Service gagnant

Service gagnant

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Français
132 pages

Description


Novak Djokovic, " géant " du tennis mondial, nous livre les clés de son ascension fulgurante.

Tennisman surdoué, Novak Djokovic a longtemps souffert de malaises à répétition et de résultats en dents de scie. Après des années à chercher l'origine de ses symptômes, il découvre qu'il est incapable de digérer le gluten (une protéine contenue dans le blé). Du jour où il modifie son alimentation, il se sent pousser des ailes. Quelques mois plus tard, il remporte le tournoi de Wimbledon et accède à la consécration ultime : le rang de numéro un mondial.

Premier témoignage d'un sportif de haut niveau sur les bénéfices du " sans gluten ", Service gagnant n'est pas un simple livre de conseils alimentaires.

Dans cet ouvrage atypique, personnel, plein de chaleur et d'humour, Novak Djokovic fait le récit de son propre parcours et, s'adressant à tous ceux qui souhaitent se sentir mieux, retrouver des performances physiques et mentales optimales, il partage ses recettes mais aussi des exercices de méditation et de remise en forme, simples et accessibles.






TABLE DES MATIÈRES



Préface du Dr William Davis


Introduction : Le régime qui m'a transformé


Chapitre 1 : Revers et abris anti-aériens
Chapitre 2 : Le goût exquis de la victoire
Chapitre 3 : Comment ouvrir mon esprit a changé mon corps
Chapitre 4 : Qu'est-ce qui vous ralentit ?
Chapitre 5 : Servir pour gagner
Chapitre 6 : Entraîner l'esprit
Chapitre 7 : Entraîner le corps
Chapitre 8 : L'assiette du champion


Postface


Remerciements


Appendice : Conseils pour manger sainement


À propos de l'auteur




Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 10 avril 2014
Nombre de lectures 21
EAN13 9782221145548
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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couverture

SERVICE
GAGNANT

UNE ALIMENTATION
SANS GLUTEN
POUR UNE PARFAITE
FORME PHYSIQUE
ET MENTALE

Novak Djokovic

Préface du docteur William Davis

Traduit de l’anglais (États-Unis)
par Carisse Busquet

À ma famille et à mes amis,
à mes entraîneurs et coéquipiers
qui ont travaillé si longtemps et si assidûment
afin que mon rêve devienne réalité.

À Jelena Ristic qui est tout pour moi.

Et au peuple serbe.

« On vit de ce que l’on obtient.

On construit sa vie sur ce que l’on donne. »

Winston Churchill

PRÉFACE

Une performance humaine optimale : voilà ce que Novak Djokovic a accompli dans le monde du tennis. Seules quelques rares personnes parviennent à un tel niveau, dans quelque domaine que ce soit ; il s’agit là d’une prouesse qui est le fruit du talent, du courage et de la détermination – sans parler des obstacles à franchir.

C’est le but de toutes les entreprises humaines, depuis la physique quantique, la programmation informatique jusqu’au tennis. Pour la majorité d’entre nous, il est difficile de parvenir à une performance idéale, compte tenu des barrières physiques et émotionnelles que nous rencontrons en chemin et qui nous empêchent d’atteindre l’apogée du potentiel physique et mental de l’homme. Novak Djokovic a surmonté d’inconcevables difficultés pour parvenir à la place de choix qu’il occupe dans l’histoire du tennis. Il a réussi à acquérir une certaine expérience de ce sport en Serbie, un pays où le tennis était quasiment inconnu. Il a maintenu les exigences de discipline de l’entraînement, alors que Belgrade, sa ville natale, était assiégée lors de la guerre du Kosovo et que sa famille vivait réfugiée dans des abris pendant des mois d’affilée. Toutefois, parmi tous les obstacles qu’il a dû surmonter, une seule chose a failli abattre ce champion : le blé d’aujourd’hui.

