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Animer un groupe de parole

De
176 pages

« C’est un manuel pratique et instructif pour inviter à la création d’un espace d’échanges et de partage. Espace qui fait souvent défaut et qui permettrait en effet de libérer avec la parole beaucoup de tensions, de malaises ou de créativité pour réaliser des rêves et les transformer en projets. »

Jacques Salomé

Le groupe de parole permet de favoriser l’épanouissement de la parole, véritable « sésame » pour s’ouvrir pleinement aux êtres humains qui nous entourent. Sa mise en pratique fait appel à des méthodes aussi efficaces que la Communication NonViolente® (CNV®).

Quelles sont les règles à respecter? Qui peut participer? Quelle est la différence entre groupe de parole et psychothérapie de groupe? Comment éviter les impasses?

Cette méthode en 6 étapes et 27 exercices vous permettra d’organiser et d’animer un groupe de parole au sein d’une collectivité, d’une association, en entreprise, et même avec des proches!

« Cet ouvrage n’est que le début d’une longue aventure humaine susceptible d’enrichir considérablement la vie de chaque membre du groupe ! »

Marc Klinkhamer est musicothérapeute, formateur consultant en Analyse Transactionnelle et écoute active.

Il est également l’auteur de 5,4,3,2,1, j’arrête de fumer !, paru aux éditions Jouvence.


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MARCKlinkhamer

Animer un groupe de parole

Au sein des entreprises, associations et familles

Sommaire

+++Avant-propos

+++Introduction

Étape 1

Groupe de parole ou psychothérapie de groupe ?

Les origines

La personne responsable

Le début (séance préparatoire)

Le forum de discussion (ou discussion dirigée)

Étape 2

Le cercle

Règles de base

Le « tour de table »

Bâton de parole ou discussion à bâtons rompus ?

Les opinions et croyances divergentes

« Dominant » ou « dominé » ?

Créer du lien

Étape 3

L’écoute active

Temps de parole et modérateur

Parler sur l’autre

Le discours et le ressenti

Exprimer son ressenti

La musique

Étape 4

Grille de perception

Le tour du portrait

La projection

Implication d’autrui

Formation du Moi, systèmes de croyances et jugement sur l’autre

Étape 5

Évaluation/observation

La comparaison

L’attention

La permission

Positivisme et authenticité

Réaction et ressenti

Étape 6

Exprimer ses émotions

L’« Encouraging »

Les quatre groupes d’émotions

Personnes fragiles

« Made in France »

Parole et silence

+++Conclusion

+++Bibliographie

+++À propos de l’auteur

Pictogrammes

À retenir

ATTENTION

Bon à savoir

Conclusion

Exercice

Huile essentielle

Le petit plus

Le saviez-vous ?

Pour aller plus loin

Recette

Témoignage

Trucs et astuces

Un peu d’histoire

Zoom

Pour Leny, Nelly, Lenah, Nina et Raphaël…
Remerciements aux membres du groupe « GAGG »,
ainsi qu’à Jacques Salomé
.

Avant-propos

Président d’une association qui développe divers stages et séminaires de formation en entreprises depuis près de cinquante ans, j’ai été amené à mettre en place des « groupes de parole autogérés » pour que les participants à ces séminaires puissent continuer ensemble, et dans la durée, les échanges fructueux déjà amorcés entre eux. Ces groupes de parole ont ainsi acquis une complète autonomie, ce qui permet une continuité dans le partage qui va bien au-delà de la période de stage. Les pratiques proposées dans le présent ouvrage sont issues de ce concept.

La parole ouverte

Dans un groupe de parole, il s’agit de faire une différence entre la conversation courante, moyen d’échanges consensuel, et une certaine utilisation de la parole, capable d’approfondir et de réajuster nos modes de communication. Dans notre culture, le mot ou l’expression « vrai(e) », qui réussit à définir les relations humaines de manière précise, n’est pas toujours facile à trouver, surtout dans le cadre de la définition de soi, de l’autre, et de nos rapports les uns avec les autres. Nous désirons tous formuler d’une façon ou d’une autre nos convictions les plus intimes, ce que nous vivons au plus profond de nous-mêmes.

