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PARLONS VIETNAMIEN

De
317 pages
Le Viet Nam occupe l'extrémité du continent asiatique, une position comparable à celle de la France au nord-ouest de l'Europe. Maintenant que reprennent avec vigueur les relations économiques et culturelles entre les deux pays, il est temps de nous intéresser à la langue et à la culture du Viet Nam. Ce livre sera l'occasion de bien des découvertes. Vous pourrez acquérir les mécanismes de la langue et apprendre à vous exprimer correctement grâce à une cassette, mais, surtout, vous percevrez la culture vietnamienne de l'intérieur.
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PARLONS VIÊTNAMIEN

Langue et clllture

Collection Parlons... dirigée par Michel Malherbe
Déjà parus
Parlons coréen, 1986, M. MALHERBE, O. TELLIER, C. JUNG WHA. Parlons hongrois, 1988, CAVALIEROS, M. MALHERBE. Parlons wolof, 1989, M. MALHERBE, Cheikh SALL. Parlons roumain, 1991, G. FABRE. Parlons swahili, 1992, A. CROZON, A. POLOMACK. Parlons kinyarwanda-kirundi, 1992, E. GASARABWE. Parlons ourdou, 1993, M. ASLAM YOUSUF, M. MALHERBE. Parlolls estonien, 1993, F. de SIVERS. Parlons birnlan, 1993, M. H. CARDINAUD, Yin Xin MYINT. Parlons lao, 1994, C. NORINDR. Parlons tsigane, 1994, M. KOCHANOWSKI Parlons bengali, 1994, J. CLÉMENT. Parlons pashto, 1994, L. DESSART. Parlons telougou, 1994, O. et D. BOSSÉ. Parlons ukrainien, 1995, V. KOPTILOV Parlons euskara, 1995, T. PEILLEN Parlons bulgare, 1995, M. VASSILEVA. Parlons népali, 1996, P. et E. CHAZOT Parlons soninké, 1995, Ch. GIRIER Parlons so/nali, 1996, M. D. ABDULLAHI Parlons indonésien, 1997, A.-M. VAN DIJCK, V. MALHERBE Parlons géorgien, 1997, I. ASSIATIANI, M. MALHERBE. Parlons japonais, 1997, P. PIGANIOL Parlons breton, 1997, P. LE BESCO. Parlons tchétchène - ingouche, 1997, P. PARTCHIEVA et F. GUÉRIN Parlons lapon, 1997, J. FERNANDEZ Parlons quechua, 1997, C. ITIER Parlons mongol, 1997, J. LEGRAND Parlons gbaya, 1997, P. ROULON-DOKO Parlons tzeltal. Une langue maya du Mexique, 1997, A. MONOD BECQUELIN Parlons biélorussien, 1997, A. GOUJON Parlons hébreu, 1997, M. HADAS-LEBEL

1998 ISBN: 2-7384-6144-1

@ L'Hannattall,

NGUYÊN- TÔN NU Hoàng-Mai

PARLONS VIÊTNAMIEN
Langue et culture

Editions L'Harmattan 5-7, rue de l'Ecole-Polytechnique 75005 Paris

L'Harmattan INC 55, rue Saint Jacques

Montréal (Qc) - Canada H2Y I K9

A la mémoire A ma mère.

de mon père

AVANT

PROPOS

Il Y a une mystérieuse affinité entre les Français et les Vietnamiens qui s'est trop souvent transfonnée en passion déchirante. A l'époque coloniale, ceux qui découvraient l'Indochine étaient comme aimantés par ses peuples et ses paysages. Il ne revenaient en "métropole" qu'à contre-coeur et profondément transfonnés par leur expérience: les montagnes du Tonkin, les rivages d'Annam, les rizières d.e la Cochinchine, les hautsplateaux du pays Moï, chaque région du pays avait un channe particulier. "Perle des colonies", l'Indochine attirait les meilleurs des ingénieurs et des administrateurs d'Outre-mer et de profondes amitiés se sont nouées avec les élites locales malgré les vicissitudes de l'histoire. Il est tragique que tant de sang ait été versé pour que le Viêt Nam d'aujourd'hui accède à l'indépendance. Il aurait suffi de peu de chose pour éviter ces horreurs. Il aurait fallu surtout que les Français de France connaissent mieux les Viêtnamiens, leur courage, leur détermination et leurs capacités intellectuelles. Mais ne revenons pas sur ce douloureux passé. Le Viêt Nam reste ouvert à une coopération avec ses amis. Il offre toujours des trésors à découvrir. La clef de ces richesses est la compréhension du peuple viêtnamien et de sa culture. C'est cette clef que nous souhaitons vous donner en vous initiant d'abord à la langue puis à tous les aspects d'une civilisation millénaire. Vous serez vite récompensés de vos efforts.

