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Le tourisme des Antilles françaises

De
370 pages
Les Antilles françaises, la Martinique, La Guadeloupe, Saint-Martin et Saint-Barthélemy se situent dans un bassin géographique où la concurrence est importante, notamment en matière de tourisme. Les îles françaises de la Caraïbe sont à un carrefour et les choix qui seront effectués impacteront les prochaines décennies. Comment s'assurer d'un renouveau touristique durable ? Comment affronter la forte concurrence qui caractérise l'espace caribéen.
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SOMMAIRE

Avertissements Introduction Première partie : Présentation des Antilles Françaises Deuxième partie : Présentation des îles de la Caraïbe

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Troisième partie : Les Antilles Françaises dans leur environnement concurrentiel 143 Conclusion Annexe 1 : Quelques repères historiques… Annexe 2 : Quelques notions clés… Bibliographie Table des matières 353 355 357 361 367

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AVERTISSEMENTS

D’une manière générale, tous les termes employés dans les développements ciaprès s’entendent du point de vue touristique. A titre d’exemple, la rubrique « desserte maritime » qui apparait dans les fiches individuelles présentant le profil de chacune des îles exclut la desserte commerciale. Il s’agit uniquement de transports de passagers par voie maritime pour se rendre d’une île à l’autre. Dans le même esprit, la représentation internationale correspond à la présence de cellule de représentation commerciale et en aucun cas des représentations consulaires et diplomatiques. 1. Avertissement sur les fiches de présentation des îles La très grande majorité des îles propose une large gamme d’activités de loisirs dont l’importance dépend de la taille de chacune et l’étendue du choix de ces activités de leur configuration géographique. Une île sans plage comme Saba ne peut effectivement pas proposer une large gamme d’activités. Outre la plongée sous-marine, elle est, de par sa géographie et sa végétation luxuriante, une destination idéale pour la randonnée. Parmi les activités de loisirs existantes au sein de la Caraïbe, peuvent être mentionnées : le kayaking, la randonnée, la pêche sportive, le vélo, l’équitation, le golf, la plongée sous-marine, le kiteboarding, la plaisance, le snorkelling, le surf, le tennis, le windsurf… Outre certaines comme la plongée sous-marine, la plaisance ou le golf et quelques mentions dans les rubriques « Particularités » et « Anecdotes », l’accent ne sera pas mis sur les activités de loisirs dans les développements suivants. Dans le même ordre d’idée, seules les attractions spécifiques comme un tour en hélicoptère, une ferme aux papillons ou un téléphérique seront mentionnées pour chaque île à titre de particularité tandis que les musées et jardins botaniques seront traités de manière plus approfondie sous des thématiques plus générales « Tourisme culturel » pour les uns, « Tourisme et Environnement » pour les autres. Enfin, le tourisme d’affaires, particulièrement touché par la crise économique mondiale et pour lequel les perspectives sont encore incertaines, surtout dans les îles de la Caraïbe, n’est pas évoqué dans les développements qui vont suivre. Le tourisme de bien-être, désormais indissociable de tout séjour balnéaire ne le sera pas non plus car la présence de spas et de centres de remise en forme a plutôt tendance à faire désormais partie intégrante du produit et à ne plus constituer un avantage concurrentiel.

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2. Avertissement sur les chiffres et statistiques Il est communément reconnu que l’absence ou l’insuffisance de chiffres permettant l’établissement de statistiques et de prospectives est un problème majeur des Antilles françaises. Toutefois, ce problème ne leur est pas propre et se retrouve de la même façon dans d’autres îles de la Caraïbe. S’il est possible de récolter des chiffres de base sur le nombre de touristes, le nombre de croisiéristes et l’origine de la clientèle par le biais de l’Organisation du Tourisme de la Caraïbe, rares sont les îles qui disposent de statistiques détaillées, complètes et régulièrement mises à jour comme les Bermudes. Pourtant, quasiment toutes se sont dotées d’un organe officiel pour le traitement de données chiffrées et l’établissement de statistiques. Un autre souci apparait concernant les chiffres. Selon les sources, brochures des offices de tourisme ou sites internet spécialisés des gouvernements, ceux-ci peuvent parfois s’avérer différents pour une même destination et une même année. 3. Avertissement sur les informations recueillies Qu’il s’agisse du nombre d’habitants, de la superficie ou du nombre de sites de plongée, rares sont les sources qui délivrent la même information, qu’il s’agisse des brochures émanant des organismes touristiques officiels, de leur site internet, des livres spécialisés sur les îles de la Caraïbe ou des rapports. Concernant la desserte aérienne, des différences apparaissent entre les sites officiels des compagnies aériennes et les informations présentées dans les brochures touristiques des offices de tourisme. Il en va de même des représentations internationales où des différences apparaissent entre le site www.tourist-office.org et les mêmes brochures. 4. Avertissement sur le parc d’hébergement Le recensement et la catégorisation des hébergements touristiques de l’ensemble des îles de la Caraïbe est certainement l’exercice le plus complexe de cette étude, rendant la comparaison extrêmement délicate. Outre des différences d’informations entre les différentes sources existantes dont les sites internet et les brochures des offices de tourisme, ce secteur est très sensible à la conjoncture. Le parc d’hébergement, principalement constitué de l’hôtellerie, subit l’impact de la crise économique internationale et/ou des crises sociales entrainant des fermetures qui selon la durée peuvent aussi devenir définitives et bloquant des projets d’implantation. Ce secteur est également soumis aux aléas climatiques comme les cyclones qui peuvent entrainer des

