J'innove donc je suis !

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Description

Directeur d'innovation en France et théoricien de l'évolution des modèles et outils d'innovation, Florin Paum encourage la compréhension des comportements des acteurs de l'innovation, en créant de véritables ponts entre le monde des praticiens et le monde des théoriciens. Il donne ici la parole à des dirigeants visionnaires qui nous fait prendre part au processus généralisé d'innovation (sociale et technologique) qui créé de la valeur partagée entre toutes les parties prenantes.

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Publié par
Date de parution 01 janvier 2014
Nombre de lectures 24
EAN13 9782336335032

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Florin Paun

J’INNOVE, DONC JE SUIS !

e
Visionnaires du XXIsiècle

Collection dirigée par Georges Nurdin







J’innove, donc je suis !






















Dans la collection « Un autre regard »


Michel Jurquet & Annick Schott,Pilotage des ressources
humaines en PME, 2013.
Vincent Rodriguez (dir.),Nouvelle-Calédonie. Des tabous, du
nickel et des hommes, 2013.
Adnane Maâlaoui & Sylvaine Castellano, L’autoentrepreneur
dans tous ses états, 2013.
Georges Nurdin (sous la direction de),Évolution et perspectives
du management, 2012.
Georges Nurdin (sous la direction de),Les Nouveaux Enjeux
du management, 2012.
Josse Roussel,Économie et management de l'entreprise, 2011.

Florin PAUN





J’innove, donc je suis !


e
Visionnaires duXXIsiècle




































© L’Harmattan, 2013

5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Paris

www. harmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-02005-1
EAN : 9782343020051

Contributeurs


EmmanuelLechypre, EdgarMorin, Jean-ClaudeVolot,
ClaudeBartolone, NicholasStern, Jean PaulDelevoye, André
Santini, HenriRévol, PierrePelouzet, PhilippeMutricy,
PhilippeFreyssinet, Jean-LucPlacet, Laurent
Grandguillaume, Jean-MarcChery, JacquesRocca, Bertin
Nahum, SylvainAllano, Walter R.Stahel, YannBarbaux,
Pier CarloPadoan, EricSchulz, GérardRoucairol, Jean
Mounet, MichelleDebonneuil, ChristianPierret, Joachim
Rams, NaviRadjou, ThomasO’Neal, Jean-Louis
Cabrespines, Jean PierreBlanc, YannCramer, Abdellah
Mezziouane, PhilippeRichard, RobertBoyer, Michel
Derdevet, Hugues-ArnaudMayer, CostelSubran, Bernard
Bismuth, EliseNebout, Ingrid AnarelaVaileanu Paun

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Remerciements


Je remercie tous ces visionnaires du XXIe siècle qui ont accepté
de participer à cet ouvrage et surtout de partager avec nous leur
vision et leur confiance envers ce changement d’attitude, cette
nécessaire « métamorphose » (Morin, 2012) des générations du
XXIe siècle. Merci à Emmanuel Lechypre, pour avoir accepté
le challenge d’écrire la préface de ce livre et merci à Ingrid
Anarela Vaileanu Paun, journaliste et économiste, pour sa
contribution à la sélection et l’organisation des interviews. Je
remercie également Yves Bourdillon, journaliste et écrivain
français pour ses conseils et son soutien pour cet ouvrage.
Merci à Georges Nurdin (Paris School of Business) qui a
encouragé et soutenu la publication de l’ouvrage aux éditions
l’Harmattan et à Yann Dudreuil pour son aide à la relecture de
l’ouvrage. Et surtout, je remercie toutes ces PME et ETI
innovantes, ces grands groupes et chercheurs français qui m’ont
inspiré dans l’analyse de ces sujets depuis plus de 7 ans. Ce sont
eux qui m’ont donné confiance chaque jour grâce à leur attitude
nouvelle, à cette « culture d’innovation » (« J’innove, donc je
suis !) qui opère une véritable « métamorphose » de notre
société. Cela malgré la routine, les hésitations et les blocages
inévitables face à l’émergence de ce nouveau modèle français
d’innovation. Merci enfin à vous, lecteurs qui osent imaginer
avec nous comment seraient la France et le Monde, avec cette
nouvelle attitude et culture d’innovation que nous pouvons tous
adopter pour suivre la « Voie » (MORIN, E., 2012) de la «
métamorphose » de notre société du XXIe siècle.

