La technologie aux portes des PME
216 pages
Français

La technologie aux portes des PME

216 pages
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Date de parution 01 janvier 1996
Nombre de lectures 298
EAN13 9782296323810
Langue Français
Poids de l'ouvrage 4 Mo

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

LA TECHNOLOGIE
AUX PORTES DES PME(Ç)L'Harmattan, 1996
ISBN: 2-7384-4520-9François-Xavier MARQUIS
LA TECHNOLOGIE
AUX PORTES DES PME
Le rôle des structures de terrain,
interfaces territoriales
Exemple du site de Saint-Nazaire
PrefucedeGuyNITNGUET
L'Harmattan L'Harmattan Inc.
55, rue Saint-Jacques5-7, rue de l'École Polytechnique
75005 Paris .. FRANCE Montréal (Qc) - CANADA H2Y IK9Collection Dynamiques d'Entreprises
Dernières parutions:
SPIELMANN Michel, Ces hommes qu'on rachète, aspects humains des
concentrations d'entreprises, 1994.
BOUTILLIER Sophie, UZUNIDIS Dimitri, Entrepreneurs et innovation
en Grèce. L'entrepreneur révolutionnaire, 1994.
PIGANIOL-JACQUET Claude, Gestion des ressources humaines:
analyses et controverses, 1994.
REGNAULT Gérard, Animer une équipe dans les PME aujourd'hui,
1994.
LOUCHART Jean-Claude (ed.), Nouvelles approches des gestions
d'entreprises, 1995.
MARCON Michel, SIMONY Nadia, Les transformations du comité
d'entreprise, 1995.
DOL Y Jean-Pierre, MONCONDUIT François, L'entreprise entre
contrainte et liberté, 1995.
MESSIKA Liliane, Les dircoms, un métier en voie de
professionnalisation, 1995.
CASTEL François (du), La révolution communicationnelle, les enjeux
du multimédia, 1995.
COY A Bernard, Au-delà du marché: quand le lien importe plus que le
bien, 1995.
REGNAULT Gérard, Réussir son plan de formation dans une P.M.E.,
1995.
LES CAHIERS DU CARGÈSE, Sciences sociales et entreprises.
Histoire de partenariats, 1995.
LELEU Pascal, Le développement du potentiel des managers. La
dynamique du coaching, 1995
RIF AI Nabil, L'analyse des organisations. Démarches et outils
sociologiques et psychologiques d'intervention, 1996.
SIWEK J., Le syndicalisme des cols blancs, 1996.
MARTlN D., Modernisation des entreprises en France et en Pologne: les
années 80, 1996.
REGNAULT Gérard, La communication interne dans une P.M.E. Outils
et comportements pour travailler ensemble, 1996."Tout d'abord, j'écris pour moi,
c'est comme cela que j'apprends. "
M. MINTZBERG
Remerciements
Écrire ce livre a demandé beaucoup de complicités et de tolérances de
la part de ceux que je côtoie tous les jours, ma famille et mes
collègues.
Mes remerciements vont à eux et plus particulièrement à Nathalie
MORICE et à Josiane TURPIN qui ont passé b~aucoup de, temps à
corriger le document, ainsi qu'à la Direction des Etudes de l'Ecole des
Mines de Nantes qui a apporté un soutien précieux..1I__MLflEg!/
PRÉFACE . p. 13
p. 19INTRODUCTION .
PREMIERE PARTIE
p. 23Les PME et le Développement technologique ................
CHAPITRE I - PME ET CONTEXTE ECONOMIQUE p. 25
p. 25I-I - Les PME, de l'origine à nos jours. ..................
p. 271-2 - PME, un enjeu de plus en plus marqué. ..........
1-3 - En croissance malgré une forte mortalité,
les PME sont complémentaires des grandes
entreprises. ...................................................... p. 28
p. 341-4 - PME: des structures souples mais fragiles .....
1-5 - La PME est un élément constituant de
p. 36l'économie dont on doit tenir compte. ............
1-6 - PME: analyse des comportements par les
données économiques. .. ........ p. 37
1-7 - PME : des structures et des organisations
p. 42légères .
CHAPITRE II - DE LA TECHNIQUE A
L'ORGANISATION : POINT SUR LES
DEVELOPPEp. 53MENTS TECHNOLOGIQUES ET LES PME..............
p. 53II-I - L'innovation une nécessité concurrentielle...
