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Traces de lectures, sentiers de lecteurs

De
188 pages
La lecture n'est pas une activité neutre: elle met en jeu le lecteur et l'anime de relations complexes avec le texte. Il s'agit de suivre quelques lecteurs dans leurs voyages entre les lignes et de retracer leur chemin singulier. Loin des justifications habituelles, de l'injonction traditionnelle "il faut lire!", comment peut-on définir les enjeux que la lecture représente pour la formation du sujet?
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TRACES DE LECTURES, SENTIERS DE LECTEURS

www.librairieharnlattan.com diffusion.harmattan@wanadoo. fr harmattan 1@wanadoo.fr
(Ç)L'Harmattan, 2006 ISBN: 2-296-02487-4 978-2-296-02487 -8 EAN : 9782296024878

François TEXIER

TRACES DE LECTURES, SENTIERS DE LECTEURS
Lire, un acte de formation au quotidien

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique; 75005 Paris FRANCE
L'Hannattan Hongrie Espace L'Harmattan Fac..des Kinshasa L'Harmattan Italia 15 L'Harmattan Burkina Faso

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Université

- ROC

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Remerciements
TI y a beaucoup de personnes à remercier lorsque l'on s'apprête à publier son premier ouvrage. Si j'avais été Prévert, j'aurais probablement fait un inventaire de celles qui m'ont aidé, soutenu, dirigé durant la recherche. Cela aurait permis de débuter l'ouvrage en poésie. Je remercie Madame le Professeur des Universités Martine Lani-Bayle pour la confiance qu'elle m'accorde depuis mes débuts en Sciences de l'Education. Je remercie également Monsieur le Professeur des Universités Michel Fabre pour ses précieux conseils, et bien sûr les relecteurs: Christian Battaglia, Virginie Renou, Anne-Marie Riss et Nicole Cayzelle.

François Texier

Préface
"Que nous vaut un livre qui n'a pas même la vertu de nous emporter par-delà tous les /ivres?" Friedrich Nietzsche.

Si vous ne lisez pas, lisez de toute urgence le livre de François Texier sur la lecture. Si vous lisez aussi. Donner à lire un livre sur la lecture, le pari n'était pas si facile. Mais François a "écrit" ce livre et le texte vous le rendra bien: parfois osé, souvent poétique, jonglant habilement avec les mots, pratiquant la métaphore sans artifice tout comme un clin d'œil malicieux à l'aventureux lecteur que vous êtes, François Texier, en effet, a su de la lecture mettre à profit l'attrayante saveur. Restons toutefois prosaïque. Ce que vous lisez, se plaisait à dire Balzac, n'est qu'un livre, un assemblage de papier et de mots. Alors, comment de ce feuilletage banal et régulièrement bariolé de noir un intérêt quelconque peut-il surgir, voire un enseignement naître? Qu'est-ce qui fait courir le lecteur? Que fait la lecture au lecteur? Pour mettre en évidence et étudier cette étonnante autant qu'improbable alchimie, François a mis en œuvre ses souvenirs de lecteur praticien plus ou moins buissonnier: il a aussi écouté quelques lecteurs rencontrés dans un cadre de recherche universitaire; il a mâtiné ces témoignages d'effets de lectures plus ou moins savantes, parfois littéraires. Un bon zeste d'humour réflexif sur l'ensemble et, François n'ayant pas sa plume dans sa poche et les doigts toujours prompts à caresser les touches de son clavier portable, le tour était joué. Comme, par surcroît, il est vif et facétieux, il saura vous enchanter au point d'oublier ce que vous êtes en train de faire (lire), tout entier captivé que vous serez par son texte invitant, comme il l'écrit quelque part, "de la lecture évasion à l'esthétique de la réception." Comme Nietzsche du cœur de son Gai savoir}, il aurait pu vous interpeller ainsi: "A mon lecteur. De bonnes dents, un bon

1Nietzsche, Friedrich, Le gai savoir, Folio Essais Gallimard N°17, édition 1982, page 43 (N°54). -9-

estomac - C'est ce que je te souhaite! Et si tu as digéré mon livre, certainement tu sauras t'entendre avec moi. " Non, je le flatte en parlant de la sorte, il ne fau<h'ait pas qu'il écoute. Ça ne lui rendrait pas service, comme on dit pour les enfants. D'ailleurs, il vous agacera aussi, peut-être, vous embrouillera parfois par quelque cheminement touffu ou W1 rien redondant. Qu'importe: ce rebelle de la pensée prête-à-écrire mettra ainsi un brin de sel dans votre parcours de lecteur, vous procurant naturellement des points d'atTêt, salutaires pour ne pas trop perdre haleine. Car la lecture se savoure avec lenteur et humeur: "Soufflez, ami lecteur" nous conseille-t-il avec sagesse, "dégourdissez-vous les yeux. Savourez le blanc d'une page, vous éviterez ainsi de vous précipiter dans une course folle que les étudiants de mon espèce appellent l'exploration théorique. Une exploration menée au pas de course et au cours de laquelle on oublie souvent de s'asseoir au chevet d'une œuvre littéraire afin de prendre son temps."

