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La politique industrielle française dans, l'électronique

256 pages
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Ajouté le : 01 janvier 0001
Lecture(s) : 231
EAN13 : 9782296244832
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LA POLITIQUE

INDUSTRIELLE

FRANCAISE

DANS L'ELECTRONIQUE

Collection "Logiques Economiques" Dirigée par Gérard Duthil

DUMEZ Hervé et JEUNEMAITRE Alain, Diriger l'économie: l'Etat des prix en France (1936-1986). DU TERTRE Christian, Technologie, flexibilité, emploi: une approche sectorielle du post-taylorisme.
DUTHIL Gérard, Les entreprises face à l'encadrement socialistes. du crédit.

GROU Pierre, Les multinationales

MARCO Luc, La montée des faillites en France.

MIGNOT-LEFEBVRE Yvonne, LEFEBVRE Michel, La société combinatoire. Réseaux et pouvoir dans une économie en mutation. PINARDON François, La rentabilité, une affaire de points de vue.
V ATIN François, L'industrie du lait. Essai d 'histoire économique. La société post-écono-

ZARIFIAN Philippe, PALLOIS Christian, mique : esquisse d'une société alternative.

Didactique des Logiques économiques
HECKL Y Ch., Eléments d'Economie pratique. DUTHIL G., VANHAECKE D., Les statistiques descriptives appliquées à l'économie de l'entreprise.

Chantal

LE BOLLOC'H-PUGES

LA POLITIQUE INDUSTRIELLE FRANÇAISE DANS L'ELECTRONIQUE

De l'émergence de l'industrie à la fin de la décennie quatre-vingt

Publié avec
de l'Université

le concours de Bretagne Occidentale

Editions L'Harmattan 5-7, rue de l'Ecole-Polytechnique 75005 Paris

c, L'Harmattan,

1991

ISBN: 2-7384-1072-3

INTRODUCTION

Il Y a en France toute une histoire entre l'Etat et l'électronique: une histoire qui a commencé dès l'émergence de cette industrie dans les années 1960, qui se poursuit aujourd'hui et selon toutes probabilités se poursuivra longtemps encore, quelles que soient fmalement les options de politique industrielle des pouvoirs politiques en place. Un certain nombre d'interventions publiques sont d'ailleurs bien connues, telles la création impulsée par l'Etat de Cii en 1966, l'opération Cii.HB de 1975 que le pouvoir politique a directement provoquée, la francisation de l'industrie du téléphone en 1976, ou encore le soutien à la recherche dans les télécommunications et l'électronique militaire, à travers notamment des centres publics tels le Cnet et le Celar ou l'implication publique dans l'émergence d'une industrie télématique. Plus récemment, début des années 1980, le lancement d'une réaction industrielle accompagnée de l'octroi d'importants soutiens financiers à des fumes nationalisées, réaction remise en cause dès 1986, a mis plus en avant encore la question de l'attitude de l'Etat dans cette industrie de pointe. De fait, l'intervention de l'Etat depuis vingt ans a été très importante, à tel point que l'électronique doit nombre de ses atouts aux soutiens publics en particulier sa force dans l'électronique militaire et les télécommunications -, et que l'action publique a eu une réelle influence sur les structures industrielles. Nombre de situations, de stratégies, de comportements ne s'expliquent en effet que par des interventions publiques passées. Il en est ainsi d'un certain

-

9

nombre d'investissements des groupes (tel celui de Thomson et Matra dans les circuits intégrés, ou l'engagement de plusieurs firmes dans la télématique), de la structure de certaines gammes (par exemple la présence de matériels d'origine Honeywell ou Sems chez Bull), ou encore des stratégies actuelles des uns et des autres. Cela est vrai évidemment aussi du comportement des grands industriels vis-à-vis de l'Etat (en particulier Thomson, qui a des diffIcultés à rompre avec un passé de firme assistée, ou Cge, qui a eu tendance à trop compter sur les commandes publiques dans les télécommunications). C'est parce qu'elle n'est pas une simple industrie parmi d'autres que l'électronique a retenu une attention particulière de l'Etat. Elle est en effet très tôt apparue comme devant être l'une des plus importantes du dernier tiers du XXe siècle, parce que porteuse d'enjeux économiques et stratégiques majeurs. C'était une industrie importante tout d'abord par le potentiel d'activité qu'elle promettait de représenter - ou qu'elle représentait déjà (la production atteint 234 milliards de francs en 1989 et l'électronique représente 22 % de la production manufacturière nationale), donc par le potentiel d'emplois, d'exportations et d'impulsion sur la croissance qu'elle constituait. Avec ses 7,2 % d'expansion annuelle moyenne - en termes réels durant les années soixante dix et quatre vingt, elle a en effet été l'une des seules activités à tirer la croissance depuis quinze ans. Mais c'est aussi une industrie qui a un caractère éminemment stratégique, une grande partie des matériels électroniques, qu'il s'agisse de l'informatique, de la bureautique, des automatismes ou même des élémentaires circuits intégrés étant désormais des rouages essentiels du fonctionnement même de l'économie, en même temps que la source essentielle des gains de productivité et des avancées technologiques réalisées dans les différentes branches de l'économie, tant dans les services que dans l'industrie, et par là donc un instrument essentiel du développement technologique à venir.

