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Les déchets mis en mots

De
244 pages
Des chercheuses et chercheurs proposent ici une réflexion sur la notion de "déchet". L'analyse des mots et des termes, de leurs paradigmes et collocations apporte un éclairage inédit sur des pratiques, des techniques et des concepts nouveaux liés aux déchets. L'analyse du discours offre des pistes originales pour prendre en compte la parole de nombreux acteurs dont les intérêts, les connaissances technico - scientifiques et les finalités ne sont pas toujours concordants.
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Sous la direction de
Cécile Desoutter et Enrica GalazziLes déchets mis en mots
Toutes les activités humaines produisent des déchets, dont les
efets afectent la santé, l’environnement, l’économie… L’enjeu de
leur réduction à la source et de leur tri, en vue d’une valorisation,
est l’afaire de tous. Dans le présent ouvrage, des chercheuses et
chercheurs en sciences du langage proposent une rélexion sur
la notion de « déchet » en l’appréhendant dans ses dimensions
lexicale, terminologique et discursive. Les déchetsL’analyse des mots et des termes, de leurs paradigmes et
collocations apporte un éclairage inédit sur des pratiques, des
techniques et des concepts nouveaux liés aux déchets. L’analyse mis en motsdu discours ofre, quant à elle, des pistes originales pour prendre
en compte, dans une approche critique, la parole de nombreux
acteurs dont les intérêts, les connaissances technico-scientiiqs ue
et les inalités ne sont pas toujours concordants.
Cet ouvrage est dirigé et introduit par Cécile Desoutter (Università di Bergamo)
et Enrica Galazzi (Università Cattolica del Sacro Cuore di Milano). Les études
rassemblées proviennent de douze auteur-e-s développant leurs activités
d’enseignement et de recherche dans autant d’universités en France et en Italie
: Nadine Celotti, Cécile Desoutter, Michela Murano, Chiara Preite, Florimond
Rakotonoelina, Françoise Rigat, Micaela Rossi, Lorella Sini, Laura Santone, Giovanni
Tallarico, Loredana Trovato, Elodie Vargas.
Illustration de couverture : Anna Maria Margarito, Turin, 2016.
LANGUE
ISBN : 978-2-343-11181-0 et
25,50 € PAROLE
Sous la direction de
Cécile Desoutter
Les déchets mis en mots
et Enrica Galazzi








Les déchets mis en mots




Langue et Parole.
Recherches en Sciences du langage
Collection dirigée par Henri Boyer (Université de Montpellier 3)

Conseil scientifique :
C. Alén Garabato (Univ. de Montpellier 3, France), M. Billières (Univ. de Toulouse-Le
Mirail, France), P. Charaudeau (Univ. de Paris 13, France), N. Dittmar (Univ. de Berlin,
Allemagne), V. Dospinescu (Univ. "Stefan cel Mare" de Suceava, Roumanie), F. Fernández
Rei (Univ. de Santiago de Compostela, Espagne), A. Lodge (St Andrews University,
Royaume Uni), I.-L. Machado (Univ. Federal de Minas Gerais, Brésil), M.-A. Paveau (Univ.
de Paris 13, France), P. Sauzet (Univ. de Toulouse-Le-Mirail), G. Siouffi (Univ. de
Montpellier 3, France).

La collection Langue et Parole. Recherches en Sciences du langage se donne pour objectif
la publication de travaux, individuels ou collectifs, réalisés au sein d'un champ qui n'a cessé d'évoluer et
de s'affirmer au cours des dernières décennies, dans sa diversification (théorique et méthodologique), dans
ses débats et polémiques également. Le titre retenu, qui associe deux concepts clés (et controversés) du
Cours de Linguistique Générale de Ferdinand de Saussure, veut signifier que la collection
diffusera des études concernant l'ensemble des domaines de la linguistique contemporaine : descriptions
de telle ou telle langue, parlure ou variété dialectale, dans telle ou telle de ses/ leurs composantes;
recherches en linguistique générale mais aussi en linguistique appliquée et en linguistique historique;
approches des pratiques langagières selon les perspectives ouvertes par la pragmatique ou l'analyse
conversationnelle, sans oublier les diverses tendances de l'analyse de discours. Elle est également ouverte
aux travaux concernant la didactologie des langues-cultures.
La collection Langue et Parole souhaite ainsi contribuer à faire connaître les développements les
plus actuels d'un champ disciplinaire qui cherche à éclairer l'activité de langage sous tous ses angles.
Rappelons que par ailleurs la Collection Sociolinguistique de L'Harmattan intéresse les recherches
orientées spécifiquement vers les rapports entre langue/langage et société.

