Psychologie et management

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Description

En s'adressant directement au lecteur cet ouvrage propose un parcours original dans le monde professionnel avec pour mission d'aider chacun dans son développement professionnel ou personnel. Ce parcours comporte cinq étapes qui sont autant de jalons vers la réussite grâce aux explications et clefs données par les auteurs.


20150203

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Date de parution 09 février 2007
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EAN13 9782130614395
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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QUE SAIS-JE ?

 

 

 

 

 

Psychologie et management

 

 

 

 

 

PHILIPPE BURG

Consultant en développement
des hommes et des organisations

 

PIERRE JARDILLIER

Professeur émérite à l’École de psychologues praticiens

(Institut catholique de Paris)

 

Quatrième édition mise à jour

10e mille

 

 

 

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De Pierre Jardillier

Presses universitaires de France.

L’avenir de la psychologie industrielle, PUF, « Le Travail humain », 1961.

L’organisation humaine des entreprises, PUF, « Le Travail humain », 1965.

La gestion prévisionnelle du personnel, PUF, « SUP-L’Économiste », 1972.

La maîtrise de l’emploi, PUF, 1982.

L’organisation humaine du travail, PUF, « Que sais-je ? », n° 125, 4e éd., 1987.

La psychologie du travail, PUF, « Que sais-je ? », n° 1722, 5e éd., 1997.

Le développement humain dans l’entreprise, Manuel de psychologie du travail appliquée, PUF, 1986.

Les conditions du travail assisté par ordinateur (TAO), PUF, « Que sais-je ? », n° 1772, 3e éd., 1993.

Éditions Transhumances.

Vingt ans de galère. Plaidoyer pour une économie humaniste, 1998.

L’Europe du partage. Les enjeux de la mondialisation, 2002.

Zéro de conduite. Les accidents : prévention ou répression ?, 2004.

Partage des saveurs d’Europe et de Méditerranée, Éditions Transhumances, 05100 Val-des-Prés, 2006.

 

 

 

978-2-13-061439-5

 

Dépôt légal — 1re édition : 2001

4e édition mise à jour : 2007, février

 

© Presses Universitaires de France, 2001
6, avenue Reille, 75014 Paris

Sommaire

Page de titre
De Pierre Jardillier
Page de Copyright
Prologue à deux voix
Remerciements
Dédicace
Introduction – L’œil du cyclone
Chapitre I – L’emploi
I. – Modalités et crises de l’emploi
II. – Productivité et raréfaction de l’emploi
III. – La maîtrise de l’emploi
IV. – Perspectives pour l’emploi de demain

Configurations de l’entreprise et identité sociale

Les valeurs et choix de l’entreprise
Votre place et votre pouvoir dans l’entreprise
Identité sociale de l’entreprise et critères d’éthique
Chapitre III – Le management des temps prochains
I. – La complexité du management des temps prochains
II. – Des compétences à mettre en œuvre pour (se) manager
III. – Le management du temps partagé
Chapitre IV – Piloter votre parcours professionnel
I. – Les conditions du parcours
II. – Connaître votre potentiel et vos motivations
III. – Le développement personnel
Chapitre V – L’entreprise en mouvement
I. – La conduite du mouvement du point de vue de l’individu
II. – Les composantes du mouvement
III. – Les facteurs de réussite de la conduite du mouvement
Conclusion
Bibliographie

Prologue à deux voix

Philippe Burg : « Monsieur Jardillier, pourquoi ces années de labeur au service d’une réconciliation entre économie et place de l’homme ? »

Pierre Jardillier : « La réponse est simple, Burg, parce qu’il faut bien contribuer à rapprocher ce que tant d’intérêts séparent. »

P. B.  : « Ce “Que sais-je ? ” en commun, est-il un ultime coup de gueule ? »

P. J.  : « Ou bien le premier d’une série dont vous assurerez les suivants ? »

P. B.  : « Si vous n’aviez qu’une seule chose à nous dire ? »

P. J.  : « Confiance. »

P. B.  : « Si vous n’aviez qu’une seule chose à faire ? »

P. J.  : « Vous passer le relais. »

Remerciements

Aux clients qui nous accordent leur confiance.

