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Un projet de barrage hydroélectrique au Gabon

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La centrale hydroélectrique de Kongou était destinée à alimenter en électricité une usine chinoise dans le cadre de l'exploitation du minerai de fer de Bélinga. Autour de ce projet se retrouvaient plusieurs acteurs: l'Etat, les opérateurs économiques chinois et nationaux, les ONG et les populations locales. Ce livre analyse les motivations de ces différents acteurs et vise à comprendre les intérêts que chaque acteur social attache à ce milieu.

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Date de parution 01 mai 2013
Nombre de lectures 5
EAN13 9782296536531
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

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Paulin KIALO et Flora EKOZOWAKA NGUEMASSA
Un projet de barrage hydroélectrique au Gabon
L’affaire Koungou
Un projet de barrage hydroélectrique au Gabon
L’affaire Kongou
Études africaines Collection dirigée par Denis Pryen et François Manga Akoa Dernières parutions Paulin KIALO,Les proverbes de la forêt chez les Pové du Gabon, ʹͲͳ͵. Daha Chérif BA,Cultures populaires en Sénégambie. L’exemple des Fulbe (1512 – 1980), ʹͲͳ͵. Stéphanie NKOGHE,L’éducation traditionnelle fang en muta-tion, ʹͲͳ͵. Prof. KIMPIANGAMAHANIAH,Kasa-Vubu, Lumumba et l’indé-pendance du Congo. 1956-1960, ʹͲͳ͵. Hilaire KOUOMEGNENOUBISSI,Centralisation et décentrali-sation au Cameroun. La répartition des compétences entre l’État et les collectivités locales, ʹͲͳ͵. Myriam LEGENNE,Soins et altérité, ʹͲͳ͵ Kyalondawa NYABABA,Les Pygmées face à une modernité économique et religieuse importée. Les enjeux de l’inscription du christianisme dans une culture africaine de frappe écolo-gique, ʹͲͳ͵. Paulin KALALAKABEYA, L’école des compétences dans l’optique de la gestion mentale. Essai de pédagogie de la gestion mentale, ʹͲͳ͵.Noël Bernard BIAGUI,Le gúbaher - parler baïnouck de Djibonker (Basse-Casamance, Sénégal).Éléments de descrip-tion linguistique : phonologie et classes nominales,ʹͲͳ͵. Erick CAKPO,Art chrétien africain, Caractéristiques et enjeux, ʹͲͳ͵. José KAPUTALOTA,Révolution culturelle et développement en Afrique, ʹͲͳ͵. Jérémie TOKO,Rivalités ethniques mimétiques en Afrique. Déficit démocratique et sous-développement au Cameroun, ʹͲͳ͵. Bernard SIMITI,De l’Oubangui-Chari à la République centrafri-caine indépendante, ʹͲͳ͵. Jessica HAMADZIRIPI,Poverty eradication in Zimbabwe,ʹͲͳ͵.
Paulin Kialo et Flora Ekozowaka Nguemassa
Un projet de barrage hydroélectrique au Gabon
L’affaire Kongou
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Du même auteur Paulin KIALO,Les proverbes de la forêt chez les Pové du Gabon, L’Harmattan, ʹͲͳ͵
© L’Harmattan, 2013 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : ͻ͹ͺ-ʹ-͵͵͸-ͲͲͺͺͳ-͵ EAN : ͻ͹ͺʹ͵͵͸ͲͲͺͺͳ͵
Introduction
«Même s’il faut pactiser avec le diable, les mines de fer de Bélinga seront exploitées. Pourquoi ces ONG internationales ne vont-elles interdire l’exploitation des ressources naturelles chez elles ? Nous avons besoin des ressources naturelles pour nous développer». Ainsi s’exprimait le défunt président gabonais, El Hadj Omar Bongo Ondimba, en réponse à une coalisation d’ONG environ-nementales nationales et internationales du fait qu’aucune étude d’impact environnemental et social n’avait été effectuée par rapport au projet de construction d’un barrage hydroélectrique sur les chutes de Kongou, chutes comprises dans un parc natio-nal. Cette centrale hydroélectrique était destinée à alimenter en élec-1 tricité l’usine chinoise de Comibel dans le cadre de l’exploitation du minerai de fer de Bélinga. Ce n’est que secon-dairement qu’elle devait servir aux villes de Makokou, de Mé-kambo, de Booué et d’Ovan au Nord-est du Gabon. Autour de ce projet se retrouvaient plusieurs acteurs : l’Etat, les opérateurs économiques chinois et nationaux, les ONG et les populations locales. Les discours des Chinois, de l’Etat et des ONG environnemen-tales étaient connus : les deux premiers manifestaient, dans l’ensemble, la volonté de réaliser ce projet pour des raisons socio-économiques, les ONG quant à elles s’y opposaient pour deux raisons principales : écologiques d’abord et ensuite, con-séquence de cette dernière, les chutes font partie du Parc natio-nal d’Ivindo comme précédemment mentionné. Dans l’entendement du gouvernement gabonais de l’époque, 2 notamment des ministères des mines et de celui de l’emploi , ce barrage devait constituer un puissant moteur pour le dévelop-