Dernières parutions

Stéphane GIRARD, Autopsie de l’hétérogène chez Christine Montalbetti, 2016.
Henry HERNANDEZ-BAYTER, Carmen PINEIRA-TRESMONTANT et Denis
VIGNERON, La transition espagnole, 40 ans après, Quels enjeux, quels acquis, quels
enseignements ?, 2016.
Sihem HASNI, Anaphores, cohésion et mouvements textuels, 2016.
Takuya NISHIMURA, La personne, sujet appelant. Esquisse d’une anthropologie pragmatique,
2014.
Kyriakos FORAKIS, Structures complexes du français moderne, 2014.

Sous la direction de
Cécile Desoutter et Enrica Galazzi












Les déchets mis en mots






















































































































































Cet ouvrage est publié avec le soutien financier de l’Università
di Bergamo (Dipartimento di Lingue, Letterature e Culture
straniere) et avec la contribution de l’Università Cattolica del Sacro
Cuore di Milano.
Il a également bénéficié de la contribution indirecte du DoRiF
Università, qui a permis la tenue d’un colloque sur le thème des
discours sur les déchets, et dont cet ouvrage est en grande partie
la suite éditoriale.

Chacun des chapitres de l’ouvrage a fait l’objet d’une double
lecture anonyme par des experts du domaine concerné.

Mise en pages : Valeria Orecchia.





























































































































