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Sportif de haut niveau, manager en devenir

De
242 pages
L'expérience du management ne peut être acquise dans les salles de classe, l'intelligence relationnelle s'apprend d'abord dans les cours de récréation. Dans le même ordre d'idée, les sportifs de haut niveau reçoivent une formation professionnelle "sur le tas" et acquièrent un apprentissage constant de savoir faire et de savoir être, utile au management. Si l'entreprise s'inspire des valeurs du sport pour développer ses activités, les sportifs de haut niveau ne seraient-ils pas de bons managers d'entreprise en puissance ?
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SPORTIF DE HAUT NIVEAU, MANAGER EN DEVENIR

Cet ouvrage a été réalisé, pour le compte des éditions L'Harmattan, sous la responsabilité de Pierre CROCE,Chargé de mission sur la politique de publication de l'Université Pierre lVIendès France, Grenoble 2

Université Sciences

sociales

Pierre Mendès-France f:{ humaines

@ L'Harmattan, 5-7, rue de l'Ecole

2008 75005 Paris

polytechnique,

http://www.librairieharmattan.com diffusion.harrnattan@wanadoo.fr harmattan 1@wanadoo.fr

ISBN: 978-2-296..05746-3 EAN : 9782296057463

Maxence

FONTANEL

SPORTIF DE HAUT NIVEAU, MANAGER EN DEVENIR
Préfaces de Aubin Huéber et Alain Spalanzani

L'Harmattan 2008

La Librairie des HUJnanités
Dirigée par Thierry Nlénissier, docteur de l'EHESS, Maître de conférences de philosophie politique à l'Université Pierre Mendès France, Grenoble 2, et Pierre Croce, Chargé de mission sur la politique de publication à l'Université Pierre Mendès France, Grenoble 2. La Librairie des HUl11anités est une collection coéditée par les Éditions L'Harmattan et l'Université Pierre Nlendès France de Grenoble. Destinée à recevoir, dans ses diverses séries, des textes couvrant tout le champ des sciences sociales et humaines, son caractère universitaire lui fait devoir et privilège de promouvoir des travaux de jeunes auteurs autant que de chercheurs chevronnés.
Membres du Conseil scientifique de la collection: Fanny Coulomb, série Écono171ie Jérôme Ferrand, Pierre Kuka\vka, série Droit série Politique et Te17itoire

Thierry Ménissier, série Sciences de l'HOJ11111e Alain Spalanzani, série Gestion Jacques Fontanel, série « Côté COUlj » Jean-\X!illiam Dereymez, séries «J\léJl1oire des A(pes» et « Sentiers de la Liberté»

Dans la même collection
J. Ferrand,
H. Petit (Dir.) L'O{fyssée des Droits de l'homme (2003)

T. I - Fondations et nai.fJances des Droits de j'homme T. Il - l'lises en œuvre des Droits de l'homme T. III - Et!ieNx et perspectives des Droits de j'homme A. Blanc, A. Pessin (Dir.) - LA11 du ten'ain. l'lélanges offel1s el HOJvard Becke1~ (2003) (2004)

C. Amourous Y. Chalas

- Que faire de l'hôPital?

(Dir.) - L'Imaginaire Ch. Tournu l\Iartin

aménage1l1' en tlmtation (2004)

J.-L. Chabot, E. Bogalska A. Ferguène C. Offredi L. Dowbor P. Chaix -

(Dir.) - L'héritage religieux et spilituel de l'identité euroPéenne (2004)

Entre mémoire et oubli. Le destin croisé des héros et des victimes (2004)

(Ed.) - GotJl/emance locale et développement tenitorial (2004) (Dir.) - La t/)'namique de l'évaluation fare au développement durable (2004)

La mosaïque blisée ou l'économie au-delà des équations (2004)

Le rugI:J' rofessionnel en France (2004) p des cOIlJlaissances.Approches conceptt/dles (2005)

Y. Polit), et alii (Dir.) - L'organisation J.-L. Chabot, P. Didier, J. Ferrand

(Eds) - Le Code civil et les Droits de l'homme (2005)

D. Rigaux - Le Ch,7st du dimanche. Histoire d'ul1e image médiévale (2005) C. l\fartin et al. - Pologne, la longue marche (2005)

L. Bensahe1, P. ~Iarchand ~I. Lequan (Dir.)

(Eds)

-

ùs régions de Ri/ssie à l'éprr:lIl'edes t/)é017eSetpratiques économiqlles (2005) et pbilosophie transcendantale selon Kant (2005) (2005)

l'Iétap~Jsiqlle

C. 1\IartÏn (Dir.) - Pologne 1989-2004 - La longlle JJJarche. 1m !)'stème cenb(;1IÙéi l'intégration dans tUE D c H. Leroux O. Fortin De la phénoménologie ci la sociologie de Icl connaissance (2006) (2006)

- Les intellectuels français et l'Italie 1945-1955 ) G. Orce1 - La 17fe« choisie (2006) T. ~Iénissier S. Plana (Dir.)