7

INTRODUCTION
Placé â l'extrêmité sud-est de l'Asie, comme la France est ~ l'extrêmité nord-ouest de l'Europe, le Viêt Nam a connu lui aussi les multiples influences des peuples qui s'y sont établis, faute de pouvoir aller plus loin. L'ancien tenne d'Indochine exprimait bien que là se trouvait le point de rencontre des civilisations des plus grandes masses de population au monde, celles de culture indieooe et celles de culture chinoise. Comme tous les pays où se sont confrontés tant de peuples divers, le Viet Nam a une histoire riche et complexe qui a forgé une personnalité nationale très forte, avec une langue et une culture originale. Si les Occidentaux cOlll1aissent énéralement bien les épisodes g de la colonisation française et des guerres post-coloniales, ils connaissent mal, en revanche, la richesse de la culture vietn"amienne et reculent devant l'apprentissage de la langue. Ce livre vise à combler cette lacune. Nous espérons ainsi favoriser la coopération entre deux pays qui, malgré leur éloignement géographique, ont beaucoup d'affinités. Nous commencerons par rappeler quelques données géographiques et présenter un court exposé de l'histoire du Viêt Nam. Nous aborderons alors l'étude de la langue, ce qui nous permettra de donner ensuite au lecteur, dans un chapitre sur la conversation courante, les moyens de s'exprimer dans les principales circonstances de la vie. Un important chapitre rassemble ensuite les données les plus fondamentales de la culture: - histoire de l'écriture
- littérature

- noms de personnes et noms de lieux - la vie sociale (religion et croyances, éducation, gastronomie et habillement ) etc.
9

CHINE

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Mer

de Chine

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INDONESIE

Rappel de quelques données géographiques
Bien sûr, si vous vous intéressez au Vi~t Nam il est inutile de vous rappeler qu'il a pour voisins la Chine, le Laos et le Cambodge. Vous serez cependant smpris de savoir qu'il a des frontières maritimes avec sept pays différents (Chine, Philippines, Indonésie, Malaisie,Brunei, Cambodge et Thailande) par suite de l'extention récente des eaux tenitoriales qui pennet de partager rigoureusement les richesses sous-marines et notamment le pétrole. La carte et l'encadré intitulé "le Vi~t Naril en chiffres" que vous trouverez ci-après, vous donneront des infoffilations essentielles. Nous nous contenterons ici de quelques commentaires. La géographie du Vi~t Nam présente un double contraste qui marque profondément les populations qui y vivent:

- contraste entre le Nord et le Sud
- contraste entre les plaines et les hauts-pays. La distance à vol d'oiseau entre les points les plus extrêmes du pays, du Nord à Nam QUaIl au Sud à la pointe de Cà Mau, est d'environ 2200 km, il n'est donc pas étonnant que les différences climatiques soient importantes. Nous verrons que l'histoire a marqué les mentalités encore bien davantage que le cli-mat. Le Nord (au delà du 16e parallèle) est subtropical avec des saisons marquées et des hivers rudes et humides. Le Sud est franchement équatorial soumis à la mousson et même à des typhons d'avril à octobre; paradoxalement la saison des pluies est chaude et la saison sèhe plus fraîche. A ces effets de la latitude s'ajoutent ceux de l'altitude: au Sud, le delta du Mékong - la Cochinchine de la période coloniale - est désespérément plat tandis que le Nord - l'ancien Tonkin - constitué du bassin du Fleuve Rouge, est bordé de montagnes souvent escarpées. La partie centrale du pays - l'ancien royaume d'Annam - est resserrée entre la mer et les hauts plateaux. L'agriculture présente donc des caractères nettement différents selon ces ré11

gions: on produit trois récoltes de riz par an dans le Sud; deux seulement dans le Nord; tandis que sur les hauts plateaux, les productions sont plus variées, allant de l'hévéa pour le caoutchouc jusqu'à des cultures maraîchères européennes;

Les fleuves marquent aussi profondémentla différence, le Fleuve Rouge (sOng Hl)ng) constitue un danger d'innondation pennanent pour le Nord alors que le Mékong (sOng Cùu Long) apporte richesse et prospérité au Sud. Le sud, plus riche, est également plus ouvert sur l'occident. Après la période coloniale, il est à l'avant-garde de l'économie de marché du Viêt Nam actuel.
Le contraste entre les plaines et le haut-pays apparait d'abord dans la densité de la population. Les terres fertiles des deltas du Fleuve Rouge et du Mékong supportent des densités de plus de 500 hab/km2 alors que les plateaux n'atteignent pas 80 hab/km 2. De plus, la plupart des minorités etlmiques vivent dans les hauteurs où la population est donc moins vietnamisée.

