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Parlons baloutche

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134 pages
Le baloutche est une langue indo-européenne proche du persan et parlée par près de 7 millions de personnes sur un vaste territoire, qui couvre 43 % de la surface du Pakistan ainsi qu'une province de l'Iran et une vaste zone au sud de l'Afghanistan. La langue est cependant rarement écrite, ce qui développe de nombreuses variétés dialectales. L'ouvrage a choisi un baloutche "moyen", compréhensible sur l'ensemble du domaine.
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Le baloutche est une langue indo-européenne proche du persan et
MICHEL MALHERBE,parlée par près de 7 millions de personnes sur un vaste territoire, qui
couvre 43 % de la surface du Pakistan ainsi qu’une province de l’Iran et NASEEBULLAH
une vaste zone au sud de l’Afghanistan.
La langue est cependant rarement écrite, ce qui développe de
nombreuses variétés dialectales. L’une des diffi cultés de cet ouvrage a
été de choisir un baloutche « moyen », compréhensible sur l’ensemble
du domaine, fondé sur le baloutche de Quetta, capitale du Baloutchistan
pakistanais. PARLONS BALOUTCHE
Michel Malherbe est directeur de la collection
« Parlons ». Il est coauteur de Parlons coréen,
Parlons géorgien, Parlons hongrois, Parlons kuna,
Parlons mandjak, Parlons maori, Parlons massai,
Parlons ourdou, Parlons tuvaluan et Parlons wolof. Il a
publié Les Langages de l’humanité dans la collection
« Bouquins », chez Robert Laffont.
Nas eebullah est professeur de communication à
l’université du Baloutchistan (Quetta) et auteur du
Parlons brahoui.
naseebasmi@yahoo.com
ISBN : 978-2-343-00069-5
14 €
MICHEL MALHERBE, NASEEBULLAH
PARLONS BALOUTCHE





Parlons baloutche
Parlons…
Collection dirigée par Michel Malherbe

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Parlons wakhi. Culture et langue du peuple wakhi – Pakistan,
Afghanistan, Tadjikistan et Chine, Karim KHAN SAKA, 2010.
Parlons twi. Langue et culture, Kofi ADU MANYAH, 2009.

Michel Malherbe
Naseebullah






Parlons baloutche









































L’image de couverture a été réalisée par M. Akram Dost, artiste
brahoui de renom, fondateur du département des Beaux-Arts de
l’université de Quetta, qui a déjà réalisé la couverture du livre
Parlons brahoui.















© L’Harmattan, 2013
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-00069-5
EAN : 9782343000695

Introduction
Le baloutche est parlé dans trois pays, le Pakistan, l’Iran et, très
minoritairement, en Afghanistan, situation qui n’est pas sans
rappeler celle des Kurdes. Le nombre total de locuteurs est difficile
à apprécier : près de six millions pour l’ensemble des trois pays,
auxquels s’ajoutent ceux qui vivent dans d’autres pays comme
ceux du golfe arabo-persique, le Turkménistan ou l’Europe
occidentale. Il semble que le baloutche ait été davantage parlé au
ème èmeXIX et au début du XX siècle. Des habitants du Pandjab et du
Sindh se reconnaissent comme Baloutches tout en ne parlant plus
la langue. D’autres Baloutches ont émigré en Afrique et dans les
pays du Golfe et ils y ont adopté la langue, arabe ou swahili.
Le baloutche est une langue orale, rarement écrite, appartenant à
la grande famille indo-européenne. Il est proche du persan et du
kurde, tout en ayant conservé des traits plus archaïques.

Le Baloutchestan est à cheval sur trois pays

5
Les trois Baloutchestan
La plus grande partie du Baloutchestan est la province pakistanaise
2du même nom. Elle a une surface de 347.190 km (équivalente à
celle du Texas) et couvre 44% de la surface du pays. Sa capitale est
Quetta (près d’un million d’habitants). Cette province est la moins
peuplée du Pakistan (5% du total) et la moins développée du pays.
C’est cependant dans cette province que vivent la plupart des
Baloutches, bien qu’ils soient minoritaires (20%) dans la capitale,
Quetta. Le Baloutchestan iranien est la partie méridionale de la
province appelée Sistan Baloutchestan dont la capitale est Zahedan
(près de 600.000 habitants). Les Baloutches y sont environ un
million. La partie afghane du Baloutchestan se partage entre les
provinces d’Helmand, de Kandahar et de Nimrouz. Les Baloutches
n’y sont pas très nombreux, environ 100.000. A noter l’existence
d’une petite communauté baloutche au Turkménistan. Elle
compterait 28.000 membres.




