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Parlons coréen

De
253 pages
Le coréen est parlé par plus de 60 millions de personnes, ce qui le place parmi les vingt premières langues du monde. Dans cet ouvrage, les auteurs se sont efforcés de faire comprendre le mécanisme particulier de la grammaire, ce qui permet, grâce à un minimum de vocabulaire, de former des phrases simples, mais aussi de saisir l'originalité de la langue.
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Parlons " coreen

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MER DE L'EST ou
DU JAPON

. Séoul

Taejon

MER JAUNE

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Pusan

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d

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Michel MALHERBE Olivier TELLIER CHOI Jung Wha

Parlons coreen
;

Éditions L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris

Collection Parlons dirigée par Michel Malherbe
Déjà parus:

Parlons Parlons Parlons Parlons Parlons Parlons Parlons Parlons Parlons Parlons Parlons Parlons Parlons Parlons Parlons

hongrois, 1988, CAVALIEROS,M. MALHERBE. wolof, 1989, M. MALHERBE, CHEIKH SALL. roumain, 1991, G. FABRE. swahili, 1992, A. CROZON, A. POLOMACK. kinyarwanda-kirundi, 1992, E. GASARABWE. ourdou, 1993, M. ASLAM YOUSUF, M. MALHERBE. estonien, 1993, F. DE SIVERS. birman, 1993, M. H. CARDINAUD,YIN XIN MYINT. lao, 1994, C. NORINDR. tsigane, 1994, M. KOCHANOWSKI bengali, 1994, J. CLÉMENT. pashto, 1994, L. DESSART.

Parlons telougou, 1994, o. et D. BossÉ.
ukrainien, 1995, V. KOPTILOV euskara, 1995, T. PEILLEN bulgare, 1995, M. V ASSILEVA. Parlons népali, 1996, P. ET E. CHAZOT Parlons soninké, 1995, CH.GIRIER

À paraître: Parlons mongol, lapon, letton, malgache, ingouche,géorgien, indonésien, albanais, kurde etc.
@ L'Harmattan, 1996 ISBN: 2-7384-4082-7

POURQUOI

ET COMMENT APPRENDRE

LE CORÉEN

Le coréen est parlé par plus de 60 millions de personnes, ce qui le place parmi les vingt premières langues du monde. L'expansion économique remarquable de la Corée fait de ce pays un panenaire irremplaçable de tous les peuples, industrialisés ou non. Des dizaines de milliers de Coréens travaillent de façon permanente à l'étranger et le nombre des touristes coréens croît très rapidement. En France, la colonie coréenne atteint déjà 20.000 personnes et Paris compte une bonne trentaine de restaurants coréens. En Mrique et au Moyen-Orient, la contribution des entreprises coréennes au développement économique est considérable ; la Corée est le deuxième pays exponateur du monde en matière de bâtiments et de travaux publics, avant la France à laquelle elle a récemment ravi cette place et après les ÉtatsUnis. Les entreprises coréennes sont de plus en plus fréquemment associées à des panenaires français. Cette brillante réussite nous conduit à poner enfin à la Corée un intérêt qui dépasse le, cercle des orientalistes. Ignorer la Corée et la considérer comme un pays asiatique parmi d'autres n'est plus possible aujourd'hui. Que dirait-on d'un Coréen qui n'aurait pas une perception claire de la place économique et culturelle ,de la France en Europe? Heureusement, notre connaissance de la Corée s'éveille. 5

Les liens diplomatiques avec la France qui remontent à une centaine d'années sont devenus des liens d'amitié et de solidarité pendant la guerre de Corée en 1950-1953. Le bataillon français des Nations-Unies qui s'y est illustré reste chaudement vivant dans la mémoire des Coréens. A la suite de ces événements tragiques, 8 000 orphelins coréens ont été adoptés par des familles françaises. Ces enfants et leurs parents adoptifs forment un poot natUrel entre nos deux cultUres. C'est en bonne pattie pour maintenir et renforcer ces liens du cœur que ce livre a été écrit.

