Langues de l'Inde en diasporas | Indian Languages in Diasporas

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Français
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Les diasporas indiennes anciennes, issues de l’immigration des ouvriers agricoles sous contrat (indentured labourers) pendant la colonisation européenne, font l’objet de nombreuses études d’ordre historique, économique, anthropologique, social, et politique. Alors que le rôle et la place des langues d’origine au sein de ces diasporas indiennes ont suscité un intérêt moindre. Or, des études récentes montrent que la transmission et le maintien de la langue d’origine, parmi tous les éléments identitaires, sont des processus très complexes. Cette Conférence avait donc pour objectif de faire un état des lieux et d’offrir un espace d’échanges et de réflexion autour de ces langues.


The Indian old diasporic communities, who migrated during the european colonial period as indentured workers, have been the subject of many discussions and studies with emphasis on the historical, economical, anthropological, social and political dimensions of migration. However, the presence of Indian languages and their role within these diaspora populations have so far received limited attention. recent studies have made clear that among all the elements of identity (re)construction, retention and transmission of the language of origin is the most problematic. this Conference was organized in order to provide a forum for discussion and interaction in connection with these languages.


Colloque International : Langues de l’Inde en diasporas | Maintiens et transmissions
International Conference : Indian Languages in Diaspora | Retention and Transmission
Actes du colloque | Proceedings of the conference
29-31 octobre 2015 | 29-31 October 2015, Mémorial ACTe, Pointe-à-Pitre, Guadeloupe


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EAN13 9791093143439
Langue Français
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Les diasporas indiennes anciennes, issues de l’immigration des ouvriers agricoles
sous contrat (indentured labourers) pendant la colonisation européenne, font
l’objet de nombreuses études d’ordre historique, économique, anthropologique,
social, et politique. Alors que le rôle et la place des langues d’origine au sein
de ces diasporas indiennes ont suscité un intérêt moindre. Or, des études récentes
montrent que la transmission et le maintien de la langue d’origine, parmi tous
les éléments identitaires, sont des processus très complexes. Cette Conférence
avait donc pour objectif de faire un état des lieux et d’ofrir un espace d’échanges
et de réfexion autour de ces langues.
Te Indian old diasporic communities, who migrated during the european
colonial period as indentured workers, have been the subject of many discussions
and studies with emphasis on the historical, economical, anthropological, social
and political dimensions of migration. However, the presence of Indian languages
and their role within these diaspora populations have so far received limited
attention. recent studies have made clear that among all the elements of identity
(re)construction, retention and transmission of the language of origin is the
most problematic. this Conference was organized in order to provide a forum for
discussion and interaction in connection with these languages.Colloque International
LANGUES DE L’INDE EN DIASPORAS
MAINTIENS ET TRANSMISSIONS
International Conference
INDIAN LANGUAGES IN DIASPORA
RETENTION AND TRANSMISSION
29-31 octobre 2015 | 29-31 October 2015
Mémorial ACTe
Pointe-à-Pitre, Guadeloupe
ACTES DU COLLOQUE | PROCEEDINGS OF THE CONFERENCE
Edité par/Edited by
Appasamy Murugaiyan
Scitep ÉditionS
2019La loi du 11 mars 1957 n’autorisant, aux termes des alinéas 2 et 3 de l’Article 41 d’une part que les copies
ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective et,
d’autre part, que les analyses et courtes citations dans un but d’exemple et d’illustration, toute représentation ou
reproduction intégrale ou partielle, faite sans consentement de l’auteur ou de ses ayants-droits ou ayants-cause,
est illicite (alinéa premier de l’Article 40).
Dépôt légal : octobre 2019
© Scitep Éditions
ISBN : 979-10-93143-43-9Comité de lecture/Editorial Committee
Christian GhaSarian, Université de Neuchâtel, Suisse
Vinesh hookoomSinG, University of Mauritius
Gerry L’ÉtanG, Université des Antilles, Martinique
Vasu renGanathan, University of Pennsylvania, USA
Catherine Servan-Schreiber, Centre d’Études de l’Inde
et de l’Asie du Sud – CNRS, Paris
Logambal Souprayen-cavery, Université de la Réunion
Comité scientifque/Conference Programme Committee
Responsable/Chair :
Appasamy muruGaiyan,
EPHE-UMR 7528 du CNRS – Mondes iranien et indien, Paris
Membres/Members
Juliette Facthum-Sainton, Université des Antilles, Guadeloupe
Surendra Gambhir, University of Pennsylvania, USA
Vinesh hookoomSinG, University of Mauritius
Gerry L’ÉtanG, Université des Antilles, Martinique
Rajend meSthrie, University of Capetown, South Africa
Lambert-Félix prudent, Université des Antilles, Guadeloupe
Sanakaran radhakriShnan, University of Texas, Austin, USA
L. ramamoorthy, Central Institute of Indian Languages (ciiL), Mysore, India
Vasu renGanathan, University of Pennsylvania, USA
Logambal Souprayen-cavery, Université de la Réunion
Comité d’organisation/Organising Committee
Responsable/Chair:
Fred nÉGrit, CGPLI, Guadeloupe
Membres/Members
Appasamy muruGaiyan
ephe-umr 7528 du cnrS – Mondes iranien et indien, Paris
Lambert-Félix prudent
eSpe, Université des Antilles, Guadeloupe
4
SOMMAIRE
Introduction – Appasamy Murugaiyan ...................................................................... 7
Les langues de l’Inde dans ses diasporas : Discours d’ouverture
Ernest Moutoussamy .......................................................................................... 19
Indian languages in diaspora : a socio-historical overview and survey
of new trends – Rajend Mesthrie ....................................................................... 21
Offcial policy for the preservation and promotion of “Oriental languages”
in Mauritius – Sooryakanti Nirsimloo-Gayan ................................................... 37
La diaspora tamoule : un continuum linguistique tamoul des Indes méridionales
aux Antilles – Appasamy Murugaiyan ............................................................... 47
Considérations sur les phénomènes diasporiques télougous – Daniel Negers ....... 75
Tracing Indian Languages in New Caledonia – Karin Speedy................................ 99
Tamil Identity Construction in a Multilingual Situation: The Mauritian
Experience – Khesaven Sornum....................................................................... 119
Le concours de chant dans la promotion des langues indiennes à Maurice
Catherine Servan-Schreiber ............................................................................. 131
From Bhojpuri to Hindi: What Next in the Predominantly Creole-Speaking
Context of Mauritius? – Vinesh Y. Hookoomsing ............................................ 155
L’immigration indienne en Guadeloupe : la création du poste d’interprète
au sein du service d’émigration – Myriam Alamkan ....................................... 175
Persistances de conceptions tamoules dans la langue créole à La Réunion
Christian Ghasarian & Appasamy Murugaiyan .............................................. 187
Nommer la plante : apport du tamoul, du bhojpuri et de l’hindi
dans la langue créole en Guadeloupe – Lou Kermarrec .................................. 211
Survivance de la langue tamoule à travers la médecine traditionnelle
réunionnaise – Stéphane Savriama .................................................................. 237
Du tamoul épique au créole d’un sacré à La Réunion – Sully Santa Govindin .... 259
Tamoul rituel et dieu d’ailleurs en Martinique – Gerry L’Étang .......................... 285
L’Inde mythique dans l’œuvre d’Ananda Devi – Vidya Vencatesan ..................... 291
Des langues de la famille à la pratique de nouvelles langues dans les diasporas
Juliette Facthum-Sainton ................................................................................. 303
Survival of the Indian Language of Origin in Suriname – Krishnedat Bajnath ... 323
The Misunderstood Language of Caribbean Hindustānī – Visham Bhimull ......... 343
Enseigner et apprendre la langue tamoule à La Réunion Logambal
Souprayen-Cavery ............................................................................................ 361
5Conférence internationale : Langues de l’Inde en diasporas : maintiens et transmissions
The Flipped Classroom Approach and E-Learning Methods
for Teaching Tamil in Mauritius – Sandanaluchmee Vellien M....................... 373
Présence et transmission de langues indiennes en Guadeloupe – Fred Négrit ..... 389
Weakened Languages of India’s Diaspora and a Model for Language
Revitalization – Surendra Gambhir ................................................................. 399
Heritage Language Environment (HLE) and its Implications upon
Tamil Language Curriculum – Vasu Renganathan .......................................... 415
Strategies for teaching indian languages in the diasporic context
L Ramamoorthy ................................................................................................ 433
Notices biographiques / Biographical notes .......................................................... 445
6 International Conference : Indian Languages in Diasporas : Retention and transmissionINTRODUCTION Introduction – Appasamy Murugaiyan
Introduction
Appasamy Murugaiyan
Appasamy muruGaiyan
École Pratique des Hautes Études
UMR 7528 – Mondes iranien et indien
France
Depuis au moins trois décennies, les diasporas indiennes font l’objet de
nombreuses études et réfexions parmi les chercheurs s’intéressant aux aspects
historiques et économiques ainsi qu’aux questions d’ordre anthropologique,
social et politique des migrations. Cependant, le rôle et la place des langues
d’origine au sein de ces diasporas ont suscité un intérêt moindre. La langue,
parmi tous les éléments identitaires, se transmet et se maintient diffcilement.
Le degré du maintien des langues ainsi que la transmission varient d’une
région à l’autre. Le maintien et la transmission des langues indiennes au sein
des diverses diasporas peuvent être localisés sur un continuum qui va de la
disparition ou marginalisation extrême à la valorisation par le biais de
mouvements associatifs ou, dans le meilleur des cas, par l’État d’accueil.
Les diasporas indiennes dont il est question ici sont issues d’anciens
immigrants, pour la plupart ouvriers agricoles engagés sous contrat (indentured
labourers) sous la colonisation européenne entre 1834 et 1920. Les groupes
diasporiques indiens se trouvent éparpillés à travers le monde. Les plus
importants numériquement se trouvent dans les régions et pays suivants : Afrique
de l’Est, Afrique du Sud, Fiji, Guadeloupe, Guyana, Maurice, La Réunion,
Malaisie, Martinique, Myanmar, Singapour, Suriname, Trinidad et Tobago.
Recrutés dans toute l’Inde, ils appartiennent aux deux principaux groupes
linguistiques du sous-continent : le groupe indo-aryen : avadhi, bhojpuri,
gujarati, hindi, konkani, marathi, ourdou, punjabi et sindhi , et le groupe
dravidien : malayalam, tamoul et télougou.
L’objectif de cette conférence était de faire un état des lieux des langues
d’immigrants indiens de l’engagisme de la période coloniale et d’offrir un espace
d’échanges entre chercheurs et pédagogues et de réfexion théorique sur des
problématiques langagières spécifques au contexte diasporique. Compte tenu
du lieu d’accueil de la conférence, une attention particulière a été accordée
7Conférence internationale : Langues de l’Inde en diasporas : maintiens et transmissionsAppasamy Murugaiyan
aux diasporas indiennes dans les départements d’outre-mer (DOM). Il est
important de souligner que presque 80 % des diasporas indiennes des DOM
sont d’origine tamoule. Cela dit, la question qui nous intéresse concerne
l’ensemble des diasporas indiennes énumérées plus haut. Elle est double et porte
en particulier sur deux aspects complémentaires de la situation des langues
indiennes en diaspora :
1. leur maintien et les stratégies qui en découlent ;
2. leurs modes de transmission.
