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Système bancaire en Afrique de l'Ouest

De
242 pages
Cet ouvrage se propose de faire le point sur l'évolution du système bancaire en Afrique de l'Ouest, et plus précisément dans l'Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA). Il présente les différentes réformes qui ont été entreprises et analyse leur pertinence dans le cadre du développement financier. Les banques de l'UEMOA sont comparées à celles d'autres régions d'Afrique subsaharienne et à des banques françaises de taille comparable.
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Sandrine Kablan
Système bancaire en Afrique de l’Ouest
Effcacité et rôle dans le développement fnancier
Système bancaire en Afrique de l’Ouest
Cet ouvrage se propose de faire le point sur l’évolution du système bancaire en
Afrique de l’Ouest, et plus précisément dans l’Union économique et monétaire
ouest-africaine. Le système fnancier est un élément clé dans le développement Effcacité et rôle dans le développement fnancier
d’une économie. Un système fnancier qui fonctionne correctement sera capable
d’allouer les ressources fnancières de façon optimale, et contribuera de manière
effciente au développement de l’économie. Les problèmes de fnancement en
Afrique subsaharienne sont réels. Ils constituent bien souvent un blocage dans
le fnancement des petites et moyennes entreprises, moteur de la croissance
économique.
Ce livre présente les différentes réformes qui ont été entreprises et analyse
leur pertinence dans le cadre du développement fnancier. Plus particulièrement,
la dernière vague de réformes – qui a consisté à la libéralisation des conditions
des banques – semble avoir jeté les bases d’une compétition plus ardues entre
les banques. Nous nous proposons donc d’évaluer l’impact de ces réformes
en mesurant l’effcacité des banques de l’UEMOA. La méthode d’analyse de
frontière a l’avantage de permettre une comparaison des banques de l’UEMOA
avec d’autres régions d’Afrique subsaharienne et des banques françaises de taille
comparables.
Sandrine Kablan est maître de conférences à l’Université de Paris-Est Créteil. Elle a
occupé précédemment le poste d’économiste à la Banque centrale des États de l’Afrique
de l’Ouest. Elle est également auteur de plusieurs travaux de recherche sur les institutions
fnancières de pays en développement et en particulier de l’Union économique et monétaire
ouest-africaine. UEMOA
ISBN : 978-2-336-00681-9
25 e
Système bancaire en Afrique de l’Ouest
Sandrine Kablan
Effcacité et rôle dans le développement fnancier







Système bancaire en Afrique de l’Ouest
Études africaines
Collection dirigée par Denis Pryen et François Manga Akoa

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Evangélisation et acculturation, 2012.
Sandrine Kablan







Système bancaire en Afrique de l’Ouest
Efficacité et rôle dans le développement financier


















































© L’Harmattan, 2012
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-336-00681-9
EAN : 9782336006819
Résumé


L’objet de ce livre est d’analyser l’efficacité des banques de la zone
UEMOA en adoptant trois angles différents. Nous recourons à la
méthode d’enveloppement des données (DEA) et à celle des frontières
stochastiques (SFA) pour estimer respectivement l’efficacité
technique et l’efficacité-coût des banques, puis dans un second temps
nous nous évertuons à expliquer les déterminants de cette efficacité,
ou à la relier au concept de développement financier.

Afin de mener à bien une telle étude, nous présentons dans un premier
chapitre la zone d’étude, son évolution et les caractéristiques de son
système bancaire. Dans un second chapitre, nous effectuons une revue
de la littérature théorique et empirique portant sur les différentes
méthodes de mesure de l’efficacité, les différences qu’elles présentent,
leurs avantages et leurs inconvénients. Enfin, le chapitre 3 constitue
l’apport principal de ce livre, car il présente trois études empiriques
avec l’application de méthodes plus ou moins différentes de calculs
d’indicateurs de l’efficacité technique et de l’efficacité-coût. Ces
évaluations sont les premières sur des banques africaines et plus
précisément sur des banques de l’UEMOA.

La première application se propose de mesurer l'efficacité des banques
de l'UEMOA et ses facteurs déterminants, à l’issue des réformes
bancaires de 1996. Les résultats indiquent des évolutions similaires
pour les deux types d'efficacité (technique et coût) pour la plupart des
pays de l'UEMOA. Une analyse plus détaillée suivant le type de
banque (locales privées, étrangères ou publiques) révèle que les
premières sont les plus efficaces, suivies par les secondes, puis les
troisièmes. Enfin, l'efficacité des banques dépend des variables telles
que la solidité financière, le ratio de créances douteuses par pays, la
concentration bancaire et le PIB par habitant.

