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L'administration de l'éducation, 2e édition

De
500 pages
Dans cette deuxième édition de L’administration de l’éducation, les auteurs décrivent ce qui, depuis le début du XXe siècle, a jalonné le développement du champ d’études qu’est l’administration de l’éducation au Québec, au Canada, aux États-Unis et même en Europe. Pour ce faire, ils ont dépouillé nombre de documents – livres, revues et bulletins, communications scientifiques, archives, mémoires et thèses, annuaires d’universités, bases de données – et ont recueilli les propos de pionniers qui ont enseigné l’administration de l’éducation au Québec.
Cette édition met à jour chacun des chapitres en y apportant une nou­velle perspective de l’enracinement du champ d’études au Canada en milieu francophone minoritaire, notamment au Manitoba. Une place est également faite à la gestion de la diversité, dans une perspective de gestion inclusive et, enfin, à l’administration de l’éducation dans le contexte de l’évolution de l’université québécoise.
Le lecteur y puisera les éléments pour une meilleure compréhension des fondements théoriques et pratiques de l’administration de l’éducation au Québec. Il y découvrira comment s’est élaborée la philosophie de formation des gestionnaires de l’éducation et saisira davantage l’origine des conceptions de la formation, de la recherche, des techniques et des pratiques actuelles de ce domaine.
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L’administration de l’éducation
CANADA
FRANCE
BELGIQUE
SUISSE
Presses de l’Université du Québec Le Delta I, 2875, boulevard Laurier bureau 450, Québec (Québec) G1V 2M2 Téléphone: 418 657-4399 – Télécopieur: 418 657-2096 Courriel:puq@puq.ca– Internet:www.puq.ca
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L’administration de l’éducation
Une perspective historique
e 2 ÉDITION
clermont BàrnàbéetPierre Toussàint Préface dePhilippe Dupuis
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada
Barnabé, Clermont, 1934-2004, auteur
L’administration de l’éducation: une perspective historique / Clermont Barnabé, Pierre Toussaint.
e 2 édition.
Comprend des références bibliographiques. Publié en formats imprimé(s) et électronique(s).
ISBN 978-2-7605-4877-0 ISBN 978-2-7605-4878-7 (PDF) ISBN 978-2-7605-4879-4 (EPUB)
1. Administration scolaire – Histoire. 2. Administration scolaire – États-Unis – Histoire. 3. Administration scolaire – Canada – Histoire. 4. Administration scolaire – Québec (Province) – Histoire. I. Toussaint, Pierre, 1951- , auteur. II. Titre.
LB2805.B2723 2018
Correction d’épreuves Mélissa Guay
Mise en page Interscript
371.2’0097
er Dépôt légal: 1 trimestre 2018
C2017-942785-7
C2017-942786-5
Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque et Archives Canada
© 2018 – Presses de l’Université du Québec Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés
Imprimé au Canada D4877-1 [01]
PréfacE
Le travail de moine, copiste de livres, a disparu depuis que l’imprimerie a été inventée. L’organisation de banques de données et leurs traitements, autres travaux de moine, sont devenus d’une facilité et d’une efficacité à faire jurer le plus pieux des étudiants de doctorat des années 1960. Les vocations se font donc de plus en plus rares avec la disparition des champs de pratique. Certains ont cependant encore la vocation pour le travail de moine comme en témoigne la production des «frères» Barnabé (†) et Toussaint: L’administration de l’éducation: une perspective historique.
Que de fois au cours des conférences, symposiums, colloques et autres forums d’échanges sur l’administration de l’éducation ne s’entend-on pas sur le besoin que le champ aurait d’une vue d’ensemble de son développement, de ses difficultés et réussites afin de ne pas réinventer la roue à chaque quart de siècle, de ne pas répéter les erreurs du passé, de se comprendre soi-même professionnellement en prenant de la perspective et, surtout peut-être, de bâtir le présent sur les acquis du passé. De multiples raisons sont invoquées pour ne pas s’y attaquer, mais encore plus d’excuses sont avancées pour justifier qu’on laisse à d’autres la tâche de le faire. Les excuses, on devrait écrire l’excuse est toujours la même: par où commencer, comment retrouver, regrouper, analyser ces montagnes de données, disparates, inégales, sans lien bien évident, dispersées, oubliées… Publication et promotion obligeant, on ira pour du conventionnel, si possible un questionnaire sur un sujet d’actualité susceptible d’attirer des subventions. D’autres plus… patients, tenaces, endurants, désintéressés… se trouveront peut-être un jour suffisamment courageux pour mener à bien cette œuvre, par ailleurs presque essentielle, fondamentale.