II-2 - De l'impératif de développement au
management des ressources technologiques. p. 60
II-3 - De la science à l'application, notions
d'interfaces et de territorialité ........................ p. 64
7CHAPITRE III -TERRITORIALITE ET
p. 73DEVELOPPEMENT TECHNOLOGIQUE ..................
llI-l - Territorialité et développement: deux notions
p. 76dépendantes. .................................................
1lI-2 - La territorialité et ses enjeux: les acteurs en
p. 78présence. ......................................................
1lI-3 - Territoire et transfert de technologie: un lien
p. 79réel...............................................................
p. 821lI-4 - Distribution géographique: facteurs clés .....
CHAPITRE IV - TRANSFERT: QUELS SONT LES
DIFFERENTS MODES DE FONCTIONNEMENT
p. 85DES INTERF ACES..........................................................
IV -1 - Exemples de fonctionnement d'interfaces:
p. 85mission FRADE ..........................................
p. 91IV -2 - Différents flux de transfert rencontrés. .........
CHAPITRE V- INTERFACE, TERRITORIALITE ET
TRANSFERT : ANALYSE CRITIQUE DU
p. 97DISPOSITIF EN FRANCE ............................................
p. 98V-l - Les CRITT : un outil controversé..................
V-2 - Développement technologique des PME:
p.lOlbeaucoup de moyens mis en place ................
p. 105CHAPITRE VI- PME: UN PARTI PRIS ......................
p.105VI-l - Technologie et PME: un enjeu réel. ...........
p.106VI-2 - Comment qualifier les PME? .....................
VI-3 - PME, une phase naturelle dans la croissance
des entreprises . p. 107
VI-4 - Interface de proximité: un moyen d'accélérer la
maturité p. 108
VI-5 - Développement technologique, un facteur-clé
p.109de la croissance ...........................
p.109VI-6 - Les centres de savoir: un abord difficile.....
VI-7 - Interface: un outil d'organisation et
d'animation p. 109
VI-8 - Les entreprises "consomment" la technologie p. 110
8DEUXIEME PARTIE
Expérience menée sur le bassion de Saint-Nazaire et
enseignements ........ p.111
CHAPITRE VII - CONTEXTE TERRITORIAL ......... p.113
VII-1 - Historique: Nantes - Saint-Nazaire, une
métropole duale ......................................... p.113
VII-2 - Descriptif du tissu industriel: quelques
grands, beaucoup de petits ........................ p.116
VII-3 - L'offre technologique locale :un dispositif
complet . p.123
VII-4 - Critique du schéma de transfert
régional (1991-1994) ................................ p. 127
CHAPITRE VIII - MISE EN PLACE DU PRINCIPE
D'OBSERVATION , .. p.137
Vill-1 - Principe de travail. ..................................... p.137
VIII-2 - Données générales sur les entreprises et
les interfaces: cas du Service Industrie de
la CCI de Saint-Nazaire (1990-1991) ....... p.137
Vill-3 - PME et interface technologique ................ p.143
CHAPITRE IX - L'ANALYSE DE LA DEMANDE
TECHNOLOGIQUE DES PME TERRITORIALES
ET DES ACTIONS DE TERRAIN ................................. p.145
IX-I - La demande des entreprises est différente
de l'offre proposée ....................................... p.145
IX-2 - La taille de l'entreprise: un facteur important p. 146
IX-3 - Conséquences sur la fonnulation de l'offre p. 157
IX-4 - Résultats de deux ans d'actions.................... p. 160
9CHAPITRE X -INTERFACE TERRITORIALE:
p. 167CONDITIONS DE MISE EN PLACE............................
p. 167X-I - Cahier des charges d'une interface.................
p.168X-2 - Base d'une interface territoriale .....................
X-3 - Organisation de base: contrainte de l'interface
p.170territoriale .
X-4 - Arbre technologique territorial: domaine
p.174d'intervention .
X-5 - Quantification des flux entre la demande et
p. 178l'offre .
p. 183X-6 - Un marché à créer, rarement solvable. ..........
X-7 - Une approche pragmatique et non une
p. 184idéologie ......................................
CONCLUSION
p. 187Les PME imposent une approche spécifique...........
p. 187CHAPITRE XI - CHANGEMENT D'ATTITUDE.......
XI-1 - Un changement complet du mode de
foncp. 187tionnement des structures d'interface ..........
p. 188XI-2 - Un des principes d'échanges....
p. 191CHAPITRE XII - PME ET INTERFACE .....................
