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Annales des épreuves de berbère au baccalauréat

De
266 pages

Ce livre rassemble les sujets et les corrigés de cette épreuve pour la période 1995-2009. Il propose également un ensemble d'informations de base sur les épreuves elles-mêmes, sur la langue berbère et sur les trois variétés régionales qui sont proposées pour l'instant.

Publié par :
Ajouté le : 01 mars 2011
Lecture(s) : 306
EAN13 : 9782296802995
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ANNALES
DESÉPREUVESDEBERBÈRE
AU BACCALAURÉATTira L angues,littératuresetcivilisations berbères
Collectiondirigée parKamal Naït Z errad
Cettecollectionest consacréeauxétudeslittéraires,
linguistiques, didactiquesetdecivilisationberbèresainsi
qu’à la littérature proprement dite (roman,théâtre…)
qu’elle soit en berbère ou sous formebilingue.
Outreles publications originales,elle remettra à la
dispositiondes chercheurs et du grandpublicdes
ouvrages de première importance,aujourd’hui épuisés,
surl’histoire,lalangueetlacultureberbères.
La collectioncontribuera ainsinon seulement à
enrichir les étudesscientifiques parlapublication de
travaux de recherche, mais égalementà la diffusion d’une
meilleureconnaissanced’un mondeberbère éclaté.
Déjà parus
KamalNaït Zerrad (éd.), Articles de linguistique berbère,
Mémorial Vycichl
Djamel Benaouf, Timlilit ntɣermiwin/ la ville r encontre,
romanenkabyle
AbdallahElMountassir, Dictionnairedes verbes tachelhit
français (parlerberbère du sudduMaroc)
KamalNaït Zerrad, L’officiel desprénoms berbères (bilingue
français– kabyle)
AbdallahBoumalk, Manuel de conjugaison tachelhit
(Langueberbère du Maroc)
MohSiBelkacem, Chroniques de la Kabyliemartyrisée
(textes en français et en tamazight)
SalemZenia, Tifeswin P rintemps [poésie]
AbdallahElMountassir, AMARG, Chants et poésies
amazighs (Sud ouestduMaroc)
KamalNaït Zerrad, Linguistique berbèreetapplications
KamalNaït Zerrad, Mémentogrammaticaletorthographique
de berbère, Kabyle– Chleuh R ifainANNALES
DESÉPREUVES DE BERBÈRE
AU BACCALAURÉAT
Kabyle–Chleuh–Rifain
1995-2009
Deuxièmeéditionrevueetaugmentée
parKamalNaït-ZerradPhotodecouverture :
UneclassedansuneécoledeKabylie
(Tamazirt-Irjen,vers1915)
PhotoE.Laoust
(CollectionduCentredeRechercheBerbère–Inalco)
©L’Harmattan,2011
5-7,ruedel’Ecole-Polytechnique,75005Paris
http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN:978-2-296-54357-7
EAN:9782296543577LanguesetCulturesduNorddel’AfriqueetDiasporas
Centre de RechercheBerbère(INALCO)
La première éditiondeces Annales (Inalco,2006)aété
élaborée sous la directiondeSalem Chaker,
parune équipe composée de :
Abdellah Bounfour, Professeurdes Universités(langue et
littérature berbères), Inalco
KamalNaït Zerrad, Professeurdes Universités (langue et
linguistique berbères), Inalco
NafaaSmaïl, Ancien chargé de cours, Inalco
Ontégalementcontribué :
Abdellah Boumalk, Chercheur, Ircam Rabat
Saïd Chemakh, Enseignant c hercheur, Université de Tizi*
Ouzou.
Mustapha El Adak,Professeur assistant, Faculté
pluridisciplinairedeNador.
MasinFerkal, Enseignant du secondaire;Chargé de cours,
Inalco
Mena Lafkioui,Enseignant chercheur, Université de Milano*
Bicocca.

Cette deuxième éditiona étérevue et augmentéepar K.
Naït Z erradaveclacollaboration d’A. Bounfouretles
contributions d’A. Boumalk et M. El Adak.Préface de la premièreédition
Ce petitlivre estunaccomplissement.
Il couronne de longseffortsd’intelligence et de
ténacité pour inscrire le berbère dans la normalité
des épreuvesd’un diplôme national:souslaforme
durabledefeuillets imprimés. Avec la légitimité que
confère l’écrit dans notreunivers culturel,il
contribue à sa manière à consacrer le berbère
commelanguedeFrance, c’est à d irecomme une
richesse pour tous.
