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Les entreprises libanaises et leur responsabilité sociale

De
246 pages
Les entreprises libanaises, terrain fertile pour la RSE (responsabilité sociale des entreprises) ? Pour éclairer le nouveau contrat social mondial dont parle Michel Capron, les contributeurs de ce livre tentent de répondre à certaines questions en s'intéressant au cas du Liban : où en sont les entreprises libanaises ? Les consommateurs sont-ils sensibles à la RSE ? Peut-on repérer des pratiques de RSE dans différents secteurs d'activité : informatique, agro-alimentaires, bancaire...? Quels sont les leviers qui favorisent les pratiques socialement responsables des entreprises libanaises ?
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Sous la direction deLes entreprises libanaises et
Nadine DUBRUC et Sélim MEKDESSI
leur responsabilité sociale
État des lieux de la RSE
Les entreprises libanaises, terrain fertile pour la RSE ? Pour y
répondre, plus de dix chercheurs français et libanais ont rapporté
leurs expériences et leurs observations.
Notre axe de recherche s’intéresse aux entreprises libanaises en Les entreprises libanaises
général et notamment aux PME libanaises, car le Liban est surtout
un tissu de PME. Connaître les pratiques des organisations d’un pays et leur responsabilité socialeprend du sens dans la volonté d’éclairer le nouveau contrat social
mondial dont parle Capron (2010). Nous espérons que comprendre un
peu mieux la vision et la RSE des organisations libanaises ouvre des État des lieux de la RSE
possibles sur des évolutions futures inscrites dans le développement
durable de notre monde.
L’idée de ce livre est de répondre à certaines questions : où en sont les
entreprises libanaises? Les consommateurs, clients sont-ils sensibles
à la RSE? Que disent les PDG des entreprises libanaises? Peut-on
repérer des pratiques de RSE dans di érents secteurs d’activité:
secteurs de l’informatique, de l’agro-alimentaire, bancaire…? Quels
sont les leviers qui favorisent les pratiques socialement responsables
des entreprises libanaises? Les incitations des banquiers, la volonté de
minimiser les risques, le réseau dans lequel est insérée l’entreprise?
Nadine D est Maître de Conférences en Sciences Humaines et Sociales
à l’Ecole des Mines de Saint-Etienne. Ses activités de recherche portent sur : la
performance individuelle et collective ; les conditions d’ évolution et d’apprentissage
chez les individus et les collectifs de travail, l’analyse des dispositifs de Gestion des
Ressources Humaines.
Sélim M, HDR de Sciences de Gestion, est Professeur à la Faculté des
Sciences Economiques et de Gestion des Entreprises de l’Université Libanaise
(Liban) et membre du Conseil d’Université. Ses activités de recherche portent en
général sur la performance globale et durable de l’entreprise.
Illustration de couverture : Souk à Byblos (artisanat,
tourisme, cafés et restaurants). © Riad Makdessi.
ISBN : 978-2-343-12110-9
25,50 €
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Les entreprises libanaises
Sous la direction de
Nadine D Sélim M
et leur responsabilité sociale
COLLOQUES&RENCONTRES
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Les entreprises libanaises et
leur responsabilité sociale

État des lieux de la RSE






























COLLOQUES & RENCONTRES

Le secteur « Colloques et Rencontres » des éditions L’Harmattan s’est fixé pour
but de publier des ouvrages universitaires à caractère collectif dans le cadre de trois
rubriques thématiques :

– Lettres et sciences humaines
– Droit, économie et AES
– Sciences et santé

Ce secteur a la double vocation de donner un cadre éditorial cohérent aux
chercheurs tout en permettant l’élargissement de leur audience.
Déjà parus
BEDDIAR Nadia (dir.), 70 ans de justice pénale des mineurs. Entre spécialisation et
déspécialisation, 2017.
BROBBEL DORSMAN Anne, LAPEROU-SCHENEIDER Béatrice, KONDRATUK
Laurent (Dir.), Genre, famille, vulnérabilité, Mélanges en l’honneur de Catherine
Philippe, 2017.
SOLBIAC Rodolphe et ALARIC Alexandre, Littérature et arts postcoloniaux dans
l’émergence civilisationnelle caribéenne, 2016.
DELGA Jacques (Dir.) Criminalité en col blanc, Délinquance d’affaires, délinquance
financière, délinquance fiscale, 2016.
SRIR Mohamed (dir.), Dynamiques urbaines à Alger. La (re)fabrication de la ville en
questions, 2016.
SCARWELL Helga-Jane, LEDUCQ Divya et GROUX Annette (coordonné par),
Transitions énergétiques : quelles dynamiques de changement ?, 2015.
CORROY-LABARDENS Laurence, BARBEY Francis et KIYINDOU Alain (coordonné
par), Education aux médias à l’heure des réseaux, 2015.