À nos pairs d’ALGOE consultants, à ceux avec lesquels nous avons cheminé chez IDRH Consultants, feu Coopers & Lybrand, feu Quaternaire, et qui nous ont accompagnés dans nos découvertes et réflexions.

À Jacques-Daniel Gillot, pour ses contributions au chapitre IV.

Dédicace

Cette quatrième édition est dédiée
à la mémoire de Pierre Jardillier

Introduction

L’œil du cyclone

Bienvenue dans l’œil du cyclone. Le cyclone, c’est le monde professionnel.

L’œil est cette zone privilégiée où règnent la paix et le silence propices à une réflexion détendue à laquelle nous vous convions. Tel est le sujet de cet ouvrage à deux voix : vous dans l’ensemble des liens que vous avez, pourriez avoir ou avez eu avec l’environnement professionnel.

Vous, face aux turbulences professionnelles ; vous, pour que vous puissiez piloter votre développement professionnel et personnel.

Vous fournir des grilles de lecture, vous proposer des conseils simples et opérationnels pour que vous puissiez piloter le plus sereinement possible votre propre développement.

Tel est l’objectif, ambitieux et modeste à la fois, de deux consultants en développement des hommes et des organisations qui ont choisi de prôner une seule valeur : VOUS.

Les auteurs, bien que psychologues du travail, ne parleront pas que de psychologie. Nous nous attacherons à éclairer quelques variables de l’environnement professionnel et, pour chacune, nous vous proposerons de pouvoir faire les choix les plus objectifs possibles en fonction de vos psychologies, en fonction de vos logiques d’âme. Nous souhaitons que, ainsi éclairés, vous puissiez jalonner votre propre développement personnel et professionnel.

Ce voyage passera par différents camps de base qui constitueront autant d’étapes de descriptions, d’analyses et d’apports. Ces étapes seront les suivantes :

Première étape : l’emploi, condition première du développement humain.

Puis le monde de l’entreprise, telle qu’elle fut et demeure mais aussi telle qu’elle devient et sera, pour vous aider à vous y reconnaître et à vous y intégrer.

Dans cette entreprise, où que vous soyez, vous participerez peu ou prou au management. On y parlera beaucoup de temps. Vous aussi.

C’est à cette part de management que vous exercerez que vous pourrez apprécier votre parcours professionnel dont vous devez être le principal acteur.

Enfin, l’entreprise est en mouvement, elle changera et peut-être aussi en changerez vous. De toute façon vous serez modelé et vous serez aussi modèle.

La connaissance et l’imagination procédant par sédimentations successives, nous ne serons sûrement pas révolutionnaires, préférant être « évolutionnaires » et proches de votre dynamique personnelle. Que cette modeste contribution à une grande cause – vous – puisse devenir une compagne sur les chemins de votre réalisation.

Chapitre I

L’emploi

Née il y a cinquante ans, l’Union européenne (voir bibliographie) demeure fidèle à son objectif de développement humain. Elle a exprimé, dans la charte communautaire des droits sociaux fondamentaux des travailleurs, ses objectifs en matière de travail et d’emploi et les moyens à mettre en œuvre pour les atteindre. Elle doit, dans les prochaines années, simultanément, mettre plus efficacement son économie au service des peuples qu’elle rassemble, intégrer cette économie au commerce mondial et sauvegarder les valeurs de la civilisation européenne. Elle doit pour cela protéger le travail comme facteur d’intégration et assurer durablement la croissance de l’emploi. Nous tenterons dans ce chapitre de déceler les repères qui permettront à chacun, quel que soit son rôle dans la vie économique, de s’y mieux reconnaître :

  • – comprendre la crise de l’emploi ;
  • – distinguer du quantitatif le qualitatif ;
  • – discerner ce que sera l’emploi de demain.