© L’Harmattan, 2017
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-11181-0
EAN : 9782343111810
Sommaire
Cécile DESOUTTER - Enrica GALAZZI 7
Présentation
Florimond RAKOTONOELINA 15
La notion de « déchet(s) » : structuration sémantique dans les
discours lexicographiques et configurations discursives sur les
sites institutionnels et associatifs français
Michela MURANO 33
De la déperdition à la valorisation : déchets et recyclage dans le
Petit Robert
Loredana TROVATO 53
Les déchets en tranchée : « zincs », « chocotes », « crottes » et
d’autres ordures dans le lexique des Poilus
Chiara PREITE 69
La terminologie juridique européenne du domaine des « déchets »
entre définition juridique et application judiciaire
Micaela ROSSI 85
Le paradigme des termes issus de l’anglais junk- dans quelques
domaines spécialisés : transferts, métaphores et diffusion des
savoirs
Lorella SINI 107
Qu’est-ce qu’un « journal-poubelle » ?
5 Elodie VARGAS 123
Déchets, problèmes environnementaux et Greenwashing : analyse
discursive et sémiotique de discours publicitaires manipulateurs
Nadine CELOTTI 145
La gestion des déchets radioactifs ou déchets nucléaires mise en
mots, la démocratie mise en déchet (?)
Françoise RIGAT 161
Analyser l’espace d’information de l’Agence nationale pour la
gestion des déchets radioactifs
Cécile DESOUTTER 183
Ne jetez pas ce sac dans la nature ! Le sac plastique : un objet
discursif graphique
Laura SANTONE 203
Tri des déchets et traitement du discours : consensus, écomots et
écogestes au prisme de la publicité
Giovanni TALLARICO 219
« Un cercle vertueux et écoresponsable » : les discours
d’entreprise autour de la valorisation des déchets
6 1Présentation
eAu tournant du XXI siècle, une sorte de « pensée verte » a envahi
notre univers – géographique et mental – se propageant dans tous les
secteurs de l’activité humaine. On en prendra pour preuve la
publication d’un ouvrage lexicographique qui permet de prendre le
pouls de la situation : Dictionnaire de la pensée écologique,
Dominique Bourg & Alain Papaux, PUF 2015 : 357 articles, rédigés
par 260 auteurs.
La langue s’adaptant à cette nouvelle donne, l’adjectif « vert »
connait un suremploi et une extension sémantique sans précédent
(Galazzi, Jullion, 2007, 2011, 2015). Néanmoins, si l’on regarde de
plus près les mots et les choses, il apparait que le vert n’est pas que la
couleur de l’espoir et de l’optimisme. Tout le « vert » de nos sociétés
occidentales, qui s’affiche en économie comme en politique (avec des
bio, des éco et des agro à la clé), n’a-t-il pas un revers de la médaille
plus ou moins avouable qu’on essaie soigneusement de cacher ou
d’oublier ?
Que penser des entreprises qui verdissent leur image sans changer
leurs pratiques ? Que faire des « marées vertes » polluantes et
dangereuses pour la vie de l’homme et des animaux ? Comment être
sûr que les générations futures ne verront pas ressurgir les déchets
nucléaires stockés dans des sites souterrains ? Comment interdire la
circulation des bateaux-poubelles qui se vident au large des côtes ?
Au confluent de la géographie, de la sociologie et de l’économie, la
rudologie envisage le déchet comme un indicateur social, une
photographie des modes de vie (Gouhier, 2000). La quantité excessive
de déchets et les atteintes à l’environnement qui en résultent
constituent un fléau pour la planète. Leur élimination a des
implications sur la santé humaine, l’économie, la flore, la faune, etc.
Face au défi à relever, la notion d’écoconception évoque une
limitation des déchets à la source tandis que celles de réemploi, de
1 Cécile Desoutter, Università di Bergamo – Enrica Galazzi, Università Cattolica
del Sacro Cuore di Milano.
7 recyclage, de valorisation, etc. laissent entrevoir une frontière au-delà
de laquelle un déchet peut cesser de l’être pour devenir une ressource.
Et la langue suit le mouvement en s’enrichissant ainsi de mots ou
d’acceptions, de termes spécialisés nouveaux pour dénommer de
nouvelles pratiques, techniques, disciplines ou professions liées aux
déchets. Quant aux discours sur ce thème, ils mobilisent de nombreux
acteurs dont les intérêts, les connaissances technico-scientifiques et les
finalités ne sont pas toujours concordants. Que l’on parte des mots,
des termes ou des genres discursifs, de leurs énonciateurs et
destinataires, une lecture critique de ces discours ne peut qu’aider à
mieux comprendre les enjeux sous-tendus par la question et,
espéronsle, à développer une approche citoyenne.
Cet ouvrage réunit les contributions de chercheuses et chercheurs
provenant de domaines divers, mais relevant tous des sciences du
langage, qui ont réfléchi à la notion de « déchet » en l'appréhendant
dans ses dimensions lexicale, terminologique et discursive. Chaque
texte apporte ainsi un éclairage différent.
Florimond RAKATONOELINA choisit l’entrée lexicale pour
aborder la notion de « déchet(s) » sous l’angle d’une analyse du
discours qui s’intéresse autant à la dénomination en langue qu’à la
nomination en discours. Après avoir montré comment se construit la
notion dans les discours lexicographiques, il étend son investigation
aux discours institutionnels et associatifs en ligne, adressés au « grand
public », aux entreprises et aux collectivités. Ce double terrain
d’exploration permet à l’auteur de mettre en évidence une différence
sensible entre le « déchet lexical » et le « déchet discursif ». Il ressort
ainsi que le premier peut être représenté comme une matière en lien
avec une autre matière par le jeu des hyperonymes, alors que le
second apparait comme une matière que l’on doit conscientiser, dont
on doit limiter la quantité et/ou que l’on doit traiter.
Michela MURANO se concentre pour sa part sur le domaine
lexicographique et observe en particulier les mots déchet et recyclage
dans les cinq éditions du Petit Robert publiées entre 1972 et 2014.
Elle retrace ainsi l’évolution, sur une période de plus de quarante ans,
du traitement de ces deux mots, de leurs dérivés et des lexèmes
relevant de leurs réseaux analogiques. L’analyse de la macro et
microstructure, inspirée de la méthode de la triple investigation
dictionnairique proposée par Jean Pruvost, s’avère particulièrement
8 fructueuse car elle tire profit de la dimension analogique du Petit
Robert. La fouille permet donc de compléter les observations de
Florimond Rakatonoelina en révélant l’accroissement progressif des
champs dérivationnels des deux mots pris en considération, avec en
particulier la productivité de la base recycl- et une tendance croissante
à la représentation du déchet comme ressource potentielle.
Les déchets d’aujourd’hui ne sont pas nécessairement ceux d’hier
et les mots pour les dénommer ou les désigner ont aussi évolué.
Loredana TROVATO en fait une claire démonstration avec l’argot des
Poilus de la Première Guerre mondiale dont on retrouve la trace dans
des dictionnaires spécialisés de l’époque. En regroupant les mots selon
trois acceptions du lexème « déchet » relevées dans le Grand Robert
de la langue française, elle confirme que la guerre est un grand
propulseur d’innovation langagière et de création lexicale. Toutefois,
la plupart des mots créés à l’époque l’étaient en relation au conflit et à
la quotidienneté des soldats. Un siècle plus tard, bien peu de ce
vocabulaire instable, parce que lié aux besoins contingents des troupes
engagées au front, a résisté au temps, et le français actuel n’a retenu
que quelques mots de l’époque.
A partir d’un autre terrain, celui des discours juridiques et
judiciaires de l’Union européenne, Chiara PREITE offre une étude de
terminologie sur la question. Après avoir pris en considération les
définitions du terme « déchet » et les réseaux notionnels et lexicaux
construits par le règlement et les directives de l’UE qui traitent de la
question, elle porte son regard sur la jurisprudence de la Cour de
Justice (CJUE), afin d’observer les emplois que cette dernière en fait.