Nous avons fait un appel à communication et, sur la soixantaine de chercheurs
qui nous ont envoyé leur résumé, vingt-huit ont participé à la conférence et ont
présenté leur communication. Il est important de souligner que les participants
venaient de nombreuses régions à travers le monde, dont l’Afrique du Sud,
l’Australie, les États-Unis, la France, Maurice, l’Inde, La Réunion, la Guadeloupe,
la Martinique, le Suriname et Trinidad. Sur les vingt-huit contributions,
vingtquatre sont réunies dans la présente publication.
Les trois premiers articles permettent de faire une mise au point de la
situation des langues de l’Inde dans le contexte diasporique.
meSthrie offre une synthèse importante fondée sur des aperçus d’ordre
typologique et historique. Il présente un inventaire préliminaire de maintien
et de perte de la langue d’origine (LO) dans différents contextes et examine
les conditions qui favorisent son maintien à court et à long terme. Il porte
une attention particulière aux phénomènes de maintien d’identité face au
transfert linguistique.
muruGaiyan présente une analyse détaillée portant spécifquement sur
la langue tamoule dans six régions diasporiques. Son étude de l’emploi de
la langue tamoule repose sur le concept de continuum linguistique qui va du
maintien presque parfait jusqu’au transfert linguistique presque complet de
la langue d’origine.
nirSimLoo-Gayan présente la politique offcielle du gouvernement mau -
ricien pour le maintien et la transmission des langues « orientales » (arabe,
chinoise et indiennes) et l’apport du Mahatma Gandhi Institute à Maurice.
Elle aborde aussi la part des nouvelles technologies d’apprentissage et les
pédagogies innovantes du Mahatma Gandhi Institute.
1. STRATÉGIES DE MAINTIEN
La présence des langues de l’Inde dans ses diasporas anciennes demeure
un thème assez peu documenté. Pourtant, on reconnaît que la transmission de
la langue au sein des diasporas est un phénomène social complexe. Une bonne
connaissance des contextes sociopolitiques susceptibles de favoriser le
maintien ou la perte des LO devrait nous permettre de mieux planifer à l’avenir
leur maintien et leur transmission en milieu diasporique.
8 International Conference : Indian Languages in Diasporas : Retention and TransmissionIntroduction
neGerS présente le cas de la langue télougoue. Il décrit comment la
présence du télougou est passée inaperçue et constate que cette langue n’a pas
semblé pouvoir survivre en aucune façon parmi les populations d’anciens
immigrants ouvriers agricoles engagés sous contrat dans les départements
français d’outre-mer.
Speedy s’interroge sur les langues que parlaient ces « Malabars » (nom utilisé
couramment pour désigner les Indiens). Ont-ils continué à parler leur langue en
Nouvelle-Calédonie ? Si oui, pendant combien de temps ? Et quelles traces de
langues indiennes, s’il en reste, peuvent être trouvées sur le Caillou ?
Sornum présente le cas du tamoul à Maurice, où le transfert linguistique
aurait commencé dès 1940 et ne fait que s’aggraver. Il présente les facteurs
qui affectent le maintien de la langue tamoule à Maurice et s’interroge sur les
stratégies de maintien de la langue et de reconstruction d’une identité tamoule
dans le contexte moderne mondial.
Servan-Schreiber oriente son analyse sur le bhojpuri à l’île Maurice et décrit
les concours de chant comme un phénomène intéressant suggérant une nouvelle
stratégie de préservation et de transmission. Ces concours tiennent lieu à la fois
d’archive langagière, de mémoire, et de mobilisation patrimoniale, et témoignent
du lien manifeste entre musique et patrimonialisation des langues.
hookoomSinG présente le cas du bhojpuri à Maurice dans le contexte
sociolinguistique où le créole est devenu de facto langue nationale. Le bhojpuri et
les autres langues indiennes, jadis très vivantes, semblent de nos jours s’épuiser
à travers les générations et se réduire au rôle de langues patrimoine. Prenant
l’exemple du bhojpuri, il s’interroge sur le sort des langues diasporiques dans
des sociétés d’accueil devenues pays natifs, pays d’appartenance.
La survivance des langues et des cultures d’origine semble reféter, en dépit
des facteurs externes, la dynamique de chaque groupe diasporique.
aLamkan présente le contexte historique de la création d’un service
d’interprétariat pour aider des travailleurs indiens alors que l’administration de la
Guadeloupe ne s’en était jamais préoccupée pour d’autres travailleurs venus
d’Europe, d’Afrique ou d’Asie.
L’article de GhaSarian & muruGaiyan décrit la persistance de multiples
formes de pensées indiennes dans la vie quotidienne des originaires du Tamil
Nadu à La Réunion. Cet article permet de relativiser et de problématiser
l’association anthropologique spontanée entre langue et culture, avec l’idée
qu’une langue peut disparaître mais pas nécessairement des éléments majeurs
de la culture d’origine.
Les deux travaux suivants portent sur un domaine peu étudié, l’ethno- botanie,
et montrent le lien complexe entre langue, culture, religion et médecine.
kermarrec, partant d’une perspective ethnographique, explore le lien
entre le maintien dans la langue créole d’un lexique d’origine indienne se
9Conférence internationale : Langues de l’Inde en diasporas : maintiens et transmissionsAppasamy Murugaiyan
référant au végétal et la transmission des usages des plantes dans les familles
de descendants d’engagés indiens en Guadeloupe.
Savrima par l’étude des noms vernaculaires de plantes médicinales
apportées par les migrants indiens, montre leurs liens et leur importance dans la
médecine populaire réunionnaise. Il explique comment la transmission de ces
savoirs traditionnels permet la survivance des langues indiennes ainsi que la
transmission d’un savoir-vivre ancestral dans l’île.
Govindin décrit les modalités de transmission d’un système langagier des
descendants de migrants indiens dans la société réunionnaise à travers l’étude
de la mise en scène du Mahâbârata. Il démontre les stratégies de maintien
et de réappropriation de l’épopée ainsi que le phénomène de contact entre le
tamoul épique et le créole sacré.
L’ÉtanG montre l’emploi du tamoul en Martinique, utilisé exclusivement
comme langue sacrée lors du rite divinatoire et des cérémonies hindoues,
reconfguré par la créolisation et la diasporicité, et son lien avec les villages
de l’Inde du sud, le pays d’origine.
vencateSan, à travers l’analyse des œuvres de l’écrivaine mauricienne
Ananda Devi, nous fait part de la manière dont les mythes hindous sont
revisités, revus et renégociés dans le contexte diasporique mauricien.
Facthum-Sainton traite des changements phonétiques attestés dans les
chants sacrés pratiqués par les prêtres et offciants d’origine tamoule en
Martinique et en Guadeloupe. Elle montre le processus de la créolisation
phonétique des mots et énoncés tamouls, comparés au tamoul des origines,
et décrit la créolisation linguistique du tamoul lors de sa migration dans le
temps et dans l’espace.
bajnath décrit la survivance du sarnami (surnami-hindustani), la langue de
la diaspora indienne du Suriname et sa relation diglossique avec l’hindi. Il décrit
un des rares cas de survivance de langue d’origine dans une situation diasporique
grâce à la contribution, à la fois du pays d’origine et de celui d’accueil, et
surtout par la volonté des locuteurs d’origine indienne. L’auteur se demande si la
relation diglossique entre l’hindi et le sarnami peut continuer encore longtemps.
bhimuLL analyse les différentes formes d’expression de l’hindoustani de
Trinidad et met en lumière les particularités de cette langue afn de montrer
comment elle s’adapte au mieux à la culture unique de la diaspora indienne de
Trinidad et Tobago. Il montre aussi qu’elle est différente de l’hindi standard
moderne et souligne qu’il est urgent d’archiver l’hindoustani de Trinidad.
2. MODES DE TRANSMISSION
La deuxième question que nous avons abordée relève d’une préoccupation
majeure de toutes les communautés diasporiques, à savoir comment transmettre
à la jeune génération la langue d’origine et éviter un transfert linguistique total.
10 International Conference : Indian Languages in Diasporas : Retention and TransmissionIntroduction
Souprayen-cavery essaie de situer la pratique de l’enseignement-
apprentissage de la langue tamoule dans le contexte sociolinguistique
plurilingue complexe réunionnais. Elle propose de mettre en place des dispositifs
adaptés pour développer l’enseignement de la langue tamoule à La Réunion
visant le concept identitaire et le patrimoine culturel réunionnais.
veLLien présente les concepts et techniques de l’approche inversée dans
l’enseignement des langues et son application à l’enseignement-apprentissage
du tamoul à Maurice. L’application de cette nouvelle technique d’enseignement
dans la classe « inversée », pourrait mieux motiver et intéresser les étudiants
à l’enseignement de la langue tamoule.
nÉGrit fait part de son expérience d’enseignement de l’hindi et du tamoul en
Guadeloupe au sein de la diaspora ancienne dans le cadre associatif. Il
s’intéresse particulièrement à la problématique de la présence et de la transmission
des langues indiennes telles qu’elles existent en Guadeloupe dans le contexte
principalement diasporique.
Gambhir décrit les langues qui se sont historiquement affaiblies en raison
de nombreuses circonstances en situation diasporique. Il propose un modèle
théorique qui pourrait contribuer à valoriser le statut de ces langues dans
toute communauté linguistique.
renGanathan rappelle que la population diasporique est particulièrement
diverse de par son contexte linguistique et historique et sa motivation à
apprendre la langue d’origine. La nature et le type de cursus d’apprentissage
de la langue d’origine doivent tenir compte de ces particularités pour mieux
répondre aux besoins de chacun de ces divers groupes d’apprenants.
ramamoorthy propose une technique de capsules culturelles de recréation du
contexte culturel d’enseignement de langues par les vidéos produites par le Central
Institute of Indian Languages. Il explique comment ces matériels pourraient être
utiles pour l’enseignement des langues dans le contexte diasporique.
Remerciements
Nous tenons à remercier chaleureusement :
Tous les membres du Comité d’organisation, ceux du Comité scientifque
et le secrétariat du Conseil Guadeloupéen pour les Langues Indiennes pour
leur aide et leur soutien lors de la préparation de la Conférence.
Tous les intervenants, dont les textes réunis témoignent de la richesse des
actes de la Conférence.
Tous nos partenaires scientifques :
– l’École Pratique des Hautes Études – UMR 7528 Mondes iranien et
indien ;
– le Conseil Guadeloupéen Pour Les Langues Indiennes ;
11Conférence internationale : Langues de l’Inde en diasporas : maintiens et transmissionsAppasamy Murugaiyan
– l’École Supérieure du professorat et de l’éducation de l’université des
Antilles ;
Monsieur Jacques Martial, président du Mémorial ACTe, pour avoir bien
voulu accueillir la Conférence ;
Le Conseil Régional de Guadeloupe et le Conseil Général de Guadeloupe
pour leur soutien fnancier.
Et tous nos amis pour leur soutien moral et leur contribution à l’organisation
scientifque et matérielle de la Conférence.
12 International Conference : Indian Languages in Diasporas : Retention and TransmissionINTRODUCTION Introduction
Appasamy Murugaiyan
Appasamy muruGaiyan
École Pratique des Hautes Études
UMR 7528 – Mondes iranien et indien
France
For more than three decades, the Indian diaspora across the world has been
the subject of many discussions and studies among researchers interested in
the historical and economic aspects as well as the anthropological, social and
political dimensions of migration. However, the presence of Indian languages
and their role within these diaspora populations have so far received limited
attention from researchers. Among all the elements of identity
(re)construction, language retention and transmission is the most problematic. Retention
and transmission of the diasporic Indian languages may be mapped along a
continuum ranging from disappearance or extreme marginalization to
preservation and promotion through socio-cultural organizations or, in the ideal
situation, by the host State.
