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A la santé de mes cafards

De
241 pages
J'ai bu des fleuves de bière, toutes sortes de bières, demis à la pression, bières bouteilles du Nederland, Heineken ou Amstel, les allemandes ou les alsaciennes, Munich ou Kronembourg, les suédoises Carlsberg ou Tuborg, les bières belges, la Gueuze ou celle des Trappistes. J'errais vaticinant de café en café, de pub en pub, de bar en bar, à la recherche de moi-même, ne trouvant que mon ombre et mon spectre m'accompagnant sur les pavés disjoints, sous le soleil ou sous la pluie, hagard le jour, illuminé la nuit et renaissant avant de retrouver le doux sommeil opaque et noir, l'ancien bercement.
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2 A la santé de mes cafards
A la santé de mes cafards

3A la santé de mes cafards
Jean-Claude Demay
A la santé de mes cafards
Précédé des Frères de la Douleur et
suivi de En Kerloren

Roman
5Éditions Le Manuscrit























© Éditions Le Manuscrit, 2008
www.manuscrit.com

ISBN : 978-2-304-01792-2 (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782304017922 (livre imprimé)
ISBN : 978-2-304-01793-9 (livre numérique)
ISBN 13 : 9782304017939 (livre numérique)

6 . .
8 A la santé de mes cafards






J’ai rencontré Jean-Claude Demay un
14 juillet, au bal des pompiers, où
j’accompagnai une amie. Un homme ivre
l’aborda et entreprit de lui conter ses charmes.
Je m’interposai, tentant de détourner la
conversation et les intentions de l’inconnu.
Nous discutâmes. Il se piquait de poésie,
comme moi. Je ne sais pourquoi — sans doute
pour m’en défaire — l’un de nous prit le
numéro de l’autre. Nous nous revîmes, lui sobre
cette fois. De la sympathie s’installa entre nous,
qui devint de l’amitié.
Un soir de grande ébriété — je m’en
souviens encore — Jean-Claude me convoqua
chez lui d’autorité. Puis il me conduisit alors à
une brasserie des Gobelins. Là, sortant un
mince paquet de pages dactylographiées, il me
lut ce texte qui s’appelait encore Les seigneurs de
la nuit (plus tard, j’ai rebaptisé son roman Les
frères de la douleur pour tenter de mieux dire sa
portée). La plupart des auteurs sont incapables
de se déclamer ; et n’ayant jamais rien lu de lui,
je redoutais le pire. Je ne m’attendais certes pas
au choc qui allait suivre. Une demi-heure après,
9 A la santé de mes cafards
je savais qu’un des grands auteurs de notre
temps se tenait devant moi.
Malgré l’alcool, d’une voix grave et claire,
parfaitement scandée, Jean-Claude dit son texte.
Et je vis surgir, dans cette brasserie clinquante
et à demi vide, les mondes de l’intoxication et
de la folie, la douleur que trop de civilisation a
rejetée loin de nos yeux, ce que la souffrance
n’avait pas pu crier mais seulement écrire. Sa
diction martelée et profonde lançait des phrases
démembrées et vibrantes d’avoir été vécues. Je
les recevais, je les buvais. Plus tard, je relus son
roman posément, et la même émotion me prit.
Je ne fus pas surpris, mais attristé, qu’une
telle œuvre fût inconnue du public. Je crois que
chaque époque a ses points noirs, ses hontes
cachées et inavouables, des zones invisibles où
ses refoulements ultimes s’enfouissent. Jean-
Claude Demay pointe cette souillure de la
société et la dit. Qui peut l’entendre ? Ceux qui
le lisent sont choqués et, n’ayant pas la
ressource intérieure pour faire face à ce qu’ils
reçoivent, en détournent simplement les yeux et
l’oublient, le nient. Le reconnaître serait avouer
le vice de notre temps à nu. On se flatte d’être
fort, on explore la luxure et le meurtre dans
leurs détails les plus sordides, on en repaît les
films et les romans, on s’y complaît en
spectateur, on y prête même la main parfois :
mais la souffrance morale, l’addiction poussée
10 A la santé de mes cafards
jusqu’à l’enfermement, la tristesse de la
démence, l’absence de toute tendresse humaine,
on ne peut les supporter, on les occulte, on les
enclôt. Or c’est de là qu’écrit Jean-Claude
Demay.
À la santé de mes cafards répond aux Frères de la
douleur. Le premier volet tourne autour de
l’alcool mis en vis-à-vis avec l’échec de l’amour ;
le second autour des femmes mises en vis-à-vis
avec un monde halluciné ; les deux sont un
même mouvement. Le fil de ces romans est la
souffrance, son cheminement intime,
l’extension de son empire dans le moindre repli
de l’être, et sa formulation dans une expression
à la fois torturée et lyrique — torturée, parce
que c’est de douleur qu’il s’agit, et lyrique parce
que cette douleur recèle un secret espoir, sur
lequel je reviendrai plus loin.
Après ce diptyque, En Kerloren relève d’un
registre différent et probablement plus
accessible au lecteur contemporain. Ce tableau
médiéval fantastique renvoie au romantisme
noir et à la tradition néogothique, dont Gracq
est le grand représentant aujourd’hui. La toile
de fond connue permet de mieux apprécier
l’originalité extrême du style de Jean-Claude
Demay.
La difficulté pour pénétrer l’œuvre de Jean-
Claude Demay tient justement à son écriture.
De fait, en littérature comme dans les autres
11 A la santé de mes cafards
arts, la postmodernité se caractérise par la
disparition du style comme point de référence
esthétique d’une période donnée. Notre temps
est celui des voies singulières, des expressions
personnelles, d’autant plus difficiles à apprécier
qu’elles sont uniques et rattachées à un seul
artiste. Il en va ainsi des livres de Péguy, de
Claudel, de Céline ou d’Albert Cohen. La prose
de Jean-Claude Demay s’inscrit dans cette
lignée des singularités remarquables. Il faut y
entrer en ayant conscience de cette particularité,
et prendre le temps d’habiter une écriture
difficile mais magnifique.
Le double roman des Frères de la douleur et
d’À la santé de mes cafards ne se borne pas à
rendre la souffrance palpable. Sous la terreur
qu’il crie, une foi aveugle et obstinée soutient
l’auteur. Sans elle, ce monument n’aurait pas été
possible : le néant l’aurait submergé. Bien sûr,
tout hurle l’absence de Dieu ; mais les
blasphèmes en sont la manifestation inverse. La
musicalité intense de son style le trahit. Jean-
Claude Demay se lit en négatif. S’il a pu écrire,
c’est qu’il était porté. Son œuvre témoigne par
elle-même de la force de la foi derrière les mots
qui semblent la démentir. Tel est le sens de son
lyrisme.
Les écrits de Jean-Claude Demay resteront
auprès de ceux qui n’auront pas peur de
regarder la face cachée de la société et de
12 A la santé de mes cafards
compatir. Ceux-là grandiront en humanité.
Notre époque a besoin de tels prophètes mais
l’ignore. Puisse le public se saisir de cette œuvre
heureusement rééditée.