12

Le ViAt Nam en chiffres
Superficie: de latitude Climat: Au sud, 331.688 Nord et quatre climat saisons km2 8°30 (60e rang mondial) Sud marquées et chaud au nord. d'avril à oct. entre 23°22 de latitude pluvieux

relativement

de mousson,

Au centre, la mousson est décalée par rapport au sud et les températures sont beaucoup plus basses en saison sèche. Fleuves principaux: Fleuve Rouge (sông Hong) Mekong Sommet le plus haut: Fansipan (sông cau Long) 2852m ( Hoàng Liên Sdn)

Population: 73 millions(13e rang mondial,après l'Allemagne) composés de 86% de Viets et 53 autres ethnies Taux d'accroissement démographique:2,3% par an Densité moyenne: 180 hab/km2 Les deltas des fleuves occupent le quart de la surface et regroupent la moitié de la population. Revenu annueVhab: 100 dollars U$ en 1993 PIS moyenlhab.: 200 dollars U$ en 1993
Transports: 3216

km de voies ferrées

Productions

principales
3e rang 12e tonnes,

en 1994:
mondial) rang mondial)

- Riz - Thé

(16 M tonnes, (12000

Exportations

principales:
tonnes, 3e rang mondial) rang
rang

- Riz (12 M - Cacahuètes
- Amandes
-Thé, Villes:

(150.000
(35.000

tonnes,3e
tonnes, 3e

mondial)

mondial)

café, sept

hévéa, villes

arachide, dépassent

soja,

poivre... d'habitants:
3,4 millions

un million
Saigon):

Ho Chi Minh Ville (ex Hà NQi:2,6 millions
Thanh Hoâ: 2,5millions

H~u Giang: 2,2 millions An Giang: 1,5 millions Dà Nâng : 1 ,5 millions Bên Tre: 1 million

13

es familles ethnolinguistiques
Vi~t- Muàng Môn-Khœne

Namdào
Tà y -thaï -kaday :;:..::. Hmông-Dao ;:;:::: T~ng-Mien Hoa

~

J

14

Les ethnies minoritaires au Viet Nam .
Sur les 54 ethnies du pays, celle des Vi~t constitue l'écrasante majorité de la population avec 86%. Les ethnies minoritaires vivent pour la plupart dans les montagnes ou sur les hauts plateaux. Leur niveau culturel est resté celui des populations marginaliséespar l'histoire. Leur langue est rarement écrite et n'est pas enseignéeofficiellement.Leur culture, très riche et intéressante pour les ethnologues, se transmet par tradition orale. Cependant,deux ethnies sont les descendantesde deux civilisations puissantes, ce sont les Cham et les Chinois.
I

Les Cham
Les Cham, encore appelés au Centre Chiêm, et au Chàm, Hè1i, Cham Pa, ins-

tallés actuellement descendants toires origine situés

Sud Viêt Nam qui occupaient

sont les les terridl du

des Chàm

ancestraux

au Sud du Van Lang.Ce

sont des populations archéologiques

malayo-polynésiennes.

Les fouilles

Sud de IIAnnam ces d'une très

au Nord de la Cochinchine grande civilisation,

ont révélé les trades milléleurs capiNam:

en place depuis tribus avaient élu

naires avant J.C. Deux grandes tales dans l'actuel Nha Trang

(Khânh

Hoà) et à Quàng

-

le royaume

du Champa

du Sud du nom de Pan ran, dénomi ou Pan du ran ga en Sankrit corres-

nation

en Cham ancien

pond à Phan Rang et Nha Trang. - le royaume du Champa du Nord correspond chinoise au district (dynastie de des

Nh~t Nam placé sous la domination

Han), 111 avant J.C. TUÇ1ng Lâm, une des de Nh~t Nam se révolta viendra indépendant

cinq communes

à la fin du 1er siècle après J.C, defondera une nou-

à la fin du lie siècle, 15

velie nation que les Chinois appelleront TUdngLâm Ap, deve-

nu plus tard Lâm Ap. Au milieudu IVesiècle, elle conquit ensuite entièrement le Nh~t Nam par des victoires successives Elle subit Ilinfluencedu brahmanisme et du bouddhisme, son écriture est soit sanskrite soit proto-cham. Les deux royaumes Nord et Sud se réunifierontet donneront naissance à la nouvelle dénomination Cham Pa (nom dlune fleur, le Plumeria rubra) au Vie siècle. La capitale sera installée tantôt au Nord (Sinhapura à Dà Nâng) tantôt au Sud (Virapuraà Phan Rang' avec des lieux de cultes isolés dont les vestiges sont encore présents, surtout à Kauthara (Nha Trang) où lion a édifié et réédifié le temple de Ponagar (abréviation de Yang Po Ku, roi de Nagar, clest à dire de la nation car clest ici que lionvé nère la déesse U-ma, épouse de Si-ma qui représente elle même le pouvoir royal. Après une grande période où le Cham Pa partit à la conquête de territoires au Nord (D~iVi~t)et au Sud (Chân L~p),il connut ensuite le déclin lorsque le D~i Vi~t,devenu indépendant, commença à envisager Ilexpansion de son propre territoire.
Du XIe au XVIIe siècle, le territoire Cham Pa est progressivement annexé par le D~i Vi~t. Devenue une minorité ethnique, les Cham du centre Vi~t Nam (Quang Ngai, Nha Trang, Sinh Thu~n) vivent d'agriculture alors que les Cham du Sud (An Giang, Dong nai, Tây Ninh) et Sài Gon) vivent plutôt de pêche, de commerce, de tissage et de poterie. La société cham était une sociéte féodale marquée par un