I. – Modalités et crises de l’emploi

Depuis plus de trente ans déjà, nos gouvernants font de l’emploi la priorité des priorités et la panacée contre la « crise économique ». Il n’y a jamais eu de crise économique durant ces trente ans mais une série impressionnante de crises financières et, en France, en dépit d’acrobaties statistiques fort inventives, une croissance continue du nombre des chômeurs vrais, des salariés pauvres et très pauvres. Depuis plus de trente ans, nous savons presque tout sur le chômage, parce que nous avons voulu agir en fonction des caractéristiques de ceux qui en sont victimes : les jeunes à la recherche d’un premier emploi, les plus de 50 ans, les chômeurs de longue durée, les sans-diplôme à former, ceux qui le sont trop... Nous savons tout sur le chômage et nous ignorons tout ou presque sur l’emploi.

Nous savons comment les actifs se répartissent entre secteur marchand, secteur public et tiers secteur ; assez mal ce que sont les horaires réels de travail. Nous commençons à entrevoir qui crée des emplois et qui dégrade l’emploi en le supprimant.

1. Les trois secteurs de l’emploi. Contenus et valeurs. – L’INSEE et les organismes d’analyse économique distinguent trois grands secteurs de l’emploi correspondant pour les salariés à trois statuts significativement différents :

1/ Contenus

• Le secteur marchand, que l’on qualifie fréquemment aussi de privé. Il est constitué des entreprises (SA, SARL...) à but lucratif ayant donc pour objectif la production et la distribution de biens et de services correspondant à des marchés. Le propriétaire de l’entreprise (l’actionnaire majoritaire) exerce le pouvoir d’allouer les ressources – en particulier financières – en fonction des orientations stratégiques et des gains escomptés.

• Le secteur public et parapublic : les administrations nationales et celles des collectivités territoriales ; les services publics (enseignement ou santé, par exemple) ; les associations para-étatiques (ANPE, AFPA, par exemple) ; les entreprises nationales à vocation industrielle et commerciale.

• Le tiers secteur, beaucoup plus disparate, où l’on regroupe :

  • – tous les « indépendants » exerçant leur métier individuellement dans le cadre des professions libérales ;
  • – les artisans, les commerçants et leurs salariés ;
  • – les actifs de l’économie sociale : coopératives, mutuelles, associations (loi 1901) participant à l’activité économique ;
  • – les associations caritatives et les organisations non gouvernementales (ONG) ;
  • – enfin, un très grand nombre de petites entreprises qui, sans aucun doute, ont pour objectif la pérennité plutôt que le profit, et qui – à ce titre – relèvent beaucoup plus du tiers secteur que du secteur marchand.

2/ Valeurs

Ces trois secteurs se distinguent aisément. Chacun d’eux est porteur de valeurs qui lui sont propres et d’une idéologie qui les sous-tend. Ces valeurs génèrent aussi, pour tout salarié qui y œuvre, un statut propre.

• Les grandes entreprises du secteur marchand sont en France le fer de lance de l’économie « libérale ». Elles font de la précarité de l’emploi l’essence même de leur compétitivité. Elles prônent la loi du marché qui fixe la valeur du travail en fonction du rapport entre l’offre et la demande ; elles recourent largement au travail temporaire et à la sous-traitance. Le capital y est plus largement rémunéré que le travail, et l’emploi est perçu comme un coût que l’on souhaite éviter.

• Le secteur public, en dépit de sa diversité, sauvegarde ses règles fondamentales : on y accède et on y progresse par concours ; on y respecte un statut. La vocation, la règle fondamentale du secteur public est de répondre aux besoins collectifs des citoyens, sur tout le territoire et dans des conditions de stricte égalité. Comme il y a une idéologie de l’économie libérale, il y a une idéologie du service public : on ne choisit pas d’être fonctionnaire pour faire fortune mais pour servir l’État.

