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Travail et TIC

De
155 pages
Ce numéro vise à poser un regard sur la relation que l'on peut établir entre les technologies et les conditions de travail dans des domaines variés : le secteur agricole en Aquitaine, les enjeux de la numérisation et de l'ouverture d'archives, le réseau personnel de gestion des connaissances, la fabrication des diapositives numériques...
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terminal
°n 11 0
Sommaire
EDITO
Cyber-révolutions 3
D O S S I E R
TR A V A I L E T T I C
Introduction 5
9Représentations et usages des TIC dans
le secteur agricole en Aquitaine
27Les enjeux de la numérisation et de l ouverture
d archives : le point de vue des professionnels.
L exemple de la production et la diffusion d un
patrimoine local
Le réseau personnel de gestion des 39
connaissances et la redéfinition du travail.
Fabrication des diapositives numériques et 55
mise en scène des collectifs de projet
Regards sur le travail et les TIC. 69
Entretien avec Jean-Pierre Durand
77Regards sur les conditions de travail et les TIC.
Entretien avec Yves Lasfargue
LES LIBERTES A L EPREUVE DE L INFORMATIQUE
La privacy à l ère du numérique 91
Nanotechnologies, économie et société 105
Les nouveaux sésames de la biométrie 115
R E P E R E S
A propos des TIC à l école 119
L informatique,discipline scolaire, un long 121
et tortueux cheminement
Pour un module Informatique et Société 133
numérique au lycée. Proposition du CREIS
Appel à contributions : « Les TIC à l école » 143
145BLOC-NOTES : nouvelles parutions
Bulletin d abonnement 152
] terminal 110 [
terminal est édité par l association Creis-terminal
© Copyright : terminal / L Harmattan.
Directeur de publication : Jacques Vétois. Comité de rédaction :
Michel Burnier, Dominique Desbois, Mélanie Dulong de Rosnay, Cédric Gossart,
Nicolas Jullien, Guy Lacroix, Thomas Lamarche, Daniel Naulleau,
Robert Panico, Jacques Prades, Bernard Prince, Chantal Richard,
Jacques Vétois, Jean-Benoît Zimmermann
Conseil scientifique : Michel Armatte (Maître de Conférences en économie
à l'Université Paris 9), Danièle Bourcier (Professeur de Droit à l'Université
Paris 2), Philippe Breton (Chercheur CNRS en sociologie et infocom à l'Université
de Strasbourg et à l'Université Paris 1), Dominique Carré (Professeur en infocom
à l Université Paris 13), Michèle Descolonges (Sociologue à l'Université Paris X),
Jean-Gabriel Ganascia (Professeur d'informatique à l'Université de Paris 6),
Jean-Paul Haton (Professeur d'informatique à l'Université de Nancy 1),
Blandine Laperche (Maître de Conférence en économie à l'Université du Littoral),
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Alain Rallet (Professeur d'économie à l'Université de Paris-Sud), Gérard Valenduc
(Maître de Conférences en Informatique et Société à l'Université FUNDP de Namur),
André Vitalis (Professeur en infocom à l'Université de Bordeaux 3).
Relecture, mise en page : Léa Martin
Maquette originale : Michel Raby
Photo de couverture : Intervoice Open Space Terminal
La revue Terminal est publiée avec le concours du Centre national du Livre
Adresse de la rédaction : 24, rue de la Chine – 75020 Paris
Courriel : redaction@revue-terminal.org
Site Web : www.revue-terminal.org
ISSN : 0997-5551 Imprimé en CEE
©L Harmattan, hiver 2012
ISBN :
] terminal 110 [

Édito
Cyber-révolutions
ous les observateurs ont souligné le rôle d’Internet dans les révolutions
arabes, particulièrement en Tunisie et en Égypte. Mais leur interpréta-T tion diverge sur les raisons profondes des mobilisations sociales contre
des dictatures que tout le monde jugeait, il y a un an à peine en Occident, être
un moindre mal face à la menace des intégrismes islamistes. Ces dictatures
gouvernaient principalement par la surveillance policière et faisaient régner la
peur au sein des populations. Même la jeunesse, qui en représente entre 30 %
et 40 %, n’arrivait pas à la surmonter et le contrôle qu’exerçait le pouvoir sur
les médias de masse (presse, TV) semblait incontournable.
C’est l’arrivée des TIC, Internet et téléphonie mobile qui a brisé l’iso-
lement de la frange la plus révoltée de cette jeunesse. Les autorités ont alors
découvert que l’on pouvait surveiller un certain nombre de réseaux, mais que
le contrôle d’Internet, de par sa structure est impossible sauf à isoler complè-
tement le pays du reste du monde. Des tentatives ont pourtant été réalisées
dans ce sens en Égypte. Les révolutionnaires égyptiens ont alors reçu le ren-
1. Ceux-ci jouent un rôle important sur Internet enfort de groupes hacktivistes
y défendant la liberté d’expression contre tous ceux, gouvernements ou mul-
tinationales, qui veulent accaparer les ressources du réseau et y contrôler la
circulation des informations. À cela s’ajoute une connaissance approfondie
des techniques et des logiciels utilisés mise à profit pour venir au secours des
contestataires du mouvement lorsque le gouvernement Moubarak essaya de
couper les réseaux de communication du pays (Internet, réseaux téléphoni-
ques) des liaisons internationales.
