Parlons japonais

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592 pages
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Le japonais est une langue fascinante, fruit d'un véritable choc culturel avec la chine. L'apprendre est ardu. Un guide est nécessaire pour assimiler son écriture, sa grammaire, son vocabulaire auxquels correspondent trois parties de l'ouvrage. Complété par une cassette pour maîtriser la prononciation et acquérir des phrases usuelles, ce guide est rédigé avec le souci de présenter les liens entre la langue et la culture japonaises.

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Ajouté le 01 janvier 1997
Nombre de lectures 398
EAN13 9782296337817
Langue Français
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PARLONS JAPONAIS

@ Éditions l'Hannattan, 1997 ISBN: 2-7384-5274-4

Pierre PIGANIOL

PARLONS JAPONAIS
Panormna de la langue et guide pour l'assimiler

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris - FRANCE

L'Harmattan Ioe 55, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) - CANADA H2Y lK9

'J FONDATION FR.ANCO JAPON A) SE SASAKAWA
FONDATION D'UTILITE RECONNUE PUBLIQUE

Cet ouvrage a été réalisé avec le soutien de la Fondation Franco-Japonaise Sasakawa. 27, rue du Cherche-Midi, 75006 PARIS

Table des matières
Avant propos Entrée en matière

Chapitre I : Le pays et la langue I. Données historiques II. La langue japonaise III. Bibliographie raisonnée Première partie: Les sons, leurs transcriptions, Chapitre II : Les sons du japonais I. Le tableau des 50 sons II. Les autres sons III. Les consonnes G et N IV. Consonnes et voyelles doubles V. Conseils l'écriture

16 17 26 34

40 41 44 45 47 49

Chapitre

III : Les syllabaires hiragana

ou kana:
53 56 57 58 59

et katakana

I. Les 50 sons en kana II. Nigori et maru III. Les syllabes à voyelles yodisées IV. Conventions pour voyelles longues V. Conventions pour consonnes redoublées VI. Conventions pour syllabes doublées Complément: I. Sur l'origine des syllabaires II. Sur récriture des syllabaires III. Transcription des mots étrangers

Chapitre IV : Les kanji I. Structure des kanji II. L'écriture des kanji

60 61 62 66 74 79

III. Evolution et nombre IV. Classification des kanji V. Les clés traditionnelles VI. Place des clés dans les kanji VII. Mots de plusieurs kanji

p. 81 84 86 94 101
106

Chapitre

V : Apprendre

à lire et à écrire

Première étape: maîtriser les kana Deuxième étape: initiation aux kanji Les outils nécessaires: A- Ouvrages étymologiques B- Les catalogues de kanji de la liste officielle C- Les dictionnaires Exemples de travail personnel Deuxième partie: Grammaire

107 112 115 115 116 Il 7 122 131
135

Chapitre

VI : Quelques langue

éléments japonaise

de base de la
136 137 138 141 142 143 144 145 147 151 152 153 154 157 159 161 167 170

I. Les noms II. Les marqueurs de cas III. Autres particules importantes IV. Quelques pronoms V. Les verbes VI. La copule DA (neutre), DESU (polie) VII. Deux autres verbes être VIII. Les formes verbales IX. Tableau des fonnes de la copule DA, DESU X. Les adjectifs XII. Les adverbes XII. Les conjonctions XIII. Liste des verbes-types de conjugaison XIV. Les propositions déterminantes XV. Les nombres XVI. Le groupe KO, SQ, At DO XVII. Les mots de la grammaire XVIII. Les grammaires

Chapitre

VII : Les verbes
p. 174 176 179 196 196 197

I. Morphologie I. Classification des verbes II. Les bases et leurs dérivées III. Complément N. Deux points à noter V. Bibliographie Chapitre

VIII. II. Emploi des formes verbales 199 I. Le présent dans la proposition principale 200 II. Le passé dans 1a principale 205 III. Présent et passé négatifs 208 IV. Expression du futur ou de l'incertitude 211 V. Passé et présent positifs et négatifs dans les subordonnées 215 VI. Expression du désir 219 VII. Le conditionnel 225 VIII. L'impératif 240 IX. La forme en -te: récapitulation 250 Chapitre IX. m Les verbes dérivés sans modification de sens I. La voix de la politesse 254 II. Passif, potentiel, causatif 255 III. Passif du causatif 257 N. Emploi du passif 258 V. Emploi du potentiel 261 VI. Emploi du causatif 262 VII. Emploi du passif du causatif 265

Chapitre

X : Les noms

268
269 271 272 273

I. Marque du pluriel II. Le genre des rloms III. Les noms-adjectifs N. Les quasi-naIns

V. La nominalisation VI. La structure des noms VII. Les noms d'emprunts VIII. Les noms abrégés

p. 281 288 293 294 297 299 312 314 315 317 318 322 327 328 331 336 345 348 351

Chapitre

XI : Les adjectifs

I. Les verbes-adjectifs II. Les adjectifs à forme fixe III. Les adjectifs mixtes N. Autres tournures adjectivales V. La série KO, sa, A, DO VI. Relations noms-verbes-adjectifs VII. Comparatifs et superlatifs Chapitre XII: Quelques verbes usuels I. Verbes de mouvement II. Donner et recevoir III. Faire et devenir N. Verbes transitifs et intransitifs V. Verbes composés VI. Verbes et noms

Chapitre XIII: Les particules 354 L Particules de première catégorie(marqueurs de cas) 356 361 II. WA et la notion de sujet 364 III. Les particules postposition 371 N. Les particules TO, YA, YORI V. La particule finale KA 377 381 VI. Autres particules finales

Chapitre

XIV : Interrogatifs

et dérivés

I. Tableau des mots II. Les interrogatifs III. Les interrogatifs N. Les interrogatifs

interrogatifs + KA + MO + DE MO

Chapitre

XV : Les conjonctions

I. Les équivalents de "ET' II. Les équivalents de "NI"

384 385 392 393 395 397 398 404

III. Les équivalents de "OU" N. Les équivalents de "MAIS" V. Les équivalents de "CAR, OR, DONC" VI. Les conjonctions de subordination Chapitre XVI : Les adverbes I. Emploi des adverbes II. Les adverbes vrais III. Particules adverbiales IV. Noms employés comme adverbes V. Adjectifs employés comme adverbes VI. Les adjectifs dérivés des verbes

p. 404 406 407 411 441 442 444 446 459 462 463
467

Chapitre

XVII : Les nOnlbres

I. Chiffres et nombres II. Les particules numératives III. Emplois des nombres cardinaux N. Les nombres ordinaux V. Les quatre opérations et les fractions VI. Les expressions du temps Vll. Questions portant sur grandeurs et quantité

469 473 476 477 479 482 490 497 498 503
517 520

Chapitre XVllI : Le reflet des structures
I. Rappel d'exemples rencontrés II. Préfixes et suffixes honorifiques III. Le vocabulaire

sociales

Chapitre Chapitre

XIX : La ponctuation XX : L'accentuation

I. Utilité de l'accent II. Quelques règles simples pour les verbes III. Autres terminaisons verbales IV. Formes variables des adjectifs Troisième partie: complément pratique Chapitre XXI : Vocabulaire I. Expressions de politesse courante

521 523 523 526 528 529 530

II. Le vocabulaire du temps III. Vocabulaire des transports N. Loisirs et culture V. Nourriture VI. Les noms de famille VII. Les prénoms VIII. Quelques noms de lieux IX. Les noms de finnes x. Vocabulaire politique XI. La presse Chapitre XXII: Ononlatopêes I. Esquisse de la symbolique des sons II. Statut grammatical des onomatopées III. Exemples commentés Chapitre XXIII: Variantes du japonais I. Dialectes régionaux II. La langue et la presse III. Autres langages Conclusion Prospective du japonais L'écriture du japonais Le vocabulaire La langue et les dialectes régionaux La langue et l'infonnatique L'ambiguité de la langue

p.532 533 535 537 539 541 543 544 546 549 550 552 553 553 559 560 562 564 566 568 569 570 571 573

AVANT..PROPOS
LeJaponais est pour un Français une langue d'accès difficile, d'abord parce qu'elle n'appartient pas au groupe indo-européen et que nous ne trouvons aucun point commun entre son vocabulaire et sa grammaire et ce à quoi nous sommes habitués dans notre propre langue, ensuite parce que le Japonais est hybride: le yamato, langue originelle du Japon n'était pas accompagné d'une «écriture»; en adoptant en partie au moins l'écriture chinoise les Japonais ont accueilli aussi un vocabulaire très riche qut parfois fait double emploi avec le leur. Notons aussi que l'écriture chinoise étalt particulièrement difficlle à adapter au yamato. L'étudiant en Japonais a l'impression d'apprendre plusieurs langues à la fats ou plus exactement un complexe d'une structure grammaticale de nature altaïque, d'un vocabulaire où se mêlent des vocables venus du nord, de l'ouest et du sud à des mots directement fournis par la Chine et de deux écritures, l'une chinoise, l'autre (en falt deux autres), syllabique qui en dérive mais d'esprtt très différent. Rien d'étonnant donc à ce que le Japonais de cette collection se caractérise par un nombre de pages bien plus élevé que la moyenne, bien qu'aient été réduits les chapitres qui normalement accompagnent la partie linguistique des autres volumes de la collection et qui éclairent l'histotre. la géographie et la culture des pays concernés, en donnant en outre de précieuses infonnatlons pmtiques. L'auteur a tenu à en garder la substance, bien que sous fonne condensée, pour le Japonats, mais cette conclsionn'est Ici pas trop gênante, car contrairement à beaucoup d'autres pays dont la langue est analysée dans cette collection, le Japon a fait

l'objet d'innombrables publications. auxquelles il est aisé de se reporter, ne serait-ce que les articles des diverses Encyclopédies. L'enseignement du Japonais est longtemps resté peu explicatif, même au Japon et l'auteur a cherché à éclairer les traits essentiels de cette langue pour en faciliter l'accès. Ce livre est donc à la fois un outil en lui-même et un guide utilisable en accompagnement d'études de tous niveaux. A titre d'exemple le lecteur pourra sans peine lire en public un texte préparé par un secrétariat Japonais et transcrit à l'aide de notre alphabet. Il est assuré d'être compris, car la prononciation du Japonais est simple. aux antipodes de celles du chinois et parce que lUi-même aura saisi la structure de ce qu'il dit. Le mode d'emploi de cet ouvrage est multiple et est explicité dans l'«entrée en matière. afin qu'il puisse faciliter aussi bien un simple sUIVoldes mécanismes de la langue et de ses aspects culturels qu'une étude approfondie d'un système de communication très différent du nôtre. Lejaponais reste une langue évolutive, encore incomplètement unifiée et nonnalisée. De plus elle est soumise aux contraintes de l'informatique et même de la mondialisation des échanges. Une conclusion en forme de réflexion prospective s'imposait. La collection, dont le but premier est de faciliter l'intercompréhension des cultures se devaJt d'accueillir ce type d'ouvrage dont la réalisation a été aidée par la Fondation Franco-Japonaise Sasakawadont la mission est précisément de briser les barrières culturelles qui peuvent séparer la France du Japon. Qu'elle en soit Ici vtvementremerclée.

