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La comptabilité fondamentale

De
220 pages
Reposant sur les règles de la traçabilité et de la causalité des opérations économiques et monétaires d'une organisation, le "principe de la partie double", énoncé par Luca Pacioli en 1494, structure une équation fondamentale de la comptabilité dont les propriétés régulent toutes les constructions comptables et financières statiques et dynamiques. Ce livre analyse les conséquences de ces propriétés sur la modélisation comptable et financière, et l'exploration de la performance dans les organisations.
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La comptabilité fondamentale La comptabilité
Ce livre présente les approches normative et positive de la
Comptabilité fondamentale autour des rationalités structurant les fondamentale
techniques, les méthodes et les outils comptables gouvernés par
le « principe de la partie double ». Ce principe énoncé par Luca
Pacioli en 1494, est resté une énigme de la Comptabilité. Reposant
sur la règle de la traçabilité et la règle de la causalité des opérations
économiques et monétaires d’une organisation, il structure une
équation fondamentale de la Comptabilité dont les propriétés
régulent toutes les constructions comptables et financières statiques Emmanuel Okamba
et dynamiques. Ce livre analyse les conséquences de ces propriétés
sur la modélisation comptable et financière, et l’exploration de la
performance dans les organisations.
Emmanuel Okamba est docteur habilité à diriger les recherches en
sciences de gestion. Maître de conférence des universités, il est spécialiste
de la fnance, de la Comptabilité, du contrôle de gestion et de la gestion
des ressources humaines, et auteur de plusieurs publications sur la g
et le pilotage de la performance dans les organisations en situation de
management interculturel.
Photo de couverture : Le Scribe Egyptien accroupi vers 3800-1710 av. J.-C., Musée du
Louvres, Département des Antiquités égyptiennes, Paris, photo E. Okamba (2010)
Dans l’Egypte antique, le travail du scribe consistait à rédiger les registres d’entrées et
de sorties des aliments dans les magasins de la cour ou dans les greniers à blé des grands
sanctuaires. Il assistait le Pharaon pour recouvrer les impôts dans les différentes provinces
du royaume. Les scribes étaient des comptables et des intellectuels qui composaient des Collection Recherches en Gestion
œuvres littéraires transmises jusqu’à nous par des papyrus. Ils remplissaient enfin, la
fonction d’écrivain public et établissaient les contrats légaux.
23 €
ISBN : 978-2-336-29128-4
RECHERCHES-EN-GESTION_GF_OKAMBA_COMPTABILITE-FONDAMENTALE.indd 1 08/11/13 14:57
Emmanuel Okamba
La comptabilité fondamentaleLA COMPTABILITE FONDAMENTALE© L’Harmattan, 2014
5-7, rue de l’École polytechnique, 75005 Paris
http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-336-29128-4
EAN : 9782336291284 Emmanuel OKAMBA
LA COMPTABILITE FONDAMENTALE
L’Harmattan Collection « Recherches en Gestion », dirigée par Luc MARCO

APPRENTISSAGES, STRATÉGIES ET COMPÉTITIVITÉ SUR LA LONGUE DURÉE :
L'étonnante histoire d'Eurocopter/Marc-Daniel Seiffert - Préface de Jean-Claude Tarondeau

COURANTS ACTUELS DE RECHERCHE EN MARKETING (LES)
Synthèses et perspectives/Sous la direction de Jean-Marc Décaudin, Jean-François Lemoine,
Jean-François Trinquecoste

COÛTS DES MAISONS DE RETRAITE (LES)/ Hien Bui Quang, Miyako Bui Quang

DESIGN ET MARKETING Fondements et Méthodes/Sous la direction de Jean-Pierre
Mathieu

ENTREPRENEUR FRANÇAIS (L') Modèle pour le XXIe siècle/Karine Goglio-Primard

FABRIQUE DES EXPERTS-COMPTABLES (LA) Une histoire de l'INTEC 1931-2011/ Luc
Marco, Samuel Sponem, Béatrice Touchelay