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fermetures temporaires pour rénovation ou définitives pour cause de destruction, comme ce fut le cas pour l’île de Grenade en 2004. Tout d’abord, le classement n’est pas le même dans l’ensemble des îles. Si les îles françaises classent leur établissements en étoiles, d’autres, sous influence américaine, les classent en diamants comme aux Bermudes et à Sint-Maarten. En outre, les catégories d’hébergement sont différentes entre les îles. Aux catégories bien connues d’hôtels, resorts, villas et appartements s’ajoutent d’autres catégories qui nous sont étrangères comme par exemple celle de « Motel Resort » pour un établissement de l’île d’Eleuthera aux Bahamas ou celle de « floatels » et celle de « cottages colonies » aux Bermudes. Ensuite, la « propriété en temps partagé » ou « time share », largement répandu dans l’ensemble de la Caraïbe et peu dans les Antilles françaises, évolue dans la complexité. « Appartements en propriété en temps partagé » côtoient « appartements loués à l’année » et « appartements loués comme des chambres d’hôtel » au sein d’un même établissement comme c’est le cas du Westin de Sint-Maarten ou de l’Atlantis de Paradise Island aux Bahamas. Cette configuration qui devient de plus en plus courante dans l’espace caribéen rend la qualification particulièrement délicate de ces établissements qui proposent plusieurs types d’hébergement en un même lieu et sous la même enseigne. Même si l’enseigne numéro 1 mondiale du « time share » a modernisé le concept pour le rendre plus flexible, il n’en demeure pas moins difficile d’appréhension pour le Français. Pourtant, celui-ci est né en France en 1961. Enfin, l’ensemble des hébergements touristiques ne sont pas tous officiellement recensés, que ce soit dans les Antilles françaises ou dans les autres îles de la Caraïbe.

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INTRODUCTION

L’archipel de la Caraïbe est originellement colonisé par des tribus amérindiennes en provenance d’Amérique du Sud et Centrale, Arawaks tout d’abord, Caraïbes ensuite, les seconds, guerriers cannibales, décimant les premiers. A cette ère précolombienne suit l’ère de la découverte par les explorateurs occidentaux puis celle de la colonisation qui est également celle de l’extermination ou de la déportation des Indiens vers le continent américain. C’est la soif de l’or qui, dès le 16e siècle, détermine l’implantation des colonies espagnoles. Ainsi, les Espagnols ignorent les petites Antilles et s’installent dans les grandes Antilles pour les abandonner dès l’épuisement des mines aurifères. Dès lors, Anglais, Hollandais et Français en profitent pour s’implanter dans ces îles abandonnées et au passage s’en servir de base pour intercepter les galions espagnols remplis d’or, revenant d’Amérique du Sud et Centrale. Les nouveaux colons développent l’industrie sucrière, avec l’introduction de la canne à sucre qui deviendra l’or blanc des colonies. Ainsi, du 16e au 19e siècle, l’histoire de la région Caraïbe, immense champ de plantations diverses, est marquée au fer rouge par le phénomène de l’esclavage mis en place pour des motifs principalement économiques. La prospérité de l’industrie sucrière est affectée au début du 19e siècle par deux phénomènes. La découverte en 1812 du sucre de betterave et de la méthode d’extraction de son sucre affaiblit l’industrie des plantations tandis que l’abolition de l’esclavage en marque le déclin. Seules les grandes îles productrices maintiennent une production rentable comme la Barbade, la Jamaïque et Trinidad. Parallèlement, la Caraïbe est le théâtre d’une guerre franco-anglaise incessante de la fin du 17e siècle jusqu’en 1815, date à laquelle le traité de Paris répartit définitivement la possession des îles de la Caraïbe. A l’ère de l’abolition de l’esclavage et du déclin du modèle économique associé au 19e siècle suit l’ère des évolutions statutaires et des indépendances au 20e siècle. Cette ère est également celle de la reconversion économique réussie ou non selon les îles qui se sont pour la plupart tournées volontairement ou involontairement vers le tourisme. Certaines comme Trinidad et Tobago, Curaçao, Aruba, Bonaire et les îles Vierges américaines ont vu, dans la première moitié du siècle, de grandes compagnies étrangères de l’industrie