XII-1 - La PME: une phase où se construit
la culture d'entreprise. ............................... p. 191
XII-2 - Interface territoriale: une réponse volontaire
p. 191à un vide structurel dans le service aux PME
CHAPITRE XIII - FORMATION: UN ROLE ACTIF
p. 195DANS LE DEVELOPPEMENT TECHNOLOGIQUE
XIII-1 - Le développement technologique des PME
p. 195passe par une plus grande clarté de l'offre
p. 196XIII-2 - Une modification comportementale..........
XIII-3 - La formation: un produit leader non
p. 197reconnu. ...................................................
10Postface:
Développement des PME: une histoire d'individus et
de convictions ........ p. 199
BffiLIOGRAPHIE............................................................ p.201
GLOSSAIRE .. p.213
11PREFACE
Depuis quelques années, on redécouvre les vertus de la petite et
moyenne entreprise, une institution économique et sociale singulière
que nos cousins québécois affublent d'un joli nom: "La Belle
Entreprise" .
Après l'avoir considérée comme une institution menacée, voire
condamnée, les gouvernements de tous les pays avancés en font de
plus en plus un instrument majeur de leurs politiques de
développement économique. Ce changement d'attitude n'a fait que
refléter un retournement de tendances qui se manifeste dans tous les
pays industrialisés, depuis la crise des années soixante-dix. Il s'est
avéré, en effet, que les grandes organisations n'ont pas toujours su
s'adapter aux nouvelles réalités de l'économie mondiale et que le
développement ne passe plus nécessairement, ou seulement, par la
concentration industrielle. Une économie prospère n'exige plus
uniquement une industrie lourde et des usines-cathédrales.
En France, mais aussi dans les pays européens, comme aux
USA, au Canada, la production de richesses, la conception de produits
et de procédés nouveaux, enfin la création d'emplois sont surtout
aujourd'hui le fait de PME et de MPE récentes, innovatrices. Elles
sont insérées dans un environnement délimité et présentent un profil
spécifique, différent à la fois de la grande entreprise et de l'entreprise
familiale artisanale. Le contexte économique, social, culturel,
politique au sein duquel sont inscrites ces PME remplit une fonction
stratégique centrale: au début du siècle les économistes le qualifiaient
de "district industriel", actuellement les et sociologues de
l'entreprise empruntent volontiers le terme suggestif "d'ensemble
industriel localisé", et manipulent le vocable de "réseau d'entreprises
localisées" .
Face à ces incertitudes d'analyse, et devant ces enjeux majeurs,
nous ne disposons encore que de peu d'études documentées,
argumentées, issues d'explorations empiriques qui nous permettent de
connaître les faits précis et concordants. Elles sont pourtant
indispensables pour établir des constats et des explications, pour
réfléchir sérieusement à l'avenir, aux tendances porteuses qui le
préparent et au bien-fondé des choix qui s'opèrent. Il n'est pas
commun, là encore, de s'appuyer sur une recherche qui instruise le
dossier et qui, de suite, en tire les leçons-clefs et les implications
stratégiques et pratiques pour l'action, tant pour les institutions du
développement économique que pour les établissements de formation.
13Il faut donc lire le livre de F-X. MARQUIS, oeuvre exigeante
mais remarquable, qui s'avance sur ces terrains, comble en partie les
lacunes évoquées ci-dessus et s'implique en matière de diagnostic
stratégique et de recommandations en fin de parcours.
Ce livre qu'il nous soumet est issu d'une thèse de doctorat
conduite à l'Ecole des Mines de Paris (dans le cadre du Centre Projet
et Produits Nouveaux) et soutenue en décembre 1994. F-X.
MARQUIS a l'avantage d'être à la fois ingénieur de formation et
développeur de structure, de détenir une expérience dans l'industrie,
dans l'enseignement et dans la recherche. Le travail initial de thèse
puis ce présent ouvrage sont la traduction d'une recherche de
cohérence dans la réflexion et dans l'application.
Que pouvons-nous en retenir par-delà les chapitres successifs 1
Une thèse centrale et une série d'idées démonstratrices.
La thèse centrale de l'ouvrage tend à soutenir que le transfert
technologique à destination des PME souffre d'une difficulté quasi
insurmontable: l'univers économique et social de la PMI-PME n'est
pas celui réduit, imparfait ou inachevé de la grande firme.
La première partie en est le premier stade de démonstration. On
y retrouve successivement des apports détaillés sur les facteurs
stratégiques représentés par la technologie, par l'innovation, de
l'aménagement du territoire, du transfert technologique et l'état de l'art
de l'économie industrielle en ces matières. Il y a tout lieu d'être
satisfait de la profondeur de l'examen de la notion de territorialité.