La parole « fermée »

Les mots, le langage, peuvent donc être sources de communication, de relations et d’échanges vivants. Mais nous savons également que l’usage de la parole peut générer des conflits, agressions et manipulations diverses, envenimant régulièrement les rapports humains. Sans oublier la parole qui ne dit rien, le bavardage inutile qui comble un vide relationnel, ou qui masque une incapacité à vraiment communiquer.

Qu’il existe une parole génératrice de malentendus, de conflits ou d’indifférence, ne fait de doute pour personne ; un nombre croissant d’individus s’aperçoit des déviances qui régissent les rapports humains, faute de relations et de communications authentiques.

Même si ces quelques remarques sont symptomatiques de notre époque, il ne faut pas oublier que, de tout temps, l’homme a été confronté à ce double visage de la parole, constructive ou destructive.

De nombreux spécialistes ont déjà établi « un état des lieux » sur les manipulations, les projections et les relations biaisées que nous utilisons, souvent en toute méconnaissance de cause. Éric Berne, créateur de l’analyse transactionnelle, a démontré que la plupart de nos mécanismes relationnels sont automatisés dès l’enfance. Nous « évacuons » également une part importante d’agressivité et de destruction par ce biais. Ces « jeux de conflits » relationnels fonctionnent sur une série de codes et d’atavismes socio-culturels (mimétisme social) que nous détaillerons au fur et à mesure.

À retenir

Même si l’absence d’authenticité se cache derrière un masque de politesse ou de gentillesse, ce qui n’est déjà pas si mal, les faits sont là ; la parole « codifiée », qui ne dit pas exactement ce qu’elle ressent mais qui se protège derrière les mots pour masquer une réalité intime qu’elle n’ose pas partager avec l’Autre, est devenue monnaie courante. Sans parler de ce que l’on nomme la « violence passive » : qui n’a jamais « passé » sa mauvaise humeur en la projetant sur autrui par des paroles blessantes ou agressives ? Combien de personnes utilisent la parole pour exprimer leur colère, leur mal-être ou dans le but de fragiliser l’autre et d’imposer coûte que coûte leur point de vue ? Que ce soit de manière grossière, ou en utilisant beaucoup de subtilité, les mots sont capables de nous déstabiliser, parfois dans des proportions qui peuvent devenir dramatiques.

On peut également le constater au travers des médias, dans le monde politique, où l’usage de la parole biaisée est devenu prédominant.

De même, individuellement, nous souffrons trop souvent de nos propres « discours internes », car prisonniers d’un langage codifié et intériorisé, appris dès l’enfance, que nous avons souvent du mal à mettre en lumière. Le manque de clarté que nous manifestons dans nos relations extérieures n’est souvent que le reflet de nos incohérences internes.

Relations « virtuelles »

« Elle vit sa vie par procuration devant son poste de télévision… »

J.-J. GOLDMAN

Cet extrait d’une chanson de Jean-Jacques Goldman souligne un fait de société aux effets pervers : pour partager des rapports humains enrichissants, il faut savoir vivre tout un cheminement exigeant des efforts d’adaptation, de souplesse, de remise en cause et d’acceptation d’autrui. Il est facile de remplacer les efforts qui viennent d’être cités par le « sur-mesure » des relations virtuelles, engendrant des émotions « par procuration », prêtes à l’emploi, dans lesquelles on peut facilement se laisser glisser, sans aucune implication avec notre prochain ; une grande partie de notre vie affective est investie dans les rebondissements des films ou feuilletons à succès, devant le petit écran et dans les salles de cinéma. Ou bien nourrie par les joies et les peines des vedettes du spectacle et autres « people », dont le vécu est soigneusement détaillé dans la presse et les médias. Sans parler des relations soi-disant « partagées » sur le Net, par « texto » ou écrans interposés : chat, blog ou autres réseaux sociaux là où rien n’est vraiment approfondi.