Sous la direction de
Nadine Dubruc et Sélim Mekdessi





Les entreprises libanaises et
leur responsabilité sociale

État des lieux de la RSE






























































© L’Harmattan, 2017
5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.editions-harmattan.fr

ISBN : 978-2-343-12110-9
EAN : 9782343121109
SOMMAIRE

INTRODUCTION : LES PME LIBANAISES, TERRAIN FERTILE POUR LA RSE ? ........... 9
CHAPITRE 1: L’ADOPTION DES PRATIQUES RSE DANS LES PME LIBANAISES : ETAT
DES LIEUX ET PERSPECTIVES .............................................................................. 15
CHAPITRE 2 : LA PERCEPTION DE LA RSE PAR LES CONSOMMATEURS LIBANAIS:
QUELS ENJEUX POUR LES PME? ......................................................................... 35
CHAPITRE 3 : L’EVOLUTION DE LA RESPONSABILITE SOCIALE DANS LES
BANQUES LIBANAISES : UNE ANALYSE DE DISCOURS DES PDG .......................... 57
CHAPITRE 4 : VERS UNE PERFORMANCE DURABLE DES PME DU SECTEUR DE
L’INFORMATIQUE AU LIBAN ? ............................................................................ 89
CHAPITRE 5 : LES PERCEPTIONS MANAGERIALES DES PME AGROALIMENTAIRES
LIBANAISES EN MATIERE DE RSE ...................................................................... 121
CHAPITRE 6 : LA RSE ET LE RISQUE DANS LA PME LIBANAISE ......................... 153
CHAPITRE 7 : BANQUE RESPONSABLE : ACCOMPAGNEMENT DES PME
LIBANAISES DANS LEURS DEMARCHES RSE ? .................................................... 183
CHAPITRE 8 : APPARTENANCE AUX RESEAUX : ELEMENT-CLE DE LA RSE POUR
LES PME LIBANAISES ? ..................................................................................... 207
CONCLUSION : DEVELOPPER LA RECHERCHE SUR LES PRATIQUES RSE DANS LES
ENTREPRISES LIBANAISES ................................................................................ 233
NOTICES BIOGRAPHIQUES ............................................................................... 237











7




INTRODUCTION :


Les PME libanaises, terrain fertile pour la RSE ?


Nadine DUBRUC
Sélim MEKDESSI


Les PME libanaises, terrain fertile pour la RSE ? C’est la question qui
a servi de base aux échanges lors de deux sessions spéciales du
RIODD 2016 qui s’est déroulé du 6 au 8 juillet 2016 à Saint-Etienne.
Pour y répondre, plus de dix chercheurs français et libanais ont
rapporté leurs expériences et leurs observations. Leurs
communications se sont réparties selon deux axes : un retour sur les
pratiques de RSE selon le secteur d'activité et le repérage des
partenaires qui sont les leviers des pratiques de RSE dans les
entreprises libanaises.
Dans ces nombreuses réflexions, la RSE n’est pas seulement
considérée comme une réponse aux attentes de la société mais comme
un facteur-clé des innovations et de la création de valeur pour
l’entreprise et pour la société (Brodhag et al, 2011 ; Brodhag et al,
2012). Nous souhaitons considérer la RSE comme pouvant être des
« modalités de réponses de l’entreprise aux interpellations sociétales
en produisant des stratégies, des dispositifs de management, de
conduite de changement, de méthodes de pilotage, de contrôle et
d’évaluation et de reddition incorporant de nouvelles conceptions de
performances » (Capron et Quairel-Lanoizelée, 2010). Ces ances peuvent être considérées comme la performance globale
9
de l’entreprise. Rendre les objectifs économiques et les objectifs
sociaux compatibles a pour but d’assurer une performance globale
durable, et ce en calculant les coûts et les performances visibles et
cachés (Savall, Zardet et Bonnet, 2009). La performance globale est
définie dans la théorie socio-économique des organisations par deux
composants : la performance sociale et la performance économique
(Savall et Zardet, 2005). La performance sociale et environnementale
est mesurée par les dysfonctionnements qui affectent le niveau de
qualité du fonctionnement de l'organisation (conditions de travail,
organisation du travail, mise en œuvre stratégique, gestion du temps,
formation intégrée, communication-coordination-concertation,
politiques de Responsabilité Sociétale et de Développement Durable).
La performance économique, comprenant les résultats immédiats,
intègre les coûts-performances visibles et cachés (productivité,
autofinancement, rentabilité, efficacité et compétitivité), et la création
de potentiel matériel et incorporel, ressource nécessaire pour préparer
l'avenir de l'entreprise et de ses parties prenantes (innovation des
produits et services, comportement de perfectionnement permanent,
compétences des Hommes, développement de technologies nouvelles,
compétitivité à long terme, innovation des pratiques de gestion).

