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Parlons géorgien

De
288 pages
Enfin un livre accessible à un large public qui permet de découvrir la culture de la Géorgie, et sa langue à l'alphabet original, une des rares de notre continent à ne pas être indo-européenne. Pour qui s'intéresse aux langues, l'approche du géorgien offre le plaisir rare de la découverte d'un monde inconnu. Le lecteur est sûr de ne pas regretter les efforts de cette initiation.
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PARLONS GÉORGIEN
Langue et culture

@ L'Harmattan, 1997 ISBN: 2-7384-5123-3

IRENE ASSA TIANI MICHEL MALHERBE

PARLONS GÉORGIEN
Langue et culture

Editions L'Harmattan
5-7, rue de I'Ecole-Polytechnique 75005 Paris

L'Hannattan INC 55, rue Saint Jacques Montréal (Qc) - Canada H2Y

Les auteurs expriment leur reconnaissance à : madame Medea Toushmalishvili et au professeur Nodar Assatiani pour leurs informations et leurs conseils, ainsi qu'à monsieur Tamaz Avlishvili qui a saisi le manuscrit sur ordinateur et a assuré la composition de l'ouvrage.

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AVANT-PROPOS

La langue géorgienne se rattache aux groupes des langues ibéro-caucasiennes; elle dispose d'un alphabet qui lui est propre.La seule parenté linguistique lointaine du géorgien pourrait être celle du basque. Pour qui s'intéresse aux langues, l'approche du géorgien offre le plaisir rare de la découverte d'un monde inconnu. Mais le géorgien est' avant tout une langue vivante, langue maternelle de plus de 4 millions de personnes et langue officielle d'une république qui compte près de 5,5 millions d'habitants. Aujourd'hui la Géorgie souhaite s'ouvrir à l'ouest. Elle dispose d'atouts considérables, miniers, agricoles et touristiques. Sa population est hautement qualifiée dans toutes les branches de la technique. De plus les Géorgiens sont parmis les peuples les plus chaleureux et hospitaliers de la terre civilisation de la vigne oblige. La sympathie des Géorgiens pour la France est ancestrale. S'ils sont peu nombreux à l'étranger (à peine quelques milliers en France), c'est qu'ils sont viscéralement attachés à leur merveilleux pays, l'un des rares avec la Côte d'Azur et le Liban, où l'on peut dans la même journée faire du ski en haute montagne et prendre un bain de soleil au bord de la mer. Que ce soit pour le tourisme ou les affaires, les Français qui découvrent la Géorgie en deviennent des amis fervents et fidèles. Il y a tant à faire pour mettre en valeur l'ancien pays de la Toison d'Or qu'une méthode pour apprendre au moins les rudiments du géorgien nous semble venir à son heure. Le lecteur est sûr de ne pas regretter les efforts de cette initiation.

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UN PEU D'HISTOIRE La Géorgie se perd dans la nuit des temps. Comme tous les pays de haute montagne, le Caucase a servi de refuge aux populations fuyant les grandes invasions. C'est pourquoi cette région est parmi celles du monde dont le peuplement est le plus complexe; c'est une mosaïque de langues et de cultures que les spécialistes eux-mêmes n'arrivent pas à éclairer avec certitude. L'origine de la Géorgie a donné lieu à d'amusantes légendes: tantôt on dit que Dieu, quand Il créa le monde, portait dans Ses bras les plus beaux éléments de l'univers, mais Il trébucha et les meilleurs morceaux tombèrent au sol pour former la Géorgie; tantôt on explique qu'au 'moment du partage du monde entre les nations, les Géorgiens arrivèrent en retard et que Dieu, dans sa générosité, leur donna la meilleure part qu'Il pensait se réserver pour lui. Quoiqu'il en soit, la présence de l'homme dans la Transcaucasie remonte à la plus haute antiquité. Une expédition germano-géorgienne a découvert en 1991 sur la commune de Dmanissi, dans le sud du pays, les restes d'un "homo erectus" vieux de plus d'un million et demi d'années! C'est, à ce jour, le fossile humain le plus ancien hors d' Mrique. Les recherches archéologiques ont permis de mettre à jour la présence de l'homme depuis le paléolithique jusqu'à l'âge du bronze. La culture de Kura-Araks et de Trialeti est bien représentative du développement de l'âge du bronze en Géorgie. Dans la période tardive, vers le lIe millénaire avant notre ère, on décèle déjà des structures étatiques qui jouent un rôle actif en Asie Mineure. La puissance et le rayonnement culturel d'un de ces Etats, la Colchide, ont trouvé leur expression dans le mythe des Argonautes. Selon ce mythe, les héros de la Grèce antique, sous la direction de Jason, vinrent en Colchide pour s'emparer de la Toison d'Or que possédait le roi de 6