La différence de traitement du terme qui ressort de l’analyse des deux
corpus amène l’auteure à observer que les deux sources primaires du
droit européen ne sont pas exclusives l’une de l’autre et que « la
double consultation s’avère nécessaire pour la manipulation (cognitive
et linguistique) correcte du langage juridique européen des déchets ».
Micaela ROSSI aborde également les déchets sous l’aspect
terminologique en se concentrant sur les termes issus de l’anglais
junk-. Partant du constat que le paradigme morphologique en junk- est
particulièrement productif dans de nombreux domaines spécialisés,
l’auteure propose une réflexion sur les mécanismes de sélection
néologique et les enjeux de l’acte de dénomination dans les cas de
termes produits par transfert métaphorique. Elle montre à l’aide de 4
exemples (junk DNA, junk food, junk bond, junk space) que ce
9 transfert peut contribuer à la formation de modèles de pensée orientant
par leur focalisation la conceptualisation de phénomènes naturels et
sociaux. A leur tour, les « migrations » d’une même dénomination
dans des domaines différents contribuent à restructurer le concept de
départ à l’origine de la métaphore terminologique. Il en ressort que
l’étude des métaphores paradigmatiques comme celle de junk- dans
les langues spécialisées est susceptible d’ouvrir la voie à de nouvelles
perspectives pour une analyse plus globale de l’interaction
métaphorique.
Le paradigme junk- est repris dans la contribution de Lorella SINI
qui s’intéresse à la junk-information, en français
l’informationpoubelle, véhiculée par ce qu’on appelle un « torchon » ou un
« journal-poubelle ». A partir de deux exemples tirés de la presse
d’extrême droite, l’auteure analyse plusieurs procédés argumentatifs
actualisés dans ce type d’information, mettant ainsi au jour le
caractère foncièrement manipulatoire de certains énoncés. Elle
démontre en particulier la non-recevabilité de certains arguments par
leur intangibilité rationnelle et la forme illogique du développement
argumentatif où le discours se laisse submerger par le pathos au
détriment du logos.
C’est à d’autres discours manipulatoires que s’intéresse Elodie
VARGAS dans son étude de la notion de « déchets » dans le cadre des
publicités dites « Greenwashing » (« verdissement d’image » ou
« écoblanchiment » selon la terminologie française). A partir d’un
corpus constitué de publicités issues de magazines français et
allemands, elle analyse les schémas argumentatifs que diverses
industries (nucléaire, thermique, automobile), potentiellement
productrices de déchets, mettent en œuvre pour donner une image
positive d’elles-mêmes en suggérant, par le biais d’une présentation
déformée des faits et de la vérité, que leur activité est « amie » de
l’environnement.
L’industrie nucléaire est aussi au cœur de la réflexion de Nadine
CELOTTI qui se penche sur les espaces discursifs ouverts par la
polémique sur le projet Cigéo de stockage des déchets nucléaires ou
déchets radioactifs, à Bure dans l’est de la France. Prenant en
particulier en considération le deuxième débat public (2013) sur le
projet de stockage réversible en profondeur, l’auteure relève que ces
espaces discursifs ont vu se confronter trois niveaux de démocratie :
l’élective, la participative et la directe, sans réussir à dégager un
10 consensus. Elle montre en effet que, au fil du temps, les discussions
ont plus porté sur la gestion de la démocratie que sur la gestion des
déchets, et que l’argumentation sur l’objet à débattre n’a finalement
pas pu trouver sa place.
Françoise RIGAT s’intéresse aussi au site de Bure pour en analyser
l’espace d’information permanent mis en place par l’Andra (Agence
Nationale pour la Gestion des Déchets Radioactifs). Après avoir fait
remarquer la difficulté à présenter l’invisible, l’intangible (les déchets
radioactifs) et le non avenu (le projet Cigéo non encore abouti), elle
observe comment l’institution construit, légitime et publicise, dans
tous les sens du terme, le savoir et la recherche scientifique sur les
déchets radioactifs. Son analyse discursive invite ainsi à évaluer
l’efficacité d’une présentation exclusivement scientifique, sans une
approche politique et citoyenne de la question, et interroge l’utilité du
média expographique dans la communication de l’Andra.
Comparés aux déchets radioactifs ou nucléaires, ceux occasionnés
par le plastique ne donnent guère lieu à des débats animés. Il n’en
reste pas moins qu’ils constituent une terrible menace pour
l’écosystème dans la mesure où une grande quantité d’entre eux
finissent dans les milieux aquatiques sous forme de micro-fragments,
parfois invisibles à l’œil nu. C’est à cette catégorie de déchets que
s’intéresse Cécile DESOUTTER en abordant les sacs en plastique
léger comme des objets discursifs graphiques. A partir d’un corpus
formé de diverses typologies de sacs de caisse portant une inscription
liée à leur nature de déchet potentiel, l’auteure tente de mettre au jour
le lien discours – objet – contexte. L’analyse tend à montrer que la
matérialité de ces sacs, c’est-à-dire la nature du plastique les
composant, et le contexte juridique des pays (France ou Italie) dans
lesquels ils ont été distribués conditionnent à la fois la forme et le
contenu des discours dont ils sont porteurs.
Les deux dernières contributions abordent la communication sur la
collecte et la valorisation des déchets.
Laura SANTONE présente un corpus de publicités se référant à des
campagnes italiennes, espagnoles et françaises incitant au tri et à la
collecte sélective des déchets. Elle aborde le sujet en considérant, d’un
côté, la pratique discursive que constitue le discours publicitaire et, de
l’autre, le langage comme forme de partage postulant la mise en
commun de formes linguistiques et de pratiques langagières
susceptibles d’instaurer une norme ou un consensus. Après avoir
11 interrogé les notions de sens commun, de doxa et de compétence
topique, elle observe comment les pratiques langagières mobilisées
dans ces publicités s’inscrivent dans le cadre d’un dispositif
d’énonciation où mots et gestes se re-configurent sous le signe de la
partageabilité en tant qu’écomots et écogestes.
Giovanni TALLARICO explore quant à lui les discours de deux
industriels français, leaders mondiaux du secteur de la gestion et du
traitement des déchets (Veolia et Suez Environnement). A travers une
étude de leurs sites web et de quelques documents institutionnels, il
décrypte les stratégies rhétoriques et discursives mises en œuvre par
les deux acteurs. L’auteur montre en particulier que, par le jeu des
métaphores, le déchet est recatégorisé sémantiquement et subit une
transvalorisation renversant le stéréotype dépréciatif qui lui est
traditionnellement lié. Ceci étant, les discours de ces entreprises
laissent aussi entrevoir une certaine tension entre l’argument
écologique d’un « cercle vertueux et écoresponsable » et l’impératif
de la rentabilité financière.
Références
BOURG Dominique, PAPAUX Alain, 2015, Dictionnaire de la
pensée écologique, Paris, PUF.
GOUHIER Jean, 2000, Au-delà du déchet, le territoire de qualité,
Manuel de Rudologie, Rouen, PURH.
GALAZZI Enrica, JULLION Marie-Christine, 2008, « La
synonymie : une stratégie pour la divulgation des langues de
spécialité ? », La sinonimia tra langue e parole nei codici francese e
italiano, S. Cigada, M. Verna (ed.), Milano, Vita e Pensiero, p.
531550.
GALAZZI Enrica, JULLION Marie-Christine, « Qu’elles étaient
vertes nos années… », 2011, Januam linguarum reserare. Saggi in
onore di Bona Cambiaghi, C. Bosisio, Firenze, LeMonnier Università,
p. 18-25.
GALAZZI Enrica, JULLION Marie-Christine, « Aimez-vous la
verdure ? » Tout le talent d’écrire ne consiste après tout que dans le
12 choix des mots, Mélanges d’études pour Giuseppe Bernardelli, E.
Galazzi, M. Verna, M.T. Zanola (ed.), Peter Lang, Berne, p. 201-214.





































