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PME, emploi et relations sociales

274 pages
Quel est l'impact de la PME sur la création d'emploi ? Quelle est la nature des emplois créés ? Quel bilan peut-on faire de l'insertion professionnelle des jeunes, mais aussi des demandeurs d'emploi dans ces entreprises ? Quelles sont les caractéristiques des PME qui créent le plus d'emplois ? Cet ouvrage s'interroge aussi sur la qualité des emplois et les conditions de travail dans ces PME, leur mode de recrutement, leur gestion des ressources humaines.
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PME,

EMPLOI ET RELATIONS SOCIALES

France - Maghreb

Collection Les cahiers du Griot:

N°l Figures du temps: les nouvelles temporalités du travail et de la formation, Collectif Griot.

N°2 N°3

Initiative individuelle et formation, Fabienne Berton, Mario Correia, Corinne Lespessailles, Madeleine Maillebouis (eds). PME et entrepreneurs: approches algéra-françaises, Abderrahmane Abedou, Ahmed Bouyacoub, Michel Lallement, Mohamed Madoui (eds ). La prévention: concepts, politiques, pratiques en débat, sous la direction de Brigitte Bouquet. La place des jeunes dans la Cité (tome I). De l'école à l'emploi ?, coordonné par Cécile Baron, Élisabeth Dugué, Patrick Nivolle. La place des jeunes dans la Cité (tome n). Espaces de rue, espaces de parole, coordonné par Élisabeth Callu, Jean-Pierre Jurmand, Alain Vulbeau. De la gouvernance des PME-PMI. Regards croisés France-Algérie, Abderrhamane Abedou, Ahmed Bouyacoub, Michel Lallement, Mohamed Madoui (eds). Défaillances et invention de l'action sociale, Marie-Christine Élisabeth Dugué, Barbara Rist, Françoise Rouard (eds). Bureau,

N°4 N°S N°6

N°7

N°8 W9

Militaires à temps partiel. Sociologie des officiers de réserve spécialistes de l'état-major, Mohamed Madoui. Bénédicte Madelin,

N° 10 Territoires et action sociale, Brigitte Bouquet, Patrick Nivolle.

N° 11 Les territoires de l'emploi et de l'insertion, Cécile Baron, Patrick Nivolle.

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Abderrahmane Abedou, Ahmed Bouyacoub, Michel Lallement Mohamed Madoui (eds)

PME,

EMPLOI ET RELATIONS SOCIALES

France - Maghreb

L'Harmattan

(Q L'HARMATTAN, 2007 5-7, rue de l'École-Polytechnique, 75005

Paris

http://www.librairiehannattan.com diffusion.hannattan@wanadoo.fr hannattan 1@wanadoo.fr ISBN: 978-2-296-04658-0 EAN : 9782296046580

Cet ouvrage bénéficie du soutien financier de l'agence universitaire de francophonie et du fonds de solidarité prioritaire - Maghreb (MAE-MSH)

SOMMAIRE

Introd uction Ahmed Bouyacoub

9

PREMIÈRE PARTIE

PME, emploi et développement local
L'importance des petites entreprises dans les processus d'insertion professionnelle des jeunes Elyes Bentabet

17

Analyse du dispositif algérien pour la création de l'emploi. Le cas de la région de Bejaïa Hamid Kherbachi Moussa Boukrif

51

Emploi et territoire. Le système institutionnel d'appui aux micro-entrepreneurs dans leur environnement économique et sociaL 77 Le cas du Programme de Développement Urbain Intégré (PDUI) en Tunisie, appliqué à la périphérie Ouest de Tunis Houda Laroussi L'émergence de sociétés de salariés: une sauvegarde d'une partie de l'emploi?... ... Nabil Beloutil Emploi et entrepreneuriat des femmes en Algérie: des dynamiques entre traditions et innovations Anne Gillet La femme tunisienne, acteur du développement: opportunités et contraintes Abdelkhaleq Bchir PME et territoires. Exemple de la wilaya de Constantine Salah Eddine Cherrad

93

107

129

149

Les PME de services en Algérie: essai sur les déterminants organisationnels de la politique d'emploi Abderrahmane Abedou et Ahmed Bouyacoub
DEUXIÈME PARTIE PME, temps de travail

157

et relations

sociales

Les négociations sur le temps de travail dans les PME du secteur des nouvelles technologies de l'information et de la communication Michèle Dupré, Michel Lallement

179

Le mythe de la création de micro-entreprises en Tunisie: du choix réfléchi au choix obligé. Motivations, mobilisations et obstacles Pierre-Noël Denieuil Mode de recrutement et logique entrepreneuriale dans la PME algérienne Kamel Boucher! Logiques de gestion des ressources humaines chez les dirigeants des PME Amina Kadri-Messaïd