-

Le préjudice que représentait pour la nation la subordination aux intérêts étrangers dans cette industrie a très tôt interpellé le pouvoir politique, à cause de ses implications économiques, par la perte d'opportunités d'activité qu'eut entraînée l'absence d'industrie nationale, mais aussi à cause de la menace d'hypothèque sur l'indépendance nationale qu'elle entraînait, en créant une dépendance organique en aval sur l'activité économique. Car la situation des

10

intérêts français ne fut jamais très florissante: si dans trois branches les actifs nationaux ont toujours été performants (l'électronique militaire et le service-conseil en informatique) ou le sont devenus (comme ce fut le cas dans les télécommunications), dans toutes les autres, qui constituaient en fait plus de la moitié de l'industrie - 60 % milieu des années 1970, 51 % en 1989 -(informatique, audiovisuel grand public, composants notamment), les intérêts français n'ont pas su profiter de l'émergence des nouveaux marchés ou se maintenir face à une concurrence de plus en plus dure qui imposait un rythme d'évolution technologique extrêmement rapide: les ordinateurs, les téléviseurs, composants, automatismes étrangers ont très vite envahi le marché français. Les importations couvraient environ 30 % du marché national en électronique civile dans les années 1960 et 1970, et plus de 52 % de la production française était réalisée par des firmes étrangères: une faiblesse qui selon toutes probabilités ne pouvait que s'aggraver avec le développement de l'industrie. L'électronique aura de fait été l'objet en permanence d'une action de politique industrielle, en gardant toujours une place importante dans les préoccupations de l'Etat, mais autour de logiques d'intervention différentes: elle a en effet été directement affectée par les différentes inflexions de politique industrielle qu'ont arrêtées les pouvoirs politiques successifs. Elle a ainsi été l'objet d'un peu toutes les approches de politique industrielle que peut adopter un Etat: une approche assez interventionniste d'un pouvoir gaulliste visant à favoriser l'émergence d'une force industrielle nationale dans les principales branches, notamment par le lancement de grands projets fortement soutenus par l'Etat; une logique de spécialisation fin des années 1970 d'un Etat qui estimait qu'un pays de la taille de la France

ne pouvant être compétitifpartout, mieux valait concentrerles efforts
sur un nombre limité de branches, en l'occurrence les télécommunications et l'électronique militaire; une politique industrielle originale appuyée sur les nationalisées début des années 1980, menée par un Etat plus favorable au principe du soutien public à l'industrie et qui manifestait un intérêt tout particulier pour l'électronique; et enfin une politique de désengagement public inspirée d'une logique libérale plus affirmée que toutes celles des décennies antérieures ...

11

NOTA BENE :

- Cette étude ne portera vraiment que sur l'électronique civile, l'électronique militaire (9,5 % du marché en 1989) constituant une sphère à part dans laquelle le problème de la politique industrielle se pose en des termes particuliers: l'attitude de l'Etat vis à vis de l'industrie est essentiellement imprimée par des considérations liées à la défense, à l'indépendance nationale et à la place de la France sur la scène politique mondiale.
- les indices de prix retenus pour l'expression en prix 1991 des grandeurs sont, selon les cas, ceux des prix de la PIB ou des prix des industries électroniques.