Dans toutes les révolutions arabes, les TIC ont servi de caisse de réso-
nance des idéaux démocratiques. On ne dira jamais assez l’importance des
2blogs dans la période précédant la révolution , et lors des affrontements avec
la police et l’armée, elles ont fait fonction d’organisateur collectif, établissant
3des liens entre les mouvements sociaux qui se développaient . Les réseaux
1. Anonymous, Frédéric Bardeau, Nicolas Danet, FYP Editions, 2011.
2. « Le phénomène des blogs dans le monde arabe », Khadija El Bouchikhi, Terminal 103-104, 2009.
3. Voir la conférence de Manuel Castells du 28 juin 2011 « Ni dieu, ni maître : les réseaux » dans le cadre
de sa chaire « Analyse interdisciplinaire de la société en réseaux » au sein du Collège d'études mon-
diales créé au sein de la MSH visible en ligne sur : www.archivesaudiovisuelles.fr/2142/home.asp
] te rminal 110 [ 3sociaux (principalement Facebook et Twitter) ont permis de surmonter l’iso-
lement des individus et leur peur devant les risques de répression, et d’am-
plifier l’expression des citoyens dans un espace public numérique difficile-
ment maîtrisable. À ce jour, seul le gouvernement chinois a réussi lors des
4révoltes tibétaines et ouïghours de 2008 à isoler les révoltes locales et à les
réprimer en empêchant leur diffusion au reste de la société chinoise. Cette
autocommunication de masse, comme la nomme Manuel Castells est le grain
de sable inattendu dans les mécaniques instituées par des pouvoirs qui
avaient le soutien de la communauté internationale.
Évidemment, les causes profondes de ces révolutions sont à chercher
avant tout dans le chômage et la misère qui frappent une partie importante de
ces sociétés, en particulier dans la jeunesse. À cela s’ajoutait la corruption
étalée au grand jour d’une partie des élites et leur volonté d’accaparer toutes
les richesses du pays à l’exemple des familles Ben Ali-Trabelsi et Moubarak.
Le relais des réseaux sociaux par certaines chaînes de télévision comme Al
Jazeera qui reste encore la source d’informations privilégiée de la majorité a
contribué également à mobiliser l’opinion en publiant des images et des
vidéos censurées par les gouvernements.
Pour l’instant, ces mobilisations sociales n’ont abouti qu’à l’installation
d’un gouvernement islamiste modéré en Tunisie et le triomphe de ces mêmes
islamistes aux élections en Égypte lié à une montée de l’intolérance et une
régression sans précédent des libertés publiques pour les femmes et les mino-
rités. Mais, nous savons que ces processus révolutionnaires n’en sont qu’à
leur début. Là aussi, les TIC peuvent jouer leur rôle de trouble-fête dans le
débat politique.
Jacques Vétois
4. Émeutes au Xinjiang et guerre de l’information chinoise, Daniel Ventre dans Cyberguerre et guerre de
l'information, Hermes Sciences, 2010.
] te rminal 110 [4
Dossier
TRAVAIL ET TIC
Coordination
Nicolas Jullien, Jorge Muñoz, Michel Burnier
Introduction
Jorge Muñoz*
e numéro spécial de Terminal vise à poser un regard sur la relation
que l’on peut établir entre les technologies et les conditions de tra-C vail. En partant de l’idée que le déterminisme technologique n’est
pas aussi univoque que l’on peut penser. « Toute technologie offre aussi des
opportunités pour l’organisation », nous explique E. Alsène [Alsène, 1990].
Si les salariés, qui utilisent les nouvelles technologies, peuvent voir leurs
conditions de travail s’intensifier, celles-ci peuvent donner lieu également à
l’émergence d’un rapport différent au travail.
Le développement des nouvelles technologies a donné lieu à une série
de travaux et enquêtes durant les dernières décennies dans le domaine du tra-
vail. Cependant, les objets techniques ont toujours été présents sur le lieu du
travail et, dès le départ, les sociologues du travail, notamment, se sont inter-
rogés sur la manière d’étudier leur place et le rôle qu’ils jouent dans la défi-
1nition du travail . L’informatique est un bon exemple d’une évolution tech-
nique-travail.