Notre axe de recherche s’intéresse aux entreprises libanaises en
général et notamment aux PME libanaises car le Liban est surtout un
tissu de PME. Selon le Ministère de l’économie et de commerce au
Liban, environ 97% des entreprises sont considérées comme des PME
(CCI, 2014). Connaître les pratiques des organisations d’un pays
prend du sens dans la volonté d’éclairer le nouveau contrat social
mondial dont parle Capron (2010). Nous espérons que comprendre un
peu mieux la vision et la RSE des organisations libanaises ouvre des
possibles sur des évolutions futures inscrites dans le développement
durable de notre monde.

Fort de cette nouvelle communauté créée et pour poursuivre nos
échanges, nous avons souhaité faire bénéficier de nos réflexions à un
plus large auditoire. La question s’est cependant élargie. Des échanges
est né le constat de l’imbrication forte des PME dans leur
environnement avec la volonté d’être ouvert sur les constats faits pour
les parties-prenantes des PME : les consommateurs, les banques…
10
D’où l’idée de ce livre : « La RSE et les entreprises libanaises : état
des lieux ». Un livre qui reprendrait les questions posées lors de ce
colloque dans nos sessions spéciales sur les entreprises libanaises : Où
en sont les entreprises libanaises ? Les consommateurs, clients sont-ils
sensibles à la RSE ? Que disent les PDG des entreprises libanaises ?
Peut-on repérer des pratiques de RSE dans différents secteurs
d’activité : secteurs de l’informatique, de l’agro-alimentaire,
bancaire… ? Quels sont les leviers qui favorisent les pratiques
socialement responsables des entreprises libanaises ? Les incitations
des banquiers, la volonté de minimiser les risques, le réseau dans
lequel est insérée l’entreprise, ces différents éléments jouent-ils un
rôle dans l’intégration ou le développement de la RSE ?
Les chapitres de ce livre souhaitent apporter des réponses à ces
différentes questions. Bien sûr, un livre ne suffira pas à aborder le
sujet mais il nous paraît important de poser quelques pierres qui
participeront à l’édifice de la connaissance des pratiques de RSE dans
les entreprises libanaises.

Pour commencer, Nadine Dubruc, Sélim Mekdessi et Danie Khawaja
fournissent, dans le chapitre 1, un état des lieux de l’adoption des
pratiques RSE dans les PME libanaises en ouvrant sur quelques
perspectives. L’accent est mis sur l’intégration de la RSE dans les
stratégies de certaines PME. L’échantillon de PME libanaises
observées montre l’existence de certaines pratiques socialement
responsables, l’implication et le poids possible de certaines parties
prenantes. Les difficultés entravant les entreprises à s’engager dans la
RSE sont aussi abordées. Enfin une typologie des dirigeants et un
classement des entreprises permettent de mieux comprendre où se
situent les PME libanaises vis-à-vis de la RSE.

Maya Naja propose ensuite de mieux comprendre la perception de la
RSE par les consommateurs libanais et de voir en quoi cela peut
constituer un véritable enjeu pour les PME. Sous la poussée
institutionnelle et sociale, les entreprises ont étendu leurs relations
d'échanges au-delà de la sphère économique et recherchent la
légitimation de leurs actes. Les thématiques du développement
durable (DD) et de la responsabilité sociale de l’entreprise (RSE)
suscitent, depuis quelques années, un intérêt soutenu, et devient un
11
objet d’étude pour les chercheurs en sciences de gestion et en
marketing. Encore balbutiant il y a quelques années, le concept de la
RSE gagne de plus en plus de terrain au Liban. Le consommateur
libanais est désormais exposé à de nombreux messages porteurs
d’engagements sociétaux. Dès lors, ce chapitre s’attache à montrer
comment ce dernier perçoit les actions des entreprises libanaises
inscrites dans des logiques de Responsabilité Sociale, et de vérifier si
cette perception impacte son intention d’achat.