12

L'ELECTRONIQUE

FRANCAISE FIN DES ANNEES 1980

L'électronique est une indusbie aux facettes multiples, allant des matériels informatiques ou informatisés, qui épargnent à l'homme divers 1ravaux de traitement (ordinateurs, matériels de bureautique), et éléments d'automatismes, qui transforment de plus en plus produits et processus de production, aux matériels audiovisuels (téléviseurs, chaînes haute fidélité, magnétoscopes) et équipements militaires (permettant la détection, le contrôle, le téléguidage, etc.). Mais elle couvre aussi les matériels permettant la transmission des informations voies, données, images à travers un réseau (centraux téléphoniques, équipements d'extrêmité tels les télécopieurs ou les terminaux vidéotex).ou encore ces circuits intégrés qui constituent les éléments de base de tout matériel électronique et que l'on introduit un peu partout, par exemple dans l'électroménager, l'automobile, etc. et qui sèment l'intelligence dans les mécanismes les plus divers.

-

-

Elle ne compte pas moins de Il branches: - La branche la plus importante a toujours été l'informatique. qui rassemble l'ensemble des ordinateurs, terminaux, périphériques et les logiciels associés. Le marché national atteint en effet 98,1 milliards de francs en 1989 (et la production 78), et représente donc à lui seul 37,7 % du marché total...

- La
données,

branche images

des réseaux

<k télécommunications. majeurs,

constituée

équipements

permettant

la transmission

des informations

- est

- voix,

des

aussi un des secteurs

particulièrement

en France (le marché atteint 24,5 milliards en 1989

- soit 9,4 % du

13

marché total- et la production 28,4 milliards). De celle ci est née fin des années 1970 une nouvelle activité, la communication de données à travers les réseaux publics, la télématique. Une autre branche n'est apparue que fin des années 1970, qui associe les teChniques de l'informatique et des équipements de bureau, mais peut aussi faire appel aux teChniques des télécommunications, la bureautique. qui rassemble les matériels de bureau informatisés reliés à un réseau privé.

- Le troisième grand pôle de l'électronique, l'électronique à destination militaire (radars, systèmes d'armes, etc.) a aussi toujours été une des pièces maîtresses de l'électronique française: avec une production de 40,2 milliards elle représente 17 % de la production électronique nationale en 1989 (mais par contre seulement 9,5 % du marché). - Dans un tout autre domaine, la dernière grande branche industrielle, qui représente un marché 1989 de plus de 24,1 milliards, l'audiovisuel grand public (télévision, chaînes hifi, magnétoscopes, etc.) est plutôt un des points noirs de l'électronique française. - A l'amont de la filière, les constituants de tout matériel électronique, les composants actifs ont une place à part dans cette industrie car ils sont à l'origine de la vie électronique des matériels, spécialement ces semi-conducteurs que l'on appelle les "circuits intégrés". Les composants passifs par contre (connecteurs, condensateurs, etc.) sont moins stratégiques, plus électriques qu'électroniques. - Deux branches industrielles ont un poids plus modeste : l'électronique industrielle (matériels de mesure, de contrôle, etc.), à la frontière entre l'électronique et la mécanique; l'électronique médicale. - Enfin, l'électronique compte une activité de service consistant à aider à l'utilisation des matériels informatiques, par la conception de programmes et le conseil notamment, activité qui est née avec l'industrie et a accompagné sa croissance, le service-conseil en informatique (dont le marché atteint 44,9 milliards en 1989, et représente donc le sixième du marché électronique total).
La situation des intérêts français dans ces différentes branches n'a jamais été très bonne. L'électronique française a toujours accusé un important retard par rapport aux industries leaders dans le monde, l'industrie américaine depuis toujours, et, depuis les années 1970, l'industrie japonaise. L'électronique mondiale a en effet été longtemps 14