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d’extraction essentiellement de pétrole et de gaz s’implanter sur leur territoire rendant ce secteur prédominant en lieu et place du tourisme pour les autres îles de la région. Les ressources naturelles n’étant pas inépuisables et la dépendance au tourisme, secteur particulièrement vulnérable aux aléas conjoncturels, certaines îles comme Antigua, les Bahamas, les Caïmans et les îles Vierges britanniques ont décidé de diversifier leur économie et se sont orientées vers le développement d’activités financières « off shore ». A l’inverse, le tourisme constitue le secteur de diversification économique pour Trinidad et Tobago. Pour les autres, la dépendance au secteur du tourisme, première ressource économique de la région Caraïbe, demeure forte. Selon le World Travel and Tourism Council, le tourisme représente, pour la période 2008-2009, 40 milliards de dollars de recettes soit quelque 14,5% du produit intérieur brut régional. Première industrie de la zone, représentant 649 000 emplois directs (3,8% des emplois) et quelque 2 millions en y ajoutant les emplois indirects (11,9%), le tourisme est actuellement porteur de quelques 125 projets. Le seul secteur de la croisière a connu une augmentation de +43% sur la période 1995-2000 tandis que les dépenses des touristes sont passées de 3,8 milliards de dollars américains dans les années 1980 à 27 milliards de dollars américains en 2008. Si l’impact de la crise économique mondiale a touché la Caraïbe, à l’instar de la majorité des destinations touristiques, la région du monde la plus dépendante du tourisme semble mieux résister que ses concurrentes avec une baisse entre 5% et 10% du taux d’occupation en lieu et place des 20% de moyenne mondiale. D’après d’éminents économistes, la baisse du tourisme y est moindre par rapport aux neuf régions du monde identifiées, la région Caraïbe étant en troisième position. Il n’en demeure pas moins que les années 2009 et 2010 sont deux années difficiles pour l’économie touristique mondiale et tout particulièrement pour les économies fortement dépendantes du tourisme comme les économies insulaires. L’industrie de la croisière quant à elle, pour qui la Caraïbe est le premier bassin mondial, semble être plutôt épargnée par la crise. En revanche, la région Caraïbe, à l’instar de toutes les destinations du monde, est confrontée à l’évolution des désirs et des comportements des consommateurs, plus exigeants en termes de qualité de service et d’expérience, plus sensibles aux questions environnementales et sécuritaires, mieux informés par le biais des nouvelles technologies, moins fidèles et moins prévisibles… De simple tendance, cette évolution peut aujourd’hui être qualifiée de structurelle c’est-à-dire qu’elle a un caractère durable auquel les destinations touristiques doivent s’adapter afin que l’offre et la demande soit en adéquation. Mais, parallèlement à l’évolution des désirs et des comportements des consommateurs, de nouvelles destinations touristiques sont apparues au fil des

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ans, dans le monde et dans la Caraïbe, proposant généralement un produit nouveau et récent par rapport aux destinations plus anciennes, obligeant ces dernières à se renouveler pour affronter une concurrence grandissante. C’est dans ce contexte régional de concurrence exacerbée que s’inscrit le tourisme des Antilles françaises fragilisé depuis de nombreuses années par des facteurs structurels et conjoncturels à l’exception de celui de Saint-Barthélemy. Aujourd’hui, d’un point de vue touristique, la Martinique, la Guadeloupe et Saint-Martin sont à un carrefour et les choix qui seront effectués impacteront les prochaines décennies. C’est donc une période cruciale pour le tourisme des Antilles françaises qui doit se renouveler pour renaitre et s’engager sur le chemin concurrentiel de l’avenir. Mais comment affronter la forte concurrence qui caractérise l’espace caribéen ? A l’instar d’une entreprise, qui avant de choisir ses orientations stratégiques effectue une étude de marché afin d’identifier et mesurer sa concurrence pour se positionner au mieux et se garantir un chiffre d’affaires lui permettant de vivre, les Antilles françaises ont tout à gagner, pour s’assurer un renouveau touristique durable, à faire de même : se repenser par rapport aux autres pour trouver leur place parmi ces autres. Ainsi, nous commencerons dans un premier temps par une présentation du profil des îles françaises de la Caraïbe (1re Partie : Présentation des Antilles Françaises) pour poursuivre avec celle des autres îles de la Caraïbe (2e partie : Présentation des îles de la Caraïbe) et conclurons sur une analyse comparative entre l’ensemble de celles-ci, et ce par thématique (3e partie : Les Antilles Françaises dans leur environnement concurrentiel).

