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La réduction du temps de travail

De
201 pages
Alors que la quantité de richesses créées n'a jamais été aussi grande, les crises économiques se succèdent et la pauvreté s'accentue. De surcroît, ces crises sociale et économique sont à la fois amplifiées et responsables de crises énergétiques et écologiques. Les politiques économiques semblent inefficaces, si bien qu'une solution originale est l'objet de débats depuis plusieurs décennies : il s'agit de la réduction du temps de travail. Et si, pour préserver leur environnement, les hommes ne devaient-ils pas tout simplement travailler moins ?
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Benoit GRANIER
LA RÉDUCTIONDU TEMPS DE TRAVAIL Une réponse à la crise écologique ?
La réduction du temps de travail
Benoit GRANIERLa réduction du temps de travail Une réponse à la crise écologique ? L’HARMATTAN
© L’HARMATTAN, 2013 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Pariswww.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-02187-4 4EAN : 978234302187
Avant-propos
Cet ouvrage est issu d’un mémoire réalisé dans le cadre de ma quatrième année d’étude à Sciences Po Lyon, soutenu le 6 septembre 2011.
Je tiens ainsi à remercier tout d'abord Monsieur Lahsen Abdelmalki, qui a orienté mon travail de recherche tout au long de l'année après m'avoir accepté au sein de son séminaire intitulé «L'économie du développement durable ».Je remercie également Monsieur Patrick Mundler qui m'a fait l'honneur d’assister à ma soutenance en tant que second membre du jury.
Mes remerciements vont également à Madame Yveline Lecler, qui m'a initié à la recherche lors de mon année d'échange universitaire à Tokyo, et dirige actuellement ma thèse de doctorat en science politique sur les éco-quartiers au Japon.
Je remercie enfin tous ceux qui m'ont aidé au cours de mes recherches et réflexions puis de la phase de rédaction: mes parents, ma grand-mère, Nicolas, Olivier, Ludo, Amaury, Yoann, Alex, Amandine, Solène, Joana, Salomé, Anaïtis, Jérôme, Sophie, ainsi que tous ceux avec qui j'ai eu la chance de pouvoir échanger au sujet de mes recherches et des leurs.
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Introduction
Le travail est l'objet de débats, de mythes, de représentations et de discours divers. Il est également source d'utopies, non-lieux où le travail pénible est aboli, et où tout Homme travaille uniquement selon ses désirs. Haruki Murakami évoque ainsi dansLa Fin des tempsun tel monde :
«On travaille, mais chacun aime son travail. On travaille simplement pour travailler, personne n'y est forcé, ni nele fait de mauvaise grâce. (…)
Si vraiment un tel monde existe, c'est une Utopie. » (1992 : 518)
L' «Utopie »vient du grecutopia: ce néologisme de Thomas More signifie « absence de lieu » et « bon lieu ». Selon le sens commun, un monde dans lequel l'Homme est délivré de la contrainte du travail n'existe pas. L'idée de «fin du travail» relève donc de l'utopie: dans le monde dans lequel nous vivons, le travail serait selon Daniel Cohen (1999) un «destin humain ». Or, depuis quelques années, les débats sur la fin et la réduction du temps de travail occupent une place croissante dans les champs médiatiques et académiques. S'ils ne sont pas inédits, ces débats ont connu un regain d'intensité suite à l'incapacité des pays dits «développés »à résoudre le problème du chômage depuis les années 1970. Ainsi, la révolution informatique et le progrès technique seraient en phase de libérer l'Homme du travail : ce dernier verrait alors sa place décliner pour finalement disparaître. Si le mythe de la « fin du travail », popularisé par Jeremy Rifkin (1996) est bien «sans lieu», il convient de s'interroger sur le sens et la fonction de l'utopie. Effectivement, celle-ci n'est pas seulement un rêve déconnecté de la réalité :elle est avant tout une critique du monde réel, une stimulation de l'imaginaire et une invitation à la réflexion et au changement. L'utopie de la « findu travail », ou d'une société dans laquelle chacun aime l'activité qu'il pratique, présente ainsi le mérite de provoquer et d'alimenter le débat sur la réduction du temps de travail.
En effet, les sociétés occidentales traversent depuis les années 1970 une crise sociale persistante, couplée ponctuellement à des crises économiques et financières. La sortie de la période des «Trente Glorieuses» s'est accompagnée d'un chômage structurel facteur d'exclusion et de désaffiliation sociales, ainsi que de la précarisation croissante des travailleurs (Castel, 1995). Alors que la quantité de richesses créées n'a jamais été aussi grande, les crises économiques se succèdent et la l’explosion des inégalités accentue la pauvreté (Cohen, 1999). En outre, l'importance grandissante des enjeux
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