Quand on l’observe en 2010, lors du quart de finale de l’Open d’Australie disputé contre Jo-Wilfried Tsonga, on ne peut s’empêcher de sentir que quelque chose empêchait Djokovic de rester maître de son jeu : un coup manqué ici, une milliseconde de décalage là, une grimace de douleur au moment d’un renvoi musclé, un temps mort dans le quatrième set au cours duquel il semble avoir mal au ventre. En conséquence, il a été battu au terme de plusieurs heures de lutte. En 2012, la finale de l’Open d’Australie contre Rafael Nadal s’est déroulée de façon totalement différente. Djokovic était calme, confiant, parfaitement maître de son jeu, en un mot : brillant. Comment cette transformation a-t-elle été possible ? C’est simple. Djokovic a levé les barrières qui l’éloignaient de la performance physique et mentale optimale en faisant exactement le contraire de ce que ne cesse de conseiller la diététique conventionnelle : il a supprimé de son régime les « saines céréales complètes ».

C’est ainsi qu’en 2011 il a remporté les trois Grand Chelem (l’Open d’Australie, de Wimbledon et l’US Open), et gagné cinquante des cinquante et un tournois qu’il a disputés en douze mois, devenant ainsi le numéro un mondial du tennis homme. Cette année-là, sa performance a étonné d’autres joueurs de renommée mondiale, amenant Rafael Nadal à déclarer que le jeu de Djokovic représentait « le plus haut niveau de tennis qu’[il ait] jamais vu ».

Comment le simple fait de supprimer un ingrédient omniprésent dans l’alimentation humaine, à savoir le blé que l’on trouve pratiquement dans tous les produits alimentaires transformés, propulse-t-il les performances d’un athlète à de nouveaux sommets, lui permettant d’exploiter la totalité de son potentiel mental et physique ? J’ai précisément consacré les dernières années de ma carrière à comprendre cette question : pourquoi le blé moderne, qui est le produit de transformations opérées par des généticiens et par l’industrie agroalimentaire, diminue-t-il les performances mentales et physiques d’une personne, indépendamment de ses dons, de ses capacités ou de son énergie ?

J’ai constaté ce fait à des degrés stupéfiants. Le blé moderne est capable de détériorer la santé du système digestif, provoquant des états qui vont du reflux gastrique aux colites ulcératives, en passant par d’autres formes de douleurs abdominales. Il peut provoquer de l’inflammation (raideur et douleur articulaires) et des maladies auto-immunes (polyarthrite rhumatoïde et thyroïdite d’Hashimoto). Il risque également de révéler ou d’aggraver des états psychotiques tels que la paranoïa et la schizophrénie, de déclencher des troubles du comportement, ainsi qu’une déficience du processus d’apprentissage chez les enfants qui souffrent de diverses formes d’autisme. En tant que stimulateur de l’appétit, il est aussi à l’origine d’une prise de poids, surtout au niveau de l’abdomen, au point que même des athlètes qui s’entraînent quotidiennement pendant des heures grossissent. Ainsi le blé moderne peut-il entraver des performances sportives en provoquant non seulement l’un des états précités, mais aussi de nombreux autres ; l’ensemble étant couronné par la sensation d’avoir l’esprit « embrumé », d’être fatigué, et d’éprouver des troubles de l’équilibre hormonal, ce qui finit par déclencher un phénomène de montagnes russes physiques et émotionnelles qui peut frapper tout le monde, à n’importe quel moment.

Ces malaises ont assailli M. Djokovic en 2010, lors de ce match contre Tsonga – un match qu’il aurait dû gagner. Il le savait.

En tant que père d’une fille qui est une joueuse professionnelle de tennis, je commence seulement à me rendre compte du temps qu’il faut consacrer et des efforts considérables qu’il faut déployer si l’on veut se hisser au sommet de ce monde sportif. Parmi toutes les difficultés que l’on doit affronter pour atteindre cette condition physique et mentale optimale, comment une simple erreur nutritionnelle peut-elle constituer un obstacle ? Parce que manger des aliments à base de blé n’a jamais été remis en question, même au plus haut niveau du sport professionnel mondial, alors que cette pratique risque d’inhiber la performance, de brouiller la concentration mentale et de faire capituler un champion.