Toute la communauté de l’administration scolaire se doit d’être reconnaissante aux professeurs Barnabé (†) et Toussaint d’avoir entrepris cette tâche et surtout de l’avoir complétée en dépit des obstacles. Le bénéfice est évident pour le milieu universitaire. Il ne l’est pas moins pour le milieu de la pratique, car un praticien qui n’a pas de cadre de référence, qui ne sait pas professionnellement où il se situe risque fort de devenir un exécutant à recettes toutes faites, sans envergure et vite dépassé surtout dans les organisations complexes que sont devenus les établissements scolaires même modestes.
La première, ou l’une des premières réactions en lisant cette œuvre, c’est que nous venons de loin. Nous, les professeurs des universités, nous les administrateurs du ministère, des commissions scolaires, des établissements du Québec, avons parcouru en moins de quarante ans un chemin presque inimaginable au début des années 1960. On n’a qu’à se rappeler le combat autour de la direction générale des commissions scolaires: bicéphalie, direction unifiée! Le résultat de ce combat illustre bien le fait que nous ayons atteint une certaine reconnaissance professionnelle et même une reconnaissance professionnelle certaine comme administrateurs scolaires.
Une des leçons les plus claires de l’histoire en général et de la perspective historique présente est que l’on mise trop souvent sur le très court terme. Que devant la complexifiation de la tâche l’on est porté à s’assurer des compétences techniques immédiates en négligeant souvent la vision globale de la fonction, la philosophie, le cadre opérationnel qui assure des actes administratifs intégrés, cohérents et à moyen et long termes plus efficients. Surtout dans un cadre opérationnel de plus en plus complexe, de
plus en plus instable ou, comme le décrivait Barnabé (†) dans une publication antérieure, dans l’ère postmoderniste où tout est mouvant.
Une autre considération s’impose à la lecture des chapitres de l’ouvrage. Une somme de travail énorme dans les universités a produit des résultats extrêmement intéressants, mais «l’anarchie institutionnalisée» que sont les universités, selon certains, fait qu’on est allé dans tous les sens à la fois. De plus, souvent, chaque chercheur, penseur ou praticien semble ignorer ce que d’autres ont produit. Un exemple: la professionnalisation de l’administration scolaire ou sa spécificité. Dès le début des années 1960, Bidwell avait magistralement jeté les bases sur lesquelles on aurait pu, avec beaucoup d’assurance et probablement de succès, faire avancer la réflexion. Il a été très souvent ignoré ou considéré trop réducteur. Ce n’est que ces dernières années qu’on redécouvre la valeur de ses propositions. On peut dire la même chose des études conduites en français au Québec. Il serait gênant de demander à un groupe de chercheurs en administration scolaire: Qui a lu les résultats des recherches des collègues? Des regroupements ont tenté de pallier cette ignorance, le dernier en liste au Québec, l’Association pour le développement de l’enseignement et de la recherche en administration de l’éducation (ADERAE), maintient un lien minimal annuel entre les professeurs, étudiants et praticiens pour leur permettre de partager leur savoir et leur expérience.
Une autre leçon du livre des professeurs Barnabé (†) et Toussaint, c’est la prise de conscience de l’importance que représente le lien avec le milieu de pratique professionnelle pour les unités universitaires d’administration de l’éducation. Là où l’on s’est réfugié dans la recherche pour la recherche, excellente par ailleurs, où l’on a maintenu des programmes d’enseignement, rationnellement inattaquables, mais sans sensibilité locale, on s’est à moyen terme isolé, on est devenu, à plus long terme, sans signification (irrelevant) pour les milieux de pratique.
Par ailleurs, la contrepartie de cette attitude, qui consiste à ne répondre qu’aux besoins ad hocdu milieu sans intégrer les interventions dans un cadre rationnel théorique, enlève rapidement toute crédibilité au groupe qui opte pour cette voie. L’université n’est pas une boîte de consultants. Les unités d’administration de l’éducation ont une vocation universitaire professionnelle. Nous faisons partie de facultés d’éducation qui ont pour mission de former des maîtres et du personnel administratif dans un cadre universitaire. L’intégration des écoles normales à l’université fut longue à venir au Québec, l’objectif était de rehausser la qualité de la formation offerte, mais non de l’abstraire du milieu professionnel. La dernière réforme de la formation des maîtres indique clairement ce besoin de demeurer branché sur le milieu de pratique. L’art, c’est de réaliser cette quasi-quadrature du cercle d’une formation éminemment pratique fondée et nourrie par les théories générées par la recherche. Vérité absolue autant en formation d’administrateurs scolaires que d’enseignants.