. *
La culture, autant que la beauté des paysages et le contraste des modes de vie, enthousiasme les visitews et touristes qui sont chaque jaw plus nombreux. Nul ne peut parcourir la Corée sans eUe frappé par son mélange de charme et d'efficacité. Tous. hommes d'affaires ou touristes. regrettent de ne pouvoir mieux comprendre la Corée, en grande partie à cause de la barrière de la langue. Aujourd'hui, des milliers de personnes de langue française se rendent chaque année en Corée et souhaitent établir des relations de travail et d'amitié avec un peuple dont la culture est fascinante.

*

* .

.

Le caractère unique et original de la langue et de l'écriture coréennes a pour effet que peu d' éuangers en ont une 6

connaissance, même rudimentaire. Les Coréens n'en sont que plus sensibles à la marque d'amitié et d'estime que représente la possibilité de dire ne serait-ce que quelques mots en coréen. Un minimum de connaissance de la langue est cependant extrêmement utile sur place car, si les Coréens d'un niveau d'études supérieur et le personnel des professions touristiques peuvent avoir une bonne pratique de l'anglais ou d'une autre langue, dans la majorité des cas, comme en France, seule la langue du pays permet de se lancer à la découvene et d'avoir une cenaine autonomie. Cenes, la langue coréenne est dépaysante pour un Occidental, mais c'est aussi une raison d'intérêt supplémentaire et les difficultés sont loin d'être insurmontables. Du point de vue linguistique, le coréen est une langue typiquement c agglutinante. comme le sont le japonais, le turc ou le hongrois, c'est-à-dire qu'on y trouve beaucoup de suffixes qui s'ajoutent les uns aux autres. Il n'est pas inutile de rappeler que, par sa structure et sa grammaire, le coréen n'a rien à voir avec le chinois son voisin. En paniculier, il n'existe pas de ces tons qui rendent la phonétique chinoise si ardue. En revanche, la proximité de la Chine et son influence culturelle se sont manifestées depuis des siècles par un nombre imponant de mots chinois empruntés par le coréen. Ces mots ont été adaptés à la phonétique coréenne, ils ont notamment perdu leurs tons. Cet appon chinois contribue à la très grande richesse du vocabulaire coreen. Par exemple, il existe en coréen deux façons de compter: avec des noms de nombres purement coréens ou avec une série équivalente d'origine chinoise. Grammaticalement, le coréen est assez proche du japonais, mais les deux langues sont très différentes, bien plus que le français de l'espagnol, et aucune intercompréhension n'est possible spontanément, malgré la présence dans chaque langue d'une quantité équivalente de mots chinois empruntés. Ainsi, pour donner un exemple, les caractères chinois qui signifient c manquement à la politesse» se prononcent c shi7

Ii J> en chinois,

«sil-Iyé J> en coréen,

et «shitsurei»

en

japonais. Les principes de la grammaire coréenne sont fon différents de ceux du français. C'est pourquoi toute méthode basée sur « l'assimilation» de phrases courantes est quasi impossible sans l'acquisition préalable d'un minimum de grammaire. Par exemple, les verbes coréens ne marquent pas les personnes mais jouent sur différents styles de discours, plus ou moins respectueux. La logique de la pensée et de l'enchaînement des phrases est aussi très originale. On ne peut pas dire que la grammaire coréenne est plus difficile ou plus simple que la grammaire française, c'est un autre monde dans lequel il est passionnant d'entrer. En ce qui concerne l'écriture coréenne, si étrange à première vue, elle est d'une très grande simplicité. C'est, contrairement aux écritures chinoise et japonaise qui sont idéographique ou syllabique, tout bonnement un alphabet, avec consonnes et voyelles, d'une si grande fidélité phonétique que sa lectUre ne pose aucun problème sérieux de prononciation. Cependant, cette phonétique est aSsez nettement différente de la nôtre, sans pour autant être spécialement difficile, grâce à l'absence de tons. * * *

Soyons francs: on n'apprend pas le coréen aussi aisément que l'espagnol ou l'italien. L'effon pour entrer dans la logique de cette langue nécessite d'être motivé. Notre méthode est spécialement conçue pour:

- les hommes d'affaires et ingénieurs qui doivent effectuer un séjour ou des voyages répétés en Corée, - les touristes cultivés qui ponent un intérêt particulier à la culture et à la langue des pays qu'ils visitent.
La méthode s'adresse aussi bien sûr aux étudiants en lan8

gues ou civilisations orientales, non spécialisés en coréen, qui désirent avoir, de façon pratique, une connaissance générale de cette langue. La méthode est aussi destinée aux jeunes Français d'origine coréenne, adoptés dans leur plus jeune âge, et qui souhaitent reprendre contact avec la langue de leur pays de naISsance. * * * Pour rendre facilement accessible la langue coréenne, nous avons imaginé une méthode d'un type nouveau. Les principes qui nous ont guidés sont les suivants: - tous les mots et exemples de phrases sont écrits en alphabet coréen. Il serait en effet dommage d'apprendre la langue sans pouvoir la lire, alors que l'écriture est si facile; - une transcription en lettres latines, sans signes phonétiques spéciaux, immédiatement prononçable en français, a été cependant ajoutée pour rendre plus aisée l'assimilation de l'écritUre et de la prononciation coréennes. Heureusement, le coréen présente l'avantage d'être une langue très homogène qui connaît peu de particularités de prononciation. Ce que vous aurez appris vous sera utile dans toute la péninsule de Corée, du nord au sud. - les explications vous sont données dans le vocabulaire de la grammaire française des classes élémentaires. La rigueur aurait peut-être exigé d'employer des termes de linguistes, mais la compréhension aurait été plus difficile, sans guère d'avantages supplémentaires; - les mots employés sont des plus courants et notre lexique français-coréen d'environ 500 mots répond aux besoins de tous les jours; - notre premier souci a été de faire comprendre clairement le mécanisme dépaysant de la phrase coréenne. Il ne servirait à rien d'apprendre des phrases toutes faites si l'on était dans l'impossibilité d'en modifier un seul mot; - nous nous sommes également efforcés, et ce point est 9

souvent négligé dans les méthodes de langues, de vous faciliter la compréhension des réponses aux questions que vous poserez. Trop souvent en effet, si vous vous exprimez bien, votre interlocuteur répond rapidement et vous avez des difficultés à le saisir; - enfin, ce livre ambitionne de ne pas être une simple initiation à la langue, mais de donner aussi quelques explications sur le vocabulaire spécifique de la culture coréenne. Pensez aux difficultés d'un étranger formé de façon livresque qui rencontre des expressions typiques comme c les quais -, c le quanier latin _, c une entrecôte saignante - ou c un château aux pommes -. Sans enuer dans uop de détails, il a paru utile de vous initier aussi aux termes courants de la vie coréenne. L'ensemble est complété par une cassette. Ainsi, si vous avez la persévérance de suivre cette méthode pendant trois semaines à raison de deux heures par jour, ce qui est généralement compatible avec la préparation d'un voyage d'affaires ou de tourisme, non seulement vous n'aurez pas de dépaysement excessif en Corée mais vous pourrez vous
c débrouiller
~

dès votre arrivée.

10

1. Grammaire
Cette pattie permettra au lecteur de s'initier à l'écriture et à la phonétique, mais aussi de comprendre les mécanismes originaux de la grammaire et la formation du vocabulaire. Nous ne présenterons que des formes d'expression usuelles, de façon à garder à cette méthode un rôle essentiellement pratique.

o Comment écrire les lettres hangul
Les traits qui forment les lettres vont toujours de haut en bas et de gauche à droite. La plume ne se lève pas pour écrire" ni '- . Le tableau ci-dessous indique l'ordre dans lequel dessiner les différentes lettres.

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v

L'ECRI1URE

COREENNE:

L'ALPHABET

HANGUL

L'écriture alphabétique coréenne est, à juste titre, l'une des fiertés nationales. Inventée au XVesiècle par le roi Sédjong, elle est d'une très grande simplicité et d'une parfaite rigueur phonétique 1. L'alphabet comprend 19 consonnes et 21 voyelles, mais ce nombre élevé comprend des compositions graphiques qui sont analogues à ce que sont en français ai, ya, yo, you, etc. De même, cenaines consonnes, aspirées ou redoublées, se déduisent très facilement des consonnes simples. En fait, il existe seulement 10 consonnes et 6 voyelles simpIes. Une syllabe comprend généralement trois lettres: consonne initiale, voyelle et consonne finale. Ces lettres sont disposées de façon à former ce qui ressemble, pour un œil non aveni, à une sone de caractère chinQis de forme assez anguleuse et géométrique. Mais, répétons-le, cette écriture, d'ailleurs facilement identifiable, n'a rien de commun avec les caractères idéographiques chinois qui sont, comme nous le verrons, encore partiellement utilisés en coréen. L'assemblage des lettres dans la syllabe coréenne se fait selon les principes suivants : la consonne initiale est toujours en haut et à gauche;