Une nouvelle ère s’ouvre dans le domaine de la performance sportive. Une nouvelle ère qui va permettre de nous transformer dans tous les domaines. Une nouvelle ère qui rejette le conseil courant de consommer davantage de « saines céréales complètes ». L’expérience de M. Djokovic concorde parfaitement avec ce qui a été observé chez des centaines de milliers de gens qui ont suivi le conseil de bannir toute trace de blé moderne de leur régime : une amélioration stupéfiante de leur santé et de leurs capacités.

Je suis particulièrement heureux qu’une personnalité telle que Novak Djokovic, une figure que des millions d’amateurs de tennis admirent et en laquelle ils ont confiance, ait choisi de s’exprimer sur ce point, parce qu’il incarne l’exemple triomphant de ce que l’on peut accomplir grâce à un engagement exceptionnel et à un travail acharné qui, associés à une réelle clairvoyance, lui ont permis d’optimiser ses performances en suivant un régime alimentaire spécifique.

Docteur William Davis

www.wheatbellyblog.com

Auteur des livres Pourquoi le blé nuit à votre santé et Cuisiner sans blé (Éditions de l’Homme).

INTRODUCTION

Le régime qui m’a transformé

Friser l’échec et remporter le titre de champion du monde en dix-huit mois

Au moment où j’allais atteindre le sommet, j’ai touché le fond. J’avais dix-neuf ans ; issu d’un pays déchiré par la guerre, j’étais un garçon inconnu qui avait soudain surgi sur la scène professionnelle. J’avais remporté neuf matchs d’affilée et j’étais en position de force, prêt à prendre le dessus dans le dernier round de l’Open de Croatie en 2006. Dans le stade, la foule était de mon côté ; mon équipe m’encourageait.

Et pourtant, je ne pouvais pas les entendre. Je ne percevais que le grondement dans ma tête. Je ne sentais que la douleur. Quelque chose me bouchait le nez, comprimait ma poitrine et déversait du béton dans mes jambes.

J’ai regardé mon adversaire, Stanislas Wawrinka, par-dessus le filet. J’ai scruté les gradins où ma mère était assise. Et soudain, la force de gravité m’a aspiré en arrière, sur le court de terre rouge ; la poitrine haletante, j’ai fixé le ciel croate. La Malédiction – cette force mystérieuse qui, sans prévenir, sapait mon énergie – venait une nouvelle fois de fondre sur moi.

J’ai essayé d’inhaler de toutes mes forces, mais l’air ne passait pas.

Mon père, Srdjan, s’est précipité sur le court accompagné d’un médecin ; il m’a relevé en me tirant par les bras et m’a fait asseoir sur ma chaise en bordure du court. J’ai levé les yeux vers ma mère qui sanglotait dans les gradins. Je le savais. Ce tournoi était fini. Et avec lui, le rêve de ma vie l’était peut-être aussi.

La plupart des gens ne décident pas ce qu’ils veulent faire de leur existence dès l’âge de six ans ; mais moi, si. Treize ans plus tôt, assis dans le minuscule salon au-dessus de la pizzeria de mes parents située à Kopaonik, une lointaine ville de montagne de la Serbie rurale, je regardais Pete Sampras remporter le tournoi de Wimbledon. C’est alors que j’ai su : un jour, ce serait mon tour.

Je n’avais jamais joué au tennis. Je ne connaissais personne qui pratiquait ce sport. En Serbie, le tennis était aussi méconnu que, disons, l’escrime. Et l’attirante ville de Londres était à mille lieues de la petite bourgade où vivait ma famille. Pourtant, à ce moment précis, j’ai su ce que je voulais par-dessus tout : je voulais brandir la coupe de Wimbledon au-dessus de ma tête, entendre les acclamations de la foule et savoir que j’étais devenu le numéro un du tennis mondial.

