//img.uscri.be/pth/387ba76228ce114314fb5185ad2c1629b528b4fd
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 1,99 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : MOBI - EPUB - PDF

sans DRM

Après un abus sexuel, se reconstruire...

De
118 pages

Ce livre se destine aux ex-victimes (hommes et femmes) ainsi qu'au conjoint, aux amis, aux familles car souvent ils se sentent démunis, dépassés et en difficulté malgré leurs bonnes intentions.

Le lecteur comprend les possibilités et multiples mécanismes de « guérisons » de leur sexualité, de leur identité, de leur capacité d'aimer. Les mécanismes de ces mémoires enfouies mais agissantes (parfois transgénérationnelles) sont expliqués et des techniques de libération sont proposées.
La reconstruction des femmes comme des hommes, de leur identité et de leur sexualité, est l'axe humaniste de ce livre.

Plusieurs thèmes novateurs : le viol conjugal, les hommes abusés, les mémoires familiales, les avortements, les processus d'amélioration, éviter les souvenirs induits, les mémoires émotionnelles, physiques et progressives... et surtout : comment retrouver l'Amour.


Voir plus Voir moins

Couverture

Image couverture

Copyright

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cet ouvrage a été composér Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d'adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-98158-5

 

© Edilivre, 2015

Dédicace

 

 

Je dédie ce livre à la force de vie qui m’accompagne au quotidien et la joie qui m’anime…

Je remercie ceux et celles qui ont partagé leur détresse avec moi et qui ont partagé ma joie de vivre pour ré-inventer leur vie, leur amour…

Merci…

Présentation

Pour celui qui a été meurtri dans sa chair, dans son identité, dans sa vie, a besoin d’écoute, de temps, d’aide, de patience, pour retrouver la joie dans son corps et sa sexualité. Ce livre aidera, sécurisera, donnera espoir. Ce livre s’adresse également aux conjoints, aux proches car ils se sentent souvent démunis, dépassés et en difficulté malgré leurs bonnes intentions.

Dans ce livre, qui s’inspire de mes expériences d’accompagnement vers un mieux être sexuel de personnes abusées, les lecteurs (trices) trouveront des explications qui leurs seront utiles. Les ex-victimes de ces traumatismes appréhenderont les possibles et divers mécanismes de « rétablissement » de leur sexualité, de leur identité, de leur capacité d’aimer. Rétablissement de la joie, de l’innocence, des spontanéités d’avant l’incident.

Car il me semble normal de percevoir que faire l’amour, avoir une relation sexuelle est un acte de vie, de joie, de complicité, de plaisirs mutuels… De respect, d’écoute, d’amour… Sans ignorer les possibilités d’éventuelles maladies, insistez auprès de vos enfants, et dites-leur que c’est bon et beau de faire l’amour… Ce livre voudrait rétablir cette proposition de vie à ceux et celles ayant été victimes d’abus.

Ce livre peut également être une référence pour ceux qui accompagnent une personne (homme ou femme) ayant subi un abus sexuel. Les différentes typologies d’agressions, avec leurs répercutions, sont reliées à des expériences vécues, ainsi qu’aux approches expérimentées et améliorations apportées.

Les femmes ex-victimes

Comment retrouver une sexualité « normale » après un viol ?

C’est la question que j’entends et que j’ai entendue très souvent.

La réponse est d’autant plus délicate que chaque personne a une histoire, des besoins différents.

Quelques généralités sont cependant possibles :

Selon les circonstances des abus, les répercutions seront différentes pour l’image que la femme a d’elle-même, sa sexualité, sa sensualité, son rapport à son corps et au corps de son amoureux.

Plusieurs tendances se dessinent :

• Si l’abus s’est produit avec violence à un âge adulte (après l’adolescence)

• Si la personne a résisté ou a été tétanisée (s’est laissé faire) et si elle a compris ce qui se passait ou non.

• Si l’abuseur était une personne dépositaire d’une autorité (parent, membre de la famille, ami, professeur, religieux) ou s’il était un inconnu, voir s’ils étaient plusieurs (tournante).

• Si elle en a parlé (parole entendue ou niée par l’entourage), accueil de la police – de la justice – et condamnation du coupable (ou reconnaissance des faits en cas de prescription).