The conference focuses on the languages of origin (LO) of the Indians who
migrated during the colonial period as indentured workers, from 1834 to 1920,
and known as the old diaspora. They are settled in many parts of the world
including: East Africa, South Africa, Fiji, Guadeloupe, Guyana, Malaysia,
Martinique, Mauritius, Myanmar, Reunion, Seychelles, Singapore, Suriname,
Trinidad and Tobago. They belong to the two main linguistic groups of the
Indian sub-continent: The Indo-Aryan group: Awadhi, Bhojpuri, Gujarati,
Hindi, Konkani, Marathi, Punjabi, Sindhi and Urdu; and the Dravidian group:
Malayalam, Tamil and Telugu.
The objective of the conference is to provide a forum for discussion and
interaction among researchers and educators on theoretical language retention
and transmission issues in diasporic contexts, enhanced by relevant
country-based case studies. The conference, being hosted in Guadeloupe, will
pay particular attention to the Indian diaspora people settled in the French
overseas departments (DOM) : Réunion, Guadeloupe and Martinique. It is
important to highlight that most of them are of South Indian origin and claim
13Conférence internationale : Langues de l’Inde en diasporas : maintiens et transmissionsAppasamy Murugaiyan
Tamil as their language and culture. The focus of the present conference lies
on two related aspects of the Indian language diasporic situation as part of
the process of identity construction, namely:
1. Strategies of language retention
2. Modes of language transmission
Around sixty researchers responded to our call for papers and
submitted their abstracts. Among them twenty-eight attended the Conference and
presented their research paper. Twenty-four papers were fnally selected for
publication in this volume. It is important to underline that the participants
came from many regions around the world such as: Australia, South Africa,
United States, France, India, Guadeloupe, Martinique, Mauritius, Réunion,
Suriname, and Trinidad.
The frst three papers give a clear overview of the state of art of the Indian
languages in diasporic context.
meSthrie gives an important summary of the language situation based on a
typological and historical overview. He offers a preliminary inventory of
maintenance and loss in various settings, and makes an assessment of the conditions
that favour maintenance in the short and long term. Issues related to identity
retention (with change) in the face of shift are also raised and discussed.
muruGaiyan presents a detailed analysis focused mainly on the Tamil
language in six regions. His examination of the usage of Tamil language
based on the concept of linguistic continuum stretching from almost perfect
language maintenance to almost complete language shift.
nirSimLoo-Gayan presents the offcial policy of the Government of
Mauritius based on the preservation and promotion of “Oriental languages”
(Arabian, Chinese and Indian languages) in Mauritius and the pivotal role
of the Mahatma Gandhi Institute as a major institution of higher education.
She also outlines the impact of the e-technology revolution and its potential
for new forms of learning with a focus on forthcoming initiatives of the
Mahatma Gandhi Institute.
The presence of Indian languages amidst the old diaspora is an area which
needs to be studied more in detail as this may shed more light on the political
and social factors that may have contributed for to the maintenance or loss
of the LO.
neGerS discusses the lack of visibility of the Telugu language which was
the mother tongue of indentured immigrant workers. He shows that it has
not survived in the Overseas Departments of France (DOM). Speedy in her
paper on New Caledonia raises a series of questions: What languages did the
« Malabars » (as the Indians were often called) speak? Did they continue to
speak their languages in New Caledonia? If so, for how long? And what are
the traces, if any, of Indian languages in « le Caillou » today?
14 International Conference : Indian Languages in Diasporas : Retention and TransmissionIntroduction
Sornum states, regarding the Tamil language in Mauritius, that the shift
started in the 1940s and seemed to continue over the years. Fortunately,
there were parallel efforts from various sociocultural movements to check
the shift from complete language loss. He highlights and analyses the factors
affecting Tamil language maintenance in Mauritius and suggests strategies
of language retention in the process of a Tamil identity construction in the
modern global context.
Servan-Schreiber focuses her analysis on the Bhojpuri language in
Mauritius. She describes a new strategy where the Bhojpuri song
competitions, beyond the positive spin-offs in the careers of more than one singer,
constitute a linguistic archive, a memory, and a tool for ensuring the constant
remobilization of a cultural heritage.
hookoomSinG highlights the case of Bhojpuri in Mauritius and its
sociolinguistic situation marginalised by the use of the Creole language as a de facto
Mauritian national medium. Bhojpuri and many other Indian languages were
very present, but once the Indian diaspora settled for good, their corresponding
languages progressively lost their vitality and are now labelled as ancestral
languages. Using Bhojpuri as a case study, he raises the question of the fate of
migrant languages once the speakers adopt the language of the host society?
The survival of language and culture of origin, despite external factors,
mirrors the dynamics of diasporic groups.
aLamkan describes the historical context of the creation of a service of
interpreters to help the Indian immigrant workers whereas such a service
was never created before in favour of African, Asian and European workers.
GhaSarian and muruGaiyan discuss the persistence of many forms of
Indian ways of thinking in the daily life of Tamil Nadu’s native people in
Reunion Island. This paper problematizes the spontaneous anthropological
association between language and culture, with the idea that a language can
disappear but not necessarily the major elements of the culture of origin.
The two papers below focus on a less explored area of ethno-botany and
highlight the complex relation between language, culture, religion and
medicine in the diasporic context.
kermarrec, through an ethnographic approach, studies the relation
between the conservation of Tamil, Bhojpuri or Hindi medical terms in the
Creole language on the one hand, and on the other, how the use of the
traditional plants has been transmitted among the Guadeloupeans of Indian origin.
Savarima studies the importance of the medicinal plants brought by the
Indian immigrants. He explains how the transmission of this traditional
knowledge helps to keep alive the Indian ancestral language and way of life.
Govindin questions in his paper the modalities of transmission of a
linguistic system, in putting on stage the Mahâbârata, practised among the
15Conférence internationale : Langues de l’Inde en diasporas : maintiens et transmissionsAppasamy Murugaiyan
descendants of Indian migrants of Réunion society. He shows the strategies
of preservation of the myth and its re-appropriation, as well as the contact
between the epic Tamil and the sacred Creole.
L’ÉtanG describes in his paper the use of the Tamil language, which is
reshaped by creolisation and the diasporic context in Martinique, exclusively
as sacred language during the Hindu religious ceremonies and rituals.
vencateSan, through her analysis of the literary works of Mauritian
novelist and poet Ananda Devi, shows how the Hindu myths are revisited, revised,
renegotiated and adapted to the Mauritian context.
Facthum-Sainton discusses and shows the phonetic changes testifed
within the oral varieties of the Tamil sacred songs as practiced by the priests
of Tamil origin in Martinique and Guadeloupe. She describes the phonetic
creolization of Tamil words and phrases, and the process of linguistic
creolization of the Tamil language as a result of its migration through time and space.
bajnath describes the survival of Sarnami (Sarnami-Hindustani), the
language of the Indian diasporic community in Suriname, with its diglossic relation
with Hindi. This is probably one of the rare cases where the language of Indian
immigrants has survived in the diasporic context thanks to the support from
both the country of origin and the host country and most importantly by the
will of the speakers, the Indian immigrants. The author wonders whether the
diglossic relationship between Hindi and Sarnami can continue for a long time.
bhimuLL analytically examines the various forms of expressions of Trinidad
Hindustani and highlights its specifc features, showing how it best suits the
unique culture of the colonial Indian diaspora of Trinidad & Tobago. He also
shows that the Trinidad Hindustani is different from the Modern Standard
Hindustani and its documentation, description and study are to be treated
urgently.
The second issue that was addressed in the conference is a major concern
of almost all diasporic communities, namely: how to transmit the language
of origin to the younger generation and how to avoid a total linguistic shift?
Souprayen-cavery tries to place the Tamil language learning and teaching
practice in the broader sociolinguistic multilingual context of La Réunion
Island. She proposes to set up appropriate devices to develop the teaching
of Tamil language in La Réunion Island focused on the concepts of identity
and cultural heritage.
veLLien presents the fipped classroom concepts and techniques in lan -
guage teaching and its application to the teaching of Tamil in Mauritius.
She suggests that the fipped class room approach may help to better engage
learners in learning Tamil.
nÉGrit shares his experience of teaching Hindi and Tamil in Guadeloupe
through his Association. His interests are focused on the presence and issues
16 International Conference : Indian Languages in Diasporas : Retention and TransmissionIntroduction
of transmission of Indian languages as they are represented in Guadeloupe
in its diasporic context.
Gambhir describes languages that have been historically weakened under
the infuence of a variety of circumstances in diasporic contexts. He suggest
a theoretical model that should help in upgrading the status of such languages
in any speech community.
ranGanathan, in his paper, reminds us that the diasporic population is
diversifed in terms of their history, linguistic context and language learning
motivations. He suggests that the nature and type of language curriculum
should take into account these specifc features in order to cater for the needs
of these diverse groups of learners.
ramamoorthy proposes the cultural capsule model and recreation of the
cultural context in language teaching among the diasporic communities. He
suggests that the use of videos produced by the Central Institute of Indian
Languages would be of great help.
Acknowledgements
We would like to thank:
All the members of the Organising and Conference Programme Committees
as well as all the offce bearers of the Conseil Guadeloupéen Pour les Langues
Indiennes for their contribution in the organisation of the Conference.
All the participants of the Conference.
Our scientifc partners:
• École Pratique des Hautes Études – UMR 7528 Mondes iranien et indien ;
• Conseil Guadeloupéen Pour Les Langues Indiennes ;
• École Supérieure du professorat et de l’éducation de l’université des
Antilles ;
Mr Jacques Martial, President of the Mémorial ACTe Guadeloupe for
having hosted the Conference
The Conseil Régional de Guadeloupe, the Conseil Général de Guadeloupe
and the Conseil Guadeloupéen Pour les Langues Indiennes for their fnancial
support.
And last but not least:
All the members, well-wishers and friends for their contribution and
support for the successful organisation of the Conference.
17Conférence internationale : Langues de l’Inde en diasporas : maintiens et transmissions18 International Conference : Indian Languages in Diasporas : Retention and TransmissionLES LANGUES DE L’INDE DANS SES DIASPORAS Les langues de l’Inde dans ses diasporas :
Discours d’ouverture DISCOURS D’OUVERTURE Ernest Moutoussamy
Les langues de l’Inde dans ses diasporas :
Ernest moutouSSamy Discours d’ouverture
Ancien député et maire Ernest MoutoussaMy
Écrivain
Au cœur de ce Mémorial, magnifque conscience d’une des plus grandes
tragédies qu’ait connues l’humanité, par cette conférence internationale,
nous ranimons, s’agissant de la Guadeloupe, une parole demeurée interdite,
clandestine, plaintive, gestuelle, en remuant les cendres de plusieurs langues
venues de l’Inde.
Nous sommes donc en mission de reconquête, non pas dans une diaspora
de l’Inde, mais dans un territoire de la République française, abritant sous la
devise de cette dernière, les valeurs constitutives de son identité pluriethnique
et multiculturelle.
Fini le temps de la langue colonialiste et impérialiste.
