Manuel de parler libanais
116 pages
Français

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Manuel de parler libanais

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Description

Le parler libanais - un accent du dialecte arabe moderne au Moyen-Orient - dépend essentiellement de la langue arabe, mais garde certaines traces de la langue syriaque, notamment aux endroits de la prononciation et du vocabulaire. Cette méthode opte pour un vocabulaire largement fidèle à l'arabe et à la tradition locale. Ce manuel s'adresse à des Français(es) et à des francophones désirant étudier le dialecte libanais, dans le but de le parler et sans passer par l'apprentissage de la langue arabe, de son alphabet et d'une bonne partie de sa grammaire. La deuxième édition de ce livre fournira à celles et à ceux qui le travaillent des éléments de base pour leur apprentissage du parler libanais.

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Date de parution 13 septembre 2019
Nombre de lectures 0
EAN13 9782336880907
Langue Français
Poids de l'ouvrage 12 Mo

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Antvine Fleyfel MANUEL DE PARLER LIBANAIS Deuxième éditivn
Du même auteur Théologie -La théologie contextuelle arabe. Modèle libanais,Paris, L’Harmattan, 2011. -La justification par la foi : horizons du dialogue luthéro-catholique, Paris, éd. Saint Paul, 2012, (en arabe). Géopolitique/histoire/essais -Géopolitique des chrétiens d’Orient,Paris, L’Harmattan, 2013. -Les dieux criminels, Paris, Cerf, 2017. Langues re e -Manuel de parler libanais, Paris, L’Harmattan, 1 éd. 2010, 2 éd. 2019. -Exercices de parler libanais,Paris, L’Harmattan, 2011. -Conjugaisons de parler libanais,Paris, L’Harmattan, 2011. -Lexique libanais de poche, Paris, L’Harmattan, 2019. © L’Harmattan, 2019 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr EAN Epub : 978-2-336-88090-7
À celle qui a nourri mon cœur d’un amour indéfectib le, À ma mère, Marcelle…
Préambule
Ce travail est le fruit de plusieurs années d’enseignement du dialecte libanais : au Foyer franco-libanais à Paris de 2004 à 2011, et à l’Institut de recherche et d’études Méditerranée Moyen-Orient (iReMMO), de 2011 jusqu’à aujourd’hui. Ceci en est la deuxième édition, revue et augmentée. Le parler libanais – un accent du dialecte arabe mo derne au Moyen-Orient – dépend essentiellement de la langue arabe, mais garde certaines traces de la langue syriaque, notamment aux endroits de la prononciation et du vocabulaire. Selon les différents endroits du Liban, les emprunts au français et à l’anglais sont fréquents. Cette méthode évite la ratatouille linguistique libanaise (hi, kifak, ça va ?), et opte pour un vocabulaire libanais qui s’appuie essentiellement sur la langue arabe. Ce manuel s’adresse à des Français(es) et à des francophones désirant étudier le dialecte libanais, dans le but de le parler et sans passer par l’apprentissage de la langue arabe, de son alphabet et d’une bonne partie de sa grammaire. C’est pour cette rais on que je tente d’adapter, dans la mesure du possible, la grammaire libanaise à des schémas grammaticaux français et que j’utilise l’alphabet latin pour aller plus vite. Il existe au Liban plusieurs accents. Étant obligé de faire un choix, c’est pour l’accent de la ville où j’ai presque toujours vécu au Liban que j’opte, celui de la belle Achrafieh (Beyrouth). J’espère que ce livre fournira à celles et à ceux qui le travaillent des éléments de base pour leur apprentissage du parler libanais. Je n’oublie pas le millier d’élèves que j’ai rencontrés durant ces treize dernières années. C’est surtout grâce à nos échanges que ce travail a vu le jour. Je tiens à leur dire que je chéris les moments agréables que nous avons passés ensemble durant les cours. Et enfin, je pense au Foyer franco-libanais où j’ai commencé l’apprentissage du dialecte. Ma reconnaissance va aussi à l’iReMMO, pour leur confi ance et leur collaboration au projet de la diffusion de l’arabe libanais. Kéll lsén bé énsén ! (Chaque langue, un être humain ; dicton libanais). Antoine Fleyfel www.antoinefleyfel.com www.parlerlibanais.fr contact@antoinefleyfel.com
Vvertissement
