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Manuel de parler libanais

De
153 pages
Ce manuel s'adresse à des Français(es) et à des francophones désirant étudier le dialecte libanais, dans le but de le parler et sans passer par l'apprentissage de la langue arabe et de son alphabet. Cette méthode fournira à celles et à ceux qui la travaillent des éléments de base pour leur apprentissage du parler libanais.
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Manuel de parler libanais

www.antoinefleyfel.com contact@antoinefleyfel.com

© L'HARMATTAN, 2010 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-13242-9 EAN : 9782296132429

Antoine Fleyfel

Manuel de parler libanais

L’HARMATTAN

À celle qui a nourri mon cœur d’un amour indéfectible, À ma mère, Marcelle…

Préambule
Ce travail est le fruit de plusieurs années d’enseignement du dialecte libanais au Foyer francolibanais à Paris. Le dialecte libanais – un accent du dialecte arabe moderne au Moyen-Orient – dépend essentiellement de la langue arabe, mais garde certaines traces de la langue syriaque, notamment aux endroits de la prononciation et du vocabulaire. Selon les régions du Liban, il est fréquent que des emprunts soient faits aux langues française et anglaise. Cette méthode évite ce mélange de langues, et opte pour un vocabulaire libanais qui s’appuie essentiellement sur la langue arabe. Ce manuel s’adresse à des Français(es) et à des francophones désirant étudier le dialecte libanais, dans le but de le parler et sans passer par l’apprentissage de la langue arabe et de son alphabet. C’est pour cette raison que je tente d’adapter, dans la mesure du possible, la grammaire libanaise à des schémas grammaticaux français et que j’utilise l’alphabet latin pour aller plus vite. Il existe au Liban plusieurs accents. Étant obligé de faire un choix, c’est pour l’accent de la région où j’ai presque toujours vécu au Liban que j’opte, celui de la région d’Achrafieh (Beyrouth). J’espère que ce livre fournira à celles et à ceux qui le travaillent des éléments de base pour leur apprentissage du parler libanais. Je n’oublie pas les centaines d’élèves que j’ai rencontrés durant ces huit dernières années. C’est surtout 9

grâce à nos échanges que ce travail a vu le jour. Je tiens à leur dire que je chéris les moments agréables que nous avons passés ensemble durant les cours. Et enfin, je remercie le Foyer franco-libanais, notamment le curé de la Paroisse Notre Dame du Liban à Paris, Mgr Saïd Saïd, de m’avoir proposé d’enseigner le dialecte libanais il y a quelques années et d’avoir encouragé le projet de ce manuel. Kéll lsén bé énsén ! (Chaque langue, un être humain ; dicton libanais).

Antoine Fleyfel www.antoinefleyfel.com contact@antoinefleyfel.com

Avertissement
Le but de ce manuel est l’apprentissage du dialecte libanais. Ainsi, pour une compréhension plus claire de la structure des phrases et du vocabulaire, la traduction française des textes libanais essaie de traduire, dans la mesure du possible, dans une logique de « mot à mot » et non selon le sens général de la phrase. Si une telle méthode permet de comprendre davantage la structure du parler libanais, elle a l’inconvénient de sacrifier l’élégance de la langue française. Que soient excusées les tournures de phrases peu esthétiques, l’utilisation des temps peu orthodoxe ainsi que les expressions bizarres ; c’est uniquement dans le but de rendre fidèlement compte du sens des mots et des tournures libanaises qu’il est opéré de la sorte.