Colchide, Ayet.1 Le royaume de Colchide est également mentionné dans des sources d'Assyrie et d'Urarte. Ces informations ont été confirmées par un nombre important de découvertes archéologiques sur tout le territoire de la Géorgie. Aux IVe et Ille siècles avant notre ère, s'est constitué en Géorgie orientale le royaume ibère dit de Kartli, qui est évoqué dans de nombreux écrits grecs et latins. Selon la tradition géorgienne, le premier roi de Kartli, Pamavaz, aurait également créé l'écriture géorgienne. Le royaume ibère, comme .Ia Colchide, eut des relations culturelles et économiques avec tout le monde antique. A partir du 1er siècle, l'Ibérie fut alliée de Rome et pris part à ses côtés aux interminables guerres contre les Parthes et l'Iran sassanide. Au début du IVe siècle, l'Ibérie adopta, à la suite de sa patronne Sainte Nino, le christianisme comme religion officielle, ce que venait de faire le royaume de l'Arménie voisine. C'est à cette époque que se fixa définitivement l'écriture géorgienne, employée notamment dans la littérature chrétienne. Dès la fin du Ve siècle, les intentions agressives de la Perse sassanide contre la Géorgie s'intensifient. Pour défendre l'indépendance de la Géorgie, le roi Vakhtang Gorgassal réussit à unir les parties orientales et occidentales du pays, à proclamer l' autocéphalie de l'Eglise géorgienne et à développer la co~struction des villes. Sous son règne, la capitale est transférée de Mtskheta à Tbilissi. Vakhtang Gorgassal meurt dans un combat inégal contre les Perses mais son souvenir reste impérissable au coeur de tous les
1

La légende de cette toison proviendrait d'un procédé antique pour

recueillir les paillettes d'or charriées par les rivières consistant à déposer une toison au fond de leur lit. La réputation merveilleusede la Toison d'Or lui vaut ensuite de donner son nom à une décoration
prestigieuse en Espagne et en Autriche.

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Géorgiens. Peu après, les Perses établissent leur suzeraineté sur toute l'Ibérie, sans toutefois pouvoir éradiquer le christianisme ni même éviter de consentir un minimum d'autonomie géorgienne. A la fin du VIe siècle, les Géorgiens finissent par chasser les Perses avec l'aide des Byzantins, mais de nouveaux adversaires apparaissent bientôt: ce sont les Arabes qui conquièrent toute l'Asie Mineure, y compris la Géorgie, au milieu du VIle siècle. Cette domination arabe dure jusqu'au Xe siècle, mais elle ne peut s'opposer au développement de la société géorgienne et de ~(l, ulture. Des monuments de la littérature et de c l'architecture géorgiennes, parmi les plus brillants, sont créés pendant cette période. On voit aussi apparaître de nouveaux Etats géorgiens: Cachétie (Kakheti), Hereti, Abkhazie (Abkhazeti), Tao-Klardjeti. Cette dernière principauté se donne pour dirigeants la dynastie des Bagration dont l'un des membres, Adarnas, reçoit en l'an 888 le titre de roi de Géorgie. Ainsi se trouve restauré le pouvoir royal qui avait disparu au VIe siècle en Ibérie. Les Bagration ont tissé des liens étroits avec Byzance. Aux Xe et XIe siècles, les royaumes et principautés de la région s'unissent sous l'autorité des Bagration pour former une "Grande Géorgie". A l'époque de David IV le Bâtisseur (1089-1125), la Géorgie couvre pratiquement tout le Caucase, englobant dans ses frontières des peuples divers. C'est une époque florissante pour la culture et l'économie de tout le Caucase, en particulier pour les Géorgiens dont c'est "l'âge d'or". L'apogée de la puissance de la Géorgie se situe sous le règne de Thamar (1184-1213), quand la Géorgie sut faire face à une coalition et à l'attaque turco-musulmane. Après le sac de Byzance par les croisés en 1204, la Géorgie fonde sur la rive sud de la mer Noire un Etat tampon qui lui est soumis, celui de Trébizonde et place sous sa suzeraineté une grande partie des Etats musulmans voisins. Toutes les branches de la culture géorgienne s'épanouissent, la littérature, la science, l'architecture et la peinture. C'est alors, en particulier, que 8

Chota Roustaveli écrit "Le chevalier à la peau de tigre", compté parmi les chefs-d'oeuvre de la littérature universelle. Malheureusement, le développement pacifique de la Géorgie ne dure qu'un temps. Déjà sous le règne des successeurs de la reine Thamar, dans les années 20 à 30 du XIIIe siècle, les incursions de bandes turco-musulmanes dirigées par Khorezmshah Djalal-ed-din se multiplient. Ensuite ce sont les hordes sauvages des Tartares et des Mongols. qui entraînent la chute de la Géorgie dans tous les domaines, économique, politique et culturel. Le joug mongol s'impose alors pour longtemps sur le pays, à l'exception de la période où le roi George V l'Illuminateur (1318-1346) réussit à libérer le territoire. Ce sont ensuite de nouvelles invasions mongoles dirigées par le cruel Tamerlan qui se produisent huit fois entre 1386 et 1403 et laissent le pays ruiné et désorganisé. Au XVe siècle, la situation politique extérieure de la Géorgie se détériore encore. Son allié traditionnel le plus ancien, l'Empire de Byzance, est définitivement rayé de la carte par les Turcs. Le 29 mai 1453, le sultan Mehmèd TI s'empare de Constantinople, çentre du monde chrétren en' Orient. Ainsi se trouve barré le chemin de la Géorgie vers l'Occident. , Le dernier roi de la Géorgie unifiée, George VIII, tente de monter une coalition à partir de l'Europe pour libérer Constantinople des Turcs. En 1460-1461, des ambassadeurs géorgiens se rendent d'abord en Italie puis en France auprès du roi Charles VII. Ce fut d'ailleurs la dernière audience de ce roi, cloué au lit par la maladie, qui devait mourir peu après. La délégation géorgienne assista au couronnement du successeur Louis XI auprès duquel elle réitéra sa proposition de chasser les Turcs de Byzance. Helas, le nouveau roi était plus préoccupé de réaliser l'unité de la FranCé et il récusa sa participation à cette croisade lointaine et coûteuse. La Géorgie tenta encore une fois de se rattacher à l'Europe, en faisant la même proposition à l'Espagne, mais sans plus de succès. 9