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Préface


LES MINES D’OR DE L’INNOVATION

Ce bon vieux Lord Keynes ? Ruiné ! L’ampleur quasi
historique des déficits et des dettes des Etats interdit toute
relance de l’activité par la dépense publique. Et ce cher Milton
Friedman, maître à penser des banquiers centraux obsédés par
la lutte contre l’inflation ? Dépassé ! Les taux d’intérêt ont beau
être quasiment nuls dans tous les grands pays, le crédit ne repart
pas. Rien n’est plus difficile que de vouloir faire boire un âne
qui n’a pas soif. On l’aura compris : les grands leviers de la
politique économique, qui permettent en temps normal de
rythmer la marche des affaires, sont hors d’usage.

Comment dès lors, relancer la croissance? En se tournant, si
l’on arpente le Panthéon des économistes, du coté de Ricardo et
Schumpeter, les chantres de l’entrepreneuriat et de l’innovation.
C’est l’économie d’en haut, celle de la finance globalisée, qui a
plongé l’économie du bas dans la crise ? Qu’à cela ne tienne !
C’est l’économie d’en bas qui remettra à flot l’économie d’en
haut.

Un scénario tout sauf utopique : notre époque est en effet à
l’aube d’une série de mutations technologiques comme
l’humanité en a connu moins d’une dizaine (roue, métier à
tisser, machine à vapeur, électricité, information..).Mutation
énergétique vers un modèle plus économe et plus intelligent
(smart grids, productions décentralisées) ; mutation industrielle
avec l’arrivée de nouveaux robots aux capacités décuplés par
rapport à celles de leurs ancêtres.Mutation analytique avec les
nouveaux territoires explorés par le « Big data », la capacité à
traiter des masses d’informations gigantesques pour leur donner
du sens. Un marché estimé à 23,8 milliards de dollars d’ici à
2016 selon le cabinet IDC. Mutation servicielle aussiavec les
objets devenus intelligents. En 2020, 50 milliards d’entre eux
seront reliés par internet: on entrevoit à peine la multitude de

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nouveaux services sophistiqués qui pourront être rendus,
notamment aux personnes dépendantes. Et encore àtoutes ces
pistes s’ajoutent à celles déjà ouvertespour explorer de
nouveaux territoiresprometteurs, comme les nanotechnologies,
biotechnologies ou le cognitif. Le sang qui irriguera ces
mutations ? Le numériquebien sur: si la France sait surfer sur
la vague, ce secteur pourrait assurer le quart de la croissance au
cours des prochaines années,sans compter l’énorme bond en
avant de productivité que son utilisation pourrait provoquer
dans toutes nos administrations abruties de paperasses.

L’effet d’entrainement pourrait être d’autant plus puissant que
la France a du retard : la moitié seulement des PME ont un site
internet, et le taux d’acclimatation aux nouvelles technologies
est inférieur de 30% à la moyenne européenne. Alors c’est
maintenant qu’il faut mettre les bouchées doubles. Car à trop
attendre, c’est le décrochage qui sera au bout de la route.

Surtout, les derniers travaux réalisés par La Poste pour mesurer
les ressorts du moral des Français aboutissent à des conclusions
sans appel et formidablement porteuses d’espoir : loin d’être
abattus, les Français gardent foi en l’avenir grâce au progrès :
75%, contre 79% en 1982.

Un progrès qui spontanément est associé à la technologie, à la
science et à la médecine. Pour deux Français sur 3, on vivra
mieux dans 20 ans grâce aux nouvelles technologies et 70% ont
confiance en internet pour améliorer leur niveau de vie.
Logiquement, les scientifiques apparaissent de loin comme les
acteurs auxquels on fait le plus confiance pour faire progresser
la société : 41%. Mais juste derrière, ce sont les chefs
d’entreprise qui sont plébiscités par les Français, devant les
médecins !