HISTOIRE MANAGÉRIALE DU BAZAR BONNE-NOUVELLE Galeries marchandes à
Paris, 1835-1863/Luc Marco

INEFFICIENCE ET DYNAMIQUE DES MARCHÉS FINANCIERS/ Fredj Jawadi, Jean-
Michel Sahut

MANAGEMENT DE LA DIVERSITÉ (LE) Enjeux, fondements et pratiques/Sous la direction
d'Isabelle Barth et de Christophe Falcoz

MÉTHODES THÉMATIQUES POUR LA GESTION DES RISQUES Oriane 2/ Sous la
direction de Bernard Guillon

MORALE INDUSTRIELLE ET CALCUL ÉCONOMIQUE DANS LE PREMIER XIXe
SIÈCLE
L'économie industrielle de Claude-Lucien Bergery (1787-1863)/ François Vatin

NOUVELLE INITIATION À LA COMPTABILITÉ GÉNÉRALE Cours, 24 exercices
corrigés et commentés, nouveau plan comptable, référence aux normes IFRS/ Basile Ganidis

NOUVELLES AVANCÉES DU MANAGEMENT/ Sous la direction de Luc Marco

PRESSE ET LES PÉRIODIQUES TECHNIQUES EN EUROPE (1750-1950) (LA/ Sous la
direction de Patrice Bret, Konstantinos Chatzis et Liliane Pérez

PUBLICITÉ PANEUROPÉENNE (LA/ Jean-Jacques Croutsche, Dal-Ju Mun, Sylviane
Toporkoff

REGARDS ACTUELS SUR LA SOCIÉTÉ CONTEMPORAINE La pensée de Georg
Simmel/
Isabelle Barth

REGARDS CROISÉS SUR L'INFLUENCE DE L'ÂGE EN SCIENCES HUMAINES ET
SOCIALES/
Sous la direction de Olivier Droulers et Emmanuel-Pie Guiselin

RELATIONS SALARIÉS-EMPLOYEURS Quel partage des valeurs ?/ Jean-Michel Sahut

RISQUE Formalisations et applications pour les organisations/ Sous la direction de Bernard
Guillon
TRAITE DE LA MARCHANDISE ET DU PARFAIT MARCHAND Traduction de l’édition
de 1582/ Benedetto Cotrugli, édité par Luc Marco et Robert Noumen.