Ainsi dans les années 1960-1970 seules les industries de pointe (pro-
cess) et les grandes administrations avaient mis en place une informatique
lourde centrée sur le productivisme. Plus tard, dans les années 1980, le déve-
loppement et la diffusion de la micro-informatique ainsi que les diverses
applications afférentes (traitement de texte, fax, feuilles de calculs, etc.) ont
* Maître de conférences, directeur de l’Atelier de Recherche Sociologique EA 3149/UBO
1. Voir les débats de Friedmann et Naville autour de l’automation.
5] te rminal n° 110 [ accentué leur présence sur le lieu du travail. Les années 1990 ont donné lieu
sur le lieu du travail à la convergence entre la micro-informatique, les télé-
communications, l’audiovisuel, bref l’ensemble de dispositifs avant épars va
se retrouver réuni autour d’une même plateforme ou objet technique, les
« NTIC » [Greenan, Hamon-Cholet et Walkowiak, 2003]. En même temps
que technologiquement on assiste à un rapprochement des différents objets,
l’organisation du travail subit également des transformations accompagnant,
voire parfois s’articulant à ces nouvelles technologies.
Les travaux n’ont pas manqué de souligner les influences qu’une telle
évolution et convergence pourrait avoir sur les conditions de travail. Dans le
cas de NTIC, les travaux ont fluctué entre les approches déterministes des
objets technologiques [Vendramin, 2006, Rubery et Grimshaw, 2001] et
d’autres travaux que considèrent les nouvelles technologies comme la source
principale, sinon unique, de l’intensification du travail [Burchel, Day,
Hudson et Al, 1999, Elger et Smith, 1994].
Dans le présent numéro, les quatre articles abordent cette question à
partir des transformations d’une profession et de l’activité (Boutet et
Roudaut, Soubiale et Le Deuff) et un article nous propose une analyse
« orientée documents » (Gérald Gaglio et Michel Marcoccia) pour interro-
ger le collectif de travail. Ils reflètent ainsi les différentes facettes de la rela-
tion non univoque entre nouvelles technologies et conditions de travail.
L’article de Soubiale sur l’évolution des conditions de travail dans le
secteur agricole, montre que l’image stéréotypée de l’activité agricole est en
décalage avec la réalité. L’introduction des nouvelles technologies participe
à la transformation de cette activité. Toutefois, cette transformation est très
dépendante de la forme organisationnelle et du type d’exploitation. Elle fait
écho ainsi à l’article de Nathalie Colombier, Ludivine Martin et Thierry
Pénard paru en 2007, où les auteurs montraient l’avantage à démêler les
effets de NTIC et de l’organisation du travail.
Le texte de Boutet et Roudaut illustre, à travers la mise à disposition
des contenus numériques publics et ouverts, comment cela s’accompagne
d’une transformation de la pratique, des représentations et de la manière
d’organiser le travail dans le cadre de l’informatisation des archives munici-
pales. Remettant en cause par là, les frontières entre les sphères civiques,
marchandes et professionnelles. Ainsi les nouvelles technologies, en rendant
plus visible le travail d’archivage, peuvent servir aussi à contrôler l’activité
d’indexation effectuée par les archivistes tout en favorisant un travail colla-
boratif entre professionnels et profanes. Les nouvelles technologies manifes-
tent ainsi un fort pouvoir d’ambivalence.
La question du Knowledge Management émerge en arrière-plan de ces
deux premiers textes, et est directement examinée par l’article d’Olivier Le
6 ] te rminal n° 110 [ Deuff. Sur la base d’une enquête quantitative auprès des professionnels tra-
vaillant directement sur des supports Web 2.0, l’objectif premier du question-
naire était de mesurer l’impact de ces supports sur la division travail/loisir et
évaluer les modifications sur la définition du travail. Si les résultats d’Olivier
Le Deuff accréditent toujours le brouillage de la frontière travail/loisir, ils
questionnent également les politiques internes des entreprises en termes d’or-
ganisation du travail. Ainsi pour l’auteur une perspective basée sur le person-
nal knowledge management peut mieux répondre au nouveau rapport intro-
duit par les objets techniques dans un contexte informationnel et communi-
cationnel.
Ce nouveau contexte est examiné à partir des réalités matérielles par
Gérald Gaglio et Michel Marcoccia. Ils prennent au sérieux les supports-
objets non pas comme un élément du paysage de la situation sociale, mais
comme une approche permettant d’aborder la question du collectif de travail.
Selon ces auteurs « cela revient à faire l’analyse sémio-linguistique du docu-
ment final non pas pour lui-même, mais pour analyser son processus d’éla-
boration, ou, plus précisément, d’analyser le document final à travers son
processus d’élaboration ». En analysant le cas spécifique de production des
diaporamas (diapositives numériques), ils montrent comment dans ces nou-
veaux processus le travail n’est plus séquentiel mais simultané, et donc typi-
que des collectifs par projet [Boltanski et Chiapello, 1999]. Les collectifs
flous, précédant ces modes d’organisation, s’incarnent à travers le processus
de fabrication des diapositives, mais de manière totalement ponctuelle. De
cette façon, l’analyse de l’élaboration d’un diaporama montre comment la
syntaxe ppt. s’impose, effaçant les différentes interventions [Frommer, 2010].