Les mots sont les "chauffeurs des idées", dit encore François. Ainsi, ils suivent (ou précèdent) le cours fluctuant de la pensée. Nul doute qu'après cette promenade complice à ses côtés, vous deviendrez lecteur autrement. Martine Lani-Bayle Professeur en Sciences de l'éducation, Université de Nantes.

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Préambule Les lignes des livres sont comme de longs chemins apparemment tirés au cordeau, mais qui souffrent pourtant de recoins sinueux dans lesquels il fait bon se reposer. Peut-être lit-on par obligation, ou par plaisir, parfois même certains lisent en fraude sur les bandes d'arrêt d'urgence des sociétés totalitaires, où le pouvoir est comme un rouleau compresseur obsédé par la platitude d'un paysage social sans relief, sans danger pour sa propre survie. La lecture est une œuvre intellectuelle sans laquelle nos démocraties plongeraient dans l'obscurité; pourtant jadis, elles étaient vouées à bronzer sous le soleil rayonnant des Lumières. Elle est ce soleil sans lequel le citoyen ne pourrait trouver sa liberté dans la pénombre des pouvoirs sociaux. Cependant, quoique fidèle servante de la liberté, la lecture recèle des facettes mal connues que j'ai tenté de déceler au cours de ma première recherche de troisième cycle (diplôme d'études approfondies). J'aimerais vous présenter quelques recoins de ce paysage de réflexions. Je les ai sélectionnés certes dans l'espoir de faire un petit catalogue touristique (les "tours operators" des universités ne sont plus les guides désintéressés des pèlerinages d'antan I), mais aussi dans l'espoir de vous communiquer cette fabuleuse passion pour les livres. Cette passion est probablement l'une des plus merveilleuses choses que j'ai trouvées dans ce travail. Je croyais pourtant que les études en sciences humaines se réduisaient à la construction de modèles théoriques. Je devais être borné. N'aurais-je pas ouvert mes œillères que je n'aurais jamais pu découvrir les merveilleux paysages que dessinaient les lecteurs que j'ai rencontrés. Après les trois entretiens cliniques qui constituent le corpus de mon travail, je ne pouvais présenter des théories géométriques là où j'avais trouvé des modèles complexes. Je fus donc contraint de m'aventurer à mon tour dans une argumentation qui, sans renier les exigences de pertinence scientifique, se plaît à vous faire des clins d'œil parfois impertinents, mais si plaisants à écrire... Et je l'espère à lire!

- Il -

Je n'aime pas lire... Et puis d'abord, je veux mon histoire... "J'attends des lecteurs qu'ils lisent dans mes livres quelque chose que je ne savais pas,,2 Comment voulez-vous résister aux attentes d'Italo Calvino et continuer de dire "je n'aime pas lire" ? C'est terrible de lire des auteurs comme Calvino, j'ai fini par ne plus savoir écrire "je n'aime pas lire"... J'en perds mes mots, et bientôt, j'oublierai peut-être que je n'aimais pas lire... Moi, en écrivant cette introduction, je signe mon travail, je l'ouvre, je l'introduis comme l'indique l'étiquette de ce paragraphe. Votre travail commence à l'instant même où le mien se termine, c'est ainsi que lors des introductions, les auteurs passent le flambeau au lecteur. Cependant, il conviendrait d'amener, de passer de main à main, ce relais flambant avec une délicatesse attentionnée. Et moi, déjà je tangue au gré de mon expression, déjà je suis prisonnier de mon français, déjà j'ai commis plusieurs répétitions ("devrait" et "déjà") : je commence à peine cet ouvrage et je ne peux me retenir de faire peur à mon lecteur, me fuira-t-il "déjà" ?