UNDO THE MATH ! How semiotic gaps warp thinking/ Marc Idelson

VALORISER L'INTÉGRATION DU RISQUE/ Sous la direction de Bernard Guillon
Sommaire
Introduction Générale ......................................................................... 11
Première partie: L’analyse esthétique de la performance ....................... 19
Introduction de la première partie ........................................................ 20
Chapitre 1 : Le statut épistémologique de la modélisation de la dans la
Science ................................................................................................ 24
Section 1 : Les fondements épistémologiques ..................................... 24
A- La conception ontologique ou normative........................................ 24
B- La conception pragmatique ............................................................. 26
C- La conception organique et symbolique ......................................... 28
Section 2: La substantialité des nombres archétypes ............................. 29
A- Le nombre d’or ( =1,6180) .......................................................... 32
B- Le nombre Pi ( = 3,1416) .............................................................. 35
Chapitre 2: Les systèmes universels de mesure et d’évaluation de la
performance ........................................................................................ 37
Section 1 : Le système anthropométrique ............................................. 37
A- La pyramide et le nombre d’or : les fondements de l’équilibre
universel .............................................................................................. 39
B- Le temple et le nombre Pi :
les fondements de l’optimum des formes45
C- Les applications modernes .............................................................. 53
Section 2 : Le système métrologique moderne ..................................... 54
A- La mesure et l’évaluation du système physique ................................ 54
B- La mesure et l’évaluation du système économique et financier ........ 55
Section 3 : La science moderne et les régulateurs universels des
« situations de proportionnalité » ......................................................... 58
A- Les régulateurs universels dans les sciences « dures et exactes» ....... 58
B- Les régulateurs universels dans les sciences « humaines et sociales » 64
C- La classification des formes artificielles optimisées .......................... 72
Chapitre 3: Les principes esthétiques de l’exploration
de la performance ................................................................................ 80
Section 1: Les lois de l’esthétique des formes appliquées aux CCF ....... 81
A - Les CCF statiques et la loi de l’équilibre fondamental .................... 84
B - Les CCF dynamiques et l’optimum : ............................................ 119
Section 2 : Les conceptions philosophiques ....................................... 124
?-
A- La logique de la recherche opérationnelle ..................................... 126
B- La logique néo-classique ............................................................... 128
Section 2: Les principes d’organisation comptable ............................. 135
Deuxième partie : L’analyse morphogénétique de la performance ...... 149
Chapitre 1: Les fondements de l’analyse morphogénétique des formes151
Section 1: La substantialité de la forme optimisée ............................. 152
A- La morphogénèse naturelle et l’apparition spontanée des formes
optimisées .......................................................................................... 153
B- La morphogenèse artificielle ......................................................... 161
Section 2 : Le modèle génétique de l’équation fondamentale de la
Comptabilité ...................................................................................... 169
A- La structure génétique de la performance ...................................... 169
B- Simulation de l’algorithme du modèle de base ............................... 173
Chapitre 2 : Le contrôle et le pilotage génétiques de la performance des
CCF ................................................................................................... 180
Section 1 : La morphogenèse du modèle du coût/volume/profit de
J.Harris .............................................................................................. 183
A Les fondements du modèle coût/volume/profit de J.Harris : ........ 183
B- L’analyse classique du modèle : application ................................... 184
C- L’analyse morphogénétique du modèle : ....................................... 188
Section 2 : La morphogenèse du modèle de gestion optimale de stock de
R. H. WILSON ................................................................................. 189
A- Les fondements génétique du modèle de gestion optimale de stock
de R.H.Wilson ................................................................................... 189
B- L’analyse macroscopique du modèle : application ......................... 190
C- L’analyse morphogénétique du modèle ......................................... 191
Section 3 : La généralisation de l’algorithme génétique de base .......... 194
A- Les proportions génétiques universelles des facteurs de la
performance : .................................................................................... 194
B- Simulation de l’algorithme général : .............................................. 197
D- Le tableau bord génétique : l’interface entre les CCF statiques et les
CCF dynamiques ............................................................................... 203
Conclusion générale ........................................................................... 206
Bibliographie ..................................................................................... 211

Table des illustrations
Tableau n°1 : La démonstration du nombre d’or ................................. 33
Tableau n°2: L’homme royal Egyptien, instrument de mesure de
l’harmonie universelle .................................................................. 48
Tableau n°3: La correspondance entre les parties du corps et celles du
temple ......................................................................................... 52
Tableau n°4: Les principaux régulateurs universels dans les sciences
sociales ........................................................................................ 65
Tableau n°5: Exemples de modèles organiques .................................... 74
Tableau n°6 : Le modèle d’optimisation des stocks de Wilson ............. 76
Tableau n°7: Types de modèles architectoniques ................................. 77
Tableau n°8: Le modèle du seul de rentabilité ...................................... 79
Tableau n°9: La présence du nombre d’or dans les CCF statiques ........ 92
Tableau n°10: La représentation graphique de l’équilibre d’ne CCF ..... 97
Tableau n°11: Le contrôle budgétaire fondé sur le contrôle-vérification
.................................................................................................. 111
Tableau n°12 : Le modèle du tableau de bord de gestion ................... 1143 : Le tableau de bord équilibré ....................................... 118
Tableau n°14 : La diversité des indicateurs de la performance ............ 1215 : La représentation graphique de l’équilibre d’une CCF 124
Tableau n°17 : La relation entre la causalité et la traçabilité des ressources
rares consommées par les activités d’un objet de marge ............. 138
Tableau n°18 : Les systèmes de granulométrie de la consommation des
ressources rares par les activités d’un objet de marge ................. 141


