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La Révolution française dans l'infortune de la finance

De
390 pages
La Révolution, qu'on a dite perdue par l'irruption du peuple sur la scène publique, fut gangrénée par tous ceux qui n'y virent et n'y trouvèrent que moyens de fortune. Et c'est encore au nom de la Nation, après Thermidor, que la monnaie fut dégradée puis liquidée ; les finances laissées dans le désordre d'agents infidèles, couverts ou dénoncés par des dirigeants corrompus. Désordre bénin, la guerre de conquête devait tout régler. Alors vint le nouveau despote.
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Philippe Riviale
La Révolution française dans l’infortune de la finance
À la recherche des sciences sociales
LA RÉVOLUTION FRANÇAISE DANS L’INFORTUNE DE LA FINANCE
Du même auteur chez le même éditeur : La Conjuration. Essai sur la conjuration pour l’égalité, dite de Babeuf, « Philosophie en commun», 1994. Fourier et la civilisation marchande. Égarement du libéralisme, «1996,Utopies », préface de René Schérer. Collection «Ouverture philosophique» Tocqueville ou l’Intranquillité, 1997. La Pensée libre. Essai sur les écrits politiques de Simone Weil, 1998. Nouvelle édition revue et augmentée, 2004. Passion d’argent, raison spéculative, 2000. L’Énigme du dix-neuvième siècle, 2002. Proudhon. La justice, contre le souverain, 2003. L’Homme vivant et le matérialiste imaginaire, 2008. La Parole des prophètes, de la Tora à Simone Weil et Gracchus Babeuf, 2009. Heidegger, l’être en son impropriété, 2010. Collection «Questions contemporaines» Cerises de sang. Essai sur la Commune, 2003. Collection «À la recherche des sciences sociales» L’Économie socialede Charles Dupont-White (présentation critique), 2003. Mythe et violence, autour de Georges Sorel, 2003. Des socialistes révolutionnaires contre le parti, 2004. Un revers de la démocratie, 1848, 2005. L’État réformateur, État conservateur. Autorités sociales, altérité sociale, 2005. Le Gouvernement de la France, 1830-1840, 2006. Les Infortunes de la valeur : l’économiste et la marchandise, 2007. Lamennais, de la différence en matière de religion, 2006. Gracchus Babeuf, Robespierre et les tyrans, 2011. Chez d’autres éditeurs : La Ballade du temps passé. Guerre et insurrection de Babeuf à la Commune, Anthropos, 1978. L’Impatience du bonheur, apologie de Gracchus Babeuf, Payot, « Critique de la poli-tique »,2001. « LaRévolution sociale» e inLeXIXsiècle, Science, politique et tradition(Berger-Levrault, 1995). « Babeuf »,inDictionnaire critique des utopies(CNRS) sous la direction de Michèle Riot-Sarcey (Larousse, 2002 & 2006). Le Principe de misère, Éditions du Félin, 2007. Johann Fichte, éveil à l’autonomie; le moi et le mondeCritique de la, Payot, « politique »,2012. Demain vous entrez dans la conjuration, Attila, 2012.
Philippe Riviale
LA RÉVOLUTION FRANÇAISE DANS L’INFORTUNE DE LA FINANCE
A la recherche des sciences sociales Collection dirigée par Philippe Riviale et Bruno Péquignot Cette collection veut faire connaître au lecteur d’aujourd’hui, étudiant, enseignant, chercheur, ou curieux des chemins divergents pris par cet ensemble, que nous nommons aujourd’hui sciences sociales, des ouvrages, et donc des auteurs méconnus. Que ces ouvrages soient méconnus ne veut pas dire qu’ils sont médiocres. Encore moins sont-ils dépassés. Car une discipline, science ou pas, se bâtit sur une succession de bifurcations. Elle laisse de côté des pensées, qui avaient fait sens dans un contexte socio-historique basculé depuis dans le bas-côté. Là, parmi les vestiges innombrables du passé, on peut reconstituer, à la façon de l’archéologue, des voies ébauchées, des espoirs perdus, des tentatives trop précoces pour leur temps, des cris de révolte au nom de principes, que jamais on n’aurait dû oublier. On trouvera aussi les précurseurs de la liberté du commerce, de l’apologie de la propriété, des apôtres de la différence sociale. Ceux-là avaient été mis au placard pour la gêne qu’ils auraient causée, parce qu’il est des choses qu’on fait, et qui ne sont pas à dire. Ces auteurs, ces pensées, ne s’inscrivent pas dans unehistoire des idées, entreprise perdue