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Comment on se comprend

De
344 pages
Cet ouvrage offre une introduction aux problèmes de la linguistique à partir d'une question simple : « Comment se fait-il qu'on se comprenne quand on se parle ? ». L'auteur suit une ligne historique en commençant par la linguistique historique du 19e siècle jusqu'aux évolutions les plus récentes de la neurolinguistique et des grammaires de construction en passant par le structuralisme saussurien, la grammaire générative, la typologie et les écoles fonctionnelles et cognitives.
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Alain BOSSUYT COMMENT ON SE COMPREND QUESTIONS DE COMMUNICATION LINGUISTIQUE
# CURSUS
COMMENT ON SE COMPREND Questions de communication linguistique
EN COUVERTURE PHOTO d’Alain Bossuyt La photo a été prise à Bruxelles près de la galerie de la Reine.
Collection dirigée par Joël Saucin et Frédéric Moens
La collection IHECS [dot] COM rassemble des ouvrages dont le centre d’intérêt réside dans les mécanismes de l’information, dans les processus de communication ou dans les logiques de l’échange qui traversent le monde contemporain. Les questions médiatiques, sémiologiques ou sociologiques de la communication y sont rele-vées et analysées. Présentations théoriques, dossiers pratiques ou analyses scientifiques en composent les différentes séries (com-munication, cursus, documents). La collection est enracinée dans les pratiques et les productions de l’Institut des Hautes Études des Communications Sociales de Bruxelles.
Alain BOSSUYT COMMENT ON SE COMPREND Questions de communication linguistique
Maquette : N. Brixy - Mise en page : C. Oviedo et S. Paulus
ISBN 978-2-8061-0
152-5 D/2014/4910/7
©Academia-L’Harmattan s. a Grand’Place, 29 B-1348 Louvain-La-Neuve
www.editions.academia.be
PRÉFACE Ce livre est avant tout le résultat d’un enseignement, l’introduc-tion à la linguistique que je donne à l’Institut de Hautes Études des Communications Sociales (IHECS) depuis l’année académique 1986-1987, d’abord aux étudiants de première année et de première candida-e ture et, depuis la réforme dite de Bologne, aux étudiants de 2baccalau-réat. Ceci explique à la fois son contenu et sa forme. Mon public cible, de futurs journalistes, publicitaires spécialistes des relations publiques, de l’animation socioculturelle et de l’éducation permanente ne sont pas de futurs linguistes, inutile donc de les former aux techniques même des analyses linguistiques et leurs formalismes. Pour eux, la linguis-tique doit faire partie de leur culture générale intellectuelle et est utile dans la mesure où elle aide à comprendre la manière dont les ques-tionnements et les raisonnements dans un domaine scientifique donné évoluent et comment les messages langagiers sont appréhendés. La structure de mon livre est donc globalement historique, partant de la e linguistique historique duxixsiècle aux évolutions récentes de la neu-rolinguistique en passant par le structuralisme, les écoles générativistes et les approches typologiques et fonctionnels, la neurolinguistique et les grammaires de construction. À chaque étape, et ce malgré la forme même de certains de ces modèles et théories, je favorise les problèmes de compréhension sur ceux de la production. Destiné à un vaste public de non linguistes mais intéressés par le sujet, le livre ne fait pas double
emploi avec des introductions existantes comme l’Introduction à la linguistique contemporaine de Jacques Moeschler et Antoine Auchlin (2009), Linguistique cognitive dirigé par Nicole Delbecque, La linguis-tique textuelle de Jean-Michel Adam (2005) ou l’Introduction à la prag-matique de Martine Bracops qui sont des manuels destinés à de futurs spécialistes. Quant à la forme, un enseignement, même en grand auditoire, est un processus interactif. Le professeur s’adresse à son auditoire et celui-ci réagit. J’ai voulu laisser au lecteur un goût de cette interaction. Je me suis donc départi des conventions de l’écriture blanche et je m’adresse à lui comme à mes étudiants. Cela me semble d’autant plus justifié que l’objet de l’étude et le moyen de l’enseigner sont le même, la langue. Souvent, les propos même que j’utilise forment une illustration de la problématique exposée. À titre d’exemple, je laisse au lecteur le soin d’imaginer la réaction de mon auditoire lorsque, pour illustrer le fait qu’une des premières conditions de la compréhension est le fait de par-ler la même langue, je commence mon cours en néerlandais… Ce livre est aussi le résultat d’une recherche. Depuis la fin de mes études à la Vrije Universiteit Brussel en 1974, jusqu’à la fin de mon mandat de chercheur à L’Institut de linguistique générale de l’Uni-versité d’Amsterdam en 1985 j’ai consacré mes recherches aux théo-ries du changement syntaxique et à l’étude de l’évolution de la syn-taxe en néerlandais en particulier. Elles culminèrent dans la défense de ma thèse de mon doctorat consacré à l’évolution de phrase néga-tive en néerlandais en mars 1982 à la Vrije Universiteit Brussel et ma participation au colloque international «Explanation and Linguistic Change » les 9 et 10 avril 1985 à l’université d’Amsterdam, qui réu-nissait les sommités du moment en matière de théories du changement linguistique. Elles donnèrent lieu à de diverses publications (Bossuyt (1979), (1980), (1981), (1982), 1986) (1987) & (1988)). Mon départ de l’Université d’Amsterdam et mon engagement plein-temps à l’IHECS
