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Le Saut en longueur

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Livres
106 pages

Description

Ce livre sur la discipline du saut en longueur s'adresse à tous les éducateurs, entraîneurs, et enseignants. La première partie d'analyse permet de justifier, avec clarté et précision, les choix techniques proposés par la suite. La deuxième partie, abondamment illustrée, vous propose de nombreuses situations classées par thèmes afin de traiter tous les moments constitutifs du saut. Une sélection d'exercices par niveau de pratique vous facilite également la mise en œuvre pédagogique afin de répondre aux besoins des différents publics. Enfin, plusieurs thèmes et situations sont transférables à d'autres activités athlétiques, ce qui fait de cet ouvrage un outil incontournable pour toute personne qui porte un intérêt à l'éducation physique et athlétique ainsi qu'à l'entraînement sportif.


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Informations

Publié par
Ajouté le 17 juillet 2015
EAN13 9782332931535
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
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Couverture
CopyRight
Cet ouvrage a été composér Edilivre
175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis
Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50
Mail : client@edilivre.com
www.edilivre.com
Tous droits de reproduction, d'adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays.
ISBN numérique : 978-2-332-93151-1
© Edilivre, 2015
Remerciements à Anouk et Marisa pour leur contribution aux illustrations de cet ouvrage. Une pensée toute particulière pour Anouk et nos 15 ans de travail en commun.
Photos : Olivier Pauly Photo couverture : remerciements à Mme Yvonne Maggiore
Préambule
Cet ouvrage aurait sans doute mérité une préface. Celle-ci ne pouvant être écrite que de la main de mon ami Alain Tronqual elle ne figurera malheureusement pas. Je tiens cependant à lui dédier ce livre parce qu’il en a été un très grand inspirateur. Professeur, entraîneur, ami, par sa curiosité, sa pertinence (voir son impertinence !) et sa connaissance sans limite du saut en longueur il m’a toujours passionné et conseillé. Pour tout ce que tu as apporté aux entraîneurs, à l’athlétisme et au saut en longueur en particulier, merci Alain.
1 Présentation
Le saut en longueur est sans doute l’une des activités humaines la plus naturelle et originelle. En effet, depuis qu’il se tient debout sur ses deux pieds, l’Homme qui se déplace est amené à franchir des obstacles. Sauter vers l’avant pour franchir un fossé ou un obstacle quelconque est donc une activité vieille comme le monde. Le saut en longueur peut être utilitaire lorsqu’il s’agit de franchir une flaque d’eau pour ne pas se mouiller les pieds, ou de compétition lorsqu’il s’agit de connaitre celui (ou celle) qui saute le plus loin. Cette activité est également un objet d’engouement particulier puisqu’elle mesure à elle seule un ensemble de qualités physiques telles que la vitesse, la force, la précision, la coordination et toutes leurs déclinaisons (puissance, explosivité…). Sauter en longueur c’est essayer de s’affranchir de la pesanteur (pour un bref instant), s’arracher du sol pour franchir la plus grande distance possible vers l’avant. Le principe est le suivant : L’athlète prend une quantité de vitesse (Elan), dont il va transformer une partie pour décoller en s’engageant vers l’avant (Liaison Course Appel), et une fois en l’air (Suspension) il va maîtriser le placement de ses segments pour s’équilibrer et rentabiliser sa suspension. Pour simplifier, un saut est donc constitué de 3 parties L’élan : Il commence quand l’athlète se met en mouvement et se poursuit jusqu’au moment où celui-ci quitte le sol. L’objectif est de vaincre l’inertie du départ et de donner de la vitesse à son corps. La liaison course-appel (LCA) : Elle est préparée dès l’antépénultième appui et concerne principalement ce qui va se passer sur l’avant dernier et le dernier appui. Elle se termine lorsque l’athlète quitte le sol. Elle est donc contenue dans l’élan. L’objectif est de transformer une partie de la vitesse acquise en course pour obtenir une composante verticale qui permettra d’avoir une trajectoire parabolique. Cette transformation se fait grâce à la prise d’avance du pied d’appel qui détermine un secteur d’impulsion, lequel sera balayé pendant l’appel.