Toutefois, l'interrogation reste permanente: le critère territoire
(géographique, administratif) a-t-il encore un avenir pour l'économiste
et l'aménageur 1, pour l'entrepreneur contemporain, en particulier celui
de la PME dynamique, en croissance, où se situent les dimensions
pertinentes de l'action stratégique et de l'efficacité productive 1
Probablement plus seulement dans le territoire.
J'ai apprécié le mode de traitement de la notion de PME-PMI
sous l'angle de l'économie et des sciences de gestion. L'utilisation des
modèles de la contingence pour la PME est stimulante (chapitre 1,
partie 1-7). Aux attributs de la PME et aux critères d'évaluation de son
rôle, j'ajouterai un style de management marqué par le familiarisme,
l'autorité omnipotente et le patrimonialisme. On n'insistera jamais
assez sur l'aspect humain, culturel, social des entreprises PME-PMI, et
sur leur management singulier. N'oublions pas que sur le plan de la
gestion, il est avéré que le corps du management s'est d'abord
constitué à l'échelon directionnel: stratégies et structures, budgets et
produits, marchés et financements. Or, à quoi bon une brillante
stratégie sans la diffusion et la mise en oeuvre subtile dans les systèmes
14socio-techniques, et dans les unités propres? Le mode singulier de
management de ces ensembles PME, MPE, TPE, en particulier le rôle
central du leader entrepreneur, nous amène à en tirer une leçon: l'art
dirigeant est ici, dans ce modèle contingent, de promouvoir un
micromanagement original et fin, totalement différent d'un macro- en modèle réduit.
Cette dernière proposition éclaire autrement la problématique
de l'interface et du transfert: en effet, autant un petit entrepreneur de
la TPE agit dans une logique d'exploitation des ressources, des
structures, des savoir-faire, autant l'entrepreneur de la PME s'oriente
vers une logique d'investissement, ce qui me permet d'interroger le
degré d'adaptation du terme "appétence" (chapitre VI) des PME
concernant le développement.
La première partie de l'ouvrage vise en fait à formuler
l'articulation entre les notions de territoire, de technologie et de PME,
qui recouvrent dans les faits des réalités distinctes et des champs
considérables. F-X. MARQUIS reprend ici, pour son propre compte,
la notion physico-chimique "d'interface" pour traiter théoriquement
des surfaces de séparation, des limites communes, des points de
jonction entre ces trois ordres de composants. Cette notion d'interface
nous semble prometteuse pour l'avenir.
L'auteur oriente la seconde partie vers une monographie
détaillée et circonstanciée de "son" bassin d'emploi, celui de "sa"
circonscription consulaire, à savoir Saint-Nazaire.
Outre la description du décor et des acteurs, la déception de
FX. MARQUIS n'est pas dissimulée (chapitre VIII). En reconstituant le
système de la demande, l'auteur s'intéresse aux filières, aux structures,
aux stocks et aux flux, à la spécificité des entreprises. Toutefois, et
c'est le motif de distinction entre l'économiste et le sociologue, on
aimerait en savoir plus sur les chefs d'entreprises, leurs attributs, leurs
mentalités, leur regroupement professionnel et interprofessionnel pour
mieux saisir leurs logiques d'actions et leurs conduites dans le
contexte et face au transfert. Mais au fait, quelles informations
détiennent-ils et quelles' sont leurs attitudes envers le transfert
technologique? Car, pour un sociologue, une institution économique,
tel que s'apparente le transfert technologique, est une construction
sociale: nous estimons que ce ne sont pas en tant qu'individus isolés,
mais par groupes (professions, filières, métiers, taille, etc ) que les
entrepreneurs coopèrent ou non, investissent ou non, au sein de plus
larges entités telles que entreprises, professions, industries. Le
microcosme patronal joue de ses puissants leviers tant pour lever les
résistances au changement que pour faire pression vers la conformité.
En même temps qu'il encourage ses entreprises innovatrices et qu'il
valorise ses leaders, il gère les situations délicates de déclin ou de
15disparition. L'ensemble industriel PME n'est pas homogène à cet
égard.
Autrement dit, je conçois mal une reconstitution inductive d'un
transfert technologique sans réflexion sociologique sur les réseaux
technico-économiques qui fixent le cadre contextuel du processus.
Telle me paraîtrait être une voie prometteuse de prolongement de cette
monographie.