Tableau n°19 : Le modèle action/diffusion de Turing et ses équations
différentielles ............................................................................. 155
Tableau n°20 : L’équilibre macroscopique des CCF ........................... 174
Tableau n°21 : Simulation de l’algorithme génétique de base de la
structure génétique d’une CCF ................................................... 176
Tableau n°22: L’équilibre génétique d’une CCF ................................. 1783 : Le contrôle et le pilotage de la performance par le
contrôle-maîtrise ........................................................................ 182
Tableau n°24: Le tableau de bord génétique d’une CCF: = ax – b=0
.................................................................................................. 204

10


Introduction Générale
Ce livre est consacré à l’étude de la Comptabilité fondamentale,
discipline des Sciences de Gestion qui étudie les principes, les méthodes
et les règles de l’exploration de la performance des organisations, à
travers l’analyse des outils de modélisation des constructions comptables
et financières (CCF).
Les bases scientifiques de cette discipline ont été fixées par deux écoles.
La première est l’école vénitienne ou l’école italienne de L. PACIOLI
1(1494) qui, s’est appuyée sur les mathématiques pour fonder une
approche normative de la Comptabilité, structurant les lois de la
mécanique comptable, nécessaires à production des états comptables et
financiers de synthèse. La deuxième, est l’école de Rochester ou école
américaine de R.LWATTS et J.L.ZIMMERMAN (1978, 1979 et 1986,
21990) qui, dans une approche positive, développe une démarche

1 PACIOLI L. (1494) : Summa di Arithmetica, Geométria, Proportioni et Proportionnalita
publié le 10 novembre 1494 Ed. Presses de Paganino de Paganini à Gênes, dont le
Tractatus XI Particularis de Computus et Scripturis ou Traité des Comptes et des Ecritures a
été extrait et traduit en Français par P. JOUANIQUE, Editions Comptables
Malesherbes, 1995, Cote Bibliothèque Nationale de France : 4-V-606606. PACIOLI L
(1509): De Divina Proportione, Gênes, 1509. C’est le premier traité connu à ce jour sur le
Nombre d’or, traduction par Duchesne, Giraud et Sarrade en 1980 à la Librairie du
Compagnonnage, in-4, 400 p. Luca Bartolomes Pacioli, dit Luca di Borgo (v.1445 à
Borgo Sansepolcro en Toscane - 1517 à Rome), est un moine franciscain et
mathématicien italien.
2 WATTS R.L. et ZIMMERMAN J.L. (1978) : « Towards a Positive Theory of the
Determination of Accounting Standards », The Accounting Review, vol. 53, January
1978, p. 112-134.
WATTS R.L. et ZIMMERMAN J.L (1979) :« The Demand for and Supply of
Accounting Theories: the Market for Excuses », The Accounting Review, vol. 54,
April 1979, p. 273-305.
WATTS R.L. et ZIMMERMAN J.L (1986) : Positive Accounting Theory, Prentice-
Hall, Englewood Cliffs, 1986.
11
E. Okamba

