point d’en oublier les
solutions essentielles qui sont pourtant à portée de main. Le
présent ouvrage invite à les découvrir et à les maîtriser ; mieux,

il élabore une grille de préoccupations qui, une fois résolues,
ouvriraient la voie au succès du processus de développement de
l’Afrique. Les titres et sous-titres de l’ouvrage lèvent à la fois le
voile sur les problématiques de base et tentent de proposer de
nouvelles pistes à explorer, capables de conduire à une vraie
renaissance de l’Afrique.

Il interpelle tous les leaders et citoyens africains sur
l’extrême urgence qu’il y a à poser les questions de fond et à y
répondre. La pertinence des questions traitées, l’originalité des
solutions proposées et la facilité d’accès aux idées qui y sont
exprimées, retiennent l’attention et méritent que tous ceux qui
s’intéressent à la résolution des problématiques du
développement du continent africain s’y arrêtent.

Edem KODJO
Président de PAX AFRICANA
Ancien Secrétaire Général de l’OUA
Ancien Premier Ministre du Togo

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INTRODUCTION

Dieu, dans toute sa miséricorde, a tout donné à l’Afrique.
Dieu a mis à sa disposition toutes les potentialités de croissance
et de développement. En Afrique, tout porte à croire que toutes
les potentialités naturelles susceptibles de susciter le
développement s’y sont donné rendez-vous. Ce qui laisse dire
que le continent africain, à certains endroits de sa superficie,
constitue même un scandale géologique faisant ainsi allusion à
l’immensité des ressources naturelles de tout genre que ce
continent recèle. Et pourtant, après plus d’un demi-siècle
d’autonomie relative de gestion des affaires domestiques, le
continent a du mal à s’extraire de la pauvreté et de la misère.

L’Afrique est aujourd’hui le réservoir des terres arables, et
pourtant, elle n’arrive pas à développer son agriculture pour
soustraire ses nombreuses populations à la famine persistante et
à la malnutrition grandissante. L’Afrique regorge de toutes les
matières premières minières et énergétiques, et pourtant, elle
demeure encore à la traîne du monde industrialisé. Son
industrie, exception faite de l’Afrique du Sud, reste pour
l’essentiel à l’état embryonnaire faute d’un financement
substantiel et durable, d’une maîtrise de technologies
appropriée, d’un savoir-faire managérial digne de ce nom, et
d’une bonne gouvernance économique et politique, toile de
fond de tout succès industriel. Ce sous-développement
industriel expose l’Afrique aux effets pervers des chocs
endogènes et exogènes.

Et que dire de son processus d’intégration qui ne connaît pas
un rythme soutenu à la hauteur des ambitions des populations
africaines. Et pourtant, depuis le 25 mai 1963, date de la

création de l’Organisation de l’Unité africaine (OUA), plusieurs
projets et programmes intégrateurs ont été adoptés, parfois dans
un enthousiasme débordant, par les autorités africaines. Au
nombre de ceux-ci figurent principalement le Plan d’action et
l’Acte final de Lagos (1980); le Traité d’Abuja instituant la
Communauté économique africaine (1991, et entré en vigueur
en 1994); la Déclaration de Syrte (1999); et l’Union africaine et
son programme historique NEPAD (2001, puis lancée en 2002).
Toutes ces nobles initiatives, traduction parfaite de la volonté
politique des dirigeants africains de booster la dynamique de
l’intégration régionale et continentale, n’ont, jusqu’à ce jour,
pas permis d’atteindre les résultats escomptés. Et pour cause,
une foison d’obstacles jalonne les chemins de l’intégration en
Afrique au sein desquels se révèlent: l’insuffisance criante de
ressources financières, la persistance des souverainetés
nationales ;la non-intégration des décisions politiques prises à
l’échelle régionale et continentale dans les législations
nationales ; la multi-appartenance des États à des Communautés
économiques régionales ou à des organisations
intergouvernementales ;la pauvreté des régions et du continent en
infrastructures physiques et institutionnelles; l’absence de
leadership politique, etc. Finalement, l’effet conjugué de toutes
ces contraintes obère significativement les processus
d’intégration régionale et continentale et, de facto, prive
l’Afrique d’un pan considérable des atouts lui permettant de
relever les défis majeurs des temps modernes.