- L'idée d'empire dans la pensée politique} historique}j/l1idique

et philosophique

(2006)

- Le prosé0'tisme religieux ci l'éprelll}e du droit pliPé (2006) Gouvemance (Dir.) économique mondiale et conflits armés (2006) - DÙ'ersité et inégalités: quelles pratiques deformation? (2006)

~I. I(auffmann C. Abattu, G. Cauquil

B. Lamotte (Dir.) -

Él}altler /es politiques sociales (2006)

A. A T aïrou - _Ana!J'se et décisions financières (2006) S. Hernandez 1. Vezeanu Le monde du conte} Conbibution ci une sociologie de l'oralité (2006)

- L'identité personnelle ci bl1//elJ le temps (2006) F~gures de la médiation sociale (2006)

S. Gal et alii (Eds) J.- L. Chabot -

Introdtlction atJX sciences sociales (2006)

H. Jacot, A. Fouquet (Eds) - Le cit(()'eJ1} l'éft/} l'expel1. Pour line démarche pluraliste d'émluation des politiques publiq/les (2007) J. Lapèze 1\1. Bensaïd A. Rochas P. Tillard Défense V. Garcia et alii - Éléments d'ana0'se sur le dh'floppement tenitOlial (2007) et alii - Économie des organisations. Tendances actt/elles (2007) - La Handcha/: Histoir'e d'une dÙisio17de Il74fèn-SS - Le pain des temps maudits, suivi de l'Iautbalisen de la France bosniaqtle (2007) (2007)

(témoignage)

L.RS Témoins qui sefirent ég01ger(2007) at!}ourd'btli (2007)

- L'Anarcbisme

D. J. Grange - Du Jlôle au l'laq1lis des Glières. 17ie et mort d'tl11 jeune Résistant savq)'ald Patti Lespine (1926-1944) C. Dutheil-Pessin, P. SaltelY. Neyrat (Eds) Hommages ci Alain

(2007) (2007)

Pessin « Un sociologue en liberté)

Ul1e odieuse passion. Ana9'se philosophique P. Ternaux (Eds)

de la haine (2007) des se/vices} innovation et 0wamiques tenitmiales

1\I.-C. l\Ionnoyer, (2007) 1\1. Le Berre, J.-L. Guichet

i'londialisation

A. Spalanzani

(Eds)

Regalds sur la recherche en Gestion:

Contributions grenobloises (2007)

(Ed) - Usages politiques de l'animalité (2008)

Sommaire

Aubin Hueber
Préface. ........................................................

IX

Alain 5palanzani
Préface. Introduction. ........................................................ ..................................................

Xl 15

I. PRATIQUES
Les analogies acquises

MANAGÉRIALES ...................................

ET SPORT DE HAUT NIVEAU.
Chapitre preJJJier

25

entre les compétences

managériales

et les aptitudes

par le sport de haut niveau.

............................

28 50 80

Chapitre 2
Le sport comme
ChaPitre 3

école de formation

des hommes.

.................

La formation managériale par le sport. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Chapitre 4
La pratique du SHN, comme facteur d'apprentissage au management du changement. ...............................

99

Il.

LES RECONVERSIONS

MANAGÉRIALES

POTENTIELLES

DES SPORTIFS DE HAUT NIVEAU. .. . . .. . . . . .. . . .. . .. . . ... .. . ..

123
127

Chapitre 5
La reconversion dans le secteur des sportifs du sport. de haut niveau .....................................

Chapitre 6
Le manager anciens d'activités non sportives, SHN . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

152

III. À

LA RECHERCHE DES COMPÉTENCES MANAGÉRIALES

ACQUISES PAR LA PRATIQUE DU SPORT DE HAUT NIVEAU. . ..

179

Chapitre 7
Les compétences managérialesdes SHN
(reconnues par l'ensemble de l'échantillon) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ..

191

Chapitre 8
Les compétences managérialesdes SHN
(selon les recruteurs en entreprises) ............................ "

206

Chapitre 9
Les compétences managériales des SHN (d'après les sportifs de haut niveau eux-mêmes) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 221

Conclusion.

...................................................

231
237

Bibliographie.

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ..

Préface
Par Aubin Hueber

L
incidente d'accepter

orsque

j'ai pris connaissance

des travaux

réalisés par j'ai

Maxence Fontanel, il y a quelques temps maintenant,

été intéressé par un sujet qui rejoignait quelques réflexions concernant la formation particulière et

et expériences personnelles

de la pratique du sport de haut niveau. Nous sommes

l'un et l'autre issus d'un sport collectif, nous savons d'instinct que le sport collectif développe l'esprit d'équipe, le respect de l'autre, le goût de vaincre, la persévérance, applicables à l'entreprise. la solidarité, autant de valeurs acquise au cours d'une

L'expérience

carrière sportive enseigne la nécessité de se fixer des objectifs, de se remettre constamment en cause, d'animer un travail en équipe, Ces

la discipline collective et le challenge permanent.

valeurs sont souvent nécessaires à la gestion des entreprises. Cependant, une intuition n'est pas pour autant une vérité.