Place aux langues mondialistes ou internationalistes n’appartenant plus
uniquement à leur pays d’origine et s’inscrivant dans des relations
respectueuses des droits des peuples et de la dignité humaine.
Il s’agit pour nous d’expertiser une page, pas très lisible, de notre histoire,
pour mieux écrire le devoir de mémoire, pour conforter l’identité et édifer
l’avenir.
En vous disant ce matin « vanakkam » ou « namasté », héroïques et
glorieux débris de la quinzaine de langues de l’Inde arrivées dans ce pays, je
salue la volonté des organisateurs de cette conférence de vouloir soigner la
fonction, la préservation et la transmission des langues existantes. Ils ont
bien compris et c’est à leur mérite que la langue constitutive du patrimoine
culturel et identitaire doit être une composante essentielle du mortier humain,
nécessaire à la construction du village planétaire, seul susceptible de garantir
une existence viable à l’humanité.
Notre peuple, fruit d’une histoire née de rencontre, de confrontation,
d’exploitation, d’extermination d’hommes et de femmes issus de plusieurs
continents, est devenu une belle racine de sang-mêlé dont le créole, sa langue
19Conférence internationale : Langues de l’Inde en diasporas : maintiens et transmissionsErnest Moutoussamy
maternelle commune est une sublime sauce d’humanité épicée notamment
d’amérindien, de français, d’africain, d’indien…
Mais, que de tragédie, que de martyre pour cette langue frappée de
discrimination qui réussit malgré tout à garder quelques poussières de l’hindi et du
tamoul, se faisant éloquence surtout dans les patronymes d’origine indienne.
Il convient de signaler, face au rouleau compresseur de l’asservissement,
couplé à l’assimilation et aux déplorables conditions de vie, alimentant
densément les cimetières et entraînant la disparition de dizaines de milliers de
ces patronymes et de presque toutes ces langues importées, que le tamoul et
l’hindi n’ont pas totalement sombré.
Considérés comme langues des dieux, dans leur fonction de
communication, ils dotaient la parole d’une essence divine qui interdisait au français
et au créole de pénétrer la résidence et le domaine de Kali et de Maliémin.
À cette formidable et inoubliable mission sacrée conduite par nos vatialous et
pousalis, j’exprime toute ma reconnaissance. Ainsi, grâce à la fdélité au culte
hindouiste dédié à ces deux divinités et malgré une séparation totale de plus
d’un siècle avec l’Inde, et un isolement étanche et impitoyable, ces langues
ont-elles survécu. Quel miracle !
Aujourd’hui, elles sont mises à la disposition du savoir et de la pensée dans
des structures adéquates pour contribuer à l’évolution de la société en passant
de la fonction exclusivement cultuelle à la fonction sociétale.
Après avoir enrichi la langue créole de termes relevant particulièrement
du domaine de la fore, de la gastronomie, de la spiritualité, sauvée par la
tradition orale, elles sont maintenant portées et enseignées pour irriguer le
pays, véhiculer l’identité, la pensée et le savoir.
Le Conseil guadeloupéen pour les Langues indiennes, dirigé par notre
valeureux et courageux ami Fred nÉGrit, en impulsant l’acquisition,
l’enseignement du tamoul et de l’hindi, permet au-delà de l’apprentissage normal
d’une langue, de rassembler des pans méconnus et oubliés d’un passé,
chargés d’histoire, d’affection, de mémoire, de spiritualité qui vivotaient dans les
souvenirs en attendant leur résurrection.
L’enseignement de ces deux langues a le mérite de sceller dans le socle
identitaire le plurilinguisme de jadis frappé alors par l’assimilation et voué
aux gémonies.
Quelle belle revanche sur l’histoire !
Merci pour cette heureuse initiative de construction et d’élévation !
20 International Conference : Indian Languages in Diasporas : Retention and TransmissionINDIAN LANGUAGES IN DIASPORA : Indian languages in diaspora :
a socio-historical overview and survey A SOCIO-HISTORICAL OVERVIEW AND SURVEY of new trends – Rajend Mesthrie
OF NEW TRENDS
Indian languages in diaspora : a
socio-historical overview and survey of new trends
Rajend Mesthrie
Rajend meSthrie
University of Cape Town
South Africa
Abstract
The present paper builds on the typological and historical overview offered in
Mesthrie (2008). In that account I suggested three focal periods (with minor overlaps)
of migrations of Indians: (a) an early period of exploration, trade and religious
activity within Asia; (b) a period of forced and semi-forced migration to newly
established colonies under slavery and indenture within European imperialism;
and (c) a post-independence period of economic migration involving voluntary
movements of large numbers of individuals to the West, Australia, parts of Africa
and so forth. This simple typology can be rendered more complex by double
diasporas, often resulting from political uncertainties, e.g. Indo-Guyanese in Canada;
Indo-Fijians in New Zealand and Indo-South Africans in Australia. The paper will
frst offer an overview of research from the era of indenture, focussing on Bhojpuri
and Tamil – the predominant languages – in the Caribbean and other “sugar
colonies” like Mauritius, Fiji and Natal. Thereafter it will offer a preliminary inventory
of maintenance and loss in various settings; and assess what conditions favour
maintenance in the short and long term. Attention will also be paid to matters of
identity retention (with change) in the face of shift.
Keywords: Tamil, Tamil dialects, Bhojpuri, Overseas Bhojpuri – comparisons,
Gujarati, indenture, koinés.
Résumé
Le présent travail repose sur des aperçus typologique et historique proposés dans
meSthrie (2008). Dans cet aperçu, j’ai suggéré trois périodes centrales (avec de
petits chevauchements) des migrations d’Indiens : (a) une première période
d’exploration, d’activité commerciale et religieuse avec l’Asie ; (b) une période de
migration forcée et semi-forcée vers les colonies nouvellement établies d’esclaves et de
21Conférence internationale : Langues de l’Inde en diasporas : maintiens et transmissionsRajend Mesthrie
travailleurs engagés de l’Empire européen ; et (c) une période postindépendance de
migration économique comportant les déplacements volontaires d’un grand nombre
d’individus vers l’ouest, l’Australie, certaines régions d’Afrique, etc. Cette
typologie simple devient plus complexe avec les doubles diasporas, résultant souvent
d’incertitudes politiques, par exemple, indo-guyanaise au Canada, indo-fjienne en
Nouvelle-Zélande et indo-sud-africaine en Australie. Cet article propose d’abord
un aperçu de travaux de recherches à partir de la période d’engagisme, en mettant
l’accent sur le bhojpuri et le tamoul – les langues principales –, dans la Caraïbe et
les autres colonies « sucrières » comme Maurice, Fiji et Natal. Puis, il proposera un
inventaire préliminaire de maintien et de perte dans différents contextes ; et
évaluera quelles conditions favorisent le maintien à court et à long terme. Une attention
particulière sera accordée aux phénomènes de maintien d’identité (avec adaptation)
face au transfert linguistique.
Mots-clés: tamoul, dialectes de tamoul, bhojpuri, bhojpuri d’outre-mer,
comparaisons, gujarati, engagisme, koinès.
1. INTRODUCTION AND HISTORICAL BACKGROUND
I argue in meSthrie (2008) that the history of Indian languages in diaspora
is best characterised by three focal periods. The frst diaspora involves early
travels out of India in the historical period involving commerce, religion and
th thother voluntary movements. Mercantile activities from the 5 to 7 CE by
sailing ship saw varying degrees of Indian infuence in Sri Lanka, South East
1Asia, China, Arabia and East Africa. With the spread of Buddhism, Pali
stabilised as a religious language in Sri Lanka, Burma and Thailand. Sri Lanka’s
major languages, Sinhalese and Tamil also have historical relations with India.
th thThe early migrations out of India of gypsies in the 9 and 12 CE would also
count here. That their language still survives in many European territories till
today, albeit in hybrid forms, is noteworthy. The frst diaspora thus has enduring
interest. The second diaspora comprises forced movements of Indians in the
context of slavery and indenture mainly by European powers, and the
movement of Indian traders to those European colonies. The Dutch took slaves from
thBengal and Madras to the Cape Colony, South Africa from the 17 CE on. It is
not well known that Indian slaves formed perhaps 30% of the Cape slaves of
th ththe 17 to 19 C. Robert SheLL (2012) discovered a notebook in Dutch written
between 1721 and 1736, which includes 3 pages on herbal remedies written
in Tamil. This is the earliest known writing of a Cape slave and possibly the
earliest record of second diaspora Tamil. The notebook is that of Jan Smiesling,
a manumitted slave of the Dutch East India Company, who had converted to
Christianity and become a schoolteacher and healer. It appears that he obtained
this document from a Tamil exile, Nicolaas Jurgen Ondaatje (tieken 2013).
1. The terms “India” and “Indians” in a long term historical context present problems, of course. Although
the main focus of this paper is on people from present-day India, the broader South Asian context of former
times a is also appropriate.
22 International Conference : Indian Languages in Diasporas : Retention and TransmissionIndian languages in diaspora : a socio-historical overview and survey of new trends
Ondaatje (whose Tamil name must have been Ukantācchi or Ontācchi) was a
Chettiar (i.e. of merchant caste) who had been exiled to the Cape from Ceylon
on account of his Dutch master’s misdeeds. He was in regular correspondence
with his family in Ceylon and their Tamil letters (but not his) have been found
in the Cape archives and studied by tieken (2015). The French took slaves and
thfree artisans from South India to Mauritius from the early 18 CE on to develop
Port Louis. Indian slaves were also to be found in St Helena, with Asian and
Indian languages playing a minor role in the formation of St Helenian English
(Schreier 2008:119).
Although these languages did not survive long in the melting pots of
slave communication, some words give glimpses of this Indian presence.
In St. Helena the word boojies for “headlice” probably survives as a trace
of Tamil pucci [budʒi] for “insect”. In Afrikaans (SA Dutch) naartjie for a
small citron fruit seems to be from Sri Lankan and Indian Tamil nārattai.
Generally, Indian slaves in early founding phases of colonies did not retain an
independent identity for more than a generation or two. This is not true of the
second group of migrants within this second diaspora – indentured Indians
recruited in the “sugar colonies” of the Caribbean and adjacent mainlands,
the Indian Ocean islands and Natal (South Africa), Fiji, as well as in the
rubber plantations of Malaysia. The term “indenture” denotes a fxed con -
tract entered into between plantation owner and labourers in the post-slavery
era. It literally refers to the serrated edges of the contract certifcates which
were cut into two jagged ftting copies for employer and employee. In these
territories indentured Indians were able to retain their languages and build
related, but new, identities for much longer. A number of languages were
present and retained in this diasporic strand; the most prominent were Bhojpuri
and Tamil, other important languages being Telugu, Urdu and Marathi. In
Malaysia, Singapore, Burma and Sri Lanka the reated kangani and maistry
systems also took Tamil speakers there in large numbers. In these systems a
headman recruited 30 labourers or so whom he supervised in the new territory.
Indentured Indians of Panjabi descent worked on establishing the railways of
East Africa (1896 to 1901), and though the majority returned to India, about
7000 remained as the nucleus of the Indian community in Kenya and Uganda.
Panjabis were notable workers and sirdars in Malaysia and Singapore.
An important language of this phase was Gujarati, which was not a
language of indentured workers but of “free” or “passenger” Indians, who settled
in the sugar colonies, seeking trade opportunities there. There were also a few
passenger Indians of other backgrounds, e.g. Tamil merchants in Mauritius
and Chettiars (or money lenders) in Malaysia. To this may be added Konkani
(in the Cape Colony and East Africa), Meman (a variety of Sindhi) in Natal
and East Africa, Panjabi in Canada and East Africa.