dominée par les fmnes américaines. Celles-ci, grâce au soutien des programmes militaires et spatiaux et à l'importance de leur marché intérieur ont pu s'imposer très tôt sur les marchés européens, avant même que les industries locales aient pu s'ériger en force de résistance, et maintenir par la suite leur avance. Ainsi, fin des années quatre vingt, parmi les cinquante plus grandes fmnes mondiales, trente trois sont américaines. Puis, à partir de la fin des années soixante dix, une autre force industrielle a commencé à s'imposer sur les marchés mondiaux: celle du Japon qui, grâce à un énorme effort, a construit en partant d'actifs très réduits - en quelques années un appareil industriel puissant qui s'est hissé au niveau des leaders mondiaux. Fin des années quatre vingts, parmi les dix premières finnes mondiales, quatre sont japonaises. La France n'y a une force significative sur le marché mondial que dans quelques branches: l'électronique militaire, les télécommunications et le service.conseil en informatique. Dans les autres domaines, elle n'a par contre qu'une présence limitée - et fragile ., et ce, dans la plupart des cas, depuis les années soixante. Ainsi, dans beaucoup de branches, plus de 40 % du marché intérieur est couvert par les importations depuis les années soixante (et plus des deux tiers aujourd'hui), et la part des firmes étrangères dans la production réalisée en France dépasse les 40 % . quand elle n'atteint pas 60%-.
La nation compte dans cette industrie quelques grands groupes de taille mondiale - qui aussi représentent l'essentiel de l'activité des fmnes françaises (environ 70 %) . : cf tableau 2. Deux d'entre eux ont

une importance toute particulière du fait de leur poids (ils
représentaient plus de 65 % de la production des firmes françaises sur

le sol national milieu des années soixante dix, et en représentent encore environ la moitié aujourd'hui), mais aussi parce qu'ils ont eu une influence déterminante dans la vie de cette industrie depuis ses premiers moments et ont toujours été considérés comme les deux pôles consacrés: Thomson et Cge, deux groupes puissants qui comptent parmi les plus grands industriels français. Thomson a toujours été, jusqu'à ces dernières années, le plus grand groupe français de l'électronique (elle y fait aujourd'hui un chiffre d'affaires de 69,3 milliards), dans laquelle elle s'est très tôt spécialisée, y réalisant depuis les années soixante entre 70 et 90 % de son chiffre d'affaires total. Elle a toujours surtout opéré en 15

IablCIII...l: Tableau d'euemble

de !'ilectroaique

fruçaise

de 1989
:Morché iDIbieur

Brmcbes

PriŒipoux

produiI5

:

(3)

: Poids : : rel8tif : : 100

: Emcmble

de l'industrie

: 260 : Gros el moytlll Iyatèmes ; miDi el micro. : ordino/.eurs ; laI1DiDauxet p6ripb6rique& 8I8OCiés : 98,1 : MII.érieII el 8)'IfàDes de Ini_ de teXta ; : I_ de ..avai) multifODCtÎoRl : Awocommu_ mulliserviœl privés ; messagerie : 24,5 : . MII.érieII de t6\éph0nie (_aux, "Juipements de : ll"8lllDÙllion), de ~ue (vidmrex, télécopieurl)
:

:lnformatique
: BureouIique (I) : . liée à l'infonnaIique

: 37,7

:

. lik
: Raeaux

aux t6\écommunica1ions

: 9,4 : (8,2) :

: (21,4) : (3,1)

. M8I6rieIJ

de tranIDIiuion

hertzienne

: radiot6\6pbonie. de radiocIifIusion à dei_on : Electronique miliuire (2)

e'

1p8IiaJ..

de

civile

: (1,2) :

; : 1ùIdan, d' et ...to-direc:teurI 1)'1"'" : maIérieb de radioaonda3.. de nodionaviSalion. de ; de ro!l ; 6quipements -....mc8lions : radiocliffusion pour mobil.. à delbnaIion : ell}'llèmes Q~ : miliuire
: Conceplion de programmea : colllOil aux Emrepriaes d'applic81ion ;

: 24,7

:

9,5

:

:Service-Conseil

en Informatique

: 44,9

: ]7,3

:

: Audio,isueI grand public

: Proc!uiIs ,idéo (t6\6vileun, mapwacopes), : produits ...dio (~, hili) : ConnecleUn, _s,
: Tubes Qectroniques, : Transistors, cin:uill : MII.érieII de JneI\IR, : ~lectrooiques

: 24,1 : 15,!

: 9,3 5,8 : 5,7

: Composants passifs : Composants octifs : dont aemi-ronducteurs : Electronique industrielle

circuits imprimés
aemi-conducleUrS intégrés de con\!Ôle, de Itsulati<m

: !4,9

9,8

: 3,9

: Electronique m~cak

: Matériels de radiolosie. d'expJorali<m fonctionnelle, : de s"",eiI\ance, etc.