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Première leçon : Introduction
1. L’alphabet Le libanais est un dialecte arabe qui n’est en général pas écrit. Nous allons toutefois utiliser l’alphabet latin afin de pouvoir prononcer le libanais. Nous écrirons comme nous prononçons. - Nomenclature : le trait sous une voyelle « é » signifie sa prolongation (ce qui doublera le temps de sa prononciation). Le trait sous une consonne « t » signifie l’alourdissement de sa prononciation (elle sera dite emphatique). L’accent circonflexe sur une voyelle « â » rend sa prononciation plus grave (voyelle emphatique) ; cela se produit généralement lorsqu’une voyelle est suivie ou précédée d’une consonne emphatique. Un « a » emphatique = « â » ; un « é » emphatique = « ô ». Exemples : « té » et « tô », « da » et « dâ ». - Prononciation : si dans la description ci-dessous, il n’y a pas d’explication à côté d’une lettre, cela veut dire qu’elle se prononce comme en français. A ; B ; T ; J ; H spirante laryngale sourde (comme dans le terme hayét : vie). Certains rendent compte de cette lettre par un « 7 » ; Kh comme le « J » de José en espagnol Certains rendent compte de cette lettre par un « 5 » ; D ; Z ; R il faut les rouler en libanais sinon ils ressembleraient à un « gh » ; S comme dans « sel », sinon, nous utilisons un « z » ; Ch ; S lettre alourdie (s emphatique) ; D lettre alourdie (d emphatique) ; T lettre alourdie (t emphatique) ; 3 nous utilisons un « 3 » parce qu’il ressemble à cette lettre en arabe. Spirante pharyngale sonore. Cette lettre se prononce comme si nous prononcions deux « a » de suite ; Gh se prononce comme les « r » en français ; F ; K ; L ; 13

M ; N ; H comme dans le « h » de « hello » en anglais (toujours aspiré) ; W ; Y comme dans yoyo ; É ; I ; O ; 2 qui ressemble à la « hamza » arabe : c’est une attaque vocalique (occlusive laryngale). Cette description de la prononciation libanaise reste insuffisante. Il faut absolument se référer à un professeur ou à n’importe quelle personne libanaise. - Attention : il est impératif de bien prononcer, surtout lorsqu’une voyelle doit être allongée ou une consonne alourdie. Sinon, vous risquez parfois de dire le mauvais terme ou de prononcer des grossièretés. Exemples : 3alam (drapeau) et 3alam (monde, gens). Séf (épée) et Séf (été). Kés (verre d’alcool) et Kés (vagin). 2. La déclinaison possessive par annexion du pronom personnel La déclinaison possessive par annexion du pronom personnel, ainsi que la conjugaison sont les deux clefs du dialecte libanais. Aucune compréhension des phrases n’est possible sans une bonne assimilation de ces deux instances. Voici un exemple type de la déclinaison possessive que nous effectuons à partir du mot masculin « bayt » : -Bayté : maison de moi (ma -Baytna : maison de nous maison) (notre maison) -Baytak : maison de toi (ta -Baytkoun : maison de vous maison) ; masculin (votre maison) -Baytik : maison de toi (ta -Baytoun : maison de eux / maison) ; féminin elles (leur maison) -Bayto : maison de lui (sa maison) -Bayta : maison de elle (sa maison)

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Les terminaisons qui s’ajoutent aux noms sont en gras. D’une manière générale, c’est de la sorte que nous déclinons les noms, en annexant au terme le « é » (moi), « ak » (toi ; masc.), « ik » (toi ; fém.), « o » (lui), « a » (elle), « na » (nous), « koun » (vous), « oun » (elles/eux). Lorsque le mot est féminin, la déclinaison s’effectue d’une manière différente. En langue arabe, le « t » court à la fin des noms singuliers est le signe du féminin. En libanais, ce « t » arabe est transformé en « é » et parfois en « a ». Cependant, lorsque nous déclinons les noms, ce « é » retrouve sa forme arabe (pour pouvoir faire la liaison phonétique) et se prononce désormais comme un « t ». Exemple du terme « jénsiyyé » : Jénsiyyté : ma nationalité Jénsiyyétna : notre Jénsiyytak : ta nationalité ; nationalité masculin Jénsiyyétkoun : votre Jénsiyytik : ta nationalité ; nationalité féminin Jénsiyytoun : leur nationalité Jénsiyyto : sa nationalité ; masculin Jénsiyyta : sa nationalité ; féminin Nous constatons qu’à certaines personnes, la dernière voyelle du terme à sa forme initiale disparaît. La raison est qu’à chaque fois que s’ajoute une voyelle après la dernière consonne initiale du terme, celle qui était la dernière voyelle du terme (donc précédant en général la dernière consonne), disparaît. Les voyelles qui échappent à cette règle sont les voyelles allongées, qui sont en langue arabe de grandes voyelles. Ce deuxième tableau explique d’une manière détaillée le phénomène :

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