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Au plus longue sera ma mort

De
105 pages
Les 12 et 14 juin 2001, l'Assemblée nationale a débattu le projet de loi de Ségolène Royal, projet relatif à l'équilibre des droits père-mère suite à un divorce ou une séparation. En cas de rupture, l'enfant devient bien trop souvent un moyen de pression. Il est TOUJOURS la principale sinon l'unique victime de la désunification du couple et donc, à fortiori la dislocation de son univers familial. A nous tous de nous rassembler, de définir des règles bien précises visant à prémunir les enfants contre la haine issue de l'amour, contre l'indifférence, contre l'abêtissement généralisé, contre la violence, contre l'individualisme et l'égoïsme, contre la richesse au mépris de l'équilibre de la planète, contre la cruauté, contre nous-mêmes...
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contact@manuscrit.comAu plus longue sera ma
mort© manuscrit.com, 2001
ISBN: 2-7481-1031-5(pour le fichiernumérique)
ISBN: 2-7481-1030-7 (pour le livre imprimé)Marc Vanrens
Au plus longue sera ma
mort
AUTOBIOGRAPHIE/MÉMOIRES(NONFICTION)«LepapeUrbainIIlançaen1096lapremièrecroisadepourlali-
bération de Jérusalem. Y participèrent des pèlerins déterminés mais
dénuésde toute expérience militaire. A leur tête : Gautier SansAvoir
et Pierre l’Ermite. Les croisés avancèrent vers l’est sans même savoir
quels pays ils traversaient. Comme il ne leur restait plus rien à man-
ger, ils pillèrent tout sur leur passage et provoquèrent ainsi bien plus
de dégâts en Occident qu’en Orient. Affamés, ils se livrèrent même
au cannibalisme. Ces représentants de la vraie foi se transformèrent
rapidementenunecohorte devagabondsloqueteux, sauvages etdan-
gereux. Le roi de Hongrie, pourtant chrétien lui aussi, irrité par les
dommagescausésparcesva-nu-pieds,sedécidaàlesmassacrerpour
protéger sespaysansde leurs agressions. Lesraressurvivantsqui par-
vinrentàjoindrelacôteturqueétaientprécédésd’unetelleréputation
de barbares, mi-hommes, mi-bêtes, qu’à Nicée, les autochtones les
achevèrentsanslamoindre hésitation.»
extraitdel’encyclopédiedusavoirrelatifetabsolu,tomeII
Le jour des fourmis, Bernard Werber
EditionsAlbinMichel,1992
61
Qu’est-cevraimentquelamaturité? Officiel-
erlement, et d’après mon pote Robert le petit, 1 du
nom, il s’agirait de « l’état de développement com-
plet (de l’organisme humain) conférant à cet être la
plénitudedesesmoyensphysiquesetintellectuels».
Etpourêtrecomplet,ilfautajouterque«l’âgemûr
suit immédiatement la jeunesse ». Mais alors, où
s’arrête-t-elle, cette fameuse jeunesse ? A dix-huit
ans, vingt ans, vingt-cinq, vingt-huit, trente-trois,
quarante? Non,laversionofficieuse-laplusrépan-
due - est celle que je préfère et c’est celle à laquelle
jemerallie. Lamaturitéestl’aptitude àencaisser les
coups durs que la vie nous réserve. Un homme mûr
est un pauv’type, un couillon qui en a pris plein la
troncheetquicontinuecependantàycroire. Jesuis
ce type d’homme. Le mot « mature » serait donc
un synonyme atténué, poli, arrondi, du mot « cré-
tin des îles » ou des « alpes » à vous de choisir la
particule idoine. Pour ce genre de terme, les syno-
nymessontlégion. J’appartienségalementàcetteca-
tégorie d’hommes. L’ignace rêveur que je crois être
avance et se prend de plein fouet les murs que lui
érige la société. Recevant gnon sur gnon, châtaigne
sur châtaigne, il bifurque seulement pour prendre
les mauvais chemins ou sélectionnera le plus caho-
teux, le plus boueux d’entre eux. Le comble, c’est
quebiensouvent,etmêmedanslaplupartdescas,le
7Aupluslongueseramamort
conenquestionhésitelonguementavantd’effectuer
son mauvais choix.
Jemesenscesoiruneâmeléniniste,empreinte
derévolteplatonique. J’aidécidédemettrefinàmes
jours. Non pas physiquement. Cet acte n’a, en ce
qui meconcerne, riendebiologique. La lenteur de
lamiseàmortpossèdeunesaveurultime,nondéce-
léejusqu’alors. Auplusl’actedure,aupluslarepen-
tance sera forte, efficace et sans appel. Cette route
peut mener à la déchéance, comme elle peut mener
au salut. Un suicide mental. Le fait de passer de vie
àtrépasensejetantsousunemotricelancéeàtoute
vapeur dénote une volonté de rapidité, donc de lâ-
cheté, de simplicité. Le geste suicidaire peut - je le
pense - être considéré comme un remède, pourvu
qu’il progresse àpas feutrés, délicatement, sournoi-
sement… au ralenti. De cette manière, la victime…
ou le supplicié - appelons-le ainsi n’en jouira que
davantage, à l’instar du sieur Jésus de Nazareth es-
caladantvaille que vailleleterril labouréparle Mal,
planchesdeboissurl’épaule. Jen’aipourtantriende
communavecceFilsd’unDieuincertain. Jeneporte
pas la barbe. Je ne me balade pas quasi à poil, dépe-
naillé. Je n’ai jamais réalisé de miracle. Le miracle
dubonheur,jepensel’avoirconnumaiscelui-cim’a
échappé, tel un oiseau s’extirpant de l’étreinte mal-
adroitedevos mains. J’ailaissél’oiseaus’envolerde
peur de lui faire du mal.