191

213

227

Entre logiques patrimoniales du « pater familias» et logiques entrepreneuriales de l'homo oeconomicus : le père, le fils et l'organisation du travail dans les PME algériennes 241 Mohamed Madoui Conclusion Des PME différenciées ? Abderrahmane Abedou

259

Liste des auteurs Table des matières

263 267

8

INTRODUCTION
Ahmed Bouyacoub

Cet ouvrage constitue la troisième livraison' de publications algérofrançaises réalisées grâce au soutien du comité mixte d'évaluation et de prospective inter-universitaire franco-algérien (CMEP) par deux instituions de recherche, le centre de recherche en économie appliquée pour le développement (CREAD, Alger) et le laboratoire interdisciplinaire pour la sociologie économique (LISE) (CNAM/CNRS, Paris). Il regroupe une partie des communications présentées lors d'un séminaire organisé au CREAD à Alger, en mars 2005, et choisies en fonction de thématiques relatives aux relations de travail au sein des petites et moyennes entreprises (PME). La pertinence de la petite entreprise en tant acteur économique et social reste un thème de recherches important de la collaboration d'équipes de recherches de part et d'autre de la méditerranée. Dans les publications précédentes, les équipes ont, d'une part, testé l'analyse comparative avec des résultats probants sur cet objet de recherches avec une approche pluridisciplinaire, et d'autre part, formulé des interrogations sur l'entrepreneuriat et la gouvernance de manière féconde sur la base des études empiriques et des nouvelles questions soulevées. Bien entendu, tous les travaux présentés montrent les limites des théories traditionnelles, dans le domaine de l'économie, du management et de la sociologie notamment, à expliquer de manière pertinente le comportement de la petite et la très petite entreprise. Il ne s'en dégage pas nécessairement une théorie de la petite entreprise, alors que les travaux montrent également la forte hétérogénéité de ce type d'entreprises pourtant dominant dans toutes les économies. Doit-on s'en remettre au concept de

J Les deux premières livraisons: Abedou A., Bouyacoub A., LaIlement M. et Madoui M.(2004) Entrepreneurs et PME, Approches algéro-françaises, L'Harmattan, Lise-Cread, 280p., Paris. Abedou A., Bouyacoub A., LaIlement M. et Madoui M.(2006) De la gouvernance des PMEPMI, Regards croisés France-Algérie, L'Harmattan, Lise-Cread, 338 p., Paris.

Introduction

contingence, comme le suggèrent certains auteurs2, pour expliquer ces comportements hétérogènes de cette forme d'entreprises? Dans cet ouvrage, quatre thématiques sont abordées, également d'une manière comparative. La micro-entreprise, une solution à la crise de l'emploi?

Cette première interrogation concerne un type de firme assez particulier, mais numériquement toujours dominant dans la plupart des économies développées et en voie de développement. Il s'agit, bien entendu, de la micro-entreprise. Une première question, d'une grande actualité, en France notamment, mais aussi en Algérie, est posée par Elyes Bentabet, à propos de la capacité de la micro-entreprise à permettre plus d'insertion professionnelle des jeunes. Les difficultés d'accès au premier emploi étant parfois insurmontables, l'auteur montre, à partir des résultats d'une enquête, que les petites entreprises, au-delà de leur spécificité économique et managériale, présentent un potentiel de tout premier plan et seraient une véritable « organisation qualifiante » des jeunes. En Algérie, bien qu'elle ait une histoire toute récente, la petite entreprise, commence à s'imposer également dans le processus d'insertion professionnelle des jeunes et surtout pour le premier emploi, comme le montre bien Kamel Boucherf. Dans ce contexte assez particulier, à la différence du contexte français, elle n'arrive pas à échapper à la prédominance de mécanismes informels. Naturellement, la question se pose de savoir, si en tant acteur d'insertion professionnelle, la micro-entreprise ne constitue-t-elle pas également un lieu privilégie de reproduction de l'économie informelle? Quant à la politique de l'emploi dans des PME de services, A. Abedou et A. Bouyacoub montrent, à partir des résultats d'une enquête récente, que la flexibilité dans ces entreprises est de règle et que le processus organisationnel reste fortement informel dans la plupart des cas. Un élément de réponse est fourni par Salah Eddine Cherrad qui examine l'insertion de ces micro-entreprises dans le territoire, avec une étude empirique de la wilaya de Constantine. Elles sont tellement « insérées» dans les mailles socioéconomiques qu'on distingue parfois difficilement leurs différentes activités, économiques, sociales et familiales. L'habitat, l'espace familial et l'activité économique semblent constituer un tout, autrement dit, une «organisation particulière» qui émerge comme entreprise de petite taille et qui structure l'espace urbain et semi-urbain.
2 Pierre-André Julien (1997) (sous la direction), Les PME, Bilan et perspectives, les presses interuniversitaires, Québec et Economica Paris, 364 p.

