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La participation. Les GEM, un modèle exemplaire

De

De l’écriture comme indicateur d’une participation à leur système de vie, au retour à la citoyenneté, les adhérents des Groupes d’entraide mutuelle (GEM) se positionnent petit à petit dans leur participation à la vie sociale.

Ces lieux sont-ils des moyens pour permettre une réintégration ? Cette nouvelle réalité qui vient clore un cheminement de fermeture des hôpitaux psychiatriques annonce-t-elle une réelle ouverture ?

Ces lieux, divers au niveau national, sont-ils vraiment des symboles vivants d’une innovation sociale en marche ou le repli réel de ces nouvelles structures baigné dans un discours qui se veut libérateur ?

Dans cet ouvrage qui interroge les contradictions et les paradoxes d’un nouveau système de participation pour des personnes en difficultés psychiques, une écrivaine, des travailleurs sociaux, des bénévoles, un sociologue, un économiste, un psychologue, proposent des pistes de réflexions pour ouvrir le débat éclairant sous plusieurs angles les problèmes de cette réalité.


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La Participation Les GEM, un modèle exemplaire sous la direction de Guy Boucher
Sommaire La ParticipationLes GEM, un modèle exemplaire Sommaire Introduction Culture, insertion et participation ÉCRIRE ? L’ÉCRITURE ÉCRIRE EN ATELIER, EN GROUPE UN ATELIER ÉCRITURE ? Où se situe la limite entre expression personnelle et thérapie ? C’est un rapport à l’art L’ATELIER D’ÉCRITURE, LIEU D’EXPÉRIMENTATION DU PROCESSUS DE CRÉATION ? L’ÉCRITURE COMME LIEN SOCIAL Les GEM ont-ils compris ?
1 L’USAGE DES PSYCHOTROPES
2 LE DÉBAT SUR L’AUTISME
3 LA LOI DE JUILLET 2011 LES GEM COMME RÉSURGENCE DE TENTATIVES PASSÉES CONCLUSION Les Groupes d’entraide mutuelle : une innovation sociale ? LES GEM, UN PRODUIT DE L’INNOVATION ASSOCIATIVE LES GEM INSCRITS DANS L’ESPACE POLITIQUE LE GEM UNE FORME DE SOLIDARITÉ PARTICULIÈRE
LE GEM, UNE ENTREPRISE D’ÉCONOMIE SOCIALE DES QUESTIONS POUR L’AVENIR La vie des GEM gardois et l’élaboration de leur projet associatif DES ATOUTS DANS LE BERCEAU DES GEM GARDOIS UN DISPOSITIF DE SOUTIEN STRUCTURÉ AUTOUR DES NOTIONS DE LIEN ET DE RESPECT ALLER VERS L’AUTONOMIE : UN CADRE ACCOMPAGNANT LA DIVERSITÉ DU RÉSEAU LOCAL DANS CHAQUE TERRITOIRE EST EN COHÉRENCE AVEC LE PROJET DU GEM ENTRAIDE EST LE MOT CHOISI PAR LE LÉGISLATEUR POUR QUALIFIER CES GROUPES DE PERSONNES, TOUTES EN SOUFFRANCE PSYCHIQUE ÊTRE CONSIDÉRÉ COMME UN CITOYEN À PART ENTIÈRE : La citoyenneté : une pratique et un cheminement au quotidien Témoignage des Groupes d’Entraide Mutuelle du Gard et de l’Hérault Petit rappel historique pour se situer Le Groupe d’entraide mutuelle, une organisation citoyenne La maladie dans un espace de normalité sociale De la conscience à l’inscription sociale Une expertise commune qui se crée et se partage
Un ordinaire qui transmute
Un regard et une participation créatifs et poétiques Être citoyen dans la cité GEM, entre réalités de terrain et nouveaux discours des expériences humaines en quête de sens INTRODUCTION DE L’EMPLOI DE TERMES NOUVEAUX POUR PARLER DE LA RELATION D’AIDE COMMENT SITUER LES EXPÉRIENCES HUMAINES VÉCUES À L’INTÉRIEUR DES GEM ? LA CITOYENNETÉ DANS LES GEM, ENTRE ENGAGEMENT ET IDENTITÉ POUR CONCLURE Cahier de doléances d’Advocacy-France concernant les GEM 1 RETOUR À UNE ENVELOPPE DE 75000 EURO PAR GEM ET IN-DEXATION DE L’ENVELOPPE SUR LE COÛT DE LA VIE 2 POSSIBILITÉ D’OUVRIR DE NOUVEAUX GEM LORSQUE D’ANCIENS GEM VIENNENT À DISPARAÎTRE 3 ABANDON DU FINANCEMENT DE SERVICES QUI NE SONT PAS DES GEM SUR LES CRÉDITS GEM 4 ABANDON