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PREMIERE PARTIE

PRESENTATION DES ANTILLES FRANÇAISES

CHAPITRE 1 GUADELOUPE

« Archipel de caractère » - « An archipelago with attitude »

Paysage de la Grande Terre

La baie des Saintes

Quelques repères géographiques Superficie : La Guadeloupe, composée de la Grande Terre d’une part, de la Basse Terre d’autre part formant ensemble un papillon relié par un bras de mer large d’environ 100 mètres et de dépendances, a une superficie de 1 715 km2. Les dépendances sont les Saintes (Terre de Haut, Terre de Bas et 7 îlots inhabités d’une superficie de 15km2), la Désirade (22 km2), Marie-Galante (158 km2) et les îles de la Petite Terre. Population : 410 000 habitants. Ville principale : Basse-Terre. Iles voisines : la Dominique et Antigua. Quelques repères historiques (voir annexes 1 et 2) La Guadeloupe est découverte par Christophe Colomb en 1493. La colonisation européenne commence en 1635 avec l’installation des Français. Les différentes tentatives anglaises de conquête aboutissent à l’occupation de l’île par les Britanniques en 1759. La Guadeloupe revient à la France à la suite du Traité de Paris de 1763. La nouvelle offensive britannique de 1794 échoue. La première abolition de l’esclavage en 1791 par Victor Hugues est remise en cause en 1802 par Napoléon qui rétablit l’institution. Finalement, l’esclavage - 19 -

sera définitivement aboli en 1848 grâce à l’intervention de Victor Schœlcher. Les Français s’installent aux Saintes en 1648. L’archipel sera le théâtre de l’une des plus célèbres batailles navales franco-anglaise dans les Caraïbes. Le 12 avril 1782, la flotte commandée par De Grasse est défaite par la flotte anglaise commandée par l’Amiral Rodney. La France ne récupère les Saintes qu’en 1816. Les Français arrivent à Marie-Galante au milieu du 17e siècle et développent la culture de la canne à sucre. Celle-ci devient l’île à sucre avec plus de 100 moulins. Il ne reste plus aujourd’hui que les ruines de quelques 70 d’entre eux. La Désirade quant à elle est, du début du 18e siècle jusqu’en 1954, une terre d’exil pour les lépreux. La Guadeloupe a un statut de département français d’outre-mer depuis 1946 et de région ultrapériphérique au niveau européen tandis que la langue officielle est le français. La desserte La desserte aérienne s’organise autour de l’aéroport international « Pôle Caraïbes Le Raizet » et des aérodromes de Terre de Haut aux Saintes, de la Désirade, de Marie-Galante et Basse-Terre (Voir 3e partie – Chapitre 2). Il existe une desserte maritime entre chacune des îles de l’archipel (Les Saintes, La Désirade, Marie-Galante, Petite Terre) ainsi qu’avec la Dominique, la Martinique et Sainte-Lucie. Economie La monnaie officielle est l’euro. Traditionnellement, l’économie de la Guadeloupe repose sur le secteur agricole avec la culture de la banane tout d’abord et de la canne à sucre ensuite qui ont toutes deux enregistré un déclin progressif. La production de rhum est en revanche toujours importante. L’industrie représente quelque 17% du produit intérieur brut, l’agriculture quelque 15% tandis que le secteur tertiaire, devenu largement dominant, participe à plus de 50% de la création de richesse. Ce dernier comprend le commerce, les transports et le tourisme. Selon l’INSEE, le tourisme représente 6% des emplois salariés en 2009.
Année Part de la Valeur Ajoutée Part de la masse salariale Part du PIB total Part du PIB marchand 2005 4,9% 4,6% 5% 7% 2006 3,6% 5,4% nc 10%

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Sur la base des données du World Travel and Tourism Council, le tableau cidessous renseigne les années 2009 et 2010.
Part directe dans le PIB Part directe et indirecte dans le PIB Part directe des emplois Part directe et indirecte des emplois 2009 11,3% 30,4% 11,8% (15 000) 30,6% (40 000) 2010 2,1% 12% 2,2% (2 900) 11,1% (14 000) Variation