10

Ahmed Bouyacoub

La PME, un enjeu sur le contenu et la réduction du temps de travail? Historiquement, le temps de travail réglementaire diminue au sein des entreprises, mais constitue toujours un enjeu important dans le débat social. En France, Michèle Dupré et Michel Lallement s'interrogent sur les implications des politiques d'aménagement et de réduction du temps de travail sur la cohésion et les codifications sociales au sein des PME françaises. Ils soulignent que cette question est loin d'être un simple problème technique concernant l'applicabilité ou non des 35 heures dans le contexte des PME réputées plutôt « lâches envers les règles de droit ». Les auteurs montrent que si cette question s'inscrit bien dans la logique de croissance de l'économie de marché, elle risque par contre de remettre en cause « les identités de travail, les modes d'intégration sociaux, les relations professionnelles, les rythmes urbains et, de fait, les modes de vie des salariés ». En Algérie, cette question de réduction du temps de travail n'est pas à l'ordre du jour. Les 40 heures restent la règle générale. Par contre, Amina Kadri-Messaid relève que la question principale du moment, dans ce domaine, au sein des PME, concerne le passage du «travail informel» et non déclaré à la reconnaissance de toutes les ressources humaines impliquées dans l'entreprise. Les ressources humaines, dans les PME tout au moins, « ne représentent pas encore un facteur de compétitivité ». L'enquête empirique qu'elle a menée montre que de nombreuses dimensions externes (logement, famille...) commandent la logique de gestion des relations de travail et, par conséquent, le contenu et l'identité du travail particulièrement dans les petites entreprises. Des entrepreneurs d'un type nouveau? Dans ce chapitre, les auteurs abordent des questions principales relatives à la fois à ce qui est qualifié de «dualité entrepreneuriale» à la tête de certaines PME en Algérie, aux comportements de salariés devenus entrepreneurs et enfin à l'entrepreneuriat féminin émergent. Si la littérature économique et sociologique fait remonter à Richard Cantillon, au début du 18e siècle, la séparation entre l'entrepreneur et le manager, elle foisonne de typologies d'entrepreneurs diversifiées, notamment dans les économies développées. Dans cet ordre d'idées, l'analyse menée par Mohamed Madoui, à partir de nombreuses enquêtes de terrain en Algérie, identifie la particularité des nouvelles PME qui se trouvent avec « une gouvernance à deux têtes ». Cette dualité est particulière et conditionne le fonctionnement de PME partagé entre « le père fondateur et Il

Introduction

le fils gestionnaire ». La question qui se pose est de savoir, dans ces conditions et compte tenu du droit d'héritage en vigueur en Algérie, si ces PME survivraient à leur fondateur? Dans le même ordre d'idées, les réformes économiques ont entraîné la liquidation d'un grand nombre d'entreprises publiques. Certaines ont donné naissance à de nombreuses PME de salariés qui se sont transformés en actionnaires. Nabil Bellouti présente les résultats d'une enquête en se posant la question sur le comportement spécifique des nouveaux entrepreneurs et anciens salariés. Le passage d'une condition à une autre est -il productif pour ces entreprises? La dernière interrogation concerne l' entrepreneuriat féminin en Algérie. Anne Gillet met en relief les particularités de ce groupe d'être « minoritaire et parfois privilégié ». Ses enquêtes l'amènent à conclure que ces particularités sont « des apports novateurs au développement de la PME» en Algérie. Le micro-entrepreneuriat, quel devenir?

Cette interrogation est au cœur des analyses proposées, car le microentrepreneuriat à tendance à se développer rapidement à la faveur des incitations institutionnelles mises en place dans la plupart des économies et particulièrement dans les pays en développement. L'analyse de l'expérience tunisienne présentée par Pierre Noël Denieuil met particulièrement en relief ce qu'il appelle «le mythe du petit entrepreneuriat» sans un tissu institutionnel d'appui adéquat. L'enquête montre qu'il y a dans l'acte d'entreprendre «une tension constante et ses ajustements entre le soi et la société, l'individu et l'institution... ». La recherche d'un équilibre entre les ressources individuelles et celles de la société semble déterminante quant à l'aboutissement de la micro-entreprise. Sans tissu institutionnel adéquat, est-il souligné, le micro-entrepreneuriat serait sans avenir. Dans le même ordre d'idées, Hamid Kherbachi et Moussa Boukrif s'interrogent sur la capacité des jeunes à créer une micro-entreprise durable. L'enquête menée dans la région de Bejaïa montre que si ces jeunes sans formation particulière en entrepreneuriat, se lancent dans la création de micro-entreprises, leur horizon reste cantonné à l'objectif « sortir du chômage» sans nécessairement aboutir à une véritable activité entrepreneuriale. En Tunisie, Houda Laroussi montre que pour les jeunes, l'acteur principal ou « l'entraîneur» comme elle le qualifie, reste l'appui institutionnel dans un territoire donné caractérisé par la présence d'une 12

Ahmed Bouyacoub

multitude d'acteurs visant le même objectif: permettre l'émergence du plus grand nombre de micro-entreprises. Comme on l'a déjà souligné, le territoire semble revêtir une dimension particulière dans l'émergence de la microentreprise. Enfin, Abderrahmane Abedou met en perspective dans la conclusion de cet ouvrage, les principaux axes qui restent à explorer à partir de cette expérience très féconde de collaboration entre deux équipes de recherche, de part et d'autre de la méditerranée.