16

régime quatre

matriarcal. castes:les

Comme prêtres

Illnde ancienne, brahmaniques,les jadis, la société

elle était divisée nobles,les actuelle

er

agricul-

teurs et les serfs. Comme

est divisée

en deux clans: celui de Ilaréquier du Sud et celui du cocotier avec dans chaque dirigées par une

(bQ I~c Cau) du royaume du Nord,

(bQ I~c Duà) du royaume propres

clan ses lignées femme. l'islam,

qui sont toujours

Mais les Cham du Sud Vi~t Nam, ont glissé vers le patriarcat. de vie spirituelle:

sous Ilaction de On distingue

chez les Cham trois modes Il Islam, sont les qui adore du Centre,

- Les
- Les
nisme,

Cham du Sud ont adopté Cham Kaphia du Centre hindouiste

adeptes Shiva, suivent

du brahma-

d'une secte

-

Les Cham. Bani, également comme

le brahmanis

me et sont considérés Llarchitecture palais,

dl anciens

musulmans. pour ses temples, briques rouges ses cimen-

cham est très renommée étages en

ses tours à plusieurs disparue

tées par une matière

sans laisser

de trace. Ninh Thu~n, à Dâc Lâc... les Vi~t

On peut les voir encore Tuy Hoà, Thu~n Le parler, du Centre des chants

à My Son, Nha Trang,

Hài ou sur les hauts plateaux cham ont beaucoup lexiques

la musique

influencé

Vi~t Nam, quelques des sampans

ou Ilair du "Nam ai" encore ont une

typiques

de Huê marquent

cette influence. enplus coiffe

Les Hè1i portent d'étoffe

des pagnes,les derrière

femmes

un morceau

cousu

et portent

noire. Ils slhabillent

aussi à la mode des Viêt de la plaine.

17

Les Chinois
Depuis par des siècles, les Chinois,encore se sont établis appelés Hoa ou Tàu vagues Chinois successives, vivant au Viet Nam: sont proqui, après du Milieu, de

- Les

à la frontière

sino-viêtnamienne

bablement les diverses

les descendants annexions parlent ou

des Viêt ancestraux, et conquêtes de IIEmpire chinois

ont été sinisés, des coutumes consommation - Les Chinois nations tions.Par

un dialecte

mais conservent viêtnamiennes: des Soeurs Trung...)

habitudes

alimentaires

du nUdc mâm,vénération qui se sont installés

au Vi~t Nam lors des domiaprès plusieurs généra

chinoises,

se sont viêtnamisés dlentre

exemple,llun contre

eux, Khûc ThÙa DI:J,slest révolchinoise. Les des-

té au Xe siècle cendants ve installés de Thanh

la 3ème domination

ont de plus en plus parlé viêtnamien. au Nord et au Centre. Hà. qui se sont installés On les appelle

On les retroules Chinois

- Les Chinois

au Vi~t Nam lors de la predes Tang Minh

mière moitié du XVIIe siècle, sont regroupés HUdng (Patrie - Les Chinois asile au Centre des Ming) qui, sous

à la prise du pouvoir

du pays autour

des villages

HQi An et Vüng Lâm (Phu Yên). le règne peuplé de Gia Long ont demandé les grandes le gros villes du Sud des Chinois

au Vi~t Nam, ont

(Vinh Long, Long Xuyên) de Ch<J Ldn (Sài Gon).lIs lequel a énormément parlent différents

et constitué

sont les descendants à la pacification assez

de M~c Cùu, du Sud. Ils

contribué

dialectes

chinois,

mal le viêtnamien. du Sud Vi~t en 1978.

ils détenaient Nam avant

une bonne 75. Un grand

part de Iléconomie nombre 18

se sont expatriés

Tableau synoptique de la composition ethnique du Viçt Nam.
1 Vi~t (Kinh)
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2 Hoa (Tàu)

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3 Tày (Thô)
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30 Giâ Triêng
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4 Thai(Tay)
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31 Hà Nhi
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27 Ma

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54 Brâu

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* selon les données de 1986 où la population était de 54 M. 19