Les deux entretiens complétant ce numéro (de Jean-Pierre Durand et
Yves Lasfargue) convergent sur l’analyse de l’émergence des nouvelles
technologies dans l’activité de travail. Elles cristallisent une nouvelle organi-
sation, mais ne sont pas « La cause » d’une dégradation des conditions de tra-
vail. Comme l’illustrent les quatre textes publiés, les profils des salariés tou-
chés par les nouvelles technologies sont essentiellement plus qualifiés. Sans
que cette caractéristique occulte de changements dans d’autres domaines tels
que l’agriculture.
Enfin, ces mutations et transformations dévoilent les paradoxes et ambi-
valences des nouvelles organisations du travail. L’activité de travail devient
plus complexe, et tout en étant davantage plébiscité par une partie des sala-
riés, l’exemple du télétravail est assez paradigmatique à ce propos.
Finalement, si l’introduction des nouvelles technologies a un effet sur les
conditions de travail, cet effet doit se lire à l’aune des organisations du tra-
vail. À travers cette évolution se manifeste une remise en cause de la mesure
du travail, tant d’un point de vue économique que social.
7] te rminal n° 110 [
RÉFÉRENCES
ALSÈNE E., 1990, « Les impacts de la technologie sur l'organisation », In Sociologie du travail,
n°3/90, pp 321-337.
BOLTANSKI L. ET CHIAPELLO E., 1999, Le nouvel esprit du capitalisme, Paris, éd; Gallimard,
Coll. Essai, 843 p.
BURCHELL, B.J., DAY, D., HUDSON, M., LADIPO, D., MANKELOW, R., NOLAN, J., REED, H.,
WICHERT, I. AND WILKINSON, F., 1999, Job Insecurity and work intensification; flexibility and
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ELGER T. ET SMITH C., 1994, Global Japonization ?, London, Ed. Routledge.
FROMMER F., 2010, La pensée PowerPoint. Enquête sur ce logiciel qui rend stupide, Paris,
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GREENAN N. HAMON-CHOLET S. ET WALKOWIAK E. 2003, « Autonomie et communication
dans le travail : les effets des nouvelles technologies », Premières Synthèses de la Dares,
n°20.1, mai.
GREENAN N. ET WALKOWIAK E., 2005, « Informatique, organisation du travail et interactions
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RUBERY J. ET GRIMSHAW D., 2001, « Les TIC, l'emploi et la qualité de l'emploi », Revue
internationale du travail, N°2, pp. 207-237.
VENDRAMIN P., 2006, « Les TIC, complices de l'intensification du travail », In Organisation
et intensité du travail, (Sous la Dir. Askenazy P., Cartron D., De Coninck F et Gollac M.),
Toulouse, Ed. Octares, pp. 129-135.
8 ] te rminal n° 110 [ Représentations et usages
des TIC dans le secteur
agricole en Aquitaine
Nadège Soubiale*
Résumé
L’informatisation des exploitations agricoles amorcée dans les années
1980 affecte leurs modes de gestion, de production et de commercialisation.
En dehors de l’ordinateur et de l’Internet, organisations professionnelles
comme vendeurs de solutions informatiques offrent aux agriculteurs une
gamme d’outils numériques spécifiquement dédiés à la gestion comptable, à
la production, à la communication professionnelle et avec la clientèle
L’équipement des exploitations en technologies de l’information et de
la communication (TIC), tout comme les usages qu’en font les exploitants,
sont néanmoins très variables selon les caractéristiques économiques et
organisationnelles des structures agricoles et les caractéristiques sociodé-
mographiques des agriculteurs. De même, les représentations des TIC dans
le travail en agriculture diffèrent chez les agriculteurs en fonction de leur
profil professionnel.
Ces diverses dimensions des TIC en agriculture dans le cadre de la pro-
fessionnalisation du métier ont été appréhendées chez des agriculteurs aqui-
tains, dans une enquête quantitative et une enquête qualitative.
Introduction
La professionnalisation du métier d’agriculteur
epuis la fin des années 1950, l’agriculture française s’est modernisée
en empruntant les voies de la spécialisation et du progrès technique.D Grignon [1982] a analysé ce processus en termes de professionnali-
sation. Cette dernière se traduit par l’adoption des principes de l’économie
capitaliste dans le système de production, associée à l’introduction de dispo-
sitifs techniques de plus en plus sophistiqués pour accompagner les modes de
gestion et de production des exploitations.
Cette évolution a durablement et profondément transformé l’agricul-
ture. Elle s’est notamment traduite par une redéfinition de l’identité « pay-
* Laboratoire MICA, EA 4426, Université Bordeaux 3.