Quand j’avais quatre ans, mes parents m’avaient acheté une petite raquette aux couleurs de l’arc-en-ciel et quelques balles Wiffle1 ; je m’amusais pendant des heures, frappant les balles contre le mur du restaurant. Mais, en voyant Sampras ce jour-là, je n’ai plus eu aucun doute. Et pendant les treize années qui ont suivi, j’ai consacré chaque jour de ma vie à atteindre ce but. Ma famille, qui a fait d’innombrables sacrifices, mes amis qui m’ont soutenu dès le début, mes entraîneurs, mes coaches et mes admirateurs : tous se sont unis pour faire en sorte que le rêve de ma vie devienne réalité.

Or il y avait en moi quelque chose qui était brisé, en mauvaise santé, invalidant. Certains parlèrent d’allergie, d’asthme, d’autres dirent que je n’étais simplement pas en forme. Mais quel que soit le nom que l’on donnait à ces symptômes, personne ne savait comment y remédier.

Ce n’était pas la première fois que je m’effondrais lors d’un grand tournoi. Une année auparavant, alors que j’étais au 153e rang du classement mondial de tennis, j’ai surpris Guillermo Coria, qui était huitième tête de série, en remportant le premier set de notre match au cours de ma première apparition à l’Open français. Cependant, lors du troisième set, j’avais les jambes en plomb et je n’arrivais plus à respirer ; finalement, j’ai dû abandonner la partie. « Il est évident qu’il s’est fatigué sur la durée. Quand on est en forme, on doit être capable de jouer un long match en pleine chaleur », a fait remarquer Coria, après la partie.

Trois mois plus tard, lors du tournoi d’ouverture de mon premier US Open, alors que je jouais contre Gaël Monfils, je me suis littéralement évanoui sur le court. Étendu sur le dos, j’étais comme une baleine échouée par 25,3 °C de chaleur, luttant pour respirer en attendant un médecin.

Au terme de quatre temps d’arrêt de jeu embarrassants, j’ai réussi à gagner ce match, mais j’en suis sorti sous les huées, et ma mauvaise forme physique a fait l’objet de toutes les conversations de ce tournoi. « Il devrait peut-être changer quelque chose », suggéra Monfils.

J’ai essayé. Dans le tennis professionnel d’aujourd’hui, la plus infime modification de votre forme physique, de votre entraînement ou de votre état d’esprit peut tout changer. Je m’entraînais matin et après-midi, je faisais des haltères, de la bicyclette et je courais pendant des heures tous les jours. Dire que je n’étais pas en bonne forme physique n’avait aucun sens.

À la recherche d’un nouveau programme d’entraînement, j’ai changé d’entraîneurs. J’ai pris d’autres coaches, espérant que quelque chose dans ma technique me libérerait de cette malédiction. Je me suis fait opérer du nez, escomptant que cette opération me permette de mieux respirer. Chacun de ces changements m’aidait un peu ; au fil des saisons, je suis devenu plus fort et plus résistant. En 2007, j’ai été le seul joueur capable de battre à la fois Roger Federer et Rafael Nadal depuis qu’ils dominaient le tennis mondial.

Et cependant, chaque fois que je faisais un grand pas vers la réalisation de mon rêve, j’avais l’impression qu’une corde enroulée autour de mon torse me tirait en arrière. Le tennis professionnel consiste en une saison continue de onze mois et, de ce fait, la clé de la stabilité est d’être capable de récupérer rapidement d’un match à l’autre. Je gagnais un tournoi pour m’effondrer subitement lors du suivant. Je remportais un match épique pour abandonner au milieu du round suivant.

Mon problème n’était peut-être pas physique, mais mental : je me suis mis à la méditation, puis au yoga pour essayer de calmer mon esprit. Mon entraînement est devenu obsessionnel : je me suis consacré exclusivement et quotidiennement quatorze heures par jour à l’amélioration de mon jeu au niveau physique et mental. Et c’est ainsi que je suis devenu l’un des dix meilleurs joueurs de tennis mondiaux.

