DE LA PÉDAGOGIE DU FRANCAIS À LA DIDACTIQUE DES LANGUES

DE LA PÉDAGOGIE DU FRANCAIS À LA DIDACTIQUE DES LANGUES

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Français
257 pages

Description

Cet ouvrage constitue la mise en perspective de travaux qui jalonnent le parcours de chercheur de l'auteur. À travers cet itinéraire, se dessinent les grandes thématiques de la réflexion qu'il a engagée depuis les années 1970, sur l'enseignement du français et des langues en privilégiant le rapport aux théories du langage et les ancrages historiques et culturels. La première partie montre l'émergence d'une didactique du français à partir de la critique de l'ancienne matrice « pédagogique » et du modèle de la linguistique appliquée. La deuxième partie est consacrée au français langue « seconde » et aux problématiques de l'immigration comme opérateurs de passage vers une didactique des langues incluant celle du français. La troisième partie élargit la perspective à une didactique des langues marquée par le double souci de la conceptualisation et de la contextualisation avec les notions de « cultures linguistiques », « cultures éducatives » et « cultures didactiques ».

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Date de parution 26 mai 2020
Nombre de lectures 0
EAN13 9782140150289
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

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Jean-Louis Chiss ns contemporaines QDU FRANÇAIS DE LA PÉDAGOGIE À LA DIDACTIQUE DES LANGUES
Les disciplines, la linguistique et l’histoire
Questions contemporaines
Questions contemporaines Collection dirigée par Jean-Paul Chagnollaud, Bruno Péquignot et Xavier Richet Chômage, exclusion, globalisation… Jamais les « questions contemporaines » n’ont été aussi nombreuses et aussi complexes à appréhender. Le pari de la collection « Questions contemporaines » est d’offrir un espace de réflexion et de débat à tous ceux, chercheurs, militants ou praticiens, qui osent penser autrement, exprimer des idées neuves et ouvrir de nouvelles pistes à la réflexion collective. Dernières parutions Antoine BAUDON,Les enjeux du désengagement des jihadistes, 2020. Arno MÜNSTER,Émancipation (de Marx à Marcuse), 2020. Mohamad SALHAB, Jean-Claude BEAUNE et Odette BARBERO (dir.),La technologie une et multiple, Réflexions libanaises et françaises,2020. Philippe JOURDAIN,Gilets jaunes, Mai 68, 2020. Michel ADAM,Composer avec la nature.Renaturation et géocitoyenneté, 2020. Jacques BEAUCHARD,Le peuple contre le peuple. Démocratie et Gilets jaunes, 2020. Pierre MORLANNE,Pour en finir avec les religions, 2020. Louise FINES,Enfants au travail : le paradoxe de la nécessité et du choix, 2020. Abdelbaki BELFAKIH, Abdelkader GONEGAÏ, Bruno PÉQUIGNOT (dir.), Art, individu et société, 2020. Alain REDSLOB,Évidences économiques d’hier et d’aujourd’hui. Pensées, innovations, mutations, 2020. Simon-Pierre THIERY,Le regain des campagnes. Les ruraux et leurs collectivités locales, 2020. Matthieu LABBÉ-ZERILLI,Manuel de survie d’un universaliste, 2020. Laure MANICOM,Manières de penser les crises, 2020. François TESTARD,Le non-recours au RSA chez les seniors,2019. Jean-Paul GUICHARD,Du tsarisme au totalitarisme, 2019. Ndache DJAVÉTY,: l’intégrationEthnorelégation et mahorité pathologique d’une minorité, 2019. Gilbert JOB,Pour une idéologie centriste,La Qualité humaine,2019. Raoul NKUITCHOU NKOUATCHET,Ordonnances Macron,De quoi la refonte de l’expertise CHSCT est-elle le signe ?,2019. Isabelle PAPIEAU,Des EHPAD aux « papy-boomers », 2019. Arno MÜNSTER,Osons l’utopie pour construire un monde meilleur, Esquisse d’une autobiographie politique, 2019.
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De la pédagogie du français à la didactique des langues
Cet ouvrage est la réédition d’un ouvrage paru en 2016 aux Éditions de L’École Polytechnique
© L’Harmattan, 2020 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Paris www.harmattan.fr ISBN : 978-2-343-20292-1 EAN : 9782343202921
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Jean-Louis Chiss De la pédagogie du français à la didactique des languesLes disciplines, la linguistique et l’histoire
L’Inestimable Objet de la transmission (Pierre Legendre, Fayard, 1985)
« La définition dominante des choses bonnes à dire et des sujets dignes d’intérêt est un des mécanismes idéologiques qui font que des choses tout aussi bonnes à dire ne sont pas dites et que des sujets non moins dignes d’intérêt n’intéressent personne ou ne peuvent être traités que de façon honteuse ou vicieuse » (Pierre Bourdieu,Actes de la recherche en sciences socialesn° 1, janvier 1975, p. 4)