] te rminal n° 110 [ 9sanne » et traditionnelle. Une élite d’agriculteurs « professionnels » est appa-
rue, désormais distincte de la catégorie des exploitants plus en retrait de l’in-
novation. La première, dotée d’un capital culturel et intellectuel le plus sou-
1vent transmis par sa famille , occupe une position sociale qui lui donne accès
au capital économique et technique indispensable à la modernisation. La
seconde, moins bien pourvue sur ces dimensions, résiste difficilement à une
forme de marginalisation à la fois sociale et matérielle.
Mais comment définir les agriculteurs « professionnels » ? Sur ce point,
Grignon prévient des risques de confusion entre « modernisme », « progrès
technique » et « professionnalisme » : « L’agriculteur professionnel n’est pas
seulement - et à la limite pas nécessairement - celui qui se tient à l’avant-
garde du progrès technique (...) ; c’est d’abord celui qui fait partie de la pro-
fession, qui accepte de dépendre des organisations professionnelles et de
2leurs représentants » (p. 63).
De même, il met en garde contre les interprétations déterministes de la
modernisation. A savoir que ce qu’il nomme lui-même « la dépaysannisation »
n’est pas simplement une conséquence directe de la professionnalisation, mais est
également produite et entretenue de l’intérieur par les agriculteurs eux-mêmes :
« (...) il faut aussi faire voir que la professionnalisation dépaysannise parc e
qu’elle va de pair avec une véritable symbiose entre l’élite des « professionnels »
et « l’appareil » de représentation et d’encadrement de la profession » (p. 65).
L’agriculteur professionnel des années 1970-1980 est ainsi plus proche des
conseillers et techniciens du domaine para-agricole que du ‘producteur de terrain’.
Professionnalisation et spécificités
du système économique agroalimentaire
Qu’en est-il aujourd’hui de ces recompositions de l’identité profession-
nelle liées à la professionnalisation du métier ? On peut noter à ce propos que
l’agriculture, et l’agriculteur, ne sont désormais plus considérés comme les figu-
res dominantes de la ruralité. Candau et Rémy [2009] notent ainsi que les tra-
vaux de sociologie rurale sur les transformations du « monde paysan », depuis
la fin des années 1950, ont été fortement imprégnés par l’idéologie de leurs
3a u t e u r s . Celle-ci les prédisposant à ne voir dans les campagnes, et plus encore
dans les « communautés » paysannes, que des univers clos assimilables à des
« sociétés précapitalistes » [Eizner, 1974, citée in Candau et Rémy, 2008, p. 89].
1. Pour avoir un exemple de l’importance de la transmission générationnelle du capital social et culturel
dans le monde agricole, le lecteur intéressé peut se reporter à l’étude de cas portant sur des agricul-
teurs finistériens, développée par Grignon (1982, p. 64).
2. Par organisations professionnelles et ses représentants, rappelons qu’il s’agit-là de l’ensemble des organis-
mes de tutelle (chambres d’agriculture...) et des organismes issus, pour la plupart, des syndicats agricoles,
tels que structures coopératives, mutualistes, de crédit... et également, des organismes en charge du
conseil auprès des exploitants.
3. Candau et Rémy citent, entre autres, un article de Pierre Bourdieu, paru en 1962, « Célibat et condition
paysanne », ou encore les travaux de Placide Rambaud (1963), et bien entendu l’ouvrage de Mendras,
La fin des paysans, 1964.
] te rminal n° 110 [ 10La dichotomie radicale entre ruralité et urbanité n’est désormais plus de
mise s’agissant de la professionnalisation des agriculteurs : « L’agriculture
est de moins en moins affaire rurale pour devenir de plus en plus affaire
d’une profession, d’un milieu social professionnel dans une société » [Darré,
1985, cité in Candau et Rémy, 2008, p. 90].
Professionnalisation et spécialisation sont bien sûr inhérentes à l’intégra-
tion du monde agricole dans l’économie de marché. Néanmoins, selon certains
auteurs, le système agroalimentaire présente des particularités par rapport à
l’économie plus classique du secteur industriel. Aggeri et Hatchuel [2003],
Aggeri, Fixari et Hatchuel [1998], par exemple, rappellent que l’agriculture
obéit à des mécanismes de régulations impliquant des partenaires variés et nom-
breux (coopératives, instituts techniques, chambres d’agricultures...). Ils identi-
fient ainsi au sein du secteur agricole plusieurs « ordres socio-économiques
(OSE) » qu’ils nomment aussi des « économies organisées ». Sans entrer dans
le détail des différentes formes d’OSE, il est simplement intéressant de noter ici
que ces OSE, véritables « écosystèmes » [Aggeri et Hatchuel, 2003, p. 122] per-
mettent de comprendre comment, dans le secteur agricole, interagissent les
contraintes extérieures aux exploitations (émanant des politiques agricoles, des
marchés, environnementales, des consommateurs...) et les normes propres aux
formes organisationnelles des exploitations. Les OSE sont ainsi susceptibles de
subir des variations dans le temps et peuvent constituer tout autant « une condi-
tion qu’un obstacle à l’innovation » [ibid, p. 122].