Comme les universités sont, premièrement, de par la culture du milieu, des établissements de recherche, la carrière d’un professeur ne peut en pratique progresser sans un fort dossier de publications des résultats de ses recherches. L’enseignement est clairement secondaire. Encore aujourd’hui, et ce, dans des secteurs professionnels comme le nôtre, on indique très clairement au nouveau professeur que sa priorité, c’est de se trouver un créneau de recherche qui lui procure des subventions et surtout qui l’assure de publications dans des médias prestigieux. L’enseignement? «Eh bien, faites que l’on n’ait pas de plaintes.» Comment alors répondre aux besoins des étudiants qui viennent pour recevoir une solide formation professionnelle qui les habilitera à prendre en charge des établissements scolaires d’une complexifiation croissante? L’ambiguïté, pour ne pas dire la méfiance, du milieu de l’éducation vis-à-vis notre capacité à répondre aux besoins
de leurs gestionnaires, que soulignent Barnabé (†) et Toussaint dans leur réflexion, ne viendrait-elle pas en grande partie de là?
Il nous faut impérativement rester branché sur le milieu. Une façon d’y parvenir dans certains départements universitaires, à Montréal par exemple, a consisté à doubler le personnel enseignant en lui adjoignant des directions d’école, des directions de services en fonction mais prêtées par leur employeur, des directions générales de commission scolaire, des directeurs d’école nouvellement retraités. De plus, les contenus des programmes de formation offerts aux groupes de candidats à la direction dans les commissions scolaires sont le résultat d’une entente et d’un partenariat avec les autorités concernées. C’est Denis Massé, professeur retraité de l’Université de Sherbrooke et professeur invité à l’Université de Montréal, qui anime le groupe élargi de professeurs et assure le contact avec le milieu qu’il connaît comme aucun autre professeur d’université. Les premiers résultats sont encourageants. Il demeure que c’est une formule qui exige un renouvellement perpétuel. De plus, on pourrait, comme dans certaines unités universitaires d’administration des affaires, confier une partie importante de l’enseignement à des professeurs à qui l’on ne demande pas par ailleurs de production de recherche. Ils ont une charge d’enseignement plus lourde que le professeur régulier et leur mission est de traduire en enseignement les résultats des recherches les plus à jour dans leur domaine de compétence. C’est un système qui semble très bien fonctionner à l’Université McGill, par exemple à la Faculté de management.
Un autre débat rappelé par l’ouvrage est celui produit par la recherche de la spécificité de l’administration scolaire et, surtout, dans certains cas, de la tentation de créer une coterie d’universitaires en décrivant l’administration scolaire en termes alambiqués, en utilisant périphrases et néologismes pour lui donner l’apparence du mystère, du secret réservé aux initiés. Cette attitude est la marque évidente du complexé cherchant à s’imposer.
Les actes professionnels des milieux de l’éducation et de l’administration sont non exclusifs et essentiellement faciles à concevoir. De plus, les parents, clients des organismes d’éducation, font tous de l’éducation, de leurs enfants, et de l’administration, de leurs ressources familiales. Il est probablement plus difficile d’atteindre la reconnaissance professionnelle dans ces champs de pratique que dans des professions où l’acte professionnel est moins «commun», comme en droit ou en médecine.
Cette recherche de la spécificité de l’administration de l’éducation semble intéresser d’abord et avant tout les professeurs d’université. Pourquoi devrait-on être unique? L’unicité, la spécificité rendrait-elle l’administration de l’éducation plus performante? Évidemment oui si la spécificité était telle que les pratiques, lois et théories de l’administration générale ne pouvaient prendre en compte la nature de l’organisation propre à l’éducation. Les auteurs Barnabé (†) et Toussaint montrent bien que, jusqu’à maintenant, les chercheurs et penseurs n’ont réussi qu’à établir qu’il s’agit tout au plus d’une variation des modèles, qu’on trouve dans l’administration publique, d’organismes de service. Ce que la proposition de Bidwell établissait déjà dans les années 1960.