La deuxième application élargit la région d’analyse à l’Afrique
subsaharienne, et tente de lier la question de l’efficacité à celle du
développement financier. Des différences dans l’efficacité-coût des
banques apparaissent suivant les sous-régions. Tandis que les résultats
sur les déterminants de l’efficacité des banques viennent conforter
ceux trouvés dans l’application précédente, il ressort que le
5
développement financier est gêné dans les pays qui présentent des
niveaux d’inflation et de concentration du système bancaire élevées.

Enfin, la dernière application vise à mesurer l’efficacité des systèmes
bancaires de la zone UEMOA et de la France en isolant les spécificités
environnementales des entités considérées. Nos résultats montrent
alors que les deux systèmes bancaires présentent des degrés
d’efficacité assez proches et élevés de l’ordre de 80% sur la période
2000-2004. Le rapprochement des deux systèmes bancaires nous
amène à suggérer la mise en œuvre de réformes, qui permettraient au
système bancaire de l’UEMOA de jouer plus activement son rôle
d’intermédiaire financier.


Mots clés : Efficacité Coût et Technique - SFA - DEA -
Développement Financier - Système Bancaire - Zone d’Ancrage
Monétaire - Afrique subsaharienne - UEMOA.





Abstract


The aim of this thesis is to analyze banking efficiency in the WAEMU
(West African economic and monetary union) zone by adopting three
different angles. We use data envelopment analysis (DEA) and the
stochastic frontier analysis (SFA) to estimate respectively technical
and cost-efficiency of banks, then in a second step we strive to explain
the efficiency determinants or to link it to the concept of financial
development.

To carry out such a study, we describe the studied zone in a first
chapter, its evolution and the characteristics of its banking system. In
a second chapter, we conduct a theoretical and empirical literature
review on the various methods of efficiency measurement; the
differences they present, their advantages and disadvantages. Finally,
chapter 3 is the main contribution of our thesis. It relates three
empirical studies with the application of more or less different
methods for the calculations of technical and cost-efficiency
indicators.

The first study aims at measuring banking efficiency in the WAEMU
and its determinants, following the banking reforms of 1996. The
results show similar trends for both types of efficiency (technical and
cost) for most WAEMU countries. A more detailed analysis on the
type of bank (local private, foreign or public) indicates that the former
are the most efficient ones, followed by the second ones, then the third
ones. Lastly, banking efficiency depends on variables such as
financial strength, the ratio of non performing loans to total loans in
the country, bank concentration and GDP per capita.

The second empirical analysis extends the analysis to subsaharan
Africa, and attempts to link the question of efficiency to that of
financial development. Differences in banking cost-efficiency appear
given the sub-regions. While the results on the determinants of
banking efficiency reinforce those found in the previous application, it
is clear that financial development is mitigated by inflation and
somehow concentration.

The final empirical analysis is to measure the efficiency of banking
7
systems in the WAEMU zone and France, taking into account in the
frontier the specificities of each geographical region. In this case, our
results show that the two banking systems display quite close
efficiency scores: about 80% over the period 2000-2004. Bringing
together the two banking systems, we were able to suggest the
implementation of reforms inspired by the french model. This would
allow WAEMU banking system to play more active role as a financial
intermediary.

Keywords: Cost and technical efficiency-SFA- DEA-Financial
development-banking system- monetary anchor zone-subsaharan
Africa-WAEMU.






















A ma famille

Remerciements

Je tiens à remercier tous ceux qui ont concouru d’une manière ou
d’une autre à faciliter la réalisation de ce document.

En premier lieu, je tiens à remercier le Professeur Michel Boutillier.
Mes remerciements vont également au Consortium pour la Recherche
Economique en Afrique (CREA) qui a financé les travaux concernant
la première application de ce document. Celle-ci s’est finalisée par un
article paru dans l’African Development Review. Plus spécialement,
je tenais à les remercier de m’avoir permis de participer aux
workshops du CREA où j’ai pu bénéficier des remarques
constructives qui m’ont permis d’améliorer mon travail et de me
former.

Lors de mon travail de recherche, j’ai été accueillie par des institutions
telles que la BCEAO, le FMI et la Banque de France. Je tenais à les
remercier, car j’ai pu y collecter des données pour les différentes
applications de ce document. J’y ai également appris de mes
interactions avec les économistes et professionnels en général. Ces
séjours ont été l’opportunité d’expériences très enrichissantes et
constructives aussi bien sur le plan professionnel qu’humain. Plus
spécifiquement, mes remerciements vont à : Abel Assogba (BCEAO),
Johannes Mueller, Tsidi Tsikata et Shanaka Peiris (FMI), Muriel
Tiesset, Stéphane Chouard et Guy Levy-Rueff (Banque de France).