C'est ainsi que la Géorgie se retrouve seule, petit royaume chrétien entouré de puissants Etats musulmans. L'empire ottoman ne tarde pas à passer à l'attaque et conquiert l'empire de Trébizonde, fondé par la Géorgie et son fidèle et constant allié. Ainsi les Ottomans deviennent les voisins directs de la Géorgie à sa frontière sud comme à sa frontière nord-ouest, au nord de la mer Noire. Progressivement, l'inflluence des Ottomans s'étend aux peuples du Caucase du nord qui se mobilisent à leur tour contre la Géorgie. Au début du XVIe siècle, se forme l'Etat perse des Kizilbash avec la dynastie des Séfévides qui s'efforcent, eux aussi, de conquérir la Géorgie, complétant ainsi l'encerclement du pays par des Etats musulmans. La situation se complique de telle sorte que l'unité géorgienne ne peut plus être assurée. L'affaiblissement du pouvoir royal, manifesté déjà à la fin du XVe siècle, ne permet plus de s'opposer aux divers courants séparatistes et le pays se divise en trois royaumes (Kartli au centre, Kakheti à l'est et Imereti à l'ouest), ainsi qu'une principauté (Samtskhé, au sud-ouest). Cette dernière est la première à faire face à l'agression des Ottomans qui réussissent à la conquérir complètement et à y établir l'Islam et un système féodal. Ce n'est que bien plus tard, au XIXe siècle, qu'une partie seulement de ce territoire peut être récupérée. Réduite à trois royaumes, la Géorgie doit combattre durant trois siècles ses deux puissants voisins musulmans, l'empire perse et l'empire ottoman, pour défendre sa souveraineté, son système économique et social, sa culture et la religion chrétienne. Dans cette lutte, la langue et la littérature géorgienne jouent un rôle important. Sans l'inspiration et l'exemple des oeuvres du "siècle d'or", c'està-dire du XIIe siècle, la Géorgie n'aurait pas vraisemblablement pu soutenir ce combat inégal. En fin de compte, ni les Ottomans ni l'Iran ne purent asservir définitivement la Géorgie. Ils ne purent qu'étendre 10

leur pouvoir et leur influence sur telle ou telle partie de son territoire, mais furent incapables de détruire la société géorgienne ou d'en extirper le christianisme. Même Shah Abbas 1er, le plus grand des souverains séfévides connut un important échec en Géorgie, il y.perdit plus de la moitié de son armée et ne put atteindre ses objectifs, malgré d'énormes pertes du côté géorgien, surtout en Kakheti (200 000 hommes déportés dans les provinces iraniennes de l'intérieur, plus de 100 000 tués au combat). Après ses défaites à Martkopi et à Marabda en 1625, J'envahisseur doit renoncer à ses intentions de conquérir toute la Géorgie et il reconnaît comme roi de Kartli et de Kakheti le chrétien Teïmouraz 1er. Plus tard cependant, au XVIIe siècle, les shahs d'Iran réussissent à installer sur le trône de ces deux royaumes des Bagration et ils étendirent leur influence sur la Géorgie orientale. Pendant ce temps, la Géorgie occidentale - le royaume d' Imereti et les trois principautés de Guria, de Mégrélie et d'Abkhazie rejettent la suzeraineté des Ottomans, quoique ceux-ci réussissent à étendre leur influence sur les parties frontalières, en Adjarie et en Abkhazie. Le transfert de populations du nord du Caucase vers la Géorgie prend de l'empleur, donnant ainsi naissance aux actuels Abkhazes au nord-ouest et implantant en Kakheti orientale des Ossètes et des Daghestanais. Simultanément, en Géorgie occidentale se produisent de façon massive des enlèvements pour alimenter les marchés d'esclaves des Ottomans. Il est connu que des détachements entiers de janissaires ont été ainsi constitués. Des raids de Daghestanais se livraient aux mêmes pratiques en Géorgie orientale. Les conséquences pour le peuple géorgien en furent très lourdes. Malgré ces circonstances tragiques, la Géorgie s'efforce de ne pas ralentir son activité culturelle et littéraire, seul moyen de défendre son âme et sa personnalité. Pour lutter contre l'expansion de l'Islam, les esprits se mobilisent. En particulier, à la cour du roi de Kartli au début du XVIIIe Il