13

PREMIÈRE PARTIE

PME, emploi et développement

local

L'importance des petites entreprises dans les processus d'insertion professionnelle des jeunes
Elyes Bentabet

Le pari était risqué mais tentant de rapprocher autour de cette problématique des expériences de développement différentes: française et algérienne. Risqué, parce que prenant appui sur le cas français, il nous semblait difficile, d'une part, de ne pas tomber dans le piège de la préconisation et de la recommandation faciles ou dans le soi-disant conseil éclairé, et, d'autre part, il nous fallait absolument éviter le discours abstrait sans prise avec la réalité algérienne actuelle. Partant de là, l'objectif que nous voulions nous fixer, était de dégager des cohérences ou au contraire des différences dans les pratiques d'insertion professionnelle des jeunes dont les maîtres d'œuvre seraient les petites entreprises françaises ou algériennes. Car, nous le répétons, notre ambition n'est pas de décrire un modèle idéal vers lequel on doit impérativement converger. Les spécificités sociétales sont sans doute trop marquées pour que l'on puisse espérer tracer les contours de pratiques homogènes accessibles en même temps à nos deux pays. Aussi, notre tenterons plutôt d'analyser dans quelle mesure les pratiques françaises sont susceptibles de faire échos aux préoccupations actuelles des décideurs et acteurs économiques algériens et comment, ces derniers pourraient y trouver des inspirations nouvelles. Ce papier se compose de deux parties. Dans la première « Le difficile accès des jeunes au premier emploi: entre chômage et précarité », nous étudierons les principaux problèmes de l'insertion professionnelle des jeunes (sans avoir la prétention d'être exhaustif); dans la deuxième « Les très petites entreprises: un premier espace d'insertion et de construction des compétences pour près d'un tiers des jeunes Français », nous présenterons les résultats de notre recherche (Bentabet et al., 1999) sur l'importance en France du rôle des petites entreprises dans l'insertion des jeunes et dans les pratiques réelles de formation et de construction des compétences de leurs salariés.

Elyes Bentabet

Lituanie Luxembourg Malte Pays-Bas Pologne Portugal République Tchèque Royaume-Uni Slovaquie Slovénie Suède UE à 25
Source: Eurostat

19,9 12,9 16,7 8,0 39,5 15,4 21,1 12,1 32,3 14,3 16,3 18,6

5,9 4,8 9,2 5,7 14,2 6,7 7,4 7,6 13,0 6,5 8,0 8,2

Les résultats de l'enquête Emploi de l'Insee confirment la situation dégradée du marché du travail notamment pour les jeunes: plus d'un jeune actif sur six est à la recherche d'un emploi. En moyenne sur l'année 2003, le nombre de chômeurs en France au sens du BIT s'élève à 2 656 000, soit 9,7 % de la population active (cf. tableau 2). Les taux de chômage masculins et féminins s'établissent respectivement à 8,7 % et 10,9 % : les femmes sont ainsi plus touchées que les hommes par le chômage. C'est entre 30 et 49 ans que les écarts de chômage entre les hommes et les femmes sont les plus marqués (6,8 %, contre 9,8 %).
Tableau 2 : Chômage et taux de chômage selon l'âge et le genre Hommes % Effectif!' 15,7 501 6,8 551 6,7 231 8,7 1283 Femmes Effectif!' 459 690 224 1 373 % 17,4 9,8 7,8 10,9 Ensemble Effectif!' 960 1241 455 2656 % 16,5 8,2 7,2 9,7

De 15 à29 ans De 30 à 49 ans 50 ans ou plus Ensemble

Le taux de chômage est le nombre de chômeurs apporté à la population active (personnes en emploi et chômeurs). Le chômage et l'emploi sont mesurés selon les concepts du BIT. *Effectif en milliers. Source: Insee, Enquête emploi-2DD3.