L’analyse de la part directe et indirecte du tourisme dans le produit intérieur brut ainsi que celle de la part directe et indirecte des emplois tourisme dans l’emploi général est faite de façon comparative au chapitre 18 de la 3e partie. En revanche, toujours selon le World Travel and Tourism Council, les perspectives d’ici 2020 sont à la hausse tant en ce qui concerne la part directe et indirecte du tourisme dans le PIB (de 12% à 12,7%) que la part directe et indirecte des emplois tourisme dans l’emploi total (de 11,1% à 12,2% soit de 14 000 à 17 000 emplois). Certaines différences méritent d’être mentionnées pour les dépendances. L’agriculture est toujours l’activité économique dominante à Marie-Galante avec une sucrerie et cinq distilleries tandis que le tourisme demeure marginal. Aux Saintes, les deux activités principales sont le tourisme et la pêche tandis que la Désirade vit essentiellement de culture vivrière, l’aridité de la terre ne permettant pas de véritable agriculture et le tourisme étant également marginal. Particularités * Les premiers touristes des Saintes datent dans les années 1940. Ce sont des Guadeloupéens de Grande et Basse Terre. Le tourisme est ensuite favorisé par l’ouverture de l’aérodrome en 1966 et du premier hôtel en 1969 « Le Bois Joli ». * De très nombreux sites touristiques et activités de loisirs comme l’Aquarium de la Guadeloupe, la Plantation Grand Café, la Maison du Volcan, la Maison de la forêt, Mangofil, Le parc des Mamelles, les jardins tropicaux, la dizaine de distilleries… * Les voitures sont interdites aux Saintes. Seules quelques navettes sont autorisées aux côtés des scooters et des vélos. * Selon le Ministère de l’Economie français, la Guadeloupe fait partie des 4 îles des Caraïbes les plus riches avec les Bahamas, la Martinique et Puerto Rico.

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Anecdotes * La Baie des Saintes figurerait parmi les 3 plus belles baies du monde. * Comme Saint-Barthélemy, l’aridité de la terre de Terre de Haut aux Saintes a maintenu l’île à l’écart de l’esclavage expliquant que la population soit faiblement métissée à la différence de l’île sœur Terre de Bas.

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CHAPITRE 2 MARTINIQUE

« Fleur des Caraïbes » - « The Isle of Flowers »

Le rocher du Diamant

Quelques repères géographiques Superficie : 1 100 km2. Population : Quelque 410 000 habitants. Ville principale : Fort de France. Iles voisines : La Dominique et Sainte-Lucie. Quelques repères historiques (voir annexes 1 et 2) La Martinique est découverte par Christophe Colomb le 15 juin 1502. La colonisation de la Martinique commence en 1635 avec l’arrivée des Français en provenance de Saint-Kitts. Les différentes tentatives de conquêtes des Anglais et des Hollandais échouent. En 1674 l’île est rattachée à la couronne royale du Royaume de France. En 1674 l’île est occupée par les Britanniques. Par le traité de Paris de 1663, la France cède le Canada à la Grande-Bretagne pour récupérer la Martinique. Les 17e et 18e siècles sont ceux du développement de la culture de la canne à sucre et de l’établissement du code noir de Colbert qui en 60 articles régit officiellement, de 1685 à 1848, la vie des esclaves. En 1794, les puissants propriétaires terriens inquiétés par la Révolution française et ses idées abolitionnistes favorisent le retour des Anglais. Napoléon récupère l’île et y rétablit l’esclavage en 1802. La France perd à nouveau l’île en 1809 pour ne la récupérer qu’en 1814 lors du second Traité de Paris. L’abolition de l’esclavage en 1848 entraine le déclin des plantations et des cultures associées. - 23 -

La Martinique a aujourd’hui un statut de département français d’outre-mer depuis 1946 et de région ultra périphérique au niveau européen. Suite à deux référendums, organisés en janvier 2010, la Martinique ne deviendra pas une Collectivité d’outre-mer relevant de l’article 74 de la Constitution comme SaintMartin et Saint-Barthélemy mais va voir son organisation territoriale évoluer d’ici l’année 2014. Une administration unique doit remplacer les entités que sont la région et le département aux fins de meilleure gouvernance. La langue officielle est le français. La desserte La desserte aérienne s’organise autour de l’aéroport international « Aimé Césaire » (Voir 3e partie – Chapitre 2). Il existe une desserte maritime avec les îles de Sainte-Lucie, de la Guadeloupe et de la Dominique. Economie La monnaie officielle est l’euro. L’économie de la Martinique repose sur l’agriculture avec la culture de la canne à sucre, de la banane et de l’ananas ainsi que sur le tourisme qui constitue un axe de développement majeur. Selon l’INSEE, celui-ci représente 7% du produit intérieur brut en 2005 et 9% population active. Sur la base des données du World Travel and Tourism Council, le tableau ci-dessous renseigne les années 2009 et 2010.
Part directe dans le PIB Part directe et indirecte dans le PIB Part directe des emplois Part directe et indirecte des emplois 2009 1,8 % 9% 2,3 % (3 000) 9,3 % (12 000) 2010 1,8% 9,2% 2,3% (3 000) 9,7% (12 000) Variation