Il suffitdetendrel’oreille :parmi leschants
croisésqui tissentlegrand récitdelaFrance
contemporaine, le berbère fait entendresavoix
singulière dans tous lesdomainesd’expression,dans
la viequotidienne,danslacréationartistique,
aujourd’huidansl’enseignement.
Saluonsdonccette parutionqui élargit notre
horizon et qui resteradansles annalesdeladiversité
culturelle…
Xavier NORTH
Délégué généralà la langue française et aux langues
de France.
7Avant p roposdelapremière édition
Quel'enseignement supérieurinscriveses
perspectives et sestâches dans unemême grande
missiond'éducation que lesautres ordres
d'enseignement ne devraitconstituer pour personne
unesurprise, moinsencoreunparadoxe. De l'accueil
du petitenfantà l'école maternelleà la soutenance
d'un doctorat, ilyabiensûrdes moments bien à
eux,des formes qu'il n'estpas question de confondre.
Mais tous lesacteurs de ce grandmouvement dont
nous savons désormaisqu'il se prolonge « tout au
long de la vie »,s’impliquent avecune même volonté
et unemême conscience. Qu'ils'agisse de produire
lesconnaissances,d'élaborer lesoutils et lesvoies de
l'éducation,enseignants et chercheurs poursuivent
un même butetl'espacequi lessépare estmoins
vasteque lesdécoupages administratifs ne semblent
l’imposer. Nombreusesetanciennes sont les
réflexionsetles expériencesqui se proposent et
proposent de franchir cesespaces et c'estune
chance de pouvoir y apporterune nouvelle
contribution.
Cette chance doit êtresuscitée, encouragée,
alimentée. Affirmantlavolonté d'ouverturede
l'INALCO vis à v is desautres ordres d'enseignement,et
me plaçantdansleprolongement desdémarches
déjà engagées par monprédécesseur Gilles Delouche,
je prenaisplaceà sescôtésenindiquant que seraient
recherchées « aussi bien desexpériences
9d'enseignement,des recherches pédagogiques que
desformationsdeformateurs ».
Déjà pionniers, l'enseignement deslangues
berbères et la préparation auxépreuvesfacultatives
du baccalauréat se devaient de concrétiserleur
avance.C'est ce qu'aconsacré la conclusion d'une
convention entrel'INALCO et la direction des
enseignementsscolaires du ministère de l'Education
nationaledel'Enseignement Supérieuretdela
Recherche. Tout le mérite en revientà sesinitiateurs
età sesartisans lesplusdirects,enpremierlieuau
professeur SalemChaker. Mais il était tout aussi
importantque l'INALCO en tant quetel affirme
fortement sa volonté et sonengagementdanstoutes
lesdimensionsetdanstoutes lesconséquencesdecet
événement.Tels étaient lessentiments qui
m'animaientaumomentoù j'aiapposé la signature
du président de l’Institut au basdecette convention.
Sa mise en œuvre estactivementengagée, ce qui
augurebiendel'avenir. La publication de ces
Annales estunnouveau témoignage de la vitalité de
cette démarche,maissurtout un nouveau pas
concret de son élargissement, commeleserontles
développements similaires pour d'autres langueset
d'autres cultures,auservice d'une population et de
toute unesociété.
Un premierobjectifest d'apporterune aide aux
adolescentsporteursd'une de ceslangues de France
qui contribuent à l'universalité de notreculture.
Cette aide estnécessaire, plus encore en un tempsde
défisetd'enjeux toujours plus exigeants.
10Il esteneffetplus évident que jamais,dansun
tissutoujoursplusentremêlé et complexede
connaissances, de compétencesetd'expériences, que
l'avenir appartient à la diversité desapports,des
héritages, deshorizonsles plus ouverts. Ceci va très
au delà d'une épreuve facultative au baccalauréat,
sans le moinsdumonde la dévaloriser, et cette
évidence s'affirmera toujours plus fortement,comme
en témoigne la placeetlasignification croissantes
desdispositifs de validation desacquisde
l'expérience.
La diversité desrichesses et desparcoursest une
dimension toujours plus forte desformations, de leur
efficacité.Ouvertureà la multiplicité descultures et
desdevenirs, cette diversité est à l'opposé des
ghettos, desenfermements et des étroitesses
communautaires et de leur illusoiresécurité.
Donner à voir et à vivrecette diversité estet
demeurelagrandemission de l'INALCO.Comme une
fenêtre ouvertesur le monde, mais dans la vitrede
laquelle on reconnaîtaussi sa propre image.