d’essence sociologique de la Comptabilité. Elle s’appuie sur le paradigme
de l’utilité contractuelle des nombres comptables et a pour programme
de recherche associé, l’explication des pratiques observées et la
prédiction des choix comptables effectués, tant par les dirigeants des
organisations que par les organismes de normalisation. Elle cherche à
établir les lois structurant les comportements (opportunistes et
maximisateurs) des utilisateurs et des normalisateurs des outils et
méthodes comptables que les lois structurant les instruments comptables
eux-mêmes. L’école vénitienne, quant à elle, est fondée sur la recherche
des lois structurant et régulant les outils et les méthodes comptables. Elle
tente de concilier la Géométrie (la science du trait) et l’Arithmétique (la
science du nombre) par la « quantité » (le nombre), afin de standardiser
les méthodes et les techniques et les CCF à portée universelle.
La « quantité » est l’une des dix catégories (avec essence, qualifié, relatif,
quelque part, à un moment, se trouver dans une position, avoir, agir,
pâtir) figurant dans l’Organon d’Aristote et qui fonde le jugement,
l’énoncé ou la proposition ayant pour objet, un rapport entre deux ou
plusieurs termes d’un ensemble. C’est un terme générique de la
métrologie qui désigne un scalaire, un vecteur, un nombre d’objets, la
valeur d’une collection ou d’un groupe de choses, permettant d’apprécier
l’harmonie des termes des « situations de proportionnalité ».
Une « situation de proportionnalité» », est un état dans lequel, il existe un
rapport de grandeur équilibré, entre les éléments antagonistes constituant
un ensemble dans le temps et l’espace. Ce rapport est un vecteur ou une

WATTS R.L. et ZIMMERMAN J.L.(1990) : « Positive Accounting Theory: a Ten
Year Perspective », The Accounting Review, vol. 65, January 1990, p. 131-156.

12
La comptabilité fondamentale
force qui organise, régule et stabilise l’équilibre de cet ensemble en
annulant l’inertie des forces antagonistes qui s’y évoluent. C’est l’un des
segments incommensurables géométriques ou l’un des équivalents des
nombres irrationnels, découvert par les platoniciens. Il dispose des
propriétés esthétiques qui rendent harmonieuses, les « situations de
proportionnalité » dans lesquelles il se manifeste. Parmi ces grandeurs,
citons :
1 5
- le « nombre d’or », représenté par = 1,6180 = ;
2
- le « nombre Pi », représenté par = 3,1416 que les Egyptiens antiques
appelaient l’Homme Royal, et qui était leur instrument métrologique
universel. L. PACIOLI, utilisa le premier nombre pour démontrer l’unité
entre la Géométrie et l’Arithmétique et pour en faire un instrument de
métrologie de la performance du système comptable. En effet, le
« nombre d’or » ou la « divine proportion » est un nombre qui est à la
fois continu et discontinu. C’est une proportion correspondant à l’égalité
entre deux rapports, celui des termes moyens et celui des termes
eextrêmes d’un segment, connu depuis Euclide (Eléments, III siècle avant
Jésus-Christ). Il se trouve entre trois termes différents (x, b et c) dans
toute construction de forme:
= ax² +bx +c =0.
avec x = l'inconnue et a, b et c = coefficients, avec a = proportion dorée, différent de 0.
Cette équation quadratique, admet deux solutions que l’on peut trouver
2au moyen du discriminant ( ) = b - 4ac. Trois cas sont possibles :
b' b'
Si > 0 ; admet deux solutions: x ;x ; 1 2
2a 2a
13