ENTRÉE EN MATIERE
Pourquoi ce livre? Comment ce livre?

ENTREE

EN MATIERE

Pourquoi ce livre? Comment le lire?
Les pictogrammes ne remplacent pas toujours l'écriture et le voyageur qui aspire à une certaine indépendance se doit de ne pas être complètement «illettré» : il veut pouvoir comprendre un minimum de repères courants: entrée, sortie, arrivée, départ... De plus un petit bagage de phrases simples et de formules de politesse lui seront indispensables pour ses prises de contact, et - l'appétit venant en mangeant ce voyageur souhaitera étendre ses aptitudes à des conversations plus élaborées, et même être capable d'utiliser un dictionnaire.

-

A ce stade il aura découvert que le japonais est une langue fascinante, marquée par la superposition avec interaction de deux modes d'expression, japonais originel et chinois, dont le moins qu'on puisse dire est qu'ils sont totalement différents au point de sembler incompatibles. Le voilà «mordu», désireux de mieux connaître les mécanismes d'une pensée qui se traduit par des texteS ou des discours dont les structures lui sont en tous points «étrangères». Le ceIVeau des japonais serait-il différent du nôtre? Puis, aidé en cela par ses premières explorations d'un monde linguistique qu'il ignorait, il se met à mesurer combien riche est la culture du peuple qu'il côtoie, sa littérature, son théâtre, son art, son architecture... Il a d'ailleurs noté que la connaissance de cette langue lui serait

professionnellement utile, voire indispensable: le Japon représente 10 % de la littérature chimique mondiale, et son importance géopolitique n'échappe à personne.

APPRENDRE

LE JAPONAIS

Apprendre à converser, à lire, à rédiger - et ceci à des stades de plus en plus approfondis n'est pas une tâche facile quand il s'agit du japonais. Certes les outils disponibles ne manquent pas: manuels, des plus élémentaires aux plus complets. méthodes d'écriture et de lecture, grammaires et dictionnaires. sont nombreux et feront l'objet de bibliographies commentées au cours du présent ouvrage. Ils ne peuvent remplacer un professeur, dont le rôle - fût-il épisodique - reste indispensable, mais n peut être difficile, en cours d'activité professionnelle, de suivre régulièrement des «leçons». D'ailleurs tout étudiant, même solidement encadré par un enseignement, reste quelque peu autodidacte.

-

L'auteur reconnaît sa propre expérience dans le trajet du voyageur cité plus haut. Il a noté avec soin toutes les questions qui se sont posées à lui, questions auxquelles il n'était pas toujours facile de trouver les réponses, même parfois auprès de professeurs japonais. Etudier le japonais exige plus que d'autres langues (et même que le russe). que l'on dispose d'un .guide». Ce livre veut répondre à ce besoin en aidant l'explorateur de ce «continent linguistique» original à surmonter ses habitudes fCindoeuropéennesl pour mieux le sensibiliser à tout ce qui lui est étranger dans lejaponais, tant dans sa structure que dans son vocabulaire.

Il

La tâche était probablement impossible et le but n'est assurément pas complètement atteint, et ceci d'autant plus qu'il était exclu, dans un livre destiné à un vaste public. de recourir aux concepts scientifiques de la linguistique. Cependant les réactions de divers types de lecteurs du manuscrit ont été suffisamment favorables pour que ce livre soit édité en espérant qu'il sera aussi utile à ses lecteurs qu'à celui qui l'a écrit.

LE GUIDE

- MODE D'EMPWI

Il est conçu pour servir à de très nombreux types de lecteurs, et la plupart des chapitres sont précédés non pas d'un résumé, mais d'un «panoramaqui permet d'en embrasser l'ensemble du regard et de localiser les «sites» à visiter. Cas n° 1. Premier voyage au Japon: on se pose deux questions comment «fonctionne» cette langue? Comment en acquérir des rudiments? Réponses: lire l'introduction générale ainsi que celle qui ouvre la deuxième partie: grammaire: puis lire les panoramas des chapitres des deux premières parties (écriture - grammaire) ; revenir à l'introduction. à la bibliographie commentée, et choisir un petit ouvrage de conversation courante, si nécessaire. Cas n° 2. La décision est prise d'aBer un peu plus avant. Il faut alors assimiler complètement les panoramas, le chapitre sur les kana ou syllabique, le chapitre introduction à la grammaire. puis celui de la morph.ologie des verbes. On complétera éventuellement par un manuel de conversation plus complet ou par des leçons type Berlitz. 12

Cas n° 3. Encore un pas de plus: assimilation du chapitre kanji et choix d'un dictionnaire, guidé par la bibliographie correspondante. On suivra les conseils pour l'établissement d'un fichier de caractères, et on travaillera la seconde partie (grammaire). A ce stade l'acquisition d'un manuel d'étude plus complet pourra être utile. le guide répondant le plus souvent aux nombreuses questions que ne manquera pas de se poser l'étudiant (quel que soit son âge). Cas n° 4. Toujours plus haut: l'assimiJation de la deuxième partie se poursuit, notamment celle des répercussions des structures sociales sur le langage, on aborde également les notes de la troisième partie, auxquelles bien entendu on a déjà jeté un coup d'oeil, mais qu'il faut maintenant apprendre. A ce stade on complétera sa bibliothèque japonaise par d'autres dictionnaires (plusieurs types en sont nécessaires pour cette langue), probablement par un manuel de niveau supérieur, et certainement par des conversations avec un Japonais ou la fréquentation d'un cours. Cas n° 5. Nous voici au niveau supérieur. L'étymologie des kanji est indispensable, mais il est probable que dès le niveau 3 on n'a pu s'empêcher d'acheter un ouvrage qui explique la genèse des caractères. C'est avec un professeur que l'on approfondira ses connaissances. Même dans ce cas le guide sera utile, car le professeur ne peut tout dire en même temps et est amené à différer certaines explications. Par ses nombreux renvois le guide pennet de profiter à l'avance d'un éclairage qui facilite la mémorisation du cours de l'enseignant. Ainsi l'étude du japonais est une véritable aventure: son caractère insolite fait accepter sa difficulté et évite la tentation de découragement. Elle demande du temps et nous 13

ne pouvons espérer acquérir la maîtrise de cette langue en moins de temps que les Japonais eux-mêmes - une dizaine d'années - et si l'on veut devenir un «lettré.... Mais on peut récompensée! affirmer ici que la patience est

REMERCIEMENTS
La rédaction d'un tel ouvrage est une tâche semée d'embûches car rares sont ceux qui pourraient s'enorgueillir de tout connaître du japonais. Parmi les personnes qui ont accepté de relire le manuscrit je tiens à citer et à remercier vivement:

Madame Morigawa Taeko que son origine coréenne a
rendue très sensible aux interactions Chine, entre le Japon et la

Madwne Nasu Ikuko, professeur de japonais en Ilede-France particulièrement attachée à la rigueur et aux nuances de l'expressipn orale et écrite, Monsieur Tanaka Masafumt normalien et chimiste, soucieux de faciliter l'accès des Français à la culture scientifique et technique du Japon, dont le prénom peut se traduire par «histoire de la raison», Grâce à eux tous les exemples ont été pesés sous l'angle de leur pertinence et de leur correction grammaticale pas toujours facile à respecter quand on vise concision et simplicité.

14

Monsieur Michel Malherbe, directeur de la collection, dont on connaît l'immense culture linguistique n'a cessé de prodiguer de précieux conseils pour assurer la cohésion, l'élargissement du champ et le caractère pratique de l'ouvrage. Qu'il trouve ici l'expression de ma gratitude. Enfm la Fondation Franco-Japonaise Sasakawadont l'aide était indispensable pour pennettre la composition très onéreuse d'un texte particulièrement complexe a bien voulu apporter son soutien à l'éditeur, mais aussi ses conseils éclairés à l'auteur qui exprime sa vive reconnaissance à son Président, Monsieur Jean-Pierre Brunet aiDsi qu'à sa Directrice, Madame Claire Gallian. Enfm la plupart des ouvrages cités dans les bibliographies ont été lus et souvent «travaillés» à fond. Ma reconnaissance s'adresse donc aussi à leurs auteurs en regrettant que souvent par nécessité de concision je n'ai pu reprendre la finesse ou la rigueur de leurs exposés. En japonais une simplification est souvent proche de la faute: certes elle est comprise, mais «cela ne se dit pas», c'est-à-dire ne respecte pas la tradition. Je regrette ces infidélités, vis-àvis d'auteurs qui ont rendu mes études intéressantes et agréables.