• Si l’abus a eu lieu dans l’enfance, la petite enfance.

• Si le ou les abuseurs ont reconnu les faits ou s’ils ont nié.

Que faire, car je suis restée tétanisée lors de ce viol ?

Nul ne peut étreindre l’océan de larmes qui coule de mon cœur, larmes de joie et de tristesse mélangées.

Une adolescente tétanisée lors du viol

« J’ai été invitée par un copain d’école à réviser chez lui. Après quelques minutes, il m’a déshabillée, puis violée. Je n’ai même pas compris ce qui s’était passé – incompréhension et immobilité.

Je me suis essuyée, rhabillée et je suis rentrée chez moi, dans une absence totale de sensations, dans une déconnexion d’avec mon corps…

Je suis retournée chez lui trois semaines après. Il a recommencé sans un mot : déshabillage forcé et pénétration rapide, sans préparation ni préservatif.

Je n’ai même pas senti l’éjaculation. Je n’ai rien senti sur le moment, dans la rue j’ai compris que je m’étais fait violer.

J’en ai parlé à ma mère deux jours après : elle m’a donné une gifle… ».

Doit-on porter plainte ?

En théorie oui, en pratique aussi, mais c’est délicat et cela doit se préparer ou tout au moins se gérer. Le dire à ses proches ? La plainte sociale (ou familiale si l’abuseur est un proche ou un parent) et judiciaire font partie des réparations. Ces plaintes permettent de comprendre, d’intégrer que la loi sociale est là pour garantir nos sécurités…

Il est positif pour le processus de réparation que le violeur reconnaisse son acte – qu’il y ait ou non procès ou enquête.

Positif pour qu’il comprenne la gravité de son acte. Positif pour la victime qui alors continue son processus d’identification des faits et des douleurs, puis de reconnaissance de son préjudice. Et engage enfin son processus de réparation.

Dans les cas où cela n’est pas fait – un père déniant ses passages à l’acte sexuels sur sa fille – le thérapeute doit imaginer et créer avec sa cliente un acte symbolique, une histoire, une parole qui a valeur de cette reconnaissance. La reconstruction de la personnalité traumatisée est plus aisée si l’abuseur reconnaît ses actes, mais cela reste possible même s’il est dans le déni ou s’il est absent ou décédé.

Lors d’un cas que j’ai accompagné, le déni d’un père a renforcé la cohésion de trois sœurs ayant toutes trois subi des viols. L’insistance du père a renforcé leurs certitudes intérieures, leur détermination à ne plus se laisser faire par le « patriarche » et le désir de le dénoncer, ne serait-ce que dans le cadre familial.

(Il s’agit d’une jeune femme que j’ai accompagnée en 2003).

Dans le cas cité en premier, la réaction de la mère a constitué un second déni, aggravé par le fait que la jeune fille n’avait pas eu d’informations sur la sexualité, son corps, ses limites à poser (faire l’amour avec un garçon que l’on aime et que l’on désire). Je présuppose que ses parents étaient démissionnaires de leur rôle d’éducation et de prévenance.

Il est important de comprendre que le phénomène d’inertie en cas d’agression a un aspect positif puisque c’est une réaction instinctive. C’est à dire faire la morte pour ne pas être encore plus agressée, battue et éviter ainsi plus de souffrance, de coups de douleurs.

La personne violée récupère un peu de l’image positive qu’elle a d’elle-même. Les cris qui ne sont pas sortis et qui ne sortent pas, demanderont un travail sur la voix, le chant, les cris, les appels au secours pour libérer la gorge, l’expression saine de la détresse, du stress…

Certaines victimes renoncent à se débattre pour ne pas provoquer plus d’agressivité. Car en se débattant elles ressentent (ou risque de ressentir) plus de douleurs et reçoivent plus de coups et de violences. C’est une réaction saine si la victime n’a pas le dessus physiquement. Réaction saine pour moins souffrir physiquement – cas rencontré chez les victimes de viol collectif.

Parfois cela peut être revécu (identifié a posteriori) comme un abandon, comme une faiblesse. Le thérapeute sera alors pertinent en recadrant positivement qu’il n’y avait pas d’autre solution. Il sera bien inspiré (par la « constructive attitude ») de lui conseiller de s’inscrire à des cours de self défense.

