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"Ville et mémoire du voyage"

De
143 pages
Rédigés par des intervenants de diverses disciplines: géographe, anthropologue, sociologue, philosophe, architecte-urbaniste, voici une poursuite de la réflexions sur la place du voyage dans la civilisation urbaine. Ces rencontres étaient l'occasion de chercher à regarder la ville autrement, à travers son histoire et sa mémoire et de s'interroger sur la cité de demain.
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Ville et mémoire du voyage

COLLECTION CARNETS DE VILLE
dirigée par Pierre Gras
DÉJÀ PARUS Serge Mouraret, Berlin, carnets d'amour de villes et de haine

Pierre Gras, Mémoires Suzana Moreira,

Slio Paulo, violence et passions

Jacques de Courson, Brésil des villes Pierre Gras, Ports et déports Jean-Paul BIais, À la Bastille... Muriel Pernin et Hervé Pernin, Transsibériennes
Nelly Bouveret, Thierry Collectif, Mékong dérives Paquot, L'Inde, côté villes Villes, voyages, voyageurs

Pierre Gras, Suite romaine Baudouin Massart, Un été à Belfast

Daniel Pelligra, Quai du soleil; Lyon, port d'attaches Bérengère Morucci, Alamar, un quartier cubain

Jean Hurstel, Réenchanter la ville; voyage dans dix villes culturelles européennes
À PARAÎTRE Luc Gwiazdzinski et Gilles Rabin, Voyage en périphéries; autour de Paris (avril) à pied

Pierre Gras et Thierry Paquot (dir.), Le Corbusier voyageur (juin)

@ L'HARMATTAN,

2007

ISBN: 978-2-296-02893-7 EAN : 9782296028937

COLLECTION CARNETS DE VILLE

Actes de la seconde rencontre « Villes, voyages, voyageurs» de Villeurbanne

Ville et mémoire du voyage

publiés sous la direction de Pierre Gras, en collaboration avec Catherine Payen

L'Harmattan 5-7, rue de l'École Polytechnique 75005 Paris - FRANCE

«II ne faut pas dire qu'on voyage pour son

plaisir. » Albert Camus, Carnets (1962).

PRÉFACE

UN VOYAGE AU CŒUR DE LA MÉMOIRE ET DE L'URBAIN
PAR JEAN-PAUL BRET, MAIRE DE VILLEURBANNE, ET SONIA BOVE, ADJOINTE AU MAIRE CHARGÉE DE LA MÉMOIRE ET DU PATRIMOINE ARCHITECTURAL

C'est à Villeurbanne que les rencontres «Villes, voyages, voyageurs» ont choisi de dérouler leur deuxième édition sur le thème «Ville et mémoire du voyage ». À l'heure où la ville nous interroge comme jamais elle ne l'a fait par le passé et où la pensée contemporaine revisite l'œuvre de Walter Benjamin, «explorateur de l'urbain », cette réflexion intéresse nécessairement les acteurs de la ville que sont les élus. Car tout à Villeurbanne nous parle d'hier, d'aujourd'hui, de demain. Tout évoque le déplacement géographique et temporel même si, dans sa configuration de béton et d'arbres centenaires, la ville nous donne le sentiment d'être à jamais enracinée, inébranlable, comme figée en elle-même. En un siècle, Villeurbanne s'est déplacée vers l'Est, gagnant jour après jour du terrain et

VILLE ET MÉMOIRE DU VOYAGE

de la densité. Elle s'est enrichie des populations venues du monde entier, attirées par son potentiel industriel et son besoin en main-d'œuvre, qui ont inscrit dans sa trame une part du voyage accompli. Partout dans les quartiers de Villeurbanne, vaste gare d'échange des allées et venues du monde, un bâtiment, une technique de construction nous rappellent une histoire de là-bas. Tout est voyage parce que la double question du commencement et du recommencement y est éternelle. Elle est intrinsèque à la ville qui sécrète sa propre mutation. Les quartiers qui s'inventent - comme hier les Gratte-Ciel ou le Tonkin, pour citer les transformations les plus spectaculaires, comme aujourd'hui aux Buers, sur l'ancien terrain des Sœurs, ou le long de la ligne de l'Est avec l'arrivée de Léa - témoignent du mouvement qu'une population entreprend sur son propre territoire. La ville se développe précisément à ce point de rencontre entre réalité (ce que nous vivons maintenant) et imaginaire (ce que nous allons léguer et que nous aimerions vivre). En permanence, la ville porte son rêve, autant dire d'innombrables appels aux voyages! Transmettre hier, imaginer demain Il est un lieu à Villeurbanne où ces voyages dans le passé, dans le présent comme dans le futur, pourront être entrepris de façon permanente par un public très large: le Centre mémoires & société. Au début de 2008, cet espace culturel, avec ses programmes d'expositions, de conférences, de projections et d'ateliers de découverte 10