« L’enseignement, plus que jamais, est le lieu où l’utopie se travaille » (Henri Meschonnic,Les États de la poétique,PUF, 1985, p. 264)
PRÉSENTATION
On trouvera dans cet ouvrage quelques-uns des jalons de ma recherche et de mon engagement dans les domaines de la didactique du français et des langues, itinéraire où se mêlent les colloques et les articles de revue, les ouvrages collectifs et les missions de formation, la vie des associations et celle des périodiques. Après avoir réuni des contributions sur l’étude de la langue (Chiss et David, 2012) et sur la lecture et l’écriture (Chiss, 2012), j’ai choisi de rassembler ici des travaux significatifs de mes intérêts de connaissance et de leur déplacement, de la DFLM (Didactique du français langue maternelle) à la DFLE (Didactique du français langue étrangère) avec l’opérateur de passage qu’a constitué le FLS (français langue seconde) : la vectorisation n’était pas simple, les retours et croisements d’autant plus prégnants qu’il s’agissait tantôt de faire dialoguer, au-delà du français, des ensembles disciplinaires constitués (par exemple, la didactique des langues maternelles et la didactique des langues étrangères), tantôt de chercher à « déconstruire » ces ensembles en mettant au jour présupposés théoriques, liens aux autres recherches en sciences humaines, fonctionnement des institutions, intervention des acteurs. Aujourd’hui (2019) où la thématique de la « contextualisation » est très active dans mon travail, je m’aperçois – et ce n’est pas si banal pour quelqu’un d’abord attaché à l’effort de conceptualisation – que je n’ai jamais cessé de contextualiser, du collège Descartes au Blanc-Mesnil (dans le 93) à la didactique des langues au Brésil, en passant par la Suisse ou la Tunisie. Sans doute ne serais-je pas devenu ce qu’on appelle un « didacticien du français » si je n’avais pas été nommé dans ce collège comme premier poste en 1975 et si, plus précisément, je ne m’étais pas intéressé à l’enseignement du français dans la Section d’Éducation Spécialisée (SES) de mon établissement et à l’intégration de cette section au sein du collège. Je n’ai pas le souvenir d’avoir vécu un conflit culturel entre ma formation de normalien/agrégé et la réalité sociale à laquelle j’étais confronté. Sans doute peut-on interpréter cela dans les termes proposés naguère par Bourdieu et Passeron : l’origine sociale et culturelle resterait prégnante dans le monde étudiant et les étudiants différeraient par tout un ensemble de prédispositions et de présavoirs qui les rendraient plus ou moins perméables à telle réalité.
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Bref, la question s’est ainsi posée à moi : qu’est-ce que je vais bien pouvoir apporter avec ma « culture savante » à la connaissance de la matière enseignée et quels choix de contenus (travail sur la phrase, le texte, la situation de communication) puis-je impulser avec mes collègues de la SES ? C’est ainsi que les choses ont commencé sans qu’il s’agisse de puiser dans ce début de trajectoire les vertus de l’exemplarité : on n’est pas obligé d’être d’origine modeste et d’avoir fait de brillantes études pour devenir didacticien. Il n’empêche. Si j’ai noté, comme mots-clefs de ce parcours, la linguistique, les disciplines et l’histoire, c’est d’abord que la didactique comme réflexion sur la transmission est indissociable des disciplines qui traitent du langage (sont-elles toutes des « sciences » ?) puisqu’il s’agit ici de s’occuper des langues et des discours en tant qu’objets et vecteurs de l’enseignement et de l’apprentissage. Dans mon autre carrière (au fond, c’est la même) d’historien des idées linguistiques (voir par exemple Chiss et Puech, 1997 et 1999), j’ai toujours fait une place aux mécanismes de réception des théories du langage dans des contextes différents dont les institutions éducatives pour appréhender permanence et changements de la culture langagière scolaire particulièrement en France et dans la francophonie. Oui, la construction « identitaire » de la didactique du français posait la question de ce qu’est une « discipline » et le travail sur la « disciplinarité » de la linguistique inspirait, au sens d’une démarche modélisante, mes avancées en didactique mais aussi dévoilait des enjeux épistémologiques convergents. Si les écrits recensés dans cet ouvrage restent largement occupés de la multiplicité des relations entre linguistique et didactique (de l’éclipse au « retour », de l’inclusion à l’interaction), ils manifestent aussi une prise sur des dimensions plus largement culturelles et s’inscrivent, modestement, dans une histoire intellectuelle des disciplines du langage.
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