L’analyse de la part directe et indirecte du tourisme dans le produit intérieur brut ainsi que celle de la part directe et indirecte des emplois tourisme dans l’emploi général est faite de façon comparative au chapitre 18 de la 3e partie. En revanche, toujours selon le World Travel and Tourism Council, à la différence de la Guadeloupe, les perspectives d’ici 2020 sont à la hausse tant en ce qui concerne la part directe et indirecte du tourisme dans le PIB (de 9,2% à 10,7%) qu’en ce qui concerne la part directe et indirecte des emplois tourisme dans l’emploi total (de 9,7% à 11% soit de 12 000 à 16 000 emplois). - 24 -

Particularités * La Martinique propose de très nombreuses activités et de nombreux sites touristiques comme Le Centre de découverte des sciences et de la terre, la Maison régionale des Volcans, l’Habitation Fonds Saint-Jacques, Aqualand, la Savane des Esclaves, la ferme Perrine, Mangofil, des survols en hélicoptère, le Domaine de Château Gaillard et plus d’une dizaine de distilleries dont l’Habitation Clément, Céron, Depaz, JM, La Mauny, Saint James, Trois Rivières, Hardy, Neisson, La Favorite, Saint-Etienne… * La Martinique est la seule île de la Caraïbe à produire un rhum agricole ayant le label AOC (appellation d’origine contrôlée) depuis le 8 novembre 1996. * En 2009, pour la deuxième année consécutive, la Martinique a reçu le 15e Caribbean Annual Award, Oscar du tourisme de la meilleure destination gastronomie. Anecdotes * Madame de Maintenon, maîtresse de Louis XIV, fut élevée dans la commune du Prêcheur, au nord de l’île. * Joséphine Tascher de la Pagerie, qui épousera Napoléon 1er et deviendra Impératrice, est née en 1763 dans la commune des Trois-Ilets.

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CHAPITRE 3 SAINT-BARTHELEMY

« L’île par excellence »

Vue aérienne de la baie de Gustavia

Quelques repères géographiques Superficie : 25 km2. Population : 7 000 habitants. Ville principale : Gustavia. Iles voisines : Saint-Martin/Sint-Maarten, Saba, Saint-Kitts, Barbuda, Antigua. Quelques repères historiques (voir annexes 1 et 2) Saint-Barthélemy est découverte par Christophe Colomb en 1496. La colonisation de Saint-Barthélemy est le fait des Français venus de SaintKitts en 1648. Vers 1665, une centaine de paysans arrivent de l’ouest de la France et s’installent à Saint-Barth. Un siècle plus tard, ils sont environ 600 à lutter sur cette terre aride à la culture difficile. Se développe alors tout naturellement le commerce et la piraterie. L’île devient la propriété des Chevaliers de l’Ordre de Malte en 1651 et est rachetée par la France en 1665. En 1749, l’île est déclarée port franc et jouit par conséquent d’exonérations douanières et fiscales. L’île est ensuite cédée par la France à la Suède contre un droit d’entrepôt commercial à Göteborg en 1785 et redevient française en 1877 pour être rattachée à la Guadeloupe en 1878. Le statut de port franc est maintenu. Commune de Guadeloupe depuis 1947, Saint-Barthélemy a obtenu le statut de Collectivité française d’outre-mer par la loi organique du 21 février 2007, - 27 -

effective avec la tenue du premier Conseil territorial le 15 juillet 2007. SaintBarthélemy exerce désormais l’ensemble des compétences dévolues aux communes, au département et à la région ainsi que celles transférées expressément par l’Etat. La langue officielle est le français. La desserte La desserte aérienne caractérisée par l’absence de vol long courrier s’organise autour de l’aéroport Gustav III (Voir 3e partie – Chapitre 2). Il existe une desserte maritime avec Saint-Martin/Sint-Maarten assurée par deux compagnies différentes. Economie La monnaie officielle est l’euro, même si le dollar américain est largement accepté. L’économie de Saint-Barthélemy était traditionnellement fondée sur la pêche et l’agriculture de subsistance. Dans les années 1980, après que Rémy de Haenen, un aviateur néerlandais, ait atterrit et soit tombé amoureux de l’île, celle-ci s’ouvre au tourisme et amorce son développement économique et tout particulièrement touristique. Cet aviateur y a construit le premier hôtel, toujours en exploitation, « L’Eden Rock » sur la baie de Saint-Jean. Aujourd’hui se développent des activités annexes au tourisme comme le commerce et le secteur du bâtiment, stimulées par les constructions de villas de grand standing par les Américains. Le tourisme constitue aujourd’hui le secteur économique prédominant. Le World Travel and Tourism Council ne propose aucune donnée individuelle pour Saint-Barthélemy dont l’économie touristique est traitée collectivement avec la Guadeloupe. Par conséquent, s’il est possible de dire que le tourisme constitue une part essentielle du PIB et des emplois, il n’est pas possible de donner les pourcentages exacts. Les seules données dont nous disposons émanent de l’IEDOM et de l’INSEE. Secteur économique prépondérant, il représente, en 2009, 37% de l’effectif salarié (voir chapitre 18 – 3e partie). Particularités * Un taux de chômage de 2,4% en 2006 plus faible encore que celui des îles Vierges britanniques qui était sur la même année de référence de 3,6%. - 28 -