L’omniprésence des portables, SMS, et les divers outils de communication dont nous sommes si fiers nous donnent l’impression de vivre des relations sociales tous azimuts. En fait, toute cette technologie finit par creuser entre nous une subtile distance dont nous ne sommes même pas conscients.

Cette « dématérialisation » du vécu relationnel, véritable partie de cache-cache social, typique de notre société de consommation, n’est pas sans conséquence.

Toutes ces formes de « relations virtuelles », filtrées à travers un système médiatique complexe, finissent par remplacer un vécu authentique, vécu relationnel qui passe par la présence physique et la confrontation à l’autre, à travers un temps de partage conséquent.

Résistances

La dynamique du groupe de parole nous aide à prendre conscience de nos « résistances relationnelles », entre autres celles qui nous font penser que la difficulté réside généralement chez nos interlocuteurs et que notre point de vue est nécessairement le « bon » puisqu’il est « nôtre » ! Parler de résistance implique de se pencher sur nos systèmes de protection interne, ceux-là mêmes qui bloquent l’épanouissement de la parole, véritable « sésame » pour s’ouvrir pleinement aux êtres humains qui nous entourent.

Introduction

Préparation et information

Les motivations qui poussent un certain nombre de personnes à se réunir dans le but de développer une meilleure façon de communiquer sont multiples :

Observer ses réactions face aux autres pour mieux se connaître.

Désir d’approfondir la relation avec autrui, et d’aller au-delà des simples rapports de politesse ou d’échanges « standards » s’inscrivant dans la banalité.

Besoin de sortir du repli sur soi et du vécu relationnel « par procuration ».

Se libérer des formes de relations artificielles générées par les réseaux sociaux et autres « moyens de communication » virtuels.

Approfondir les relations (et/ou résolution de conflits) au sein d’une famille, d’une association, d’une entreprise, entre amis, etc.

Se libérer des modes relationnels ambiants, où le cynisme, la critique, le persiflage, la dérision et l’amertume finissent par déformer notre perception des choses (violence « passive »).

Sortir des rapports de complaisance et de flatterie réciproques, que nous croyons souvent indispensables pour maintenir de bonnes relations. Aller vers les autres avec sincérité, authenticité, sans jeux relationnels ambigus.

Le groupe représente donc le « lieu » idéal pour mettre en place les besoins décrits ci-dessus. Les diverses appellations pour ce genre de démarche sont infiniment variées : groupes de parole, ateliers de communication, cercles de parole, laboratoires relationnels, groupes de partage, séminaires de parole ouverte, écologie relationnelle, groupes de communication bienveillante, etc.

Avant de détailler les types d’organismes susceptibles d’accueillir ce genre de démarche, abordons d’abord la sphère privée.

En privé

« Les vraies paroles ne séduisent jamais, les belles paroles ne sont pas vérités. Les bonnes paroles n’argumentent pas, et les arguments ne sont que discours. »

(Lao-Tseu)

Il est souvent plus facile d’organiser un groupe de parole autonome (ou « autogéré ») dans le cadre privé (au domicile de l’un des membres du groupe, par exemple) que dans les structures que nous allons évoquer. Il faut néanmoins bénéficier d’une pièce assez grande, capable de contenir un certain nombre de personnes.

Pour les groupes évoluant dans le cadre privé, faire appel à un « spécialiste » pour mettre en place et animer un groupe est généralement exclu. Une des raisons avancées est bien sûr d’ordre financier. Mais d’autres raisons sont couramment évoquées.

Le manque de souplesse dans l’organisation des réunions, quand elles dépendent principalement des horaires et des disponibilités d’un animateur professionnel – ce qui exclut souvent les tranches horaires des loisirs (week-end, soirées, etc.).