15

CHAPITRE

I

LE PAYS ET LA LANGUE
Le Japon est un archipel: plus de 3 000 îles - 28 000 km de côtes en majorité petites, voire microscopiques, à l'exception des quatre principales: Hokkaido, Honshû, Shikoku, KyÛShû qui constituent 97 oh d'un territoire de 370 000 km2, environ 2/3 de la France. Sa géographie est tounnentée, zone de dislocation marquée par l'abondance des séismes, elle ne présente pas de larges plaines la plus vaste est celle du Kantô, la région de Tôkyô, qui couvre 15 000 km2 soit cent fois la forêt de Fontainebleau - ni de longues vallées. Le relief, souvent abrupt, ne fut pas propice aux communications, il est modelé par des failles et plus de 200 volcans dont une vingtaine se manifestent parfois encore aujourd'hui, avec des aires de type phIégréen d'où surgissent sources chaudes et fumerolles, soit au total 17 % de terres cultivables pour une population double de celle de la France.

-

-

Ajoutons à cela une grande diversité de climats: l'île d'Okinawa est proche du Tropique et Hokkaido peut connaître des températures de -400 c. Bref le Japon est une terre ingrate posée sur le dos d'une tortue (ou de plusieurs) aux mouvements imprévisibles. Comment une telle tectonique a-t-elle pu engendrer une nation relativement homogène?

16

I. Données historiques
ne peut résumer des millénaires d'une histoire complexe sans l'appauvrir et même la défonner. Nous retiendrons essentiellement les faits qui éclairent la fonnation de la langue, renvoyant pour le reste - passionnant pourtant - aux innombrables publications et en particulier aux chapitres «Japon» des diverses encyclopédies de langue française. La légende fixe l'origine du Japon en 660 avant notre ère, avec l'apparition de l'empereur Jimmu, descendant de la déesse Amaterasu. En fait un long passé précède cette date, et les préhistoriens ne cessent d'explorer des millénaires antérieurs. Avant même l'époque de la poterie (troisième millénaire) le Japon est ouvert à diverses influences: au Nord à celles des civilisations sibériennes, plus au Sud à celles de la Corée et des civilisations mongoles et chinoises, encore plus au Sud à celles de la Chine de l'embouchure du Yang Tseu. le fleuve bleu: et tout au Sud de l'archipel aux influences de l'Asie du Sud Est. Pour constituer une langue à une présence centrale forte, matérielle. du moins par son l'empereur Jimmu ? Ce qui est la langue naît d'une interaction certains venaient de J'Asie du grammaticales provenant des altaïques, et que la navigation synthèse. La sédentarisation apparaît 17 peu près homogène il faut si non par sa puissance prestige. Fut-ce le rôle de (presque) certain, c'est que entre des vocabulaires dont Sud Est et des structures civnisations coréennes et a joué un rôle dans cette

A

- On

à peu près en même temps

que la poterie, et les villages de chasseurs-pêcheurs se multiplient. A la fin de cette période (troisième siècle avant notre ère) la poterie reflète J'art chinois de la céramique et des bronzes, alors qu'elle était auparavant caractérisée par un motif de corde imprimée qui a donné son nom à cette période: l'époque Jômon.

B

- La sédentarisation

agricole

Après des millénaires d'ouverture sur le monde extérieur, d'intense brassage de populations, où s'affirme une prépondérance culturelle mongolo-altaïque (grâce à leur avance en matière grammaticale ?) se développe une agriculture avec riziculture irriguée qui va se trouver renforcée par une nouvelle arrivée de populations mongoloïdes (IIème siècle avant notre ère). Celles-ci, plus organisées et probablement plus dominatrices, implantent plusieurs petits royaumes, dont l'un, après avoir soumis les autres, s'installe dans le Kansai, la région de Kôbé ; c'est à partir de là que se développe une expansion plus unificatrice sur l'archipel. repoussant vers le Nord la seule peuplade, également mongoloide, qui ne se soit pas prêtée au brassage, les Ainous. Est-ce à cette époque que les structures linguistiques de famille altaïque se fixent au Japon? Quoiqu'il en soit cette civilisation agricole se développe jusqu'au troisième siècle de notre ère, aboutissant par regroupement de nombreux petits états à la naissance d'une unité plus forte, le royaume du Yamato, implanté au sudouest de l'actuel Tôkyô, et solidement structuré dès le cinquième siècle. Le mot yamato désigne ainsi un Etat, une région, et la langue originelle du Japon.

18

C

- Les influences coréennes et chinoises

La période qui s'étend du IIème au VIème siècle est connue sous le nom de période des grandes sépultures: Kofun jidai (kojùn = ancien tombeau, jidai =âge. époque). C'est l'âge du fer, avec tous les sens du mot: les potentats locaux s'appuient sur des chefs de guerre, mais à échelle réduite par rapport à ce que connaîtra le Japon autour des années 1500. C'est au cours de cette période des grands tombeaux que se produisent deux événements essentiels. la naissance d'un shintoisme primitif, proche de l'animisme des peuples altaïques, et l'affaiblissement de l'influence de la Chine, en pleine décomposition depuis la fin de la dynastie des Han. On ne peut éluder une question: comment le Japon, qui avait eu certainement de nombreux contacts avec la Chine, surtout aux temps de la splendeur des Han a-t-il pu regarder sans la voir l'écriture chinoise, déjà plus que millénaire, lui dont la langue n'était qu'orale? On peut répondre, mais sans arguments solides, que la langue japonaise était encore mal fixée et trop diverse, que les contacts n'étaient pas pris au bon niveau, que les autorités japonaises étaient encore trop morcelées. Quand le pouvoir yamato se consolide, l'anarchie chinoise ne lui pennettra pas d'établir des liens solides et fructueux. C'est donc par la Corée que le Japon sera initié sérieusement à la culture chinoise. Cette Corée lui a apporté le confucianisme vers 400, puis le bouddhisme et de nombreux éléments de la science et de la culture chinoise. La date officielle de l'introduction du bouddhisme est538.

19

Mais la Corée elle-même est devenue instable: beaucoup de ses habitants émigrent au Japon, provoquant un brassage de cultures, tandis que l'année japonais y installe un gouvernement dit du Mimana qui s'effondre en 562, date qui clôt la Kofun jidai. C'est le début de l'époque historique, marquée par l'ouverture directe du Japon sur la Chine, sur laquelle il avait compté sans succès pour maintenir l'ordre en Corée. L'influence chinoise se traduit par J'adoption d'une nouvelle organisation de l'Etat, avec grille hiérarchique des fonctionnaires, par l'arrivée de l'écriture chinoise indispensable à un pouvoir central, par superposition à l'animisme shintoiste primitif des «philosophies religieuses» que sont le taoisme, le confucianisme et le bouddhisme qui engendrent des attitudes spirituelles complémentaires et nullement incompatibles, car ce ne sont en rien des religions «révélées» . Dès 700 prennent forme les institutions impériales et gouvernementales ainsi que le statut des terres agricoles. L'Empereur décide en 710 de fixer sa capitale, jusque-là multiple ou mobile, mais souvent à Naniwa - l'actuel Ôsaka -, à Nara Ousqu'en 794). La Chine brille alors sous la dynastie des Tang (618-907) : elle attire des colonies d'étudiants et le chinois devient le «latin» du Japon, siège d'une véritable explosion culturelle. Les temples jaillissent du sol, avec leur architecture somptueuse. Peinture, musique, danse et littérature trouvent dans les cours impériales et seigneuriales un terrain propice à l'éclosion d'oeuvres de premier ordre. Certes le poids de la cour des Tang est considérable, mais il n'empêche pas le Japon de cultiver, et ceci de plus en 20

plus intensément, son originalité propre. Malgré l'invasion du vocabulaire chinois, le fond linguistique yamato non seulement subsiste, mais affirme sa richesse grâce à sa transcription à l'aide de caractères chinois pris pour leur seule valeur phonétique, et éventuellement simplifiés pour fournir les «syllabaires» ou kana. Le rôle des dames de la cour dans l'établissement de ces transcriptions a été considérable. Entre le yamato et le chinois émerge une synthèse je serais tenté de dire un «compromis» tant ces langues peuvent sembler incompatibles - qui est à l'origine du japonais moderne. Bref les capacités d'assimilation du Japon, son aptitude à prendre ailleurs des modèles puis à les transcender, sont des qualités profondes de ce peuple: elles ne datent pas d'hier! Cette brillante période de Nara, à son apogée au milieu du huitième siècle, porte en elle des germes de transfonnations profondes. La puissance de l'Empereur est minée à la fois par l'emprise excessive du bouddhisme, et par la multiplication des privilèges seigneuriaux. D'autre part se développe une réaction contre la prééminence de la culture chinoise. On assiste donc, après une tentative de reprise en main de l'Empire par l'Empereur Kammu (781-B06) qui transfère sa capitale à Heiankyô, l'actuelle Kyôto, pour s'éloigner de la puissance des bouddhistes de Nara, à un éclatement du pouvoir en une structure de fiefs. Des rapports subtils et complexes s'établissent entre un empereur-symbole et des familles puissantes comme les Fujiwara 21

-

Cette période de Heian pour troublée et instable qu'elle fut ne se signale pas par un recul culturel, bien au contraire. L'identité japonaise s'affirme. La littérature produit des chefs-d'oeuvre et tout enfant japonais d'aujourd'hui connaît le Genji monogatari, la chronique du Prince Genji (monogatari = récit, narraüon), qui date du XIème siècle. En fait l'arrêt des relations avec la Chine (fin du neuvième siècle) a contribué à libérer les forces créatrices d'inspiration purement japonaise. Les acquits en provenance de Chine ont été assimilés et décantés. Le Japon est pleinement autonome.