3,4

: !,5

: Di'ers Source : Fédéralion des Industties Electriques el EIecIroniques (Fiee) (I) Edatée dans les classifications officielles en "bureautique liée à J'informatique", rattachée à J'informatique, "bureautique liée. aux Itlécommunications", nmachée aux malériels de téléphonie. (2) "Electronique professionnelle" hors matériels de télécommunications-télédiffusion à destination civile. (3) importations augmentées des droits de douane el droits d'emrée. ns : non signiflC8lif compre lenu de l'imponance des flux de n!exponation. el

MiIIi.m

do &on::o ooonnIS

~
:Produc: lion : Effectifs :Expor.: Impor. :talions : tations : : Principal... fumes frmçaiseo 0111988

~T;;d;~-R~~d;:
: la production : ~Ir': tion du :Finn... rœes FI: : maJCbé : étrangèr... E :

~234
: 78,0

~-~SOO--~-9iï-~-~~--~ë8~~B~-M;;,s~~
: Sqcm. Daaaault EIectroaique, Sat : Bull : 52710 : 28,6 : 44,0 : Bull : Ak:ateI (Cge)

~-4i9-~-f;M--~36-:
:F=2$ : 47,9 : E= 75 :

: 28,4 :(24) : (4,4)

:

41850 (36 650)

: 6.2 : (4,9) : (1,3)

:

2.3 : Akatel (Cge). M....aJErioaaon. Sat, Sqem : Akate1 (Cge), Sat, Matn :

9,4

F=93 (4) F=96

: (2,2) :

:

(5200)

40,2

46 g70

: 20,4

:

4,4

: Thomson.c.r.

M....&, Sat, Dusau1t EL

F=96

: 45,0

71 000

: 2.4

:

2.3

: Cap Seaa, Sema-JIOup. Gsi

5,0

:

F=94

: 9,6 : H,4 : 12.0

: 12090 25630 : 16100

: 7,9 : 6,9 : 12,2

: : :

19,7 9,7 13,9

: Thomson.c.r : Souriau

:

ns

:F=31i

E=64

:

: 68,3 : ns

: F=73 1E=27 : :F=42

1 E=58

:

: Sg.!Thomson.c.r : 7,1

: 14020

: 5,2

:

7,1

:

ns

: F=59 1E=41

: 2.2

:

4230

: 2.3

:

3.6

:

ns

:F=2V

E=73

-------------------------------------------------------------------------------

IAblciw...l : Les principaID actifs français de l'électroniqne

(1989)

~-ëA---~ëA-6;~
: lOIa! : lnJnique : 1989 : 69.3

~;~d,;;~~----------OIlQodmnique : . EIoctnmique miIiIaiR de luue anti-8érienne, de luue : S)'IIànes de déf : aoua-mariœ: 38 .. : . Systèmea de cI6tection. radiocommunic:a1ions. informatique : de c:anlJÔle: 33 .. : Mranautiqœs . radars, çonIJe.tneIIUIeS. : 6IecIrouique de mia8i1a. «iuiPem de boni, eIc. : 21 .. : . Compoo8DIa _1iDâ à COIacbvitéa : - Audioviaue1 srand public : : tél6viaeun.~. maJériels audio. : . Semi-<:onductcun : . T6I6communiClliom publiques : . CommutaIion : cenlr8Wt téléphoniques. de donnée&. el

: Tbomson

:

76.7

.

.~..

:

: Cge

: 143.9

:

89.8

: __

6quipemenu de

_

publics
:

: . Systèmes de Iranamiaaion (par ciblea. faisceaux henziens, optiques) : 88IeI1ira. 6_ : . Communication d'enIIeprÎIe : : . Bureautique: aulOCClllllllUWeU privés. télécopieurs, de 1nIi_ de lexie, du courrier : 'q~ : . TQmwique : v_x , Pootes tél6phoniques. radiocommunications : : . AUIOJJIaIismea (ex: 6quipements de péage) : . tnsa.ierie informatique

: . lnatallalion _ de
:Bull 32.7 : 19,2

: Matra

22.1

5.8

: Sagern : (activité de Sat : non consolidée) : Cap Gemini Sogeli : Dassault Electronique