13 Florimond RAKOTONOELINA - Université Paris 3 - Sorbonne
nouvelle
La notion de « déchet(s) » :
structuration sémantique dans les discours
lexicographiques et configurations discursives
sur les sites institutionnels et associatifs français
Sur la toile, de nombreux sites institutionnels et associatifs français
encouragent le traitement des déchets. Ce faisant, ces sites véhiculent,
à travers les discours, des représentations (culturellement situées) de
ce que sont les déchets. Il s’agit ici de traiter la notion de « déchet(s) »
dans la perspective d’une analyse du discours qui repose sur un double
principe : partir de l’analyse des représentations des formes en langue
pour décrire à la fois les points d’articulation, les effets de sens
1manifestés par les énoncés en discours . Il s’agit donc d’observer les
représentations de la dénomination « déchet(s) » dans les dictionnaires
2de langue et de les confronter aux représentations de la nomination
3« déchet(s) » en discours . Ce travail s’ancre ainsi dans le courant des
4analyses du discours dites à entrée lexicale et on se place précisément
dans le cadre d’une sémantique lexicale, lorsqu’il s’agit de traiter du
lexème dans les discours lexicographiques, et dans le cadre d’une
sémantique énonciative, où le sujet est considéré d’un point de vue
5social , lorsqu’il s’agit d’aborder le vocable dans des discours
6particuliers autres que lexicographiques .
1 Voir Pêcheux (1975, 1990 : 164–170).
2 Pour autant, les dictionnaires n’en sont pas moins des discours : « le discours
lexicographique […] est institué et informé par du discours social, historiquement
organisé » (Collinot et Mazière, 1997 : 164).
3 Longhi (2015) rappelle que les recherches sur la dénomination relèvent davantage
de la lexicologie ou de la sémantique tandis que celles sur la nomination ont
généralement été produites dans le champ de l’analyse du discours.
4 Voir Née et Veniard (2012).
5 Voir Fuchs (1981).
6 Concernant l’opposition entre lexème (unité du lexique) et vocable (lexème
15 1. Saisir la notion de « déchet(s) » dans les discours
Pour analyser la notion de « déchet(s) », on se réfère au concept de
notion et à ce qu’il implique dans la théorie des opérations
énonciatives de Culioli (1990, 1999a, 1999b). Les notions sont des
systèmes de représentation de propriétés physiques et culturelles
d’objets que l’on « manipule » à l’intérieur de cultures (1990 : 50) ;
autrement dit, l’analyse consiste à comprendre le fonctionnement de
ces systèmes de propriétés. Une notion ne correspond pas à un mot du
lexique, mais on appréhende nécessairement une notion à travers le
verbal : Culioli parle alors d’occurrences linguistiques de la notion.
Dans ce cadre, même si le mot « déchet » existe en français et qu’il
servira de mot pivot à l’analyse, seul son environnement linguistique
lui confère du sens. L’objectif consiste donc à cerner les domaines
auxquels se réfèrent les (co)occurrences linguistiques pour déterminer
non pas des champs sémantiques – ce qui sera le cas en langue pour
l’analyse des discours lexicographiques –, mais des espaces de
significations correspondant à des lieux de constructions sémantiques
ouverts - déformables ou fermés - stables (Vignaux, 1988 : 114).
D’un point de vue méthodologique, on s’appuie sur différentes
opérations, en l’occurrence les opérations de thématisation/prédication
qui consistent à pointer et identifier des propriétés d’objets (première
étape), les opérations de référenciation qui permettent de construire les
domaines notionnels (deuxième étape à travers l’analyse des
cooccurrents) et les opérations de repérage qui permettent de délimiter
des frontières, de catégoriser (troisième étape interprétative qui permet
de comprendre le fonctionnement de la notion).
1.1 Choix d’un corpus
Trois dictionnaires ont servi de référence pour constituer le corpus
« en langue » et représenter les discours lexicographiques : Antidote 9