Dans le chapitre 3, Amale Kharrouby et Jana Badran ont choisi de
réaliser une analyse de discours des PDG pour mieux comprendre
l’évolution de la responsabilité sociale dans les banques libanaises.
Cette recherche a pour objectif d’analyser lexicalement l’évolution de
la Responsabilité Sociale de l’Entreprise (RSE) dans les discours des
Présidents des banques libanaises afin d’identifier quand et comment
le passage d’une « pré-RSE » à une « RSE » explicite a eu lieu. Dans
cette perspective, une étude empirique longitudinale, sur la période
2004-2014, a été menée sur les messages des rapports annuels de 11
banques libanaises à travers une analyse de discours sous LEXICO3.

Dans le chapitre 4, Mireille Chidiac El Hajj met en avant les logiques
d’action volontaire sociales, sociétales et environnementales
pratiquées par les dirigeants des PME du secteur de l’informatique au
Liban. Cette recherche exploratoire a interrogé un échantillon
représentatif de dirigeants de PME du secteur de l’informatique.
L’étude des pratiques des dirigeants envers la société et envers
quelques parties prenantes, a permis d’identifier la pertinence de la
stratégie déployée et l’efficacité des comportements. Les dirigeants
investissent le plus certaines parties prenantes comme les employés et
la clientèle ; alors qu’ils se désintéressent de la sphère externe en
rapport avec le sociétal et l’environnemental.

Jana Badran, Amale Kharrouby, Zaher Khraibani explorent les
perceptions managériales des PME agroalimentaires libanaises en
matière de RSE dans le chapitre 5. Cette étude cartographie les
perceptions managériales dans les PME agroalimentaires libanaises en
matière de RSE. Dans le cadre des deux principaux courants
antagonistes en matière de RSE, à savoir, d’un côté, une vision
classique et, d’un autre côté, une vision élargie de l’entreprise et de
12
ses responsabilités, les auteurs de ce chapitre ont développé le modèle
bidimensionnel de Quazi et O’Brien (2000) en le transposant au
contexte du Liban sur le secteur des PME agroalimentaires à travers
une enquête par questionnaire auprès de 155 managers.

Dans le chapitre 6, Mireille Chidiac El Hajj propose de faire le point
sur le risque opérationnel qui se trouve au cœur des préoccupations du
dirigeant de la PME du textile et de l’habillement au Liban. Sous
l’angle de l’Audit social, cette recherche qualitative conduite auprès
des dirigeants au sein de ces PME, permet d’identifier les différentes
facettes du risque opérationnel qui sont à l’origine du risque de
réputation de l’entreprise. Une feuille de route stratégique propose des
outils de prévention. Une meilleure prise de conscience par les deux
principales parties prenantes, patrons-employés sur la nécessité d’une
réforme du droit des contrats et sur la nécessité d’adopter une
démarche intelligente pour tous pourrait influer le climat social de ce
type de PME.

Waël Bakhit étudie comment les politiques et pratiques sociales des
banques libanaises peuvent favoriser les pratiques socialement
responsables des PME dans le chapitre 7. Rares sont les études
discutant l’évolution des pratiques RSE dans les PME au Liban -
moteur de l’économie libanaise avec un tissu fournissant plus de 70%
de la production nationale et les engagements entretenus avec les
banques. Les banques libanaises sont en général de grandes
entreprises dotées d’un fort impact sur le tissu économique avec une
contribution à la croissance de plus de 7%.

Pour terminer ce tour d’horizons, dans le chapitre 8, Sélim Mekdessi,
Danie Khawaja et Nadine Dubruc questionnent l’intérêt de
l’appartenance aux réseaux qui serait un élément-clé de la RSE pour
les PME libanaises. La RSE au Liban peut être mise en place par des
actions volontaires en lien avec les communautés dans lesquelles on
est inscrit. La place de la communauté est importante au Liban et
celle-ci peut-être la partie prenante critique. Ils souhaitent approfondir
la réflexion des réseaux comme outils de soutien ou de développement
pour le dirigeant d’une PME, notamment durant les périodes difficiles.