? ??-E. Okamba

b
Si = 0 ; admet une racine double: ; x x1 2 2a
Si < 0 ; n’admet pas de solution réelle.
Lorsque le nombre 1,6180 (ou l’une de ses proportions) est répété dans
une construction, il en devient le vecteur de l’harmonie ou de l’équilibre
de l’ensemble de cette construction, de telle manière que tout
observateur ressente une sensation agréable de beauté.
Dans les premiers chapitres de son livre, L.PACIOLI, appliqua les
propriétés de ce nombre à l’élaboration d’un traité de géométrie,
permettant de construire les cinq corps platoniciens (Tétraèdre, Cube,
Octaèdre, Icosaèdre, Dodécaèdre), figures géométriques difficiles à
réaliser sans l’utilisation de la proportion dorée. Il consacra le chapitre XI
dénommé Tractatus XI Particularis de Computus et Scripturis ou Traité des
Comptes et des Ecritures à la mécanique comptable, pour vulgariser la
méthode d’organisation, de la tenue des comptes et d’élaboration des
états comptables et financiers de synthèse appelée le « principe de la
partie double » et qui est devenu la règle fondamentale de la
Comptabilité moderne, sous le nom de la « méthode vénitienne ». Il s’agit
d’un système comptable dans lequel, la valeur de chaque transaction
effectuée par un agent économique, est enregistrée dans deux comptes
de nature différente: quand l’un ou plusieurs comptes sont débités, un ou
plusieurs autres comptes doivent être crédités pour la même somme.
C’est le premier pilier de la mécanique comptable qui fonde la règle de la
traçabilité des opérations économiques et monétaires, selon laquelle,
toute opération comptable a une origine (Ressource) et une destination
(Emploi). Ce pilier permet de classer les opérations qui affectent une
organisation en opérations à forte traçabilité et en opérations à faible
14

?? La comptabilité fondamentale
traçabilité. Les premières font l’objet d’un reporting direct et permanent,
alors que les secondes font l’objet d’un reporting indirect et intermittent.
Ce premier pilier permet donc de contrôler la contre partie des
opérations enregistrées dans les écritures comptables et permet
d’élaborer les états comptables et financiers de synthèse, notamment le
brouillard, le journal, le grand livre, la balance, le bilan et le compte de
pertes et profits ou compte de résultat.
Le deuxième pilier de la mécanique comptable est la règle de la causalité
qui caractérise le lien organique, rattachant toute opération à une cause
ou un vecteur qui la déclenche et qui assure l’équilibre de toute CCF
dans laquelle elle s’inscrit : total des Ressources = total des emplois. Ce
deuxième pilier permet de classer les opérations qui affectent une
organisation en opérations à forte causalité et en opérations à faible
causalité. Les premières opérations font l’objet d’un reporting direct et
permanent, alors que les deuxièmes font l’objet d’un contrôle indirect et
intermittent. Les opérations à forte traçabilité et à forte causalité font
l’objet d’un contrôle direct et permanent, alors que celles à faible
traçabilité et à faible causalité font l’objet d’un contrôle indirect et
intermittent. Les opérations courantes sont classées dans la première
catégorie; alors que les opérations d’inventaire extra comptable sont
classées dans la deuxième catégorie.
Si la traçabilité des opérations économiques et monétaires est présentée
dans tous les ouvrages de Comptabilité Générale comme le pilier du
« principe de la partie double », la causalité y est évoquée sous l’aspect de
l’équilibre fondamental de toute CCF, sans toutefois que soit fait
référence à la force d’interaction qui la stabilise. Cette occultation du
15
E. Okamba