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siècle, des groupes travaillent dans ce sens, sous l'impulsion du roi Vakhtang VI: on y trouve le savant lexicographe et diplomate Soulkhan-Saba Orbeliani,l le géographe et historien Vakhouchti Bagrationi, le poète David Gouramichvili etc. Une imprimerie en géorgien est lancée en 1709 qui .publie, entre autre, l'ouvrage célèbre de Roustaveli, "Le chevalier à la peau de tigre". Cependant, le shah d'Iran convoque le roi Vakhtang VI et le retient prisonnier: il est contraint de se faire musulman. Orbeliani se rend en France pour obtenir une aide politique et la libération du roi. Il rencontre Louis XIV à Versailles en avril 1714. Selon la légende, le "Roi-Soleil" se serait plaint de son âge en sa présence et Orbeliani aurait répondu: "Votre Majesté porte son âge avec tant de grâce que chacun voudrait l'avoir". Ces
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marques de courtoisie et d'éducation firent le meilleur effet
auprès de la cour. Cependant le diplomate se voit sollicité de faire adhérer l'Eglise géorgienne au catholicisme et, s'il obtient la liberté de commerce pour les produits géorgiens, il se heurte au refus de la France de couper ses relations avec la Perse~ la mission se termine donc par un échec, à Paris comme à Rome. Dans la deuxième-moitié du XVIIIe siècle, les luttes de libération nationale s'intensifient sous la direction des rois Teimouraz II et Ereklé II; en fait, la partie orientale du pays se libère de la tutelle persane. Le roi Ereklé (Heraclius selon les habitudes occidentales, c'est-à-dire Hercule) réussit même durant son règne de 1744 à 1798 à unir en un seul royaume la Kartli et la Kakheti et à prendre une série de réformes progressistes, malgré le danger toujours présent d'une attaque perse ou ottomane. C'est alors qu'Heraclius II décide de mettre le pays sous la protection de la Russie. Selon le traité de Georgievski qui est signé entre les deux parties, la Russie s'engage à
1

Il est l'auteur du premier dictionnaire géorgien, publié à Rome en
de géorgien.

Italie en 1629 avec une grammaire

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défendre la Géorgie contre les agressions extérieures. Cependant, quand le roi de Perse Agha Mahmad Khan attaque la Géorgie en 1795, la Russie reste dans un rôle d'observateur. La bataille est très inégale et les Géorgiens sont défaits près de Tbilissi. Les. hordés perses prennent la ville et la rasent. A la mort d'Héraclius II, profitant de la situation très difficile du pays, la Russie viole les clauses du traité et procède en 1801 à l'annexion de la Géorgie orientale. Dans le même mouvement, l'armée russe passe en Géorgie occidentale et s'empare par la force de l'Imereti et des autres principautés. L'ensemble de la Géorgie se retrouve alors sous le joug russe, qu'il faut bien qualifier de colonial. Au cours du XIXe siècle, la lutte contre la domination russe est continuelle, l'objectif étant de restaurer la souveraineté du pays~ Par exemple, dans la deuxième moitié du XIXe siècle, le mouvement de libération nationale du peuple géorgien s'organise sous la direction du grand écrivain et homme d'Etat Ilia Tchavtchavadzé. Celui-ci est tué traîtreusement en 1907. La souveraineté géorgienne ne réussit à se rétablir qu'à l'occasion de la révolution en Russie. La révolution bolchevique de 1917 voit se constituer une fédération de Transcaucasie, où la Géorgie se retrouve avec l'Arménie et l'Azerbaïdjan, mais quelques mois plus tard, en mai 1918, la fédération est dissoute. En 1920, l'indépendance de la Géorgie est reconnue, d'abord par les Alliés occidentaux, puis par les Soviets. Ceux-ci renforcent leur pouvoir et , dès janvier 1921, ils envahissent la Géorgie puis concluent une alliance avec la Turquie pour s'assurer de leur non-intervention. Cette négociation coûte à la Géorgie quelques territoires avec les villes d' Artvin et d' Ardahan. Ayant ainsi acquis sa liberté de manoeuvre, l'URSS crée en 1922 la République soviètique de Transcaucasie. En 1924, la Géorgie se soulève avec Tcholokachvili; la 13

répression fait 3 000 tués et entraîne la déportation de 130 000 personnes en Sibérie. Ce n'est qu'en 1936 qu'est dissoute la Transcaucasie et qu'est fondée la République Socialiste Soviétique de Géorgie. On constate que l'ascendance géorgienne de Staline, né Djougachvili, et la présence à ses côtés d'autres Géorgiens comme Ordjonikidzé ou Beria n'a pas permis à la Géorgie, bien au contraire, de bénéficier d'un traitement de faveur. On estime à 400 000 morts les victimes géorgiennes du stalinisme de 1921 à 1953. La Géorgie a enfin recouvré son indépendance en 1991 mais sans pouvoir éviter les troubles sanglants du postcommunisme: le premier président élu au suffrage universel direct, Zviad Gamsakhourdia, ancien dissident anticommuniste et fondateur de la section géorgienne des Droits de I'Homme, prend le pouvoir en mai 1991 mais en est chassé par un coup d'Etat le 7 janvier 1992. Edouard Chevardnadzé, ancien ministre des Affaires Etrangères d'URSS devient peu après chef de l'Etat. C'est également en 1992 que la Géorgie a été admise à l'Organisation des Nations Unies ainsi que dans les autres organisations comme l'UNESCO; depuis 1992-la Géorgie a été reconnue par plus de 100 gouvernements.
LA GEORGIE A UJOURD 'HUI