1 Compagnie Minière de Bélinga. 2  Celui de l’environnement manifestait une certaine opposition vu qu’aucune étude d’impact sur l’environnement n’avait été menée.
pement économique et social de cette région et partant du Ga-3 bon . 4 Selon la Commission Mondiale pour les Barrages (2000), il existe près de 80 000 barrages hydroélectriques au monde, c’est dire la place qu’ils occupent dans l’industrie et l’usage domes-tique. Une ville comme Las Vegas a été créée en plein désert et c’est un barrage qui lui donna vie. Elle est devenue une célébri-té qui attire les populations du monde entier, notamment pour ses salles de jeux de hasard. Mais la construction de ces édifices ne se fait pas sans causer quelques dommages à l’environnement et des soucis aux popu-lations riveraines, surtout depuis que les problèmes environne-mentaux sont au cœur des préoccupations de l’humanité. Même s’il est reconnu que cette source d’énergie est la moins pol-luante du monde, elle pose néanmoins d’autres problèmes : inondation, déplacement des populations, misère rurale (les populations ne peuvent plus mener leurs activités agricoles comme auparavant). Cette situation interpelle les sciences sociales en général et l’anthropologie en particulier, dès lors que la construction d’un tel édifice fait appel à des logiques qui ne sont pas forcément en accord avec les points de vue endogènes, c’est-à-dire ceux des populations locales. L’anthropologie est ici interpellée, et on peut s’accorder, dans ce contexte pour dire avec François La-plantine (1995, 23) que «L’anthropologie est un regard sur l’autre, elle concerne aussi bien les formes de parenté que les systèmes politiques, l’habitat et le langage ou les croyances religieuses, elle étudie aussi bien toutes les sociétés tradition-nelles que les sociétés post-industrialisées dans le souci perma-nent de confrontation». Les grands barrages renvoient presque uniquement à une tech-nicité, à l’ingénierie et leurs prouesses, à des noms, à des sym-boles nationaux (Hoover, Assouan, etc.) ; parfois à des catas-trophes mémorables (Malpasset en France, les Trois Gorges en Chine, etc.). Ils renvoient aussi à une réponse aux besoins hu-
3 Il était prévu la création de 3500 emplois directs et indirects et la construc-tion d’un chemin de fer. 4 CMB.
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mains, dans les domaines notamment énergétique et agricole. Seulement, au sortir d’un siècle qui a vu dominer la politique des grands équipements comme principale réponse à l’accroissement des besoins humains, la société civile avance de nouvelles interrogations : dégâts écologiques (du fait de l’inondation éventuelle de sa zone d’emprise), appauvrissement des populations locales (consécutive à leur déplacement), échecs économiques du projet lui-même, ont été parfois dénon-cés (les populations n’en sont pas toujours les principales béné-ficiaires). En effet, il est un prix à payer pour ces retenues d’eau. Des populations entières sont déplacées. Les promesses d’aide à leur réinstallation sont rarement tenues conduisant ainsi à la misère et à la déchéance, voire à la perte de civilisations anciennes. De même, les écosystèmes fluviaux, adaptés aux variations natu-relles des cours d’eau, disparaissent avec la régulation de ces derniers entraînant ainsi une irrémédiable perte de la biodiversi-té (Leslie 2008). C’est ce type d’édifice qui devait être construit sur les chutes de 5 Kongou. Ces chutes sont le « patrimoine » des Makina et Ba-6 kota qui y pratiquent la pêche et la chasse. Mais au-delà de ces populations locales, ces chutes sont aussi « fréquentées » par 7 l’Etat, à travers le Parc National de l’Ivindo , dont elles consti-tuent l’argument emblématique. 8 A ces deux acteurs, il faut ajouter les ONG environnementales et les opérateurs économiques. Les premiers œuvrent pour la protection de l’environnement, les deuxièmes, quant à eux, exploitent rationnellement la ressource (Figet) tandis que cer-tains prônent une mise en valeur dont l’une des conséquences est la modification de l’environnement. L’objet de notre travail est d’analyser les motivations de ces différents acteurs. Il vise précisément à comprendre les intérêts que chaque acteur social attache à ce milieu. Nous ne pouvons traiter de la problématique du barrage hydroélectrique sur les
5 Bantu A-80. 6 Bantu A-80. 7 PNI 8 Organisation Non Gouvernementale. 9