* Une île chère. Selon le ministère de l’Economie, le différentiel de coût de la vie entre Saint-Barthélemy et la Guadeloupe est de 25%. * Une île française avec une mentalité anglo-saxonne comme sa voisine SaintMartin. * Pour préserver l’intimité et l’exclusivité qui font la renommée de l’île, positionnée sur le créneau du tourisme de luxe, les autorités locales ont la ferme volonté de limiter le nombre de touristes. Anecdotes * L’aridité de la terre a tenu Saint-Barthélemy à l’écart du système des plantations et de l’esclavage. * Difficile d’accès, Saint-Barthélemy constitue un paradis pour milliardaires et pour stars en quête de quiétude. Johnny Halliday et Puff Dady y possèdent une villa, Yannick Noah y possède un restaurant, tandis que des têtes couronnées descendent à l’hôtel « Carl Gustaf ». * La discrimination entre les habitants tient plus compte du rang social et de la fortune que de la couleur de la peau. * Une des plus courtes pistes d’atterrissage du monde (640 mètres) où seuls les avions de 19 places et moins sont autorisés à se poser.

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CHAPITRE 4 SAINT-MARTIN

« L’île amicale » - « The Friendly island »

La place du marché à Marigot

Quelques repères géographiques Superficie : 53 km2. Population : Quelque 35 000 habitants en 2007. Ville principale : Marigot. Iles voisines : Anguille, Saint-Barthélemy et Saba. Quelques repères historiques (voir annexes 1 et 2) L’île de Saint Martin fut découverte par Christophe Colomb, le 11 novembre 1493. La colonisation initiale de Saint-Martin/Sint-Maarten est le fait des Espagnols qui ne la trouvant pas intéressante en termes de ressources l’abandonnent dès 1648. L’île est alors occupée par les Hollandais et les Français qui signent le 23 mars 1648 le traité du mont des Accords ou Concordia. Celui-ci partage l’île en deux et pose le principe de libre circulation des personnes et des marchandises. Toutes les dispositions de 1648 sont demeurées en vigueur jusqu’à aujourd’hui. Lors du Traité d'Utrecht de 1713, la France perd l’île de Saint-Christophe aujourd'hui, l'État de Saint-Kitts et Nevis- au profit de l’Angleterre. Or, la partie française de Saint-Martin ainsi que l’île de Saint-Barthélemy étaient reliées administrativement à Saint-Christophe. La perte de cette dernière, qui coupe tout lien naturel avec la France, oblige la partie française de Saint-Martin à ne compter que sur elle-même de 1713 à 1763, date à laquelle elle est rattachée administrativement à la Guadeloupe. Ainsi, entre le milieu du 17e siècle et le - 31 -

début du 19e siècle, l’île de Saint-Martin/Sint-Maarten subit l’influence de la France, des Antilles néerlandaises, des Antilles anglaises, des îles vierges américaines, de Porto Rico alors espagnole, des États-Unis et de la Suède. Là se trouve la base du multilinguisme et du multiculturalisme, caractéristiques de Saint-Martin/Sint-Maarten aujourd’hui. A l’instar de la partie hollandaise de l’île, l’abolition de l’esclavage fait décliner les échanges commerciaux, car la production sucrière cesse en 1875 et celle du coton en 1923. C’est le déclin économique de l’île. En 1946, Saint-Martin et Saint-Barthélemy deviennent des communes de Guadeloupe. La nouvelle administration départementale se montre aussi peu présente que celle de l'ancienne colonie. Commune de Guadeloupe depuis 1963, Saint-Martin acquiert le statut de Collectivité française d’outre-mer par la loi organique du 21 février 2007, effective avec la tenue du premier Conseil territorial le 15 juillet 2007. SaintMartin exerce désormais l’ensemble des compétences dévolues aux communes, au département et à la région ainsi que celles transférées expressément par l’Etat. La langue officielle est le français, même si l’anglais est très couramment parlé sur l’ensemble de l’île. La desserte La desserte aérienne s’organise autour de l’aéroport international d’« Espérance Grand-Case » (Voir 3e partie – Chapitre 2). Il existe une desserte maritime avec Anguille et Saint-Barthélemy. Economie La monnaie officielle est l’euro, même si le dollar américain est largement accepté. L’agriculture, la pêche et l’élevage ne constituent plus aujourd’hui que des activités marginales à l’impact économique négligeable tandis que l’exploitation des marais salants a disparu. L’industrie quant à elle est peu développée. L’économie de Saint-Martin qui s’est fortement tertiarisée est aujourd’hui résolument tournée vers le tourisme, seule industrie dominante qui constitue le pilier de l’économie. Le développement économique et touristique de Saint-Martin commence à la fin des années 1970, plus tard que sur la partie néerlandaise, pour exploser entre la fin des années 1980 et le début des années 1990 avec les lois de défiscalisation.