D

- La période

féodale

La suite de l'histoire du Japon est mieux connue des Français et nous ne la traiterons que sommairement. Une langue et une culture originales ont émergé après ce grandiose choc culturel entre l'archipel et le continent. La page est tournée. La fin de la période de Heian présente tous les caractères d'une féodalité, mais celle-ci est peu structurée et la période
féodale proprement dite

- 1192

à 1568

- corpmence

quand

Yoritomo reçut de l'Empereur le titre de général en chef, et ceci à vie. Le shogunat est légalisé (shôgun = généraO. Yoritomo sut faire allégeance à l'Empereur, qui entérinait ses décisions, ce qui ne l'empêcha pas de substituer à l'administration impériale sa propre organisation. Installés à Kamakura pour plus d'indépendance vis-à-vis de l'Empereur, les shoguns développent un esprit de chevalerie, incarné par les samurai, et entreprennent une

22

profonde action unificatrice. Ils ont à lutter contre une invasion chinoise, alors sous une dynastie mongole, invasion repoussée en 1281. Suit une période troublée où la paix n'apparaît qu'entre des guerres qui livrent le Japon à l'anarchie et durent jusqu'au milieu du seizième siècle. avant de déboucher sur une nouvelle réunification du Japon. Curieusement cette période. qui fut très dure. a vu un rapprochement avec la Chine qui apporte la philosophie de la secte Zen, et une simplicité architecturale inspirée de l'esthétique de la dynastie des Song, et ceci avant même l'invasion de 1281. Il faudra attendre 1400 pour que les relations avec la Chine se norma1isent.

E - Formation du Japon moderne
Le XYlème siècle est marqué par le risque d'une pénétration occidentale: arrivée des Portugais (1643) et de Saint François Xavier (1549). Le catholicisme, d'abord admis comme contrepoids possible aux sectes bouddhiques, fut repoussé à partir du début du siècle suivant. En fait cette anivée massive de navires étrangers inquiétait le Japon; il est vrai que même la compagnie de Jésus tentait d'établir un monopole commercial, notamment sur la soie. D'où des réglementations de plus en plus contraignantes pour les navires étrangers. Parallèlement s'achève la réunification du Japon (1615) grâce à l'opiniâtreté du Shôgun Tokugawa. qui s'installe à Edo, ancien nom de Tôkyô. D'où Je nom dEdo pour la période qui s'ouvre en 1603. pour durer jusqu'à la fin de la dynastie shogunaJe des Tokugawa en 1867. Le Japon évolue considérablement 23 au cours de ces deux

siècles, mais en quelque sorte en marge du monde extérieur: fenné à l'Espagne et au Portugal, le Japon n'ouvre qu'un seul port à la Chine et à la Hollande. Corrélativement se développe le commerce intérieur, màIgré la division en fiefs rivaux et l'absence de monnaie commune: cependant par manque de numéraire les quantités d'or et d'argent sont limitées et en raison d'une organisation sociale périmée qui écrase les paysans, une récession s'installe au début du dix-neuvième siècle, et tous les éléments se mettent en place pour préparer une guerre civile et l'effondrement du régime: signature imposée de traités commerciaux avec les Occidentaux à la suite des voyages du Commodore américain Peny (1853-1854) et réouverture du commerce extérieur, existence de forces armées initialement destinées à la défense contre d'éventuels envahisseurs et surtout opposition forte des seigneurs de l'Ouest, plus proches de l'empereur, au shogunat dEdo. Le Shôgun est mort fin 1866, l'empereur meurt en janvier 67.. Leurs successeurs sont le Shogun Tokinawa Yoshinobu et l'Empereur Mutsuhito âgé de 14 ans. Le Shôgun commet alors l'erreur d'abandonner sa charge, pensant pouvoir prendre la direction d'un gouvernement de rassemblement (décembre 67). Mais le 3 janvier 1868 un appel est lancé par la noblesse civile et militaire pour restaurer l'ancien empire. C'est cette date qui est retenue comme point de départ de l'ère Meiji (littéralement: gouvernement de lumière), mais ce n'est pas avant le printemps 1869 que l'opposition de Tokinawa Yoshinobu sera maîtrisée. Ce sont les trois années charnières durant lesquelles le Japon accomplit son virage vers la modernité.

-

-

L'Empereur Meiji régnera jusqu'en 1912. Le gouvernement change de visage. Aux daimyô, seigneurs feudataires, succèdent des préfets de divisions administratives. Les 24

progrès sont foudroyants. La scolarisation se généralise jusqu'au niveau universitaire. Un japonais moderne, plus proche de la langue parlée, se codifie et assimile d'importants concepts étrangers tout en se dégageant de nombreux archaïsmes. Un exemple: le concept américain de planification urbain, d'urbanisme, est accepté et transcrit toshikeikaku (vale -plan ou projet). Le Japon s'est donc ouvert sur l'extérieur et y puise ce qui lui paraît utile. Mais cette entrée efficace dans l'ère moderne ne doit pas faire oublier la faiblesse des progrès sur la voie de la démocratie, lnalgré la rédacti9D d'une Constitution (1885) et l'installation d'un Parlement à deux Chambres. C'est aussi à cette époque que se développe le complexe «milltaro-industriel» et qu'on assiste à l'expansion du Japon par les armes ~ guerre contre la Chine, occupation d'une partie de la Mandchourie, de Formose, guerre contre la Russie, annexion de la Corée - ce qui préfigure le rôle de l'Armée dans le Pouvoir au Japon, de 1912 à 1945, période trop connue pour qu'on la sUIVole ici. Alternances de périodes d'ouverture et de repli sur soi, d'expansion impérialiste et de chaos intérieurs, l'histoire du Japon est révélatrice des contrastes de l'âme d'un peuple qui peut être sûr de lui ou apeuré, amère et un peu fleur bleue, et brutal, prêt à s'enticher d'une culture étrangère, mais aussi à affirmer à l'excès son identité. Tenter de comprendre cette identité est un exercice fascinant. On trouvera beaucoup d'éléments de réflexion sur ce thème dans: Japon, les clés pour comprendre de l'Alnbassadeur René Servoise (Plon, Paris, 1995), et l'on s'intéressera aux différences entre le Bouddhisme originel 25

et ce que le Japon en a fait. Il sera également intéressant de rechercher pourquoi les adeptes du Zen ont pu exercer une influence forte sur l'art, la littérature et plus généralement la culture du Japon et comment cette attitude a pu être adoptée et profondément transformée par les Samourai qui en ont tiré leur code d'honneur. Enfin le Français ne restera pas insensible au choc culturel Chine-J apon, car à certains égards nous en avons connu un de même nature. La Gaule, sans langue écrite a été confrontée à la culture romaine véhiculée par le latin. «Le chinois fut un temps le latin du Japon» est plus qu'une image commode: nous voici conduits à revoir notre propre histoire.

II. La langue japonaise
Sans points communs avec nos langues occidentales, tant dans son vocabulaire que dans sa structure, le japonais est une langue difficile pour nous. Elle ne présente d'analogies qu'avec le corée~ les langues dites altaïques - mongol, mandchou, des langues sibériennes - et même avec le turc. La décrire avec les mots de nos grammaires est nécessaire pour la compréhension, mais n'est pas facile et paraît souvent artificiel. Voici ses principales originalités. a) Lejaponais est peu riche en sons: cinq voyelles seulement a, i, u (prononcé ou), e (prononcé é) et 0, combinées ou non à douze consonnes, k et g, s et z, t et d, h (aspiré), b, p, m, D et r. Il s'y ajoute les sons yodisés ya, yu, yo et la syllabe wa, 26

ainsi que les syllabes dont la consonne initiale correspond à notre ch (comme dans chèque) ou à notre tch (comme dans tchèque). Notons que le r japonais est intermédiaire entre nos r et 1, et que le g se prête à quelques variations. Et c'est tout. Le syllabes sont courtes ou longues (de durée double). Il arrive que le u et le i s'amuisent au point de n'être pas prononcés. L'accent tonique, peu marqué mais parfois indispensable à la compréhension est un accent de hauteur (au sens musical) et non d'intensité. Ainsi le japonais est facile à transcrire avec l'alphabet latin, la réciproque n'étant pas vraie. Notons toutefois que sa phonétique a beaucoup varié jusqu'à une date assez récente. b) Le japonais originel ou yamato était une langue parlée sans écriture. Celle-ci est découverte chez les Chinois, via la Corée, vers le quatrième siècle. Elle eut un pouvoir de séduction considérable. La langue chinoise ainsi que la littérature ou la science qu'elle véhicule envahit le Japon. Mais si le chinois devient le «latin» du Japon, le yamato reste vivant. Il va être écrit avec les caractères chinois pris soit pour leurs sens, soit, après simplification éventuelle, pour leur sons. Les deux procédés sont utilisés conjointement dans la plus ancienne anthologie japonaise au XVIIlème siècle. La simplification des caractères chinois utilisés phonétiquement donnera naissance à deux syllabaires équivalents, l'un par schématisation de l'ensemble du caractère, le hiragana, l'autre par réduction à l'une de ses parties, le katakana. 27