J’aimerais également remercier toutes les personnes qui m’ont apporté
leurs commentaires pendant les séminaires et conférences auxquels
j’ai pu assister : Ernest Aryeetey, Machiko Nissanke, Victor Murinde,
Hadri Kaddour, Désiré Vencatachellum, Leonce N’Dikumana. Et
aussi à Abdelaziz Rouabah et Sylla Kalilou, qui se sont montrés
disponibles et m’ont apporté leur aide


Plus personnellement, je remercie ma famille qui m’a toujours soutenu
durant mes années de thèse.

9





INTRODUCTION

Dans le passé, deux opinions divergentes se sont affrontées sur
l’importance du système financier dans la croissance économique.
Certains économistes comme Goldsmith (1969) et McKinnon (1973)
ont défendu l’idée selon laquelle le développement financier avait un
impact positif sur la croissance, en démontrant les liens étroits qui
pouvaient exister entre ces deux concepts dans certains pays. Leur
argument était que les services fournis par les intermédiaires
financiers, tels que la mobilisation de l’épargne, l’évaluation des
projets, la gestion des risques, et la facilitation des transactions sont
essentielles à l’innovation technologique et au développement
économique. Toutefois, d’autres économistes comme Robinson (1952)
et Lucas (1988) ont soutenu que cette relation de causalité n’était pas
aussi sûre. Pour ces derniers, le développement financier résulte du
développement économique. Comme le disent Gurley et Shaw (1955),
il est vrai que le développement est associé à des questions
d’endettement dans le système économique d’une part et à
l’accumulation des actifs financiers d’autre part. Il est aussi
accompagné par l’institutionnalisation de l’investissement et de
l’épargne qui diversifient les canaux pour les flux de fonds prêtables
et augmentent ainsi la diversité des engagements financiers.
Cependant, on ne peut pas non plus occulter le rôle des systèmes
financiers dans le financement du développement. C’est ce point que
défend Levine (1997) dans « Financial development and economic
growth : views and agenda ». Celui-ci soutient que le fonctionnement
des systèmes financiers est fondamentalement lié à la croissance
économique. Les pays dotés de grandes banques et de marchés
financiers actifs croissent dans le long terme plus rapidement, même
lorsque l’on contrôle les autres facteurs sous-jacents à la croissance
économique. Les systèmes financiers représentent une caractéristique
fondamentale du processus de développement économique.
L’importance des coûts d’acquisition d’information et de transaction
suscite la création d’institutions et de marchés financiers. On peut
donc penser que ces derniers apparaissent pour améliorer les
problèmes créés par les frictions informationnelles et
transactionnelles. En ce sens, les institutions et marchés financiers
facilitent l’allocation des ressources à travers le temps et l’espace dans
un environnement incertain, et donc la croissance économique. En
1

effet, cinq fonctions basiques peuvent être associées aux systèmes
financiers et pourraient expliquer le fait que le développement
financier favorise la croissance. Ce sont :
La facilitation de la couverture, de la diversification et de la
gestion des risques,
L’allocation des ressources,
Le contrôle des agents dans la gestion des compagnies,
La mobilisation de l’épargne,
La facilitation de l’échange des biens et services,

Ces fonctions se révèlent également des canaux de transmission des
effets positifs du développement financier au développement
économique. Cette déduction s’explique de manière spécifique dans
les différents cas. Pour ce qui est du premier point, en présence
d’informations spécifiques et de coûts de transaction, les marchés
financiers peuvent faciliter la couverture et la gestion des risques.
Dans le cas du risque de liquidité par exemple, celui-ci apparaît du fait
de l’incertitude dans la conversion des actifs financiers en valeur
liquide. L’asymétrie d’information et les coûts de transaction peuvent
inhiber la liquidité et intensifier ce risque. Or si le système financier
ne fournit pas cette liquidité aux investissements de long terme,
certains projets d’investissement à rendement élevé sont susceptibles
de ne pas voir le jour. Par ailleurs, il peut être très coûteux pour des
individus d’observer des chocs. De ce fait les marchés financiers, en
facilitant les échanges entre les participants diminuent le risque de
liquidité. Plus spécifiquement, les banques offrent des dépôts liquides
aux épargnants et proposent une combinaison d’investissements à
rendement bas pour satisfaire les demandes de dépôts et des
investissements à rendements élevés, mais illiquides. En fournissant
des dépôts de court terme et en choisissant une combinaison
appropriée d’investissements liquides et illiquides, les banques
apportent une assurance complète aux épargnants contre le risque de
liquidité. Elles facilitent dans le même temps les investissements de
long terme dans des projets à rendement élevé. Toutefois ce point est à
nuancer, car une liquidité accrue peut affecter, de manière ambiguë, le
taux d’épargne et la croissance économique.