Surface 69 700 km2, légèrement plus que l'ensemble des trois du Benelux.

pays

Relief et climat Les chaînes de montagne et les plateaux occupent les 4/5 du territoire. La structure géologique est complexe, diversifiant à l'extrême les paysages. Le climat va du type méditerranéen au e al in avec de nombreux micro-climats. 14

Richesses naturelles Le sous-sol est riche, les mines sont très variées (manganèse, baryte, amiante, arsenic, avec quelques ressources en charbon et pétrole). Les eaux minérales ont souvent de remarquables
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priorités curatives (Bordjomi, Tskhaltoubo...)
Population Les Géorgiens sont environs 5 300 000 soit une densité de moins de 80 habitants au km2. La composition ethnique fait apparaître une majorité de près de 70% de Géorgiens proprement dits, 9% d'Arméniens, 7% de Russes, 5% d'Azéris, 39/od'Ossètes et J, 7% d'Abkhazes. La capitale est Tbilissi qui compte environ 1,3 million d'habitants. Agriculture Elle est riche et très développée. Le climat permet la culture de la vigne, du thé, des agrumes, du tabac et d'autres plantes industrielles. A l'époque soviétique, la Géorgie fournissait 95% du thé et la presque totalité des agrumes et des vins de qualité de l'URSS. Industrie La haute qualification de la main-d'oeuvre a permis un essor industriel remarquable, surtout dans les domaines de la métallurgie, des constructions mécaniques, des équipements énergétique, des appareils de mesure et de contrôle. Les industries chimiques, textiles et alimentaires sont bien développées. La production, très diversifiée, touche aussi bien la fonte, les laminés, les métaux non-ferreux, les ferroalliages que des équipements élaborés comme les locomotives électriques, les automobiles, les hydrofoils, les appareils de précision et les ordinateurs. Les exportations géorgiennes atteignent 70pays du monde.

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I ère PARTIE LA LANGUE GÉORGIENNE Par sa grammaire et son alphabet original, le géorgien semble constituer une exception au milieu des langues turques ou indo-européennes qui l'entourent. Le géorgien n'est pourtant pas aussi isolé qu'il y paraît à première vue:

- un assez grand nombre de langues mineures du Caucase lui
sont apparentées; on les trouve jusqu'au Daghestan sur les bords de la Caspienne, à l'autre extrémité de la chaîne du Caucase (voir l'incadré qui leur est consacré). - de nombreux indices de contact du géorgien avec d'autres langues indo-européennes ou non sont décelés par les spécialistes, et ceci dès les premiers stades de l'histoire. Ainsi les données linguistiques ont permis d'établir les relations qu'avaient dans la plus haute antiquité les Géorgiens avec les peuples d'Asie Mineure et de Méditerranée orientale comme les Sumériens, les Hittites, les Hurrites et les Ourartiens. On trouve dans la langue géorgienne des éléments lexicaux de ces langues mortes, notamment indo-européennes. Les Grecs antiques, les Perses, les Arméniens, les Scythes, les Sarmates, les Alans ou les Thraces, tous Indo-européens, étaient en contact avec les Géorgiens et ces langues ont subi des influences réciproques décelables dans la partie la plus ancienne du vocabulaire géorgien touchant les termes d'élevage, la dénomination de certaines parties du corps ou des noms de nombres. Plus tard, d'autres contacts se sont établis ou approfondis. Ainsi pendant plusieurs siècles, les Géorgiens et les Arméniens ont-ils eu des traditions communes et l'influence de la Grèce a été très forte au début de la christianisation. Des fouilles archéologiques démontrent 16

également les rapports entre tribus géorgiennes et sémites au point que l'araméen s'est trouvé pour un temps la langue des documents officiels de l'ancienne Géorgie. A partir du VIle siècle, époque de l'expansion de l'Islam, le contact s'établit avec la langue arabe. Les milieux cultivés géorgiens connaissent parfaitement cette langue et travaillent sur des manuscrits arabes. Nous verrons dans le chapitre sur le vocabulaire l'importance des emprunts géorgiens à l'arabe, phénomène qui a touché bien davantage encore la langue turque. Soumis à tant d'influences si diverses et puissantes, le géorgien a subi des pressions et des répressions nombreuses; il a été plus d'une fois en danger de disparaître, récemment encore à l'époque tsariste. Toutefois la langue géorgienne a toujours été défendue avec acharnement par son peuple qui en a fait le symbole essentiel de sa personnalité nationale. Depuis que l'écrivain Zocime à écrit au Xe siècle Gloire et éloge de la langue géorgienne, la Géorgie a maintenu un véritable patriotisme linguistique qui va de pair avec un vif sentiment national. Grâce à cette ferveur, le géorgien est, à coup sûr, la plus importante et la mieux connue des langues caucasiennes, la seule de ce groupe qui ait accédé au cercle restreint des grandes langues littéraires du monde.

