Devenir auteur sa vie

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238 pages
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Pourquoi est-il si facile d'aller mal alors qu'on a le désir de bien vivre ? Lorsqu'on se comporte de façon simpliste, que l'on s'effraie de la complexité du monde et qu'on se réfugie dans un idéal ou une idéologie, il est difficile d'être satisfait de sa vie. Ce livre trace les voies d'une communication plus authentique, conduisant à des relations plus riches. Il permet de comprendre comment faire la paix avec son passé, et propose d'apprendre à penser efficacement ensemble...

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Date de parution 01 janvier 2012
Nombre de visites sur la page 54
EAN13 9782296480650
Langue Français

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Devenir auteur de sa vie Essai sur la construction du sens et le bien-vivre-ensemble
François Kolb DEVENIR AUTEUR DE SA VIE
Essai sur la construction du sens et le bien-vivre-ensemble L’Harmattan
© L’Harmattan, 2011 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-55832-8 EAN : 9782296558328
Pour Mireille, Stéphane, Vincent et Tessa
Introduction
Pour bien nous mettre en route
A la recherche du sens
Viser la vie bonne, avec et pour les autres, dans des institutions justes. Paul Ricœur,Soi-même comme un autre.
Comment vivre une bonne vie ? Question de fond de la philosophie, aussi bien que recherche de tout un chacun. Comment y parvenir dans un monde qui périodiquement vire au cauchemar pour bon nombre d'entre nous ? Question incontournable alors que l'on s'avance dans un siècle lourd de menaces. Pourtant, avec le développement général des sciences humaines, celui de la psychanalyse, de la phénoménologie et des philosophies de la e liberté et de la personne, le XX siècle a vu naître un certain nombre d’idées permettant de développer dans bien des domaines une pensée plus libre et plus créative. Il est vrai que ce siècle a également vu se dérouler les conflits les plus meurtriers de l’histoire humaine. Avec la bombe atomique, l’holocauste et le goulag, il a connu trois des pires horreurs que le genre humain ait produites. Mais les leçons semblaient en avoir été tirées : « Plus jamais ça ! » avait-on dit, en se donnant quelques raisons de croire que cette fois-ci ce serait enfin vrai. Bien vivre, individuellement et collectivement, tel semble avoir été l’idée sous-jacente aux évolutions enregistrées après la Seconde Guerre mondiale. Cette idée s’est exprimée, sur le plan collectif, dans la marche vers une Europe unie, dans les critiques adressées à la société de consommation, et dans des appels à plus d’authenticité et de solidarité. Elle s’est traduite par l’accent mis sur la motivation et les relations humaines dans le travail. Sur le plan individuel, l’aspiration à mieux vivre s’est manifestée à travers la floraison des techniques de développement personnel.
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Mais les illusions ainsi nées se dissipèrent vite. Les espoirs de bien vivre sont toujours aussi fragiles pour beaucoup d’entre nous et la survie même de l’humanité semble parfois problématique. La technique crée à la fois les conditions d’une domination totale de la nature et celles de sa destruction complète. Par ailleurs, certains mécanismes de pensée – comment les nommer autrement tant ils jouent de façon quasi-automatique ? – s’expriment à travers des idéologies tout aussi propices à l’avilissement, l’asservissement, voire l’anéantissement d’une partie de l’humanité. Quant à la poursuite individuelle du bonheur, elle se traduit parfois par des actions ponctuelles d’épanouissement, mais celles-ci visent souvent plus l’agir efficace que l’agir libre. Elle s'exprime aussi dans une quête de sens qui se manifeste quelquefois par un regain d'intérêt pour la réflexion philosophique, mais aussi par l’adhésion à des idéologies identitaires, ethniques, nationalistes, fondamentalistes ou sectaires.
Quels obstacles nous empêchent donc d’être suffisamment libres pour réaliser selon la formule de Paul Ricœur « la visée de la vie bonne avec et 1 pour les autres dans des institutions justes » ? Comment, concrètement, se libérer de ces obstacles ? Telles sont les deux questions qui nous guideront tout au long de notre recherche. Bien vivre, vraiment bien vivre, et y parvenir ensemble, ne va pas de soi. Il n’est pas nécessaire d’avoir subi de graves traumatismes dans son enfance pour mal vivre. Peut-être, tout simplement, peu d’entre nous ont-ils eu l’occasion d'apprendre à le faire convenablement. Mais de quoi parlons-nous quand nous disons que « ça va mal » ? Inversement, qu'est-ce qu'aller bien ? Quel sens ces mots peuvent-ils bien avoir ? Toute notre vie ne serait-elle pas fondée sur des questions de sens ? A chaque instant, nous donnons sens à ce que nous vivons. Par le sens que nous donnons aux choses et aux évènements, nous leur conférons une signification et nous orientons nos sentiments et nos actes. La plupart du temps nous le faisons par habitude, sans en prendre conscience. Nous considérons même que ce n'est pas nous qui faisons cela. Nous sommes souvent persuadés que « les choses sont ainsi ». La question du sens ne se
1. Cet essai est en grande partie placé sous le patronage de Paul Ricœur, philosophe de l'agir humain. Cette visée qui fait l'objet de la citation figurant en tête de cette introduction est développée dans son ouvrageSoi-même comme un autre([53] p.199 à 236). Elle nous accompagnera tout au long de notre cheminement.
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