Par d elà cesquelquesréflexions, je tiensà former
enfin, et peut êtresurtout,levœuchaleureux que
cette action– et ce recueil contribuent, avecvotre
succèsaubaccalauréat,à vous ouvrir cette fenêtre.
Jacques LEGRAND
Président de l'INALCO.
11Introduction
L’épreuvedeberbère au Baccalauréat
Tamazight– Langue berbère
L’écritureusuelleduberbère
BibliographiedebaseL’épreuvedeberbère au Baccalauréat
Le berbèreauBaccalauréat
Depuis la session 1995 du Baccalauréat,les épreuves
facultativesdelangues "rares", parmilesquellesle
berbère,sontpasséesà l’écrit.L’INALCO a, parconvention,
la responsabilité de l’élaboration dessujetsetdela
correctiondes copies.
Dèslapremière sessionde1995, ce sont 1.53 4
candidats quiont subi l’épreuve de berbère,danstoutes
lesacadémies de France métropolitaine (avecune nette
majorité pour la région parisienne et,par ordre
d’importance:Lille, Aix M arseille,Lyon,St. Etienne…).
En 2001,plus de 1.800candidats ontprésenté l’épreuve.
Depuis 2004,ils sont régulièrement plus de 2.200.
Troissujets(kabyle:Algérie du Nord ; chleuh:Sud,
ouestduMaroc ; rifain:Nord e st du Maroc) sont
proposéspourl’instant. Il s’agit desvariétésdeberbère
lesplus représentées en France (plus d’un millionde
Kabylesetaumoins 500.000 berbérophones d’origine
marocaine).Ultérieurement, et s’il apparaîtune demande
significative, la palettedes dialectespourra être élargie
(notamment avec le chaoui d’Algérie).
Jusqu’en 1998,avecquelquesfluctuationsselon les
années,larépartition entreles dialectesa été conforme à
ce quel’on pouvaitattendre:une nette majorité pour le
kabyle (autourde60%), 40% pour lesdeux dialectes
marocains– avecune percéeinattendue pour le rifain dès
sonintroductionen1999. Puis,progressivement,
l’équilibre entre lesdialectes a évolué en faveur du
Maroc, jusqu’à un véritable renversement de tendances:
15l’ensemble chleuh+rifainreprésente désormaisenviron
65%des copies (en2004: chleuh=40%,rifain= 25%,
kabyle=35%).
En dehors de quelques expérienceslocales aléatoires,
reposant surlabonne volonté d’un chef d’établissement
et/ou d’un enseignant, l’épreuve ne faisait l’objet
d’aucune préparation organiséedanslecadre des
établissements scolaires. L’essentieldes initiativesenla
matière venait jusqu’à présent desassociationsculturelles
berbèresdontplusieursorganisentrégulièrement des
coursdepréparation.
On doit donc se féliciter queleMinistère de
l’Éducationnationale aitrécemment ouvert,danslecadre
d’une convention c adre signéele14février2006 avec
l’INALCO,lapossibilité de mettre en placedes classesde
préparationà l’épreuve de berbère du Baccalauréat dans
leslycées.Cette innovation va certainement permettre
d’améliorerprogressivement lesconditionsde
préparation.Pourplusd’information, surcesujet,on
pourra se reporter au site Internetdu
CentredeRecherche Berbère de l’INALCO :
(http://www.centrederechercheberbere.fr).
Ces Annales sont un premieroutildansune série
destinéeà fournirauxélèvesune aide pour la préparation
à l’épreuve.U n Mémentogrammaticaletorthographique qui
vientdeparaître(voir plus loin la « Bibliographiede
base »)enconstitue le second.D’autres instrumentssont
programméspourles annéesà venir: une anthologie de
textescommentés, un petitguide d’histoire et
civilisation…
16Introduction
L’épreuve
Cette épreuve écrite concerne le Baccalauréat général
et technologique;pourles Bacprofessionnels, BTSet
autres examens professionnels, l’épreuve demeureorale.
Avec l’introduction de l’examen écrit,l’épreuve
tendàêtrealignéesur lespratiques en vigueur pour les
langues obligatoires.
La duréedel’épreuve facultative estde2 heures.
L’usagedecalculatrices et de dictionnairesest interdit
durant l’épreuve.
Pour l’épreuve de langue obligatoire (LV1 ou LV2,
soumise àdes conditions très particulières:serenseigner
auprès deschefs d’établissements), la duréeest de3heures.