13
Bibliographie

Brodhag C., Peillon S., Dubruc N., Breuil F. (2011) « Responsabilité
sociétale et développement durable : un enjeu pour les PME. » in
PME, innovation et gestion des actifs intellectuels, PME 2011 :
Rapport sur l'évolution des PME, OSEO (Ed.) p 179-197
Brodhag C., Berger-Douce S., Breuil F., Dubruc N., Jaujard F.,
Peillon S. (2012). RSE, Source de compétitivité pour les PME,
Éditeur : Documentation française, Paris, OSEO, Maisons-Alfort
(Val-de-Marne), Collection : Regards sur les PME, 189p
Capron M., Quairel-Lanoizelée F., (2010), La responsabilité sociale
d’entreprise, Paris, La Découverte, « Repères », 128 pages.
Capron M. (2010) Pouvoirs et contre-pouvoirs des puissances
économiques : vers un nouveau contrat social mondial ? in
Développement durable et responsabilité sociale. De la mobilisation à
l’institutionnalisation. Dir : C Gendron, JG. Vaillancourt & R. Audet.
Presses Internationales Polytechniques. Canada. pp 246-265
CCI (2014), L’économie libanaise et arabe, Chambre de Commerce et
od’Industrie, Beyrouth-Mont Liban, n 577.
Savall H., Zardet V., Bonnet M. (2009), Management
SocioÉconomique, Une approche innovante, Paris, Economica, 452 p.
Savall H., Zardet V. (2005), « Processus participatif de changement
pour une performance socio-économique durable : Cas évalués
od’entreprises et d’organisations », Gestion 2000, vol.22, n 5,
pp.199227.



14



CHAPITRE 1 :


L’adoption des pratiques RSE dans les PME
libanaises : Etat des lieux et perspectives


Nadine DUBRUC
Sélim MEKDESSI
Danie KHAWAJA


Dans une époque où tout le monde n’est intéressé que par
l’engrangement de profits exorbitants, peut-être est-il temps de revoir
la vision du profit et de la performance financière pour s’intéresser un
peu plus à l’humain, rechercher des profits sans oublier la
performance sociale et environnementale pour un monde durable
(Grandin et Saïdane, 2011).
La crise financière mondiale de 2007-2008 a mis l’accent sur les
pratiques scandaleuses de recherche de profits incalculables
(Bourguinat et Briys, 2009 ; Aglietta et al. 2010) et sur ses
conséquences néfastes sur le plan social avec l’augmentation de la
pauvreté (Banque de France, 2010).
Il s’agit donc de s’intéresser à la Responsabilité Sociale des
Entreprises (RSE) et à la performance globale. Howard Bowen, père
fondateur de la RSE avec son ouvrage intitulé : « Social
Responsibilities of the Businessman » publié en 1953, marque l’entrée
de la notion de RSE dans le champ académique (Gond et Igalens,
2014). En effet, la RSE est considérée par Capron et
QuairelLanoizelée (2010, p. 16) comme « les modalités de réponses de
15
l’entreprise aux interpellations sociétales en produisant des
stratégies, des dispositifs de management, de conduite de changement,
de méthodes de pilotage, de contrôle et d’évaluation et de reddition
incorporant de nouvelles conceptions de performances ». De cette
vision de l’entreprise, peut être dégagée la notion de performance
globale.
1Savall et son équipe à l’ISEOR parlent d’une performance
socioéconomique. Rendre les objectifs économiques et les objectifs sociaux
compatibles aura assure une performance globale durable tout en
calculant les coûts et les performances visibles et cachés (Savall et
Zardet, 2009). La performance globale étant définie dans la théorie
socio-économique des organisations par deux composantes, l’une
sociale et l’autre économique (Savall et Zardet, 2005 ; Mekdessi,
2007).
L’engagement en RSE constitue un coût supplémentaire que
l’entreprise doit être à même de supporter, mais présente aussi une
opportunité pour l’entreprise visant à améliorer sa performance
globale. Certains chercheurs, comme Freeman et McVea (2001),
parlent de l’existence d’un impact positif de l’engagement en RSE sur
la performance financière. Le fait de répondre aux attentes des parties
prenantes permet d’accroître la réputation de l’entreprise, ce qui a un
impact positif sur la performance financière. L’augmentation de la
performance sociale mène à une augmentation de la valeur du marché
de la firme à long terme (Jensen, 2002 ; Hirigoyen et Poulain-Rehm,
2014 ; Makdissi et Al., 2016). Mais, selon l’hypothèse de l’arbitrage
(Vance, 1975) et la théorie néoclassique de la firme, la RSE a un effet
négatif sur la performance financière car cet engagement va générer
des coûts supplémentaires, ce qui va diminuer par conséquent les
profits et la compétitivité de l’entreprise (Bnouni, 2011).
Cette étude s’intéresse aux PME libanaises, principales composantes
de l’économie libanaise. Selon le Ministère de l’économie et de
commerce au Liban, environ 97% des entreprises sont considérées
comme des PME (CCI, 2014). Dans une étude exploratoire sur les
PME libanaises, nous proposons de traiter la problématique suivante :
Les PME libanaises constituent-elles un terrain fertile ou stérile pour
les pratiques RSE et l’amélioration de la performance globale ? Dans
le premier cas, quelles sont les principales pratiques de ces