Le hiragana. au début, a surtout été utilisé par les femmes qui eurent ainsi accès à la littérature chinoise (ce syllabaire s'est aussi appelé onnade = main defemme), tandis que le katakana était utilisé par les scribes et secrétaires. Aujourd'hui le hiragana sert à écrire une grande partie des mots purement japonais et notamment les particules grammaticales et les tenninaisons des mots variables, tandis que le katakana est relégué à la transcription des mots étrangers (autres que chinois) ou pour des effets spéciaux (il remplace par exemple notre italique). c) Un texte japonais actuel utilise les deux syllabaires précédents et une sélection de caractères chinois, les kanji, pris pour leur sens. Ces kanji sont susceptibles d'une (ou de plusieurs) lecture à la chinoise, dite ON (toujours notée en majuscules dans les dictionnaires de kanji), ou d'une lecture à la japonaise dite kun (toujours notée en minuscules dans les dictionnaires de kanji), d'où une dualité de vocabulaire, témoin de la forte interaction entre les deux cultures, en gros du IVème au IXème siècle. Les lectures ON, prises en Chine à des dates et en des lieux différents, et souvent adaptées à la phonétique japonaise, ne correspondent donc pas toujours aux lectures chinoises actuelles. La lecture ON doit donc être considérée comme sinojaponaise. Enfin le japonais a aussi créé des caractères à la mode chinoise, mais que la langue chinoise ne connaît pas. Ils n'ont évidemment que la seule lecture kun. Pourquoi le japonais a-t-il adopté tant de vocables dérivés du chinois? La séduction culturelle ne suffit pas à 28

l'expliquer, ni même la satisfaction esthétique que provoque le dessin des caractères. En fait le yamato est polysyllabique, avec des mots parfois très longs. Un kanji est monosyllabique (au sens chinois du terme: la syllabe. dite d'une seule émission de voix peut être très complexe) : il exprime donc un concept avec une concision exemplaire. Cette concision a certainement été un facteur de séduction. Mais il y en eut un autre: la langue chinoise n'est monosyllabique qu'en apparence: ne disposant que de quelques centaines de sons (ou syllabes). le chinois ne pouvait éviter des ambiguïtés qu'en fabriquant des «mots composés» par agrégation de plusieurs caractères, ce qui, du même coup, permettait la création facile d'un vocabulaire extrêmement riche et encore assez concis. Cette commodité a été d'autant plus prisée que le vocabulaire chinois était particulièrement riche notamment en matière de sciences et de techniques. Pour alléger le fardeau de l'alphabétisation, le gouvernement japonais a décidé de réduire aux environs de 2000 le nombre de kanji usuels mais au moins 1000 à 2000 de plus sont encore nécessaires au Japonais cultivé ou spécialisé. d) Le japonais ne distingue pas le masculin du féminin, ni le singulier du pluriel (rares exceptions) et n'a pas d'articles. Donc en général les noms sont invariables. Le japonais possède cependant des mots variables: les verbes et une grande partie des mots que nous pouvons assimiler à nos adjectifs. Mais ces variations ne traduisent ni le genre, ni la personne, ni le nombre et taberu signifie aussi bien: «je mange», que: «vous mange2Jt, ou «elles 29

mangent», 011plutôt, il recouvre simplement «action de mange"..

le concept de

Les ctenninaisonsl - employons provisoirement ce mot sont des adjonctions de «particules» qulintroduisent des notions temporelles. ou des aspects de négation, de désir. de probabilité. etc. S'il est commode de parler de «conjugaison», gardons à l'esprit que le Japonais ne le ressent pas du tout comme nous. e) Le japonais utilise un grand nombre de petits mots, souvent monosyllabiques, qui ont des rôles variés: expliciter la fonction d'un mot ou d'une séquence dans la phrase - établir une relation entre ce qui précède et ce qui suit - traduire les attitudes psychologiques de celui qui parle. etc.

-

Les grammairiens discuteront pour savoir si ces mots (ou particules) sont étroitement liées au mot qu'ils suivent ou s'ils restent plus ou moins indépendants. La question est très importante du point de vue de la linguistique. de la «structure» de la langue. Elle l'est moins pour celui qui commence à apprendre la langue, car le japonais n'introduit aucun blanc entre les mots. L'écriture. et même le discours ne fragmentent pas le texte écrit sans vides, de haut en bas et de droite à gauche. Le japonais est parfois amené à écrire horizontalement et de gauche à droite. mais cela sent l'occident, au point qu'alors nos chiffres sont admis (voir notamment les ouvrages scientifiques). Mais il est arrivé au début de l'ère Me(ji qu'on écrive horizontalelnent sur des diplômes ou des bâtiments, mais de droite à gauche. 30

f) Le système de numération japonais est complexe, bien qu'il n'utilise guère plus qu'une douzaine de caractères, d'abord parce qu'il emploie un double vocabulaire, chinois ou plutôt sinojaponais - etjaponals, ensuite et surtout parce qu'il fait appel à des spécificatifs qui précisent la catégorie des objets dénombrés: plats, longs et cylindriques, véhicules, livres, animaux, etc.

-

Ces spécificatifs font penser à notre expression: «trois têtes» de bétail. La difficulté principale de la numération ne réside en définitif que dans ces «unités de compte» qu'il faut assimiler et qui ont parfois le fâcheux défaut d'interagir plus ou moins avec le nombre qui les précède. g) La structure de la phrase japoI1aise peut nous dérouter.

Le verbe principal est rejeté à)a fin et doit être sous une forme «conclusive» : il ne peut être suivi que de quelques particules dites «finales». Ce qui le précède doit être structuré suivant des règles assez strictes rendues un peu plus complexes du fait de l'inexistence de pronoms relàtifs. ce qui impose de distinguer dans la variété des formes des verbes et des adjectifs celles qui peuvent être qualifICatives (ou détenninantes). La phrase japonaise traduit donc un mode particulier, original et efficace de la structuration de la pensée, qui tend à reconstituer une globalité à partir d'un ensemble qui au départ peut sembler disparate. Il existe même des mots qui imposent de considérer la séquence qui les précède comme un concept unique: ce sont les nominaliseurs. h) Reflet de la structure de la pensée. le japonais l'est aussi de la société qui utilise cette langue qui traduit les structures sociales par un vocabulaire varié et par des formes 31

différentes des mots variables suivant qu'on veut être brusque, simplement poli, déférent, très respectueux. En écoutant deux personnes parler d'une troisième il est aisé de se représenter les rapports hiérarchiques des trois I Une attitude confucéenne a certainement contribué à développer ces règles de politesse qui portent en elles, curieusement, une antinomie, d'un~ part en marquant les distances entre interlocuteurs, d'autre part en respectant l'identité de l'autre. L'insularité, la densité de certains groupements humains ont certainement contribué à l'établissement de ces règles de savoir-vivre sans lesquelles la promiscuité serait génératrice de tensions. Quant au langage féminin, il se distingue de celui des hommes, même de nos jours, par des tournures adoucies, par un vocabulaire parfois spécifique, par un emploi plus fréquent de certaines particules. Il est donc déconseillé à un homme d'apprendre le japonais auprès d'une femme, sauf bien entendu si celle-ci est enseignante, car il serait trahi par le style utilisé. i) Le japonais est une langue qui a beaucoup évolué. Il présente encore des différences régionales marquées, et un gros effort est accompli pour développer un 5aponais standarw. L'essor de la linguistique au Japon y contribue. Certes unjaponais classique s'est formé dans le passé après assimilation des outils de la langue chinoise. Il ne faut pas sous-estimer l'ampleur du choc culturel qu'a représenté l'adaptation de l'écriture chinoise au yamato. Ni le grec ni le latin ne dépaysent beaucoup le français: ce sont des langues très différentes certes, mais d'une même famille. Rien de tel pour le chinois que découvre le japonais. 32

Peut-être est-ce cette incompatibilité rendu le japonais si évolutif.

sous-jacente

qui a

Il a fallu près de dix siècles pour aboutir à la langue classique, et même l'emploi de la particule no, qui permet de fonner une sorte de génitif et qui est si usuelle qu'on la croit présente dans la langue depuis ses origines, n'a vu son emploi se généraliser qu'il y a moins de trois siècles. Le passage à un japonais préstandard à l'époque Meyi fut déjà une opération importante, portant notamment sur la simplification de l'écriture. Celle-ci fut continuée après la dernière guerre, et le nombre des kanji offIciels fut réduit à 1850 en 1946, le total de leurs lectures ON et kun étant ramené à 3000 environ pour faciliter l'alphabétisation. Par la suite (en 1976 et 1981) on incorpora à cette liste officielle une petite centaine de kanji additionnels, nécessaires notamment pour écrire les prénoms et noms de famille. Mais les linguistes japonais se penchent de plus en plus sur l'avenir de leur langue: le déferlement de mots d'origine occidentale, ainsi que le rôle croissant de l'infonnatique peut accélérer une évolution qui ne peut se borner à une réduction du nombre des caractères, d'ailleurs difficile à maintenir. La réflexion japonaise actuelle est de portée bien plus générale. Nous y reviendrons dans notre conclusion qui sera essentiellement prospective. j) On ne peut éluder la question de savoir si le japonais

utilise son cerveau de la même manière que nous. Un bestseller japonais - Nihonjin no nô, le cerveaujaponais du Professeur Tsunoda de rUIliversité médicale et dentaire de
Tôkyô

- semble

mettre

en évidence

des différences

encore à

confirmer. structures

Il nous force en tous cas à méditer sur les du langage, sur le mode de classification des 33

objets qui nous entourent

et sur leur conceptualisatlon.

Conseillons ici à ceux qu'intéressent les mécanismes du langage japonais l'ouvrage du linguiste Haruhiko Kindaiichi, qui constitue une défense et une illustration de la langue classique et fournit les principes de son évolution à venir (une traduction anglaise en a été éditée sous le titre: The Japanese Language, traduit par Umeyo Hirano, Ed. : Charles E. Tuttle Co, Tôkyô et Rutland, Vermont, U.S.A.).