6
Première partie
Description de la langue
Le baloutche comporte de multiples variantes dialectales, sans
toutefois rendre difficile l’intercompréhension. Nous présentons ici
un baloutche « basique » tiré de celui parlé à Quetta, capitale du
Baloutchestan pakistanais. Le lecteur pourra trouver dans ce livre
d’initiation de quoi satisfaire sa curiosité mais il ne doit pas
s’attendre à une description exhaustive de tous les aspects de la
langue.

Ordre des mots dans la phrase
Normalement, le sujet est en tête de la phrase, suivi des
compléments et le verbe est à la fin.

Ecriture
èmeAvant le XIX siècle, le baloutche ne s’écrivait pas. On
employait le persan. Aujourd’hui encore rarement écrit, il peut
l’être en lettres latines ou en lettres arabo-persanes, comme en
Afghanistan ou au Pakistan où l’on emploie souvent l'alphabet
arabo-persan connu au Pakistan comme l'alphabet shahmukhi.. En
Iran, seul le farsi est employé à l’écrit.
Un système de transcription en lettres latines a été établi par un
congrès tenu à l’université d’Uppsala en Suède en mai 2000. Il
comprend 33 lettres et 2 diphtongues. Peu utilisé et mal adapté au
lecteur français, ce système ne nous a pas paru devoir être adopté
dans ce livre, d’autant qu’il semble précis alors que les variantes
dialectales sont nombreuses et qu’un certain flou dans la
transcription reste acceptable. Nous avons adopté, à peu près, le
même alphabet que pour le brahoui.
Il nous a semblé nécessaire de distinguer les voyelles courtes des
voyelles longues. Seules les voyelles a,i, et u peuvent être brèves.
7
Quand elles sont longues, nous les écrivons ā pour le a long, īpour
le i long et ū pour le u long.
Nous avons donc 8 voyelles a, ā, e, i, ī, o, u, ū.
Quant aux consonnes et semi-voyelles, nous en avons retenu 24 :
b, d,dj,f,g,gh,h,j,k,kh,l,m,n,p,r,rh,s,sh,t,tch,v,w,y,z.
Au total, l’alphabet que nous avons adopté compte 32 signes
dont 5 digraphes (signes de deux lettres) et un trigraphe (signe de
trois lettres).
Notons l’existence de dj prononcé comme j dans l’anglais John,
et du j français, plus rare. Précisons que kh correspond à la jota
espagnole ou au x russe et n’est pas un k aspiré.
Rappelons-nous que, quand les Baloutches veulent s’exprimer
par écrit, ils emploient le plus souvent le persan (sous sa forme dari
en Afghanistan).
Le système d’Uppsala
Adopté en mai 2000 par l’université d’Uppsala, il comprend 33
lettres et deux digraphes qui sont donnés ci-après.
a á b c d ď e f g ĝ h i í j k l m n o p q r ř s š t ť u ú v w x y z ž ay aw
Les voyelles longues sont marquées par un accent. En ce qui
concerne les consonnes, il convient de noter, entre autres, que la
lettre c se prononce comme tch en français, que le ž correspond à
notre j et le j à dj en français.

L’écriture ourdou du baloutche
A titre d’information, nous présentons ci-après les lettres de
l’alphabet ourdou telles qu’elles sont employées assez souvent
pour écrire le baloutche : ژ ز ڑ ر ڈ د چ ج ٹ ت پ ب آ ا
ء ھ و ن م ل گ ک ش س ی ے
Par exemple, le nom du pays, Baloutchestan, s’écrit :
نات سچولب
et celui de la langue, balotchi :

8
Orthographe et prononciation
L’orthographe latine du baloutche n’est guère fixée. C’est
pourquoi nous nous sommes autorisés à choisir notre propre
système, différent de celui d’Uppsala et proche des habitudes
françaises. La prononciation elle-même peut varier sensiblement
selon la forme dialectale du locuteur.

Le groupe nominal
Une originalité du baloutche est de ne pas marquer, en général,
le pluriel des noms au nominatif : la marque du pluriel est portée
par le verbe dont le nom est le sujet. (un peu comme si l’on pouvait
dire en français le cheval grandissent au lieu de les chevaux
grandissent). Parfois cependant, on trouve une désinence du
pluriel, - ān, qui est celle du persan. En revanche, un nom au cas
oblique (complément d’objet ou génitif) porte une désinence du
pluriel car rien d’autre ne pourrait indiquer la pluralité.