actualisé en discours), voir Mortureux (1997 : 11–13) et Cusin-Berche (2003 : 51–
65).
16 (2016), le Petit Robert 2016 (désormais PR) et le Trésor de la langue
7française (désormais TLF) .
Trois sites français de référence en matière d’information et de
connaissances sur les déchets et visant à faire évoluer les
comportements ont permis, pour leur part, de former le corpus « en
discours » qu’on a scindé en deux en fonction des publics visés, le
« grand public » et les collectivités et les entreprises :
un site associatif « France nature environnement » (FNE), dont
8une partie est entièrement dédiée à la prévention des déchets ;
le site institutionnel dédié à la campagne nationale française de
9réduction des déchets, « Réduisons nos déchets » ;
et le site institutionnel plus général de l’Agence de
l’environnement et de la maitrise de l’énergie (ADEME), plus
spécifiquement la partie consacrée aux déchets où l’on retrouve
10trois guides pratiques relatifs aux déchets .
2. La notion de « déchet(s) »
représentée dans les discours lexicographiques
C’est à travers l’analyse du champ lexical à l’intérieur duquel
s’insère le lexème « déchet » que l’on cherche à appréhender le sens
de la notion de « déchet(s) » en langue. L’objectif est de montrer les

7 Ce choix tient au fait qu’Antidote est un dictionnaire électronique (québécois)
actualisé plusieurs fois par an, contrairement au PR, dictionnaire informatisé, qui ne
l’est qu’une fois l’an ; quant au TLF, également informatisé, on montrera qu’il est
toujours d’actualité. Sur les spécificités des dictionnaires électroniques et
informatisés, voir Prouvost (2000).
8 http://preventiondechets.fne.asso.fr/ (consulté en novembre 2015).
9 http://www.reduisonsnosdechets.fr/ (consulté en novembre 2015) ; le site
« Réduisons nos déchets » est sous la tutelle de l’Agence de l’environnement et de la
maitrise de l’énergie (ADEME).
10 http://www.ademe.fr/particuliers-eco-citoyens/dechets (consulté en novembre
2015) ; les trois guides sont téléchargeables au format PDF et s’adressent au « grand
public » ; ils traitent respectivement des déchets dangereux, des déchets verts et,
plus globalement, de la manière de réduire et de jeter ses déchets.
17 dynamiques et les tensions qui s’opèrent à l’intérieur des discours
lexicographiques, tout en cherchant à dégager des invariants.
Dans Antidote, les définitions sont succinctes :
[1] Matière sans valeur et inutile qui est rejetée.
Ce qui tombe d’une matière qu’on travaille ; résidus, débris.
Dans le TLF en revanche, parmi les nombreuses définitions, on a
retenu celles qui paraissaient les plus appropriées à la circonstance :
[2] B. Souvent au plur. Ce qui tombe d’une matière que l’on travaille.
1. [On considère que le déchet peut être réutilisé] Synon. de chute, reste.
2. [On conset est inutilisable] Synon. de détritus.
Enfin, dans le PR, outre les définitions, de nombreux lexèmes sont
livrés :
[3] 2. (Surtout au plur.) Ce qui reste d’une matière qu’on a travaillée. [→ chute,
copeau, débris, épluchure, résidu, rognure, scorie. Déchets de fonte, d’étoffe,
de viande. Déchets industriels qui polluent une rivière (→ pollution).]
3. Résidu impropre à la consommation, inutilisable (et en général sale ou
encombrant). [→ détritus. Des poubelles de déchets. Déchets ménagers (→
ordure ; encombrant), déchets de jardin. Déchets biodégradables. Recyclage
des déchets (→ déchetterie, recyclerie ; rudologie). Déchets toxiques.]
Le lexème « déchet » est défini dans les trois références par
l’hyperonyme « matière ». La matière est ensuite spécifiée par deux
sèmes, le sème /inutilisable/ ou le sème /qui tombe après avoir été
travaillée/. Néanmoins, et c’est ce qu’il y a d’intéressant dans
l’analyse lexicale, c’est que la distribution de ces sèmes ne s’opère pas
de la même manière dans les trois cas.
Antidote rejoint le PR sur le fait que les deux sèmes sont distincts
l’un de l’autre, générant deux définitions (voir schéma 1). Dans le
TLF, les répartitions sont différentes puisque le sème /qui tombe après
avoir été travaillée/ devient un sème générique pour « déchet » et non
un sème spécifique comme précédemment. À partir de ce sème
générique, deux autres sèmes vont s’actualiser dans les définitions : le
sème spécifique /inutilisable/ et le sème spécifique /réutilisable/ (voir
schéma 2). Ce dernier n’apparait pas explicitement dans les deux
autres définitions où les sèmes /inutilisable/ et /qui tombe après avoir
11été travaillée/ sont à mettre au même niveau . De ce point de vue, on