23Conférence internationale : Langues de l’Inde en diasporas : maintiens et transmissionsRajend Mesthrie
This “free” strand of the second diaspora has much in common with the
third diaspora, which is the categorisation I give for the more recent voluntary
movements of people from post-independence India in search of economic
opportunities. This part of the diaspora is particularly strong in what were
once the dominion colonies of the British empire Canada, USA, Australia,
New Zealand, and of course Britain itself. In the last 35 years it has extended
well beyond the empire into Europe and other territories. Gambhir (personal
communication, this conference) is of the opinion that a sub-strand of
“e-migrants” can be identifed within the third diaspora. These are highly mobile
young migrants (a.k.a. the “e-generation”) capitalising on their educational and
electronic skills, rather than assuming the menial positions of the economic
migrants of the 1950s and later. Moreover, in her experience of the USA,
Gambhir fnds that the members of this e-generation are more attentive to
language retention than was the case with prior migrants of the 1980s, since
part of their mobility involves regular trips to India.
nd rdIt is instructive to recall the respective differences between the 2 and 3 diasporas:
(a) by sailing ship versus air travel;
(b) the movement of slaves and indentured workers versus people from all
walks of life, including highly educated professionals;
(c) formal recruitment (sometimes involving deception and force) versus
voluntary migrations of the latter;
(d) migration from mainly coastal and rural areas versus from mainly
urban areas;
(e) from pre-independence India versus post-independence India (and other
parts of South Asia);
(f) establishment of large proportions of mainly island and coastal
communities in the colonies versus small proportions in mainly large countries;
(g) the former having languages like Bhojpuri and Tamil particularly
prominent, the latter having a vast array of languages with Panjabi and Gujarati
probably in the lead in terms of numbers of speakers.
These factors resulted in relatively close-knit second diaspora
communities in which language maintenance and transmission was possible for much
more than the three generation model of the third diaspora (see rayFieLd
1970). In the second diaspora Bhojpuri survived and was transmitted in a
local koineised form for at least three more generations in South Africa, and
much more than that in territories like Mauritius (where it survives since 1840,
albeit with some diffculty), Fiji and Suriname. In contrast, intergenerational
transmission in families of the third diaspora is rare, despite better contacts
with the Indian homeland. For example, Sridhar (2008:530) concludes that
“English seems to be the preferred language of the second generation” among
immigrant Indian groups in the USA.
24 International Conference : Indian Languages in Diasporas : Retention and TransmissionIndian languages in diaspora : a socio-historical overview and survey of new trends
The general picture painted above inevitably contains some simplifca -
tions and overgeneralisations. As stated above, in some countries like South
Africa, Gujarati belongs to both diasporas. meSthrie (2009) points to the
South African myth of Gujaratis as being solely wealthy business personnel; in
thher research on 20 C Cape Town she fnds ample examples of poorer Gujarati
migrants engaged in menial work. The migration of Panjabi-speaking Sikhs
thas lumber workers in Canada at the turn of the 19 C falls into the second
diaspora in terms of time of arrival and conditions of travel. However, there
nd rd can be no argument about this too being intermediate between 2 and 3
diasporas, since it was not a forced migration involving indenture. The movement
of Indians from one territory to another is also worthy of note. These are
often “double diasporas” involving the movement of a second diaspora
subgroup into a third diaspora sociolinguistic situation. Motivated by political
uncertainties, oppression or better work prospects, there are Indo-Guyanese
in Canada and the USA; Indo-Kenyans and Indo-Ugandans in Britain and
Canada; Indo-South Africans in Canada and Australia; and Indo-Fijians in
Australia since the 1950s cut-off date that I use. Movements were more fuid
thamong free or passenger Indians. The Panjabis of 19 C Canada cited above
had earlier spent time in the East in places like Hong Kong. Faced with
repressive conditions in Canada, they relocated to become successful
farmers in California. Of relevance to this conference is the presence in France
of educated Tamil speakers from the French enclave of Pondicherry. This is
nda third diasporic continuation of an old connection that brought 2 diaspora
Tamil and Telugu indentured workers in large numbers to the Caribbean from
Pondicherry and Karaikkal.
2. BHOJPURI RESEARCH AND THE SECOND DIASPORA
The best studied of Indian languages in diaspora is Bhojpuri. Why should
this apply to a language that – after all – does not rank very highly in its
homeland? Overseas Bhojpuri attracted the attention of linguists because
of its vast difference from standard forms of Hindi and the koinéisation (or
dialect amalgamation) that arose from the wide array of dialects and closely
related languages from north-east India. It showed further indigenisation by
absorbing infuences from its new settings. Linguists were keen to set the
record right and make up for the neglect and disparagement of the new koiné
by priests and literati in the different communities, who often denigrated it
as a low status and sub-standard variety. Terms like āīlī-gāīlī language were
used mockingly (in reference to the common words “I came” and “I went”)
in South Africa, Suriname and Fiji (see meSthrie 1991:133 for references).
The frst study of an overseas variety of Bhojpuri-Hindi was a PhD thesis
of dominGue (1971) of Bhojpuri (and Creole) in Mauritius, undertaken at the
25Conférence internationale : Langues de l’Inde en diasporas : maintiens et transmissionsRajend Mesthrie
University of Texas at Austin. Important studies from the Caribbean were the
Phds of mohan (1978) and Gambhir (1981). meSthrie’s PhD of 1985 (published
version 1991) drew on these studies to give a sociohistorical and structural
account of South African Bhojpuri. For Fiji the work of moaG (1978) and
SieGeL (1987) has been seminal, while barz and SieGeL (1988) was an
important compilation of linguistic studies from the Bhojpuri diaspora. From a
theoretical linguistic perspective these studies helped clarify the notion of a koiné
as a development based on antecedent dialects and closely related languages.
They thus differed from creoles where the antecedents were less homogenous
and the new creole language structurally discontinuous with them. Koinés
thus resulted from dialect shifts (to a related new variety), whereas
creolisation involved language shifts to a new variety based on substrates and
superstrate. SieGeL (1987:177-183) documented a pidgin variety of Hindi in
Fiji in use among planters, overseers, native-Fijians, South Indians in Fiji and
indentured Indians. This was a relatively simple code in contrast to the koiné
Fiji Hindi. The koinés that developed in each colony were remarkably similar
in essentials; and where they differed (in verb morphology and a few other
features) these were usually related to the dominant places of recruitment,
as recruiters went from an easterly to westerly direction, frst from Calcutta
and environs to the interior of North India.
For purposes of comparative diasporic work the term “Overseas Bhojpuri”
is sometimes used. However, the term “Bhojpuri” is not used in
connection with the Fiji Hindi koiné, since as a variety that developed last in the
era of migrations (from 1879 on) it shows a more easterly Hindi character.
Accordingly I will use the term “Overseas Bhojpuri Hindi” (abbreviated to
OBH). In fact the term may even be extended to
“Overseas-Bhojpuri-HindiUrdu”, since while the language of North Indian Muslim migrants is often
labelled “Urdu” it was more usually a form of Bhojpuri or Awadhi. When
speakers needed to shift into a more specifc religious-cultural-identity mode,
they used Urdu as an H language. However, since Urdu speakers do claim a
separate linguistic and cultural identity, I will refrain from using the longer
treble-barrelled nomenclature.
Inevitably the main themes of Bhojpuri research had a historical
dimension. Major background details were drawn from historians like tinker
on the Caribbean (1974), LaL on Fiji (1983) and Swann (1985) on South
Africa. Subsequent work of importance to second diaspora studies included
carter (1996) on Mauritius, bhana & brain (1990), bhana (1991), and deSai
& vahed (2007) on South Africa, and GoSine & narine (1999) on Suriname.
Lexical innovations by the frst generation of migrants give important insights
“from below” of the brave new worlds that migrants found themselves entering
and partly creating. A selection of examples from the different colonies will
26 International Conference : Indian Languages in Diasporas : Retention and TransmissionIndian languages in diaspora : a socio-historical overview and survey of new trends
show the uniformity of the terminology of North Indian migration, as well as
some individual innovations. The term girmit came to characterise the
contracts of indenture (from agreement), and the new identity of being an
indentured migrant was captured in the term girmityā (with agentive suffx – yā).
These terms are known in all the OBH territories. Equally known in all OBHs
are the terms for “ship mates” jahājī bhai and jahājī bahin, this time drawing
on pre-existing Hindi terms rather than English. Similar additions in common
to the OBH lexicon were documented by the scholars cited above for the ship’s
depot in Calcutta, the recruiters, plantation overseers, and the colonists. But
there were terms limited to individual territories as well. In South Africa the
term remembered for “recruiter” was not arkhatiyā (based on the English)
but thagwā (based on the Hindi for “thug, deceiver”) and luterā (based on
the Hindi for “destroyer, looter”). Every neologism tells a story. In Fiji and
Trinidad the term for a European overseer was kulambar (from English “call
2number” – SieGeL 1987:279; bhatia 1988:191). Some words appear to have
passed from one colony to another. In South African Bhojpuri the term for a
sugar mill was damolā, and since the term is to be found nowhere else but in
Mauritius, it is likely to be a result of contact with Mauritian Bhojpuri (which
itself must have got the term from Creole), showing a fusion between the
French preposition (as a kind of prefx) dans “in” plus moulin “mill”. This is
one of several words which are relatable to the signifcance of early Mauritian
planters and workers in establishing the frst plantations in Natal ( meSthrie
1991:111). As a further example of a link shared by some OBHs the word for
the process of replacing dead sugar cane plants with new stock is sukhlai in
Fiji and suplai in Trinidad based on English “supply”, but possibly infuenced
by Bhojpuri/Hindi sukh“to dry” in Fiji.
Part of the indigenisation of the forms of OBH was the use of new terms
beyond the context of indenture. In this vein loanwords from Creole languages
of the Caribbean and Indian Ocean islands loom large: joli (“beautiful”, from
French via Creole of Mauritius), mūlē (“mill”, from French via Creole in
Trinidad) in Trinidad. Fijian and Zulu were minor sources of lexical infuence
in Fiji and Natal. The word tambu “forbidden” in Fiji Hindi is from Fijian
tabu (Siegel 1987:126 – c/f borrowed into English as taboo). In South African
Bhojpuri bagashā (“to visit” is from Zulu – vakasha).
The main focus in OBH research has been sociohistorical, tracing the
formation of a new variety in each colony that stabilised by a series of mainly
dialect accommodations, as speakers originating from different parts of
India interacted in the new social environment. The new koinéised elements
were considerable, given the vast expanse from which people had migrated.
2. Bhatia gives the form kulumbar.
27Conférence internationale : Langues de l’Inde en diasporas : maintiens et transmissionsRajend Mesthrie
Fortuitously for diasporic dialect history, Grierson’s great Linguistic Survey of
India not only covered the relevant languages and dialects but did so at roughly
the right time. The feldwork was begun in 1898; and publication began in 1903
and continued till the last volume in 1928. For the student of OBH volumes V
(part 2 “Bihari and Oriya languages”) and VI (“Eastern Hindi”) are the most
relevant. These give a district by district account of the main characteristics
of the North Indian speech continuum, with skeleton grammars, sample texts,
folk tales, songs and so forth. As a collector and district magistrate stationed
in Patna and later Gaya, Grierson had a special eye and ear for the speech
forms of the Bhojpuri-Magahi-Maithili area and of forms of Eastern Hindi.