Le deuxième canal de transmission se traduit par la capacité du
système financier à assurer une diversification des risques pouvant
affecter la croissance économique de long terme en redéfinissant
1

xxxxxl’allocation des ressources et les taux d’épargne. Les marchés
financiers qui facilitent la diversification des risques tendent à
encourager un changement de portefeuille vers des projets à
rendements anticipés plus élevés. Ces portefeuilles plus diversifiés
favorisent l’investissement dans des activités innovatrices porteuses
de développement. Cet argument est étayé par le fait que la réduction
des coûts d’acquisition de l’information sur les opportunités
d’investissement par les intermédiaires financiers améliore l’allocation
des ressources. En identifiant les meilleures technologies de
production, les intermédiaires financiers peuvent favoriser l’utilisation
des nouvelles technologies par l’identification des entrepreneurs les
plus prometteurs. Ainsi, des marchés financiers plus larges et plus
liquides peuvent stimuler l’acquisition de l’information. Partant, cette
accessibilité de l’information sur les firmes devrait améliorer
substantiellement l’allocation des ressources, avec des implications
directes sur la croissance.

La troisième fonction des intermédiaires financiers se manifeste par
une atténuation des coûts d’acquisition de l’information et donc par un
renforcement du contrôle ex ante et ex-post dans le processus de
gestion des firmes et de leurs projets. En effet, il est difficile pour un
investisseur de vérifier les rendements d’un projet, que l’emprunteur a
pour habitude de surévaluer. Les intermédiaires financiers en
rassemblant les informations sur un emprunteur donné réalisent des
économies d’échelle. Les systèmes financiers rendent également
possible la séparation entre la propriété et la gestion de la firme. Celle-
ci tend à rendre plus efficiente la spécialisation dans le processus de
production. La vente publique des actions sur un marché financier
permet aux propriétaires de firmes de lier la qualité de la gestion à la
valeur de l’action. Cela permet donc d’aligner les intérêts du
gestionnaire à ceux du propriétaire. Les épargnants n’ont pas à
contrôler les intermédiaires financiers puisque ces derniers détiennent
un portefeuille diversifié. Au final, les systèmes financiers qui
améliorent le contrôle dans la gestion des firmes contribuent à une
plus grande accumulation de capital et une plus forte croissance par le
biais d’une meilleure allocation de capital.

La mobilisation de l’épargne par les intermédiaires financiers qui
constitue le quatrième canal, requiert la collecte des capitaux émanant
de divers épargnants afin de l’investir. Sans cela les ménages
1

devraient acheter et vendre des firmes entières. En favorisant la
diversification des risques et la liquidité, cette collecte de capitaux par
les intermédiaires améliore l’allocation des ressources. En collectant
ces ressources auprès de nombreux épargnants et en les gérant, les
intermédiaires financiers réduisent ainsi les coûts de transaction et les
asymétries d’information. Ce faisant, ils amènent les épargnants à se
sentir moins méfiants vis-à-vis du contrôle de l’utilisation qui est faite
de leur épargne. Les investisseurs s’en remettent donc aux
intermédiaires financiers pour investir leur richesse dans les firmes de
manière optimale.

Enfin, le dernier canal insiste sur l’idée que les intermédiaires
financiers qui réduisent les coûts de transaction promeuvent la
spécialisation, l’innovation technologique et la croissance. En effet,
des coûts de transaction plus bas encouragent la spécialisation, car
celle-ci requiert plus de transactions qu’une économie autarcique. Par
ailleurs, ils décuplent les choix de processus technologiques qui sont
économiquement attractifs. Et parce que plus de spécialisation
demande plus de transactions, lorsque les coûts s’amoindrissent, cela
facilite et encourage la spécialisation. De cette manière, les marchés
qui facilitent les échanges encouragent les gains de productivité.

À côté de cet argumentaire théorique, plusieurs études empiriques ont
montré le lien qui existait entre finance et croissance économique.
Haber (1991 et 1996) compare le développement de l’industrie et du
marché du capital au Brésil, au Mexique et aux USA entre 1830 et
1930. Il trouve que le développement du marché du capital affecte la
composition industrielle et la performance économique nationale. En
fait, ces résultats montrent que les différences dans le développement
du marché du capital ont un impact significatif sur le taux de
croissance de l’industrie. Le manque d’accès à des ressources en
capital dû à un faible développement des marchés de capitaux a été un
obstacle non négligeable au développement industriel au dix-
neuvième siècle. De même, Cameron et al. (1967) montrent les
relations historiques entre le développement bancaire et les premières
étapes d’industrialisation en Angleterre de 1750 à 1844, en Ecosse de
1750 à 1845, en France de 1800 à 1870, en Belgique de 1800 à 1875,
en Allemagne de 1815 à 1870 en Russie de 1860 à 1914 et au Japon
de 1868 à 1914.

