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La PME en Afrique

De
170 pages
Parce qu'en Afrique les PME constituent parfois plus de 95 % du total des entreprises, elles sont devenues un instrument stratégique pour l'industrialisation, le développement économique, l'aménagement du territoire, la modernisation du secteur informel, etc. En raison de son utilité publique incontestable, les Etats africains ont intérêt à harmoniser leurs politiques de promotion et de soutien de la PME au niveau continental. D'où l'urgence de rechercher une définition africaine commune.
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David Fongang
LA PME EN AFRIQUE
Essai d’une définition commune
Préface de Robert Wanda
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La PME en Afrique
David Fongang
La PME en Afrique Essai d’une définition commune Préface de Robert Wanda
Du même auteur 2011 :La criminalité économique et ses conséquences sur la PME africaine :cas de la fraude, la corruption et l’arnaque, L’Harmattan, Paris. 2010 :Le dictateur, la princesse et l’opposant, théâtre, L’Harmattan, Paris. 2009 :Les émigrants, roman, L’Harmattan, Paris. 2001 :La PME africaine face à la mondialisation, Presses Universitaires d’Afrique, Yaoundé. 2001 :Le bonheur immédiat, roman, éditions Clé, Yaoundé. © L’Harmattan, 2014 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-02285-7 EAN : 9782343022857
Préface
De par sa contribution à la création des emplois et des richesses, la PME suscite dans le monde, une attention accrue de la part des chercheurs, des praticiens et des politiciens. Le concept de PME fait l’objet d’un débat qui divise la communauté scientifique internationale, donnant lieu à la naissance de plusieurs courants de recherche qui s’affrontent sans jamais parvenir à trouver un terrain d’entente.A cause de sa petite taille et de l’étroitesse de ses ressources, la PME qui en Afrique représente parfois jusqu’à 97% de l’ensemble des entreprises, est fragilepar rapport aux grandes firmes. Et c’est à ce titre qu’elle a besoin d’un traitement particulier. La PME africaine connaît de nombreuses difficultés liées au financement, à la gestion, à l’accès aux nouvelles technologies, au marché, à l’approvisionnement, à l’internationalisation, à l’influence des facteurs socioculturels, etc. C’est pour faire face à tous ces problèmes que cette PME a besoin d’aide et surtout de l’aide publique en matière de financement, de réglementation, d’encadrement, de garantie des crédits, etc. Les politiques d’ajustement structurel avaient porté un coup à la dynamique gouvernementale de soutien à la PME. Aujourd’hui, dans de nombreux pays, l’on remet en place progressivement, des structures autrefois démantelées. Mais en agissant individuellement, les Etats africains risquent de connaître les mêmes travers par défaut de synergie dans les politiques en faveur des PME. Pour accroître l’efficacité de leurs interventions, ils gagneraient à unir leurs ressources et à harmoniser leurs politiques, comme cela se fait par exemple dans l’Union européenne.
La faisabilité d’une telle initiative est tributaire de la recherche préalable d’une définition africaine commune de la PME et c’est là l’objet de cet ouvrage.
Si la préoccupation centrale de l’auteur est la formulation d’une définition africaine commune, il commence par nous présenter l’évolution de la recherche en PME. Il participe même au débat scientifique en essayant de vérifier les thèses de diversité et de dénaturation auprès d’un échantillon de PME africaines.Les résultats sont intéressants.
Par la suite, l’auteur analyse les particularités de la PME africaine, notamment l’influence des caractéristiques socioculturelles. La plus grande trouvaille à cette étape est sans conteste la découverte de la tontine innovante, un dispositif de financement à très court terme, susceptible de concurrencer la pratique illégale de l’usure.
On peut aussi citer le capitalrisque informel, une forme originale dont la modernisation devrait enrichir les sources de financement alternatif, auxquelles la PME africaine recourt, lorsque le crédit bancaire fait défaut.