11 On note dans le PR l’exemple « Recyclage des déchets » qui suppose une
réutilisation des déchets ; néanmoins, ce statut d’exemple ne permet pas de faire de
18 obtient non seulement des représentations sémantiques différentes,
mais on peut dire sans ambages que le TLF, en dépit de son
12ancienneté , préfigure ce qui est, aujourd’hui, un leitmotiv dans les
discours institutionnels et associatifs (voir infra §3 et §4).
On peut poursuivre l’analyse des relations lexicales qu’entretient le
lexème « déchet » avec les lexèmes récurrents dans au moins deux
définitions ; on obtient les quatre lexèmes suivants (voir schémas 1
et 2) :
« résidus », « débris » (Antidote et PR) dont le sème générique
est donc /(matière) qui tombe après avoir été travaillée/
« chute » et « détritus » (TLF et PRénérique est,
pour « chute », /(matière) qui tombe après avoir été travaillée/ et,
pour « détritus », /inutilisable/.
Ces quatre unités sont des hyponymes de « déchets » en dépit du
fait que le TLF voit dans « chute » et « détritus » des synonymes de
« déchets ». Le mot « chute » dispose du sème spécifique /après une
coupe/ (TLF) tandis que le mot « détritus » possède le sème spécifique
/réduit dans un état moindre/ (TLF). Quant au mot « résidus », il
contient le trait /après un traitement physique ou chimique/ (Antidote
et PR) et le mot « débris » le trait /reste d’un objet en partie détruit/
(Antidote et PR).
En définitive, la notion de « déchet(s) », dans les discours
lexicographiques, possède les propriétés de la matière et les unités
lexicales « résidus », « débris », « chute » et « détritus » semblent en
être les occurrences prototypiques. Pour pouvoir comprendre la
stabilité ou la déformabilité de la notion entre les espaces de
signification créés en langue et les espaces de signification créés en
discours, il importe d’observer la nomination « déchet(s) » en discours,
à partir des discours institutionnels et associatifs.

« recyclage » un trait définitoire de « déchet », d’autant que l’exemple,
paradoxalement, figure sous le sème /inutilisable/.
12 Le mot « déchet » est contenu dans le volume 6 du TLF paru en 1978.
19 Schéma 1. Structuration sémantique
dans Antidote et dans le Petit Robert