C'est pourquoi l'étude engagée par M. Fontanel présente un grand intérêt. Elle met en évidence la perception de la formation des

sportifs de haut niveau par des directeurs d 'entreprise

et des recru-

teurs. Si le sport de haut niveau propose des formes d'apprentissage au management, elles ne sont pas suffisantes en soi. Si les connaiset techniques de management ne font pas

sances des méthodes partie

du bagage des sportifs il est surprenant

de haut niveau,

sauf forlnation

complémentaire,

de constater, par exemple, que la

x

A. HUEBER

créativité ou la convivialité sont deux qualités qui ne leur sont pas reconnues; la recherche alors que la gestion du stress, le goût de la victoire et constante d'alnélioration des techniques constituent

quelques uns de leurs points forts. De même, pour les recruteurs, les professionnels issus des sports d'équipe (notamment, je le note

avec plaisir, le rugby) ont une meilleure image et une meilleure formation perception incidente que ceux des sports individuels. Enfin, dans la de la personnalité valorisé des candidats à un emploi, le sport à toutes les autres formes

est nettement

par rapport

d'activités annexes, comme la gestion d'une association, le théâtre, le cinéma ou la lecture). Le sport est un vecteur de valeurs fortes et authentiques, adaptées à la culture de }'entreprise. C'est aussi un formidable outil de communication, d'échange et de partage. Le sportif de haut

niveau apprend l'intelligence de situation, la réactivité, la recherche pointue des constituants L'entreprise de sa performance et la soif de la victoire.

a besoin de ces hommes pour lesquels l'excellence est

un combat, un métier, une nécessité de vie.

AUBIN HUEBER

-

Ancien international de Rugby, vainqueur du Tournoi

des cinq Nations (1993), demi finaliste de la Coupe du :Nlonde de Rugby (1995), dans un premier temps, il a orienté sa carrière vers le métier d'entraîneur, notamment du Rugby Club Toulonnais. Il est actuellement entraîneur de l'équipe de France amateur et consultant TV pour les chaînes Eurosport tout au long de l'année et TF1 lors de la Coupe du :Nlonde de Rugby 2007 qui s'est déroulée en France.

Préface
Par Alain Spalanzani

département universitaires

L

orsque l'IUT «Gestion et Administration à l'IUT de Grenoble

des Entreprises»

a souhaité intégrer le sport comme

une discipline à part entière du cursus, alors jeune chef de j'ai du convaincre de son importance nos collègues et les instances des étudiants.

dans la formation

Un soutien aux sportifs de haut niveau a même été mise en place, dont ont pu bénéficier à des athlètes de renom. Nous étions alors dans une démarche innovatrice, tion et à la professionnalisation ses adaptations qui a dû faire face à la médiatisacroissante des sportifs. De nombreu-

des cursus ont alors été rendues nécessaires.

La gestion d'une entreprise suppose des qualités personnelles, le sens des affaires, mais aussi l'acquisition tifiques et l'acquisition de compétences de méthodes scien-

spécifiques. Le débat engagé la formation

il y a plus de 20 ans par Henri Mintzberg concernant

des managers par les universités et les écoles de commerce est à ce titre intéressant. Pour lui, l'expérience ne peut être acquise dans les salles de classe, l'intelligence relationnelle est mieux développée les sportifs de

dans les cours de récréation. Dans cette hypothèse,

XII

A. SPALANZANI

haut niveau reçoivent une formation

professionnelle

«sur le tas »,

dont il est difficile de mesurer l'efficacité, parfois même la réalité. Cependant, le sport fournit un apprentissage constant de savoir taire et de savoir être, qui doit cependant être complété par le savoirde la gestion des

faire des techniques adaptées à la compréhension entreprises. d'entrepreneur. Selon Peter Drucker,

«il n'y a pas "un" caractère

~Iais il faut "du" caractère pour l'être». Le sport ces qualités et la proxitnité est grande

de haut niveau développe entre un chef ci'entreprise

et un capitaine ci'équipe. Ils doivent

faire preuve d'intelligence, de courage et d'écoute de l'autre. Aujourd'hui, formation les sportifs de haut niveau se soucient de leur leur potentiel professionnel. Si le

en vue d'améliorer

sportif est de très haut niveau, il dispose de conseillers pour la suite de sa carrière. En outre, il bénéficie mots de Charles Fourier: d'une image qui vérifie les

«le peuple a besoin qu'on l'éblouisse et

lion pas qu'on l'éclaire ». Les sportifs de haut niveau, de notoriété moindre, doivent compenser formation académique l'absence plus ou moins complète de personnels, l'image

par des financements

de marque, la confiance des investisseurs,

les capacités des parte-

naires éventuels et le talent spécifique pour l'esprit de compétition. Ils ne sont cependant entreprises plus novices dans le fonctionnement des

pour avoir été, pendant

leur carrière, en négociation Dans les

pour leur statut et leur salaire avec les clubs recruteurs.