En revanche, c’est un fiasco pour les intellectuels, les
économistes, les enseignants (4%) et surtout les hommes
politiques : 1% seulement des Français estiment que c’est à eux
qu’il faut faire le plus confiance pour faire progresser la société.
Logiquement, c’estvers les petites entreprises que les Français

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se tournent pour nous sortir de la crise : 81% des Français les
plébiscitent, 10% seulement font confiance aux politiques. C’est
dans ce contexte que cet ouvrage collectif parvient à offrir une
vision nouvelle et génératrice de confiance pour aborder les
logiques de création de valeur au XXIe siècle. Au regard de son
travail reconnu au niveau international (l’Encyclopédie
Springer a repris ses nouveaux concepts en innovation), le
docteur Florin Paun, cadre dirigeant et expert dans les stratégies
et outils d’innovation avec les PME et ETI, propose les
contributions de plusieurs visionnaires du XXIe siècle : «
J’innove, donc je suis ! ».

La filiation avec la pensée de Descartes est ainsi perpétuée pour
répondre aux nouveaux choix des sociétés innovantes : la
coconstruction, le travail collaboratif, l’open innovation,
l’innovation participative avec les PME, les grands groupes, les
laboratoires de recherche, l’innovation sociale, l’évolution des
modèles économiques et des modèles d’innovation.

Expert dans l’évolution des stratégies d’innovation, fort d’une
réputation qui s’est construite avec ses travaux scientifiques sur
les « asymétries » dans les processus collaboratifs comme
l’innovation ou bien l’échelle de maturité de la demande lors de
la création de valeur par la compréhension des besoins
(Demand Readiness Level, DRL), Florin Paun veut mettre en
lumière le travail des praticiens, qui ne s’oppose pas mais
complète le travail des économistes. Des personnalités comme
Lord Nicholas Stern et Edgar Morin ont accepté de rejoindre
cette nouvelle approche dynamique de responsabilisation de
chacun, pour envisager ensemble les nouveaux enjeux de la
création et d’évaluation de valeur dans le XXIe siècle. Leurs
témoignages visionnaires sur cette nouvelle attitude « J’innove,
donc je suis!» encouragent plus que jamais à agir pour
coconstruire une valeur partagée.

Docteur Florin Paun s’est montré soucieux de donner la parole
à des dirigeants visionnaires qui malgré leurs différences nous
ouvrent les esprits vers le même objectif : prendre part avec
confiance et plaisir au processus généralisé d’innovation

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(sociale et technologique) qui crée de la valeur partagée entre
toutes les parties prenantes.

Nous voilà emportés dans une ouverture d’esprit accessible,
positive qui assume avec philosophie: « Pensez!… pour
Innovez !... en plus d’Exister!»… Cela peut créer de la valeur
partagée pour tous!

Emmanuel Lechypre,
Editorialiste, directeur de l’observatoire BFM Business

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Avant-propos


« Ca ne se fait pas ! »
Combien de fois avez-vous entendu cela dans votre vie, chaque
fois quand vous avez proposé quelque chose de nouveau ?
Veblen (Veblen, 1914), lui-même, serait étonné du succès de la
multitude de règles non écrites qui se sont institutionnalisées
avec autant de vigueur, au point de s’insérer presque partout
dans nos vies dès que l’on ose sortir des sentiers battus.

Et pourtant, nulle innovation n’est possible sans s’écarter des «
chemins connus ». Mais qu’est-il advenu de ce beau pays qu’est
la France, ce pays réputé pour son esprit innovant qui a donné
au monde le mot ENTREPRENEUR dont la traduction en
anglais est identique ? Un mot qui me rend fier d’être devenu
français en sus de toutes les autres valeurs que ce pays incarne
aux yeux du monde…

Cet entrepreneur qui aime innover est incarné en la personne
d’un certain Cyrus Smith sur l’Ile Mystérieuse, décrite par un
visionnaire comme Jules Verne… Il se montre à l’opposé des
approches qui bloquent l’innovation aujourd’hui: « C’est
comme ca », « On peut rien faire », « Mets de l’eau dans ton vin
», « Apprends à arrondir les angles »…

Un grand professeur que j’ai eu la chance de croiser au MIT,
Eric von Hippel, me disait que le seul blocage qui nous
empêche de réagir même en cas de menace directe sur notre
propre existence est le « blocage culturel ». Et d’un seul coup
les choses se sont éclaircies en ce qui concerne les questions
qu’on peut se poser… Pour se sentir utile, se sentir exister dans
la société, dans ce monde devenu très dynamique et très
interactif et interculturel, il faut innover.