1. La plus large avenue de Séoul est dédiée au roi Sedjong, dont le nom s'écrit aussi Saejong. 13

consonne initiale est marquée par un 0

-

si la syllabe commence par une voyelle, l'absence de

à l'emplacement

habituel de la consonne initiale, c'est-à-dire en haut et à gauche; - la voyelle, selon le cas, se place à droite ou en dessous de la consonne initiale, ou du 0 indiqué ci-dessus. Une voyelle déterminée est toujours à la même place; - la consonne fmale, si elle existe, est toujours placée à la pattie inférieure de la syllabe. Exceptionnellement, la consonne fmale peut être remplacée par un groupe de deux consonnes. Les dix consonnes simples sont les suivantes: ., correspond à notre K souvent adouci en G, (prononcé comme dans Gamin, jamais comme dans Girafe) ; GI se prononce donc gui. L- est exactement notre N. C est l'équivalent de notre T, souvent adouci en D. a est à mi-chemin entre L et R, sons que les Coréens distinguent à peine. Le son est plus proche de R en début de syllabe et entre deux voyelles et de L en finale. a rend exactement notre M. i:I est notre P, souvent adouci en B. Â correspond au S, mais il tend parfois vers le son français CH. ~ est prononcé TCH, souvent adouci en DJ. -i est notre H aspiré. o se prononce NG. Cette lettre ne peut être confondue avec le 0 de même forme qui indique l'absence de voyelle, puisqu'elle n'existe qu'en finale, c'est-à-dire en bas de la syllabe. L'adoucissement des quatre lettres '7 1:. '=f ~ matique entre deux voyelles. * * 14 * est systé-

Les 6 voyelles simples sont les suivantes:
1-

prononcé A, comme dans patte, et non pâte.

0, comme dans botte, et non pas beau. Nous le noterons 0 pour le distinguer du suivant. ..L prononcé 0, comme dans beau. -r prononcé OU, nous le transcrirons U pour simplifier, car le son français U n'existe pas en coréen. - c'est un son assourdi, entre le E muet et le U français. "-' Nous le noterons U.

~ prononcé

I

prononcé I. * * *

Nous pouvons déjà ainsi lire une grande panie des syllabes coréennes. Exemples de syllabes sans consonne finale, c'est-à-dire: consonne + voyelle

~ sa ,,~ SA Ai SA 7l KI 2 KO .1..' SI \..~NA Exemples de syllabes complètes, c'est-à-dire consonne initiale + voyelle + consonne finale: ,1- KAM ~~ HAK ~ SUK cr ... v

7~ KA

~ KU (KOU)

~ SAL
qfAK

~

KIM

t

~

POP

KUK

~

SQ,NG

i"
~Il

KUM

Exemples de syllabes commençant par une voyelle:

~VN

Vous voyez que ce n'est vraiment pas compliqué. Vous remarquerez que les voyelles qui se placent à droite de la consonne component une grande barre venica1e et celles qui sont en dessous de la consonne ont une grande barre horizontale.

15

* * Passons maintenant *

aux consonnes dérivées.