Par ailleurs, il convient de souligner que, l’un des défis à
relever par l’Afrique, réside dans le fossé scientifique et
technologique grandissant qui la sépare du monde développé et
des pays émergents ou émergés. Ce retard scientifique et
technologique est à rattraper par l’Afrique quel que soit le prix à
payer sous peine d’être confinée de façon quasi permanente
dans le cul-de-sac de la pauvreté et de la misère, d’une part, et
d’autre part, de subir toutes les affres de la domination
extérieure.

Aussi, ne dit-on pas que la paix, c’est l’autre nom du
développement ? Les multiples conflits que connaît le continent

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africain sont de nature à annihiler tous les efforts visant à y
créer les conditions de l’avènement d’une croissance
économique forte et durable, sans laquelle tout processus de
développement est structurellement handicapé. Le défis de la
pacification totale et durable du continent est à surmonter afin
de favoriser la traduction dans les faits des immenses
potentialités qu’il regorge et de permettre à chaque Africain de
connaître l’éclosion de son génie créateur. Pour installer de
manière irréversible l’Afrique dans un environnement de paix et
de sécurité durables, la voie la plus sûre et la plus crédible qui
résiste à l’usure des temps se trouve dans l’adoption des vertus
de la bonne gouvernance économique et politique. La bonne
gouvernance, dit-on, est la meilleure conseillère en matière du
développement. Elle s’impose aujourd’hui comme un passage
obligé à tous les décideurs économiques et politiques.
L’Afrique ne peut pas s’y dérober au risque de connaître de
façon permanente une instabilité économique, politique et
sociale.

Ensuite, on ne le dira jamais assez, le développement est
d’abord et surtout un processus endogène. Tous ses leviers de
commande doivent avoir un ancrage domestique. Dans ce
processus endogène, l’aide extérieure ne doit constituer qu’un
appoint. Or, que constate-t-on aujourd’hui? Un examen de
proximité des sources actuelles du financement des économies
africaines laisse entrevoir que celles-ci restent confiées au bon
vouloir des bailleurs de fonds. En réalité, tout porte à croire que
le financement extérieur s’est substitué (ou semble le faire) au
financement interne. Dans ce cas de figure, le développement
de l’Afrique semblerait s’apparenter à des chimères si cette
tendance n’était pas inversée. Trouver en son sein les
mécanismes essentiels du financement de ses économies,
constitue un autre défi que l’Afrique d’aujourd’hui doit relever.

Un autre challenge, non des moindres, se loge dans la
rationalisation des partenariats avec le reste du monde.
Aujourd’hui, l’Afrique se trouve au centre des intérêts des pays
du G8 et des pays émergents du BRIC que sont le Brésil, la
Russie, l’Inde et la Chine. Entre autres raisons justificatives

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d’une telle situation figure au premier chef, l’immensité des
ressources de toute sorte dont regorge le continent africain. La
multiplicité de ces partenariats, doublée de l’absence, en
Afrique, d’un cadre stratégique panafricain de coopération
internationale, présente des allures d’une cacophonie. Or, il est
connu de tous que ces partenariats proposés à l’Afrique
n’échappent pas à la logique de la poursuite des intérêts d’États
qui fonde les relations entre Nations. D’où l’urgente nécessité
pour l’Afrique de mieux s’organiser pour proposer des réponses
concertées et responsables aux nombreuses demandes de
partenariats qui lui sont adressées.

Finalement, plusieurs gageures se dressent sur le chemin du
progrès de l’Afrique. En Afrique, « tout est prioritaire » ; « tout
est défi» a-t-on coutume d’affirmer. Mais les contraintes
financière, scientifique et technologique que connaît ce
continent lui imposent une démarche dans son processus de
développement. À nos yeux, cette démarche requiert qu’un
certain nombre de préalables, voire d’obstacles soient levés.
Ces préalables se logent dans la résolution, de façon efficace et
durable, des nombreuses problématiques parmi lesquelles
figurent celles relatives aux défis sus-mentionnés. Le
développement des différents chapitres du présent ouvrage
aideront à mieux appréhender ces problématiques et à mieux
saisir la portée des thérapies qui leur sont proposées.

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