vecteur de l’équilibre de toute CCF semble d’ailleurs, avoir été
volontairement souhaitée par L.PACIOLI lui-même, sans doute pour
épurer le vocabulaire Comptable, destiné aux commerçants, de toute
référence aux nombres irrationnels. Mais, il présente l’équilibre
fondamental entre les Ressources et les Emplois d’une CCF comme la
conséquence de la causalité sans en donner explicitement les
fondements. Nous pouvons objecter que si L.PACIOLI a présenté son
traité de Comptabilité à l’usage des commerçants dans un livre consacré
aux applications géométriques et arithmétiques du nombre d’or, c’est
qu’il considérait que ce nombre avait des affinités avec l’organisation
harmonieuse, la tenue en équilibre des comptes, l’esthétique des CCF et
l’optimisation de la performance dans les organisations. La règle de la
traçabilité présentée explicitement dans le « principe de la partie double »
ne peut donc expliquer ces affinités sans la règle de la causalité.
Dès lors, la règle de la causalité qui caractérise l’équilibre des CCF, est
une énigme posée dans le traité de Comptabilité Générale de
L.PACIOLI. Nous cherchons à résoudre cette énigme, à travers la
question suivante: Comment la proportionnalité permet-elle d’explorer la
performance dans les CCF?
Pour répondre à cette question, nous postulons que si la « méthode
vénitienne » standardise la technique comptable universelle autour de
l’équilibre fondamental de la Comptabilité, généré par la répétition du
vecteur de l’harmonie dans l’ensemble du système comptable, il est
possible de passer les opérations d’un état de synthèse à un autre sans
perdre cet équilibre: total des Emplois utilisés, égal total des Ressources
engagées. L’égalité entre les Emplois et les Ressources suggère l’existence
16
La comptabilité fondamentale
d’une équation fondamentale de la Comptabilité ( ) contenue dans toute
CCF, et ayant un régulateur de l’équilibre des Ressources et des Emplois,
cachée dans sa structure, indépendamment des rationalités des
utilisateurs de la Comptabilité. La connaissance de la structure de cette
équation permet d’explorer la performance, à travers les transformations
que subissent les opérations économiques et monétaires dans le système
comptable.
Ainsi, l’approche normative d’essence mathématique est complétée par
l’approche positiviste, d’essence sociologique qui permet de mieux
distinguer les orientations épistémologiques de la Comptabilité
fondamentale en tant science positive, ensemble de connaissances sur
« ce qui est », et en tant que science normative, ensemble de
connaissances sur « ce qui devrait être» au regard d’un système de valeurs
3(JF.CASTA (2009)). Tout comme les comportements des agents
économiques, les méthodes et les outils comptables sont soumis aux lois
de l’évolution naturelle, telles que seules, les constructions les plus
adaptées à leur environnement survivent. L’étude des capacités
intrinsèques d’adaptation des CCF aux fluctuations de leur
environnement, peut être abordée par la morphogenèse artificielle
4utilisée en génétique (A.M. TURING (1952) ; J.-P. BAQUIAST (2004),
5A.BEJAN (2000) ).

3 CASTA JF (2009) : « La Comptabilité Positive », Encyclopédie de Comptabilité,
Contrôle de Gestion et Audit, Ed. Economica, Dirigée par B.COLASSE, Paris, p.
1393-1402
4TURING A.M.(1952): The Chemical Basis of Morphogenesis. Philosophical transactions of the Royal
Society of London. 237:37-72, 1952.
5 BAQUIAST J.-P. (2004) : « La morphogenèse », Automates Intelligents, janvier.
BEJAN A. (2000): Shape and Structure, from Engineering to Nature, Cambridge
University Press, Cambridge, UK.
17

E. Okamba

L’objet de ce livre est donc d’étudier dans une approche normative, les
rationalités structurant les outils et les méthodes comptables, afin de
démontrer l’existence d’une équation fondamentale de la Comptabilité
dont les propriétés esthétiques et génétiques sont présentes dans toute
CCF, et d’en tirer les conséquences sur la modélisation comptable et
financière et l’exploration de la performance dans les organisations.
Dans une première partie, nous expliciterons les fondements théoriques
de l’exploration de la performance par la Comptabilité, science de la
proportionnalité, à travers la mesure comptable. Nous démontrerons à
cet effet, la substantialité de l’unité de la structure des CCF, à travers
l’analyse esthétique de l’équation fondamentale de la Comptabilité
qu’elles contiennent, en étudiant l’équilibre fondamental (propriété
macroscopique) et l’équilibre géométrique (propriété microscopique).
Dans la deuxième partie, la morphogénèse de l’équation fondamentale de
la Comptabilité, nous permettra d’étudier l’équilibre génétique
conduisant à l’optimum dans les CCF dynamiques. L’étude de la
cohérence du lien entre l’équilibre macroscopique et l’équilibre
microscopique de l’équation fondamentale de la Comptabilité, nous
permettra de concevoir un tableau de bord génétique permettant de
piloter la performance.
18