PRÉFACE

destinés aux jeunes comme aux moins jeunes, rendra compte de la richesse de notre histoire commune, tandis que médiathèque et archives nous parleront de l'actualité des villes et de notre patrimoine. C'est toute une matière vivante, rappelée sans nostalgie, qui constitue notre patrimoine social commun. Un socle fort, une «commune mémoire ». Parce que nous croyons que ce patrimoine-là peut nous aider à réfléchir sur aujourd'hui comme sur le futur proche, et nous ouvrir à des discussions et à des réflexions, à des choix possibles pour des chemins à prendre ou à laisser. Profiter de la présence des témoins et recueillir leur parole, interroger et croiser la réflexion, le travail, les points de vue des scientifiques qui savent rendre l'histoire moins opaque, et par les créateurs artistiques qui savent, en procédant par déplacement, surimpression, imaginaire, reconsidérer la réalité: telle est la méthode mise en œuvre pour ce nouvel équipement villeurbannais. Une méthode éprouvée durant les quelque six années de préfiguration et dont les rencontres «Villes, voyages, voyageurs» se sont fait l'écho. Dans ce lieu clos des rencontres, il s'est dit des choses sur l'ailleurs, sur le tout proche, sur le bruissement des villes, sur le rapport intime et poétique que l'on entretient avec elles, sur l'échange à travers le voyage. Merci à chacun, universitaires, spécialistes, philosophes, artistes, écrivains et public, de nous avoir emmenés dans des révélations mémorielles, dans des traces, dans des histoires, dans des chocs vécus, dans des partages.

INTRODUCTION

VILLE ET MÉMOIRE DU VOYAGE
PAR PIERRE GRAS, JOURNALISTE ET ÉCRIVAIN

Le colloque organisé traditionnellement dans le cadre des rencontres « Villes, voyages, voyageurs» portait en 2006 sur le thème générique «Ville et mémoire du voyage». Pourquoi un tel choix et qu'entendait-on par là ? La « mémoire du voyage» dans la ville peut certes s'illustrer de manière fort différente: une architecture, le nom d'une rue, la forme d'une maison ou d'un lieu de culte, une gare ou un monument, un paysage ou une ambiance urbaine... Mais tous ces lieux, même les plus contemporains, portent les mémoires des voyages entrepris par leurs concepteurs, leurs constructeurs ou leurs habitants, venus de tous les continents. Les «rencontres voyageuses» proposées à Villeurbanne étaient donc l'occasion, pour les habitants comme pour les professionnels, de chercher à «regarder la ville autrement », à travers son histoire et sa mémoire, et de s'interroger sur la cité de demain. Il s'agit là d'un enjeu à la fois local - dans

VILLE ET MÉMOIRE DU VOYAGE

le sens d'une réappropriation du patrimoine dans toute sa diversité - mais aussi global, dans la mesure ou ces questions ne sont nullement limitées à l'agglomération lyonnaise, ni même à la France d'aujourd'hui. Bien entendu, comme à l'habitude, les débats n'ont pas épuisé le sujet. Ils se plutôt attachés, à partir d'un ensemble d'analyses - et surtout du dialogue qui a en résulté entre diverses disciplines et différents points de vue -, à examiner ensemble la question des «traces », physiques ou plus immatérielles, du voyage dans la ville (la mémoire de son peuplement, le brassage social ou culturel qu'il a provoqué, leur impact sur l'architecture et le paysage urbain, ou encore la relation de ces phénomènes avec les modes de vie). Le colloque a également permis d'appréhender l'émergence et la nature de nouveaux types de déplacements dans la ville - qu'il s'agisse du développement du tourisme urbain, de l'errance urbaine de populations fragiles ou des enjeux économiques ou sociaux de la mobilité. Trois temps de réflexion ont été ménagés pour tenter de cerner ces phénomènes complexes. Dans un premier temps, il s'agissait en quelque sorte de convoquer

les « mémoires d'hier» en esquissant les contours d'une « histoire critique du voyage », et notamment du tourisme
urbain. Marc Boyer, auteur d'une récente Histoire générale du tourisme du XVIe au XXIe siecles, s'était chargé de proposer une solide introduction aux débats, dont on percevra tout l'intérêt dans le compte-rendu de 14