1 Institut de Socio-Economie des Entreprises et des Organisations
16
entreprises ? Et dans le second, quelles sont les principaux éléments
entravant les PME libanaises à mettre en place des actions socialement
responsables, et quelles sont les caractéristiques des PME non
engagées dans la RSE ?
Dans le cadre de cette étude, trois hypothèses ont été élaborées :
- H 1 : Les dirigeants s’engagent dans la RSE afin d’améliorer
la performance de leur entreprise.
- H 2 : Le manque de ressources financières est une des
difficultés principales pour l’adoption de la RSE dans les PME
libanaises.
- H 3 : Les dirigeants et leurs parties prenantes, surtout les
clients, ne sont pas sensibilisés aux questions de RSE et de
développement durable (DD).
Il s’agit dans la suite d’aborder en premier lieu les principales théories
émanant du champ de la RSE et la méthodologie de ce travail pour
mettre en lumière, en second lieu, les résultats obtenus et leur
discussion en se basant sur une étude quantitative, réalisée en 2014.

1. L’intégration de la RSE dans la stratégie des PME : point de
vue théorique
Parler RSE, c’est évoquer principalement et prioritairement la théorie
des parties prenantes. Mais aussi viennent la théorie de la dépendance
à l’égard des ressources et la celle néo-institutionnelle qui permettent
de justifier la première respectivement en termes de pouvoir et de
légitimité.
En se référant à Cazal (2011), le constat principal de la théorie des
parties prenantes est d’inclure dans la gouvernance de l’entreprise les
intérêts et les droits des non-actionnaires. Cette théorie s’est attachée à
2 3 4étudier les fondements normatifs , descriptifs et instrumentaux sur

2 Ils s’appuient sur l’éthique des affaires et des fondements philosophiques comme
la théorie de la justice de John RAWLS (1971) afin de justifier la prise en compte
des parties prenantes dans la gestion de l’entreprise. La théorie de Rawls vise à
traiter les parties prenantes en termes de « fairness » (Lobez 2011), d’une manière
équitable. (Donaldson et Preston, 1995 ; Phillips, 1997)
3 Ils cherchent à montrer la pertinence empirique de ce cadre d’analyse en soulignant
que les dirigeants tendent à penser leur activité comme la gestion de multiples
relations avec des groupes internes et externes.
17
lesquels repose la prise en compte de demandes de groupes externes
hormis ceux des actionnaires (Donaldson et Preston, 1995). Ces trois
perspectives, normatives, descriptives et instrumentales, s’inscrivent
dans deux paradigmes opposés qui définissent deux types de
représentation de la RSE. Pour la première, il s’agit d’une vision
« orientée éthique », considérant « la RSE comme un idéal ». Les
deux autres s’inscrivent dans une vision « orientée business »,
utilitariste qui considère « la RSE comme un outil » (Pasquero, 2005).
Quairel-Lanoizelée (2012) considère que les PME sont confrontées à
l’approche de la RSE essentiellement sous l’angle instrumental, même
si elles intègrent parfois l’approche éthique.
Du côté de la théorie de la dépendance à l’égard des ressources, la
vulnérabilité d’une organisation provient de son besoin en ressources,
contrôlées de par son environnement. Ces ressources peuvent être
financières ou humaines (relatives aux clients et aux salariés). Le
risque qu’un groupe fournisseur de ressources critiques se retire du jeu
met la survie de l’organisation en danger surtout dans le cas des PME.
Cette théorie inscrit la RSE dans la vision économique classique.
Pour la théorie néo-institutionnelle, et selon Di Maggio et Powell
(1983), les managers se conforment aux règles, normes et valeurs de
leur environnement, sous la pression de trois sources de contraintes
institutionnelles : coercitives imposées par la loi ou la réglementation,
normatives pour orienter les comportements des acteurs sans faire
l’objet de sanction, et mimétiques conduisant les organisations à
transposer et imiter les bonnes pratiques, donc à être de plus en plus
semblables. DiMaggio et Powell expliquent dans ce sens les pratiques
homogènes des entreprises par le concept d’isomorphisme qui
souligne le processus conduisant les entreprises, par exemple à se
ressembler dans les mêmes conditions environnementales (Huault,
2009).
Ces théories permettent de qualifier les pratiques des PME libanaises.
Il s’agit de voir si la raison derrière l’adoption d’une politique RSE est
seulement limitée à l’amélioration de la rentabilité, donc pour une
meilleure performance financière, ou bien si elle dépasse cette vision