III. Bibliographie

raisonnée

On ne citera ici que les «outils», manuels et méthodes, utilisables pour apprendre la langue. On trouvera d'autres bibliographies concernant les dictionnaires p. 117, les grammaires p. 170, les verbes p. 197, les dialectes p. 560. On peut classer les manuels suivant leurs niveaux; leurs objectifs, leurs modes de transcription du japonais. La liste qui suit, non exhaustive, ne constitue pas un palmarès, encore que chaque ouvrage puisse être considéré comme excellent dans sa catégorie; elle n'a d'autre but que de permettre au lecteur de se donner les outils les mieux adaptés à ses besoins, qui par nature seront évolutifs, en espérant que le fait de «suivre le guide» lui facilitera la tâche quel que soit son niveau de préoccupations.

A - Ouvrages exclusivement romanisés
Avec nos lettres usuelles. Ils préparent essentiellement à la conversation. Même ceux qui sont élémentaires sont très utiles à ceux qui n'ont que des ambitions limitées. Ce guide

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les complétera en les situant dans le contexte général de la langue. a) En langue française Lejaponais tout de suite, de Hidenobu Alba, édité par Langues pour tous, judicieux bien que très élémentaire, en est un exemple. Plus ambitieux est Allo Allo, LeJaponais parlé à la porté de tous. Malgré son titre restrictif, l'Introduction à la grammaire japonaise, éditée par les services culturels du Japon, constitue également une bonne introduction à la langue, en préparant en plus le débutant à une étude grammaticale sérieuse. b) En langue anglaise

Les ouvrages sont ici beaucoup plus nombreux. Nous en citerons deux dont l'évolution est particulièrement intéressante:

- EssentialJapanesede

Samuel E Martin (Charles E. Tuttle Co., Rutland, Vermont et Tôkyô) dont l'auteur a également rédigé un monument: A Reference Grammar of Japanese (Yale University Press), de 1200 pages grand format, également exclusivement romanisée.

- Teach Yourself Japanese de C.J. Dunn and S. Yamada
(Hodder and Stoughton Ltd, Angleterre). Ces deux ouvrages prennent l'étudiant à son début et le conduisent à un bon niveau de grammaire et même de conversation. Mais nous verrons que beaucoup de particularités de la langue ne sont compréhensibles qu'à travers son écriture. D'où l'évolution du Martin. D'autre

35

part la pédagogie du langage parlé a fait de grands progrès: D'où l'évolution du Teach YOUTseY: Le Martin avait suscité un ouvrage de Roy A. Miller (aussi chez Tuttle, en 1962) méthode progressjve de lecture et d'écriture - syllabiques et caractères d'origine chinoise mais
sans leur étymologie

- dont

les textes sont ceux du Martin.

Il restait à en faire une synthèse, due à Hamako Ito Chaplin et Samuel E. Martin: on a donc bien ressenti la nécessité de ne pas séparer conversation et lecture. C'est leJapanese, a Manuel oj Reading and Writing Le Teach Yourselfa complètement refondu son texte pour l'orienter fortement vers la conversation (avec cassettes), sous les signatures de H. BaIlhatchet et S. Kaiser, mais toujours avec la seule transcription romanisée, ce qui a conduit à éditer dans la même série le Business Japanese de Michael Jenkins et Lyne StrugneII (1992) orienté vers la conversation (d'affaires) mais avec en p]us une bonne dose d'écriture japonaise. Enfin un Teach Yourselfsimplifié pour débutants a été publié en1996.

B - Manuels avec écriture japonaise
a) avec en plus la romanisation Assimil en deux tomes (et un dictionnaire de kanji), intelligente et remarquablement progressive par Catherine Garnier et Mori Toshiko, et complétée par un texte bilingue des mêmes auteurs: Pour mieux connaître le Japonais. Il n'existe guère de meilleur ouvrage pour s'initier seul au japonais. Le «guide» sera utile à ses lecteurs car la Méthode AssimU ne peut développer ses explications que progressivement, encore qu'elle le fasse remarquablement.

- la Méthode

36

- Le Manuel

de Japonais

de Kuwae

Kunio

en deux gros tomes

qui conduit l'étudiant beaucoup plus loin, avec de larges bases grammaticales (édité par l'Akebonothèque, 1993). Cet ouvrage magistral peut convenir à l'autodidacte mais sera mieux utilisé en liaison avec un enseignement oral. de Kuwae Kunia lui-même par exemple. b) sans romanisation, maisen utilisant au début les seuls syllabaires avec introduction ultérieure des caractères chinois ou kanji, comme le font Tanaka Higashi et Kazuro Oguma dans Parlons Japonais (Presses Universitaires de Grenoble), très commode. c) Il existe également un grand nombre de livres plus

élémentaires destinés au voyageur qui ne veut pas être totalement illettré en se rendant au Japon. On admirera souvent leurs trésors d'astuces pour être concis, pertinents, utiles et grammaticalement corrects. Citons entre autres Parlez Japonais en 40 ~ons de Hidenobu Aiba édité par Pocket, Langues pour tous.

C - Manuels intermédiaires
Une solution originale est utilisée par Arimasa Mari dans ses Leçons de Japonais (Taishukan, Tokyo 1972) : emploi de la transcription romanisée et de l'écriturejaponaise, celleci étant limitée à ses seuls syllabaires. Le texte, concis et

très pédagogique,

est accompagné

d'exercices,

peu

nombreux certes, mais dont chaque phrase est très judicieusement choisie. Mais il faudra bien se mettre un jour à l'étude des caractères et le plus tôt sera le mieux. Le présent ouvrage sera un précieux complément qui pennettra d'aller plus loin, sans que l'effort soit excessif. 37

D - Signalons enfin deux ouvrages que l'on trouve parfois
d'occasion, remarquables. mais en anglais:
Series, oeuvre considérable qui

- les

Nagamuna

Japanese

répartit les difficultés en une multitude de fascicules séparés. Naganuma Naoe fut directeur de l'Ecole de Langue Japonaise de Tôkyô.

- les

ouvrages dus à Oreste Vaccari et fi son épouse, édités par les auteurs: Japanese Conversation Grammar; (25ième ed. en 1975) etBrush up yourJapanese(9ième ed. en 1969). Ils ont ceci de remarquable de bien répondre à la plupart des questions que peut se poser l'étudiant à l'exclusion près de celles qui ont rapport avec la structure des caractères.

E - Certains des ouvrages cités dans d'autres bibliographies
de ce livre (Kanji, Grammaire,...) peuvent aussi être utilisés comme manuels introductifs. C'est en particulier le cas de l'Invitation au Japonais de Jean Mathieu et Colette Batsch très séduisante. Une remarque enfin sur notre transcription des noms propres japonais, dans lesquels le prénom suit toujours le nom de famille, au Japon du moins, mais pas forcément dans une édition occidentale. Nous avons utilisé l'ordre qui figure sur l'édition (pour commodité de commande) au risque certain d'un manque d'homogénéité. Voir le chapitre: Noms de famille et Prénoms p. 539.

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PREMIERE PARTIE

LES SONS
LEURS TRANSCRIPTIONS L'ECRITURE

z;
Le Japonais vit à la fois hier. aujourd'hui et demain

CHAPITRE II
LES SONS DU JAPONAIS

PANORAMA
Les sons dujaponais sont peu nombreux et, à quelques exceptions près, très proches des nôtres etfaciles à prononcer pour tUtFrançais. C'est pourqLWi nous n'utiliserons pas ici le langage de la phonétique, par souci de simplicité, bien qu'U aide à mettre en lumière beaucoup de faits intéressants. Ces sons se prêtent donc bien à une représentation «romanisée. à l'aide de notre alphabet. Ils ont pour lejaponais plus qu'une simple valeur phonétique, Us peuvent évoquer des sensations autres qu'auditives et même des états d'âme (voir chap. XVIII). Ceci explique que la présentation des sons dujaponais obéisse à une certaine hiérarchie et commence par le tableau dit des 50 sons. Celui-ci comporte les 5 voyeUes a, i, u (totYours prononcé ou), e (toujours prononcé é), 0 et leurs combinaisons avec les consonnes k, s, t, n, h, m, y, r, w. (C'est par commodité que toutes ces lettres sont englobées sous le vocable de consonnes, bien que le y (et même le w ou le h) mériterait une dénomination spéciale). Ces combinaisons ne posent que peu de difficultés, dues aux interactions de i avec s et t et de u avec t et h (et dans une moindre mesure de i avec 11). Les consonnes elles-mêmes 40 sont identiques aux nôtres, à

l'exception du T, intermédiaire entre notre T et notre l, enfait plus près du l (un Japonais prononcefacUement notre l mais a du mal pour le r) et, dans une moindre mesure, du n qui parfois se rapproche du ng anglais. Mais ce tableau est loin de rassembler tous les sons de la langue. Rfaut y qjouter les syUabesfomtées par les 5 voyeUes avec les consonnes sonores g, z, d., b, p ainsi que celles qui résultent de la combinaison des syllabes en y avec les autres consonnes (sauf W), ce qui souligne le caractère particulier de la «consonne» y (semivoyelle). Nous verrons au chapitre suivant que tous ces sons supplémentaires n'ont pas bénéfICié d'une représentationpar des caractères syllabiques spécifiques. On utüise alors les caractères attribués aux sons du Tableau des 50 sons (Gojûonzu, mot qui sera analysé plus loin), en leur qjoutant une petite marque distinctive, ou en les combinant entre eux. Ajoutons que la consonne n peut ne pas être suivie de voyelle, que les voyelles petillent être brèves ou longues, que certaines syUabes peuvent porter W1accent qui s'exprime par la hauteur du son et non, en principe par son intensité. Etudions maintenant les principaux sites de ce panorama.