Il s’agit surtout de l’innovation dans son acceptation globale :
innovation de produit, de procédé, de développement
commercial, de mode de production, d’organisation : innovation

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de concepts entrepreneurial, social, écologique, économique (au
sens d’innovation sociale) ainsi que d’approche créative même
pour résoudre des problèmes, de capacité d’intégration des
nouvelles idées et des suggestions des parties prenantes.

Or pour Innover, il faut réussir l’exploitation d’une nouvelle
idée à moyen et long terme. Cela implique le changement de
quelque chose qui existait auparavant, cela signifie donc
affronter un probable « blocage culturel ». Faire face au fameux
« cela ne se fait pas car C’EST COMME CA » !

Heureusement, il y a des solutions. Le même professeur von
Hippel disait ensuite que devant un « blocage culturel » il n’y a
que deux options : changer les règles ou provoquer sur des
bases culturelles.

Notamment, Edgar Morin, le visionnaire du XXIe siècle, nous
montre la Voie (Morin, 2012) et nous encourage ; évoluer n’est
pas seulement utile mais absolument nécessaire, et il est donc
temps de se livrer à une véritable « métamorphose ».

Là où ma vie professionnelle m’a amené, je me suis fait un
devoir de remarquer ces hommes et femmes qui, soit via une
certaine provocation, soit au prix de changements subtils, ont
réussi à développer et mettre en route des nouveaux
instruments, de nouveaux mécanismes, qui permettent au
génome d’un nouveau modèle d’innovation français de se
développer depuis quelques années, ce qui permet d’espérer
aujourd’hui une véritable « métamorphose », comme nous le
rappelle le message d’Edgar Morin.

Ce livre est donc avant tout un hommage à ces praticiens
visionnaires, qui, parfois sans le savoir, sont en train de
contribuer à développer et faire partager ainsi de nouveaux
Concepts utiles, à construire une véritable culture d’innovation ;
il suffit d’analyser leurs pratiques avec attention. Ces Concepts
ont la capacité de faire diffuser le savoir-faire innovant et de
nourrir encore mieux les Pratiques, car l’école française dispose

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de cette capacité inouïe d’enseigner aux jeunes la force des
Concepts s’ils sont mis en pratique avec succès.
Comment dès lors conserver les beaux acquis sociaux de
l’Europe de l’ouest tout en épargnant les ressources et en
gardant notre compétitivité au sens le plus « rude » de
l’économie de marché sur le marché mondial ? En créant de la
Valeur toujours, peut être avec un sens du mot Valeur un peu
révisé, mais suffisamment orienté dans le sens d’améliorer nos
vies et celle des autres. Sommes-nous donc « condamnés » à
Innover ?

Dans ma vie de praticien, je suis plongé depuis des années dans
les concepts économiques, car je veux comprendre quels sont
les conditions et les outils nécessaires pour que les stratégies
d’innovation fonctionnent. Et j’ai compris dès le début que la
grande beauté de l’économie réside dans une proposition très
simple : en économie, 1 plus 1 n’est jamais égalà 2 ! En effet
l’économie additionne deux «1 »qui sont différents, d’où
l’impossibilité d’obtenir au final ce 1 plus 1 égal à 2. Par
exemple, le résultat d’un travail collaboratif entre une PME et
les chercheurs d’un laboratoire de recherche visant un projet
d’innovation, n’est jamais une somme des connaissances des
parties impliquées dans ce processus d’innovation. Ce travail
débouche véritablement sur des idées nouvelles, potentiellement
démultiplicatrices de valeur au-delà d’une simple somme.
Comme c’est beau de faire travailler ensemble des gens
différents, de faire croiser des domaines, des marchés, des
acquis, des connaissances, des compétences différentes ! Vive
l’asymétrie (culturelle) créatrice de valeur mais compensons,
réduisons même d’autres typologies d’asymétries (de risque, de
temporalité, etc.) qui bloquent ce même processus de création
de valeur.

Quid de l’Innovation dans tout cela ? Vous allez voir dans cet
ouvrage que certains parlent encore des filières… mais en lisant
plus en profondeur vous comprendrez que les filières ne sont
plus perçues comme des filières sectorielles, sur un domaine
donné, mais bien sur des thématiques transversales comme les

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industries vertes, comme la mobilité vs transport etc.… Une
nouvelle culture d’innovation est en marche!