Liaison Course Appel ou Liaison Course Impulsion ? Lorsqu’on rebondit sur le sol, on produit une force sur un support et ceci pendant un certain laps de temps. Le produit d’une force par le temps pendant lequel elle agit représente ce que l’on appelle l’impulsion totale. I = F X t (kg / s ou N/s). C’est donc un terme mécanique précis, et dans le cas d’un sauteur qui aurait une course d’élan de 20 appuis, il va provoquer à chaque pose d’appui une impulsion. Le terme liaison course impulsion n’est donc pas approprié puisque la course constitue une suite d’impulsions. Il est préférable d’employer l’expression liaison course appel, l’appel étant la dernière impulsion avant la phase d’envol. En conclusion : tous les appels sont des impulsions, mais toutes les impulsions ne sont pas des appels ! Cette distinction sémantique nous semble nécessaire puisque l’appui permettant l’impulsion à l’appel et les appuis permettant les impulsions de course ne sont pas semblables. En effet les appuis en course se font sur l’avant du pied, alors que le pied d’appel lui, va se poser à plat. Il apparaît donc utile de différencier ces appuis, tant dans le vocabulaire, que dans la pratique. On doit enseigner aux jeunes athlètes à poser les pieds à plat, sur l’avant, en marchant d’abord, puis en courant, en alternant les deux types d’appui, et enfin en apprenant à passer de l’un à l’autre pour décoller. Des situations pédagogiques se rapportant à cet objectif seront proposées ultérieurement dans cet ouvrage
La suspension (SUSP) : l’objectif est de maîtriser des coordinations spécifiques et d’organiser ses segments dans l’espace, afin d’obtenir le placement présentant le meilleur rendement possible pour le franchissement d’une distance vers l’avant. Elle commence quand l’athlète quitte le sol et se termine lorsqu’il y revient pour la réception.
2 But
Lebut est simple, il faut sauter le plus loin possible, c’est-à-dire laisser une marque dans le sable le plus en avant possible de la ligne de plasticine.
Illustration 1
La performance est représentée par la longueur de la suspension, prise à la marque la plus prés du bord et mesurée à la limite de la planche et de la plasticine. Pour que cette performance soit bonne, il faut décoller en un point précis en respectant 4 critères simples qui conditionnent la réussite : – La vitesse d’envol : plus la vitesse est importante au décollage et plus on a de chances d’aller loin. Il faut donc décoller le plus vite possible. – L’angle d’envol : il doit être optimum pour que la portée de la trajectoire soit la plus longue. – La hauteur du Centre de Gravité (CG) au décollage : plus la hauteur du CG est importante au moment du décollage et plus on est susceptible d’aller loin. – L’optimisation de la phase de suspension : lorsque l’athlète est en suspension, il ne peut plus modifier la trajectoire de son CG mais il doit organiser le placement de ses segments pour aller toucher le sable le plus loin possible
• La vitesse d’envol
Lorsqu’on parle de vitesse d’envol il s’agit d’une vitesse résultante qui est une combinaison de vitesse horizontale et de vitesse verticale.
Pour décoller vite 2 parties du saut seront concernées : la course d’élan et la Liaison Course Appel (LCA).
– La course d’élan
Elle permet d’accumuler la vitesse nécessaire pour décoller vite et elle est certainement la plus longue (16 à 22 foulées à haut niveau) et la plus rapide du registre athlétique. Les athlètes atteignent des vitesses horizontales en course d’élan d’environ 11m/sec à très haut niveau chez les hommes et 10 m/sec chez les femmes (IAAF, Biomechanics Report WC Berlin 2009 Long Jump). Cette vitesse sera plus ou moins importante selon les possibilités de l’athlète.
Lacourse d’élan présentera les caractéristiques suivantes : – Elle est progressivement accélérée – L’accélération est optimale – Il y a une augmentation du rythme en fin de course – Elle est précise
« Vitesse maximale ou optimale en course d’élan ? » Il serait préférable d’employer vitesse optimale, en particulier pour des sauteurs qui ne sont pas encore au plus haut niveau, ce qui sous entend la plus importante possible pour être capable d’effectuer une Liaison Course Appel correcte. En effet, au saut en longueur, qui bénéficie de la course d’élan la plus rapide, même à très haut niveau, les athlètes arrivent en fin de course d’élan à des vitesses légèrement inférieures à celles qu’ils sont capables d’atteindre en sprint. Pour exemple, un des derniers grand sprinter – sauteur était Carl Lewis. A Tokyo en 1991 il avait atteint 12,05m/sec lors de son record du monde sur 