Par contre, là où je rejoins ce jeune crucifié,
c’estdans le suicide moral. En ce qui le concerne, il
a fait don de soi. Je ferai donc l’inverse. Je ne me
donnerai plusàpersonneetgarderai secretmesplus
intimes convictions d’amour et d’espoir. Car l’es-
poir est chimère. Et la chimère mène tout droit au
malheur. Une exception cependant : mes enfants.
8Marc Vanrens
A l’image introvertie que j’offrirai au public, j’op-
poserai un débordement de tendresse, d’accompa-
gnement, de générosité parfois excessive, à l’égard
de mes petits chérubins. Et il ne faut pas être féru
des émissions parfois barbantes de Pivot pour com-
prendre mon charabia de faux latiniste - sacrilège :
ne jamais critiquer celui qui fait vendre ! Je risque
de la sorte de ne pas être publié -. Un autre point
commun avec le mec qui a son poster en relief dans
chaque église : notre âge, 33 ans ! Le plus bel âge
pouracquérirlestatutdedécédécandidatàlarésur-
rection. Pas question de CV, il suffit de réussir un
examen oral.
La dernière gifle remonte à une heure et de-
mie. Celle-là, je l’ai provoquée, quoique Delphine
m’ait grandement facilité les choses en écourtant au
maximum la soirée. Une conversation d’avant film,
banale, une confession durant les bandes annonces,
intensebienquepréparée,etunsilenceéduquétout
au long du chef-d’œuvre revisité, à savoir « L’exor-
ciste ». Lorsque j’y repense, la sélection de ce long
métrage, sélection difficile pour des raisons de ti-
ming, n’est peut-être pas anodine. Ce livre repré-
sente à mes yeux une sorte d’exorcisme, à condition
qu’il aboutisse bien entendu. Delphine est la plus
belle, la plus désirable de toutes les femmes, So-
phie Marceau y compris, mais c’est encore une ga-
mine à œillères. Elle se tape un Libanais vendeur
de bagnoles. Pléonasme. Elle parle de régime à
53 kg pour 1 mètre 70 et traite ma meilleure amie
de petite boule. Pas très habile tout ça. Elle pia-
note des messages sur son portable pendant que je
luiparle. Voilàquialedondem’énerver. Unefille
unique, surprotégée, surgâtée, habituée à ce que les
9Aupluslongueseramamort
mâles alentour lui fassent les yeux doux. Au moins
a-t-elletouteslechancesd’êtreheureuseunjour…Il
se pourrait qu’elle comprenne, qu’elle devienne un
vindegrandcru,etqu’ellepuissesedonnertouten-
tière à l’homme qui le lui rendra au centuple. Si je
devaisassociercetepoupéeàunevoiture,ceserait
une sportive italienne, belle, fragile, à ne pas brus-
quer à froid… mais une fois chaude…
Les perspectives d’avenir ? De quel avenir
parle-t-on ? Du mien ? Non, soyons sérieux. Mon
futur se conjugue au passé… et il ne s’agit pas d’un
passé simple, mais plutôt d’un passé compliqué.
Non monsieur Grévisse, ce temps n’apparaît nulle
part.
Professionnellement, militaire de carrière le
jour, chauffeur le soir plus un week-end sur deux.
L’armée pour rembourser les dettes, lourdes, nom-
breuses. Taximan pour vivre… survivre. Sentimen-
talement, le néant, mais surtout le renoncement à
toute relation potentielle. Et quelle femme pourrait
tomberamoureused’unpéquenotfauchécommeles
blés,papadedeuxpetitsboutsetquasi-dépressifde
surcroît ? Les candidates ne se bousculeront pas au
portillon. Monphysiquepasdégueumepermettrait
certes de me lever quantité de nanas. Non les top,
souvent vénales, mais pas des thons non plus. Pas
envie. Et puis, où cela me mènerait-il ? Artisti-
quement, Dieu - s’il existe - m’a doté d’un seul et
unique don : l’écriture facile doublée d’une imagi-
nationsansbornes. Résultat: unlivreparuen1996.
Bravo. Etmaintenant? Unnouveaumanuscrit,in-
titulé « K, épisode 1 : Le sicaire », prend la pous-
sière sur les tables des éditeurs depuis bientôt neuf
mois. Jenesavaispascombien une grossessepouvait
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