DU FINANCEMENT DES GEM QUI NE SONT PAS ANIMÉS PAR UNE ASSOCIATION D’USAGERS 5 FINANCEMENT POUR AIDER À LA CRÉATION D’ASSOCIATIONS D’USAGERS INDÉPENDANTES DES INSTITUTIONS 6 Pas de création de GEM non porté par une association d’usagers 7 PRIORITÉ DONNÉE AUX FÉDÉRATIONS D’ASSOCIATIONS D’USAGERS POUR PARRAINER DES GEM. FINANCEMENT POUR LEUR PERMETTRE D’EFFECTUER UN PARRAINAGE EFFECTIF 8 PAS D’ÉLARGISSEMENT DU PUBLIC SANS AUGMENTATION DE L’ENVELOPPE 9 AUGMENTATION DE L’ENVELOPPE POUR FINANCER DE NOUVEAUX GEM, CRÉÉS À L’INITIATIVE DES USAGERS 10INDÉPENDANCE TOTALE DES GEM PAR RAPPORT AUX ÉTABLISSEMENTS ET SERVICES SANITAIRES ET MÉDICO-SOCIAUX 11 ENCOURAGEMENT DE LA PAIR-AIDANCE ET DE LA PAIR-ÉMULATION. EVITER QUE L’ANIMATEUR AIT UNE FORMATION « PSY » 12 ENCOURAGEMENT DE L’OUVERTURE ET DU PARTENARIAT AVEC DES STRUCTURES ET DES ASSOCIATIONS D’ANIMATION SOCIALE DANS LA CITÉ 13 ABANDON DE LA GESTION DES GEM PAR LE SECTEUR SANITAIRE. GESTION DES GEM AU TITRE DE LA COHÉSION SOCIALE Participation à la vie sociale : les troubles psychiques et l’entraide mutuelle sont-ils fongibles et compatibles entre eux ? MALADIE MENTALE ET HANDICAP PSYCHIQUE PARTICIPATION À LA VIE SOCIALE ET DÉMOCRATIE SANITAIRE USAGERS-ADHÉRENTS VERSUS PROFESSIONNELS MISE EN PLACE DES GEM PARRAINÉS PAR L’ASSOCIATION AIRIS DÉBAT CONTRADICTOIRE OU ANTAGONISME IRRÉMÉDIABLE ? UN CADRE SOUPLE PEUT-IL TENIR AVEC DES STRUCTURES RIGIDES ? DU TRAITEMENT AUTOMATISÉE DES PLAINTES, OU COMMENT ACCROÎTRE LA
CONFUSION… LE CONFLIT EST-IL UN PROBLÈME OÙ UN SIGNE ? LES ADHÉRENTS : À QUI S’ADRESSE-T-ON VRAIMENT ? EN GUISE DE CONCLUSION… PRÉSENTATION DES AUTEURS Déjà parus dans la même collection :
Présentation de l'ouvrage :De l’écriture comme indicateur d’une participation à leur système de vie, au retour à la citoyenneté, les adhérents des Groupes d’entraide mutuelle (GEM) se positionnent petit à petit dans leur participation à la vie sociale. Ces lieux sont-ils des moyens pour permettre une réintégration ? Cette nouvelle réalité qui vient clore un cheminement de fermeture des hôpitaux psychiatriques annonce-t-elle une réelle ouverture ? Ces lieux, divers au niveau national, sont-ils vraiment des symboles vivants d’une innovation sociale en marche ou le repli réel de ces nouvelles structures baigné dans un discours qui se veut libérateur ? Dans cet ouvrage qui interroge les contradictions et les paradoxes d’un nouveau système de participation pour des personnes en difficultés psychiques, une écrivaine, des travailleurs sociaux, des bénévoles, un sociologue, un économiste, un psychologue, proposent des pistes de réflexions pour ouvrir le débat éclairant sous plusieurs angles les problèmes de cette réalité. Auteur :Responsable de la formation des éducateurs à l’IRTS L-R, Enseignant au CEMEA (Montpellier), Guy Boucher est aujourd’hui retraité et Président de l’association AIRIS et de la fédération des GEM 34
Introduction Guy BOUCHER Permettre aux personnes ayant des difficultés psychiques de s’inscrire dans la cité comme des citoyens à part entière, voilà le pari que font les Groupes d’Entraide Mutuelle (GEM). Ce ne sont pas des vases clos, mais des ponts qui se jettent de la rive du handicap vers celle de la société « normale » ; ce ne sont pas des enclos psychiatriques mais bien des lieux où la parole circule, où l’air extérieur vient redonner des couleurs aux désirs des uns et des autres, où l’envie d’aller voir ailleurs peu à peu s’installe comme une évidence. Huit articles que j’ai voulu d’orientations diverses et d’ancrages théoriques différents pour parler de cette merveilleuse aventure que sont les GEM :