4 Ils s’attachent à étudier les conséquences économiques et financières de la gestion
des parties prenantes et ce qui va permettre de répondre à la question suivante : Dans
quelle mesure la prise en compte des attentes de toutes les parties prenantes de
l’entreprise contribue-t-elle à améliorer sa performance ?
18
et vise plutôt le bien-être social. De plus, dans le cadre de la théorie de
la dépendance à l’égard des ressources, il sera intéressant de savoir si
les apporteurs de ressources, dont les PME dépendent, obligent ces
dernières à être socialement responsables. En d’autres termes et en
empruntant les propos de Capron et Quairel-Lanoizelée (2010), les
PME s’engagent dans la RSE lorsqu’elles sont contraintes de
l’assumer, pour répondre aux pressions et attentes des apporteurs de
ressources. Alors, les pratiques RSE des PME libanaises se font-elles
pour se conformer aux règles, normes, valeurs de leur
environnement ? Si oui, sous la pression de quelle source ? Le plus
important est par conséquent de voir si les PME prennent en compte
les attentes de toutes les parties prenantes ou seulement celles des
actionnaires ou associés et si leur engagement dans la RSE est une
simple mode managériale.

En outre, le dirigeant d’une PME est « la pièce motrice de son
organisation » ; il représente souvent à lui seul les différentes
fonctions de son entreprise. Il est généralement reconnu comme le
porteur de la réussite de son entreprise (Marchesnay, 1991 ; Torres et
Gueguen, 2006 ; Brodhag et al., 2011).
Etant donné que les PME sont caractérisées par une forte
centralisation autour de leur dirigeant, qui est souvent propriétaire de
l’entreprise, sa conception personnelle de la RSE va conditionner les
formes et le degré de l’engagement de la PME (Courrent, 2012 ;
Berger-Douce, 2014). Analyser la responsabilité des dirigeants et le
rôle de leur entreprise à l’égard de la société revient à comprendre les
croyances déterminantes des dirigeants (Paradas, 2007). Dans le
pilotage de leur entreprise, les dirigeants ont intérêt à être proactifs
dans la recherche d’informations (Bonneveux et Saulquin, 2009).
« Les PME tendent à considérer la RSE plutôt comme une « corvée »
ou comme une contrainte pour rester compétitives que comme un
véritable défi avec un résultat positif » (Brodhag et al., 2011). Dans
les PME, les démarches de RSE sont spécifiques notamment par les
liens visibles du dirigeant avec les parties prenantes.




19
2. La sensibilisation des PME libanaises à la notion et aux
pratiques RSE
Méthodologie : recueil de données sur des entreprises libanaises
Cette recherche a eu recours à une méthode quantitative, à partir des
données issues d’un questionnaire envoyé aux PME libanaises.
La présente étude porte sur un échantillon de 50 PME libanaises. Afin
que cet échantillon soit représentatif, il a été nécessaire, voire
indispensable de respecter la répartition géographique et sectorielle
des PME (Voir Figures 1, 2, 3 et 4). Compte tenu du nombre limité de
répondants au questionnaire, cette étude a une vocation exploratoire.
De plus, le questionnaire est une forme fondamentale de collecte des
données pour la recherche en gestion. Les questionnaires sont très
largement employés et contribuent de façon décisive aux approches
quantitatives (Usunier et al., 2007). En effet, le questionnaire utilisé
dans cette étude permettra tout d’abord de voir si les PME sont
familiarisées avec le concept de RSE et, dans l’affirmative, identifier
leurs principales pratiques, justifier l’adoption d’une telle stratégie et
voir son impact sur leur performance globale, qu’elle soit financière
ou sociale. Il a été divisé en six grandes parties : caractéristiques
générales, stratégie, rôle du dirigeant, politique financière, RSE et
développement durable, performance sociale. Cette étude a été faite
sur des PME libanaises dont le nombre de salariés varient entre 5 et
196. Elle a été effectuée dans le deuxième semestre de 2014.