Un chômeur sur quatre n'a jamais travaillé: ce sont pour près des deux tiers d'entre eux des jeunes de moins de 30 ans, à la recherche de leur premier emploi. En outre, s'il est vrai que nous sommes face à une augmentation des risques de chômage pour tous les niveaux de diplôme, on assiste surtout à une augmentation des disparités relatives de taux de chômage selon le niveau de diplôme, les non diplômés restant de loin les

19

L'importance des petites entreprises dans les processus d'insertion professionnelle des jeunes

plus touchés. Le chômage touche donc avant tout les moins qualifiés (cf. tableau 3).
Tableau 3 : Taux de chômage selon le diplôme et la durée depuis la sortie du système éducatif (en %) 1990 1995 2000 Femmes 1 à 4 ans après la fill des études Brevet et sans diplôme CAP / BEP et équivalent Bac et équivalent Supérieur au baccalauréat 5 à 10 ans après la fin des études Brevet et sans diplôme CAP / BEP et équivalent Bac et équivalent Supérieur au baccalauréat Hommes 1 à 4 ans après la fill des études Brevet et sans diplôme CAP / BEP et équivalent Bac et équivalent Supérieur au baccalauréat 5 à 10 ans après la fill des études Brevet et sans diplôme CAP / BEP et équivalent Bac et équivalent Supérieur au baccalauréat

2005

42,1 26,0 16,3 8,9 34,9 16,0 7,9 4,2

59,4 35,4 27,1 15,4 39,5 22,1 16,1 7,3

54,7 32,9 20,4 II,6 38,7 18,7 12,2 5,8

49,2 33,7 19,5 10,3 35,7 21,1 10,9 6,9

26,8 15,0 12,0 5,1 22,2 7,7 4,4 2,3

42,7 23,9 14,9 15,2 27,8 II,6 6,7 6,1

46,9 21,6 12,1 8,9 25,6 12,2 8,7 4,4

44,4 23,7 15,1 Il,5 29,9 13,3 8,8 6,1

Note: taux de chômage au sens du BIT en mars de chaque année (sauf celles du recensement: janvier 1990 et 1999) jusqu'en 2002, taux de chômage en moyenne annuelle à partir de 2003. Champ: France métropolitaine, actifs de 15 à 64 ans ayant fini leurs études depuis plus d'un an et hors contrat d'apprentissage. Source: Insee, enquêtes Emploi.

Avec le développement du chômage et de précarisation de l'emploi, particulièrement important chez les jeunes, la question de leur accès à l'emploi est devenue de plus en plus centrale. Le recours à l'intérim ainsi que l'usage de contrats à durée déterminée et aux formes particulières d'emploi se sont intensifiés. Les cheminements se sont complexifiés avec de nombreux accès et retraits de l'emploi. Le maintien en statut précaire est plus fréquent pour les moins diplômés. A l'opposé, le niveau et le type de formation sont des déterminants importants du mode de stabilisation en emploi et son délai (Lapez, 2004). Comme l'indique le tableau 4 ci-dessous,

20

Elyes Bentabet

la France est d'ailleurs le pays de l'OCDE où la taux d'emploi des jeunes est parmi les plus faibles (22 % pour les 15-24 ans, contre 46 % en moyenne dans l'OCDE et 37 % en moyenne dans l'Union Européenne).
Tableau 4 : Taux d'emploi des jeunes de 15 à 24 ans dans l'Union Européenne Allemagne Autriche Belgique Chvme Danemark Espagne Estonie Finlande France Grèce Hongrie Irlande Italie Lettonie Lituanie Luxembourg Malte Pays-Bas Pologne Portugal Républiaue Tchèque Royaume-Uni Slovaauie Slovénie Suède UE à 25
* : rupture de série Source: Eurostat

Taux d'emploi des jeunes en 2005 42,0* 53,1 27,5 36,7 62,3 38,3* 29,1 40,5 30,1 25,0 21,8 48,7 25,7 32,6 21,2 24,9 45,3 65,2 22,5 36,1 27,5 54,0 25,6 34,1 39,0* 36,8

L'évolution des salaires d'embauche illustre du reste la difficulté d'accès des jeunes à l'emploi: bien que plus diplômés que leurs aînés, les jeunes âgés de 16 à 29 ans entrés sur le marché du travail depuis moins d'un an, ont perçu en 1995 un salaire net mensuel moyen inférieur de 7 % en euros constants à celui touché, en moyenne, quatre ans auparavant par les jeunes débutant leur vie active. Cet écart atteint même 20 % pour les moins diplômés, plus touchés par le chômage, car la sélection croissante à l'embauche les évince de plus en plus souvent des emplois procurant une 21

