Rêves et Cauchemars

Rêves et Cauchemars

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Français
340 pages

Description

Droite ou gauche ? Pour la plupart des gens, un choix anodin. Vous êtes dans une nouvelle école, perdu, et si ce n’est pas le bon corridor, vous essayez l’autre, tout simplement. Vous devez rejoindre des amis dans un pub et vous êtes incertain de la route? Ce n’est pas grave, vous demandez votre chemin. Un choix plutôt banal qui ne vous coûtera au pire qu’un peu de temps. Ici, c’est différent. Ici, peut-être que la droite mènera à une jouissance infinie, une euphorie totale, mais éphémère, qui rendra ensuite la vie bien morne et misérable. Le chemin de gauche, lui, mènera peut-être à une souffrance insoutenable, une longue agonie constituée de chaos et d’épouvante. Et quand tout cela se répète indéfiniment, quand il n’y a pas de possibilité de faire marche arrière et quand, au bout du compte, c’est le hasard cruel qui décide lequel de ces deux enfers il faudra affronter, tout que ce qu’on espère au final, c’est de ne pas y laisser derrière, à l’embranchement, la raison. Car en perdant la raison, on perd aussi l’envie de se battre.
Voici l’histoire d’un adolescent dont les nuits sont hantées de cauchemars inquiétants; Cauchemars qui ne s’évanouissent pas toujours aux premières lueurs du jour…
À ne pas lire avant de s’endormir!