1

Plus récemment, King et Levine (1993) vérifient si l’intensité du
développement financier en 1960 prédit le taux de croissance,
l’accumulation du capital et l’amélioration dans la productivité sur 30
ans. En utilisant les données de 80 pays, ils arrivent à montrer que des
niveaux élevés de développement financier sont positivement associés
avec une croissance économique plus rapide, une accumulation du
capital physique plus intense et des améliorations de l’efficacité
économique. Ce résultat reste valable, même en contrôlant des
facteurs tels que le revenu, l’éducation, la stabilité politique et les
mesures de politiques monétaires, fiscales et commerciales. En outre,
il a également été démontré qu’un développement financier insuffisant
a quelquefois créé des trappes à liquidité et de ce fait peut se présenter
comme un obstacle sévère à la croissance ; même quand un pays a
établi d’autres conditions de stabilité macroéconomique, d’ouverture
au commerce et d’éducation. À cet effet, Berthelemy et Varoudakis
(1996) utilisent un modèle de croissance endogène dans lequel les
externalités de learning by doing dans le secteur réel forment la source
de croissance de long terme. Ils montrent que la conjonction de
l’influence positive du secteur financier sur l’efficacité du capital et
l’effet externe du secteur réel sur le secteur financier à travers le
volume d’épargne génère un processus cumulatif, qui est une source
potentielle de trappe à liquidité. En effet, même si l’éducation est le
préalable à la croissance, le « sous-développement financier » peut se
présenter comme un obstacle sévère dans les pays où cette condition
première est satisfaite. Ces auteurs arrivent également à montrer que
l’optimalité des politiques dans d’autres domaines tels que les
politiques commerciales ou les dépenses publiques est conditionnée
par la présence ou l’absence d’un système financier suffisamment
développé.

La théorie et les études empiriques nous montrent quel rôle important
peut jouer le système financier dans le développement économique
d’un pays. Dans les pays africains, le système bancaire constitue
l’essentiel du tissu financier, les bourses des valeurs et autres
institutions financières étant moins développées ou presque
inexistantes. C’est le secteur bancaire qui effectue l’essentiel des cinq
fonctions que nous avons attribuées aux systèmes financiers. D’où
l’intérêt d’analyser et de mesurer son efficacité. En effet, celui-ci ne
sera capable de conjuguer ces fonctions à la faveur du développement
économique que s’il est efficient. Le secteur bancaire dans les pays de
1

l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) a connu
de nombreuses mutations depuis les indépendances jusqu’à nos jours.
Les autorités monétaires ont depuis l’accession des pays membres à
l’indépendance mis en œuvre des politiques visant à dynamiser leur
secteur financier. Ainsi, l’objet de ce livre est d’analyser et de mesurer
l’efficacité des banques de l’UEMOA sous divers angles, après la
période de restructuration du système bancaire suite à la crise de la fin
des années 1980 et du début des années 1990. Cette période marque la
rupture avec des moyens interventionnistes de gestion de la politique
monétaire et l’adoption d’une politique plus libérale d’octroi du crédit
par les banques. Plusieurs études se sont intéressées aux causes et
conséquences de cette crise bancaire et ont étudié l’impact des
réformes menées (Honohan (1993) ; Powo Fosso(2000) ; Azam, Biais
et Dia (2004) et Daumont, Le Gall et Le Roux (2004)). Notre étude
vise à analyser et à mesurer l’efficacité des banques de cette zone.

Beaucoup d’études ont été faites sur l’efficacité des banques des pays
développés (English, Grosskopf, Hayes et Yaisawarng (1993) ; Allen
et Rai (1996) ; Dietsch et Lozano-Vivas (2000)…) ; des pays en
transition (Bonin, Hasan et Wachtel (2005) ; Leightner et Lovell,
(1998)…) ; des pays africains (Buchs et Mathiesen (2005) ; Hauner et
Peiris (2005) ; Kirkpatrick, Murinde et Tefula (2008)).