Figure 1 : répartition des Figure 2 : Répartition de
PME libanaises selon les l’échantillon selon les zones
zones géographiques géographiques
Source : CAS 2009, cité dans Badreddine
2011
20




Figure 3 : Répartition des Figure 4 : Répartition de
l’échantillon suivant le PME libanaises suivant le
secteur d’activitésecteur d’activité
2.1.Positionnement de la RSE dans les PME : Recueil de données
La majorité des PME s’intéressent avant tout à leur rentabilité, leur
part de marché et leur chiffre d’affaires au détriment de
l’environnement et du développement durable. En effet, suivant les
résultats de l’enquête, 44% des PME formulent leurs objectifs avant
tout en termes de rentabilité et 2% seulement en termes de
l’environnement et de développement durable (Voir tableau 1). Ainsi,
16% des PME étudiées intègrent la RSE dans leurs trois premiers
objectifs. En outre, la pérennité constitue la finalité première de 40%
des propriétaires-dirigeants. Du côté du financement de ces
entreprises, quand une opportunité de développement se présente, la
plupart des dirigeants, pour la recherche de financement, ont recours à
leurs partenaires bancaires (44%), 28% aux crédits garantis par
5
Kafalat , en notant que ces crédits sont bonifiés et sont octroyés par
les banques commerciales.


5 Kafalat est une société financière libanaise d’intérêt public. Elle aide les PME
libanaises à accéder au financement des banques commerciales en leur fournissant
une garantie de prêt après des études de faisabilité du projet. Kafalat traite ainsi les
demandes de garantie de prêt que les banques libanaises octroient aux PME. Critères 1 2 3 4 5
Chiffre d’affaires 12 26 12 0 0
Part de marché 15 5 22 8 0
Rentabilité 22 15 8 3 2
Effectif 0 1 4 20 25
Environnement et 1 3 19 23
développement
durable

Tableau 1 : Formulation des objectifs par ordre de préférence en
termes de différents critères
1 = le plus important 5 = le moins important


2.2. Diagnostic des différentes pratiques des entreprises en
matière de RSE
Les principales pratiques sociales des PME se concentrent sur la lutte
contre les discriminations, l’application des mesures en matière de
santé, sécurité et bien-être, et l’encouragement des salariés à
développer de réelles compétences.
Du côté environnemental, 40% des dirigeants déclarent tenir compte
de l’impact environnemental potentiel lorsqu’ils développent de
nouveaux produits ou services, 38% disent avoir essayé d’optimiser
leur consommation d’énergie et de réduire leur production de déchets
et/ou de mieux les trier, et 32% des dirigeants déclarent à leur tour
qu’ils essaient de prévenir la pollution (Voir tableau 2). De plus, 14%
des PME affirment avoir adopté un système de management de
l’environnement et ce principalement pour :
- L’amélioration de leur image auprès de leurs clients,
- La réduction des coûts,
- La différenciation de la concurrence,
- Et surtout par conviction et engagement volontaire de la
direction.




22
Pas du tout .... Tout à fait
Essayer d’optimiser la 6% 0 26% 30% 38%
consommation énergétique
Essayer de réduire la production 10% 14% 16% 22% 38%
de déchets et/ou de mieux les
trier
Essayer de prévenir la pollution 16% 12% 26% 14% 32%
Tenir compte de l’impact 28% 8% 16% 8% 40%
environnemental potentiel
lorsque l’entreprise développe
de nouveaux produits/services
Tableau 2 : Les pratiques favorisant la protection de
l’environnement dans les PME

Cependant, les autres justifient leur non adoption de ce
système par les raisons suivantes : pas ou peu utile, trop coûteux, trop
compliqué.
Par ailleurs, le premier motif à la mise en œuvre des pratiques
RSE est la volonté des dirigeants à améliorer la performance de leur
entreprise. En fait, les chiffres justifient chez 46% des PME la mise en
œuvre des pratiques de RSE, les parties prenantes incitent 66% des
PME et enfin, la performance motive 76% des PME.
Parmi les parties prenantes qui peuvent pousser l’entreprise à
mettre en œuvre des actions de développement durable et RSE, il y a
les clients, les salariés, les fournisseurs, les actionnaires et la
communauté. En ce qui concerne les PME étudiées, la pression
provient 70% de la part des clients contre 64% de la part de la
communauté. Les salariés et les actionnaires ne jouent dans ce sens
qu’un rôle assez réduit. (Voir tableau 3).

Parties prenantes %
Clients 70
Salariés 36
Fournisseurs 42
Actionnaires 38
Communauté 64
Tableau 3 : Influence des parties prenantes dans la mise en œuvre
de la RSE dans les PME (selon les dirigeants)

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