sports à faible audience médiatique, il est nécessaire d'élargir leurs compétences acquises dans le sport par des connaissances générales

PRÉFACE

XIII

ou spécialisées seconde carrière.

suffisantes,

construites

autour

des objectifs

d'une

Depuis plusieurs années, l'université développement professionnels.

s'est engagée dans le

de la formation continue et la validation des acquis Elle facilite un apprentissage du management pour

les sportifs de haut niveau. Dans les filières sélectives les conditions de recrutement Certaines Aujourd'hui, améliorée formation formations ont été modifiées ont même conçu et les parcours des cursus adaptés.

spécifiques.

l'image des sportifs de haut niveau s'est nettement quant à leur volonté universitaire. et leur disponibilité à suivre une

L'étude de :JVlaxence Fontanel est intéreslégitimement la méthode qualitative,

sante à ce titre. Il applique

laquelle permet de collecter des données spécifiques, d'accumuler des données ou des fréquences d'apparition de certains phénodes expériences

mènes et de mettre en évidence les perceptions connues. Sur cette base de réflexion, et son traitement

la mise en place d'un d'engager C'est dans

questionnaire

lui donne la possibilité complémentaires. d'utilisation

une procédure itérative d'informations ce contexte DELPHI. que s'est dessiné l'intérêt

de la méthode

Celle-ci se propose, à l'origine, d'améliorer les méthodes À partir de l'analyse synthétique des avis des plus scientifiques,

de prévision.

grands spécialistes, grands utilisateurs les questions essentielles

de méthodes

sont posées, permettant

la comparaison

et le comptage des opinions. Cette analyse met en évidence l'importance de la pratique du sport dans l'appréciation les responsables d'entreprise de cet apprentissage. qui est faite par Il est intéressant

XIV

A. SPALANZANI

de noter les divergences collectifs (notamment

de vue qui apparaissent

entre les sports

le rugby) et les sports individuels. D'après

son étude, les sportifs de haut niveau acquièrent le goût de l'effort et du risque, le respect du contrat moral, la gestion du stress et la recherche constante de la victoire. Par contre, il leur est reproché techniques, une convivialité insufà

une absence de connaissances

fisante, une difficulté à communiquer, déléguer et un sens des responsabilités

une incapacité chronique discutable.

Maxence Fontanel a été étudiant de l'IUT «Techniques commercialisation

de

», puis il a suivi un cursus à l'IUP «Commerce sur

et Vente », tout en étant sportif de haut niveau en hockey glace, d'abord aux Brûleurs de Loups à Grenoble,

puis à Lyon,

Megève et Briançon.

En son temps, il a fait partie de ces sportifs dans leur double activité.

de haut niveau qu'il a fallu accompagner Aujourd'hui, intéressant docteur

en sciences de gestion, il est un exemple

de ce mariage difficile entre le sport et les études de de cet ouvrage rend honneur à la fois

haut niveau. La publication aux institutions

qui l'ont soutenu dans sa démarche et à sa capacité Sa lecture, toujours intéressante, sur l'existence, la diversité et par la prati-

à valoriser sa propre expérience. donne une information l'hétérogénéité

rigoureuse

de la formation

managériale produite

que du sport de haut niveau.

ALAIN SPALANZANI
de l'Université

-

Professeur en science de gestion, il est Président
de Grenoble.

Pierre-Mendès-France

Introduction

ONNER UNE DÉFINITION GÉNÉRALEdu sport est un exercice difficile. Il s'agit aussi bien d'une activité de service, d'un secteur économique, d'un exercice physique, de la pratique sportive de compétition, ou d'un instrument d'éducation. Le sport s'insère dans le monde marchand et dans le monde associatif, dans le secteur public et privé, il influence les activités textiles ou celles de la construction. C'est une consommation, un bien public national et international, une activité de spectacle et un secteur productif de loisirs et d'équipements. Le sport est économiquetnent créateur de valeurs. Le sport, dans son acception la plus pure, fait référence à la compétition, au respect des règles de celle-ci, au dépassement de soi, à l'esprit d'équipe, à la solidarité, mais aussi à la communion collective et au jeu. Les rapports entre les sportifs professionnels et leurs «clients» (entreprises, supporteurs, État, spectateurs, téléspectateurs) ne sont pas seulement fondés sur un acte de sympathie, une admiration, c'est aussi une forme de partenariat, au point que l'avantage du public devient un facteur puissant de la victoire. Le sport constitue un vecteur de communication, un langage. Si le sport de masse permet de dégager l'élite de demain, la formation sportive assure la pérennité de l'activité et de ses valeurs induites. Son développement est la conséquence du processus de démocratisation d'activités auparavant réservées aux privilèges d'une élite sociale. Cet apprentissage doit se faire le plus tôt possible afin d'inculquer au mieux les valeurs sociales liées au sport. Il s'agit pour l'État de redéfinir le rôle des activités physiques et sportives comme une matière scolaire noble. Certaines critiques ont été faites à l'encontre des pouvoirs publics, souvent tentés de privilégier l'esprit de compétition et de performance, y compris lors de la pratique sportive à l'école, alors que la mission du sport éducatif est de transmettre davantage des valeurs sociales de partage, de cohésion, de fair-play, trop souvent occultées par le chronomètre: le « citius, altius, fortius » opposé au « mens sana in co/poresano».