J’ai recueilli le témoignage d’une femme qui, subissant une agression à caractère sexuel, a crié à son agresseur : « Dieu te regarde ». L’agresseur est parti tout de suite… Bonne intuition.

A chaque intervention thérapeutique, le corps doit participer et l’ex-victime doit identifier en elle, par de la chaleur et des émotions positives, des respirations fluides, amples (afin d’ancrer les nouveaux vécus positifs), les nouvelles perceptions, les recadrages positifs. Autrement, le processus reste dans la tête, sans être suffisamment intégré dans le corps (réceptacle et déterminant des émotions). L’accompagnant doit demander à la personne s’il peut la soutenir, marquer sa présence par une main posée sur son ventre, son dos ou son épaule… Une présence sans intention, un appui, un axe, une sécurité, une aide, pas une prise en charge fusionnelle qui risquerait d’induire d’autres ressentis que ceux de l’ex-victime, qui risquerait de dépersonnaliser ou sur-personnaliser la personne qui a justement besoin de se retrouver.

Thérapie de groupe ?

En cas de psycho drame, au cours duquel la personne violée revit son agression, le dépositaire de l’autorité et du cadre doit intervenir pour attraper l’agresseur (celui qui joue ce rôle dans le psycho drame spontané ou mis en scène).

Le thérapeute annonce haut et fort qu’il conduit le violeur à la police et/ou à la justice, garantes de la loi sociale. L’ex victime doit l’entendre.

Il supplée ainsi l’autorité masculine yang censée protéger – autorité que le père devrait représenter-. Le yang est aussi la part masculine en soi, qui protège notre sensibilité et notre féminité (le yin). Ce yang permet aussi l’expression de nos richesses intérieures.

Les femmes du groupe doivent aussi entourer la personne pour l’accompagner dans les libérations émotionnelles. Cet accompagnement ne doit pas dénier (c’est rien, ça passera…), ni infantiliser (pauvre petite chérie). Au mieux, il faudrait la présence de femmes qui donnent un exemple de sensibilité, de partage émotionnel conscient dans l’axe spirituel, et non de fusion.

Dans la fusion à l’autre, qui peut être agréable quelques minutes, j’ai observé que l’individualité ou l’identité se perd ; je préfère : entre semblables, je me construis et chacun reste moi, elle, lui, et restent eux-mêmes. Cet espace avec le groupe laisse du temps – et le temps nécessaire peut être long – à la personne (et à chaque femme) pour identifier et intégrer toutes ces émotions et tous ces vécus…

Il faut du temps aux humains et aux humaines !

Les hommes du groupe entourent à distance les femmes (centrées autour de la personne), forment un cercle (peu importe leur nombre et la forme) de protection, de présence, d’axe, de ce yang dont les beaux êtres sont capables : une puissance masculine non intrusive.

Le rôle du père sera alors revisité : il est identifié comme le guide qui aide l’enfant (la fille) à construire sa vie, son identité, ses relations amoureuses et aussi l’aide à se protéger elle-même.

Puis-je retrouver une sexualité « normale » après un viol ?

La réponse est OUI et plus que OUI.

Pour valider cette réponse issue de mes observations, nous avons besoin de comprendre les mécanismes de libération.

La personne reconquiert sa liberté sensuelle, son désir de l’autre en confiance – confiance en elle et en l’autre. Cet autre, ce compagnon doit développer une écoute plus attentive que l’usualité comportementale des hommes lambda ou celle habituellement consentie par les hommes incultes des corps et des plaisirs partagés.

Ainsi certaines femmes abusées expérimentent parfois une homosexualité féminine pour avoir cette douceur et cette écoute (et par peur des douleurs dues au du sexe masculin érigé et à la pénétration). Cette homosexualité – qui peut être féminine comme masculine – peut être compensatrice ou naturelle, cela est développé dans un chapitre ultérieur.

Les mémoires difficiles disparaissent par couches successives sans pour autant que l’on puisse définir de rythme ou de régularité. La persévérance est nécessaire et le découragement, s’il est prévisible parfois, est surtout le signe d’avancées remarquables et de libérations passées ou à venir.

Les images négatives, les sensations douloureuses et les émotions pénibles apparaîtront de moins en moins souvent, jusqu’à ce...