Le but de ce manuel est l’apprentissage du parler libanais. Ainsi, pour une compréhension plus claire de la structure des phrases et du Oocabulaire, la traduction française des textes libanais essaie de traduire, dans la mesure du possible, dans une l ogique de « mot à mot » et non selon le sens général de la phrase. Si une telle méthode permet de comprendre daOantage la structure du parler arabe libanais, elle a l’inconOénient de sacrifier l’élégance de la langue de Molière. Que soient excusées les tournures de phrases peu élégantes, l’utilisation des temps peu orthodoxe ainsi que les expressions bizarres ; c’est uniquement dans le but de rendre fidèlement compte du sens des mots et des tournures libanaises qu’il est opéré de la sorte.
Première leçon : Introduction
1. L’alphabet Leparler libanais est un dialecte arabe qui n’est en général pas écrit. Cette méthode utilise l’alphabet latin afin de pouvoir prononcer le libanais. -Nomenclature: le trait sous une voyelle «éps de sa prononciation). Le trait sous une consonne «» signifie sa prolongation (ce qui doublera le tem t» signifie l’alourdissement de sa prononciation (elle sera dite emphatique). L’accent circonflexe sur une voyelle «â» rend sa prononciation plus grave (voyelle emphatique) ; cela se produit généralement lorsqu’une voyelle est suivie ou précédée d’une consonne emphatique. Un «a» emphatique devient un «â» ; un «é» emphatique se transforme souvent en «ô». Exemples : «» et «», «da» et «». -Prononciation: si dans la description ci-dessous, il n’y a pas d’explication à côté d’une lettre, cela veut dire qu’elle se prononce comme en français. A ;B ;T ;J ;Gtrès rare en libanais, se prononce comme le « g » dans « ga », exemple :éngliséuelques rares(anglais). Nous gardons le « g » sans trait pour q mots, soit par conformité avec le français comme pour «garage», soit parce que la terminaison vient du turc, comme :khâdârgé(primeur) ;Hspirante laryngale sourde (comme dans le termehayétertains rendent compte de cette lettre par un « 7 » ;: vie). C Khertains rendent comptecomme le « J » de José en espagnol. C de cette lettre par un « 5 » ;D;Z;Ril faut les rouler en libanais sinon ils ressembleront à un « gh » ;Scomme dans « sel », sinon, nous utilisons un « z » ;Ch;S lettre alourdie (s emphatique) ;Dlettre alourdie (d emphatique) ;Tlettre alourdie (t emphatique) ;3nous utilisons un « 3 » parce qu’il ressemble à cette lettre en arabe. Spirante pharyngale sonore. C ette lettre se prononce comme si nous prononcions deux « a » de su ite ;Ghse prononce comme les « r » en français ;F ;K; L;M;N;Hcomme dans le « h » de « hello » en anglais (toujo urs aspiré) ;W;Ycomme dans yoyo ;É;I;O;OU;2qui ressemble à la « hamza » arabe : c’est une attaque vocalique (occlusive laryngale). C ette description de la prononciation libanaise reste insuffisante. Il faut absolument se référer à un professeur ou à n’importe quelle personne libanaise. C ertains sons et lettres de la langue française n’e xistent pas en arabe. Nous les maintenons en phonét ique. Il faut les prononcer comme dans leurs langue s d’origine. Ils ne sont guère compliqués à repérer. P our les lettres, il s’agit duVdans (comme kaviar) duP (comme danséspadrin, baskets) et duÈ et duU (comme danstunèl). Pour les sons, il s’agit surtout duOn(comme dans gidon) et duEu(comme dans asenseur). Il est impératif de bien prononcer, surtout lorsqu’une voyelle est allongée ou une consonne alourdie. Sinon, vous risquez parfois de dire le mauvais terme ou de prononcer des grossièretés. Exemples : 3alam(drapeau) et3alam(monde, gens). Séf(épée) etSéf(été). Kés(verre d’alcool) etKéss(vagin ; vulg.). 2. La déclinaison possessive par annexion du pronom personnel La déclinaison possessive par annexion du pronom personnel, ainsi que la conjugaison sont les deux clefs du dialecte libanais. Aucune compréhension des phrases n’est possible sans une bonne assimilation de leur fonctionnement. Voici un exemple type de la déclinaison effectuée à partir du mot masculin «bayt» :
Les terminaisons qui s’ajoutent aux noms sont en gr as. D’une manière générale, c’est de la sorte qu’on décline les noms, en annexant au terme le «é » (moi), «ak» (toi ; masc.), «ik» (toi ; fém.), «o» (lui), «a» (elle), «na» (nous), «koun» (vous), «oun» (elles/eux). Au féminin, la déclinaison s’effectue différemment. E n arabe, le «tn libanais, ce «» court à la fin du singulier est le signe du féminin. E t» est transformé en «é» ou «aependant, lorsqu’on décline les noms, ce «». C éhonétique) et se prononce désormais comme un «» retrouve sa forme arabe (pour faire la liaison p t ». Exemple du terme «jénsiyyé» :