Atitre d’illustrations, deux sujets correspondant à des
épreuvesobligatoiresdeLV1 (kabyle et chleuh:1995)
sont intégrésdansces annales,à la findechacune des
partiesconcernées.
Chacun destroissujetsproposés(kabyle,chleuh,
rifain)comporte un texte berbère, en notation latine,de
15à 20 lignes.Les motsrares ou présentantune difficulté
sont expliquésoucommentésennotepar un équivalent
berbère.
Apartirdecetexte,deux typesdequestions sont
posés:
– desquestions de Compréhension:traduction de8 à
10 lignes du texte berbère en français; éventuellement
desquestions ponctuellessur le texte,destinéesà vérifier
la bonne compréhension;
– desquestions de Compétence linguistique )
expression écrite : trois à quatre questions, liées au
texte,destinéesà vérifierl’expression écriteenberbère.
17Le barème de correction estde8(ou 5) points pour la
traduction et de 12 (ou15) points pour l’ensemble des
autres questions(compréhension– expression écrite).
Originedes textes
Lestextessontextraits de productionsberbères
publiées :
– Œuvreslittéraires contemporaines:romans, nouvelles,
œuvresoriginalesoutraductionsd’œuvreslittéraires
internationales de :
Pour le kabyle:Ahmed Z aïd, Aliche,Belaïd,
Bouamara,Chemakh,Chemime,Mezdad, Mezian u M uh,
Sadi... ;
Pour le chleuh:Safi, Moustaoui, Idbelkacem,
Akhiyat...
Pour le rifain:Chacha, Ziani, El Walid…
– Textesdivers(récits,essais...) publiées dansles revues
culturellesberbèresoudanslapresse:
En Algérie: Tidmitamirant, Izenamazigh,pages
berbèresdes journaux quotidiens…
Au Maroc: Tamunt, Tifawt, Tasafut...
En France : Tisuraf, Bulletind’Etudes Berbères (GEB)...
– Sources littéraires traditionnelles,notammentles
corpus de contes largementconnus:
Pour le kabyle:Boulifa,Mouliéras, Fichierde
documentationberbère,manuels et recueils divers...
Pour le chleuh:Destaing, Laoust,Roux,Galand
Pernet,Podeur, Stroomer...
Pour le rifain:Renisio,Biarnay,Justinard…
!!Anoter:deuxéditeursfrançaisaumoins proposent!!
desdocumentsintéressants pour la préparation de
l’épreuve dans leur catalogue:
18Introduction
E DISUD,LaCalade,13090 Aix e n Provence.
Tel:04.42.21.61.44
L ’HARMATTAN,16, ruedes Ecoles,75005Paris
Tel:01.43.26.04.52
!!! Parailleurs, plusieurslibrairiesetassociations
culturellesparisiennes commercialisentdes titres
susceptiblesd’êtreutilisés; certainesassociations
assurent descours de préparationà l’épreuve :
– Editionsberbères/Tamazgha,47rue Bénard,75014
Paris 01.45.43.31.44
– Coordinationdes Berbères de France (CBF& AJBF),
5impasse Onfroy,75013 Paris.01.45.88.09.0 9
– ACEB,26rue EtienneDolet,78020 Paris.
– AZUL,19, placedes Alizés, 94000Créteil.
– ACB,37bis,rue desMaronites,75020 Paris
01.43.58.23.25
– AWAL,7,rue de l’Epée, 69003 Lyon.
[Liste nonexhaustive].
!!!Anoter également:denombreusesinformations
complémentaires peuvent êtretrouvées surlesite
Internet du CentredeRechercheBerbère de l’INALCO
(http://www.centrederechercheberbere.fr)
19Tamazight– Langue berbère:
Quelques donnéesintroductives
Tamazight (nom berbère de la langue berbère), est
répartie surune aire géographique immense: toute
l’Afrique du Nord,leSahara et unepartieduSahelouest
africain;maisonlarencontreprincipalement au Maroc,
en Algérie, au NigeretauMali(dans cesdeux pays, il
s’agit de la variété touarègue).
La langue berbère couvrait à l'originel'ensemblede
l’Afrique du Nord et du Sahara: lesberbérophones
actuelssontminoritairesparce queleMaghreb connaît
depuis le Moyen Ageunlentprocessus d'arabisation
elinguistique,consécutifà l'islamisation (VIII siècle) et à
l'arrivéedepopulationsarabesnomadesvenuesdu
eMoyen Orient (XI siècle).Maislefonddelapopulation
de l'Afrique du Nord estd'origine berbère:l'immense
majorité desarabophones actuelsnesontque des
"Berbèresarabisés" depuis desdates plus ou moins
reculées.