100m. Au saut en longueur on relevait pour son meilleur saut une vitesse d’approche de 11,06m/sec, soit 1m/sec de différence (Fukasiro et Wakaiama 1992). Les experts peuvent se permettre de se rapprocher de leur vitesse maximale, mais dans l’apprentissage il faut, dans un premier temps, laisser les jeunes sur des courses d’élan non maximales. Les vitesses d’approche progresseront parallèlement aux capacités à traiter vite et précisément des informations et ajuster son comportement, ainsi qu’aux capacités physiques qui permettront de résister aux contraintes supérieures lors de vitesses plus grandes. Ceci est surtout valable pour des jeunes sauteurs qui ne pourront pas utiliser une vitesse maximale avant de sauter. Deux raisons principales à cela : – la nécessité de traiter des informations en fin de course pour adapter leurs foulées et ajuster la planche. – la difficulté d’opérer les modifications nécessaires pour changer l’orientation de leur trajectoire et décoller (Lundin et Berg 1993, et Madella 1996). Attention donc aux débutants « chiens fous » qui courent à toute vitesse et sont incapables d’effectuer un appel correct. Il faudra sans doute augmenter progressivement la longueur des courses d’élan et leur vitesse. Par contre avec des experts il sera envisageable d’utiliser des moyens artificiels pour augmenter la vitesse de leur course d’élan afin qu’ils puissent réaliser des sauts à la plus grande vitesse possible et sans effort. Par exemple avec une première partie de course tractée (Schulek 2002).
Le déroulement est le suivant : Après une phase de mise en action pour prendre de la vitesse, l’athlète se place dans une attitude de course haute avant de rechercher une augmentation de la fréquence des appuis en fin de course qui favorisera la prise d’avance. L’accélération est régulière tout au long de la course, et la vitesse utilisée est quelque peu inférieure à la vitesse maximale de l’athlète afin que celui ci conserve le relâchement et la disponibilité nécessaires pour la réalisation délicate de la Liaison Course Appel et l’ajustement précis de la planche. On peut noter que les sauteurs de haut niveau s’approchent très près de leur vitesse maximale. Dans la dernière partie de cette course l’athlète effectue des ajustements à partir d’informations visuelles ainsi que proprioceptives pour réguler la précision de sa course. Ceci est confirmé par des études scientifiques (Maraj 1999) et justifie que l’entraîneur propose des situations pour améliorer ce comportement. Contrairement au débutant, le sauteur expert effectue ces ajustements tôt (8 à 6 foulées de la planche : marque intermédiaire), à grande vitesse, à partir d’une vision périphérique et sans modifier son organisation posturale (ne pas baisser la tête pour regarder
la planche).
« Regarder ou ne pas regarder la planche au saut en longueur ? » Ce n’est pas si simple que cela ! L’étude du comportement du débutant au saut en longueur révèle toujours les mêmes défauts : il ralentit, piétine, regarde la planche. Pour ajuster précisément la planche il va traiter l’information en vision centrale, et ce jusqu’au dernier moment, et il va donc baisser la tête pour orienter le regard sur la planche, modifiant ainsi sa posture.Enfin, il ralentira sa coursepour avoir le temps de traiter les informations concernant la distance avec la cible, la vitesse d’approche etc… Les consignes sont toujours les mêmes : avoir des marques précises, accélérer jusqu’à l’appel, et ne pas regarder la planche. Des études scientifiques nous apportent des informations sur le comportement du champion qui sont assez surprenantes par rapport à ce que l’on croit savoir (Lundin et Berg 1993, et Madella 1996). Voici en substance ce que ces auteurs nous apprennent : La vitesse dans la partie finale de la course d’élan a indéniablement une influence capitale sur la longueur des sauts. Dans le passé les entraîneurs ont insisté sur l’acquisition d’une course d’élan standardisée, d’une longueur déterminée, qui pouvait permettre au sauteur d’atteindre une vitesse optimum, sans avoir la contrainte de faire des ajustements de la longueur ou de la fréquence de ses foulées. Les observations de sauteurs de top niveau ont montré cependant que cette conception de la course d’élan comme étant une habileté fermée ne correspond pas, au moins dans la dernière partie de la course d’élan, avec ce que font effectivement les sauteurs de top niveau. Les sauteurs horizontaux, en fait, modifient leur course d’élan pendant la phase finale...