Qu'on s'entende bien: notre appréciation susdite veut souligner
l'intérêt d'une ligne d'interprétation sociologique concernant des
conduites énigmatiques d'acteurs économiques. Les enquêtes lourdes
des institutions publiques procurent l'opportunité d'un "arrêt sur
image" : c'est le cas de l'analyse des effets du programme STRIDE1.
Toutefois, nous considérons que de tels dispositifs d'enquêtes sont
doublement biaisés au plan méthodologique: ils participent pour
l'essentiel d'une économie de l'offre et assez peu de la demande; ils
participent quête de légitimation des institutions ayant vocation
d'aménagement du territoire. En son temps, nous avions démontré que
la comptabilité publique en matière de création d'entreprise était
biaisée par une construction des nomenclatures et par des modalités
d'aides à la prise de risque, permettant aux institutions variées de
justifier leur utilité et à leurs membres de négocier leur efficacité.
Mais ceci est un tout autre problème.
De ce point de vue, un examen de la position professionnelle et
intellectuelle de l'auteur n'était pas si seconde. La confection d'une
thèse d'économie industrielle relève bien ici d'une entreprise d'agent
double: analyste scrupuleux et développeur d'une instance publique.
La sortie honorable d'un tel dilemme relève d'un exercice de
contention doublé d'un art de la gestion du double rôle.
La conclusion du livre est décapante et elle conduit le lecteur,
dirigeant de PME, aménageur, enseignant-chercheur, à retenir
quelques enseignements à reprendre spécifiquement dans son champ
d'action.
En premier F-X. MARQUIS soutient que les institutions
d'enseignement et de recherche devraient remanier leur offre de
services et leur méthode de travail en fonction de la spécificité de
l'ensemble des PME. En second, il nous soutient que la technologie
doit se déplacer d'un marché de l'offre à celui de la demande,
autrement dit, elle doit se transformer en fonction de la "construction
_1 Chaque abréviation citée dans cet ouvrage est explicitée dans le glossaire
(pages 215-216)
16des besoins" des entreprises, de l'hétérogénéité de l'ensemble PME
localisé.
Il reprend souvent son principe d'interface en vue d'en faire une
question programma tique : comment comprendre et intervenir
concrètement sur les "vides structurels", sur la vacance de liens entre
les acteurs? Pour ce faire, il recommande une grille d'analyse
stratégique repo sant sur quatre notions: interface, territorialité, valeur
ajoutée, valeur du produit.
Sa dernière partie affiche une conviction: le rôle préjudiciel de
la formation dans le développement technologique. Ce rôle implique
une lisibilité de l'offre compte tenu des situations des entrepreneurs
PME, d'une part, un double principe de cohérence et de pertinence de
l'action des institutions, d'autre part. C'est parce que l'instance
formation aura intégré les subtilités et les contraintes du milieu
hétérogène PME qu'elle gagnera en efficacité. A ce titre, l'instance
formation aura à transformer en pratique les leçons tirées d'une
compréhension la plus fine et la plus juste possible du système
socioéconomique d'entreprise en cours. En tant qu'acteur-clé, le formateur
réussira d'abord dans la mesure où il aura repéré les lieux cruciaux du
fonctionnement et de la transformation de son milieu d'action: dans la
mesure où il aura pensé les logiques d'action à l'oeuvre dans le
contexte concret dans lequel il est inséré. C'est parce qu'il aura
développé son intelligence de la situation qu'il pourra accroître sa
capacité d'agir.
Pour en terminer, aux yeux de l'auteur de ce livre, il ne fait plus
aucun doute qu'une économie prenant appui sur l'ensemble PME peut
plus efficacement faire face au changement accéléré de nos sociétés.
En retour, on peut déceler dans sa progression l'idée selon laquelle le
développement technologique - et le paradoxe n'est qu'apparent
comme on le voit - dans un contexte localisé, placé dans un ensemble
de PME, peut entraîner des conséquences considérables sur la nature
même de la vocation des systèmes d'enseignement.
Guy MINGUET
Professeur de Sociologie
Coordonnateur du Département des Sciences de l'Homme et de la
Société
École des Mines de Nantes.
17INTRODUCTION
Les Petites et Moyennes Entreprises constituent, depuis le début des
années 1980, une des composantes majeures des discours
économiques.
Alternatives ou recours aux restructurations des grands groupes, elles
représentent le potentiel visible de l'économie des années 1990.