Quatre consonnes peuvent être expirées, de la façon dont

on prononce en françaisle P de « Peuh! » méprisant par rappon au P de « peu ».
Ces consonnes sont: 7 K C T 7 K' ~P !l. p' A TCH

Les consonnes expirées s'écrivent:

e T'

* TCH'

Autrement dit, cette expiration se traduit dans l'écriture par une légère modification de la lettre et, dans notre transcription, par une apostrophe après la consonne. Remarquez

que le

c:.

est un \- surmonté d'une barre ce qui traduit

le fait que n et t sont, selon les linguistes, des dentales. Enfm, cinq consonnes, les quatre précédentes, plus le  (S), peuvent être redoublées ou, si l'on veut, intensifiées. Ces cinq consonnes doubles s'écrivent: -" KK; Ct TT ; y~ PP ; Al. TTCH ;

M 55

Pour éviter d'excessives complications onhograpruques, nous nous contenterons le plus souvent d'écrire TCH au lieu de TTCH. Voici quelques exemples de syllabes componant des consonnes doubles: v v
7J}.. KKA;

("'4 TTOK;

U~ PPANG; ~

SSU

Notons que 77~ (kka) est une terminaison interrogative fréquemment employée; y".. (ppang) signifie «pain» et 0 provient du mot français. * * * il nous reste à

EnfID, pour en terminer avec l'alphabet, présenter les quinze voyelles composées. 16

-

Quatre d'entre elles se déduisent de :

0; -'- 0; -r U (prononcé OU). TI suffit de doubler le petit trait perpendiculaireà la grande
"i

~ A;

barre. On obtient ainsi une voyelle « mouillée », qui correspond à l'addition d'un Y en français: v YO;.JJ. YO; ". YU (prononcé YOU) F y A;

4

Par exemple, o--f (yak) signifie « médicament» et constitue l'enseigne des pharmacies; o~ (yok) signifie « gare» ou «station». on écrit -4 VI. Le mot ~ (üi) sen à former le génitif, c'est-à-dire le complément du nom. Avec le }- (A) et le , (I), on forme un È grave écrit . Curieusement, ceci peut se comparer au AI français qui se prononce aussi sensiblement È. Tlne autre lettre est formée de

-

(V)

et de

)

(I);

~

-

Avec le

-I (0)

et le

I (I), on forme la lettre -1\ qui

se prononce É, aigu. - En vertu du principe de formation des voyelles « mouillées », on a également, en redoublant la petite barre:
Fi

et

:t)

qui se prononcent respectivement YÈ et YÉ. - Enfm, en combinant cenaines voyelles précédentes avec ..1- (0) ou -r (U), on obtient les six dernières voyelles:

0 + A = WA -11 0 + I = UE -rI U + I = WI J..~ 0 + E = WÈ ~~ U + 0 = WQ ",,~, U + E = WÉ
~

iL

,\

\J....

..4 (uè) présente une prononciation irrégulière selon nos habitudes; on ne dit pas Di mais un son proche de ué, mais où la première lettre est peu marquée. Notre notation, purement conventionnelle, permet de distinguer cette lettre de ~'i (WÈ) et de -r~' (WÉ). Voici quelques exemples de syllabes employant ces voyelles composées: 17

KW AK; !fi TWI; iJ KWON; !l.~ WÈ Par coïncidence, le mot ~ (wè) signifie c pourquoi» en coréen, ce qui ressemble à l'anglais c why)) de même signification.

~

18

o RécflpittÛlltÎon

Les tableaux ci-après donnent les consonnes et les voyelles de base ainsi que leurs dérivées: CONSONNES consonnes expirées
=J

consonnes de base
'7
\....

consonnes redoublées
71 U. kk tt

k ou g
n

k' t'

t: t ou d 2. r ou I a m tJ p ou b A s o ng (en fmale) Â. tch ou djo "0 h

E-

"
~

p'

\1\1 pp M ss
"%~ tch (ttch )

tch'

voyelles de base

VOYELLES voyelles « mouIllées» ~ya
yo~u ""-rr yo
H

voyelles composées

4
.L -r --

t- a tJ
0 0 U U I

è;

~yè

é; ~t yé -4' ~, WI >I ue ; ..-I

4J

yu

~~i

Ji- wa;
MI wè;

T~ wo"
T-t\ wé

D Classement des lettres dans le dictionnaire
L'ordre dans lequel sont classées les lettres dans un dictionnaire coréen place en premier lieu les consonnes et, après seulement, les voyelles. Cet ordre officiel est le suivant: 19

CLASSEMENT DES LETTRES DANS LE DICTIONNAIRE CONSONNES

-,

et

.."

