//img.uscri.be/pth/c3bc134c9bfd31132303095658c31c08a3c134ad
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 8,25 €

Lecture en ligne (cet ouvrage ne se télécharge pas)

Venezuela : pétrole et rébellion des managers

De
103 pages

L'industrie pétrolière vénézuélienne a subi une paralysie presque totale consécutive à un arrêt de travail de ses propres managers. Cette rébellion des managers pourrait-elle être imputée à la force exercée sur la société contemporaine par la "pensée" managériale.

Publié par :
Ajouté le : 01 février 2010
Lecture(s) : 253
EAN13 : 9782296690851
Signaler un abus

SOMMAIRE

Introduction …………………………...…………… 11 Management, État et rébellion …………..………… 17 Le problème ……………..………………………… 29 Le Venezuela et son industrie pétrolière (PDVSA) .. 31 La rébellion et le domaine juridique/politique …….. 41 La rébellion et le domaine politique ……………..... 49 La rébellion et le domaine public ………………..... 65 Management et le pouvoir mondialisé …………..... 79 Management : savoir sans objet et fiction morale … 87 Bibliographie ……………………………………… 99

PREFACE

C’est au XXème siècle. Un pays qui évoque la richesse facile, celle qui provient d’un produit fait par la nature et dont la machine mondiale de production a un besoin insatiable. Le Venezuela, le pétrole. Une société bouleversée par cette richesse pétrolière. Elle passe d’une vie de groupements sociaux éloignés les uns des autres (et chacun éloigné de ses propres racines culturelles), pourtant réunis depuis la guerre d'indépendance autour de l’espoir de façonner un État moderne, à une société dont la pauvreté et la misère deviennent le présent et le futur certain de près de 80 % de la population. Là-bas à la fin du vingtième siècle le tableau est pathétique : un simulacre d’État disposant d’une énorme richesse et une société marquée par l'ambition d’une petite classe très riche contrôlant tout pouvoir par l’imposition d’un grotesque simulacre d’économie et de culture. La politique ? Son jeu était une caricature de démocratie par l’intermédiaire d’un engrenage de partis oxydés mais bien graissés par l’huile de l’État. La population semblait hors-jeu dans la mesure où tout l’espoir politique chanté par la classe dominante se réduisait au chant de l’efficacité et de l’efficience nécessaires pour s’inscrire dans la globalisation. La machine de production de la richesse vénézuelienne fut la cible de ce discours qui se substituait à la politique. Et voilà une surprise : arrivé par voie d’élection, un nouveau gouvernement promet une révolution. Il s'y tient. Deux ans après, la réaction éclate dans le sein de

l’industrie pétrolière. En décembre 2002 les managers vont aller jusqu’au bout : ils paralysent l’industrie en se donnant pour but la chute du gouvernement. Une rébellion ? À l’époque, l’auteur de ce texte était en France. Il l’a rédigé en essayant de s'en tenir surtout à sa condition d’amoureux de la philosophie. Six ans après avoir écrit cet essai, qui a aussi été publié en version espagnole en 2006, il considère que sa lecture pourrait intéresser le public français, pas seulement pour la compréhension de la révolution bolivarienne, mais surtout pour celle de la question du pouvoir. Assistons-nous dans ce siècle naissant à la scène d’un pouvoir dépourvu de discours ? Mais, si l’on parle des discours des hommes politiques, ils crient avec des forces inédites, dirait-on. Et si ces cris cachaient un autre discours qui affiche un désintérêt pour le pouvoir ? Quelle sorte de discours est celui-ci ? Et pour quelle sorte de pouvoir ? Ce texte propose plutôt une réflexion autour du phénomène de l’invasion de plus en plus visible du discours managérial dans la vie ordinaire de la société contemporaine. Peut-être donc le lecteur français y trouvera-t-il d’autres occasions de s’interroger sur ce mouvement constant de la société contemporaine : ce qu'on lui propose ici, c'est de suivre le fil de la profusion du discours managérial.

Paris, octobre 2009

*

L’auteur remercie l'Université de Paris XII et son Département de Philosophie, de son accueil comme professeur invité pendant l'année 2002-2003 et encore cette année 2009-2010. Ce texte fait partie des recherches qu’il a pu y poursuivre en pleine liberté. Les remerciements vont particulièrement, pour leur soutien amical, aux collègues : Alain Gigandet, Frédéric Gros, Paul Mengal, Patricia Pol. Aussi à Patrice Vermeren, de l’université de Paris VIII, qui a fortement stimulé l’édition de ce texte.

*