Plaidoyer pour la sous-traitance industrielle

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Français
362 pages
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Description

Les causes de déclin de l'industrie française, plus particulièrement des entreprises de sous-traitance, sont multiples : entreprises trop petites, insuffisance de fonds propres, difficultés d'accès au financement et au crédit, culture de l'innovation peu développée... La France nie aux PME et aux sous-traitants la place centrale qui est la leur dans l'enrichissement de notre économie et de nos territoires. Voici un coup de projecteur sur les problèmes de la sous-traitance industrielle.

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Date de parution 01 mai 2011
Nombre de lectures 394
EAN13 9782296461611
Langue Français
Poids de l'ouvrage 4 Mo

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Plaidoyer pour la sous-traitance industrielle
Thierry Charles
Plaidoyer pour la sous-traitance industrielle
Nous sommes conscients que quelques scories subsistent dans cet ouvrage. Vu l’utilité du contenu, nous prenons le risque de l’éditer ainsi et comptons sur votre compréhension.
© LÈHarmattan, 2011 5-7, rue de lÈEcole-Polytechnique, 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-296-54929-6 EAN : 9782296549296
« Pareil à un fanal éclatant, vous êtes restéimmobile au bord de locéan des hommes, et vous avez regardé dans les eaux la réflexion de votre propre lumière ; du fond de votre solitude, vous trouviez locéan magnifique sous le dais splendide des cieux ; vous ne comptiez pas chaque flot, vous ne jetiez pas la sonde ; vous étiez plein de confiance dans louvrage de Dieu. Mais moi, pendant ce temps-là, jai plongé ; je me suis enfoncé dans cette mer houleuse de la vie ; jen ai parcouru toutes les profondeurs, couvert de ma cloche de verre ; tandis que vous admiriez la surface, jai vu les débris des naufrages, les ossements et les Léviathans ». Lorenzaccio / Alfred de Musset
A Claire, Simon, François & Esther A nos capitaines d’industrie… etàceuxqui lesaccompagnent
Avant-propos
1 Quand la sous-traitance industrielle s'inquiète de son avenir
« Si on ne garde pas les usines, il ny aura pas de services, il ny aura pas demplois () Je me bats pour que lon conserve nos usines sur le territoire français, car lEtat a une responsabilité. On ne peut pas reprocheràun chef dentreprise de produire ailleurs si les conditions de production sont trop difficiles en France » Nicolas Sarkozy, Président de la République, le 3 septembre 2009 à Caligny (Orne)
2 A l2004, salon annuelle de la sous-traitance industrielle,’occasion du Midest le Comité Nationale de la Sous-traitance (Cenast) lance un cri d’alarme sur l’avenir«gravement menacé »de la sous-traitance industrielle française :«A quoi servira-t-il de s'ouvriràde nouveaux marchés, aussi prometteurs soient-ils, si l'outil de production a disparu ? Il faut que la France continueàproduire. Elle a besoin pour cela d'un réseau d'entreprises sous-traitantespuissant et dynamique ».
Outreque lesrapporteurs craignentque laproduction disparaisseàterme si elle n'estpas soutenue et si les délocalisations sepoursuivent, ils stigmatisent une fiscalité inadaptée, la dégradation des relations avec les donneurs d'ordres, la multiplication despratiques abusives, une régulation désordonnée et l'absence de soutien financier.
A travers les sous-traitantsqui luttentpour survivre faceàla concurrence internationale et au phénomène des délocalisations (l’Europe ne pouvant plus être indifférenteàla localisation de la production), c'est bien le sort de l'industrie tout entièrequi sejoue devant nous.
3 Aussi, le présent ouvrage sous forme de plaidoyer se consacreàune étude dont on ignore s’il faut laqualifier dutopiqueou de téméraire. Dans la mesure oùpour la plupart des analystes, si le corps bouge encore, le pronostic vital est engagé, et pour les autres, la messe est dite (Ite missa est).
Toujours est-ilque lindustrie française néchappepas auxgrandesmutations de ce début de siècle. «On croitfabriquer des automobiles, onfabriq»,ue une société écrivait dans les années 1960 Bernard Charbonneau.
1 Voir l’article de l’auteur dans le journal financier suisse«LAGEFI »,Genève, du 2 février 2010,«Regard sur lincorrigible pessimisme industriel dune nation complexée », p.2. 2 Marché international pour la diffusion européenne de la sous-traitance. 3 Un plaidoyerqui a«inspiré »au fil du temps le réquisitoire du médiateur de la sous-traitance Jean-Claude Volot.
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Elle n’échappepas nonplus au mouvementgénéral des idées. Elle ne saurait échapperàqui témoignejour aprèsjour de son inexorable déclin, tant il est vrai que lesjuristessont« instruits au mal »,selon l’expression du doyen Carbonnier. D’ailleurs, lesjuristes ne sont-ilspas enquelquesorte des«professions 4 industrielles » ?Par ailleurs, les spécialistes mêlentparfois lapolémique et lanalyse,nous n’yéchapperonspas le temps de la réflexion.
Dans lapage confidentielle du 28janvier 2010 du magazine« Challenges »,une brève nemanquaitpas dattirer lattention du lecteur :« Après le coton et leau, Erik Orsenna(lacadémicienfrançais)enquête sur lindustrie. Il estimequen la laissant partir la France seppareà».des lendemains sinistres Ainsiparticipe-t-il auprojet d’un club«société de lIndustrie »dans le cadre du volet communication duplan d’action du Groupe des fédérations industrielles(GFI), défini le 28 septembre 2010par son nouveauprésident Pierre Gattaz, et dont l’objectif central est de contribuer au développement de l’activité et de l’emploi industriels localisés en France.
Dommagequil ne sesoitpaspenché sur leproblème, ilya trente ans, au temps oùil était conseiller de François Mitterrand.
Enjanvier 2010, l’ampleur du succès des«Etats généraux de lindustrie »,dont le projet est de redonneràla France une véritable«ambition industrielle »,a d’ailleursprofondément renouvelé le débat. L’industrie estànouveau ressentie comme un impératif, et la sous-traitancey prend désormais toute sapart. Il était temps !
Or, cest bienconnu, le Président Georges Pompidou le déplorait dans les 5 années 1970, les Français n'aimentpas leur industrie. D’ailleurs la France a-t-6 elle jamais eu une politique industrielle ?
Leconstat de son Premier ministre, Jacques Chaban-Delmas (juin 1969juillet 1972) était déjà cruelle :«Fragile économiquement [], la France prenait du retard sur les grandes nations industrielles []. [La société] était bloquée par létat de notre économie, sujette aux désastreux coups de chauffe de linflation. Et elle était malade des insuffisances de notre industrie. Crispée sur son passé, la France avait un portefeuille dactivités mal équilibré ; les secteurs traditionnels y étaient sur-représentés ; les secteurs du présent, très insuffisants ; quant aux secteurs de pointe, nécessaires pour ensemencer lavenir, notre présence ny était
4 Beat Kappeler,«Le grand plaidoyer pour la désindustrialisation », AGEFI, 8 mars 2010, p.8. 5 Pour cequi le concerne, ses relations patronales sont quasi fusionnelles. Le Premier ministre, ne confie-t-il pas, en mars 1967, la présidence du Conseil du progrès industrielàAmbroise Roux, alors DG de la Compagnie générale d'électricité et président de la commission économique du Conseil national du patronat français ? Ce dernier sera ainsi en charge de préparer sa politique industrielle. 6 Lire«? »,La France a-t-elle une politique industrielle entretien avec Chaban-Delmas,LExpress, décembre 1970, p. 106-125.
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