Par ailleurs, dans le but de proposer une définition africaine commune de la PME, l’auteur adopte comme base de travail, les définitions officielles de 13 pays du continent, de niveaux de développement différents. En effet, on y retrouve un Etat émergent (l’Afrique du Sud), des pays à revenus intermédiaires (Egypte, Maroc, etc.) et des pays pauvres et très endettés (Cameroun, Bénin, etc.).
L’auteur montre la multiplicité des définitions en Afrique. Le constat est déroutant dans la mesure où dans un même pays, on retrouve des définitions parfois contradictoires. C’est le cas de l’Egypte où trois définitions fixent l’effectif maximum dans la PME à 50, 100 et 200 employés. De surcroît, les critères de définition utilisés par différents pays sont diversifiés: emploi, chiffre d’affaires, total du bilan,autonomie de l’entreprise, tenue de la comptabilité, etc.
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Dans ces conditions, aucune politique nationale ou continentale en faveur des PME, ne peut s’appliquer efficacement en produisant des résultats escomptés. C’est pourquoi, la recherche d’une définition commune de la PME est légitime et même indispensable en Afrique. Le mérite revient à l’auteur qui est parvenu à formuler une définition raisonnable, pouvant convenir à l’ensemble des Etats africains. L’auteur a fait un travail sérieux et profond. Il utilise les résultats de deux enquêtes réalisées au Cameroun à des périodes différentes, mais qui illustrent parfaitement ses démonstrations. C’est le cas notamment de l’analyse détaillée de l’organisation, de la gestion des ressources humaines ou du management stratégique de certaines firmes, d’où il a pu identifier «l’antiPME». L’on peut aussi citer les tableaux qui illustrent l’immiscion de la famille africaine et de la communauté d’origine ou d’adoption de l’entrepreneur, dans la gestion de la PME.En plus de ces aspects saillants du management interculturel, on peut ajouter que les définitions de la PME contenues dans les Codes des investissements ont été recueillies dans chaque pays concerné. L’auteur ayant mené les recherches documentaires dans sept pays africains. Pour conclure ce propos, nous pouvons affirmer que ce travail particulièrement riche, a un intérêt certain, à la fois pour la communauté scientifique (par la vérification des courants de recherche) et à l’Union africaine qui dispose désormais d’une définition continentale commune dont elle saura en faire bon usage. Robert Wanda Professeur agrégé en sciences de Gestion.
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Introduction générale
Définir la PME de façon claire, pertinente et consensuelle est un exercice difficile. De par son sigle et sa prononciation, la PME est une notion complexe. Dès le départ, les créateurs du concept ont regroupé dans un seul «champ »la Petite et la Moyenne entreprise. Si les auteurs ont du mal à délimiter la frontière nord entre la Grande et la Moyenne Entreprise, l’entreprise artisanale d’autrefois, qui est devenue Très Petite Entreprise ou Toute Petite Entreprise (Marchesnay, 2003), ou encore Micro Entreprise, vient aussi compliquer la délimitation de la frontière sud, avec la Petite Entreprise. La plupart desétudes, écrit Nadine Levratto (2006), part généralement du constat que les frontières existent et qu’elles peuvent donc être identifiées, à condition de trouver les bons critères de différenciation, mais qu’elles sont floues et perméables. Par ailleurs, le sigle PME signifie, Petite et Moyenne Entreprise et non petite ou moyenne entreprise, ce qui engendre une difficulté supplémentaire, car une entreprise ne saurait être à la fois petite et moyenne. Qu’estce que donc une PME ? Depuis des dizaines d’années, les auteurs et les praticiens (administrateurs, législateurs, gouvernements, ONG, organisations patronales de PME, structures de financement, de garantie, de formation, de conseil, de promotion) se posent la même question. D’un camp à l’autre, les réponses différent naturellement, puisqu’ils ne recherchent pas la définition de la PME pour les mêmes motifs. Le souci des praticiens est d’aider la PME, pour des raisons qu’énumère Nadine Levratto (2006): imperfection de l’information, réticence des marchés financiers à prendre des