17

LES LANGUES CAUCASIENNES Le géorgien est la seule langue littéraire d'importance parmi les innombrables langues recensées dans le Caucase. Tout se passe comme si des langues très anciennes avaient été repoussées dans ce réduit montagneux par l'avancée de peuples appartenant à des groupes linguistiques plus puissants, les IndoEuropéens et les Turcs. Quoique très différentes les unes des autres, les langues dites caucasiennes présentent un certain nombre de caractéristiques commune. Leur système verbal est particulièrement complexe. Les linguistes distinguent deux groupes de ces langues, celles du nord et celles du sud, mais ces groupes sont loin d'être homogènes et leur parenté n'est pas établie avec certitude. Pourtant on parle parfois de langues japhétiques pour l'ensemble des langues caucasiennes. Ce terme fourre-tout est dérivé de Japhet, l'un des trois fils de Noë, les deux autres fils Sem et Cham étant supposés être à l'origine des langues sémitiques et chami tiques. Faute de pouvoir sérieusement classer les langues du Caucase, il est au moins possible d'énumérer les principales. Le réduit caucasien est enserré, comme nous l'avons dit, entre des langues indo-européennes comme le russe, l'arménien ou I 'ossète (apparenté au persan) et des langues turques comme l'azéri, le tatar (karatchai: balkar, kumik...) etc. Certains peuples de la famille caucasienne, dans la partie nord-ouest, autour de Touapse sur la mer Noire, fortement islamisés vers le XVIIe et XVIIIe siècle, ont émigré vers l'empire ottoman lors de l'occupation de leurs terres par la Russie (1864-1865). Les plus connues des langues de cette famille sont le tcherkesse, dit aussi circassien, et l'abkhaz, parlé dans la région de Soukhoumi (République autonome d'Abkhazie en Géorgie). Dans la partie nord-est du Caucase, les langues sont encore plus nombreuses mais souvent de peu d'importance. Les plus connues sont l'avar, le lez~in, le [ak et le dargwa ( dit aussi 18

dagin). Ces langues sont celles de la République autonome du Daghestan, incluse dans la Russie, et sont donc extérieures à la Géorgie. Dans le centre-nord du Caucase, les deux langues les plus importantes sont le tchétchène et l'ingoush, parlées sur laface nord du massif, également sur le territoire de la République fédérative de Russie. Les Républiques autonomes tchétchène et ingush ont respectivement pour capitales Grozny et Nazran. Quant à la partie sud-ouest du domaine linguistique
caucasien, elle est dominée par le géorgien. Il existe cependant quelques autres langues qui en sont assez voisines et sont, en fait, des dialectes du géorgien: le mingrélien (megrouli), parlé entre les rivières Ingouri et Rioni, dans la région de Poti sur la mer Noire.

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- le svane (svanouri) parlé en amont du domaine précédent par des populations très minoritaires. - le laze (tchanouri), pratiquement disparu en Géorgie et en Russie, mais encore parlé en Turquie sur la côte de la mer Noire à l'est de Trébizonde.

Pour compléter ce tableau, ajoutons qu'il existe de nombreux autres véritables dialectes du géorgien (kartlouri, kakhouri, pshaouri, touchouri...) ainsi que certaines langues mineures en voie de disparition.

L'ÉCRITURE GÉORGIENNE RAPPEL mSTORIOUE La tradition dit que l'alphabet géorgien a été créé au Ille siècle avant notre ère par le roi Phamavaz. Cet alphabet copte, arménien et gothique sont nés d'un processus semblable. L'alphabet géorgien a connu trois stades de développement. Le plus ancien s'appelle assomtavrouli c'està-dire "majuscule"; il a été employé jusqu'au IXe siècle. 19

Cependant un deuxième alphabet, dit nouskhouri.. "minuscule", est introduit au IXe siècle et subsiste jusqu'au XIX siècle. Les deux alphabets, assomtavrouli et nouskhouri, sont aussi appelés khoutsouri, "ecclésiastique", à cause de leur utilisation en liturgie. L'alphabet "civil" en usage de nos jours s'appelle mkhedrouli.. "militaire". Il apparaît au XIe siècle et remplace bientôt complètement l'assomtavrouli dans les manuscrits, sauf pour les titres. Originellement, l'alphabet géorgien comportait 38 lettres, ~inq d'entre elles sont tombées en désuétude. De même l'ancien usage qui donnait à chaque lettre la valeur d'un nombre est aujourd'hui abandonné. Le géorgien emploie les mêmes chiffres que les autres langues européennes. L'ALPHABET GÉORGIEN Les 33 lettres comprennent cinq voyelles et 28 consonnes. Chaque lettre correspond à un son particulier et se prononce toujours de la même façon. Le géorgien ne connaît aucune irrégularité d'écriture: les mots s'écrivent comme ils se prononcent. Les cinq voyelles sont: ô (a), D (e, prononcé "é"), 0 (i), ~(o) et '0 (u, prononcé "ou"). Il n'y a pas de voyelles nasales comme "on" ou "an" en français. Les 28 consonnes du géorgien rendent tous les sons dont la langue a besoin. Certains de ces sons n'existent pas en français. Nous expliquerons bientôt leur prononciation mais la transcription que nous donnerons n'est qu'approximative. Nous conseillons au lecteur de ne pas se contenter de cette transcription et de se reporter à la cassette. L'alphabet géorgien complet, dans l'ordre du dictionnaire, est le suivant: 20