D

16

MAXENCE

FONTANEL

Aujourd'hui, la séparation entre le sport professionnel et le sport amateur qui avait été érigée comme principe par les autorités olympiques, n'a plus ni la même audience, ni la même légalité. L'introduction du professionnalisme dans la majorité des sports a modifié l'équilibre entre les disciplines à forte demande commerciale et celles qui végètent malgré leur intérêt éducatif. Cependant, les sportifs de haut niveau, quelle que soit leur pratique, n'ont pas le choix: l'entraînement nécessite du temps, d'où la nécessité d'une approche professionnelle du sport avec l'aide des commanditaires et des collectivités publiques. Le sport ne s'est découvert que progressivement comme activité économique. Au début des années 1970, la télévision a ouvert de nouvelles perspectives. L'acquisition massive et rapide de postes de télévision dans le monde entier a démultiplié l'intérêt des retransmissions sportives et l'impact financier de ce nouveau rapport entre un spectacle à vendre et des acteurs de mieux en mieux payés. 400 millions de téléspectateurs appartenant à 21 pays ont assisté aux retransmissions des Jeux Olympiques de Rome en 1960, ils étaient 2,5 milliards (appartenant à 131 pays) à suivre ceux de Los Angeles en 1984 et 3,9 milliards (appartenant à 220 pays) à s'intéresser à ceux d'Athènes en 2004. Le sport est devenu un véritable produit qui obéit aux règles du marché, commercialisé sous différentes formes (droits de retransmission télévisée des événements sportifs, produits dérivés, publicité, billetterie ou parrainage). Aujourd'hui, le sport doit s'adapter pour être, selon les cas, apporteur d'image et/ou de notoriété, support d'espaces publicitaires, facteur de motivation interne pour les entreprises marraines. L'organisation sportive est une entreprise créatrice de spectacle et de valeur ajoutée qui lui permet d'acquérir une citoyenneté économique. Elle remplit une fonction sociale de production marchande, concurrente de toutes les autres formes de spectacle, du théâtre aux séries télévisées en passant par les musées ou l'opéra. Le spectateur supporteur devient lui-même un instrument de l'événement, en créant une ambiance et une cérémonie païennes qui soulignent les qualités de l'organisation et la beauté des sites et des stades. Néanmoins, certains sports confidentiels ne permettent pas l'essor du professionnalisme, du fait de l'absence de moyens. Il n'est donc pas toujours possible de considérer que le sport professionnel est le seul réceptacle des sportifs de haut niveau. Cependant, le sport continue à faire l'objet d'une politique publique parmi d'autres comme la santé et l'éducation. Enfm, le service public et l'outil de socialisation qu'il engendre sont un dernier « produit sport» que nous pouvons prendre en compte. À ce titre, le

INTRODUCTION

17

sport a une valeur éducative. Le sportif et/ ou le club a une mission de service public destinée à favoriser l'interpénétration du sport de compétition et du sport de masse grâce à la signature de conventions avec les collectivités territoriales mentionnant exactement les droits et les devoirs de chacun. Le sport est un facteur d'intégration des jeunes se trouvant à la marge de la société, il améliore leur potentiel de socialisation en développant leur esprit d'équipe. Il suppose l'apprentissage de la démocratie, de l'arbitrage, du respect des règles, de la compétition, de la discipline collective, du respect de l'autre, de la concurrence et de la récompense accordée au vainqueur. Il en résulte la création, souvent reconnue légalement, du sportif de haut niveau dont l'activité principale est concentrée sur la performance sportive. Le sportif de haut niveau a une bonne image dans l'entreprise et hors de l'entreprise. Il s'agit d'un atout certain de bonne communication sociale dans l'entreprise, pour peu que le sportif embauché concerné adopte les « valeurs» des cadres de l'entreprise. C'est un facteur de promotion sociale, même s'il y a peu d'élus. Les objectifs de formation et de gestion du sport de haut niveau sont triples. D'abord, l'économie publique doit soutenir le sport pour le caractère exemplaire de la recherche de la performance. Ensuite, le sport de haut niveau, s'il est géré convenablement, fait évoluer les disciplines sportives, assurant ainsi leur avenir et leur pérennité. Enfin, l'élite sportive est un vecteur d'image internationale très important pour les nations. Les moyens à mettre en place, au-delà du cadre législatif, résident dans la formation, mais aussi dans la reconversion des sportifs ou dans les subventions accordées en vue de répondre aux besoins spécifiques. Le concept de sportif de haut niveau n'est pas toujours très clair. En revanche, en France, un statut spécifique lui est reconnu 1 par différents textes législatifs et réglementaires et par la charte du sport de haut niveau. La Commission Nationale du Sport de Haut Niveau
1 Loi n °84 610 du 16 juillet 1984 modifiée relative à l'organisation et a la