4,9

4,9

7.1 4.1

4,5 4.1

:Sat

5.6

3.3

: Serna

4.4

2.6

:lnformatique: : . Moyens et srands aystèmes : . Mic:roa. .wions de Iravai! : . Informatique communicanre : . Logiciel et oervices : . Télécommunications : , Télécommunications privées: postes téléphoniques, : awocommutaœun privés, radiotéléphonie : . CA>mmuwion publique : . Infonnalique : mimK>rdinaleurs : . EiecIronique induslrielle : aulOJ11atismes : . Compo...... : EiecIronique militaire: .ysùmes de guidage, systèmes : d'annes : Bureautique (télécopieurs). télécommunications (télex) : Elec&ronique induslrie1le (éleclronique automobile) : Serv~ü en informatique : Electronique militaire: éleclronique de missiles, radars, : matériels de oonIre-mesure : . Télécommunications: 'quipemenrs pour I81e!lira : - Bureautique (renninaux boncaires) : . Monétique (renninaux) : . T6I6communications: 'quipements de Iransmission. par : cibles, faisceaux beruiens : . Bureautique: 'quipernents de oommulation privée : (modems.oommUl8teurs de paquets) : . EIec&ronique militaire : 8UIOdirecreurs. systèmes : de guidage : . Serv~il en informatique

-

-------------------------------------------------------------------------------

Milliord&

cie francs

COUI'8I1I>

: CA :seçtariel.

:Poids elms :le CA Qeç: IrOnique 44

: :

Principaux ICbts fnmçais. filiales ou soc:iéIés-mères

AuIleS 8Clivi... du upe. al cichon ciel'QecIrOI1ique

: 30.8

: E1ectrom
: Tbomton.csf, Tbomton SiDtra : Thomson.csL Uni ndio : professionnelle. Cimaa-SiDtra. Syseca : Thomson.csf : Thomson.csr, Thomson lUbeo e1ec. : Thomson Consumer Electronics (TCE) :SOS : Ak:areI : A1ca/e1 : Ak:areI
: Te1ic AlcaIel

er

:

:

36.1

52

:

1,2 37.3 : (23.8) : (13,5) 20.6

: :

42 (27) (15) 23

: EquipemG\1S cie production et cie lranSpOlI : d'_8ie : (centroles 6lectriques classiques et : nucl6aiJu. chaudières nucl6aires. r6seaux cie : lranSpOlI d'mergie) ; <!quipemenlS et grands : ensembles industriels. Mal6riels de transport. : fenoviaires et naylis

:

: Cga-Hbs : Titn Answare : 19.2 : 100 : Bu11

: 4.9 : (3.7) : (1.1)

8S 64 19

: Matts Conununic:ation (1) : Met (Mattl/Ericlaon) : Matta DIlaYision. Sonne! :MHS

: D6fenae ; espace ; automobile;

transport

1.8 2,5 4.5 3.2

37 51 : Sagem

77

1.5 0.9 0.9 2,9

45 27 27

: Sat, Salelcom

: Cibles

électronique militaire et en audiovisuel grand public (ou elle fait en 1989 respectivement 44 et 52 % de son chiffre d'affaires électronique), mais a aussi, pendant de longues années, eu une activité assez importante dans les télécommunications (avant de s'en retirer en 1983), ou encore en électronique médicale ou dans les composants passifs, dont elle s'est aussi - totalement ou partiellement désengagée ces dernières années. Cge a également toujours eu une place prépondérante dans cette industrie (avec 89,8 milliards de chiffre d'affaires en 1989) tout en y ayant moins exclusivement concentré ses activités. Elle a en effet aussi une activité très importante dans les domaines des équipements de production et de transport de l'énergie, des équipements et grands ensembles industriels ou encore des matériels ferroviaires, même si la

reprise d'lU-télécommunications en 1986 a porté le poids de l'électronique dans son chiffre d'affaires total à 62 % en 1989 (en 1986, celle-ci ne représentait que 30 % du total, et même 20 % milieu des années soixante dix). Son activité y a toujours été centrée sur les télécommunications (63 % du chiffre d'affaires milieu des années
soixante dix, 57 % en 1989), même si elle opère

- ou

a opéré

- aussi

dans diverses autres branches (la bureautique l'informatique dans les années soixante dix).

aujourd'hui,

Le troisième actif français est Bull - anciennement Cii puis Cü.HB - (19,2 milliards de francs de chiffres d'affaires), qui est depuis

sa refrancisation en 1982 la principale firme française dans son domained'implantation,l'informatique-bureautique. Plusieurs firmes ont également une activité électronique
importante, où elles réalisent 3