I. Le tableau des 50 sons
Il importe de le connaître dans son ordre, qui sert à structurer les dictionnaires, et à guider la construction des formes variables du verbe. Il se lit, comme la plupart des textes japonais de haut en bas et de droite à gauche. Un 41

astérisque y signale les syllabes qui se distinguent des nôtres, auxquelles sont consacrées des analyses spéciales. Le tableau des 50 sons wa ra ri ru re wo* ro ya yu yo ma ml mu me mo ha hi. hu* he ho na ni* nu ne no ta ti* tu. te to sa si. su se so ka ki ku ke ko a I u e
0

Ce tableau, malgré son nom ne contient que 45 sons, car certains sont tombés en désuétude: 5 cases sont vides. Il est construit sur la base de 5 voyelles, alors que le japonais ancien en possédait 8 (au moins), dont 3 ont complètement disparu. Toutes les syllabes non marquées d'un astérisque se prononcent comme en français (sans aucun glissando à l'anglaise), avec toutefois les différences suivantes:

e
u wa

r

n'est jamais muet et se prononce plus proche de è que de é (nous l'avons vu) se prononce ou se prononce à l'anglaise (oua) se prononce, sans le rouler, et très proche du I, mais sans contact de la langue avec la gencive.

Examinons les autres: si. se prononce chuintée, presque comme chi, mais en tI* tu. gardant un soupçon de s est également chuintée et correspond à notre tchi se prononce tsu, maisavec un son de u intennédiaire entre ou et u 42

hi*

aspiré comme toutes les syllabes commençant par h fait entendre un son chuintant légèrement dans le cas de hi bu* se prononce fu, ce qui est normal puisque h est fortement aspiré ni* est intennédiaire entre ni et gnl wo* n'est là que pour mémoire, cat inutilisé; mais sa graphie subsiste pour représenter la particuleo, marque de l'objet direct, qui se prononce bien 0 et non oua! Ainsi le tableau tel qu'iJ a été écrit ne traduit pas exactement la phonétique du japonais. Mais il faut le connaître sous cette forme tout en gardant à l'esprit que si se prononce chi, ti tchi, tu tsu et hu fu. Considérons que ces anomalies relèvent d'habitudes (ou de facilités pour le japonais) de prononciation, et s'il en est ainsi reconnaissons que ce tableau répond à une logique simple. Il a été adopté pour la transcription romanisée officielle japonaise dite kunreishikl. Il existe une autre transcription due à Hepburn qui remplace si par shi, t i par chi, tu par tsu et hu par fu (hebonshiki). Avantage: pas de risque d'erreur de prononciation (encore que chi se prononce tchi I). Inconvénient: la logique du tableau devient moins claire. n faut maîtriser les deux modes de transcription. Bien que nous préférions la transcription officielle nous utiliserons celle de Hepburn, déjà très ancrée dans les habitudes françaises, mais en rappelant parfois le kunreishiki entre crochets [ J. Ash! [as!] = le pie!! laJwnbe. Les transcriptions romanisées seront toujours en caractères plus gras que le texte français. 43

II. Les autres sons
a) Ce sont d'abord les sons voisés résultant de la transfonnation des syllabes sourdes en k, s, t en syllabes sonores en g, z, d. Pas de difficulté pour la série g : dansga, gl, gu, ge, go, le g est toujours dur (prononcer ga, gui, gu, gué) ni pour la série z issue de la série s :za, zl*, ZU, ze, zo si ce n'est que le zi* se prononce ji comme on doit logiquement s'y attendre et se transcrit zi en kunreishikl et ji en hebonshiki. Plus délicat est le cas de la série en d issue de la série en t. Pas de difficultés pour da, de, do, mais di se prononce dji et se transcrit zi en kunreishiki et ji en hebonskikl, et du se prononce dzu et se transcrit zu dans les deux systèmes. D'où quelques ambigüités (et en tous cas un manque de logique). Mais il faut reconnaître que le d est en général peu marqué, le plus souvent totalement absent, et que le nombre de mots concemés n'est pas considérable. b) A ces trois séries voisées nous associerons les sériesba, bi, bu, be, bo et pa, pi, pu, pe, po, qui ne posent aucun problème. c) il reste enfin un grand ensemble de syllabes formées d'une des consonnes précédentes (k, g, s, Z, t, n, h, b, p, m et r) à l'exception de d et w, avec les syllabes «yodisées» ya, yu, yo (yi et ye n'existant pas). Un exemple: kyo fonne une seule syllabe, d'une émission de voix, doit être distingué dekio
qui comporte deux syllabes: kioku

= la

mémoire,

tandis

que kyoku = composition musicale; la prononciation nettement distinguer ces deux mots). 44

doit

Cet ensemble n'appelle de remarques particulières que pour les syllabes en s, Z, t, dont voici la prononciation et les transcriptions, toutes les autres transcriptions étant simplement l'accolement de la consonne à ya, yu, yo. Syllabe s + ya - + yu Prononcée cha chou Kunrei. sya syu Hebon. sha shu

- + yo

cho

syo

sho
ja ju jo cha chu cho pas utilisée).

z + ya ja zya - + yu ju zyu - + yo jo zyo t + ya tcha tya + yu tchou tyu + yo tcho tyo (Pour mémoire, la série en d n'est pratiquement

-

Toutes ces syllabes seront reprises dans des tableaux synoptiques qui mettront en regard les kana qui les expriment. L'affinement de leur prononciation ne peut venir que de la parole d'un professeur ou de l'écoute de cassettes. Deux consonnes méritent cependant une mention spéciale.

III. Les consonnes

G et N

Le g est toujours prononcé dur comme dans gâteau, et cette prononciation facile est en général celle du sud du pays. Plus on monte vers. le nord, plus se manifeste la tendance de le faire précéder d'un léger n, comme dans l'anglais sing, sang, song, surtout s'il se trouve à l'intérieur d'un mot. A l'initiale on pourra hésiter: il faudra écouter attentivement, car c'est l'usage local qui fixe le son. Ainsi à

45

Tôkyô, les monosyllabes ga (marque du sujet) et go (cinq) suivent deux règles différentes, le ga seul étant proche du son nga. Mais le g de ga (= la mite) se prononce comme celui de go, sans n. La prononciation du n est à peu près celle du français dans na, nu, ne, no. Ni se prononce avec une nuance de gni. Mais, en outre, n est la seule consonne qui peut ne pas être suivie de voyelle. Ce n particulier auquel correspond un caractère spécial ne figure jamais au début d'un mot: on le rencontre après une voyelle ou syllabe normale, donc après n'importe lequel des 50 sons, aussi bien dans le corps des mots qu'en finale. Il est considéré comme formant syllabe à lui seul et doit en avoir la durée. Mais sa prononciation est variée, pas facile à représenter par nos lettres, et dépendante de ce qui la suit:

- Pratiquement pas de problème de prononciation en finale autre que celui de lui donner sa juste longueur: - sonne un peu comme ng (mais long) devant k et g : - sonne nettement comme un m devant m, p, b : pratiquement pas de difficultés quand il est suivi de syllabes en t, 18, ch, d, ou (dU, c'est-à-dire d'une syllabe de la quatrième colonne, ou qui en dérive:

-

- dans

les autres cas, on a l'impression d'une nasalisatlon
que seule l'écoute attentive permettra de En particulier après e, n est presque prononcé

prolongée, reproduire. en(g) . L'essentiel celle d'une amené à se éviter toute apostrophe:

est de bien donner à ce n toute sa longueur, syllabe nonnaJe : en le faisant on est presque rapprocher de la prononciation japonaise. Pour ambiguïté le n syllabique est souvent suivi d'une sannin = trois hommes peut donc s'écrire 46

san'nin qui compte pour 4 syllabes sa-n-ni-n. L'apostrophe est indispensable quand n est suivi d'une voyelle yodisée ou non: par exemple kanyû =entrer dans, s' qffùier à (quand suivi de SUlU faire) est un dissyllabique ka-nyû donc pas

=

d'apostrophe tandis que kanyû trisyllabique ka-n-yû exige l'apostrophe: kan'yû = invitatioTL

IV. Consonnes

et voyelles doubles

Toutes les syllabes rencontrées précédemment se prononcent en principe de même durée (la langue est rythmée comme par un métronome), même dans le cas où elles sont constituées d'une seule voyelle, ou d'une consonne suivie d'une voyelle yodisée (Nous verrons qu'il existe cependant quelques exceptions). Mais consonnes et voyelles peuvent être doublées: allongées serait plus exact dans le cas des voyelles. Il est important de bien faire entendre ces redoublements/ allongements, sous peine d'erreurs de vocabulaire. Quand une consonne est doublée tout se passe à peu près comme si elle terminait la syllabe précédente puis, après une pause infime, commençait la suivante: on distinguera ainsi ato =après de atto (at'ta) =en un instant. et kata = la personne de katta = acheté. Attention à ne pas introduire J'ai un e muet: motte se prononce mot-te et non motte-te (motte ayant).

=

Quand une voyelle est allongée, de durée double, c'est bien sa durée et non elle qui est doublée. Tôkyô contient deux 0 longs, ce qui n'est pas une raison pour le prononcer To-o-

47

kyo-o ! La transcription officielle japonaise écrit cet allongement en doublant la voyelle, ce qui peut induire en erreur. La transcription Hepburn marque l'allongement par un trait (parfois un circonflexe: ce que nous avons fait dans cet Ot1vraee)au-dessus de la voyelle, sauf pour le i qui est doublé (à cause des points), d'où â ii û ê ô. Comme exemple d'erreurs possibles (très nombreuses dues à la non prononciation de l'a1longement : mo = deuil: mô = plus, davantage !)

koyO = emploi, utilisation; kôyô
kuro

=feuilles

d'automne

= noir,

kurô

= peine.

souçi

Mais il faut aussi éviter de confondre une voyelle allongée avec une voyelle redoublée, et ne pas mettre de trait ou de circonflexe quand il s'agit bien de deux voyelles consécutives. Exemples: haari =fourmi ailée, prononcer ha-a-ri : haaku

= compréhension
mitarashii atarashi!