Concernant les études faites sur les pays africains, les deux premières
par exemple utilisent des indicateurs tels que le ratio d’intermédiation
(total des prêts sur total des dépôts), celui des prêts non performants
en part de l’actif, les écarts de taux d’intérêt, et les ratios de rentabilité
comme le ratio des capitaux propres à l’actif total. Certains de ces
indicateurs renseignent sur la qualité du portefeuille des actifs,
d’autres sur la capacité des banques à jouer leur rôle d’intermédiaire
financier et d’autres encore sur la qualité de la capitalisation. Mais ces
indicateurs ne donnent qu’une idée partielle de l’efficacité des
banques. Ils ne permettent pas une synthèse des informations sur
l’efficacité des établissements bancaires ; ils ne révèlent plutôt qu’un
aspect spécifique de cette efficacité. Les deux dernières études par
contre qui ont été faites respectivement sur l’Ouganda et un groupe de
pays africains anglophones utilisent un indice synthétique pour
mesurer et expliquer l’efficacité des banques. Ces études se situent
dans le contexte des restructurations qu’a connu le système bancaire
de ces pays, et visent à mesurer leur impact sur l’efficacité. Elles
1

s’appuient à cet effet sur des méthodes non paramétriques pour le
premier et paramétriques pour le second. Ce sont ces deux approches
que nous utiliserons dans notre étude, du fait des avantages qu’elles
procurent.

Jusqu'à présent, très peu d’études ont été faites sur les banques
africaines concernant la mesure de leur efficacité suivant ces deux
méthodes. Cette absence est due au manque de données et
d’informations individuelles sur les actifs et les comptes de résultats
des banques africaines. Comme nous l’avons vu plus haut, la plupart
des études qui ont été faites sur l’efficacité des banques africaines le
sont sur des banques anglophones. Cette thèse se propose donc de
combler ce fossé qui existe dans la littérature. Aucune étude ne s’est
penchée sur l’efficacité des banques de la zone UEMOA, afin de
mesurer l’impact des réformes et les éléments déterminants.

L’apport principal de cet ouvrage consiste en trois applications de la
mesure de l’efficacité des banques de l’UEMOA sous des angles
différents. L’UEMOA fait partie de la Zone franc qui est un exemple
unique de coopération monétaire entre des pays en développement et
un pays développé ; elle présente donc des caractéristiques
particulières. Notre approche est justifiée par le fait qu’elle nous
permet suivant les applications de faire ressortir un aspect spécifique
de la question de l’efficacité des banques de cette zone, étant donné
que la mesure utilisée est relative et dépend de l’échantillon choisi.
Ainsi, la première application permet de mesurer l’efficacité des
banques de la zone en considérant cette dernière dans son ensemble,
tandis que la seconde application nous permet de comparer cette
efficacité par rapport à d’autres régions d’Afrique subsaharienne.
Enfin, la dernière application insiste sur les liens particuliers qui
existent entre la zone UEMOA et la France, et qui peuvent nous
amener à nous poser la question de l’efficacité des banques de la zone
UEMOA relativement à celles du pays ancre. Une telle étude nous
amène à comprendre ce qui influence l’efficacité des banques et
comment est-ce qu’elle peut être améliorée dans le court terme comme
dans le long terme. Par ailleurs, un autre apport de notre thèse est la
compilation des données individuelles de banques qui n’étaient pas
immédiatement disponibles ; cette compilation a constitué un travail
de longue haleine, réalisé à la faveur de divers stages. Ainsi, les choix
des composantes de l’échantillon et les périodes d’analyse sont très
1

dépendants de la disponibilité des données, suivant les applications.
Par ailleurs, ces études empiriques sont menées de manière
indépendante, mais se veulent complémentaires dans l’interprétation
finale des résultats.

Cet ouvrage s’articule donc autour de trois chapitres. Le premier
présente le système bancaire de l’UEMOA et les avantages qu’il retire
de son appartenance à la Zone franc. Il retrace également les
différentes étapes d’évolution du système bancaire depuis les
indépendances, jusqu’à la fin de la période d’analyse (2004). Ainsi y
sont exposés les trois étapes de la réforme du système bancaire, la
crise bancaire des années 80 et 90, la présentation du tissu bancaire de
l’UEMOA, ses caractéristiques et les faits stylisés. Cette analyse nous
permet de mieux connaître le système bancaire de la zone et d’insister
sur les éventuels changements et transformations (restructurations et
réformes, changements technologiques, évolution de la gestion, du
nombre et de la qualité du personnel) qui pourraient avoir un impact
significatif sur l’efficacité des banques. Cette description du système
bancaire de la zone nous permettra de définir le cadre d’analyse de la
mesure de l’efficacité.