Informations

Publié par
Date de parution 30 mars 2018
Nombre de lectures 10
EAN13 9782897863975
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Copyright © 2018 Alexandre Charbonneau Copyright © 2018 Éditions AdA Inc. Tous droits réservés. Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite sous quelque forme que ce soit sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans le cas d’une critique littéraire. Éditeur : François Doucet Révision éditoriale :L.P. Sicard Directeur de collection : L.P. Sicard Révision linguistique : Féminin pluriel Correction d’épreuves : Nancy Coulombe, Émilie Leroux Conception de la couverture : Mathieu C. Dandurand Photo de la couverture : © Getty images Mise en pages : Sébastien Michaud ISBN papier 978-2-89786-395-1 ISBN PDF numérique 978-2-89786-396-8 ISBN ePub 978-2-89786-397-5 Première impression : 2018 Dépôt légal : 2018 Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque et Archives nationales du Canada Éditions AdA Inc. 1385, boul. Lionel-Boulet Varennes (Québec) J3X 1P7, Canada Téléphone : 450 929-0296 Télécopieur : 450 929-0220 www.ada-inc.com info@ada-inc.com Diffusion Canada : Éditions AdA Inc. France : D.G. Diffusion Z.I. des Bogues 31750 EscalquensFrance Téléphone : 05.61.00.09.99 Suisse : Transat23.42.77.40 Belgique : D.G. Diffusion05.61.00.09.99 Imprimé au Canada
Participation de la SODEC.Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada (FLC) pour nos activités d’édition. Gouvernement du QuébecProgramme de crédit d’impôt pour l’édition de livresGestion SODEC. Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada Charbonneau, Alexandre, 1986-, auteur Rêves et cauchemars / Alexandre Charbonneau.
Public cible : Pour les jeunes de 13 ans et plus. ISBN 978-2-89786-395-1 I. Titre. PS8605.H365R48 2018 jC843’.6 C2017-942499-8 PS9605.H365R48 2018
Conversion au format ePub par:
www.laburbain.com
Merci à mes parents, Denis et Jocelyne, pour leur soutien précieux. Je salue aussi mes chats: Alpha et Omega.
Tes cauchemars te suivent comme une ombre, toujours . Aleksandar Hemon
La réalité est fausse. Les rêves, eux, sont réels. Tupac Shakur
Poursuis tes rêves. Ils connaissent le chemin. Kobi Yamada
Juste une ombre Le riche trentenaire se réveille dans son grand lit luxueux. Les deux jumelles dorment à ses côtés. C’est fou comme elles donnent l’impressi on de n’avoir pratiquement pas vieilli, depuis le temps. Encore une journée ennuyante dans ce monde ennuyeux . Il n’en peut plus. Sans mal, il ne peut vraiment y avoir de bien, non ? Donc, ce qu’il vit serait somme toute un paradoxe. Il en parlerait volontiers avec un intellectuel ou un philosophe s’il n’était pas déjà l’homme le plus intelligent au mon de. Il le sait. Alors, aucun intérêt. Il fixe son bracelet en or. Premier cadeau de sa fe mme. De l’uneses femmes. de Laquelle ? Il n’est plus sûr. Aucun intérêt. Ses « ennemis » sont si linéaires et ennuyeux… Les jumelles aussi sont ennuyeuses. Leur naïveté n’ a d’égale que leur joie excessive et naturelle. Fausse et naturelle à la fois, d’une certaine façon. Leur attitude est plutôt drôle, en fait. Mais il ne rit pas. Non, il ne sourit même pas. La dernière fois qu’il a souri, c’était il y a bien longtemps. Quand l’une de ses femmes lui a donné ce bracelet. C’était un sourire crispé.
À mon remplaçant.
Droite ou gauche ? Pour la plupart des gens, un cho ix anodin. Vous êtes dans une nouvelle école, perdu, et si ce n’est pas le bon co rridor, vous essayez l’autre, tout simplement. Vous devez rejoindre des amis dans un p ub et vous êtes incertain de la route ? Ce n’est pas grave, vous demandez votre che min. Un choix plutôt banal qui ne vous coûtera au pire qu’un peu de temps. Ici, c’est différent. Ici, peut-être que la droite mènera à une jouissance infinie, une euphorie total e, mais éphémère, qui rendra ensuite la vie bien morne et misérable. Le chemin d e gauche, lui, mènera peut-être à une souffrance insoutenable, une longue agonie cons tituée de chaos et d’épouvante. Et quand tout cela se répète indéfiniment, quand il n’ y a pas de possibilité de faire marche arrière et quand, au bout du compte, c’est le hasar d cruel qui décide lequel de ces deux enfers il faudra affronter, tout ce qu’on espè re, finalement, c’est de ne pas y laisser derrière, à l’embranchement, la raison. Car en perdant la raison, on perd aussi l’envie de se battre. — L.
Prologue Détendu et bien installé sur son vieux sofa gris, L éandre savoure des yeux l’instant où le zombie bondit à la gorge de la pauvre femme. Réf léchissant en même temps à un devoir d’école quelconque tout en entrelaçant les d oigts sous son menton, le jeune étudiant arbore un air imperturbable comme à son ha bitude devant ce type de scène horrifiante. C’est vrai queLa Nuit des morts-vivants est un très vieux film — de 1968, si sa mémoire ne lui fait pas défaut —, mais la scène est plutôt bien faite pour l’époque. Louis, à l’autre bout du canapé, est moins tranquil le que son meilleur ami. Il éclate de rire en sautillant un peu partout. — Ha ! Ils ne l’ont pas encore eu ! Je t’avais dit que Roger était un gagnant, s’exclame le jeune en ramenant l’une de ses longues mèches blondes tombantes derrière son oreille en trépignant d’excitation. L’autre garçon pouffe en l’écoutant ; Louis est bie n l’unique personne de