Le milieu présente, en commun avec d’autres milieux, ce qu’il est convenu d’appeler une bureaucratie professionnelle. Une des caractéristiques de ces bureaucraties c’est que l’administrateur ne maîtrise pas nécessairement l’acte professionnel spécifique au groupe de travailleurs qui fonctionnent sur la ligne de production. Avantage diront certains, cette bureaucratie s’est préservée presque partout une administration issue du corps professionnel principal de l’organisation, donc qui connaît d’expérience l’acte professionnel. Une autre caractéristique de ces bureaucraties, centrale elle, c’est la liberté
professionnelle, professionnelle.
ici de l’enseignant: dans sa
classe il est maître de sa pratique
Ce qui caractérise l’administration de l’éducation plus que tout autre aspect probablement, c’est la nature même de l’acte professionnel de la «ligne de production», la relation maître/élève. Cet acte donne à la profession enseignante des lettres de noblesse à nulle autre pareille. Les enseignants sont des chanceux, car leur gagne-pain, c’est de faciliter la croissance d’êtres humains. Et l’essence de la tâche de l’administrateur de l’éducation, c’est de faire en sorte que ce processus éducatif se produise et atteigne les plus hauts standards d’excellence.
Comme on le répète souvent, les sources les plus puissantes de motivation et d’implication sont celles qui répondent aux besoins psychologiques du haut de la pyramide des besoins des individus vivant en société. Toute direction d’école devrait se compter privilégiée par la nature du travail d’éducation qui fait appel aux besoins les plus nobles des individus, à leurs besoins intimes d’estime et de réalisation de soi. Quoi de plus noble que l’acte de rendre libres, autonomes, productifs et autosuffisants des êtres en croissance!
En comparant cette situation à tout autre champ de pratique administrative, on voit facilement l’avantage énorme que l’administrateur scolaire possède pour mobiliser son personnel. Serait-ce là la spécificité de l’administration scolaire?
Au lieu de se chercher une spécificité, le cheminement suivi par beau-coup de chercheurs, comme le montre clairement lechapitre 4, pourrait se résumer à ceci: observons par exemple des écoles et identifions les facteurs qui expliqueraient que certaines réussissent à garder leurs élèves et à les conduire au succès dans leurs apprentissages. Essayons de définir le rôle de la direction dans ces situations et tentons de déterminer quelles caractéristiques présentent les directions efficientes. Il s’agira ensuite de sélectionner les personnes qui présentent les aptitudes identifiées pour les inviter à développer leur potentiel et accéder à la direction d’une école. Les programmes des universités devraient justement assurer ce développement du potentiel des candidats à la direction.
Ce que l’on pourrait reprocher aux auteurs, cependant, c’est leur réserve, leur modestie, leur timidité. Ils ont, c’est évident pour moi, la compétence et l’autorité pour présenter une proposition articulée de ce que doit être l’enseignement de l’administration de l’éducation au Québec. Ils se sont peut-être imposés comme discipline de demeurer très factuels. Je crois qu’ils auraient pu se «laisser aller»! N’ayant pas parcouru tout leur cheminement de recherche, mais son résultat, leur livre, il m’est venu des idées, des suggestions pour nourrir la pensée des administrateurs de l’éducation et surtout des professeurs du champ d’études. En revoyant les chapitres d’analyses des programmes, en me souvenant de ce qui fut présenté comme évolution de la discipline, comme embûches liées aux besoins de demeurer en contact avec le milieu, d’être significatifs et comme critiques adressées aux programmes dans grandeur et misère du champ d’études, je serais tenté d’être osé, peut-être téméraire, mais de suggérer une piste de réflexion que la lecture du volume a précipitée chez moi.
Un bon administrateur scolaire, c’est quelqu’un qui a une vision claire des objectifs de son établissement et de son rôle, vision soutenue par un système personnel de valeurs éducatives intégrées. Par valeurs intégrées, on veut dire que la personne situe très bien son idée, sa philosophie, son cadre de référence professionnel, le projet de son école dans le cadre plus général des courants pédagogiques anciens et contemporains. On veut aussi souligner la nécessité de retrouver chez cette direction une bonne culture générale comme soutien à sa pensée pédagogique. Une personne de culture vivante, qui continue