0(a)

Ô(b)

ë(g) ~(l). 'C)(u)

~(d) 8(m)

[)(e)

3(v)

<t(z)

m(t)

O(i) d(k) U(s) 6(t)

6(n) ,(').(0) J(p) 3(k)

<10) M(r) d(Sh)

«3(p)

Q?(R) ~(K)

~(tch) O(ts)

d(dz) V(tZ) 3(tj)

~(kh) ~(dj) 3(h)

précisons que le géorgien moderne n'utilise pas de majuscules. Il s'écrit de gauche à droite, comme le français.
PRONONCIATION

La plupart des lettres se prononcent comme leur équivalent français. Cependant les lettres suivantes sont spécifiques et méritent un commentaire:
-en est un 1de sonorité assez douce. Elle est parfoistranscrite

th par certains spécialistes, mais elle n'a rien de commun avec le "th" anglais. C'est pourquoi nous préférons la transcrire simplement "t" , laissant le lecteur juger de la différence avec le 6 également transcrit "t", grâce à la '
cassette. '

- ca est un nlégérement explosif comme dans "peuh!", mais assez doux. Nous le transcrirons simplement par "p", la transcription "ph", parfois utilisée pouvant induire le lecteur à le prononcer "f'.

-

~

ressemble à un k. Nous le transcrirons

simplement k

(minuscule). - Ç!!est un l grasseyé, c'est-à-dire prononcé avec l'accent parisien. L'autre r du géorgien, &', est nettement roulé, à la bourguignonne. Nous transcrirons les deux lettres ~ et &,par "R" et "r" respectivement. Le lecteur s'habituera à lire
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directement l'écriture géorgienne pour faire la différence entre le premier, grasseyé, et le second, roulé. - ~ est ,la lettre la plus difficile à prononcer; c'est une sorte de k mais où l'on sent légèrement comme un r. Ce son inimitable est difficile à acquérir. Reportez-vous donc à la cassette pour bien l'identifier. Nous le transcrirons tout simplement K, faute de mieux. - ~ se prononce comme "tch" français et c'est ainsi que nous le transcrirons G équivaut à ts en français. - d se prQnonce à peu près comme dz. - V est rendu assez fidèlement par tz. - 3 est proche de tie - ~ est un son guttural semblable à la 'jota" espagnole ou au "ch" allemand de Bach. Selon l'usage, nous le transcrirons par kh plutôt que par la lettre cyrillique ~.

-

- 1 se prononce

sensiblement

Qi.

- 3 est un Il aspiré comme dans le mot anglais "house". - en géorgien, toutes les lettres se prononcent et il n'y a pas de bizarreries orthographiques comme en français. - une fois bien connue la valeur des lettres, la prononciation du géorgien n'offre pas d'autre difficulté que l'impressionnante accumulation de consonnes de certains mots. L'oreille s'y habitue assez)facilement. - le géorgien n'a pratiquement pas d'accent tonique, il est placé légèrement sur la première syllabe. Remarques diverses - Comme en français, certaines lettres s'écrivent en descendant au-dessous de la ligne, d'autres au contraire s'élèvent plus haut que la moyenne. Le tableau ci-joint fait ressortir ces particularités. - la transcription des lettres géorgiennes qui n'ont pas d'équivalent en français aurait mérité l'emploi d'un signe 22

particulier, mais la lecture de cette transcription serait compliquée d'autant. C'est pourquoi nous avons pris le parti d'une extrême simplification. Le lecteur devra s'habituer à lire directem~nt l'alphabet géorgien, ce qui lui évitera les inconvénients d'une transcription toujours approximative. souvenez-vous aussi que notre transcription est conventionnelle: y se prononce comme "ou" en français et g est toujours dur, ce qui signifie que gi et ~ se prononcent respectivement comme "gui"et gué".