*Guillaume de Lacoste Lareymondie



* Guillaume de Lacoste Lareymondie est le premier
éditeur de Jean-Claude Demay.
13 A la santé de mes cafards






Les Frères de la Douleur
roman

1983
15 A la santé de mes cafards






J’ai bu des fleuves de bière, toutes sortes de
bières, demis à la pression, bières bouteilles du
Nederland, Heineken ou Amstel, les allemandes
ou les alsaciennes, Munich ou Kronembourg,
les suédoises Carlsberg ou Tuborg, les bières
belges, la Gueuze ou celle des Trappistes.
J’errais vaticinant de café en café, de pub en
pub, de bar en bar, à la recherche de moi-
même, ne trouvant que mon ombre et mon
spectre m’accompagnant sur les pavés disjoints,
sous le soleil ou sous la pluie, hagard le jour,
illuminé la nuit et renaissant avant de retrouver
le doux sommeil opaque et noir, l’ancien
bercement.

Cette souffrance lancinante, taraudante,
térébrante, enténébrée, tenaillante, tailladante,
ces vertiges inouïs à fond de fosse, ces trous, ce
vide inextinguible, non rempli, aux contours
imprécis plissés, ce repli, cette fuite, ce chaos
ressenti comme un choc, un trauma très
tragique, cette pulsation plasmatique fébrile,
cette recherche adjectivale, cette perte des mots,
de connaissance, des amitiés, des amours et de
17 A la santé de mes cafards
soi, pourquoi, pourquoi ? Pour rien peut-être, et
après tout ce n’est pas sûr.

Ce besoin de l’alcool considéré pourtant
comme toxique et écœurant, dégradant, ces
nerfs qui se tordent et brûlent sous l’action, le
mouvement d’un vent venu de loin, étrange,
- ces impulsions fracassées et ces torpeurs
languides, - ces hallucinations d’ophélies à la
traîne, dérivant à portée de main, de verre,
translucides voiles écarquillés, tulles diaphanes
emportés, – ces tentaculaires hésitations, ces
valses à contretemps hors cadence, ces
syncopes, ces approximations, ces hébétudes
magistrales, ces peurs du mot de trop, déplacé,
falsifié, – cet itinéraire affirmé comme une
marque indélébile, cette débilité, ce débit, cette
dette de la boisson, ce but de l’ayant bu, de la
bouteille, ce bout, cet emboutissement, cet
engloutissement, cette gloutonnerie et cet
étonnement du goût, cette giclure du ci-gît, du
gisement d’ici.