-6

milliards

de francs de chiffre

d'affaires: Matra. dont l'engagement dans l'électronique est assez récent (fm des années soixante dix), qui opère aujourd'hui surtout dans les télécommunications; Dassault Electronique, Sagem. Sot. présentes depuis près de trois décennies dans l'électronique militaire et les télécommunications en particulier, et plus récemment diversifiées dans d'autres branches, telle la bureautique, ou encore Cap Gemini Sogeti, une entreprise de service-conseil. Mais l'électronique n'est pas encore qu'une industrie de grands : à côté des grands groupes opèrent également un nombre important de firmes moyennes et petites, qui ont pu se développer dans certains secteurs encore moyennement concentrés, tel le service-conseil, les composants passifs ou l'informatique légère. 20

PREMIERE

PARTIE

LA POLITIQUE DE GRANDS PROJETS DU POUVOIR GAULLISTE

L'accroissement de la concurrence internationale qu'entraîne l'apparition de firmes multinationales, en faisant apparaître la vulnérabilité de l'industrie française, sensibilisa très tôt le pouvoir politique au problème de son niveau de compétitivité. Mû par un esprit industrialiste et des préoccupations aigu~s d'indépendance nationale, le pouvoir politique gaulliste choisit de ne pas rester passif dans ce défi industriel dont les enjeux pouvaient être capitaux pour l'économie française: il chercha à soutenir notamment les industries qui représentaient un poids économique important comme la sidérurgie ou les chantiers navals et les secteurs de pointe promis à une forte expansion. Il fut ainsi conduit à s'intéresser assez vite, à côté de l'aéronautique, du nucléaire ou de l'espace, à cette industrie qui apparut très tôt être porteuse de grandes potentialités qu'était l'électronique. La technologie électronique, par l'intelligence et les possibilités de miniaturisation qu'elle introduisait dans divers types de matériels, s'annonçait en effet riche de promesses considérables: son intérêt pour la défense apparut très vite évident; mais s'annonçaient également tout un ensemble d'utilisations très variées autour de l'introduction dans des domaines très divers d'une intelligence artificielle. 21

L'Etat fut ainsi poussé à s'intéresser d'assez près à ce secteur nouveau: à travers une implication directe dans deux domaines particuliers, l'électronique militaire et les télécommunications, de manière plus indirecte mais néanmoins importante dans d'autres branches qui représentaient un enjeu majeur.

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CHAPITRE I UN SOUTIEN PRECOCE A L'ELECTRONIQUE MILITAIRE ET AUX TELECOMMUNICATIONS

L'évident intérêt de la technologie électronique pour la détection, le guidage, les communications sans fil, et donc pour la défense, lui a valu de retenir très tôt l'attention des pouvoirs politiques. Des laboratoires de recherche placés sous l'autorité des administrations centrales de la défense et des télécommunications travaillaient sur les technologies de la transmission déjà dans la première moitié du siècle et furent progressivement développés, au fur et à mesure que les perspectives se précisaient. Les applications militaires retenaient systématiquement le plus grand intérêt. Les laboratoires publics travaillaient sur la technologie électronique; des marchés d'étude étaient alloués aux industriels pour

qu'ils mettent au point des matériels - conçus par la recherche
publique ou privée

- et

des processus de fabrication. La sphère

publique a ainsi à peu près toujours pris en charge environ la moitié des dépenses de recherches nationales. Des commandes publiques destinées à doter l'armée française d'équipements nouveaux mis au point par les indùstriels nationaux complétaient le soutien public. Quelques firmes françaises se sont ainsi construites une force industrielle: Thomson (systèmes de détection, de défense), Sat (autodirecteurs) ,Electronique Marcel Dassault, Matra. 23