Mais mon rêve n’était pas d’être seulement l’un des meilleurs. Il y avait deux hommes qui étaient au sommet : Federer et Nadal. Et, à leurs yeux, je ne représentais qu’une contrariété accidentelle, un type qui peut quitter le jeu à n’importe quel moment quand ça devient trop dur. Ces hommes représentaient l’élite ; j’étais coincé quelque part au second niveau.

En janvier 2008, j’ai remporté mon premier Grand Chelem, l’Open d’Australie : une percée. Mais, un an plus tard, contre Andy Roddick, j’ai dû une fois de plus abandonner le tournoi.

Être le tenant du titre et abandonner ? Qu’est-ce qui n’allait pas ? « Crampes, grippe aviaire, maladie du charbon, SRAS, toux et rhume », commenta Roddick à mon sujet, pour se moquer du fait que je tombais si souvent malade. Lorsqu’il s’est adressé aux journalistes, même Federer, d’habitude posé et courtois, m’a dénigré en ces termes : « Vous savez, en ce qui concerne ses maux, au fond, je pense que c’est de la blague. »

À la fin de l’année 2009, j’ai déplacé mon camp d’entraînement à Abu Dhabi, en espérant que le fait de pratiquer dans la chaleur torride du golfe Persique me préparerait mieux à l’Open d’Australie de Melbourne. Peut-être qu’une meilleure acclimatation me permettrait de vaincre ce handicap.

Et, au début, tout a semblé se dérouler comme je l’avais imaginé. Le 27 janvier 2010, je me suis qualifié pour les quarts de finale de l’Open d’Australie, maintenant ma position sans difficulté tout au long des éliminatoires. Lors du quart de finale, de l’autre côté du filet, se tenait Jo-Wilfried Tsonga, le numéro dix mondial. J’étais classé troisième. Deux ans avant ce jour fatidique, je l’avais battu sur ce même court, alors que je me préparais à remporter mon premier Grand Chelem à vingt et un ans. Et, ce jour-là, je devais être aussi bon que naguère. Non, meilleur.

Tsonga est constitué de quatre-vingt-dix kilos de purs muscles ; il est l’un des joueurs les plus grands et les plus forts de ce sport ; son service atteint une vitesse de 225 km/h. Lorsqu’il met tout le poids de son corps dans un renvoi, la balle arrive comme une « masse » à laquelle s’associent une vitesse et un lift tels que l’on a l’impression qu’ils pourraient vous arracher la raquette de la main. Et, malgré sa corpulence, Tsonga se déplace avec une incroyable rapidité sur le court. Ce jour-là, vêtu de son T-shirt jaune fluo, il semblait aussi imposant que le soleil et tout aussi implacable. Il avait remporté le premier set par un score de 7-6, après un jeu décisif exténuant qui avait fait maintes fois se lever la foule.

Toutefois, au cours du second set, ma préparation obsessionnelle a commencé à payer. J’ai remporté le set, 7-6, et suis parvenu à contrôler mon adversaire, le faisant courir d’un bout à l’autre le long de la ligne de fond. Un court de tennis simple mesure 8,22 mètres, et j’étais parfaitement capable de couvrir cette distance. Je le tenais.

J’ai remporté facilement le troisième set, 6-1.

C’est alors que la force invisible a réapparu. Alors que Tsonga menait 1-0 lors du quatrième set, elle m’a assailli. Je n’arrivais plus à respirer. Lorsqu’il a remporté le jeu suivant, quelque chose m’est monté à la gorge. J’ai supplié le juge de chaise de m’accorder une pause pour aller aux toilettes. Je ne voulais pas que mon adversaire voie ce que j’allais faire.

J’ai couru au vestiaire, me suis engouffré dans l’une des toilettes et suis tombé à genoux. Agrippé au bord de la cuvette, le ventre soulevé de spasmes, j’ai eu l’impression de vomir toute ma force.

Quand je suis revenu sur le court, j’ai eu le sentiment d’être un joueur différent.