Schéma 2. Structuration sémantique
dans le Trésor de la langue française

20 3. La notion de « déchet(s) »
représentée pour le « grand public »
En discours, la notion de « déchet(s) » se saisit non par le champ
lexical à l’intérieur duquel est prise l’entrée « déchet » (repérage des
sèmes et des lexèmes au sein des définitions), mais à partir des
(co)occurrences linguistiques du mot « déchet(s) » dans les énoncés
qui l’actualisent. Les énoncés eux-mêmes deviennent l’objet d’analyse
et les configurations sémantiques de la notion découlent de la place et
de la fonction du mot et de ses cooccurrents au sein des énoncés.
3.1 Structuration thématique et caractéristiques sémantiques
Dans les discours observés, à un niveau global, on notera que le
vocable « déchet(s) » a rarement une position thématique au profit
d’une position rhématique. L’objet de l’acte d’énonciation est
majoritairement représenté par des procès à l’égard de différentes
catégories de produits sur lesquels le destinataire, sous la forme
linguistique du « je », devra agir en tant qu’actant du discours et
acteur du procès. On peut schématiser cette structuration
thématique/rhématique typique de la manière suivante :
[4] Thème [procès sur un objet] + Rhème [je + procès sur les déchet(s)].
C’est ainsi que l’on pourra lire les exemples [5] et [6] :
[5] Et en plus, en utilisant des piles rechargeables, j’évite de rejeter des déchets
polluants.
[6] Et en plus, en utilisant un cabas, je peux réduire mes déchets d’emballages !
[7] Et en plus, en limitant les emballages, je peux réduire mes déchets de 26 kg
par an !
Dans ces exemples, l’utilisation de piles rechargeables, l’utilisation
d’un cabas et la limitation des emballages constituent les thèmes de
ces énoncés. Les rhèmes montrent le lien entre le sujet grammatical
« je » (représentant le locuteur-destinataire-particulier) et le mot
« déchet(s) » à travers un ensemble de procès qu’une analyse des
cooccurrents viendra préciser (voir infra §3.2).
21 En dehors de cette structuration, on rencontre des cas où le thème
de la phrase coïncide avec le sujet grammatical ; il n’en demeure pas
moins que les procès à l’égard des déchets sont identiques et le
locuteur-destinataire potentiellement représenté :
[8] La réparation permet de prolonger la durée de vie de mes objets et de réduire
mes déchets.
[9] Les piles rechargeables sont plus économiques à l’usage et limitent la
production de déchets polluants.
Tout aussi rarement, lorsque le thème de l’énoncé est le mot
« déchet(s) » lui-même, non seulement ce dernier est qualifié – en [10],
« déchets verts » –, mais, de plus, on observe que les types de procès
appliqués aux déchets sont identiques à ceux précédemment
rencontrés ; la voie passive gomme alors l’agent du procès :
[10] Les déchets verts tels que les feuilles mortes, tontes de pelouse ou tailles
broyées peuvent être avantageusement utilisés en paillage.
Ce que montre l’analyse de la structuration thématique/rhématique,
c’est comment s’opère la mise en mots des déchets au sein d’énoncés :
d’une part, on constate l’émergence des agents des procès, en
l’occurrence le destinataire, alors que l’analyse lexicale
gommait tout agent par le recours à des structures passives ;
d’autre part, on constate que le vocable « déchet(s) » est un mot
générique et qu’il est peu fait appel aux hyponymes lexicaux.
Néanmoins, ces énoncés participent à la délimitation de la notion.
Plus précisément, ce sont les différentes catégories de produits
actualisés dans les énoncés qui configurent la notion. Ainsi, seraient
des déchets les piles non rechargeables en [5], les emballages en [6],
les feuilles mortes en [10], etc. Et on découvre toute l’étendue de la
notion dans un énoncé comme [8] où tous les objets sont des déchets
en puissance, ce statut n’étant conféré que par le temps. Cette
caractéristique est absente des discours lexicographiques.
3.2 Les cooccurrents de « déchet(s) »
Le vocable « déchet(s) » est employé soit avec un adjectif épithète,
soit en complément de nom, soit avec un complément nominal, ces
22 deux types de compléments pouvant être eux-mêmes intégrés au sein
d’un syntagme représentant le complément direct ou indirect de
l’énoncé.
3.2.1 Les cooccurrents épithètes
Lorsque le mot « déchet(s) » s’accompagne d’une épithète, celle-ci
a pour but de catégoriser le(s) déchet(s). On observe plusieurs cas de
figure, dont le plus fréquent est celui qui consiste à se servir d’un
participe passé ou d’un participe présent comme forme adjectivale. On
rencontrera ainsi le couple d’antonymes « déchets non évités/déchets
évités » en [11] et en [12] :
[11] Pour les déchets non évités, il est essentiel de bien les trier afin de les
valoriser.
[12] Et en plus, moins d’objets achetés c’est moins de ressources consommées
pour les produire et donc plus de déchets évités !
Ou encore en [13] :
[13] Réduire de façon significative la quantité et la nocivité des déchets
produits.
Plus la forme verbale tend vers l’adjectif, plus cela permet au
syntagme contenant le mot « déchet(s) » d’endosser un statut
hyponymique du type de celui précédemment rencontré dans
« déchets verts ». On rencontre ainsi « déchets polluants » où le
participe présent est un véritable adjectif en [9].
Il en va de même pour les adjectifs qualificatifs qui permettent de
catégoriser sémantiquement des types de déchets (« verts »,
« dangereux », « courants », « occasionnels »), comme le montrent les
exemples [14] à [16].
[14] Pour les déchets courants : vieux papiers, déchets d’emballage et de verre.
[15] Pour les déchets plus occasionnels : appareils électriques et électroniques
hors d’usage, mobilier cassé, textiles et piles usagées, lampes grillées,
médicaments non utilisés.
[16] La collecte dans l’une des 4500 déchèteries installées sur le territoire
principalement pour les encombrants, les déchets dangereux et les déchets
verts.
Sémantiquement, l’épithète va permettre de spécifier le mot
« déchets(s) » de deux manières :
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