Histoire

du Vift Nam et de sa population

Le Viêt Nam de la préhistoire
Comme l'histoire nous le montre, à travers les contacts plus ou moins malheureux du Viêt Nam avec le monde extérieur lors de dominations, colonisations ou guerres intestines, la culture viêtnamienne, s'est trouvée à chaque fois enrichie d'apports nouveaux dont elle a toujours su tirer profit tout en conservant sa propre identité. Déjà, nous avons vu que les croisements de races des premiers habitants de la péninsule(australo-négroïdes et mongoloïdes) ont donné naissanceplus tard à des mongoloïdes méridionaux, "groupe autochtoneévoluant sur place avec sa culturepropre"*1. n ne s'agit pas d'une migration massive avec apport d'une civilisation extérieure. L'étude des instruments en pierre, des poteries des différents sites mésolithiques et néolithiques prouve la continuité d'une évolution interne, se faisant sur place, avec son originalitépropre.". Cette "originalitépropre" comme le dit Nguyèn Khac Vi~n constituera toujours le substrat de la culture viêtnamienne. Une civilisation millénaire

Depuis 1945 les plus récentes découvertes archéologiques au Nord ont pu apporter beaucoup d'éléments nouveaux pennettant de reconstituer le puzzle qu'est l'origine de la civilisation viêtnamienne. Jusqu'en 1945, à travers leurs fouilles et recherches, les archéologueseuropéens,devant l'absencede réponsesplausibles à leurs études sur la civilisation DongsomûeIllle,pensaient que cette civilisation y avait été importée, soit par la Chine, soit par l'Inde. Mais, à présent, en passant des sites de Phùng Nguyênà
* Nguyèn Khâc Viçn: ViçtNam, une longue histoire -p.11 21

Dong D~u, à Gô Mun puis à Dông S<1Il,l a été établi une i corrélation parfaite dans l'évolution, de l'âge de pierre à l'âge de bronze puis de fer, qui n'est que le résultat de tout un processus d'évolution et de développement des premiers hommes préhistoriques présents sur le tenitoire allant du Sud de la Chine à Hoành
Scrn(Centre Vi~t Nam). En effet on a retrouvé quelques restes d' "Homo Erectus" à NUi DQ (Thanh hoa) ayant déjà une structure sociale et familliale propre à l'homo habilis. De même, il semblerait que les premiers homo erectus de Ngudm (Bac Thaï) dataient d'environ 25000 ans et que des "homo sapiens" occupaient cette péninsule il y a 14000 ans avant I.C. On a pu également observer une évolution constante dans les civilisations qui suivirent. Nous sommes passés de la civilisation exclusivement de pierre taillée de San Vi (Hoàng Liên S<1Il) u de Con Moong (Thanh Hoa), estimée aux o environs de 18300 à 11800 ans avant J.C, à la civilisation de Hoa Binh toujours de l'âge de pierre mais plus travaillée, avec l'apparition de l'usage du feu ainsi que d'une fonne primitive d' agriculture de légumineuses et tubercules. Dans cette civilisation encore exclusivement matriarcale, on se nourrissait de ramassage de fruits et de plantes comestibles, de mollusques et de produits
de la chasse.

La civilisation de Bacson a connu de grandes évolutions. Les hommes ne vivaient plus exclusivement de cueillette mais pratiquaient déjà la riziculture. La chasse se développait également, et pour la première fois, la poterie faisait son apparition C'est peutêtre déjà de cette époque que date la création d'une écriture ancienne avec des symboles de fonnes différentes et des traits verticaux, par groupes séparés, pouvant être intetprètés comme un système de numération. Parallèlement et de façon très analogue, la civilisation de Qu)rnh Van (environ 4000 ans avant J.C), plus côtière, est marquée par une autre activité propre à la proximité de

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la mer: la pêche et la fabrication de bateaux de pêche.

Le site néolithique de Da But à Thanh Hoa constitue le point de jonction entre Bacson et Qu)rnh Van. L'art de tailler la pierre était à son apogée, la poterie était finement travaillée. Dès PhÙllg Nguyên, environ 1455 ans avant J.C, à l'époque de la civilisation de Dongson, les humains qui peuplaient la péninsule indochinoise avaient découvert le bronze et les études poussées de ces dernières armées ont révélé une mutation de la société matriarcale vers une société patriarcale (statuette d'un homme découverte à Vàn Diên). Sur le plan économique, on avait largement fait usage du bronze dans la fabrication des annes destinées à la chasse, de petits ustensiles seIVant à l'exploitation manuelle de l'agriculture ainsi que de grands ustensiles destinés à une culture plus intensive. L'élevage de bovins et particulièrement de buffles a permis de supposer qu'à cette époque lointaine, on avait déjà su utiliser les buffles pour le labour des rizières, réfutant la thèse selon laquelle cette pratique n'était devenue courante que sous l'occupation chinoise, grâce à l'enseignement de Si Nhiép, gouverneur chinois. L'âge de bronze est aussi caractérisé par la découverte de fours, de moules et d'ustensiles de matériaux différents (plomb, étain,bronze) correspondant à des besoins différents: soit pour la fabrication d'outils ou d'affiles, soit pour la création des objets de décoration ou des fameux tambours de bronze, dont le plus renommé - NgQc Lü - a été découverte à Hà Nam Ninh (actuellement, le Musee Archéologique de Hàn<)i répertorie 134 tambours de bronze) de dimensions différentes, très stylisés, ces tambours révèlent la vie culturelle et sociale des Viêtnamiens d'autrefois (danse, instrQments de musique, tenue vestimentaire, croyances...) et symbolisent la civilisation propre au delta du Fleuve Rouge, vestige probant des HÙllgVuang légendaires. Ainsi, l'époque Hùng VUC1I1gHùng provient deKhun ou kun (