Un article de Jeanne Bastide, qui tire son fondement d’une longue pratique auprès de populations en souffrance psychique ou mis à l’écart par la société, vient nous parler ici d’une inscription ou réinscription dans l’imaginaire, passage oublié, pour mieux se réinscrire dans le social actuel. Les mots qui s’alignent viennent organiser du sens sur ce que l’on a vécu, ce que l’on vit et les espoirs qui se dessinent encore.
Un article de Pierre Boiral nous parle de la longue histoire de notre rapport à la « folie », une aventure à double face : « Côté pile elle constitue une étape vers l’intégration d’une catégorie de handicapés, rendue nécessaire par la fermeture de lits d’hôpitaux, côté face on peut y voir un “bricolage” pour colmater dans l’urgence des vides trop criants créés par le désengagement de l’État. » De la « matrice saint albanaise » (selon l’expression de Jean Oury) à l’aventure « désaliéniste » l’auteur essaie de répondre du lieu qui est le sien à l’émergence des GEM.
En réponse ou en écho à l’article précédent, Henri Noguès, économiste, mobilise les indicateurs de sa recherche autour du « phénomène des GEM qui représente un cas d’école illustrant les analyses classiques de l’économie associative, notamment dans le domaine des solidarités ». C’est bien dans ce creuset d’innovations sociales que sont nés les GEM. Tournant le dos délibérément au profit, ce type d’association promeut une idée de non gaspillage et de démarches participatives. « Le non-marchand ne fait pas sortir pour autant du champ de l’économie. L’inscription des GEM dans le modèle de l’entreprise d’économie sociale est donc logique. »
L’article suivant de Roselyne BESSAC décrit la genèse de la création des GEM dans le Gard et le fonctionnement du dispositif de soutien mis
en œuvre pour accompagner la vie du GEM dans l’élaboration de son projet associatif. À partir de l’expérience, l’auteur analyse les questions d’entraide, d’accès à l’autonomie des patients, acteurs associatifs constitutifs du GEM, ainsi que la place et les compétences des professionnels et des bénévoles.
Dominique Sinner dans son article sur les GEM vise à explorer et éclairer en quoi les Groupes d’entraide mutuelle, avec leurs modes d’organisation et leurs finalités participent d’un processus dynamique de reconnaissance et de développement de la citoyenneté de personnes atteintes de pathologies psychiques. Le Groupe d’entraide mutuelle est une organisation citoyenne. Ce sont des espaces citoyens au sens de « clubs », c’est-à-dire de la libre organisation des individus. La maladie et la souffrance sont appréhendées ici dans un « lieu de normalité sociale ». Les GEM sont des lieux de rencontre pour des personnes, des citoyens qui se reconnaissent comme différents. Ils concrétisent un espace de socialisation qui rend possible une pratique de la citoyenneté.
Le GEM fonctionne comme tout autre lieu d’accueil avec ses contradictions, ses ouvertures et ses fermetures nous dit Cécile Cazenove. C’est du lieu de sa pratique professionnelle qu’elle viendra nous faire part de ses réflexions. En effet, de son point de vue, « aujourd’hui les notions de citoyenneté et de participation ont détrôné la notion plus ancienne d’insertion. Dans le cadre des GEM, ces notions sont corrélées à la réhabilitation psycho-sociale, la pair-émulation et l’empowerment. Retrouver une place de citoyen représente une des idées phares du dispositif grâce à l’appartenance au groupe de pairs et au pouvoir de décider dont bénéficie tout adhérent souhaitant participer à la vie de l’association. » Nous sommes encore très éloignés de l’idée d’émancipation toutefois, l’espoir est là bien vivant.