Il faut, pour revenir, avoir traversé les pays,
les paysages et les âges, avoir entassé en soi-
même tous les écœurements et les calcinations,
entretenu ses plaies béantes et les avoir
fouillées, fouaillées non sans recueillement ni
délices, avec délicatesse et tact, et il est dur, très
dur de revenir de cet état de mort, de cette
18 Les frères de la douleur
prison, de cette incarcération permanente ; il
faut avoir fait voler en éclat, comme en
éclaboussures, la parole vaseuse,
borborythmique, énigmatique, sphingienne,
pour retrouver l’autre parole, la langue
maternelle, l’héritage cellulaire, le trait incisif du
paraphe et du persistement.

Ainsi naît le dégoût primitif, viscéral, pour le
liquide ingurgité ; les lèvres refusent et disent
non, l’être intégral se détourne, ne succombe
pas, attentif, sur ses gardes, et se reconstitue
patiemment, lentement, point par point ; les
organes se restaurent, ils se posent, s’affirment,
se construisent ; la marche, la stature
redeviennent sûres ; les mouvements, la
musculature s’enchaînent ; les mots se lient, le
langage recouvre sa vertu de liaison, de relation,
la vie prend à nouveau un sens, une direction,
une orientation, une naissance.

Les frères de la Douleur s’abreuvent à même
le zinc, cherchant dans les taches allant irradiées
l’image, le reflet enfoui de leur sœur à jamais
perdu, – les frères de la Douleur pleurent en
étreignant leur verre, maladroitement accoudés
au bar, et si fragiles qu’ils semblent glisser, se
dissoudre, sombrer dans le silence élargi,
brusquement agrandi, béant, ils pleurent à fleur
de peau, à fleur de peur, le fait d’être paumés,
19 A la santé de mes cafards
poivrots, – leurs visages ruissellent de sueurs et
d’angoisses ; réverbérés sous le néon blafard,
leurs traits s’effacent dans la glace, ils ont déjà
quitté le décor, le tableau, ils sont déjà partis
tout en restant debout à contempler leur âme à
l’horizon du zinc, ils s’accrochent à leur ombre
comme au bras du dernier ami, ou de la mort
plutôt, et les voilà qui dorment les yeux
grand’ouverts, ils rêvent, ils rêvent au passé, aux
temps anciens idylliques, paradisiaques, ils y
sont arrivés, enfin ils ne sont plus que le visage
de l’enfant, du nouveau-né suçant, tétant, tâtant
le sein, leur mère est là défigurée, la mort les
prend tranchant leur rêve, et le verre se casse,
un corps s’écroule, les autres viennent, se
penchent, tendent la main, il n’est plus temps, le
frère n’est plus, il est né, même la Douleur l’a
quitté, tous l’ont laissé à l’abandon, nous, on, la
bande.

Les seigneurs de la Nuit ricanent en
attendant les aubes, leurs rires gloussés
s’étoilent au gosier, ils prennent de l’ampleur,
tapent sur leur bedaine, même les maigres font
cela : se rassurer le ventre, et s’assouplir les
tripes, – ils rient, donc ils sont bien, et ils le
savent, de le savoir les fait rire plus fort, leur
rire sonne comme des lapements et des
éructations, ils rotent et pètent très médiévaux,
ne se voulant pas de ce temps, de la modernité,
20 Les frères de la douleur
les seigneurs de la Nuit trinquent à la santé de
leur Dame, la très divine, très dive et innée
damnation par l’ivresse, et ils sourient à leur
princesse, à la reine des libations bacchiques, ils
rient et se libèrent en s’appelant mein Herr,
entrechoquent leurs verres qu’ils lèvent brandis
et abattent avec violence ; les seigneurs de la
Nuit sont sortis de ce monde, la grand’salle s’est
refermée sur eux, ils sacrifient au rite, leur rire
s’élève et tournoie subitement glacé, figé, d’une
fixité absolue, les poutres lambrissées
répercutent en écho cette chaleur sonore, ils
divaguent déjà et leur délire s’épanche, leur rire
plonge sur les dalles où il se brise en mille
éclats, les seigneurs de la Nuit ricanent et
ânonnent des âneries innommables en litanies,
vêpres de la désespérance, messe noire si
candide, leur rire s’est éteint, l’aube point, il fait
jour.