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qui signifie encore "dirigeant" dans le parler des MllCmg) avec certainement beaucoup plus de 18 rois *2intronisés s'affmne, avec une population croissante, Wle organisation sociale structurée, une économie florissante, une civilisation avancée. La population du Vàn Lang, à la fm de l'époque Hùng Vll<1llg est d'environ Wl million d'habitants (le Nord est quatre fois plus peuplé que le Centre Vi~t Nam); elle est composée par une classe dirigeante (HÙDgVU<1I1g, par des L~c wOng, LéJChau), d'une aidé

minorité d'esclaves et du reste de la population qui assure un
rOle de production.

IDstoire et mythologie Depuis Hùng Vuang 1er, la légende nous mconte que, faisant partie du Bach Vi~t, groupement d'ethnies qui occupaient les territoires du Sud du fleuve Yangzi (Duang TÙ), les L~c Vi~t s'établirent sur le delta du Fleuve Rouge et entrèrent souvent en guerreavec les Tây Âu des hautes montagnes, menés par le roi
Th1}CPhan. A la capitulation de HÙDgVU<1Ilg en 258 avant 18, J.C, Th\}CPhan a unifié Tây Âu et L~c Vi~t sous l'appellation de Âu L~c, pays qui sera plus tard, en 221 avant J.C, convoité par Qin Shi Huangdi (Tan Thuy Hoàng en vietnamien). Durant la même période Zhao Tuo (Tri~u Dà), disposant déjà des territoires cantonais Guang Dong (Quàng Dông) et Guang xi (Quàng Tây) s'appropriera par la ruse Âu LéJC,devenu Nam Vi~t en 206 avant

I.C. C'est sous le règne de Tri~u Dà, empereur vietnamien d'origine chinoise que le territoire vietnamien se trouva agrandi et dépassa les frontière du nord Viet Nam actuel. Toutefois cette période ne fut pas réellement considérée comme une période de domination chinoise comme elle le fut plus tard, à partir de l'an 111 avant I.C, car Tri~u Dà conselVaitle même de mode de gouvernement,
*Ie chiffre 9 et ses multiples, de même désigner une quantité importante. 24 que le chiffre 1000, servent à

et donna aux différentes tribus leur propre indéPendance.

Le Viêt Nam face à la domination chinoise
Devant l'avancée des Han , le Vi~t Nam entra dans une phase de domination chinoise entrecoupée par des révoltes suivies de répressions sanglantes. Cette domination dura environ 1000 ans, divisée en 3 grandes périodes: - de 111 av J.C à 39 ap.J.C - de 43 ape J.C. à 544 ape J.C. - de 602 à 939

plus une vingtaine d'années sous la domination des Ming (14071427). L'histoire du Vi~t Nam a toujours été marquée par des tentatives d'annexion de sa grande voisine, qui intervint à chaque changement de dynastie viêtnamienneen une ingérence étrangère flagrante. Sous la domination chinoise, et devant l'intégration forcée, la culture viêtnamienne, en se dépossèdant de son écriture initiale (khoa dAu) s'est enrichie d'une écriture chinoise, d'un vocabulaire et d'une culture étrangère, qu'elle a intégrés et assimilés . Aussi, nous avons une profusion de littérature écrite en caractères chinois mais prononcée à la viêtnamienne, d'un vocabulaire sino-viêtnamienqui a permis à la langue actuelle de faire face au problème de création de vocabulaire nouveau, d'une écriture démotique (chi nOm) et surtout d'un fond de culture indochinoise qui constituera la base de la pensée et de la mentalité viêtnamienne. Ces mille ans auront également pennis aux Viêtnamiens d'aiguiserleur soif d'indépendanceet d'apprendreà la préseIVer. Le Vi~t Nam et son indépendance A partir du Xème siècle, l'indépendance pennettra progressivement au pays de fonder ses bases sociales. Les dynasties, de plus 25