VOYELLES T~ .. Ii T-II

\... C et Ct

t:
-'I

2 0 tt et I:t\:I J.- et J..A 0
~et 1~

1'1 ~11'

4

-J
,

,

~,

.4~J.&.\

E ~~...., 0

,.

o Sens de l'écriture; les mots et les phrases
Le coréen s'écrit normalement, comme le français, de gauche à droite. Plus précisément, chacune des syllabes, formées comme nous venons de le voir, se place à la droite de celle qui la précède dans le mot ou dans la phrase. Nous verrons au paragraphe suivant que les anciennes habitudes chinoises conduisent encore parfois à disposer les syllabes successives par colonnes de haut en bas, en commençant par la colonne de droite. Cette vieille habitude est en régression. Elle a complètement disparu en Corée du Nord. Par sa nature même, le système coréen d'écriture implique qu'il n'y a pas de liaison entre les syllabes successives
1. Remarquons que les lettres doubles étaient jadis placées dans des rubriques distinctes. 20

d'un même mot. Les séparations entre les mots se marquent simplement par un écart un peu plus grand que celui des syllabes. A noter que les nombreux suffIXescoréens sont considérés comme une pattie du mot auquel ils se rapponent. L'écart entre les suffixes et le mot principal est donc le même qu'entre les syllabes du mot. * * *

o Rôle des caractèreschinois en coréen
Jusqu'à l'invention de l'alphabet han~l, le coréen s'écrivait avec les idéogrammes chinois. Ces idéogrammes, ainsi appelés car chacun d'eux correspond à une idée et non pas seulement à un son, n'ont jamais qu'une seule syllabe: le chinois est une langue monosyllabique. L'écriture idéographique, très bien adaptée à la langue chinoise, est peu pratique pour le coréen où les mots ont souvent plusieurs syllabes et comportent en outre des suffixes qui ne peuvent être rendus par des idéogrammes que d'une façon peu satisfaisante. Les Coréens restent cependant imprégnés de culture chinoise et leur langue a notamment emprunté une grande quantité de mots chinois. Il est donc assez naturel pour un Coréen cultivé d'employer dans l'écriture courante des caractères chinois au lieu de la syllabe coréenne qui en transcrit la prononciation. On compte près de 20 000 caractères chinois encore en usage, mais un bagage d'environ 6 000 constitue un raisonnable niveau universitaire. Les caractères chinois, que les Coréens appellent ~~ A.\- (hanja), c'est-à-dire « écriture des Han », du nom de la dynastie chinoise, sont appris au collège et au lycée, un peu comme le latin en Europe. Il est évidemment impensable d'initier le lecteur à ce système d'écriture, somme toute secondaire pour le coréen; nous nous contenterons, dans la deuxième pattie, de présenter 21

quelques dizaines des caractères les plus connus, que l'on retrouvera sunout dans les noms géographiques ou les noms de famille. Aujourd'hui, vous remarquerez ks caractères chinois principalement dans trois cas : - sur les monuments, comme les temples. A noter que sur les frontons où ces caractères ne peuvent pas être disposés venicalement, ils le sont, selon l'usage chinois ancien, de droite à gauche; - sur les canes de visite qui ne sont pas destinées à des étrangers. En effet, beaucoup de noms de famille se prononcent identiquement en coréen et seuls les caractères chinois permettent de les distinguer. Par exemple! (mun)

peut s'écrire t. ou M -, sur les panneaux de signalisation,mais il s'agit là d'une
counoisie destinée aux touristes japonais qui ne lisent pas l'alphabet coréen. Les inscriptions sont alors généralement à la fois en hangul et en caractères chinois. * * *