Le berbère s’estdoncmaintenu dansdes zonesrefuges,
surtoutrurales et montagneuses.Ilest,deplus, diversifié
en de nombreuses variétésdialectales,donttrois sont
représentées dans cesannales: le kabyle (ou taqbaylit ;
AlgérieduNord), le chleuh (ou tachelhit;Sud du Maroc)
et le rifain (ou tarifit;NordduMaroc). On noteraque les
spécialistes du berbère,comme tous les linguistes,
utilisent ce termede« dialecte» sans aucune connotation
péjorative:ildésignesimplement une variétérégionalede
la langue.
Bien queleberbère soit unelangueessentiellement de
traditionorale,les Berbèrespossèdent,depuisaumoins
20Introduction
deux millénaires et demi,leurpropresystème d'écriture
appelé "libyco b erbère"(et tifinagh en berbère). Il s'agit
d'un système alphabétiqueaux usages traditionnellement
assez restreints.Actuellement, cetalphabetest toujours
utilisé parles Touaregs et il connaît, sous desformes
adaptées,une certaine extension dans lesmilieux kabyles
et marocains;ila récemment été retenu comme écriture
usuelle officielle parl’Institut Royal pour la Culture
eAmazigh(IRCAM)auMaroc. Mais depuis le débutduXX
siècle, l'écrit berbère utilise surtoutlesupport de
l'alphabet latin(avec diverses adaptations) ou celuide
l'alphabet arabe(en particulier au Maroc).
Le berbère a été en contact avec de nombreuses
langues extérieures depuislaplus hauteAntiquité:le
puniqued'abord, avec Carthage (fondéeen814 avantJ.
C.) et lesautres implantations phéniciennes;lelatin
pendanttoute la duréedeladominationromaine et de la
période chrétienne ( 146 à +700 environ); l'arabe,
depuis la conquête de l'Afrique du Nord et l'islamisation
edesBerbères(débutduVIII siècle) parles Arabes.Le
françaisetl’espagnol, enfin, à traverslacolonisation.
Mais c'estsurtout l'influencedelalanguearabe,à l'œuvre
depuis 13 siècles,qui est, danspresque tous lesdialectes,
trèssensible, notamment au niveau du lexique.
Le nombre de berbérophones estdifficileàévalueren
l'absencederecensements linguistiquesfiables et de la
situationsociolinguistique et idéologique générale très
défavorable à la langue berbère.Onpeutcependant
estimer lesberbérophonesà :
– 25à 30%delapopulation algérienne,
– 45à 50%delapopulation marocaine.
Auxquelss'ajoutent un millionetdemideTouaregs
répartis surcinqEtats distincts(Algérie,Libye, Niger,
Mali,Burkina F aso).
21Lesautres groupesberbères(Libye, Tunisie, Egypte,
Mauritanie)sont beaucoupplus réduitsetcomptentde
quelques milliers à quelques dizaines de milliers de
personnes.
Il convient égalementdementionnerl’importante
population berbérophonerésidant à l’extérieurdes
régionstraditionnellement berbérophones,
principalement dansles grandes villesd’Algérieetdu
Maroc(AlgeretCasablancasurtout), mais aussi en
Europe, notamment en France.Onpeutdésormais
considérerqu’unebonne moitié desberbérophones vit en
dehors des zones berbérophones.
En France,l’immigrationberbère esttrèsancienne et
numériquement considérable: le nombre de
berbérophonesquiy résident avoisine certainement les
deux millionsdepersonnes,dontprobablement plus d’un
milliondeKabyles, le reste étant composé,par ordre
d’importance,deChleuhs,deRifains et de Chaouias
(Algérie).
Dans le restedel’Europe, les Berbèressontaussi très
présentsenBelgique(Chleuhs et Rifains), aux Pays Bas
(Rifains), en Allemagne(ChleuhsetRifains)eten
Espagne (Rifains). De petitescommunautésexistent aussi
danstousles paysd’Europeoccidentale(Italie,Pays
scandinaves) et en AmériqueduNord,surtout au Québec
où de nombreux Kabylessesont installésaucours des
deux dernièresdécennies.