Le chapitre 2 définit l’efficacité comme une notion avant tout
économique, puisqu’elle se rapproche de l’idée d’optimisation, qui est
présente dans toutes les décisions microéconomiques. Ce chapitre
montre d’abord comment, à partir de cette idée de maximisation ou de
minimisation d’une fonction objective, on arrive à définir une
frontière d’efficacité. Plus spécifiquement, il présente les deux
principales mesures de l’efficacité : l’approche non paramétrique et
l’approche paramétrique, qui suivant les données disponibles et le
contexte d’analyse, permettront de calculer des scores d’efficacité et
de les expliquer. Enfin, la revue de littérature empirique relative à
chaque approche nous amènera à comprendre comment adapter le
cadre d’analyse à celui de la zone d’étude et à identifier les éléments
utilisés pour la construction de la frontière. Ainsi nous appuierons-
nous sur les chapitres 1 et 2 pour mener les trois applications
empiriques du chapitre 3.

Enfin, dans ce chapitre 3, trois angles différents d’analyse de
l’efficacité sont proposés: la zone UEMOA, la région d’Afrique
subsaharienne et l’ancrage à la France. La première application qui se
1

focalise sur la zone nous permet de cerner plus spécifiquement la
question de l’efficacité technique et l’efficacité-coût des banques. En
effet, les banques en tant qu’entreprises financières sont à la recherche
d’une bonne rentabilité au niveau de leur gestion. Outre la distribution
d’une combinaison optimale de services financiers, elles seront donc
portées vers le contrôle des coûts des inputs utilisés à cette fin. Par
ailleurs, le tissu bancaire de la zone étant composé de banques d’un
même réseau évoluant dans des pays différents, nous pourrons
analyser dans le détail l’impact des différences environnementales sur
l’efficacité des banques. La deuxième application rapproche la
question de l’efficacité des banques de la zone de celle du
développement financier. L’échantillon plus large choisi permet non
seulement de comparer l’efficacité de l’UEMOA à celle d’autres
régions d’Afrique subsaharienne ; mais l’analyse met également
l’accent sur les éléments influençant le choix d’une combinaison de
produits financiers donnés. Ainsi, la stratégie et son exécution et
l’environnement dans lesquels les banques opèrent seront traités de
manière spécifique. Enfin, la troisième application effectue une
comparaison des banques de l’UEMOA avec celles de taille
comparable du pays ancre. Nous nous interrogeons, à ce niveau, sur la
différence d’efficacité des banques de ces entités géographiques et les
implications que cela peut avoir du fait des liens particuliers qui les
unissent.

Analyser l’efficacité des banques sous ces trois angles nous permet
tout d’abord de comprendre et de connaître l’évolution de l’efficacité
des banques de la zone. Ensuite, cette analyse nous amène à émettre
des recommandations de politique économique pour le système
bancaire sous sa forme actuelle, mais également à formuler des
propositions de réformes plus profondes. Celles-ci visent à
promouvoir une meilleure allocation des ressources collectées par les
banques à des projets porteurs, et un meilleur financement des PME et
PMI dans la zone, par rapport à ce qui s’observe aujourd’hui dans la
zone. Cet ouvrage est donc une étude du système bancaire, mais elle
étend également sa portée à l’analyse du développement économique
de la zone, comme nous l’avons souligné au début de cette
introduction.


CHAPITRE I : LE SYSTEME BANCAIRE DE L’UEMOA, SON
EVOLUTION ET QUELQUES FAITS STYLISES

L’UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine) fait
partie d’un ensemble plus vaste, la Zone franc. Celle-ci peut être
présentée comme une Zone monétaire, économique et culturelle qui
regroupe d’anciennes colonies françaises dont 14 pays d’Afrique
1subsaharienne , les Comores et la France. C’est un exemple unique de
coopération monétaire entre un pays développé, la France, et des pays
en voie de développement. Ces pays sont rassemblés dans deux zones
monétaires distinctes : la CEMAC (Communauté économique et
monétaire d’Afrique centrale) et auxquelles s’ajoutent les Comores.
Chaque union monétaire, ainsi que les Comores, possèdent sa propre
Banque Centrale. Ce sont : la Banque Centrale des États de l’Afrique
de l’Ouest (BCEAO) pour l’UEMOA, la Banque Centrale de
l’Afrique Centrale pour la CEMAC (BCEAC), et la Banque Centrale
des Comores (BCC).

La Zone franc a été fondée dans le but de maintenir un cadre
institutionnel favorisant la stabilité macroéconomique. Formée au
lendemain des indépendances des anciennes colonies françaises, elle a
pour vocation d’être une zone de solidarité et de stabilité. En effet, les
garanties offertes au Franc CFA devraient favoriser le développement
économique et commercial, en plaçant les pays membres à l’abri
d’éventuels problèmes monétaires importants.