Les télécommunications ont elles aussi toujours eu une place particulière aux yeux des pouvoirs publics. Elles la doivent à la tradition tout d'abord: le principe de la maîtrise publique du réseau de transmission est une tradition en France qui remonte à Louis-Philippe, avec l'établissement du code des P et T. Mais elles la doivent aussi à leur caractère stratégique: les réseaux sont la voie obligée de passage des informations (voix, données, images), ce qui leur contère une importance évidente. L'abandon de l'infrastructure à des agents privés peut en effet faire peser une menace sur la liberté de circulation des informations. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'elles ont longtemps été très liées à la défense, ce qui a accentué le caractère particulier de leur situation (ce n'est qu'avec les progrès de la technologie, qui ont permis le développement de l'offre de matériels destinés à des applications professionnelles et grand-public qu'elles s'en sont détachées, pour devenir un secteur à part entière). C'est donc la sphère publique qui assume la réalisation de l'infrastructure des télécommunications et son exploitation. Il en est d'ailleurs ainsi dans la plupart des pays, exceptés les Etats-Unis et le Canada, où ce sont des opérateurs privés qui gèrent le réseau public, dont la réputée Au. L'Etat y finance des recherches depuis le début du siècle. Plusieurs laboratoires publics sous tutelle du ministère des Ptt ont travaillé durant des décennies sur les technologies de la communication sans fil, dont un des plus importants fut le "service des études et des rechelChes techniques" créé en 1916. Leurs moyens restèrent cependant longtemps modestes. Un pas important fut fait par contre après la deuxième guerre mondiale, avec la création dès 1944 du Centre National d'Etudes sur les Télécommunications, le Cnet, qui devait regrouper les différents laboratoires existant dans les domaines de la téléphonie, la radiodiffusion, la télévision, la signalisation, etc. ; Cnet qui se vit donc confier la mission de développer la recherche française sur les télécommunications en liaison avec l'industrie. Mais c'est surtout à partir des années soixante, quand l'importance des télécommunications apparut plus évidente, que l'implication publique prit de l'ampleur. Le soutien à la recherche fut régulièrement accru. Le budget du Cnet atteignit ainsi l'équivalent d'un milliard de francs 1991 au milieu des années soixante dix (environ 300 millions de francs courants). Des maIChés d'étude de plus en plus importants furent alloués, qui devaient aider les industriels à poursuivre les travaux faits par la sphère publique, à développer leurs

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propres recherches ou encore à mettre au point des processus de
production. En 1973-1974, ceux-ci représentaient déjà l'équivalent d'un milliard de francs 1991 (environ 300 millions courants). L'apport à l'industrie du soutien public fut très important. Le Cnet fut en effet à l'origine de diverses avancées technologiques, dont certaines étaient capitales. Cest en son sein qu'a par exemple été mis au point le central téléphonique EI0 qui a fait la prospérité de la Cge fin des années soixante dix, ou encore que furent menées les premières recherches sur les télécommunications par satellites. Mais c'est aussi beaucoup à travers les commandes que l'Etat a aidé les indusbiels nationaux des télécommunications. La prise en charge de la réalisation de l'infrastructure nationale génère des achats publics qui permettent d'offrir aux firmes nationales des marchés privilégiés si celles-ci sont en mesure d'en profiter. Or les commandes publiques sont, nous le constaterons souvent, l'un des instruments de soutien les plus efficaces dont peut disposer un Etat. L'accès privilégié à des marchés nationaux apporte en effet aux industriels un point d'appui considérable. Il permet de consolider leur activité en augmentant l'échelle de leur production, et de manière induite de dégager des gains de productivité et donc de baisser les prix. Les commandes publiques leur apportent en outre un label de qualité dont ils peuvent se prévaloir ensuite sur les marchés étrangers: un matériel qui a été vendu à un Etat bénéficie en effet d'une présomption de qualité. Lorsqu'elles interviennent tôt dans la vie d'un matériel, comme ce fut le cas dans les télécommunications, elles ont même un rôle majeur dans le lancement des processus de production, par
l'assurance de premiers marchés et le soutien à la mise au point fmale des matériels et processus que souvent eUes apportent. Cest cependant seulement à partir du Ve plan (1966-1970) que cet

impact des commandes publiques a vraiment joué. L'effort d'équipement national est en effet longtemps resté très faible: dans la France qui commençait à s'industrialiser des années 1950 et 1960, les télécommunications, c'est-à-dire à l'époque le téléphone,. ne constituaient pas une priorité; la réalisation d'une infrastructure de transmission était considérée comme moins urgente que la construction de routes, d'écoles ou d'hôpitaux, d'autant qu'on mesurait mal l'intérêt qu'il pouvait représenter, tant pour les entreprises que pour les particuliers. Ainsi l'investissement que décida l'état ne
dépassa pas l'équivalent d'un peu moins d'environ 4 milliards de francs

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