promotion des activités physiques et sportives (chap. 5 .A.rt. 26 à 32), Loi n099223 du 23 mars 1999 relative à la protection de la santé des sportifs et à la lutte contre le dopage, Charte du sport de haut niveau, Décret n °93-1034 du 31 août 1993 relatif au sport de haut niveau et aux normes des équipements sportifs, Instruction n094-031 JS du 3 février 1994 relative à la classification des sportifs, Instll1ction n095-057 JS du 24 mars 1995 relative aux filières du haut niveau, Instruction conjointe 1\IEN /1\IJS n095-174 du 12 octobre 1995 relative à la scolarité des sportifs de haut niveau inscrits dans les filières du haut niveau, Instruction n096 074 JS du 26 avril 1996 relative à la stratégie de communication des filières du haut niveau.

18

MAXENCE

FONTANEL

(CNSHN), présidée par le IvIinistre chargé des sports, décide des grandes orientations en matière de sport de haut niveau (quotas d'inscription, filières et sélection des sportifs pour les Jeux Olympiques, les Championnats du Ivlonde et les Championnats d'Europe). La qualité de sportif de haut niveau donne des droits spécifiques précisés par les textes réglementaires, selon quatre catégories: les jeunes, les seniors, l'élite et les reconversions2. Les filières du haut niveau, validées par les CNSHN, sont construites sport par sport, parfois même discipline par discipline, à partir d'un réseau de structures d'entraînement, «les pôles» qui offrent aux sportifs les meilleures conditions d'accueil. Elles sont jugées à la fois sur la qualité de la préparation sportive, la formation scolaire, universitaire ou professionnelle et le suivi personnalisé (suivi médical, social). Un réseau national du sport de haut niveau a été institué, qui permet de mobiliser des «personnes ressources» dans la plupart des administrations concernées. Pour améliorer leur degré de compétitivité, les sportifs de haut niveau consacrent une partie importante de leur vie quotidienne à la compétition ou à l'entraînement, qu'ils soient amateurs (rétribués par des aides, des bourses et le parrainage provenant de l'État, des clubs, des conseils généraux, des municipalités ou de quelques entreprises) ou professionnels. Parfois, le Sportif de Haut Niveau (SHN) bénéficie d'un elnploi aménagé dans l'administration ou de grandes entreprises. Les professionnels sont souvent des salariés, notamment dans les sports collectifs, mais certains d'entre eux s'engagent dans une activité libérale. Cependant, les sportifs de haut niveau connaissent des difficultés de reconversion lorsqu'ils doivent abandonner leur profession ou leur activité principale, car leur formation professionnelle sportive n'est pas toujours reconnue. Tout comme la culture, le sport représente un secteur économique fortement «encastré» dans le social. Il développe de nombreuses valeurs défendues par les États et représentatives aussi bien des régimes démocratiques qu'autoritaires. Dans le contexte des pays anciennement socialistes, les sportifs de haut niveau appartenaient aux corps d'élite et devenaient entraîneurs, professeurs de sport ou officiers dans l'armée. Leur formation les destinait à exercer des activités socialement rémunératrices et valorisantes pour la patrie. Dans ce contexte, les autorités estimaient que ces sportifs avaient acquis des compétences utiles dans les secteurs du sport, de la politique ou de l'armée. Le sport devenait alors un instru-

2

Il existe aussi, avec moins d'avantages,

une liste d'espoirs

et de partenaires

d'entraînement.