Certains économistes (STIGLITZ, 1992) considèrent que la
Valeur est créée dans une relation transactionnelle basée sur
l’asymétrie d’information entre les acteurs de la transaction. En
appliquant la théorie de « l’asymétrie d’information » au
processus d’innovation avec les PME, il apparaît que plusieurs
ajustements sont nécessaires dans le cas de ces processus
collaboratifs comme l’innovation.

Si la Valeur se créée par les différences, ces asymétries si
chères aux économistes, quand le processus est si hautement
collaboratif, comme celui de l’innovation, il est toujours
indispensable de compenser, voire de réduire certaines de ces
asymétries (de risque, d’échelle temporelle, etc.) afin que tout
simplement les gens puissent travailler ensemble. Car oui, pour
innover règne toujours un principe fondamental ; il faut toujours
que des êtres humains s’entendent et se fassent confiance pour
travailler ensemble. Ceci reste valable pour un Grand Groupe
comme pour une Start-up, tout comme pour des petites et
moyennes entreprises (PME) ou des artisans dans tous les
domaines de l’activité humaine. En résumé, avoir des Idées et
faire les efforts et les changements nécessaires pour les
transformer en Succès reconnus par la société devient une
attitude, un état d’esprit du XXIe siècle.

Ce livre donne la parole à des acteurs très différents, tous
concernés par la problématique de l’Innovation et ayant des
rôles importants dans le changement en cours. La liste n’est
surement pas exhaustive et ils sont seulement ceux dont j’ai
personnellement remarqué les idées, les succès et la vision et
qui ont pu se joindre à cet effort commun de partager leurs
idées dans cet ouvrage.

Quelques fondamentaux se dégagent de leurs interviews. Ils ont
tous une attitude d’ouverture d’esprit, sont tous portés par cette
confiance enleur travail, en la nécessité de leurs efforts qui
permet au changement d’être visible (au moins, pour eux). Tous

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ont implémenté ou suggéré des mécanismes pour que les parties
prenantes au processus d’Innovation se rencontrent et arrivent à
se faire confiance pour œuvrer ensemble à cette «
métamorphose » de la société du XXIe siècle, une société
inscrite déjà sur la « Voie » d’une culture d’innovation. Ils ont
tous œuvré d’une certaine manière à « compenser ou réduire les
asymétries » entre les acteurs divers de l’innovation (PME,
grands groupes, laboratoires de recherche, etc.), pour favoriser
ce travail collaboratif visant la création de valeur partagée.

J’ai eu le plaisir d’échanger avec Nick von Tunzelmann sur le
sujet de l’importance de ces outils et mécanismes de
« compensations et/ou réductions des asymétries» des acteurs
des processus collaboratifs comme l’innovation. Notre travail
de recherche (PAUN et al., 2012) est aujourd’hui partagé avec
les économistes maisaussi avec les praticiens de l’innovation.
En effet, les acteurs de l’innovation se dotent, par
enrichissement mutuel, des "capacités dynamiques" (une notion
chère à Nick von Tunzemann et à unprix Nobel de l’économie,
Amartya Sen), à la suite justement d’un travail collaboratif
rendu possible grâce aux instruments de « compensation et/ou
réduction »des « asymétries » existantes entre les parties
prenantes. J’avais identifié dans un ouvrage antérieur les
différences entre les risques, les échelles de temps et surtout les
« cultures » au sens des approchesinstitutionnalistes des
diverses parties prenantes du processus collaboratif
d’innovation (entrepreneur, chercheur, PME, grands groupes,
laboratoires de recherche).

Les experts interviewés dans ce livre donnent de magnifiques
exemples de solutions favorisant l’innovation au travers, en
outre, de nouveaux outils et mécanismes de compensation et/ou
réduction de ces asymétries.Leurs contributions à cet ouvrage
nous incitentà suivre cette Voie de la « métamorphose » vers
une véritable culture d’innovation créatrice de « valeur partagée
» (au sens de PORTER, 2011).

Pourquoi ce titre : « J’innove, donc je suis ! » ?

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