Etant donné les objectifs qui ont présidé à sa création, elle confère aux
ensembles qui la composent certaines caractéristiques économiques
qui se répercutent sur son système bancaire et financier. Afin de
mieux les appréhender, ce chapitre passe en revue les caractéristiques
du système bancaire de l’UEMOA, ainsi que ses principaux stades de
développement. Ce survey nous permettra de faire ressortir la question
structurelle qui se pose par rapport au rôle joué par le système
bancaire. De même, ces informations nous permettront de mieux

1 Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée Bissau, Mali, Niger, Sénégal, Togo
pour l’UEMOA et le Cameroun, le Congo, le Gabon, la Guinée Equatoriale, le
Tchad, la République centrafricaine pour la CEMAC.

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définir notre cadre d’analyse, dans les choix des outils et des modèles
appropriés.


I) LA PRESENTATION DE L’UNION MONETAIRE OUEST
AFRICAINE

1) L’origine et les principes de l’UMOA

Le fonctionnement de la Zone franc repose sur un accord de
coopération entre les pays membres et l’Etat français. Cette
coopération est régie par 4 principes fondamentaux :

- La définition d’une parité fixe mais ajustable entre la
monnaie des Etats membres de l’UMOA : En effet, les
transactions de monnaie à monnaie à l’intérieur de la Zone
franc se font sur la base d’un cours fixe, sans variation au jour
le jour en fonction des offres ou des demandes de monnaie. Ce
cours est demeuré longtemps à 50 Francs CFA (Communauté
financière africaine) pour 1 Franc français et 50 Francs
comorien pour 1 Franc français. Le 12 janvier 1994, les Etats
membres des deux unions ont autorisé un réalignement de la
parité à raison de 100 Francs CFA pour un Franc Français,
(soit une dévaluation de 50% en termes de monnaie étrangère).
Cet ancrage se fait depuis le premier Janvier 1999 par rapport
à l’Euro (à raison de 655,957 F CFA pour 1 Euro), monnaie
commune entre les pays de l’Union européenne, dont la France
fait partie. Quant au Franc comorien, la parité passe de 1
Francs français égal à 75 Franc comorien, à 1 Euro pour
491,967 Francs comorien.

- La liberté totale de transfert interne : les transferts d’un
pays à l’autre de la Zone franc sont libres et la transférabilité
d’une monnaie à l’autre est illimitée. Toutefois, cette liberté
s’apprécie par rapport aux motifs de transferts et aux pièces
justificatives produites. Cette libre transférabilité est garantie
par le fait que le trésor public français accorde un droit de
tirage illimité en Franc français, en Euros depuis 1999 sur les
22

Vcomptes d’opérations de chacune des trois banques centrales
ouverts dans ses livres.

- La garantie de convertibilité illimitée de la monnaie par le
trésor français : pour assurer cette libre convertibilité de leur
monnaie les instituts d’émission de chacun des Etats membres
ont ouvert dans les livres du trésor public français un compte
d’opération. Ce compte est crédité du montant des règlements
effectués par l’extérieur vers la zone et débité du montant des
transferts de la zone vers l’extérieur.

- La centralisation des réserves de change à hauteur de 65%
dans leur compte d’opération auprès du Trésor français :
Le gouvernement français en s’engageant à fournir tous les
moyens de paiements extérieurs, souhaite s’assurer que les
demandes qui lui seraient présentées correspondraient à un
besoin réel et le moyen de s’en assurer consiste à exercer un
droit de regard sur les réserves de change des pays membres.
Chaque banque centrale dispose, en contrepartie « sans
limites », d’Euros et donc de n’importe quelle devise
convertible, puisqu’elle peut tirer sur son compte d’opérations,
même lorsque celui-ci est à découvert. Toutefois en cas de
découvert prolongé du compte d’opérations, des mesures de
redressement doivent être prises par la Banque Centrale :
centralisation des avoirs en devises détenus par les organismes
(banques et entreprises) de la zone et resserrement de la
politique monétaire. Les comptes créditeurs des comptes
d’opérations sont rémunérés par le trésor public français et
lorsqu’ils sont débiteurs, les banques centrales de la Zone franc
versent au trésor public français une rémunération.


2) Les avantages de l’appartenance à la Zone franc

La fixité des changes avec la monnaie française met les pays de la
Zone franc à l’abri des inconvénients d’un taux de change flottant,
c'est-à-dire des incertitudes quant à la valeur de la monnaie par rapport
à leurs principaux partenaires. Cela permet d’éviter les pertes de
changes et les biais dans les décisions d’investissement dans la zone.
La monnaie de ces pays étant garantie par celle d’un pays développé,
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