INTRODUCTION

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ment d'éducation permettant à ses meilleurs pratiquants d'accéder à des fonctions publiques spécialisées. Dans les pays à économie de marché, jusqu'à une période récente, lorsque l'activité sportive était suffisamment lucrative, l'achat ou la création de commerces de sport, de bars ou de restaurants était la solution majoritairement appliquée, souvent d'ailleurs avec une aide financière des clubs. D'autres sportifs devenaient des VRP de produits de sport, profitant ainsi de leur notoriété ou s'engageaient dans la voie du « coaching», de gardien de stades ou d'entraîneurs. Pour les autres, aucune compétence particulière ne leur était reconnue, sauf s'ils avaient exercé d'autres activités à mitemps. En dehors des sportifs de haut niveau qui ont acquis une formation technique ou universitaire, les compétences managériales développées éventuellement par l'exercice du sport ont été très peu étudiées. A priori, le Sportif de Haut Niveau3 peut à la fois développer ses connaissances dans le domaine social (facteur d'intégration), dans les activités économiques de marketing et de publicité, dans les affaires (notamment avec un complément de diplôme ou dans le placement des revenus issus de son activité de sportif), dans le sport de haut niveau (entraîneur, dirigeant de clubs ou journalistes) ou dans l'enseignement du sport. La question qui se pose est de savoir si les formes d'éducation reçues par la pratique à haut niveau d'un sport peuvent compenser, dans le domaine du management, les insuffisances de la formation académique. Les entreprises sont devenues des partenaires importants en termes de parrainage ou de recettes publicitaires. C'est un moyen de communication à l'intérieur et à l'extérieur de l'entreprise, un facteur d'intégration sociale et un engrais pour l'image de marque. En outre, le sport offre une formation susceptible d'être utile à l'entreprise. Dans un contexte de mondialisation exacerbée, l'intelligence des situations économiques des entreprises n'est plus réductible à la compétence produite par les dirigeants d'entreprises. Les qualités personnelles d'innovation, la capacité à prendre en temps utile les décisions ou la brièveté des délais constituent des atouts essentiels du management de l'entreprise, faisant plus appel aux qualités personnelles qu'aux techniques de gestion des entreprises traditionnelles. Les critères de bonne gestion deviennent ceux de la rentabilité optimale à court terme aux dépens d'un développement durable. Autrement dit, les compétences managériales et leur reconnaissance dans l'entreprise connaissent des
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transformations profondes. Dans ce contexte, la pratique d'un sport peut être importante pour répondre à ce futur décomposé. La question est de savoir si le sportif de l'élite est capable d'utiliser les compétences accumulées en compétition pour les appliquer dans le management des entreprises. Aujourd'hui, l'appel de Zinedine Zidane comme administrateur chez Danone est symptomatique d'une évolution des entreprises au regard des ressources humaines constituées par les SHN. Certes, l'exemple des stars n'est pas généralisable, mais il s'agit en l'occurrence d'un appel fort vers l'utilisation d'un nom, d'une compétence, d'un effet d'attractivité du sportif de haut niveau qui mérite une réflexion approfondie. La question de la reconversion de ces sportifs de haut niveau se pose toujours notamment dans les entreprises. Soit il s'agit de postes « aidés» (soutien du ministère ou postes réservés), soit les emplois font partie d'un contingent négocié entre les entreprises partenaires et les fédérations, soit encore le recrutement est fondé sur une notoriété ou des études complémentaires. Les réponses dépendent du type de sport pratiqué, de l'importance des revenus gagnés dans la pratique du sport, du charisme, des qualités personnelles du candidat, de ses relations sociales et interpersonnelles, de sa formation universitaire ou technique ou de son travail à temps partiel accompli dans le même temps que l'exercice de ses compétitions. Quelques études concernant la reconversion des sportifs de haut niveau, pour souligner généralement la difficulté du travail de « deuil» de cette catégorie de personnes, ont été engagées, mettant en évidence une capacité hétérogène des SHN à s'engager dans une nouvelle activité professionnelle. Les analystes s'intéressent souvent aux valeurs du sport véhiculées dans une entreprise, dans son organisation et par l'état d'esprit qu'elle développe. En revanche, ils n'ont sans doute pas suffisamment mis en évidence les compétences, les aptitudes acquises par un sportif de haut niveau dans sa formation, dans sa préparation et dans sa carrière sportive et utile une fois la reconversion venue dans leur management en entreprise. Il s'agit alors d'analyser la validation concrète de cette formation des SHN dans les demandes d'emploi, le caractère plus ou moins « défini» de la préférence qui leur est accordée dans la recherche d'un emploi, en fonction de la compétitivité de leur formation dans la pratique du sport au management des entreprises. En effet, si les sportifs peuvent assimiler des compétences managériales dans leur parcours sportif professionnel, il n'en demeure pas moins que les cadres ayant suivi la voie « classique» de l'entreprise ont des compétences encore mieux reconnues, car ils disposent des compétences techniques

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nécessaires. Cependant, le management ne se limite pas aux seules informations impliquant un « savoir-faire» et un « savoir technique », il suppose aussi un « savoir être» et une capacité au commandement et à la gestion des hommes. Le management, dans son acception la plus noble, ne s'apprend pas dans les Écoles de Commerce. C'est un Art qui ne s'obtient que par l'expérience et la personnalité. Si les directions de ressources humaines des entreprises recherchent d'abord à développer un capital humain devenu indispensable à la réussite des organisations, le SHN est susceptible de développer de nouvelles compétences acquises hors des sentiers tracés de l'éducation traditionnelle. Or, les analyses de ces compétences acquises par un sportif de haut niveau dans sa formation sont peu nombreuses. Il est pourtant intéressant de dévoiler les sports qui se prêtent le mieux à cet apprentissage du management compte tenu de leurs caractéristiques et de leurs traditions. Si la professionnalisation du sport tend à gommer les spécificités de chaque sport, il n'en reste pas moins des cultures différentes. Le volley-ball et le handball ont toujours eu un effet d'attractivité important dans les milieux universitaires. De même, un marathonien n'a pas la même formation qu'un sprinter et le footballeur professionnel « starisé» ne fonctionne pas dans le même registre que l'international de \vater-polo. La question principale qui se pose est de savoir si dans les métiers dans lesquels l'activité physique n'est pas recommandée, une compétence managériale est susceptible d'être reconnue aux sportifs de haut niveau, indépendamment de la gestion de leur image. Elle appelle d'abord à une réflexion sur la notion de « compétences managériales », objet d'un important débat théorique. La multiplication des diplômes de management met en évidence l'importance d'une formation spécifique académique et d'une préparation « in vitro» des connaissances techniques évoluées pour l'accession et la validation sociale des compétences managériales. Cette conception a été contestée. Mintzberg (2005) notamment considère que le management donne un primat aux qualités humaines, avant les compétences techniques. Une expérience in situ du fonctionnement quotidien des rapports avec le personnel des entreprises, une morale de solidarité, une perception moins calculatrice du style de direction et une relation directe à l'écoute des faits et des hommes constituent des atouts du management difficilement acquise dans le contexte protégé des enseignements en « Business Schoof ». La direction d'une entreprise suppose des managers leaders dans l'âme, capable d'entraîner avec eux et derrière eux tous les collaborateurs dans une aventure commune.