• Le tiers secteur, c’est l’économie du partage : partage du pouvoir, partage du travail, partage des risques, partage des résultats. Ce partage est de règle dans les coopératives (SCOP), les mutuelles, les associations ; il est de fait pour un grand nombre de petites et moyennes entreprises industrielles ou commerciales, mais surtout :

  • – chacun y a choisi son métier pour en vivre, sans aucun doute, mais son statut pour l’exercer, par préférence ;
  • – chacun y demeure libre mais respectueux aussi des règles de sa profession (les règles de l’Art pour un compagnon du Bâtiment, le serment d’Hippocrate pour un médecin, le code de déontologie des psychologues ou des avocats...) ;
  • – chacun sait qu’il travaille pour des personnes qu’il connaît (clients, patients, élèves...) ;
  • – chacun, enfin, est solidaire du groupe d’appartenance (compagnons, collègues, confrères...). C’est l’intégration par cooptation des associations.

2. L’emploi par secteur et les zones de compétition. – L’emploi salarié en France doit concerner début 2006 environ 23 millions de personnes :

  • – 11 millions environ relèvent du secteur marchand ;
  • – 6 millions environ du secteur public et parapublic ;
  • – 6 millions environ du tiers secteur (dont près de 500 000 relèvent expressément de l’économie sociale).

En réalité, un très grand nombre de petites et moyennes entreprises fonctionnent beaucoup plus selon les règles de l’économie du partage que selon celles du secteur marchand. Elles sont sous-capitalisées et rémunèrent le travail du dirigeant et non l’investissement dont il est propriétaire.

L’INSEE (voir bibliographie) distingue 16 grandes branches d’activités : dans trois d’entre elles, au moins, les trois grands secteurs de l’économie se trouvent en situation de « cohabitation compétitive » et emploient des effectifs importants, et cet équilibre dans la complémentarité est fréquent dans nombre de pays membres de l’Union européenne.

 

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Répartition des effectifs par secteur dans trois grandes branches d’activités

II. – Productivité et raréfaction de l’emploi

L’étude des chiffres de l’INSEE qui dénombre les résidents actifs (occupés) par âge, sexe, nationalité, branche d’activité et sous-branches..., menée pour les années 1990 à 1995, apporte quelques lumières (voir bibliogr., Vingt ans de galère).

1. Emplois créés, emplois perdus. – Durant chacune de ces cinq années, la France a perdu en moyenne 80 000 à 85 000 emplois, et simultanément le pourcentage des salariés occupés à temps partiel a progressé. La dégradation réelle de l’emploi a donc été supérieure à ce qu’indiquent les dénombrements. Il est fort aisé de distinguer l’évolution de l’emploi par secteur durant ces cinq années :

1/ Les organismes relevant du secteur public ont créé fort peu d’emplois, 30 000 par an en moyenne pour un effectif de l’ordre de 6 millions (soit 0,5 % de croissance) depuis 2004.

De 1995 à 2000 puis de 2000 à 2002, les effectifs de la fonction publique n’ont pas sensiblement progressé. Ils se sont déplacés en raison de la décentralisation. Les besoins croissants de remplacement des retraités ne seront pas couverts. Deux synthèses de l’INSEE le montrent :

 

Catégories concernéesEffectifs
20002002
Enseignants986 3611 013 724
Autres (hors militaires)1 290 845
1 300 828

 

La progression des effectifs est inférieure à celle de la population.

 

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Pour 1 /, il s’agit de transferts d’effectifs préfectoraux, soit vers les conseils généraux, soit vers les fonctions régionales.

Pour 2 /, il s’agit principalement de créations de fonctions lors des créations de communautés urbaines.

2/ Les organismes relevant du tiers secteur, y compris l’économie sociale mais non comprises les PME et PMI du secteur marchand, ont créé environ 50 000 emplois salariés par an (soit presque 1 % de leur effectif) ;

3/ Le secteur marchand, à l’inverse, a perdu en moyenne 160 000 à 170 000 emplois par an.

 

Au total, donc, le secteur public et le tiers secteur ont compensé ensemble au mieux pour moitié le déficit d’emploi provenant du secteur marchand. Ce phénomène, depuis 2004, s’est accéléré.

2. Les branches marchandes en perte d’emploi. – Constatant que seul le secteur marchand a été cinq années consécutives au moins en déficit d’emplois, il est intéressant de rechercher comment cette perte d’emplois se répartit...