(ha-a-ku) : maatarashii car ce mot est formé de ma

= vra~ exact,

=tout

ne4fet

non

et de

= nouveau.

On aura noté que cette différence entre a long et a doublé ne peut pas être marquée en transcription dans le cas de i : dans lie = non. le i est allongé: dans kiiro il y a bien deux i. L'écriture japonaise peut présenter une ambiguïté de même nature: c'est la construction même du mot qui permet de la lever (pas d'ambiguïté quand le mot est écrit en kanji comme nous le verrons plus loin). L'exception à la règle d'égale durée des syllabes est fournie par les syllabes en i et u qui peuvent dans certains cas faire croire à l'évanescence complète de la voyelle. Cela se 48

produit, mais pas toujours, quand i ou u sont entre deux des consonnes k, s, t, k. p, ou après l'une d'elles à la fin d'un mot. Ainsi sukoshl, [sukosi] peu, se prononce presque skochi et utsukushil (utukusll] beau, Jol~ se prononce presque outskouchi. De même les terminaisons verbales très fréquentes en -masu et -mashita (masita) sonnent à l'oreille d'un occidental comme mass et machta s'il ne fait pas très attention. S'il tend l'oreille il entendra lui un soupçon de 'u ou de i ce qui explique que certains Japonais n'acceptent pas que J'on mette le signe

=

=

d'amuïssement

et écrive

ü

et

'te

J'ai

été surpris

de noter

combien ce point de phonétique peut susciter de discussion.s passionnelles. Il faut probablement rapprocher cette attitude du Japonais à un sens profond de l'esthétique des sons qui sera étudiée au chapitre «Onomatopée». Pour mettre tout le monde d'accord, disons que certains syllabes en j et u peuvent être simplement chuchotées et le v lecteur aura noté que le signe n'implique pas que la voyelle ait totalement disparu ni même qu'elle se soit assimilée à un e muet! Notons d'ail1eurs que cette semiévanescence dépend des individus: elle est en général moins marquée par les femmes.

V. Conseils
Sans présenter de difficultés la prononciation japonaise doit être correcte pour se faire comprendre. Le recours aux cassettes est en général suffisant, mais rien ne remplacera une conversation avec un Japonais, en particulier pour les prononciations assez variables suivant les mots - des g et n et pour les cas et le degré d'évanescence de certains i ou u.

-

49

Le débutant préférera des manuels qui au moins au début donnent en plus des transcriptions romanisées un aperçu de la prononciation figurée. Mais seules les cassettes ou un interlocuteur - permettront de bien poser l'accent. Celuici fait l'objet du chapitre XX. C'est un accent de hauteur au sens musical du terme et non un accent d'intensité. n figure rarement dans les manuels car il est difficile à indiquer: il faudrait marquer les syllabes où la voix s'élève et celles où elle baisse.

-

Ce «mouvement mélodique» n'est pas très marqué, mais il est des cas où il doit être respecté sous peine de confusion entre mots différents. Donc être autant que possible réceptif aux nuances de l'accentuation! Il est curieux de noter que dans la majorité des cas le Français a une tendance intuitive à trouver le bon accent, ce qui ne doit pas l'empêcher de porter attention aux homophones dont le sens dépend de l'accent.

VI. Remarque
Ce chapitre n'a pas explicité la totalité des problèmes de transcription romanisée (notamment pour les groupes: consonne + y + voyelle). Le tableau complet des transcriptions sera donné en regard des syllabaires au chapitre suivant.

50

CHAPITRE

III

LES SYLLABAIRES ou KANA HIRAGANA et KATAKANA

PANORAMA Quand les Japonais ont, via la Corée, découvert la culttue chinoise, vers le quatrième siècle, Usfurent impressionnés par les ressources de l'écriture, qu'ils ne possédaient pas. Ils ont donc utüisé les caractères chinois, soit pour leur valeur phonétique, soit pour leur valeur sémantique. Le choix des caractères chinois à utiliser pour représenter les sons du Japonais resta longtemps incertam ne serait-ce qu'en raison du grand nombre d'homophones en chinois. D'autTe part la prononciation de ces caroctères différait d'une région à l'autre de la Chine et a évolué dans le temps. Enfin la graph-ie de ces cQToctères est souvent très complexe, et demande à êtTe simplifiée. D'où trois démarches dont certaines ont duré des siècles, pour aboutir aux syllabaires actuels :

al établissement

du tableau des sons à représenter:

la

démarche a subi l'irifluence cultureUe de l'Inde et si le tableau des 50 sons est très ancien (U remonte à peu près à l'an 1000) nous avons noté qu'il ne rend compte que d'une partie de la phonologie japonaise. Or ce sont les seuls sons qui auront le privilège de recevoir uneforme écrite spécifrque.

51

h) choix des caractères à utiliser. Ce sont les Kana, étymologiquement «mots d'emprunb (pour écriture phonétique) qui se sont répandus dès le septième siècle pOUTtranscrire des poèmes. Leur nombre s'estflXé lentement sous l'influence de laformalisation du tableau des sons et de la nécessité d'aboutir à un ensemble cohérent de signes simpllfr.és. c) choix des méthodes de simplification des caractères. Deux ont été retenues:

- écriture

cursive

simplifiée

des caractères

retenus;

c'est

l'origine des hiragana (k devenu g pour euphonie), littéralement kana simples, conçus, dit-on, pour les femmes jugées inaptes à maîtriser la complexité des signes du chinois (à l'origine, ces hiragana se sont appelés .main de femme.). Ils n'ont reçu que tardivement leur nom actuel lorsque leur usage s'est imposé à tous. - écriture simplifiée en ne conservant qu'une partie du caractère initial; c'est l'origine des katakana, littéralement kana partiels. Retenons que ces syllabaires prennentforme vers lafm de l'époque de Nara (754) et au cours de celle de He~Jusque vers 1100, que les hiragana se sont imposés pOUTtranscrire (en association avec les caractères chinois, ou kanji) la langueJaponaise, que les katakana, utilisés par les 1wmmes pour prendre des notes en matière de science, de philosophie de religion, ont précédé de peu les hiragana et sont aujourd'hui limités à la transcription de mots d'origine étrangère non chinois et à quelques autres cas (voirplus loinJ.

Retenons aussi que leursformes déflTlitives sont récentes et dues aux réformes de la période Meiji (1868-1912) ou plus
récentes (1946).

52

I. Les 50 sons en kana
Le tableau donne pour chaque syllabe: la romanisation selon Hepburn, son écriture en hiragana, en katakana en dessous, puis celle du kunreishiki entre ( l, accompagnée si nécessaire du rappel de la prononciation en écriture françaiseo Ce tableau ne comporte aujourd'hui que 45 cases pleines. Il convient de lui ajouter le n après voyelle écrit Iv, ~ qui compte toujours pour une syllabe. On a noté que les différences entre les deux transcriptions sont peu nombreuses. On maîtrisera sans peine les deux. Le n

syllabique Iv , ~ est transcrit n dans les deux systèmes.
Ce tableau doit être bien connu: il règle l'ordre du dictionnaire et est utile pour la logique des formes verbales. Il s'appelle en japonais (en anticipant sur ce que nous dirons des syllabes en consonnes + y) fgozyuuonzu], gojûonzu ou a-i-u-e-o zu, où go = 5, jû = 10, on =son et zu = tableau
(qui peut être remplacé par jun

= ordre),

tous

ces mots

s'écrivant normalement
rencontrer et we).

en kanji.

On risque encore de

quelques [offiles obsolètes pouri et e (en fait wi

Pour faciliter la mémorisation

on notera:

la nécessité de bien distinguer: a ;b , wa 'b , 0 J3 ; ta t:. , na 1:l ; sa ~ , chi 't ; ha tt, ho ~1,ma î ; ruo,ro0;

- e~ hiragana

53

re it,

ne t1 ;

no

Q)

, nu tJ., me

NJ

.

- en katakana la nécessité de distinguer: U ? , wa ïJ ,ku 7
fu 7 , nu
ha J \ , he
.5( ,su
~

A

ma ~ , mu A et surtout les quatre signes no ./ ,so '/ , tsu ~ , shi ~ , ce dernier seul étant tracé de bas en haut. Me :J. en est proche, mais il est barré. N )t après voyelle s'écrit de bas en haut au contraire de so. - que dans les deux syllabaires le he est le même ~ Rappelons que wa s'écrit ha tt quand il représente la particulewa la phrase), et que wo ~ ne sert que il se prononce toujours et nous ° ainsi: et non WO,comme le fait °

.

et se prononce bien wa (qui signale le thème de pour marquer l'accusatif; le transcrirons toujours Hepburn.

(Voir tableau page suivante)

54

wa b ?

ra G 7

ya

ma

[wa] rra]

-\"' '7 [ya] [ma] [ha] [na] [ta]

ha na ~~,j: )\ T

ta sa ~t~ :; 4j-

ka a ~1J~ à;

tJ 7 [sa] [ka] [a]

ri
I?

mi

hi
~(}

ni

chi

shi

ki

i
~\".~

1)

,
yu

~:

....

e

-

~L

T
[si] chi [ki] tcrn

~~1
ri]

[Ii]

[mi]

[hi] [ni] [ti]

nu tsu su ku u fu .. ~< J ~~tr ob ~'0 9 )v .:L A 7 7 ~'J A '7 [ru] [yu] [mu] [hu] [nu] [tu] [su] [ku] ru] fou tsou ou mu re tL me he
~-"
.l'\.

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te
l

se -tt

ke

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T [me] [11e] [ne] [te]

:)

~,

~I;- ..:r[se] [ke] Ie] é

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7

[0]

ho no to ~ti (f) è 0 3 ~* / fro] [yo] [ma] [ho] [no] [to]

yo ma ~~J:

so

ko
...,.

\-t:J ~'J [so] [ka]

0 i3 ;f0

55