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Les SHN acquièrent leur fonnation « sur le tas », sans lien direct avec l'entreprise. Il s'agit de qualités humaines qui peuvent s'épanouir dans la pratique d'un sport de haut niveau et qui sont utiles, voire nécessaires, dans l'exercice du management. Les institutions d'enseignement supérieur ne sont pas les seuls lieux d'acquisition des compétences managériales, en dehors des pratiques de l'entreprise. Si l'efficacité des ~mA ou autres masters est reconnue, notamment sur le plan technique, ces formations ne peuvent se substituer à l'expérience de la vie des hommes et à la clairvoyance ou au sens des affaires, dont le caractère inné n'est pas toujours justifié, mais dont l'acquisition dépend de facteurs trop difficilement maîtrisables pour être enseignée. Dans les années 1970-1980, la plupart de ces SHN devenaient commerçants ou VRP. Aujourd'hui, en dehors d'une application de leurs connaissances dans le domaine de leur sport, on leur conseille principalement de travailler dans les sociétés de communication ou de publicité ou dans les collectivités territoriales, sans pour autant mettre en évidence leurs compétences spécifiques dans ces secteurs. Or, en termes de politique de ressources humaines, un processus inverse mérite d'être appliqué, mettant en évidence d'abord les compétences acquises, avant de déterminer des emplois dans lesquels les SHN pourraient développer leurs qualités professionnelles. Pour analyser la question, il est nécessaire de réfléchir aux qualités managériales susceptibles d'être dévoilées, favorisées ou développées par la pratique quasi professionnelle du sport par un sportif de haut niveau. Une telle recherche suppose de défmir d'abord les qualités nécessaires recherchées dans l'entreprise au niveau du management général. Il existe dans ce domaine des contestations sur les qualités requises, entre ceux qui prônent une solide formation académique et ceux qui estiment que celle-ci n'est qu'une condition nécessaire et non suffisante, mettant ainsi en évidence les qualités personnelles et l'expérience professionnelle comme des arguments essentiels. Il s'agit de mettre en évidence les compétences managériales, puis de souligner les apprentissages de la pratique du sport de haut niveau et leur utilisation potentielle dans le domaine du management. Pour appuyer cette analyse, nous avons recherché dans l'histoire récente les «reconversions» des sportifs de haut niveau pour mettre en évidence leur capacité à exercer des activités managériales. Dans ce contexte, il nous a fallu distinguer les activités économiques du secteur du sport de celles qui ne lui appartiennent pas. La plupart du temps les sportifs de haut niveau sont recrutés dans le secteur sportif, en utilisant leur notoriété, leurs compétences, leurs réseaux, notamment avec

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les collectivités publiques et les entreprises. Il est intéressant d'étudier les trajets de « reconversion» de sportifs connus ou moins connus pour comprendre la difficulté relative des parcours professionnels des SHN au sein des firmes privées, avec une reconnaissance plus ou moins forte de leurs compétences à un certain niveau de la direction des entreprises. Les réponses apportées pourraient permettre de mieux comprendre le type de formation « sauvage» ou « collatérale» apportée par la pratique du sport de haut niveau et de concevoir ainsi des cycles de formation et de reconversion adaptées. Il y a aujourd'hui 50 000 personnes qui ont disposé, à un moment ou à un autre, de la qualification de sportifs de haut niveau, mais on ne connaît souvent que les parcours professionnel des «stars» ou des personnes qui sont restées de près ou de loin dans les milieux du sport, comme dirigeants ou comme partenaires. L'application des méthodes qualitatives des questionnaires fermés et ouverts auprès des dirigeants d'entreprise, des responsables des ressources humaines, des anciens sportifs eux-mêmes, des sportifs est intéressante pour pallier partiellement ce manque d'information. Il en ressort des informations intéressantes susceptibles de modifier l'image du sportif de haut niveau dans sa capacité à devenir un manager.