Many OBH scholars have exploited this resource to a maximum. I cite as an
illustration an important table compiled by Surendhra Gambhir
(1981:7881), summarising the different clusters of features of Bhojpuri in Guyana
that can be found in one or more of the following varieties or continua of
varieties (Standard Hindi/Khari Boli); Western dialects of Hindi (including
Braj); Eastern dialects of Hindi (including Awadhi); and (Indian) Bhojpuri.
Table 1 summarises the relative proportions of the main features of Guyanese
Bhojpuri in relation to these dialects.
• 21 features of Guyanese Bhojpuri are common to all the OBH dialects
present in the contact situation; all 3 of these features also occur in
Standard Hindi.
• 6 features of Guyanese Bhojpuri are common to all but the Western
Hindi dialects and Standard Hindi, 2 common to all but Indian Bhojpuri
and Standard Hindi, 2 common to all but Indian Bhojpuri, 1 is found in
Western Hindi only, and 6 in Indian Bhojpuri only.
• 4 features are unique to Guyanese Bhojpuri.
• Several features of OBH dialects and Standard Hindi are not found in
Guyanese Bhojpuri; of these 1 is unique to Standard Hindi, another is
shared only by Standard Hindi and Western Hindi, 9 are found only in
Indian Bhojpuri and 5 are common to all.
• There are no features of Guyanese Bhojpuri that are shared with Standard
Hindi only.
Table 1. Multiple/koiné origins of Guyanese Bhojpuri (adapted from Gambhir 1988:78-81).
To see how this works more concretely, consider how Natal Bhojpuri-Hindi
shows a selection of features from different dialects in India:
Features from Western Bhojpuri – e.g. use of – l in past tense of verbs
(ham gailī “I went”).
Features from Eastern Hindi – e.g. past endings in – s or – n (ū geis “she
went”).
Features from both Western Bhojpuri and Eastern Hindi – e.g. historically
plural pronoun for sg. (ham “I”).
28 International Conference : Indian Languages in Diasporas : Retention and TransmissionIndian languages in diaspora : a socio-historical overview and survey of new trends
Features from Western Hindi – e.g. future imperative in – nā (tu jānā
“you must go”).
Individual paradigms may themselves show internal koinéisation, as shown
with the present habitual.
ham dekhi-lā “I see” (from Bhojpuri)
tu dekhe hē “you see” (from W and E Hindi)
u dekhe hē “he sees” (from W and E Hindi)
Finally, Mesthrie has proposed that 6 linguistic features of the OBH
diaspora can be used to give an accurate picture of the diaspora in terms of (a)
start times of migrations and (b) areas of main recruitment. The diagnostic
features he uses are fve verb forms and the classifer. In the following list the
frst example is from South Africa, the second from Fiji:
• (i) whether the present habitual ends in – lā (e.g. ham dekhilā “I see”)
or – tā (ham dekhtā hai);
• (ii) whether the present continuous ends in – at (e.g. ham dekhat bā/hai
“I am seeing”) or tā (eham dekhtā hai);
• (iii) whether the future verb ending is – egā (e.g. ham dekh-egā “I will
see”) or – b (ham dekh-ab);
rd• (iv) whether the 3 person past transitive endings use an – l (e.g. ū marlak
“he/she/it struck”) or – s (ū māri-s);
• (v) whether the copula verb “is” is bā or hai;
• (vi) whether the classifer signifying “types/classes of nouns” is go (e.g.
dui go “two types of”) or tho.
Figure 1 gives the distribution of these features in 6 OBH territories; with
South Africa being split into two subsets, making a total of 7. The table should
be read from right to left, showing the frst migrations to Mauritius (rightmost)
and last to Fiji (leftmost). The features may be read sequentially either from
the top or from the bottom. The table forms an almost perfect staircase (or
Guttman Scale), with Mauritius having pluses for all chosen features, and Fiji
minuses for them, with “±” denoting presence of both variants in a territory.
From right to left the numbers of minuses increases incrementally, with minor
exceptions. The times of migrations and the resulting places of recruitment
correlate to the extent that recruiters concentrated in more easterly parts (for
migrants who went frst, viz. to Mauritius), but as time went on, had to move
into the interior (i.e. from east to west, with migrants to Fiji recruited more
from interior regions). This is represented by the double time and space lines
at the bottom of fgure 1. Mesthrie splits Natal up into two because there was a
gap in immigration, with the earlier workers taken to the coast of Natal (1860
29Conférence internationale : Langues de l’Inde en diasporas : maintiens et transmissionsRajend Mesthrie
on, thus between Trinidad and Suriname in terms of initial time of migration)
and only later to the interior Uplands of Natal (from 1875 on, thus between
Suriname and Fiji). Suriname itself has been reported to have both variants
of the last four features, hence marked as ± in the last four rows.
Present
continuous ± + + + + + +
-at +aux
Present habitual
- + + + + + +
-lā or –e + aux
Future -b or -i - - ± + + + +
Future -b or -i - - ± + + + +
Classifer go - - ± - + + +
Aux/copular ba - - ± - + - +
Time Line: LATER EARLIER


Space Line: WESTERN INDIA EASTERN INDIA
Figure 1. Comparison of 6 diagnostic features of 7 varieties of overseas Bhojpuri-Hindi
3(adapted from Mesthrie 1992:76).
Keeping in mind that an overwhelming number of surface features are
common to all OBH varieties (and hence do not appear in in the diagram),
the differences in fgure 2 help characterise their unity and diversity.
3. TAMIL DIASPORIC STUDIES
Tamil diaspora studies have tended to focus on issues of culture and
maintenance and shift, which are of pressing importance to diasporic communities
worldwide. Sri Lankan Tamil is an exception as there has been a fair amount
of interest among Tamil scholars regarding actual linguistic features in the light
of the historical relation between Jaffna and other Tamil varieties of Sri Lanka
and the Indian matrilect. Studies of second diaspora Tamil concerning the
internal as opposed to external histories of the sort carried out for Bhojpuri in
indenture are rare. For this reason I undertook a preliminary survey of Tamil
3. This is a slight adaptation of my 1992 fgure to include variability in Fiji in row 1 (both -at and –tā) being
reported in Siegel (1987:191) that I was unaware of previously.
30 International Conference : Indian Languages in Diasporas : Retention and
Transmission
Fiji
1879Uplands
Natal
1875-
Suriname
1873Coastal
Natal
1860-
Trinidad
1845-
Guyana
1839Mauritius
1834-Indian languages in diaspora : a socio-historical overview and survey of new trends
in South Africa in the 1990s (meSthrie 2007a, 2007b) to try and establish its
relation to Indian Tamil, and whether the large scale structural changes found in
OBH blends had counterparts in diasporic Tamil. The results were fairly robust
and are offered here in the hope of similar comparative work being undertaken
in Malaysia, Mauritius and other second diaspora places where Tamil is still
spoken. Tamil was the most numerous of Indian languages brought to South
Africa, comprising around 75% of 101,468 indentured South Indians in the
period 1860 to 1911. The census for 1936 gives the number of Tamil speakers
as 83,731 (with Telugu as 25,077). In this regard Guadeloupe was not far behind
with 60% of its 40,000 indentured Indians (1854-1889) being of South Indian
and mainly Tamil origin (nikLaS 2006). Given the similar starting times of the
migrations from India, Guadeloupe would in fact make for interesting
sociohistorical dialect comparisons with South Africa, if recordings of ordinary speech
from a generation or two ago could be found. My interviews with 20 older
people in KwaZulu-Natal, South Africa elicited information in English of a
background nature, as well as translation of items from English which were
given as diagnostic for Tamil colloquial dialects in Tamil Nadu. A feld assistant,
Bavanathan Pillay undertook a further 34 interviews in Tamil, aiming to elicit
colloquial speech of ordinary residents in the Durban area.
As part of the historical background, I correlated the districts of origins
South Indian migrant labourers who had embarked from Madras in the period
of indenture, as given in the work of historian Maureen Swann (1985). She had
worked on the ships’ lists, with a proper random sample of 2323 or 5% of
the original lists from Madras. From this I estimated that 73% of the South
Indian migrants were likely to be speakers of Tamil, the rest coming from
Andhra Pradesh (and speaking Telugu – 21%); Kerala (speaking Malayalam –
4%) and Karnataka (speaking Kannada – 1%). Telugu still survives in South
Africa and Andhra culture remains strong, if infuenced by local Tamil cul -
ture (prabhakaran 1992). Malayalam and Kannada did not survive beyond
a generation in Natal; though one of my older informants spoke proudly of
his Kennedy grandfather. Presumably he meant “Kannada”. From the
Tamilspeaking areas the main districts of origin were North Arcot, Chingleput and
South Arcot. At least four dialect areas are generally distinguished by linguists
for Tamil – these are a North, East, West and South, following natural barriers
of mountains, hills and rivers (see zveLebiL 1964). More recently linguists
like Steever (1990:236) and ramamoorthy (2004) add a ffth Central dialect.
In correlating the places of origin of South Africa bound migrants with the
four main dialects I concluded (meSthrie 2007:135) that speakers were
overwhelmingly from the Northern dialect area (85.5%), with the others trailing
far behind West Tamil 6.3%; East Tamil 5.3%; South Tamil 2.9%. The next
step in gaining a bird’s eye of view of colloquial South African Tamil was
31Conférence internationale : Langues de l’Inde en diasporas : maintiens et transmissionsRajend Mesthrie
to ascertain whether any traces of the diagnostic features of the four main
dialects could be found. Sources used like zveLebiL (1964), varma (1980),
and GhadiGachaLam (1980) might be argued to be too late for an apposite
historical comparison. But in the absence of a survey similar to Grierson’s
thfor North India of the 19 C, these more recent sources have proved valuable
for dialect comparison. I show in meSthrie (2007b:139-40) that Southern
Tamil, the least numerous of the input dialects to South African Tamil, has
contributed no salient items identifed by the Indian dialectologists. Eastern
Tamil is described as the territorial, geographical basis for common colloquial
Tamil (zveLebiL, 1964:243). This raises the question whether despite its lack of
numerical strength in South Africa, it might have contributed some features
there. However the dialect features illustrated in the sources were unfamiliar
to our interviewees, and none were found in their speech. Likewise, there is
little or no evidence of Western Tamil contributions, and two possible
isolated similarities given in our dialect sources may well not be unique to the
Eastern dialect – for example, peranta “having been born”, where literary
Tamil has piranta (zveLebiL 1964:245). The South African forms are [pirəndə]
or [porəndə], which accords at least with Western and northern Tamil in this
regard (Ron aSher personal communication; see further meSthrie 2007b:143).
On the other hand the dialect evidence corroborates what the recruitment
patterns lead us to anticipate Northern Tamil colloquial features can readily
and abundantly be found in South Africa. Briefy, these are:
• (i) the use of [y] as a regular refex of Old Tamil alveolar as in [keivi] “old
woman”, Northern Tamil [kelavi] ~ [keyvi] where literary Tamil has kilavi.
• (ii) /s/for /l/in the past participle of Indian Tamil iluttu “to pull”, as in
[iskenu] ~ [iskranu], Northern Tamil istukenu/istukinu/istunu, literary
Tamil iluttukkoɳʈu.