Devant leur déploiement, on assiste à un ensemble de discours, de
modes, parmi lesquels on a parfois du mal à déceler l'opportunisme du
fondamental: un jour les PME doivent exporter, le lendemain
embaucher des ingénieurs, le jour suivant avoir des produits propres ...
Si l'on résume l'ensemble de ce qu'on leur souhaite, on leur demande
simplement et naïvement de devenir grandes, structurées, solides...
Il apparaît bien souvent qu'en cherchant à reporter sur des petites
structures les approches et méthodes que l'on a conçues pour les
grandes, on arrive à transposer des objectifs et des moyens inadaptés à
la spécificité de ces PME.
Si cette spécificité est depuis les années 1990 fortement mise en avant,
on insiste insuffisamment sur le fait que l'originalité de ces
entreprises, c'est précisément d'être petites ou moyennes, c'est-à-dire
fondamentalement différentes les unes des autres.
Une petite entreprise n'a rien d'une grande et n'est pas modélisable : si
les différentes catégories de "petites" et "moyennes" peuvent être
moyennées, l'entreprise "moyenne" n'existe pas. Sur le terrain, les
conseillers, les consultants, les développeurs, etc. sont tous confrontés
à cette absence de modèle.
Ceci ne serait pas grave si, dans le même mouvement, l'absence de
transposition n'avait entraîné une absence de publication ou d'écrit;
non pas que la publication soit une référence obligée, mais elle permet
un échange et un enrichissement de l'expérience.
Cet isolement des hommes et des femmes de terrain finit par les
rendre, comme les chefs d'entreprises qu'ils rencontrent, préoccupés
du court terme et dans une optique de résultat immédiat.
Nous avons choisi, au travers de ce livre, de préciser les termes d'un
débat sur le domaine technologique.
19La mode "PME" succède à une autre mode: le transfert de
technologie.
Par un phénomène curieux de glissement, on assiste aujourd'hui
encore à des essais de généralisation de la diffusion de recherche vers
des structures de petite taille, dans une volonté toujours sans faille de
transposer l'unique en norme: il est pourtant encore loin le monde
scientifico-économique où les Docteurs d'État Chercheurs marcheront
main dans la main avec les "Bac pro" Dirigeants d'entreprise.
Pourtant, nous faisons partie des gens qui pensent avec force et
opiniâtreté que la technicité est l'une des composantes importantes de
notre compétitivité internationale et que le défit commence à sa base,
par le tissu des petites entreprises et par la capacité que l'on aura à
mettre en place des ponts entre les structures de formation et de
recherche et ces PME.
Une fois cet acte de foi posé, nous somines placés devant une question
sans réponse: quel est le chemin à suivre pour aller vers des
technicités accrues?
La seule chose claire est que plus personne ne croit vraiment à la
diffusion "ex cathedra" émanant des grands: toutes les démarches
sont à penser et à reconstruire à partir des tissus des PME.
Nous ne prétendons pas avoir trouvé et décrit une vérité
extraordinaire, mais nous avons eu la chance de bénéficier d'un concours
de programmes expérimentaux, menés par la DATAR, au travers de la
mission FRADE, et par la CEE, grâce au programme STRIDE. Ceci
nous a donné l'obligation de nous intéresser pendant près de quatre ans
au fonctionnement des PME.
Le principe de base de ces deux démarches a été de poser le problème
de façon différente: peut-on identifier une demande technologique de
PME et y apporter des solutions adaptées? Le territoire est-il une
composante pertinente des solutions?
Ces questions ont été la base du programme STRIDE (et de sa
préparation de 1991 à 1994) mené sur le bassin d'emploi de
SaintNazaire.
Le travail que nous avons mené ces quatre années aborde ces
différents points, par la bibliographie et par l'expérimentation.
20Successivement, nous nous sommes ainsi demandé si les PME
justifiaient d'une approche technologique spécifique, si le territoire ou
la proximité était un élément de réponse pour accroître la performance
du dispositif.
Par-delà la théorie, c'est d'un échantillon de quelque 180 entreprises
de petite et moyenne taille, que l'on a observé le comportement,
l'expression de leur besoin, les modes de consommation et abouti
sur le territoire concerné à une pérennisation d'outils.
Ce livre est ainsi une compilation des différents enseignements que
nous pouvons tirer de ces travaux. Leur objet est d'ouvrir un débat,
entre les gens de terrain.
Certaines analyses peuvent paraître virulentes, elles n'engagent que
leur auteur et sa contribution à cette réflexion.
21

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