Il s’appelle l’alcoolique, il a troqué son nom
contre le surnom des troquets, sa trogne luit, il
n’a plus d’âme, son corps le ronge, il songe à ce
qu’il était avant, – avant quoi au juste ? – avant
que ça ne lui arrive, mais que lui est-il arrivé ? il
ne sait plus au juste, puisqu’il oublie, tombé
dans des oubliettes desquelles il ne se relèvera
pas, oui, ça il en est sûr, c’est son unique
certitude, il ne croit plus qu’à ça, la triple vérité :
« je n’ai plus la foi, je n’ai plus de foie, j’ai les
21 A la santé de mes cafards
foies », des fois ça lui fait mal de réfléchir à ce
genre d’évidence, alors il évite d’y penser et se
remet à boire et là il est le roi, il en connaît un
sacré rayon, il dépasse tout le monde en ce
domaine, nul ne peut le suivre, il n’y tient pas
d’ailleurs, il ne tient plus à rien, pourtant il tient
encore debout, le miracle du corps, on n’en voit
pas le bout, l’heure n’a pas sonné, il lui reste
une chance et il fera exprès de la rater de très
près, histoire de se prêter au surnom, puisqu’on
le nomme l’alcoolique, celui qui boit, comme un
trou, le boit-sans-soif, celui qui boit à la folie, à
sa santé, celle des autres ou la sienne, il ne sait
plus, il se rappelle en vain, les souvenirs d’alcool
le diluent lentement floué.

Et il se rappelle parfois son enfance, la
promenade avec la mère à travers la forêt
hercynienne, la luxuriance, la splendeur, leurs
rires joints, fusant des lèvres, le bol de lait
fumant dans les vapeurs bleutées légèrement de
l’aube, le parterre de fleurs, et le chien recueilli,
que sa main caressait, riche toison entremêlée
salie, la bave à ras de gueule, les jupes à volant
sur les bas tressés noirs, leurs marches et leurs
courses, les itinerrances lointaines, hors
mémoire, parfois le frôlement de la main sur la
joue, l’effleurement des doigts au rouge
vermillon, et la gueule du chien aux incisives
mauves, et la langue animale subsumant le
22 Les frères de la douleur
langage, les arbres se penchaient, le clapotis de
l’herbe, et le retour à deux, tout seul, le père et
son ami à la terrible phrase : « une balle au ras
de la tempe et il n’a pas souffert », cette chienne
de vie, la garce qui engendre…

Des syncopes, des hachures, la grisaille, la
monotonie, le monochromatisme, les révulsions
soudaines, les retours, les départs,
l’entrefilement de ses rêves, l’avenir de plus en
plus inéluctable, découpement du temps,
scories, rythme fou, métronomie inventée,
vertiges, hallucinations, confusion des idées,
faille dans la pensée, l’ordonnance,
inorthodoxie, verbiage de pacotille, parole
embourbée, langue pâteuse, vieilles histoires,
cosmogonies déchues, récupérations, tentatives
d’essor, se tenir droit, tenir debout, tenir
jusqu’au bout, au bout la chute, la bouteille, le
verre, le liquide, la liquidation, la dissolution,
solution de la différence, envers, versement,
épanchement, profusion, dépense, gâchis, perte,
abolition, néant, espoirs détruits, calcinations,
brûlures, germes de pourriture, éclosion
cellulaire, corps autre, dédoublé, âme figée,
maquillage dégoulinant, masque fendu, rictus
agonistique, tétanies, tremblements, paralysie
des nerfs, bafouillis, visions aussi parfois,
calèches qui dérivent, heures manquées,
démarche trébuchante, hausser le pas,
23 A la santé de mes cafards
prestance, remords aussi après, résolutions,
attitude morale, le spectre, l’ombre éployée, les
vertèbres tassées, esquilles éclatées, exploits, la
dure croix interne, fœtus fantasmatique, image
plasmatique, chaos, réorganisation, squelette
foudroyé, la chair imaginaire, soi-même, unité
impossible, la faux entr’abattue, grésillements,
courbe la gloire, alignements, déchets,
suintements, sueurs, écartèlements, attelles,
absence du verbe, le mot incomplétif, un peu de
sang vomi, des taches en étoile, la nuit
inanimée, la blême aubade abandonnée.

Mon grand-père était sabotier, saboter le
travail, pouvoir toucher le fond, et sur le fond
donc prendre appui, et prendre de l’élan pour
remonter, – s’il n’y avait pas de fond, –
entreprise impossible, descente irrémédiable,
couler toujours plus bas, s’asphyxier au liquide,
rester entre deux eaux dans le meilleur des cas,
entre deux vins, être toujours dans l’antre de
l’« entre », entrer dans les cafés et sortir de ses
gonds, de soi-même, se dédoubler, devenir
autre, l’autre honni, tombé et toujours
retombant, dégringolade d’escalier, ne plus
passer la rampe, et aucun point d’appui, – la
terre aussi a soif, elle craquelle, se lézarde, le sol
aspire, la marche devient difficile, la verticale
d’escalier comme l’ambulation ; ne plus pouvoir
mettre un pied devant l’autre, issue de tout
24