• (iii) /e/for /o/in some words – e.g. [poɳɳə] “girl”, Northern Tamil poɳɳu;
literary Tamil peɳ.
• (iv) A shortened (variable) form of the verb “to be”: South African Tamil
[ki:də] corresponds to Northern Tamil [kitu]. Note that the less
stigmatised form [irukkede] does occur in South Africa, corresponding to the
Indian Tamil form [irukkiratu].
Within the broad similarities to the Northern dialect, South African Tamil
appears to accord quite closely with North Arcot colloquial speech, and in
particular that of Vellore, its present district headquarters. As noted above,
North Arcot contributed just under 50% of the original Tamil migrants to
Natal. In meSthrie (2007b:144-148) I describe 8 grammatical similarities
between GhadiGachaLam’s (1980) description of Vellore and South African
developments. Furthermore, many words claimed to be typical of Vellore
32 International Conference : Indian Languages in Diasporas : Retention and TransmissionIndian languages in diaspora : a socio-historical overview and survey of new trends
vocabulary are familiar in South Africa: e.g. buɖɖi “bottle”, gudde
“handkerchief”, kāvā “canal”, sottukai “right hand” etc.
The regional characterisations above meet their counterpart in social
characterisations, with caste variation forming an orthogonal axis to variation
by region in India. We can ask the same questions about the selection of
caste terms in the diaspora in relation to the social origins of the migrants.
Although the impression is sometimes given that mainly low caste villagers
migrated from India on indenture, LaL (1983) has shown that in reality it
was a slice of the countryside that did so, with representatives from different
social levels. And it appears to me that the linguistic record shows this too.
Tamil diglossia is retained in South Africa, with the H form being used by
priests and people with some formal education in the language, who use it in
speech making. The ordinary colloquial speech draws more on non-Brahmin
Tamil (e.g. South African Tamil [purəʂἕ] is the non-Brahmin form as against
ãmbadeyã). But occasionally it is the Brahmanical form that became the usual
form in South Africa – e.g. [kalyanam] or [kalya:no] “marriage”, rather than
forms like kariãɳam or kaɳɳãɭam given by bLoch (1910). It would appear from
the limited information available to me on caste dialects that South African
Tamil shows caste levelling in the direction of middle rather than Brahmanical
or Low forms, though traces of the latter two extremes can be found.
CONCLUSION
Caste is, of course, a touchy subject – and perhaps more so in the colonies,
where it has long been levelled out. But as I’ve shown, it is of historical
interest, in the same way that regional origins are. Taboos in language and social
behaviour are I believe an appropriate way to conclude this overview. Tamil
diglossia and in particular the maintenance and even growth of the classical H
form are worthy of admiration. Diglossia is a two way symbiosis H and L need
each other, the frst for classical forms, tradition and erudition, the latter for
the ready rough and tumble daily living of the majority of speakers. Speaking
from the colonies, it is a great pity that priests and scholars should have been
so vociferous in denigrating the ordinary colloquial L forms of Indian Tamil,
with the double twist of further denigration of the colonial selections that
took place in Malaysia, Natal, Guadeloupe etc. This denigration also applied
to the diglossic co-existence of Hindi and Bhojpuri in places as far afeld as
Natal, Trinidad and Fiji. Wise scholars know – or ought to know – that the
colloquial forms have their own covert prestige and are the wellspring for the
inculcation of the complementary H codes as children grow up. Scholars of
Bhojpuri and colloquial Tamil in diaspora have never argued that the
colloquial forms be elevated to use in education. But they have tried to correct the
biases against the ordinary language of ordinary folk. As this essay has tried
33Conférence internationale : Langues de l’Inde en diasporas : maintiens et transmissionsRajend Mesthrie
to show, scholars bent on denigration of the local speech forms (and there
have been surprisingly one or two at this very conference) are blind to the
rich diasporic and labour history preserved in the colloquial forms.
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35Conférence internationale : Langues de l’Inde en diasporas : maintiens et transmissions36 International Conference : Indian Languages in Diasporas : Retention and TransmissionOFFICIAL POLICY FOR THE PRESERVATION AND Offcial policy for the preservation and
promotion of “Oriental languages” PROMOTION OF “ORIENTAL LANGUAGES” IN MAURITIUS in Mauritius – Sooryakanti Nirsimloo-Gayan
Offcial policy for the preservation and promo -
Sooryakanti nirSimLoo-Gayan tion of “Oriental languages” in Mauritius
Mahatma Gandhi Institute Sooryakanti Nirsimloo-Gayan
Île Maurice
Résumé
Cet article examine la politique offcielle de préservation et de promotion des « lan -
gues orientales » à Maurice.
En mettant l’accent sur le rôle central de l’Institut Mahatma Gandhi (MGI), on
tentera une brève déconstruction du terme « oriental », suivi par un examen des
actions et de l’impact du MGI sur l’enseignement et l’apprentissage des langues,
dans le contexte plus large de la politique étatique. Une initiative de l’Institut en
2002 afn de soutenir l’introduction du hindi et du chinois moderne dans le cursus
d’une école secondaire privée « un programme français » servira à illustrer les défs
sociaux et pédagogiques auxquels fait face l’enseignement des langues orientales
dans un pays « multiculturel » comme Maurice.
Cet article témoignera de la perte individuelle que l’« hégémonie douce » d’une
scolarité formelle a engendrée, avant de conclure avec un rapide coup d’œil à l’impact
de la révolution des e-technologies et leur potentialité pour de nouvelles formes
d’apprentissage, avec une attention particulière portée aux prochaines initiatives
du MGI.
Mots-clés : langues orientales, préservation, politique offcielle, Maurice,
e-technologies, Institut Mahatma Gandhi.
Abstract
This paper examines offcial policy for the preservation and promotion of “Orien -
tal languages” in Mauritius.
Using the Mahatma Gandhi Institute’s pivotal role as focus, there will be a brief
deconstruction of the term “oriental”, followed by an examination of the actions
and impact of the MGI on language teaching and learning, in the broader context
of State policy. An initiative of the Institute in 2002 to support the introduction of
Hindi and Modern Chinese in the curriculum of a private secondary school “a
programme francais” will serve to illustrate the social and pedagogical challenges
37Conférence internationale : Langues de l’Inde en diasporas : maintiens et transmissionsRajend Mesthrie
which oriental language teaching faces in “multi-cultural” Mauritius.
The paper will bear witness to the individual loss which the “soft hegemony” of
formal schooling has engendered, before concluding with a brief look at the impact
of the e-technology revolution and its potential for new forms of learning with a
focus on forthcoming initiatives of the Mahatma Gandhi Institute.
Keywords : oriental langues, preservation, offcial language policy, Mauritius,
e-technology, Mahatma Gandhi Institute.
Ce qui suit est davantage une réfexion qu’une communication académique.
Les documents consultés sont principalement les rapports annuels du Mahatma
Gandhi Institute (MGI). Pour une discussion intéressante de la question des
langues indiennes et les résultats d’examens de fn du cycle primaire, qui fut le
sujet d’une décision de la Cour suprême de Maurice, voir l’article The Politics
of Language Equilibrium in a Multilingual Society: Mauritius Author(s) :
William F. S. Miles Source : Comparative Politics, Vol. 2, N° 2 (Jan., 2000),
pp. 215-230.
Ma présentation est en trois parties.
Il s’agit d’abord de présenter l’Institut Mahatma Gandhi (MGI) et son rôle
dans l’enseignement des langues dites « orientales », illustrant
l’institutionnalisation de la présence des langues indiennes à Maurice.
Ensuite, je présenterai les diffcultés et les contraintes, telles que je les
perçois ou telles qu’elles sont présentées lors de séance de travail ou même
en conversation avec ceux et celles concernés par l’enseignement des langues
indiennes.
Et, fnalement, un regard vers le futur immédiat.
1. L’INSTITUT MAHATMA GANDHI
Depuis les années cinquante, des provisions ont été faites pour l’éducation
des langues indiennes à l’école primaire. Le Teacher Training College
s’occupait de la formation des enseignants, incluant ceux des langues indiennes. Il y
avait également un Curriculum Centre, tous deux fonctionnant sous l’égide du
département de l’éducation, puis du Ministère de l’éducation. En 1970, L’Institut
Mahatma Gandhi fut créé, et à peu près au même moment, le Mauritius Institute
of Education (MIE) fut aussi mis en place, pour la formation des enseignants.
À la fn des années soixante-dix, L’Institut Mahatma Gandhi a eu formel -
lement la responsabilité de développer les langues indiennes et le mandarin,
prenant en charge la formation des enseignants, en collaborant avec le National
Centre for Curriculum Research and Development.
Aujourd’hui, cette responsabilité incombe à la School of Indian Studies
au sein de l’Institut Mahatma Gandhi. Cette école regroupe les départements
se spécialisant dans chacune des langues concernées : hindi, ourdou, tamoul,
38 International Conference : Indian Languages in Diasporas : Retention and TransmissionOfcial policy for the preservation and promotion of “Oriental languages” in Mauritius
télougou et marathi. Les cinq langues susmentionnées et le mandarin sont appelées
« langues asiatiques » dans le jargon offciel, et bénéfcient d’un statut similaire
dans la politique de valorisation des langues ancestrales, issues des migrations
e ede l’Inde et de la Chine au courant du xix siècle et du début du xx siècle.
Les spécialistes de l’Institut Mahatma Gandhi sont aussi appelés à
développer les manuels et le matériel pédagogique pour l’enseignement au primaire
ainsi que pour la formation des enseignants tant pour le primaire que pour
le secondaire.
L’Institut a développé des programmes d’études pour ces formations, en
collaboration avec la MIE, susmentionnée. En outre l’Institut Mahatma Gandhi
offre des diplômes universitaires, aux niveaux de Bachelor, de Master et de
Doctorat, diplômes octroyés en collaboration avec L’université de Maurice,
dans ces langues.
Ceci ressemble à une success story, avec une reconnaissance formelle et
offcielle des langues de la diaspora d’origine indienne à Maurice. En effet, les
institutions de l’État prenaient le relais des baitkas qui avaient assuré
l’enseignement traditionnel des langues indiennes, et venaient complémenter les efforts
d’organisations non gouvernementales, telles que l’Hindi Pracharini Sabha
et les écoles du soir tenues par les différentes associations socio-culturelles.
Mais en réalité, la survie des langues indiennes à Maurice est confrontée à
des défs majeurs.
Ce qui suit émane d’observations et d’expérience personnelles, ainsi que
d’information et de préoccupations exprimées par mes collègues de l’Institut
Mahatma Gandhi et d’enseignants, qui ont une expérience directe du terrain.
  Les langues indiennes – langues ancestrales
La reconnaissance offcielle des langues asiatiques (langues indiennes
susmentionnées et le mandarin) a voulu valoriser des langues d’origine de
la population immigrée, dans un espace où prédominent les deux langues
colonisatrices, L’anglais – langue offcielle, et le français. Cette logique a
inscrit les langues dans un espace circonscrit par la perception des identités.
D’abord l’aménagement des emplois du temps au cycle primaire a fait
coïncider les classes d’enseignement de religion et les classes d’enseignement des
langues indiennes. Il y a encore débat aujourd’hui sur la question d’inclure ou
ne pas inclure une prière au début du manuel scolaire des langues indiennes.
L’amalgame entre langues, culture et religion est consolidé, avec des retombées
pas toujours positives sur l’opinion, les attitudes, et les choix des parents, des
autorités, des « curriculum writers » et des formateurs.