son entourage qui prend la peine de nommer les morts-vi vants dans les films… en plus de retenir en détail tout ce qu’ils portent comme habi ts et accessoires tout au long de l’histoire. Même ceux qui pourraient être catégoris és de sous-figurants, Louis les a répertoriés dans son esprit. Roger est son préféré du moment. Mais Léandre croit bien qu’il se fait trancher en quatre par le héros un pe u plus tard, à moins que ce soit dans un autre film… C’est ardu de se remémorer le tout ; il y en a tellement, de ces bons vieux classiques-là ! Même si l’on ne peut pas nier que son partenaire de film a une bonne mémoire pour ce genre de choses originales, c’est indubitablemen t Gabrielle qui demeure la visuelle du groupe ; elle peut même se rappeler les habits q ue portait un certain prof il y a un mois. La grande rousse n’était pas restée, raill ant être un peu trop lassée de leur flanquer les mille et une raclées à Mario Kart (pre mière activité de la soirée) et pas trop intéressée par ce type de film. Tous les gars qui p résument que les filles ne jouent pas aux jeux vidéo devraient affronter Gaby. Léandre no te toujours le même genre de réaction dans ce cas-là : yeux écarquillés, bouche grande ouverte… Parfois, ils sont médusés, tantôt ils sont frémissants et, occasionne llement, la colère marque tous leurs traits : reflet de leur frustration du moment. Pendant que Louis chantonne un air de victoire impr ovisé sur Roger qui vient de massacrer une deuxième victime, Léandre jette un ra pide coup d’œil sur son cellulaire. — Il est quand même minuit et treize, signale-t-il. Je pense qu’il faudrait arrêter ça pour la nuit. On a de l’école demain. Léandre se prépare déjà mentalement. Pas facile de faire partir Louis qui s’ennuie toujours mortellement dès qu’il franchit le seuil d e sa maison. Cette dernière brille continuellement par l’absence de ses parents (deux bourreaux de travail) et de son grand frère, le fanatique des clubs et des bars. — Mais c’est quand même vendredi demain ! bredouill e-t-il. Et Roger, je ne vais pas le laisser tomber ? Mais la fatigue trahit Louis ; d’un revers de la ma in, il étouffe un bâillement soudain. Léandre hausse les épaules, la moue compatissante, mais impuissante.
— Je sais, mais là… Le cours de Thivierge est déjà assez plate, je ne vais pas y aller à moitié endormi en plus ? Louis ricane, claironne le nom de Thivierge en imit ant la voix rocailleuse d’un démon et en mimant ensuite grotesquement la démarche d’un prêtre qui essaie de renvoyer le mal en enfer. Thivierge est en fait un prof de mora le et aussi d’éthique religieuse et il est, pourrait-on dire, un peu trop passionné par so n travail. Son sourire défaille quelque peu lorsqu’il constate que son ami demeure immuable sur son idée de terminer maintenant la soirée, feig nant même un léger bâillement pour démontrer qu’il est effectivement tard. — Pas besoin de dormir huit heures, on n’est pas de s vieux quand même, renchérit Louis. Léandre lève discrètement les yeux au plafond, la l ippe légèrement embêtée. Il se lève et, par réflexe, son compagnon l’imite. Mais L ouis s’entête encore un moment, puis adopte une autre stratégie : il change de suje t de conversation. — Mon frère me nargue parfois avec son opinion sur nos visionnements de films d’horreur qui seraient inutiles, selon lui. La prem ière fois qu’il m’a dit ça, je suis resté sans réponse, comme un con ! — Toute chose a son utilité, selon moi, même la plus anodine. — Exact. Il m’a encore bavé là-dessus tout à l’heur e, mais j’ai repensé à un truc… Mon père, qui était de bonne humeur hier, n’arrêtai t pas de me parler et, à un moment donné, il m’a dit qu’il y avait une femme dans son cours de premiers secours qui paniquait et qui n’était pas du tout capable de reg arder la vidéo d’instructions avec le faux blessé, le faux accident, le faux sang… Tu voi s le genre ? Louis sort de ses poches un petit sac de plastique dans lequel repose comme toujours une multitude de gommes ballounes. Il en j ette une dans sa bouche d’un geste mécanique, sans désaffecter son air de réflexion. D ’une moue entendue, Léandre répond, les mains dans les poches : — Les films d’horreur en général nous durciraient ? — Exact. Son hôte sourcille un peu à l’idée et se caresse le menton de l’index, songeur. Louis essaie de renforcer son hypothèse : — Bon. Pastousussi et ils sontfilms. Mais on en écoute souvent des récents a  les sacrément bien faits. C’est presque comme dans la r éalité. Échange-nous de place, nous, et la fille poule mouillée dont mon père parl ait, tu verrais qu’on demeurerait bien concentrés devant la vidéo et elle, elle serait cac hée sous le divan en ce moment même, au lieu d’affronter l’écran avec les zombies ! — C’est vrai, ça doit nous fortifier un peu, susurr e Léandre, se demandant soudain s’ils ne parlent pas un peu trop fort alors que ses parents dorment à côté. — Je lui dirai ça, au frère, demain ! lance Louis a vec une lueur de satisfaction dans les yeux. Encore comme un automatisme, toujours en mastiquant sa gomme, Louis calque son ami et fourre ses mains dans ses poches, médita nt encore sur son idée. Léandre jette un bref coup d’œil oblique sur la tél évision et aperçoit une horde de morts-vivants qui se heurtent violemment contre une porte verrouillée derrière laquelle