Première partie: L’analyse esthétique de la performance
E. Okamba

Introduction de la première partie
Le mot esthétique vient du grec « aisthesis » qui signifie la « sensation »
qu’une forme (un modèle, une structure, un système,…) produit par
l’harmonie de sa construction sur l’observateur. Cette sensation est
analysée par la branche philosophique qui étudie le « beau » (l’équilibre)
et le « sublime » (l’optimum) dans leurs formes, leur essence et leur
perception. La question fondamentale que pose l’analyse esthétique des
formes est de savoir si le « beau » et le « sublime » sont objectivement
présents dans les choses (formes) ou s'ils sont des qualités que l'esprit
attribue subjectivement aux objets ?
Le premier aspect de ce questionnement, traite de la nature normative et
contingente de l’esthétique des formes. Il nous renvoie à la conception
fondamentalement constructiviste de l’esthétique des formes d’Aristote.
Le deuxième aspect quant à lui, traite le caractère transcendantal de
l’esthétique qui fait du « beau » et du « sublime », des archétypes,
représentés par des nombres, des figures géométriques ou tout autre
élément symbolique, enfouis dans l’inconscient de l’observateur qui, au
contact des sens, se réveille par réminiscence. Il nous renvoie à la
conception positiviste de l’esthétique des formes selon Platon, Pythagore
et les autres philosophes positivistes de l’antiquité.
Dans les sciences de l’ingénierie, notamment dans celles de l’ingénierie
sociale dont les sciences de gestion font partie (J.-L LEMOIGNE
6(1990) , ces deux conceptions s’opposent dans la mesure et l’exploration

6LE MOIGNE J.-L.(1990): «Epistémologies constructivistes et sciences de l’organisation»,
Epistémologies et sciences.
de gestion, Paris, Economica, 1990, p.117, (Ouvrage collectif coordonné par A.-C. MARTINET).
20
La comptabilité fondamentale
7de la performance. Pour les positivistes tels que J. THEPOT (2001) :« la
modélisation n’est rien d’autre que l’irruption du tiers dans l’univers de la décision ;
elle consiste à remplacer le face à face prométhéen entre l’homme d’action et l’œuvre à
accomplir par le dialogue avec un tiers dont le kaléidoscope va lui révéler
progressivement les tenants et les aboutissants de son choix ». Le « tiers » qui
intervient dans l’élaboration et l’évaluation de la performance peut être
« le commissaire priseur » de L.WALRAS, le « Dieu » ou « la main
invisible » d’Adam Smith qui régulent l’offre et la demande sur les
marchés, ou plutôt la « raison » de la communauté scientifique qui
permet d’évaluer l’harmonie d’un modèle à partir de la cohérence
internes de ses parties en trois phases:
- l’identification du problème de décision, le repérage du ou des
décideurs;
- la construction d’un modèle et son traitement pour divers jeux de
données;
- l’énoncé de propositions soumises au discernement du décideur.
8Dans la conception constructiviste, J.-L. LEMOIGNE (1990) souligne
que: « la modélisation est l’Action d’élaboration et de construction intentionnelle, par
composition de symboles, de modèles susceptibles de rendre intelligible un phénomène
perçu complexe, et d’amplifier le raisonnement de l’acteur projetant une intervention
délibérée au sein du phénomène ; raisonnement visant notamment à anticiper les
conséquences de ces projets d’actions possibles ». La construction et l’évaluation
d’un modèle sont donc fonction des contingences de la situation dans
laquelle se trouvent le concepteur et l’évaluateur qui, à travers leurs

7 THEPOT J.(2001) : « La modélisation en sciences de gestion ou l’irruption du tiers », Revue
Française de Gestion n°102, Paris 2001, pp. : 66-71.
8 LEMOIGNE J-L.(1990) : La modélisation des systèmes complexes. Ed. Dunod, Paris 1990, p. 5.
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