L’absence d’autonomie du groupe par rapport à une autorité extérieure et la crainte de s’engager dans un processus échappant à sa propre volonté.

Un groupe autonome, excluant un animateur professionnel, devra donc bien intégrer les indications du présent manuel.

La famille : la structure la plus légère d’un groupe de parole est le cadre familial. L’ouverture aux autres membres de la famille peut être porteuse de transformations qui se répercuteront sur les comportements de chacun. Une famille peut résoudre de nombreuses impasses relationnelles courantes, si elle prend le temps de développer les outils proposés ici. Précisons que les familles laissant apparaître des tendances pathologiques évidentes, sortant du cadre d’un groupe de parole, devront consulter un professionnel de santé, psychologue, psychothérapeute ou autres.

Entre amis : le désir de se réunir entre amis pour approfondir les relations humaines permet à chacun de s’exprimer en toute liberté, sur des thèmes qui sont propres aux pôles d’intérêt de chacun des membres.

Groupes de maison : il n’est pas nécessaire de se connaître au préalable pour participer à un groupe de parole. Des personnes partageant en commun un certain désir d’avancer dans ce sens, autour de thèmes consensuels, entrant par exemple dans le cadre du développement personnel, peuvent se retrouver au domicile d’un des participants pour mettre en place la réalisation d’un groupe.

Groupes anonymes

On désigne souvent par cette appellation les personnes se réunissant autour du thème de la dépendance ou de l’addiction à un produit spécifique ; alcool, stupéfiant, tabac ou autres… Le plus célèbre de ces groupes reste les Alcooliques Anonymes (les AA) qui ont servi de modèle à de nombreux groupes de ce type ; narcotiques anonymes, gamblers (joueurs) anonymes, marijuana anonymes. Mais on trouve également les anorexiques/boulimiques anonymes, les émotifs anonymes, etc. Le concept, qui vient des pays anglo-saxons, exclut la prise en charge du groupe par un professionnel de santé, sauf dans de rares cas, et à condition que ce dernier ait souffert lui-même de la dépendance incriminée. Les animateurs sont simplement des membres du groupe (les plus anciens), respectant les règles de fonctionnement interne, dûment codifiées. Ce concept s’est parfaitement bien adapté en France, où les groupes anonymes fleurissent rapidement, soit dans le privé, au domicile de l’un des membres, ou dans les structures d’accueil qui les hébergent.

En plus de l’autonomie du groupe par rapport à un animateur professionnel, les corrélations entre groupes de parole et groupes anonymes sont nombreuses ; en développant les exercices décrits dans cet ouvrage, les groupes anonymes, en plus de leurs protocoles spécifiques, pourront approfondir la démarche dans laquelle ils sont engagés.

(Précisons pour finir que le concept des groupes de parole autonomes décrit dans ce manuel (c’est-à-dire non animés par un professionnel) est en partie inspiré de la démarche des AA.)

Lieux publics, collectivités, etc.

Ce chapitre détaille les organismes, les structures ou les institutions susceptibles d’accueillir un groupe de parole hors de la sphère privée « à domicile ». Certains de ces organismes sont déjà familiarisés avec ce genre de pratiques, pour d’autres structures, la création d’un groupe de parole demande une certaine organisation. Les personnes (membres du personnel ou autres) désirant faire cette proposition aux dirigeants doivent bien s’informer au préalable avant de s’organiser ; les éléments avancés ici permettront de développer un argumentaire cohérent, ce qui facilitera leurs démarches auprès des responsables concernés.

Au sujet de l’autonomie des groupes « autogérés », certaines structures favorables à la démarche (entreprises, par ex.) peuvent (du moins au début) faire appel à des animateurs extérieurs, dûment formés à cette pratique, pour « démarrer » un groupe, quitte à le faire fonctionner de manière autonome dans un deuxième temps.

Forums de discussion et réunions à thèmes