L'importance des petites entreprises dans les processus d'insertion professionnelle des jeunes

rémunération intermédiaire3. La sur-représentation des jeunes parmi les candidats à l'embauche explique en partie les caractéristiques de leurs salaires. En outre, l'importance traditionnelle des marchés internes en France est susceptible de renforcer ces caractéristiques en contribuant au maintien de certains jeunes sur le segment secondaire du marché du travail. Cette configuration peut également être à l'origine de phénomènes de report des pénuries d'emploi sur les jeunes, les recrutements servant de variable d'ajustement face à la conjoncture (Gautié, 1994; Verdier, 1995). Au bout du compte, le problème de l'emploi n'est pas celui de son volume, mais, avant tout, celui de sa composition et de sa répartition (Friot, Rose, 1996). L'essentiel, outre la progression constante de la population à la recherche d'un emploi, qu'il ne s'agit évidemment pas de négliger, réside dans le déplacement de l'emploi entre les populations et les formes d'emploi. On voit, ainsi, apparaître des caractéristiques assez générales aux débutants européens: plus touchés par le chômage que les actifs expérimentés, ils sont en position particulièrement fragile lorsqu'ils ne sont pas diplômés. Plus facilement embauchés après le chômage, ils quittent aussi plus souvent leur emploi - volontairement ou contraints - lorsqu'ils en occupent un. Mais les éléments de différenciation internes à l'Europe restent forts: dans certains pays le chômage des débutants rejoint très vite celui des adultes expérimentés (au Danemark), alors qu'il lui reste très longtemps supérieur dans d'autres (Italie, Grèce). Le rôle du diplôme sur le risque du chômage des jeunes varie fortement selon les pays. Le risque de déclassement, tel qu'il peut être approché dans la source utilisée, quasi nul en Autriche, au Danemark et aux Pays-Bas, est très marqué en Espagne, en France et au Royaume-Uni. La présence des jeunes dans les différents secteurs d'emploi est aussi très hétérogène: assez équilibrée dans les pays à marchés professionnels dominants, elle apparaît très concentrée sur certains segments dans d'autres pays. Néanmoins, si, d'un pays à l'autre, la liste des secteurs les plus ouverts ou les plus fermés aux débutants varie, quelques tendances communes se dessinent. Ainsi, l'agriculture, les transports, et les services aux ménages laissent une place réduite aux jeunes alors qu'à l'inverse les activités informatiques et connexes, les autres activités de services aux entreprises, voire le commerce de détail et le secteur de l'hôtellerie et de la restauration les accueillent de façon privilégiée. « Dans les pays où le lien entre la formation professionnelle initiale et l'économie est fort (Danemark, Pays-Bas, Autriche), les débutants sont répartis de
3

A notre avis, il serait utile, dans une étude ultérieure, de distinguer dans la dynamique cyclique des salaires, d'une part, ce qui est lié aux phénomènes de "changement de file d'attente" ou de déclassement à l'embauche, d'autre part, ce qui est imputable à ['évolution des salaires proposés à chaque niveau d'emploi.

22

Elyes Bentabet

manière moins inégale dans les différents secteurs d'activité. En Belgique, en Espagne, en France, en Suède et en Finlande, la dispersion des débutants dans les secteurs est moyenne. Elle est beaucoup plus marquée au Portugal, en Grèce, au Royaume-Uni ou en Italie» (Couppié, Mansuy, 2004). Un niveau de diplôme élevé permet donc aux jeunes de se situer sur un segment du marché du travail moins sensible aux fluctuations de l'activité économique. En outre, du fait des phénomènes de déclassement conjoncturel: «La possibilité offerte aux diplômés de changer de «file d'attente» pour maintenir leur chance d'accès à l'emploi explique leur moindre exposition aux aléas conjoncturels. En période de pénurie d'emploi, d'une part les entreprises choisissent dans la «file d'attente» les candidats les plus diplômés pour pourvoir aux emplois, d'autre part les jeunes actifs qui ne trouvent pas de travail correspondant à leur diplôme ont tendance à accepter des postes pour lesquels ils sont surqualifiés » (Fondeur, Minni, 2004). La France se situe dans une position souvent intermédiaire où les jeunes débutants apparaissent relativement stigmatisés sur le marché du travail, mais où le diplôme contribue beaucoup à la réduction des différences. Avec l'Espagne et le Royaume-Uni, elle se singularise cependant par un niveau significativement supérieur de l'indicateur de déclassement relatif des débutants diplômés de l'enseignement supérieur visà-vis de leurs aînés. Toutefois, une étude réalisée sur les mêmes données que celles utilisées dans cet article montre que les perspectives de reclassement entre le premier emploi et celui occupé cinq ans après la fin des études sont plus élevées en France qu'en Espagne. Une mobilité sur deux s'accompagne d'une progression professionnelle dans le premier pays, moins de 35 % dans le deuxième (Gangl, 2003).
Tableau 5 : Actifs occupés selon le secteur d'activité et l'âge en 2005 Secteur d'activité économique 15 à 29 ans 2,5 30 à 49 ans 3,5 ,6 3,1 des biens 2,3 1,2 2,8 3,0 1,3 50 ans et plus 5,6 16,0 2,3 2,6 1,5 Ensemble 3,8 16,6 2,7 2,8 1,3

. "....................................................