2 Calvino, Italo, Si par une nuit d'hiver, un voyageur, Le Seuil, Paris, 1981. p.206.

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Introduction

générale

Au lieu de vous assommer avec les nombreuses théories concernant la lecture, de vous présenter les "livres-que-je-n'ai-paslus", j'aimerais qu'ensemble nous réfléchissions sur ces traits d'union. C'est Pennac qui m'a contaminé avec ce mot, cette tendance à unir les mots d'un trait. Unir les mots d'un trait, j'avais l'habitude de le faire. Comme j'aime bien écrire, cela ne me pose pas beaucoup de problèmes. Mais voilà que l'on me demande à présent de faire d'un trait, une union; trait d'union entre les mots, j'aimerais que mon écriture se définisse ainsi. Ecriture, Ô beauté féminine! Déjà tu me demandes un "e" pour devenir traite d'union. Par ce "e" capricieux, tu t'habilles et te maquilles. Sous mon regard inquiet, tu te changes et te transformes: déjà je m'impatiente. Impatient et "enrrragé" par tant de caprices, je ne peux que t'envoyer mes "r". Trait d'union, te voilà devenu traître d'union. A peine t'ai-je exaucé que déjà, tu me trahis. Lecteur, vous avez à présent goûté quelques phrases, mes mots ont fait votre connaissance à mesure que vous faisiez connaissance avec eux. Il est temps de prendre part au débat, aussi je vous invite à découvrir une petite définition de la lecture. En guise d'apéritif, je vais vous servir les mots d'un autre auteur. Cette définition vous sera très utile, lorsque le flou et la confusion de mes idées venus, vous vous sentirez un peu seul. Alors comme le souligne Picard3, la lecture peut être définie de quatre façons différentes: . La lecture d'information, pragmatique . La lecture d'évasion, de distraction . La lecture prétendument professionnelle ou critique . La lecture en tant qu'art.
TIconviendrait d'ajouter une autre définition: la lecture comme déchifli"ement du signe écrit. Cette définition est d'ailleurs valable pour le

3 Picard, Michel, La lecture comme jeu, Les Editions de Minuit, Paris, 1986, p.8.

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déchifIi-ement de tous autres signes comme les signes cartographiques par exemple. Nous connaissons ainsi les expressions, telles que "lire lU1ecarte routière", où le mot lecture renvoie à l'interprétation de signes extérieurs autres que les livres. Cependant, ce n'est pas des aspects "déchi:ffrement" dont nous entendons traiter ici. Aussi, il convient d'écarter cette définition.

Pour Picard4, le modèle du jeu permet précisément de penser la lecture comme interaction. Le concept de jeu se caractérise en opposition avec celui de travail. Ainsi, l'auteur compare les qualificatifs du travail et ceux du jeu. Il parvient à quelques oppositions comme: sérieux/jeu, utile/gratuit, fécond/stérile, travail/loisir, capitalisation/dépense improductive. La lecture est alors un acte problématique, je pourrais, à mon loisir, tantôt la qualifier de sérieuse, tantôt de jeu, tantôt d'utile. Finalement, les oppositions relevées par Picard n'auraient plus de pertinence dans une définition globale de la lecture. Cependant, nous allons les garder en proposant une dynamique de cette définition. J'envisage la lecture comme le jeu de ces oppositions. Cette manière globalisante pourrait devenir floue dans la mesure où elle génère une obscure superposition conceptuelle. Cependant, le modèle englobant ne serait plus au même niveau que ces définitions théoriques: il apparaîtrait comme modèle émergeant dans l'activité lecture. Lecture jeu de contradictions, activité paradoxale: c'est notre hypothèse générale. En vous invitant à regarder en bibliographie la liste des ouvrages que je n'ai pas lus, je voulais, certes, vous provoquer, mais surtout provoquer l'accouchement du concept de lecture. Concept immense que celui-ci, j'aurais dû le réduire, et le réduire encore afin qu'il passe la petite porte de ma pensée avant de se retrouver face à la vôtre. Mais je le vois déjà frapper à votre porte, il est pourtant trop gros, jamais il ne passera, il faut le réduire. J'ai le sentiment qu'il se joue de moi et c'est comme si, en le réduisant, il m'invitait à le définir, à l'approcher. Au lieu de commencer ce travail par de rigides définitions, prenons ce flou théorique comme un défit à relever. Aussi ne grincez pas des dents devant mes

4

Picard, Michel, La lecture comme jeu, op. cit.