Tsonga savait que mon corps était en train de céder et, défendant son service, il me faisait courir sur toute la surface du court comme un jouet. J’ai senti que la foule prenait parti pour lui ; son service semblait plus rapide, plus dur – ou peut-être étais-je plus lent et plus faible. C’était comme si je jouais contre un géant. À plus d’une reprise, ses coups m’ont littéralement cloué sur la surface bleue du Plexicushion2 ; je ne pouvais tout simplement pas bouger mes pieds. Il a remporté le quatrième set, 6-3.

Au début du cinquième set, l’issue du match est devenue claire pour tout le monde sur le terrain. Service 0-40. Tsonga menant 3-1, j’étais au plus bas de ma carrière. À plus d’un titre, c’était le point de rupture.

Il fallait que je fasse un service parfait, que je le déséquilibre, et que je retrouve un certain contrôle. S’il me restait une chance de regagner du terrain, il était impératif que parmi les centaines de milliers de services que j’avais faits dans ma vie, celui-ci soit le meilleur.

J’ai fait rebondir la balle contre le sol. Une fois. Deux fois. Puis, je l’ai lancée. J’ai essayé de déployer mon torse à son maximum, mais je sentais que ma poitrine était serrée. Au lieu d’une raquette de tennis, j’avais l’impression de tenir le marteau de Thor3.

Mon corps était brisé.

Faute.

Mon esprit était brisé. À nouveau, je fis rebondir la balle contre le sol. Une fois. Deux fois. Service.

Double faute.

Jeu, Tsonga.

Heureusement, la fin est très vite arrivée, comme une exécution. Après avoir échangé une poignée de main au milieu du court, il a dansé sur le terrain, galvanisant la foule, débordant de puissance et d’énergie. J’étais épuisé. Au terme de dix-sept années de pratique quotidienne, je ne me sentais toujours pas suffisamment fort, physiquement et mentalement, pour être sur le même court qu’un des meilleurs joueurs.

J’avais les capacités, le talent et l’énergie. J’avais les moyens d’essayer tous les entraînements physiques et mentaux connus sur terre, j’avais accès aux meilleurs médecins du monde. Et, pourtant, je n’aurais jamais soupçonné ce qui m’entravait vraiment. Ma pratique et mon entraînement étaient bons.

Mais je mangeais très mal.

Le régime qui a changé ma vie

Le creux de la vague de ma carrière a débuté avec cette double faute du 27 janvier 2010.

Néanmoins en juillet 2011 – juste dix-huit mois plus tard – j’étais un autre homme. Quatre kilos en moins, plus fort que jamais, et débordant de santé comme je ne l’avais pas été depuis ma plus jeune enfance. J’ai atteint les deux buts de ma vie : gagner le championnat de Wimbledon et me qualifier comme numéro un mondial de tennis. Au moment où j’observais le dernier revers désespéré de Rafael Nadal retomber au-delà de la ligne de fond, coup qui allait me rapporter la coupe de Wimbledon, j’ai revu le petit garçon de six ans que j’avais été, celui qui venait de nulle part, s’accrochant en toute innocence à un rêve impossible.

Je me suis effondré sur le sol. J’ai levé les mains en l’air. Je me suis accroupi, j’ai arraché une touffe d’herbe de Wimbledon et l’ai mangée.

Elle avait un goût de sueur. La mienne. Mais je n’avais jamais rien goûté d’aussi doux.

Ce n’est pas un nouveau programme d’entraînement qui en l’espace de dix-huit mois m’a hissé du niveau de très bon joueur à celui de meilleur joueur du monde. Ce ne sont pas une nouvelle raquette, de nouvelles séances de préparation, un nouvel entraîneur, ni même une nouvelle façon de servir qui m’ont permis de perdre du poids, d’être capable de me concentrer et de jouir d’une excellente santé comme je n’en avais jamais connu de toute ma vie. Mais un nouveau régime.