,Agriculture,

'sylviculture et pêche

23

L'importance des petites entreprises dans les processus d'insertion professionnelle des jeunes

".."~mm' "

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Industries des biens d'équipement tries des biens nédiaires

3,1 4,2 0,6 7,6 75,0
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3,5 ,0

3,0

3,3

5,6 1,0 6,0 72,1 10,5 3,7
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15 ans ou plus.

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1,8 10,0 8,1 21,9

1,4 12,9 8,5 18,9 10,7

0,3 100,0

0,3 100,0

Champ: France Note: résultats en moyenne annuelle. Source: Insee, enquête emploi de 2005.

L'introuvable

relation Formation-Emploi...

La transition professionnelle peut se définir comme un processus socialement organisé, structuré non seulement par les caractéristiques du système éducatif (Rose, 1998), mais également par les politiques de recrutement et de gestion de la main-d'œuvre des entreprises, par les régulations et codifications mises en place par les branches d'activité et, enfin, par les formes prises par les interventions des pouvoirs publics qui entrent enjeu dans la construction des conditions d'emploi desjeunes4.
4 «Dans certains pays, la politique de l'emploi en faveur des jeunes est essentiellement contra-cyclique. L'exemple le plus évident est sans doute celui de la Suède: les dispositifs 24

Elyes Bentabet

D'une part, les évolutions du travail et de l'emploi, dans une société où s'approfondit l'usage des nouvelles technologies de l'information, mais où les compromis sur l'emploi issus des années de croissance se diluent, amènent à s'interroger sur la pertinence d'une conception linéaire allant de la formation initiale à l'emploi à durée indéterminée. Le lien entre éducation, formation, travail, activité et hors travail se complexifie. D'autre part, le passage de l'école à l'emplois (cf. encadré 1) met enjeu des rapports sociaux fondamentaux (système éducatif, système productif, systèmes des relations professionnelles) et l'analyse des modalités d'accès à l'emploi des jeunes questionne les niveaux de détermination et les acteurs des formes actuelles du salariat. Du reste, les comparaisons internationales ont mis en évidence le rôle central, dans les conditions d'insertion des jeunes, des systèmes de relations professionnelles par le biais des modes de régulation qu'ils mettent en place, ainsi que les modes d'articulation entre système productif et système éducatif (Garonna, Ryan, 1989). Selon Couppié T. et Mansuy M. (2004), le concept de transition entre école et emploi -controversé en France-, prend un sens différent selon le contexte national de chaque pays: « En Allemagne la transition est vue comme un système organisé basé sur des formations professionnelles post-secondaires, dont la clé de voûte est le « système dual» (Heinz et Nagel, 1995). Il repose sur un processus d'ajustement en deux étapes: d'abord l'entrée desjeunes dans lesformations par alternance, ensuite leur entrée dans les emplois. Son organisation est le fruit d'une coopération entre les entreprises, les partenaires sociaux, les Uinder et l'État, le diplôme professionnel étant une règle d'organisation du marché du travail (Mabus, Verdier, 2000). Le Royaume-Uni représente un autre cas d'espèce. La formation professionnelley est souvent régulée par le marché, l'État limitant ses interventions directes à l'enseignement général obligatoire. Cette situationproduit une grande variété de cursus deformation et d'institutions qui y préparent. Dans ce contexte, la formation est moins qu'ailleurs l'apanage d'un groupe d'âge, moins centrée sur un moment de la vie et moins cantonnée à des institutions spécialisées (Tanguy et al., 1986).
mis en place pendant les phases dépressives des cycles y sont abandonnés ou très fortement réduits dans les phases expansives. Dans le cas de la France, la politique de l'emploi en faveur des jeunes semble marquée par des phénomènes de « cliquet » qui en font une composante largement structurelle du système d'insertion des jeunes. »In, « L'emploi des jeunes au cœur des dynamiques du marché du travail », Fondeur Y., Minni C., Bilan Formation-Emploi - De l'école à l'emploi: parcours, Economie et Statistique na 378-379 - 2004, p. 89. 5 La transition de l'école à l'emploi a, depuis longtemps en France, fait l'objet d'études approfondies, notamment dans le cadre du bilan Formation-Emploi qui est un instrument d'analyse partagé depuis plus de 30 ans associant principalement le Céreq, l'Insee et les ministères de l'Education et du Travail.