en plus stables, surtout à partir des Ly postérieurs (XIe siècle)
apporteront au DéP.Vi~t un développement sans précédent Sur le plan tenitorial, le D(J.iVi~t , face à la Chine, sut déjouer toutes les tentatives d'invasion chinoise et repousser même l'invasion mongole (XIIIème siècle). Au sud, pendant près de sept siècles, du Xème siècle au XVIIème siècle, la conquête du Champa fut entreprise sans relâche par les différentes dynasties, soit par conquêtes guerrières, soit par alliances (les dynasties viêtnamiennes, comme ailleurs, avaient l'habitude de dormer en mariage leurs princesses afin de s'assurer de la fidélité des contrées voisines) . L'extrême sud, appartenant initialement au Cambodge, ne fut finalement annexé qu'au XVIIIe siècle, sous le règne de l'empereur Gia Long. D'un point de vue social, malgré l'indépendance, afin de préserver la fragile entente sino-viêtnamienne, les dynasties viêtnamiennes continuèrent à se considérer comme vassales de la Chine et de ce fait, subirent les influences réligieuses et philosophiques chinoises. C'est en effet via la Chine que les philosophies confucéenne et taoïste, puis le Grand Véhicule du bouddhisme ont pu se frayer un chemin jusqu'au Vi~t Nam. Le code pénal fut élaboré, basé sur l'indulgence du bouddhisme et le respect de l'ordre établi du confucianisme. C'est également à travers ces siècles d'indépendance que l'esprit national fut forgé. L'analyse de cette période pennet d'obselVer un cycle sans cesse répété d'apogée et de déclin des dynasties avec des rois fondateurs brillants et méritants et des successeurs se faisant détrôner par leurs régents. C'est ainsi que les dynasties des Ly postérieurs, des Tran et Lê postérieurs ont bâti ce qui est la grande époque D~ Vi~t. A partir du XVIe siècle, l'histoire devient un enchevêtrement de rois (Lê et M().c) et une succession de conflits oppose les seigneurs Trinh du nord, aux seigneurs Nguyen du sud.

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Cette situation ne fut finalement résolue que par les victoires successives de Nguyèn Hu~ (empereur Quang Trung), qui créa une brillante mais brève dynastie. Du fait de ses relations avec les missionnairesfrançais lors de sa conquête du Vi~t Nam contre Nguyèn Huç, Nguyèn Anh (devenu l'emprereur Gia Long en 1802) avait établi un précédent dans les relations avec la France, entièrement remises en cause vingt ans plus tard par l'empereur Minh M~g, parce qu'il voyait dans l'évangélisation et la propagation de la culture occidentale une menace pour la monarchie. Cette mésentente sera plus tard la cause de la décision fran çaise de coloniser le Viçt Nam par la force, d'où les différentes entreprises de colonisation de la Cochinchine, suivie du protectorat du Tonkin et de l'Annam. La présence fran çaise aura une influence de près de cent ans au Viçt Nam et ne prendra fin qu'avec la défaite de Diçn Biên Phù en 1954. Mais elle avait déjà entrainé le Viçt Nam vers des aspirations d'indépendance qui serviront les desseins communistes. Dans l'union de la résistance anti-française, le communisme sut tirer profit de la ferveur du peuple et de sa crédulité. La conséquence la plus directe de la colonisation française sera ainsi la création d'un telTain favorable à l'éclosion du communisme et donc de la ligne de démarcation Nord-Sud au 17e parallèle. Avait-on sous-estimé la détermination communiste ou avait-on seulement voulu régler le problème au plus vite, mais le fait de prévoir un référendum deux ans après la signature des accords de Genève (21 Juillet 1954) pour détenniner le sort politique du pays n'était qu'une fa çon détournée de repousser le problème. Il est certain que le communisme, deux ans après avoir serré les vis ne pouvait que sortir vainqueur du vote! Les vingt cinq ans de guerre Nord -Sud au Viçt Nam, ne furent que le résultat de la guerre froide entre les deux blocs communiste et capitaliste. 27

Le Vi~t Nam, quelle que soit l'idéologie politique, a certainement fait les frais des grandes idéologies, auquel il a simplement selVÎde champ de bataille. En 1975, le monde occidental a accepté un état de fait, l'invasion communiste au Sud Vi~t Nam et a découvert par la même occasionque: - le Front National de Libération du Sud Viêt Nam devenu Gouvernement Révolutionnaire Provisoire a toujours selVi les desseins du Parti Communiste Nord Vietnamien, ce qui explique la mise en scène de l'entrée du GRP le 30 Avril 1975 à Sài Gan, la passation de pouvoir à la République Socialiste du Vi~t Nam à peine WIan plus tard et le limogeage des leaders du GRP.