Ma vie a changé parce que j’avais commencé à manger les aliments adéquats pour mon corps, ceux qu’il exigeait. Au cours des trois premiers mois de mon régime, je suis passé de quatre-vingt-deux kilos à soixante-dix-huit kilos, au point que ma famille et mes amis ont commencé à s’inquiéter de me voir si maigre. Pourtant, je me sentais plus dispos, plus alerte et plus dynamique que jamais. J’étais plus rapide, plus souple, capable de récupérer des balles que d’autres joueurs ne réussissaient pas à renvoyer. Je ne me sentais jamais fatigué ni à bout de souffle. Mes allergies se sont estompées ; mon asthme a disparu ; la confiance a remplacé mes peurs et mes doutes. En trois ans, je n’ai pas attrapé un seul rhume ni une grippe.

Certains chroniqueurs sportifs ont qualifié ma saison 2011 comme étant l’année la plus glorieuse jamais accomplie par un joueur de tennis professionnel. J’ai remporté dix titres, trois Grand Chelem et quarante-trois matchs consécutifs. Et la seule modification que j’aie effectuée était ma façon de manger.

La simplicité de ces changements comparée aux résultats spectaculaires obtenus m’a stupéfié au plus haut point. Pendant quelques jours, je me suis contenté d’éliminer le gluten – la protéine qui se trouve dans le blé – et j’ai senti aussitôt que mon corps s’en portait mieux. J’étais plus léger, plus vif ; mon esprit était plus clair. Au bout de deux semaines, j’ai su que ma vie avait changé. J’ai ajouté quelques légères modifications : j’ai éliminé le sucre et les laitages. Chaque matin, au moment même où je me réveillais, je pouvais affirmer que j’étais un homme différent de celui que j’avais été, et cela, peut-être même depuis mon enfance. Je sautais du lit, prêt à attaquer la journée qui s’ouvrait devant moi. J’ai compris alors que je devais partager cette expérience.

Il n’est pas nécessaire d’être un athlète professionnel pour effectuer les simples ajustements nutritionnels suggérés dans ce livre, pas plus qu’il ne faudrait être un professionnel du tennis pour que ces changements apportent une amélioration au niveau du corps, de la santé et de la conception de la vie.

En fait, ce que je vais partager avec vous n’est pas un régime au sens strict du terme, parce que cela impliquerait que vous mangiez exactement ce que je vous recommande. Cela n’aurait aucun sens. La plupart des régimes présupposent que le même programme fonctionne de la même façon pour tout le monde et que vous « devez » manger tel type d’aliments, que vous soyez un joueur de tennis de vingt-sept ans, une mère de trente-cinq ans avec deux enfants ou un vice-président d’entreprise de cinquante ans. C’est absurde. Le verbe « devoir » est tout simplement impropre. Votre corps est un mécanisme entièrement différent du mien. Regardez l’extrémité de vos doigts. Vos empreintes digitales sont uniques. Cela prouve que votre corps est différent des autres organismes existant au monde. Je ne veux pas que vous suiviez le meilleur régime parce que c’est celui qui convient à mon corps. Je vais vous montrer comment trouver le meilleur régime en fonction de la singularité du vôtre.

Changements simples, résultats spectaculaires

Si vous faites de l’exercice pour garder la forme, pour contrôler votre poids et augmenter votre énergie, vous avez sûrement constaté que c’est vraiment difficile.

J’en suis la preuve. Pendant toute ma carrière, j’ai joué au tennis trois à cinq heures presque tous les jours. J’ai disputé quatre-vingt-dix-sept matchs de tennis professionnels par an contre les plus grands joueurs. Les jours où je ne jouais pas, je m’entraînais plus de trois heures sur le court, je faisais des exercices pendant quatre-vingt-dix minutes dans la salle de musculation, des séances de yoga ou de tai chi et, s’il me restait encore du temps, je faisais de la course à pied, de la bicyclette et du kayak. Toutefois, malgré ce programme d’entraînement, j’étais lent, facilement essoufflé et j’avais un léger surpoids. Je veux simplement dire ceci : si vous pensez éliminer vos problèmes en faisant de l’exercice, il vaut mieux y réfléchir à deux fois. Mes quatre kilos superflus étaient-ils dus au fait que je ne m’exerçais pas suffisamment ?