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L'importance des petites entreprises dans les processus d'insertion professionnelle des jeunes

Contrairement aux cas français ou allemand, la formation professionnelle s'effectue souvent après l'entrée sur le marché du travail ». Encadré 1 : Le bilan Formation-Emploi: une synthèse et des méthodes communes « Le bilan Formation-Emploi est né, au milieu des années 1970, des lacunes des exercices de prévision réalisés dans le cadre de la planification et visant à adapter le système éducatif aux besoins en qualifications présumés d'une économie en forte croissance. Aux exercices de projection, ce bilan substituait un compte socioéconomique centré sur l'enquête Emploi, mais utilisant aussi les premières enquêtes d'insertion disponibles et les statistiques éducatives. L'objectif affiché était alors de mesurer le renouvellement des professions et la part qu'y prenaient les jeunes fiais émoulus du système éducatif. Très vite, les sorties des professions se sont avérées difficiles à capter et les travaux du bilan se sont recentrés sur la part prise par les sortants du système éducatif de l'année parmi les entrées dans les entreprises ou les professions. Ces bilans visent donc à situer l'insertion professionnelle dans l'ensemble des embauches après avoir confionté les résultats des différentes sources relatives aux sorties du système éducatif et à l'insertion sur le marché du travail. }) Source: « Bilan Formation-Emploi- De l'école à l'emploi: parcours», in Economie et
Statistique n° 378-379
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2004, p. 5.

Deux tendances caractérisent aujourd'hui en France les débuts de carrière des jeunes: l'allongement de la vie étudiante -les jeunes sortent plus diplômés, mais plus tard - et la précarisation6, Nous les examinerons cidessous. La particularité du système éducatif français: maintien prolongé et important des jeunes dans l'enseignement général La France se distingue par un maintien prolongé et important dans l'enseignement général: à 20 ans le taux de scolarisation reste le plus élevé (certains économistes expliquent la scolarisation tardive par la situation d'attente des jeunes sur le marché de l'emploi) d'Europe. Entre les différents pays de l'Union Européenne, les temporalités sont décalées. Les études générales sont plus développées en France. Elles concernent 52 % des jeunes Français âgés de 18 ans, 26 % des jeunes Allemands de cet âge, et seulement 12 % des jeunes Britanniques. L'âge médian d'entrée à l'université est de 19 ans en France, 21 ans en Grande-Bretagne et de 22 ans en Allemagne, où les
6 Selon l'Afij (Association Française de l'Insertion des Jeunes), premier emploi rime souvent avec précarité: même si 65% des jeunes diplômés en 1996 occupent un emploi en 1997, 56% des postes sont toutefois des contrats à durée déterminée ou des intérimaires.

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entrées sont étalées (Eurostat). En France, le niveau de diplôme obtenu dans la formation initiale est structurant pour la vie entière, les secondes chances, quand elles ont lieu, se font à travers la formation continue (loi de 1971). La faiblesse de la formation générale des jeunes Britanniques à 18 ans n'est pas compensée par la formation professionnelle, qu'elle soit liée ou non à un emploi en entreprise. Elle concerne seulement 35 % des jeunes Britanniques, 58 % des jeunes Allemands, et 40 % des jeunes Français. Quant à la formation professionnelle réalisée au moins pour partie en entreprise - système de formation « en alternance» -, elle concerne la majorité des jeunes Allemands de 18 ans (système dual), 14 % des jeunes britanniques âgés de 18 ans (études à temps partiel), 31 % des jeunes Français de cet âge en apprentissage. Dans l'ensemble l'apprentissage se fait désormais plus tard (de 16,5 ans à 19 ans en Allemagne et de 16 ans à 18,5 ans en France) (Duru-Bellat et al., 1997). En France, le fonctionnement du système éducatif est mis en cause dans sa capacité à former les jeunes se présentant sur le marché du travail (de ce point de vue la France pêche moins par une insuffisance de niveau de formation de sa population comme le laisse entendre l'orientation des 80 % au niveau Bac, traduite en un gonflement massif des formations générales, que par un problème spécifique de dévalorisation de son enseignement professionnel. C'est pourquoi il est nécessaire de mettre l'accent sur l'importance des filières professionnelles concertées à un niveau décentralisé et articulant formation initiale et formation continue). La formation des jeunes en France est jugée insuffisante, souvent par référence au modèle existant en Allemagne, et l'apologie par l'alternance est faite sans que l'ensemble du contexte socio-institutionnel qui permet le fonctionnement du système dual soit clairement évoqué (les comparaisons internationales ont pourtant mis en évidence que c'est l'articulation entre système éducatif et système productif, issue d'un consensus social fort, qui permet en Allemagne une régulation de l'emploi des jeunes basée sur l'intégration réglementée des apprentis). Les pratiques sélectives des entreprises françaises des jeunes à l'égard

En France, le marché du travail est marqué par la lenteur de l'insertion des jeunes diplômés et depuis plusieurs années déjà, par l'augmentation des formes de précarité. Ces pratiques s'expriment de deux façons: par la baisse de la part des jeunes dans les recrutements et dans les effectifs salariés, et par la nature des emplois qui leur sont alloués.

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