- Le

référendum de réunification du pays n'ayant pas eu lieu en 1956, offrit alors aux Nord Vietnamiens l'occasion de créer la piste Ho chi Minh pour envoyer leurs troupes au Sud. Ce fait n'a été connu du public international qu'après la victoire du Nord sur le Sud Vi~t Nam, car lors des accords de Paris, le Nord Vi~t Nam

n'a jamais voulu régler le problème des prisonniers de guerre nordistes et par conséquent, ne souhaitait pas faire d'échange de prisonniers. L'argument était très simple: il ne pouvait y avoir de prisonniers de guerre Nord-Viêtnamiens au Sud car le Nord n'y avait jamais envoyé ses ttoupes. Mais, jusqu'à ce jour, ni le GRP ni le Nord Vi~t Nam n'ont encore revendiqué les massacres perpétrés à Huê au nouvel an lunaire de 1968, puis à Cai L~y..., ils se sont tout simplement contentés de se rejeter mutuellement le crime.
Depuis 1975, le Vi~t Nam réunifié a COIUlU des vicissitudes. bien Il est certain que l'on a mieux su gérer la guerre que la paix. Aussi, bien des plans ont été établis pour nationaliser et contrôler l'économie mais tous se sont soldés par un échec devant la résistance passive des Sud Viêtnamiens. De même, le vieux rêve de Ho chi Minh, de mettre le Cambodge et le Laos sous protectorat 28

communiste viêtnamien (l'ancien Parti Communiste Indochinois de 1930) s'est heurté au blocus international et à l'embargo américain. Fin 1989, avec les changements opérés dans le bloc soviétique et la chute du mur de Berlin, le Vi~t Nam s'est donné comme obligation de modifier son image de marque, d'effectuer un genre de "glastnost" (dÔi mm) à la viètnamielUle: l'économie est devenue plus florissante quoique artificielle; il y a desserrement de la surveillance de la milice communiste, plus de libre circulation, on semble réellement vouloir "rebâtir" le pays. Seulement la vraie liberté et la démocratie restent encore à établir, car les mouvements réclamant la démocratie ou la liberté d'expression sont le plus souvent vite réprimés.

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Histoire Histoire
2879-258

du

Vi At

Nam:

repères

chronologiques

et mythologie
av.JC Dynastie légendaire des Hùng Vlldng

Nom du pays: 258-208 207-111 av. JC av.JC: Dynastie Dynastie Annexion

Van Lang - Nom du pays: - Nom du pays: du Guangxi Âu L~c Nam Vi~t et du Guangdong

des Th~c des Tri~u

des territoires

Le ViAt Nam et la domination
111-39 ape JC Première Annexion provinces: 39-43 ape JC: Soulèvement Deuxième 248 Soulèvement Dynastie domination

chinoise
chinoise: par les Han, partagé en trois

du Nam Vi~t

Nh~t Nam, Giao Ch i, CÙu Chân des soeurs domination de dame Trung Trâc et Trung Nhi

43-544

chinoise: Triêu

Giao châu

thi Trinh

544-602

des Ly antérieurs

Ly Nam dé:: Ly Bôn
Tri~u Quang Ph~c lui succède le trône chinoise, du pays: Loan Hung Thùa révoltes An Nam dô hQ phù

Ly Ph~t tll usurpe

602-938

Troisième Appellation 722 791 906 931 Révolte Révolte Révolte

domination chinoise de Mai thûc de Phùng de Khûc

(Mai Hâc dê) (Bô Câi d~i vUdng)

Du de DUdng Diên Ngh~

Soulèvement

réussi

Les

dynasties

du

ViAt Nam

indépendant

30

937 -965

Dynastie de DUdng

des Ngô, avec Diên Ngh~ est déchiré (douze

Ngô Quyèn,

vaillant

général

968-980

Le pays sll quân

par trois

ans cfanarchie:Th~p

Nhj

seigneurs) tiên Hoàng) (Lê Hoàn) (Ly Công D~i Vi~t échec de l'invasion chinoise Uân)

980-1 009 1010-1225 1226-1400

Dynastie Dynastie Dynastie Début

des Dinh (Dinh des Lê antérieurs des Ly postérieurs de la grande époque

- Pays:

D~i cô Vi~t

1 ère conquête Expansion 1400-1407 Dynastie Echec

du Champa,

du bouddhisme des Tràn (Tràn, Cành)

de l'invasion du pouvoir

mongole,

conquête

du Champa

Usurpation 1407-1427

par le régent,

Lê Quy Ly £)~i Ngu (billets

Dynastie
Réformes de banque,

des Ho (Quy Ly)
avant-gardistes impôt chinoise

- Nom
rejetées

de pays:

par le peuple

sur le seL..)

- Conquête

du Champa les

1418-1426

Domination

par les Ming Trân Quy et Tràn

qui réinstaurent Quy Khoach

Tràn postérieurs: 1427-1527 1527-1592 1533-1788 Soulèvement Dynastie Dynastie

réussi

de Lê Ldi (Lê L~i) Dung) ngoài)

des Lê postérieurs des M~c (Mc;1C dang de Thanh

gouvernement 1570-1788 2e Dynastie gouvernement les seigneurs

Hoâ au Nord (Dàng

des Lê postérieurs de Thanh Trinh hoa au Sud (Dàng le Nord Trong)

gouvernent

(Bâc Trièu)

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