« Témoins engagés et militants du mouvement des usagers en Santé mentale depuis plus de vingt ans, nous avons initié en 2001 et 2002 des lieux d’entraide mutuelle entre personnes en souffrance psychique, dans lesquels ceux-ci prenaient possession de l’organisation du lieu et des activités qu’ils entendaient y mener. » C’est par ces mots que Claude Deutsch débute son article mais pour lui, « l’avenir des GEM est préoccupant. L’orientation actuelle, qui semble inéluctable conduit à considérer les GEM comme des lieux d’apprentissage de l’autonomie, alors qu’ils étaient destinés à être des lieux d’appropriation du pouvoir. » Il pose aussi le problème lié au financement comme un révélateur de l’incohérence du système.
Enfin, Éric Pujante de sa place de mandataire du parrain nous livre ses
réflexions. Il explicite pourquoi son enthousiasme lors de la création des GEM s’est quelque peu émoussé face à certaines difficultés rencontrées sur le terrain. Même si la question du rôle de chacun des partenaires est primordiale, l’invention fort bénéfique de la terminologie « handicap psychique » en 2005, a occulté la plupart des signifiés liés à ce concept. Enfin, si on oublie que c’est par une alliance, et non pas une opposition, entre usagers, professionnels et toutes personnes issues de la société civile, qu’on parvient à un accompagnement par, pour et avec la personne, alors, on est en train de saper tous les progrès patiemment élaborés depuis les années 40 vis-à-vis de la santé mentale (entre autres par les approches de la Psychothérapie Institutionnelle). Ce témoignage, tente de resituer, de sa place, la création de ces lieux, ainsi que leurs sens et histoires, ce qui en fait leur particularité et singularité.
Culture, insertion et participation Jeanne BASTIDE « J’écris pour pouvoir lire ce que je ne savais pas que j’allais écrire » Cl. Roy En fait c’est d’écriture que je vais parler… puisque chacun ne peut parler que de sa place. Et de ce qui se passe – ce qui se joue dans un atelier d’écriture. Le lieu où je me tiens est celui d’un questionnement que je voudrais partager. Je vais essayer de définir l’écriture d’une manière un peu théorique, mais au-delà de la théorie je préférerais témoigner d’un vécu tant sur le plan de l’écriture personnelle que de l’animation d’ateliers ou de ce qui se passe, se joue en atelier d’écriture.
ÉCRIRE ?
Il est difficile de définir l’écriture, car l’écriture est plurielle. On écrit une lettre, on écrit de la poésie… On écrit à la demande, pour l’institution, on écrit pour le plaisir des mots, on écrit pour se faire entendre, comprendre. Pour indiquer, donner une information, communiquer. L’écrit est partout dans notre société. Que ce soit dans l’écriture fonctionnelle ou dans l’écriture littéraire, poétique, on écrit toujours pour quelqu’un d’autre, ne serait-ce que pour l’autre soi-même (par exemple dans le journal intime). Il y a différentes sortes d’écritures, différents genres : ludique, poétique, narratif, expression d’idées, épistolaire, journalistique. Dans l’écriture il y a plaisir, création, imaginaire, fantasme. Pourtant, écrire, on ne sait pas bien ce que c’est. C’est simple et c’est complexe. La plupart du temps on a appris à l’école. La graphie, tracer des lettres sur un support, écrire une lettre, copier une leçon, prendre des notes, rédiger un compte rendu… Faire une rédaction. Mais écrire sans complément d’objet, écrire tout court, c’est travail d’écrivain. La polysémie du mot fait qu’on ne sait jamais bien de quoi on parle.
L’ÉCRITURE
Je ne crois pas qu’on puisse dire pourquoi on écrit. Mais on peut poser la question. Nicole Malincoli dans le préambule d’Écriture du réel reprend cette phrase de Marguerite Duras : « Je peux dire ce que je veux, je ne trouverai jamais pourquoi on écrit et comment on n’écrit pas. » Écrire c’est découvrir, explorer, transformer le langage. L’écriture utilise la langue comme matériau. Le travail sur la langue implique une certaine manière de jouer, de faire jeu. Le langage n’est pas entièrement pris dans un système. Il y a du jeu dans la langue, langue