LE NOM Le géorgien ne connaît pas d'articles, ni définis ni indéfinis. Contrairement au français, les noms ne se répartissent pas entre masculins et féminins mais entre "animés" et "inanimés". Les noms "animés" ne concernent que les êtres humains ("homme", "voisin", "professeur" etc.). Tous les autres noms, même ceux désignant des animaux, sont "inanimés". Peut-être des croyances religieuses préchrétiennes sont-elles à l'origine de cette distinction. Les noms comportent un radical et des désinences des terminaisons - qui marquent le rôle grammatical du nom dans la phrase. C'est le système des déclinaisons qu'on trouve dans de nombreuses langues comme le latin, le russe ou l'allemand. Les noms géorgiens se terminent très souvent par une voyelle; quand ils se terminent par une consonne, on les

trouve dans les dictionnairesavec un 0 (i) supplémentaireen
finale qui est la marq'ue du sujet. C'est dire que tous les noms figurent dans les dictionnaires avec une voyelle en finale. Exemples: d~b~~b~ (mankana) "voiture" (rdze) "lait" ~dD 23

~(Y)ôo(Y)

V~~~O ô'[J Déclinaisons

(lobio) "haricot" (tsKali) "eau" (bu) "hibou"

8Le géorgien compte sept "cas" qui couvrent toutes les formes grammaticales que peut prendre un nom selon sa fonction dans la phrase. Ces cas se caractérisent par une terminaison. Le géorgien est plus simple que le latin en ce sens qu'il n'existe qu'un seul type de déclinaison pour tous les noms. Voici la liste des différents cas et les terminaisons qu'ils entraînent généralement:

- nominatif (sujet du verbe) - narratif - génitif - instrumental - adverbial
- datif

o (-i) a~ (-ma) G (-s) oU (-is)
000 (-it) ~~ (-ad) (Y) (-0 )

-vocatif

Nominatif:

u~bD~(Y)ôOOOO (sakhelobiti)

Le nominatif est le cas employé quand le nom est le sujet d'un verbe. Les mots isolés, tels qu'on les trouve dans un dictionnaire, sont toujours au nominatif Nous avons déjà dit que si un mot ne se termine pas par une voyelle mais par une consonne, son nominatif se forme en ajoutant un 0 (i) à cette consonne. Exemples:
a~a~ u~b~o

(lnama), "père" (sakhli),"maison" 24

~o~o ~o ~o bô(Y) 80o(Y)ôo~o u'CJ~oooo
.

(deda), "mère" (khe), "bois" (da), "soeur"

(khbo), veau"
(megobari), "ami" (surati), "tableau"

Narratif:

d(Y)oob~(Y)ôoooo(motkhrobiti)

Le narratif: dont la désinence est -do (-ma), s'emploie aussi pour le sujet du verbe mais, comme nous le verrons plus loin, pour des temps ou des modes verbaux particuliers. Exemple: Jo~80 ~0'OôO~o (karma daubera), "le vent souffla" Dans cet exemple, "vent" qui se dit ~o~o (kari), perd le -0 (-i) final du nominatif et le remplace par la désinence -do (-ma) du narratif
Datif 800080000
'

(mitsemiti)

Le datif est habituellement le cas du complément indirect mais, en géorgien il est aussi celui du complément direct car il n'existe pas d'accusatif La désinence du datif est -u (-s) ou -uo (-sa). Pour les noms terminés par une consonne, ce -u (-s) se place directement après cette consonne, sans le -0 (-i) du nominatif Exemples de datifs: ~O~ou (dedas),"mère", "à la mère" uob~u (sakhls), "maison" ~ou (das), "soeur", "à la soeur" bô(Y)u(khbos), "veau" ~Ou (khes), "bois" u'O~ooou(surats),"tableau"
Génitif bOOOOUO(Y)ôoooo (natesaobiti)

Le génitif est le cas du complément du nom, il marque l'appartenance. Un nom au génitif se place 25

généralement avant le nom dont il est le complément. La
désinence du génitif est - u (-s) ou - OUO (-isa). Parfois

l'addition de la désinence du génitif modifie ou fait tomber la dernière voyelle du radical. Exemples de génitifs: uob~ou (sakhlis), "de la maison" aDo(Y)ô~oumegobris), ( "de l' ami" U'B~ô~OU(suratis), "du tableau" bou (khis), "de bois" bô(Y)ukhbos), "du veau" ( dôdoU(mamis), "du père" (bus) "du hibou" ô'CJu Comme le partitif en français, le génitif exprime aussi la matière dont un objet est fait ou la partie d'un tout. Exemples: ~ou uo~~o (khis sakhli), "la maison de bois", "la maison en bois" ~3D~ou f)ô3D~0(Kvelis natjeri), "le morceau de fromage" Dans ce dernier exemple, ~3D~0 (Kveli) signifie "fromage" et 6ô3D6?0 "morceau".
Instrumental d(Y)~aD~Dôoooo (mokmédebiti)

Ce cas indique avec qui ou avec quoi s'accomplit l'action. Sa

désinence est

-000 (-it)

-ou -oooô (-ita).

Pour éviter la

rencontre de deux voyelles la désinence de l'instrumental modifie ou fait. tomber, s'il y a lieu, la voyelle finale du radical. Exemples de noms à l'instrumental: ~ÔbOoo(danit), "avec le couteau". Le \) (a) final de ~\)bô

(dana), "couteau", est tombé devant la désinence

.001 (-it).

'BDboOJ(pekhit), "à pied". Le mot 'BDbo (pekhi), "pied", se termine par une consonne et la désinence -0 (-i) du nominatif est remplacée par -001 (-it), désinence de l' instrumental.

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