L’ouverture des langues indiennes aux enfants de familles d’origine non
indienne s’en trouve compromise. Il en va de même, pour l’élève d’origine
indienne dont la famille ne pratique pas la religion hindoue ou la foi islamique.
39Conférence internationale : Langues de l’Inde en diasporas : maintiens et transmissionsRajend Mesthrie
Il y a également une sorte de « présomption préalable » sur le choix de la
langue à étudier par l’enfant scolarisé, au niveau primaire. Cette présomption
devient même préjugé :
– L’enfant : une identité lui est octroyée.
– L’enseignant : l’enseignant des langues asiatiques est un « spécialiste »,
statut pas nécessairement valorisant. Il/elle aura un rôle plus restreint
que l’enseignant dit « general purpose », qui assure l’enseignement des
matières du cursus primaire.
– Environnement scolaire : des cours sont souvent dispensés pour
deux groupes de langues distinctes dans une même salle de classe, par
manque d’infrastructure.
– Accès aux facilités et outils technologiques : ceci demeure inégal, selon
le témoignage de certains enseignants.
– Les carrières : il semble qu’il y a moins de chances d’accès aux échelons
supérieurs du système pour les enseignants de langues asiatiques. L’accès
aux promotions, limité pour le « guruji » ou le « behenji », a néanmoins
été revu de manière à leur donner plus d’opportunités aujourd’hui, au
niveau de « Supervisors » et de « Deputy Head Teachers ».
La perception d’« appartenance » identitaire à une langue par les autres se
manifeste de manière courante. À titre d’exemple, je citerai deux témoignages.
Le premier, un interprète de la Cour suprême de Maurice ; le deuxième, un
enfant dont la mère est tamoule et le père musulman et qui voulait s’inscrire
au cours d’hindi.
eLes cours de justice mauriciennes utilisent depuis le xix siècle des interprètes
des langues indiennes, pour assurer un accès équitable à la justice aux prévenus
qui ne comprenaient pas l’anglais, le français ou le créole. Un parent de l’auteur
de cet article, interprète en Cour suprême de 1960 à 1986, a confé ceci :
« Pour être interprète, il me fallait apprendre l’hindi, le tamil, le telugu,
le marathi. Lorsque le guruji d’hindi nous voyait arriver en classe, nous, les
étudiants telugus, il grommelait “qu’est-ce qu’ils viennent faire ici ?” Et il
faisait tout pour nous décourager. Il fallait persévérer. »
Les cas de parents confrontés à des diffcultés quant au choix de langue
« asiatique » à étudier pour leur enfant sont nombreux. Une maman m’a raconté :
« Je suis tamoule, mon mari est musulman. Nous avons eu des diffcultés
à faire comprendre aux responsables de l’école que nous choisissions l’hindi
pour notre enfant. »
Le statut des langues « ancestrales » dans le curriculum amène un
appauvrissement et de l’effectif et de la qualité de l’apprentissage.
L’aménagement de l’emploi du temps scolaire encourage peu le parent à
opter pour une de ces langues sur des bases autres que l’ascription identitaire.
40 International Conference : Indian Languages in Diasporas : Retention and TransmissionOfcial policy for the preservation and promotion of “Oriental languages” in Mauritius
Les enseignants eux-mêmes sont mal formés pour adresser les besoins
d’élèves aux profls culturels divers.
Les langues hindi et urdu sont, dans une large mesure, « mutuellement
intelligibles » à l’oral. Et pourtant les échanges oraux entre élèves de ces
langues ne sont pas au programme, et une opportunité de développer le langage
parlé est ainsi perdue. Tout est même fait pour assurer une étanchéité. Là où
une « communauté d’utilisateurs » pourrait émerger, les idées préconçues
posent des obstacles majeurs.
  Les langues indiennes – Les langues d’identité
Là, les diffcultés sont multiples. L’identité culturelle est d’un grand poids
dans le processus de représentation politique et donc dans le domaine de
pouvoir politique. Ceci a joué un rôle important dans le parcours accidenté
des langues indiennes dans la sphère publique. D’abord – c’est bon de le
rappeler – à l’indépendance, Maurice a joué pleinement la carte du bilinguisme
anglais-français prédominant dans la sphère publique, et les agencements des
politiques d’enseignement des langues ont conforté ce bilinguisme au niveau
de l’enseignement primaire et secondaire. Par la suite, le kreol mauricien a,
par étapes, obtenu une place importante dans l’enseignement, comme médium
d’instruction, puis plus récemment comme matière dans le cursus. La place
des langues indiennes est demeurée plus restreinte.
En 1995, une initiative fut prise par le ministère de l’Éducation, suite aux
recommandations d’un comité d’élite sur l’enseignement primaire, visant à
inclure des résultats en langues indiennes aux examens de fn de cycle pri -
maire pour le « ranking » des élèves. Ce qui s’ensuivit illustre les diffcultés.
Dans un contexte de compétition aigu pour l’accès aux collèges secondaires
d’élite, chaque changement au mode d’évaluation cause de vives inquiétudes.
La décision du ministère fut le sujet d’un débat passionné, et fut le sujet d’une
décision de la Cour suprême, qui donna gain de cause à ceux qui s’y opposaient.
L’initiative fut court-circuitée et pesa lourd dans la défaite du gouvernement
sortant aux élections générales de décembre 1995.
Je m’attarde un moment sur cette question d’identité. La résistance à
l’élargissement du rôle des langues indiennes dans le domaine publique, donc dans
le curriculum, repose sur l’inquiétude de voir un groupe, une communauté
étendre son pouvoir. Les clauses sur la représentation et le système électoral
de notre constitution reconnaissent la communauté indo-mauricienne comme
majoritaire, les minorités étant les sino-mauriciens, l’électorat de foi islamique
et la « population générale ». Notre processus électoral envoie au Parlement
une représentation basée sur cette défnition de la majorité et des minorités.
Toute mesure permettant d’étendre la validité de la culture indienne, en
particulier ses langues, est perçue comme une tentative d’extension du pouvoir
41Conférence internationale : Langues de l’Inde en diasporas : maintiens et transmissionsRajend Mesthrie
politique, comme une menace, dans un contexte ou la hiérarchie des cultures
est solidement ancrée socialement ou la culture et la langue française demeurent
le symbole même de l’élite intellectuelle.
Tout semble réuni pour circonscrire les langues indiennes et pour en limiter
la valeur sociale. Dans ce genre de situation, l’attrait de l’apprentissage des
langues indiennes se réduit davantage.
2. LES RUPTURES
J’ai vécu personnellement la rupture entre le milieu familial et le milieu
scolaire. Ayant eu le télougou comme langue maternelle et familiale, j’ai
perdu les compétences orales pendant ma scolarisation au primaire, vers
l’âge de sept ans. Le contact avec ma langue maternelle a survécu grâce à un
ensemble d’autres facteurs, mais l’oubli est vécu comme un appauvrissement.
Cette expérience personnelle est loin d’être un cas isolé.
Alors que la cause des langues « ancestrales » ou langues « identitaires »
est en perte de vitesse, deux considérations méritent une réfexion et un dis -
cours approfondi :
Les arguments en faveur du créole mauricien, ou kreol mauricien (KM),
comme on le connaît aujourd’hui, a été articulé et construit sur un constat,
celui de langue majoritaire utilisée dans le pays, et sur une idéologie, celle
de la légitimité d’une langue issue des opprimés en société esclavagiste et
post-esclavagiste, avec des échos de lutte des classes.
Ce constat fait l’impasse sur l’inégalité des relations de pouvoir qui a
en quelque sorte dévalorisé la culture familiale en faveur d’une culture
sociale et une culture d’institution scolaire. Le français, langue de culture,
l’anglais, langue de scolarisation et d’administration, le kréol, langue de
contact en situation d’élargissement sociale. La famille se retrouve
impuissante à jouer son rôle premier, la transmission « spontanée » (langues,
coutumes, rituels).
On pourrait dire qu’il s’agit là d’une violence sourde qu’ont subi les familles
au point où elles semblent avoir volontairement mis de côté la langue «
maternelle » au proft d’efforts assidus vers la maîtrise des langues de prestige.
Cette émaciation du vécu familial débouche sur le paradoxe d’une
situation où d’une part les opportunités pour étudier une langue indienne sont
concrètes, et où d’autre part les parents concernés choisissent de l’exclure,
mus par la logique de l’instruction pour construire sa vie professionnelle,
pour trouver un « job ».
À la base donc, une politique qui met à disposition les ressources pour cet
apprentissage, l’école en quelque sorte devant prendre le relais de la famille, sauf
que force est de constater que les résultats sont mitigés. Des observations des
parents, des médias, des académiques, convergent : ces langues n’attirent pas.
42 International Conference : Indian Languages in Diasporas : Retention and TransmissionOfcial policy for the preservation and promotion of “Oriental languages” in Mauritius
Dans la mesure où la volonté politique d’encourager l’enseignement des
langues indiennes s’est néanmoins maintenue dans la durée, il est fondamental
de comprendre les facteurs qui affectent le nombre d’élèves optant pour une de
ces langues, ou le nombre de parents choisissant ces langues pour leur enfant.
– Les discontinuités dans la politique d’enseignement des langues
illustrent d’autres ruptures.
– Valeur non reconnue de la performance en langue « asiatique » dans les
résultats fnaux du programme primaire. La récompense semble ne pas
être à la hauteur de l’effort.
– Les attitudes des enseignants (nouvelles méthodes, accueil d’enfants au
profl non conventionnel, communication de l’attrait des langues à
l’ensemble de la communauté scolaire), des administrateurs et des maîtres d’école,
accès aux facilités technologiques, sont autant d’obstacles à surmonter.
– Les clivages sociaux et le manque de formation de l’enseignant pour un
milieu scolaire non-conventionnel. On peut citer ici l’exemple d’une
institution privée d’éducation mauricienne à programme français, qui illustre
cette situation. En 2004, le MGI a collaboré avec cet établissement pour
l’introduction de l’hindi et du mandarin dans son cursus. Alors que treize
ans plus tard, le mandarin demeure, l’hindi lui a, depuis des années déjà,
été enlevé du programme. Les diffcultés rencontrées étaient multiples,
incluant une résistance de certains des parents, une communication
limitée sur les attraits de la langue, et surtout une préparation inadéquate des
enseignants de cette langue dans un milieu différent du milieu scolaire
mauricien. Il s’agissait, entre autres, d’une maîtrise approximative du
français comme langue d’enseignement, lacune qui pesa lourd dans le
regard que portaient les élèves sur cette matière.
– Le cloisonnement entre groupes qui se réclament de l’identité basée
sur les langues, avec peu de communication, peu de mobilisation d’un
espace culturel qui comporte des ressemblances ou des parallèles, qui
faciliteraient l’apprentissage.
3. LES NOUVELLES DONNES
On peut voir déjà l’impact concret d’un certain nombre de développements
sur les réalités culturelles et sociales, incluant :
– les nouvelles technologies ;
– les réformes de l’éducation nationale enclenchées depuis 2015 ;
– les médias, l’hindi, l’urdu et hindoustani – un continuum non négligeable ;
– le dynamisme des familles et des dynamiques sociales pour certaines
langues minoritaire, exemple : tamoul et marathi ;
– les échanges sociaux entre diasporas dans le contexte de la
mondialisation, facilités par les nouvelles technologies.
43Conférence internationale : Langues de l’Inde en diasporas : maintiens et transmissions