d’avance par ses présupposés mêmes: qu’il y ait un sens et une continuité dans les idées, que l’histoire sociale résulte d’une accumulation intellectuelle, chaque contribution appelant la suivante. Des auteurs ont été en vérité retenus, parce qu’ils convenaient. On entendra par là que le savoir académique pouvait s’édifier sur ces piliers-là. Aussi ont-ils été métamorphosés en lieux de mémoire, en patrimoine commun, en convention. L’objectif de cette collection est de rappeler à nous les pensées écartées, les auteurs qu’on ne connaît que par leurs critiques, c’est-à-dire généralement leurs censeurs, qui les ont pesés et jetés à la fosse, trop légers pour la lourdeur dugros animalqu’est le social ou trop lourds pour être soutenus par la légèreté d’un temps insouciant, qui ne voulut pas porter son fardeau. © L’Harmattan, 2013 5-7, rue de l’École-polytechnique ; 75005 Paris http://www. harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-02325-0 EAN : 9782343023250
« Lesporte-feuilles regorgeaient d’effets royaux; les propriétaires de ces effets craignant de perdre leurs capitaux, prirent le masque révolutionnaire & se réunirent aux amis de la République : dès-lors le Palais-royal fut le lieu de rassemblement des patriotes, & c’est de ce foyer que partit le feu sacré qui enflamma les ames le 14 juillet 1 & les 5 & 6 octobre 1789. »
« L’agiotageavoit déjà épuisé tous les moyens pour jouer sur les fonds publics; vous avez déjà anéanti les effets au porteur & les délégations sur les rentes viagères : il vous reste à vous occuper pour la dernière fois des actions au porteur, dont les propriétaires sont aussi les créanciers indirects de la République. Ce sera le dernier 2 chaînon de l’ancien agiotage dont vous aurez à vous occuper. »
« Ceuxqui vous disent que la fondation de la république est une entreprise si facile vous trompent, ou plutôt ils ne peuvent tromper personne. Où sont les institutions sages, où est le plan de régénéra-tion qui justifient cet ambitieux langage? S’est-on seulement occupé 3 de ce grand objet? »
1. Cambon,Rapport sur la dette publique,p. 8. 2. Rapportde Cambon sur les compagnies financières, 25 fructidor an 2. Ce rapport est étudiéinfra, p. 221sq. 3. Dernierdiscours de Robespierre, 8 thermidor an 2, inDébats de la Convention, Paris, Bossange, 1828,t.5, p. 410.
Comment expliquer le cours pris par la Révolution française? La lecture canonique est celle d’une catastrophe, l’invasion de la scène politique par le peuple,l’occupation du pouvoir par ses porte-parole pervertis par le projet insensé de fonder sur une table rase une société nouvelle, pour des citoyens imaginaires. Ce qui suivit Thermidor est en ce sens lu comme un retour à la raison, perturbé par la persistance de l’ingouvernabilité démocratique. La présente étude vient réfuter cette prétendue leçon d’histoire. Mon étude confirme la prédiction de Saint-Just : «Il s’est fait une révolution dans le gouvernement ;elle n’a point pénétré l’état-civil. Le gouvernement repose sur la liberté, l’état-civil sur l’aristocratie, qui forme un rang d’intermédiaires entre le peuple et vous : pouvez-vous rester loin du peuple, votre unique ami ? »
THÉMATIQUE J’étudie ici la dépendance qui lia ce qu’on nomme Révolution française, au problème financier. Comme on le verra, monnaie et finance sont liées : disposer d’un instrument monétaire acceptable; trouver des moyens de finan-cement, ceux qui parlèrent pour la nation vécurent cette double difficulté dans l’extrême tension née du rejet absolu de l’Ancien Régime, de l’affirmation de la souveraineté du peuple, de l’immense dette, héritage du passé, accepté sans bénéfice d’inventaire. Cette question est primordiale pour comprendre la succession des événements de cette période, les conflits internes aux pouvoirs constitués, entre pouvoirs, les courants de pensées opposés, les accusations 1 portées contre les ennemis du peupleet contre les ennemis de la révolution;
1. Queveut direpeuple? Représentant du peuple ; le peuple s’agite ; le peuple contre les riches ;victoire du peuple : toutes ces acceptions diffèrent et il ne faut pas l’oublier. Dire
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