Les cas nominaux
Certains auteurs distinguent cinq cas (nominatif, accusatif, datif,
oblique et vocatif) mais le lecteur n’a pas à s’inquiéter de cette
complexité car ces cas sont pratiquement limités à deux dans la
langue parlée, quelle que soit la région.

Le complément d’objet direct et indirect (accusatif et datif)
Il est marqué par la terminaison - ā / - ār ā au singulier et- ān / -
ān ā au pluriel.
Exemple avec le mot mard (homme) :
cas oblique singulier : mard ācas oblique pluriel : mard ān

Ainsi, on dira de même :
je vois le livre man ketaba gendan
je vois les livres man ketab ān gendan

Autres exemples avec le mot ges, maison :
j’ai vendu la maison man ges ār ā bah ā kort
j’ai vendu les maisons man ges ān ā bah ā kort
9
Dans certains dialectes, l’accusatif ajoute la désinence -r ā du
persan.

Le génitif (complément du nom)
Il est marqué par la terminaison -e / -ey au singulier et- āni au
pluriel.

Exemples :
avec le mot mard (homme) :
nominatif singulier : mard nominatif pluriel: mard
génitif : marde génitif pluriel : mard āni
ou encore:
le prix de la maison gesey bah ā
le prix des maisons ges āni bah ā

L’adjectif
L’adjectif épithète est placé avant le nom qu’il qualifie mais il
doit prendre le suffixe -en.
Exemples :
vieil homme p īren mard
dattes délicieuses washen n ā

L’adjectif attribut ne prend pas ce suffixe.
Exemples :
cette fille-ci est bonne e djinik shar int
cet homme-là n’est pas bon ā mard shar na int

Au comparatif, l’adjectif, comme en persan, prend le suffixe
-tir ou -tiren (-ter en persan)
le garçon est plus âgé que la fille
batchak sha djinik mas-tir int

Pour le comparatif, on emploie aussi les adverbes : b āz, beaucoup /
plusieurs ; tch īzen ou kam, peu, quelques.

man ī djacket sha drust ān shar-tir int
ma veste est la meilleure de toutes
10
(sha est une préposition indiquant la provenance ou l’origine d’une
comparaison).

Les prépositions et postpositions
Le baloutche emploie des prépositions ou des postpositions.
Sous l’influence de la langue voisine dominante, on emploie plutôt
des prépositions en Iran, comme en farsi, et des postpositions au
Pakistan, comme en ourdou. Parmi les postpositions, citons :
sar ā sur
Exemple:
mez-e sar ā sur la table

tcher ā sous
Exemple :
ketāb-e tcher ā sous le livre.

burz ā au-dessus
Exemple :
g ārh ī-e burz ā au-dessus de la voiture

djahl ā au-dessous

pusht ā / pad ā derrière
Exemple :
derrière la maison gis-e pusht ā

kenek ā à côté de
nímag ā en direction de
ta / t ān jusqu’à

tah ā dans / à l’intérieur
Exemples :
dans la maison gis-e tah ā / log-e tah ā
je suis dans la maison man gis-e tah ā un

m ān signifie aussi dans mais c’est une préposition qui s’emploie
comme dar en persan.

11
dem ā en face de / en avant de
Exemple :
en face de la maison gisay dem ā

dhan ā hors de / à l’extérieur de
Exemple :
en dehors de l’école sabakhdjah-e dhan ā
dar āa le même sens que dhan ā et s’emploie dans les mêmes
conditions
goma / gon (postposition) avec
Exemple :
avec lui āhiye goma

sha de (provenance)
c’est une préposition qui s’emploie comme az en persan.
Exemple :
je suis allé de Londres à Paris

man sha Landan Paris- ā shotan
Nous avons vu qu’on emploie aussi sha pour le comparatif
sha peut être remplacé par tcha, de même sens

Les démonstratifs
Il en existe deux selon la proximité, ā et ī :
ce livre-là ā ket āb e-ci ī ket āb
ceci esh īya / ey
cela āh īya / ā

Les pronoms personnels
je man
tu tau / ta
il / elle ā
nous m ā
vous (pluriel) shum ā
ils / elles ā / ah īyan

12