à partir de l’année académique 1985-1986 sonnèrent le glas de ma car-rière de chercheur. La recherche de haut niveau est une occupation plein-temps, ma charge de cours et bientôt la responsabilité de la ges-tion du département des langues ne me permirent plus d’y consacrer le temps nécessaire. De plus la recherche ne se développe pas dans la soli-tude et à l’époque, l’internet qui m’eut permis de garder le contact régu-lier avec mes anciens collègues de l’Université d’Amsterdam n’existait pas encore. De plus, j’avais aussi d’autres préoccupations, comme mon engagement dans le mouvement gay à côté de mon mari rencontré en 1986. S’il me restera toujours un regret de n’avoir pu continuer ma carrière de chercheur, cela n’a pas que des désavantages. La recherche de pointe est… pointue et demande une grande spécialisation. Pour le cours dont le présent livre est le résultat, j’ai continué à suivre les évolutions en lin-guistique, mais dans une optique beaucoup plus large et avec une prise de distance beaucoup plus grande que du temps que j’étais partie pre-nante dans les discussions. Il n’y a pas de chapitre consacré au change-ment linguistique, l’objet de mes recherches. Elles ont pourtant laissé leurs traces, le développement des fonctions pragmatiques au chapitre cinq, les prémisses d’une théorie de l’interprétation à la fin du cha-pitre 6 et l’analyse des phrases négatives au chapitre 8 en sont le résul-tat direct. Je crois, que même en ce moment-ci, elles gardent une cer-taine originalité et pertinence. Ma façon de procéder implique aussi des limites. Il est impossible à une seule personne de se tenir au courant de tous les développements les plus récents dans tous les domaines de la linguistique et ce texte présente donc de nombreuses lacunes. Dans la mesure où le fil conducteur est historique, j’ai essayé de présenter les différentes écoles et tendances abordées en premier lieu tels qu’elles étaient au moment de leur plus grand impact dans le domaine de la linguistique. Il y a deux omissions volontaires. J’ai choisi de ne pas inclure les travaux les plus récents de John Searle qui appartiennent
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plutôt au domaine de la philosophe que celui du langage. J’ai également choisi de ne pas inclure les développements les plus récents de la gram-maire fonctionnelle, à savoir la Grammaire fonctionnelle du discours (Functional Discourse Grammar (Hengeveld & Mackenzie (2008)). Les évolutions par rapport à Simon Dik se situent surtout au niveau formel et ne représentent pas une modification essentielle de la théorie. Avant de passer au devoir agréable des remerciements, je tiens à évo-quer le souvenir de deux personnes qui eurent une importance capitale dans ma formation et le développement de ma carrière. La première est le professeur Adolphe Van Loey (1905-1987). Il était mon profes-seur de linguistique historique du néerlandais. Il continuait et incarnait e la grande tradition de la linguistique historique duxixsiècle. Il m’a communiqué son intérêt pour le changement linguistique, son souci du détail et de la variété de la réalité linguistique m’ont fait comprendre à quel point ces faits posaient des problèmes sérieux pour toutes les approches plus théoriques. Plus tard, dans des discussions avec des col-lègues hollandais, j’ai pu me rendre compte à quel point cette forma-tion, pour traditionnaliste qu’elle était, m’était précieuse. La seconde est le professeur Simon C. Dik (1940-1995). En succé-dant à la chaire de linguistique générale créée par le professeur Anton Reichling, il transforma cette chaire en un véritable Institut de linguis-tique générale tout en continuant à développer sa propre théorie de la grammaire fonctionnelle. L’institut devint vite un des centres les plus réputés au monde pour la recherche en théorie linguistique, notamment grâce au fait que le professeur Dik, loin de se contenter de recruter des adeptes de ses propres théories, attira des chercheurs de divers hori-zons théoriques et stimula constamment la discussion et l’échange entre chercheurs d’horizons très divers. Je fis sa connaissance après la publi-cation de mon premier article dans lequel j’appliquais les outils de la grammaire fonctionnelle à l’analyse de quelques problèmes de la syn-taxe du moyen néerlandais et il devint vite mon principal conseiller
pour l’élaboration de ma thèse de doctorat. Après, il m’invita comme chercheur à l’Institut de linguistique et me permit de le remplacer ad interim durant 8 mois lorsqu’en tant que président de la faculté des lettres, il bénéficia d’un allègement de ses charges d’enseignant. Je me souviendrai toujours de sa gentillesse toute naturelle et de sa grande ouverture d’esprit. Jamais il n’imposait ses vues à lui, même quand les analyses que je proposais allaient à l’encontre des siennes, il m’encou-rageait à continuer dans la direction que j’avais choisie. Son attention primaire pour la diversité typologique des langues me soutenait dans des recherches sur leur variabilité dans le temps. Sa mort prématurée fut une grande perte pour la linguistique et pour tous ceux qui ont eu l’hon-neur de travailler avec lui. Il me reste à m’acquitter d’une obligation bien agréable, celle des remerciements. Je commencerai par les institutions, d’abord la fonda-tion néerlandaise pour la recherche fondamentale (ZWO) qui m’oc-troya une bourse de chercheur à l’Institut de linguistique générale de l’université d’Amsterdam d’octobre1983 à décembre1984, ensuite l’IHECS, où j’ai pu développer mon enseignement de la linguistique en toute liberté. Parmi les personnes je commencerai par ma collègue du me département des langues, MMuriel D’Hossche, qui me fit quelques remarques sur une première version du présent livre. Le professeur Luc de Meyer, l’actuel directeur de l’IHECS, fit une lecture approfondie de cette même version et ses critiques m’amenèrent à opérer une restruc-turation importante du livre. Mes collègues M. Ahmed Belhaloumi et le professeur Joël Saucin, ainsi que mon ami M. Julien Louis se sont attelés à l’immense tâche de corriger la langue de la version définitive. Bien entendu toute erreur restante reste de mon entière responsabilité. me Il me reste à remercier MClaudia Oviedo pour la mise ne page défi-nitive du livre. Quant à mes proches qui m’ont soutenu, ils savent que mes remercie-ments sont dans mon cœur.
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