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Le World Travel and Tourism Council ne propose aucune donnée individuelle pour Saint-Martin dont l’économie touristique est traitée collectivement avec la Guadeloupe. Par conséquent, s’il est possible de dire que le tourisme constitue une part essentielle du produit intérieur brut et des emplois, il n’est pas possible de donner les pourcentages exacts. Les seules données dont nous disposons émanent de l’IEDOM et de l’INSEE. En 2006, l’hôtellerie-restauration représentait 976 entreprises sur 4 134 soit quelque 23% des entreprises tandis que le tourisme au sens strict représentait la même année 28% de l’emploi salarié (voir chapitre 18 – 3e partie). Particularités * Une île, deux destinations avec la partie néerlandaise voisine. * Comme Saint-Barthélemy, Saint-Martin est une île française avec une mentalité anglo-saxonne. Les Saint-Martinois ont peu de racines françaises car la plupart des colons français quittèrent l’île lors de l’abolition de l’esclavage et furent remplacés par des planteurs anglo-saxons. Aujourd’hui, les noms et le langage sont majoritairement anglais. * Une ferme aux Papillons comme à Aruba et aux îles Caïmans. * La « lottery Farm », ancienne usine sucrière datant de 1773 située à Pic Paradis, est aujourd’hui un restaurant proposant des animations diverses et des attractions au sein d’une forêt tropicale. * Une multitude de restaurants sont implantés sur Saint-Martin avec une concentration particulière sur Grand Case, village gastronomique. * Plus d’une centaine de nationalités différentes cohabitent sur 75 km2 incluant la partie néerlandaise. Anecdotes * Les drapeaux néerlandais et français flottent côte à côte en paix depuis plus de trois siècles sur l’île binationale non séparée par une frontière, prémisses de l’un des principes fondamentaux de l’Union européenne : la libre circulation des personnes et des marchandises. * Saint-Martin/Sint-Maarten est le plus petit territoire au monde dépendant de deux pays différents, la France et la Hollande, et soumis à des lois différentes.

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* La légende du partage de 1648 veut que la frontière fût tracée après une course à pied autour de l’île entre un Français partant vers le nord et un Hollandais partant vers le sud.

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DEUXIEME PARTIE PRESENTATION DES ILES DE LA CARAIBE

CHAPITRE 1 ANGUILLE – ANGUILLA

« Le voir pour le croire » - « Feeling is believing »

Plage de Rendez-Vous Bay

Quelques repères géographiques Superficie : 90 km2. Population : Quelque 14 100 habitants. Capitale : The Valley. Iles voisines : Saint-Martin/Sint-Maarten, Virgin Gorda britanniques). Quelques repères historiques (voir annexes 1 et 2) Anguille a été découverte par Christophe Colomb en 1493. La colonisation de l’île débute avec l’installation des Anglais en 1650 suivit en 1666 des Français qui s’imposent face aux premiers colons. Toutefois, dès 1667, à la suite du traité de Breda, Anguille redevient britannique. Pendant 150 ans, Français et Anglais se battent pour le contrôle de l’île qui par manque de fertilité de sa terre ne verra prospérer sur son territoire aucune grande plantation. Les tentatives de culture de la canne à sucre et du tabac ont toutes été un échec. En 1967, lorsque l’île de Saint-Kitts obtient son indépendance vis-àvis de l’Angleterre, Anguille lui est rattachée à l’instar de Nevis. Les Anguillais refusent, décident de faire sécession et se révoltent obligeant la GrandeBretagne à intervenir en 1969 et l’ONU en 1971. Finalement, Anguille est déclarée colonie autonome de la couronne britannique avant d’obtenir, en 1980, son indépendance. - 37 -

(îles Vierges