Nouveaux impératifs de modernisation
et diversification des formes de professionnalisation
Dans un contexte de diminution du nombre des exploitations agricoles
4[Desriers, 2007 ], où la productivité agricole s’est néanmoins maintenue, la ten-
dance à la spécialisation s’affirme sur des exploitations de moins en moins nom-
5breuses qui s’agrandissent [Rattin, 2006 ]. La modernisation a désormais recours
à l’informatisation. Selon Bessières et al. [2008] : « Après la mécanisation, c’est
désormais l’informatisation qui transforme les techniques de production, de ges-
tion et de commercialisation (...). Environ un quart des exploitants déclare n t
a u j o u rd’hui utiliser Internet pour leur exploitation. De nouvelles formes juridi-
ques accompagnent ces transformations stru c t u relles et techniques (p. 5) ».
Dans cette nouvelle étape de modernisation, les interrogations sur le
sens du métier semblent occuper une place grandissante dans les préoccupa-
tions du monde agricole aujourd’hui. Certains auteurs identifient cette phase
comme une période de crise qui bouleverse les identités professionnelles des
agriculteurs. Lémery [2003] a par exemple analysé comment des éleveurs
bovins en Bourgogne redéfinissent leur rôle, leur métier, leur place dans la
société et l’espace productif dans cette situation de crise.
4. Desriers M. (2007). Article en ligne : www.agreste.agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/AGRIFRA07c-2.pdf
5. Rattin S. (2006). Article en ligne : www.fr/IMG/pdf/articles06124A1.pdf
] te rminal n° 110 [ 11Il ressort des entretiens qu’il a menés trois modèles assez contrastés de
références professionnelles. Tout d’abord celui des éleveurs au capital scolaire
le plus faible, exploitants de petites entreprises, pour la plupart sans affiliation à
des organisations professionnelles. Ceux-ci évoquent avec nostalgie un savoir-
faire traditionnel et un « âge d’or » révolu de la modernisation – celui des années
1960-1970.
Ensuite, aux antipodes de ce premier modèle, on trouve les éleveurs qui
revendiquent une identité d’entrepreneurs, investissant dans des systèmes tech-
niques assez sophistiqués d’aide à la production et à la commercialisation, très
impliqués dans les structures collectives locales. Un troisième et dernier groupe,
plus minoritaire, critique vis-à-vis de l’élevage « intensif », mais également vis-
à-vis des éleveurs traditionnels qu’ils considèrent comme « passéistes », s’en-
gage dans des reconversions vers l’agriculture biologique, et se considère éga-
lement porteur d’un projet de société aux dimensions politique et philosophique.
Ils se distinguent des deux autres groupes d’éleveurs par leur rejet de « l’élevage
conventionnel » (p. 20), et leur attachement à des engagements « militants »
(ibid, p. 21) qui se traduit par l’adhésion à des syndicats agricoles.
Au travers de cet exemple, nous pouvons conclure que les agriculteurs,
face aux nouvelles injonctions de modernisation, peuvent développer des attitu-
des et des stratégies diversifiées. Ces dernières ne sont par ailleurs pas indépen-
dantes des « écosystèmes » (pour reprendre le vocable d’Aggeri et Hatchuel) au
sein desquels les agriculteurs évoluent.
DEUX ETUDES SUR LES TIC DANS L’AGRICULTURE
EN AQUITAINE
Rapports aux TIC et perceptions du métier en agriculture
Dans cet article, nous nous intéressons à un aspect spécifique de la spé-
cialisation professionnelle : l’utilisation et les représentations des dispositifs
numériques dans le cadre du travail agricole.
Nous illustrerons ce point à partir des résultats d’une enquête quantita-
tive, « Equipement, usages et perception des TIC dans les exploitations aqui-
taines », menée en 2010 auprès de 504 agriculteurs aquitains [Laborde et
6S o u b i a l e ], ainsi qu’à partir des propos recueillis auprès de 23 agricul-
teurs girondins au cours d’une pré-enquête qualitative menée entre
7décembre 2009 et février 2010 .
6. Cette enquête s’inscrit dans le cadre du projet RAUDIN : Recherches Aquitaines sur les Usages pour le
Développement des Dispositifs numériques, recherche cofinancée par l’Europe, la Région Aquitaine et
l’université de Bordeaux. Les premiers résultats de l’enquête (mars 2010) sont disponibles sur le site
RAUDIN-OAT : http://raudin.u-bordeaux3.fr/oat/wp-content/uploads/livret-avril2011-AgriTIC.pdf
7. Enquête menée sous la direction de N. Soubiale, entretiens effectués par N. Soubiale et des étudiants
du master Communication des Organisations de l’université Bordeaux 3, Elsa Jalran, Wojciech
Lewandowski, Marlène Martinez, Marie Offresson et Karine Vija. Une synthèse des premiers résultats
est accessible sur :
http://raudin.u-bordeaux3.fr/oat/wp-content/uploads/Synthese-risques-psychosociaux.pdf
] te rminal n° 110 [ 12Avant de présenter les données de ces enquêtes, il est important de rap-
peler que les modes d’appropriation, autant que les motivations sous-tendant
l’usage des technologies de l’information et de la communication (TIC) en
agriculture, varient en fonction des secteurs, des modes de production agri-
cole, et des caractéristiques sociodémographiques des agriculteurs [voir par
exemple Nicaud, 1991] ; et plus récemment dans l’agriculture durable,
Dondeyne [2010] ; voir également l’enquête de Boutet [2009] sur la filière
pêche en Bretagne).