22

QUELQUES PRINCIPES DE PHONÉTIQUE CORÉENNE

A l'oreille, le coréen ne dépayse pas autant que les langues asiatiques à tons comme le chinois. Cependant, on remarque très vite l'existence de ce que nous avons appelé les consonnes expirées qui peuvent même sembler être véritablement crachées. Il faut donc s'efforcer de bien distinguer les consonnes simples.., (k), C (t), t:J (p) et ~ (tch) de leurs homologues expirées '7 (k'), E (t'), 11:(p') et *- (tch'). Dans la suite du livre, la transcription des mots coréens maintiendra systématiquement cette apostrophe qui vous rappellera l'orthographe coréenne. Cependant, le caractère « expiré» de ces consonnes n'a pas toujours la même intensité, ce que vous constaterez à l'usage. Il n'y a pas de problème particulier à prononcer les consonnes redoublées, en fait un peu intensifiées, que sont 7J (kk), tt. (tt), tiki (pp) et J.I.. (5S). Ne vous désaniculez pas la mâchoire pour prononcer AÀ ttch; vous serez compréhensible en prononçant simplement tch. Pour les voyelles, les deux seules lettres à surveiller sont ~ et .1-\ . ~\ (üi) se prononce le plus généralement comme l'indique notre transcription, c'est-à-dire en combinant le 11sourd et l'i. Cependant, cette prononciation est parfois déformée en é, mais uniquement quand ~ sert à former le complément de nom, comme nous le verrons plus loin. 23

il se prononce oé, mais avec un 0 très léger, le son tendant vers ué, comme dans « huer ». Après tch, le 0 est presque imperceptible; par exemple, le nom propre se prononce presque tché. Par convention, nous transcrivons la lettre ~ par we.

~

* * *

La vraie difficulté de la prononciation coréenne provient de l'adoucissement des consonnes que nous avons déjà évoqué. Il peut toucher les quatre lettres" c. \:I et A.. . C'està-dire que, dans cenaines circonstances, le son k s'adoucit en g, t en d, p en h, et tch en d.j. Cet adoucissement est systématique entre deux voyelles d'un même mot, mais on l'observe aussi après un a (m) ou un L.. (n). Ainsi, le nom de la Corée est formé de (Han) et de ~ (kuk), mais l'ensemble se prononce Hanguk. De

~

même, le plat national coréen dit ~..il ï

I

se prononce

« pulkogi » selon nos conventions (poulkogui), car le premier k, placé entre une consonne et une voyelle, garde sa valeur alors que le second, entre. deux voyelles, se prononce g. On aura de même:

1t71 (kamgi), «rhume» Souvenez-vous que, dans notre système de transcription, la lettre g se prononce toujours dur comme dans « gare» et jamais avec le son j comme dans « girafe» : gi doit donc se lire comme « gui ». N'oubliez pas non plus que le e (1) se prononce à michemin entre le r et le /. Dans notre transcription, nous emploierons l'une ou l'autre de ces lettres, selon ce qui semble le plus proche de la prononciation coréenne. Ne vous étonnez donc pas d'une cenaine irrégularité de cette trans24

-&1t (kan-aJang), «sauce de soja» (kabang), «sac», «valise» 7~ I:IJ'

cription. Rappelons qu'en principe ~ est plus proche de r en début de syllabe ou entre deux voyelles mais de I en , employé pour marquer le comfmale. Ainsi, le mot plément d'objet direct, sera transcrit rUl.

t

* * *

D'une manière générale, la prononciation coréenne tend toujours à la facilité et les règles de la phonétique coréenne ne font que traduire ce fait. C'est pourquoi aussi certaines lettres glissent vers une prononciation différente de leur valeur normale. Par exemple: - la terminaison des verbes au présent t\ ~I (littéralement : -pnida) se prononce en fait « -mnida » ; - le nom de la fameuse dynastie Silla, qui a donné son nom à un grand hôtel de Séoul, s'écrit {:.I ë~ (Sin-la), mais se prononce bien Silla. On pourrait multiplier de tels exemples. Il ne faut pas s'étonner de ces changements phonétiques qui ne sont pas sans analogie avec ce que nous connaissons en français, comme dans le cas de nos liaisons (<< les avions» prononcé « les zavions »). Le français ad' ailleurs fréquemment «adouci JI des mots d'origine latine, par exemple: « essuyer» qui provient de «exsucare» ou «amortir» de « admortire ». Retenez que, pour bien prononcer le coréen, il ne faut suttout pas détacher les syllabes mais au contraire les lier au maximum. Pour faire un peu d'humour, rappelez-vous que «Ministère de la Défense Nationale» se dit (Kuk Pang Bu), littéralement « Pays-Défense~ ~t Ministère », mais se prononce, à très peu près, «coup de

-

et

¥

bambou

1>.

* * * 25