Le berbère estlongtempsresté sans aucune
reconnaissanceinstitutionnelle en AlgérieetauMaroc ;
jusqu’à unedatetrèsrécente, il était totalement absent
du système éducatif de cespays. Mais le statut du berbère
connaîtdes améliorations sensiblesdepuisquelques
années et desexpériences,encore marginales,
d’enseignement de tamazight sont engagées dansles deux
pays: depuis 1995 en Algérieet2003auMaroc.
22Introduction
En France,leberbère fait partie depuis 1999 des
langues considérées comme« languesdeFrance» et,à ce
titre, il estsoutenu parlaDélégation Générale à la
LangueFrançaise et aux LanguesdeFrance(DGLFLF),
organisme dépendantduMinistère de la Culture. Et,
commeonl’a évoqué ci dessus, le Ministère de
l’Educationnationaleafixé en 2006,danslecadre d’un
accord avec l’INALCO,les conditionsd’ouverturedeclasses
de préparation à l’épreuve de berbère du Baccalauréat
dansles lycées.
Il existe un enseignement universitairecomplet du
berbère à l'INALCO (Paris)depuis1913. Il associe
initiation pratiqueà différents dialectes(touareg, kabyle
et chleuh)etformationthéorique en linguistique,
littérature et civilisation.Ilest possibled’y préparertous
lesdiplômesnationaux en berbère (Licence, Master et
Doctorat).
Plusieurs autres universitésassurent des
enseignementsdeberbère:Paris V III (Saint D enis),
Université de Provence (Aix e n Provence), EPHE
(Paris)…
231.Cartedelaberbérophonie en AfriqueduNord
Lesrégions berbérophonescorrespondent auxzones hachurées.
Lestrois dialectesreprésentésdansces Annales ontenplusunfondsombre.Introduction
L’écriture usuelleduberbère
LesBerbèrespossèdent donc leur propre système
d’écriture(alphabet "libyque" ou tifinagh en berbère), en
usagedepuisaumoins 2.500 ans. On trouvera une
information complète surlesujet surlesiteInternet du
CentredeRecherche Berbère.
Depuis le haut Moyen Ageetl’islamisation de l’Afrique
du Nord, lesBerbèresont également utilisé l’alphabet
arabepour écrire leur langue. Cetusage estresté vivace
au Maroc, notamment dansledomaine chleuh.
Avec la présencefrançaise et européenne en Afrique
du Nord, le recours à l’alphabet latinpournoter le
berbère s’estlargement répandu, dans lespratiques
universitaires et scientifiques d’abord,maisaussi dans
l’usagecourant dansdes régionscommelaKabylie. Tant
et si bien quelagrandemajorité desouvragesenlangue
berbère publiésdepuisunsiècleetdemisont transcritsen
alphabet latin.
La transcription latine utiliséedansces Annales,qui est
celle du CentredeRechercheBerbère de l’INALCO,
s’inspiredelanotationusuelle du kabyle telle quedéfinie
notamment dans:
– S. CHAKER : Textesenlinguistique berbère,Paris,Editions
du CNRS,1984, chap.6.
– R. ACHAB : Langue berbère Introduction àlanotation
usuelle en caractèreslatins,Paris,EditionsHoggar(c/°
Editionsberbères), 1998.
– Propositionspourlanotationusuelle àbaselatinedu
berbère (synthèse élaboréepar S. CHAKER), Paris, INALCO,
25CRB,1996.Document reprisdanslarevue Etudes et
documentsberbère,14, 1997 [Aix e n Provence, Edisud].
Voir aussi:
– Actesdelatable rondeinternationale "Phonologieet
notationusuelle dans le domaine berbère I nalco, avril
1993", Etudes et documentsberbères,11&12,1994& 1995.
– La rubrique "Notationusuelle"sur le site Internetdu
CentredeRechercheBerbère de l’Inalco
(http://www.centrederechercheberbere.fr).
– L’ouvragecollectif, édité parD.CAUBET,S.CHAKER et J.
SIBILLE : Codificationdes languesdeFrance (Actes du
Colloque"Leslangues de France et leur codification:
écritsdivers, écritsouverts", mai2000, INALCO/DGLFLF),
Paris,L’Harmattan, 2002.
On y trouvera plusieurssynthèsessur l’histoire et les
problèmesactuels desorthographesdes dialectesberbères
représentésdansces Annales :
K. NAÏT Z ERRAD: « Lessystèmesdenotationdu
berbère »
S. CHAKER: « Variationdialectaleetcodification
graphiqueenberbère.Une notationusuelle pan berbère
est elle possible ?
M. LAFKIOUI: « Le rifain et sonorthographe:entre
variationetuniformisation ».
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