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maladresses et faites, avec moi, le pari qu'à la fin de l'ouvrage, nous entendrons un peu mieux battre le cœur de la lecture. J'ai choisi de ne pas commencer par une avalanche de théories visant à définir le concept de lecture. Avant de crier au scandale, lisez tout de même la suite de l'introduction de cette première partie. D'abord, l'expression "concept théorique" est un pléonasme dont je vous invite à rire. Un concept est toujours théorique, puisqu'il est concept. Le concept de lecture sera défmi et redéfini tout au long de ce travail, chaque fois que je présenterai un aspect de la lecture. Ainsi, je pourrais presque présenter mon travail comme une tentative de définition du concept de lecture. Cependant, appeler cet essai "tentative de définition du concept de lecture comme outil de formation" ne va pas sans me rebuter. Cet ouvrage, n'est pas un essai philosophique, vous le constaterez bientôt, ni une exploration exhaustive. J'ai cherché à comprendre différentes pistes théoriques et différentes expériences de lecture. Le "hasard" veut qu'à l'heure où j'organise la présentation de ce travail, les liens entre mes lectures théoriques et les lectures de mes entretiens se trouvent encore mêlés. Presque enlacés, je les surprends parfois à se railler de moi. Comme s'ils étaient fiers d'avoir déjoué la règle que j'avais fixée: chacun son camp, chacun sa partie. C'est ainsi que j'aurais voulu organiser mon travail: deux camps séparés presque faits pour se comprendre l'un, l'autre. Mais je n'ai pas pris garde, je les ai laissés jouer sans surveillance, juste quelques jours - pas plus - et voilà que je les retrouve mélangés dans un jeu dont je connais à peine les règles. Pour construire ma réflexion, je me suis, certes, nourri de lectures nombreuses, mais pourtant insuffisantes. Dès lors que j'ai commencé à lire pour ce travail, j'ai vite compris que jamais je n'aurai parcouru assez d'ouvrages. Mon histoire de lecteur est ainsi teintée d'un triste visage, celui du manque. Et, j'espère que vous saurez trouver mes lacunes, me glisser quelques mots sous cette porte que je referme. Me dire, tu aurais dû lire Butor ou bien d'autres encore. D'ailleurs j'ai sur mes genoux Les combustibles d'Amélie Nothomb5, le dernier-né de mes

5 Nothomb, Amélie, Les combustibles, Albin Michel, Paris, 1994. - 15 -

lectures sur les livres, il voudrait, lui aussi, s'inviter au banquet mais la table est débarrassée. Je ne voulais pas faire de cet ouvrage une revue d'auteurs, une photo de famille. Je me suis ainsi arrêté longuement près de quatre lecteurs pour les écouter, reconstruire leur histoire de lecteur. TIs s'appellent James, Michel, Cécile et Alexandra. TIsne sont que quatre, comme vous pouvez le constater et, si leur expérience de lecteur ne nous permettra pas de faire une théorie générale sur la lecture, j'essaierai, en revanche de vous restituer fidèlement ce qu'ils m'ont appris sur la lecture. James est étudiant en maîtrise de philosophie. Elève moyen au lycée, il explique sa réussite scolaire par la culture littéraire qu'il a acquise (parfois aux dépens du travail scolaire). Lecteur réfléchi, il nous offre un regard critique sur sa propre expérience de lecture, j'espère en avoir saisi toute l'intelligence. Michel est un enseignant universitaire attaché à la psychologie. Plus âgé que les autres narrateurs, il nous explique comment la lecture demande de l'attention, de la lenteur. TInous donne quelques pistes pour comprendre comment la lecture permet la distance intellectuelle. Cécile et Alexandra sont plus jeunes, elles terminent leur année de troisième au collège. Fines lectrices, elles nous feront redécouvrir le sucre candi (voire "candide") du temps où nous commencions à connaître. Plus qu'un discours de lectrices, c'est un vent de fraîcheur qui s'échappera de leurs paroles, balayant la poussière qui s'était déposée dans ma tête, au fil de mes années passées à errer à l'université. Savants discours que ceux des lecteurs que j'ai rencontrés pour ce travail, leurs mots, en formant la deuxième face de cette réflexion, donneront tout le sens du titre de cet ouvrage: traces de lectures, sentiers de lecteurs. Ces précisions vous permettront de mettre des lecteurs derrière les expressions écrites en italique que vous trouverez au fil de la lecture. Les idées ne tombent pas du ciel, elles viennent souvent des dires des gens, pour peu qu'on les écoute. A présent, il convient de vous esquisser les grandes directions dans lesquelles vous allez devoir vous engouffrer. Avant que, dans ce gouffre obscur, vos gémissements ne retentissent - je vous entends déjà dire "où est-on ?" - je vais vous donner le plan. La lecture pourrait être abordée de plusieurs façons, j'ai choisi de - 16-

l'approcher comme un espace d'activité. Aussi, dans une première partie je m'efforcerai de montrer comment il est possible de concevoir la lecture comme un espace. Nous nous attacherons à en défmir les qualités. Cette promenade nous conduira à envisager le lecteur comme une personne effectuant un cheminement dans cet espace. Ensuite nous nous demanderons comment il est possible de penser ce cheminement en tant qu'acte créateur et formateur.

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Première partie: former la lecture