L’informatisation constitue de fait depuis les années 1980 un vérita-
ble enjeu de modernisation pour certaines institutions encadrant le métier
d ’ a g r i c u l t e u r, comme le rappelle Rieu [1993].
Une enquête menée par Bages [1991] en Midi-Pyrénées auprès de 200
agriculteurs a ainsi permis de dégager quelques caractéristiques des utilisa-
teurs de l’informatique. Ils sont plutôt jeunes, à la tête d’exploitations indivi-
duelles assez importantes, avec un niveau de formation relativement élevé
(type BTA ou BTS), et ils se réfèrent à une logique entrepreneuriale pour
décrire leur métier et le fonctionnement de leur exploitation.
Les données font également ressortir que la comptabilité constitue la
sphère privilégiée de l’usage de l’informatique. Autre enseignement que l’on
peut tirer de cette enquête : le fait que les tâches administratives liées à la
comptabilité s’informatisent n’a pas pour autant conduit à une véritable redé-
finition des rôles sexués au sein des exploitations. En effet, l’usage que les
femmes font de l’informatique appliquée à la gestion reste le plus souvent
cantonné au domaine du secrétariat et ne leur permet pas d’accéder au statut
d’agricultrice ou de prendre une part active à la gestion de l’exploitation.
En tous les cas, note Rieu [1983], et malgré tout, « c’est une image
f o rtement moderniste de la conception de l’agriculture qui s’exprime
dans les réponses nettement favorables à l’innovation, aussi bien pour les
hommes que pour les femmes » (p. 72).
Une enquête quantitative sur l’utilisation et la représentation des TIC
dans le travail agricole en Aquitaine
Il semble intéressant de comparer les résultats obtenus dans l’étude
réalisée en Midi-Pyrénées en 1991 avec les données recueillies dans l’en-
quête « Equipement, usages et perception des TIC dans les exploitations
aquitaines » [Laborde et Soubiale, 2010] menée auprès de 504 agriculteurs
aquitains.
8D’après des données socio-économiques datant de mai 2008 ,
l’Aquitaine demeure, après Midi-Pyrénées, la deuxième région française en
termes d’exploitations agricoles. Elle n’échappe pas néanmoins au phéno-
mène national de réduction du nombre des exploitations, en particulier dans
8. Se reporter à : http://achat-formation.aquitaine.fr/achat-formation/IMG/pdf/GFE_01__PRODUCTION_
AGRICOLE_-_SYLVICOLE_-_ELEVAGE.pdf
] te rminal n° 110 [ 13le secteur de la polyculture (élevage et céréales). La viticulture reste le sec-
9teur dominant, en particulier en Gironde .
L’agriculture aquitaine est également caractérisée par une grande diver-
sité de ses systèmes d’exploitation et des situations professionnelles des
exploitants. Néanmoins, les agriculteurs exploitants (chefs d’entreprise) et
les salariés (ouvriers agricoles) restent les deux catégories socioprofession-
nelles les plus représentatives de l’agriculture aquitaine.
Nous ne présentons dans le cadre de cet article qu’une synthèse des
résultats relatifs aux usages et représentations des TIC.
L’enquête 2010 en Aquitaine fait état d’un usage des TIC encore
modéré dans les exploitations de cette région. Tous secteurs agricoles
10confondus , et bien que plus de 70 % possèdent un ordinateur et une
connexion Internet au domicile, et que plus de 60 % utilisent Internet pour le
travail, ils sont encore peu nombreux à utiliser des dispositifs numériques
spécifiquement dédiés à la gestion, à la production et à la communication
pour leur exploitation. Comme dans l’enquête de Bages de 1991, l’utilisation
d’outils de gestion comptable prédomine encore. Mais ce type de dispositif
ne concerne seulement qu’un peu plus du tiers de l’échantillon. 8 % seule-
11ment des interrogés utilisent au moins trois dispositifs numériques (autres
que l’ordinateur ou Internet) pour leur exploitation.
Dans cette enquête comme dans celle de Bages, la taille des exploita-
tions est un facteur important d’informatisation en agriculture. Sur ce point,
tous secteurs confondus, nous retrouvons pour l’Aquitaine des résultats de
même nature : les exploitations de taille importante fonctionnant sur le
modèle de l’entreprise et les exploitants les plus diplômés (bac à bac +3) sont
les mieux dotés en équipement TIC pour leur travail.
