Comment surmonter un échec professionnel ?

-

Livres
99 pages
Lire un extrait
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

En France, l’échec professionnel demeure un sujet extrêmement sensible pour les personnes ayant à y faire face. Une faillite, un licenciement ou le flop d’un nouveau projet sont des épreuves souvent très difficiles à vivre ! De façon réaliste et nuancée, l’auteur brosse pourtant un portrait résolument positif de l’échec professionnel... à condition que celui-ci soit bien accompagné dans la durée. Rebondir après un échec professionnel suppose ainsi souvent un soutien externe éclairé.


Dans cet ouvrage, les managers, coachs, consultants ou autres conseillers (en emploi, en bilans de compétences, en outplacement, en évolution professionnelle...) sont donc aiguillés afin d’adapter au mieux leur posture face à ce type de publics. Sans tomber dans l’écueil du dogmatisme et en soulignant bien la singularité de chaque déconvenue, de nombreuses clefs sont ainsi avancées pour « aider à aider » les professionnels de l’accompagnement.


Cet ouvrage se révèle aussi très utile pour les personnes directement concernées par un échec professionnel. En effet, si celles-ci disposent de ressorts internes suffisants, elles pourront trouver ici des leviers pour s’accompagner elles-mêmes en vue de surmonter leur expérience malheureuse. Comment contester l’image sociale de l’échec ? Comment surmonter les émotions liées à l’échec ? Comment tirer les leçons de l’échec ? Telles sont notamment quelques-unes des questions auxquelles répond l’auteur de façon pratique. Chacune de ses propositions s’appuie sur les travaux de recherche les plus récents sur le sujet et est illustrée par de nombreux cas concrets.

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de visites sur la page 8
EAN13 9782376870753
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0075 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème
INTRODUCTION
Une enquête Ipsos de décembre 2013, intitulée « Comment rebondir après un échec professionnel ? » fait apparaître la France comme «une société qui condamne trop l’échec ». Plusieurs signaux conver-gents tendent néanmoins à souligner une évolution des mentali-tés sur cette question au cours des dernières années. En 2011, la premièreFail Conférence– une conférence au cours de laquelle des entrepreneurs viennent raconter leurs échecs et ce qu’ils ont appris à travers cette expérience – a notamment été organisée à Paris. De même, en 2013, l’indicateur 040 de la Banque de France, Ichant les dirigeants ayant fait l’objet d’un jugement de liquidation judiciaire au cours des trois dernières années, a été supprimé. De notre point de vue, il fallait voir dans cette initiative la volonté de moins stig-matiser l’échec entrepreneurial dans l’Hexagone et d’encourager la recréation. Dans cette même veine, plusieurs associations visant à aider des entrepreneurs post-faillite à rebondir dans un projet entrepreneurial ou salarié ont été créées récemment (ex. Second Soue, en 2010 ou 60 000 rebonds, en 2012). Par ailleurs, de nom-breux dossiers thématiques ont été consacrés, ces derniers temps, aux vertus thérapeutiques de l’échec dans la presse managériale grand public (ex.Chef d’Entreprise, 2017 ;Entreprise & Carrières, 2015 ;Enjeux-Les Échos, 2011 ;Harvard Business Review France, 2017 ; Management, 2007, 2011 ; etc.). Le principe d’un droit à l’erreur com-mence même à être formalisé dans des accords d’entreprise, des baromètres sociaux ou des chartes internes. Par exemple, la Maif a intégré la «tolérance à l’erreur» dans son accord de prévention des risques psycho-sociaux, en janvier 2014.
– 11 –
Comment surmonter un échec professionnel ?
Si les lignes bougent peu à peu au sein de notre société, il en va clairement de même au plan théorique. Au milieu des années 2000, Wilkinson et Mellahi (2005) considéraient, par exemple, l’échec dans les organisations comme une «terre inconnue» dans la litté-rature en management. Dans le numéro spécial qu’ils ont consacré à cette question dans la revueLong Range Planning, ils regrettaient ainsi le biais en faveur du succès dans les productions académiques (en vue d’identiIer desbest practices), alors même que l’échec pro-fessionnel est inévitable dans un environnement turbulent et peut même se révéler salutaire. Leur contribution collective constitue, à ce titre, un véritable tournant dans le champ du management des erreurs et des échecs. En particulier, les articles de Baumard et Starbuck (2005), d’une part, et de Cannon et Edmondson (2005), d’autre part, ont posé les bases d’un champ théorique consacré à la manière dont on peut apprendre de ses échecs. A l’issue de ce numéro spécial, Wilkinson et Mellahi (2005) avaient toutefois conscience d’avoir à peine commencé à «eLeurer la surface d’un phé-nomène important» et qu’il restait encore beaucoup de choses à faire dans ce domaine.
La question du management de l’échec était donc un sujet à peine émergent lorsque nous avons décidé d’en faire notre programme de recherche, en 2003. AIn de contribuer à combler le vide théo-rique de la littérature scientiIque autour de ces questions, nous avons donc orienté tous nos eorts de publication autour de l’étude des mécanismes, des conséquences et de la gestion de l’échec dans la sphère professionnelle (ex. lancement de produit/ service raté, faillite, licenciement, etc.). En 2008, nous avons no-tamment publié un ouvrage aux éditions du Palio, intituléFaut-il échouer pour réussir ? Mythe et réalité du retour d’expérience en entre-prise. Fort de ces diérents travaux, nous animons régulièrement des conférences en entreprises (ex. Allianz, Banque Postale, Colas, Electrolux, PepsiCo, SNCF, etc.) et participons à des tables rondes sur le management individuel et organisationnel des erreurs et des échecs. En outre, nous sommes aussi sollicités par des journa-listes pour des interviews sur cette thématique de plus en plus en vogue. Dès lors, en ayant exploré, depuis près de quinze ans, un grand nombre de facettes de l’échec professionnel, nous souhai-tons aujourd’hui nous inscrire dans une optique résolument pres-criptive, notamment vis-à-vis des managers, des consultants, des
– 12 –
Introduction
coachs, des conseillers à l’emploi, etc. Ces derniers ont vocation – pour dire les choses très simplement – à accompagner les indi-vidus dans leur développement professionnel. Parmi les leviers d’action à leur disposition, ils peuvent notamment aider les béné-Iciaires à apprendre de leurs expériences antérieures, et notam-ment de leurs déconvenues passées.
Cet ouvrage ore, à ce titre, une grille de lecture résolument posi-tive de l’échec professionnel, sans pour autant tomber dans l’angé-lisme. Il donne également quelques pistes pour que l’accompagnant adopte la bonne posture aIn de contribuer à ce que l’individu sui-vi puisse tirer le meilleur proIt de ses déboires antérieurs. Nous synthétisons ces réLexions à travers 20 propositions concrètes en conclusion de ce manuscrit. Pour appuyer nos diérents arguments, nous mobiliserons de nombreux exemples, issus notamment des cas que nous avons pu étudier par le passé. Malgré les convictions que nous nous sommes inévitablement forgées au Il de ces inves-tigations, le lecteur ne devra surtout pas interpréter nos quelques conseils comme des injonctions dogmatiques. En d’autres termes, le caractère contingent de nos recommandations ne doit jamais être perdu de vue, et chacune de nos suggestions doit nécessairement être transposée dans le contexte spéciIque du binôme accompa-gnant-accompagné.
– 13 –