Autre similitude entre cette enquête et celle de Bages, les TIC dans le
travail font dans l’ensemble l’objet d’attitudes positives parmi les agricul-
teurs aquitains. Ils pensent en effet que les TIC ont modifié leur pratique pro-
fessionnelle, et apprécient ces changements. Ils considèrent en particulier
qu’elles servent à mieux structurer leurs activités et qu’elles sont source
d’une plus grande autonomie et d’un gain de temps dans le travail. On peut
toutefois noter qu’ils adhèrent simultanément à l’idée que ces outils ont accru
la part du travail administratif.
Nous allons voir, en l’illustrant par des extraits d’entretiens cette fois-
9. Dans notre enquête quantitative, 83 % des viticulteurs interrogés sont de la Gironde.
10. Les agriculteurs de cette enquête appartiennent aux 5 grands secteurs agricoles : viticulture, maraî-
chage, élevage, polyculture, céréaliculture. La méthode des quotas a été appliquée sur la taille des
exploitations.
1 1 . Trois grandes familles d’outils ont été retenues dans l’enquête quantitative : les équipements « courants »
(ordinateur, accès Internet et téléphonie mobile) ; les dispositifs de gestion (applications spécifiques de
gestion comptable, de contrôle et traçabilité et de gestion de la production) ; les dispositifs de commu-
nication électronique (vers les consommateurs et interprofessionnels).
] te rminal n° 110 [ 14ci, comment l’utilisation des TIC est liée aux caractéristiques des agricul-
teurs, de leurs exploitations, ainsi qu’à leur conception du métier.
Représentations des TIC et conceptions du métier
dans le discours d’agriculteurs
Les propos qui suivent sont donc extraits d’un corpus de 23 entretiens
recueillis auprès d’agriculteurs girondins dans une enquête qualitative explo-
ratoire préalable à l’enquête quantitative aquitaine. Nous avons choisi de ne
pas interroger de viticulteurs, bien qu’ils représentent 81 % des exploitations
12agricoles du département . Ce choix a été motivé par le fait que la moderni-
sation de ce secteur via les TIC faisait déjà l’objet de recherches spécifiques
13au sein du projet RAUDIN . Nous avons donc voulu explorer ce qu’il en
était d’autres secteurs agricoles.
Cette phase d’enquête qualitative est purement exploratoire. Les 23
agriculteurs interrogés n’ont donc pas été sélectionnés sur la base d’un
échantillonnage représentatif des agriculteurs girondins. Nous avons simple-
14ment veillé à interroger des agriculteurs de secteurs et filières agricoles dif-
15férents, mais autres que vitivinicoles .
Les profils des agriculteurs interrogés
Au final, l’échantillon se compose de 7 agriculteurs en production fruits
et légumes, 6 agriculteurs en production animale, 3 agriculteurs en polycul-
ture, 6 en production céréalière, et enfin d’un salarié principal de l’agricul-
ture pharmaceutique.
Les caractéristiques de ces agriculteurs et de leurs exploitations sont
assez disparates. Cette disparité tient probablement en partie à une spécificité
inhérente aux exploitations agricoles aquitaines. Nous allons voir également,
en détaillant l’origine et la trajectoire professionnelles de certains d’entre
eux, qu’il est possible que les profils de certains interviewés illustrent ce que
certains chercheurs, après Grigon [1982], ont souligné quant aux change-
ments dans la composition sociologique du groupe des agriculteurs :
« Mais l’installation comme exploitant, constatait Grignon, de plus en
plus difficile, ne suppose plus seulement, conformément à la coutume corpo-
rative, l’hérédité de métier, autant que possible directe » [1982, p. 64].
12. Voir quelques données pour l’agriculture en Gironde par exemple sur le site : www.aquitainagri.org
/PDF/pdf_prospective/pr%C3%A9sentationCRAA33.pdf
13. Pour rappel, dans notre propre enquête quantitative, les viticulteurs interrogés proviennent pour 83%
de la Gironde. Voir les thématiques de recherche sur http://raudin.u-bordeaux3.fr/oat/?p=18 (« Moder-
nisation des organisations vitivinicoles et web 2.0 »)
14. Une autre contrainte a conditionné la décision de mener les entretiens en Gironde : la distance. Les
enquêteurs étant des étudiants de master (et non des chercheurs du groupe RAUDIN), ils n’ont pu
obtenir l’autorisation de déplacement en dehors de la Gironde. La sélection d’un seul département
aquitain ne nous a néanmoins pas posé de problèmes puisque nous ne nous sommes pas souciés de
la représentativité de l’échantillon interrogé.
15. Malgré tout, deux céréaliers dans l’échantillon possèdent quelques hectares de vignoble.
] te rminal n° 110 [ 15