Le grand déballage

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S’informer de l’origine, de la composition ou de la qualité nutritionnelled’un aliment relève souvent du parcours du combattant.
L’interlocuteur n°1, c’est indéniablement l’étiquette. Idéalement, elle doit être la carte d’identité du produit. Mais comment lire et
comprendre cette étiquette ? Pouvons-nous lui faire confiance ? Est-ce réglementé ? Est-ce une réelle source d’informations utiles ou
plutôt un support du marketing ? Que signifient tous ces fameux E... ? Comment interpréter les dates de péremption ? Puis-je faire
confiance aux dénominations et aux illustrations ? Comment comprendre les éventuelles informations nutritionnelles ? C’est à ces
questions, et bien d’autres, que nous tenterons de répondre dans cet ouvrage. Mais rassurez-vous... loin de nous l’idée d’une analyse
juridique ou scientifique des étiquettes. Du concret et encore du concret ! Tel sera notre credo, conscient qu’un consommateur bien
informé en vaut deux. Certes, nous n’aurons pas la prétention d’être exhaustif mais multiplierons au maximum les exemples pratiques
devant vous permettre de choisir en connaissance de cause et de déjouer les pièges parfois tendus.

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EAN13 9782507055158
Langue Français

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LE GRAND DÉBALLAGE
Avenue du Château Jaco, 1 - 1410 Waterloo www.renaissancedulivre.be Renaissance du Livre
@editionsrl
Le grand déballage Robert Remy Couverture : Cédric Michiels
Maquette : Delphine Dupuy
Mise en pages : Josiane Dostie
ISBN : 978-2-50705-515-8
© Renaissance du Livre, 2017
Tous droits réservés. Aucun élément de cette publication ne peut être reproduit, introduit dans une banque de données ni publié sous quelque forme que ce soit, soit électronique, soit mécanique ou de toute autre manière, sans l’accord écrit et préalable de l’éditeur.
Robert Remy
LE GRAND DÉBALLAGE TOUT SAVOIR SUR LES EMBALLAGES ALIMENTAIRES
-AVANT-PROPOS -ous êtes-vous déjà demandé combien de fois vous passerez à table durant votre V existence ? Imaginons une durée de vie de 75 ans, à raison de trois repas quotidiens… Résultat : vous prendrez plus de 80 000 repas et absorberez une centaine de tonnes d’aliments ! Mais savez-vous précisément ce que vous mangez ? Les sociologues se sont souvent penchés sur notre relation à l’alimentation. Leurs conclusions peuvent se résumer ainsi : dans les années 1980, l’attitude du consommateur était « Dites-moi » (la confiance était de mise) ; dans les années 1990, c’était plutôt « Montrez-moi » (la prolifération des grandes surfaces rendait plus difficile l’accès à l’information) et depuis les années 2000 (les crises de la vache folle et de la dioxine étant passées par là), c’est carrément « Prouvez-moi » !
Très souvent, nous avons, aujourd’hui, le sentiment que face à un acte aussi fondamental que celui de manger, nous sommes abandonnés à nous-mêmes, que les acteurs « se défilent » derrière la philosophie « Moins le consommateur en sait, mieux c’est ». En effet, s’informer de l’origine, de la composition et de la qualité nutritionnelle d’un aliment relève souvent du parcours du combattant.
o L’interlocuteur n 1, c’est indéniablement l’emballage, et plus particulièrement l’étiquette ! Idéalement, celle-ci doit être la carte d’identité du produit. Mais comment la lire et la comprendre ? Pouvons-nous lui faire confiance ? Est-ce réglementé ? Est-ce une réelle source d’informations utiles ou plutôt un support marketing ? Que signifient tous ces fameux E… ? Comment interpréter les dates de péremption ? Peut-on faire confiance aux dénominations et aux illustrations ? Comment comprendre les éventuelles informations nutritionnelles ? C’est à ces questions, et à bien d’autres, que je tenterai de répondre dans cet ouvrage. Mais rassurez-vous : loin de moi l’idée d’effectuer une analyse juridique ou scientifique des étiquettes. Du concret, et encore du concret ! Tel sera mon credo, conscient qu’un consommateur bien informé en vaut deux ! Certes, je n’aurai pas la prétention d’être exhaustif, mais je multiplierai au maximum les exemples pratiques devant vous permettre de choisir en connaissance de cause et de déjouer les pièges parfois tendus.
1 -LE VRAC : LE PARENT PAUVRE EN MATIÈRE D’ÉTIQUETAGE -Si j’achète du jambon cuit à la découpe, je recevrai moins d’informations que si je l’achète préemballé.
ous pensiez sans doute le contraire, mais faites l’expérience ! Un coup d’œil au rayon de la charcuterie à la découpe et vous aurez vite compris. Āucune mention de la présence nutVritionnelle. Āutant de mentions que vous retrouverez sur le même jambon cuit préemballé. Et éventuelle d’additifs, aucune date limite de consommation, aucune information malheureusement, le personnel en charge du rayon sera, le plus souvent, bien en peine de répondre à vos questions légitimes.
Āttention : le jambon cuit n’est pas le seul aliment concerné ! C’est le cas de la plupart des aliments présentés sous cette forme. Mais pourquoi donc une telle différence ? Parce que tant le législateur européen que la plupart des législateurs nationaux l’ont voulu ainsi. À l’image de
o nombreux produits de consommation, l’alimentation n’échappe pas à la règle (règlement n 1169/2011 dit INCO, pour celles et ceux qui souhaitent en savoir davantage). Āujourd’hui, l’écrasante majorité des réglementations qui l’encadrent sont édictées par l’Union européenne mais, très régulièrement, celle-ci laisse à chaque État membre une large marge de manœuvre, en ce qui concerne tant leur application que leur contrôle. Et en ce qui concerne l’étiquetage, on lit ainsi qu’« il convient que les États membres conservent le droit d’établir les normes régissant l’information sur les denrées alimentaires non préemballées, en fonction des conditions pratiques et de la situation sur leur territoire ». Comprenne qui pourra le bien-fondé d’une telle philosophie.
Pour faire bref : outre le prix, bien entendu, vous ne trouverez généralement que la dénomination. Seule obligation : la mention des allergènes qui, nous le verrons, est parfois loin d’être réellement utile. « Mais, me direz-vous, je lis pourtant parfois “classe 1” ou “supérieur” sur des fruits ou des légumes vendus en vrac. » Et vous avez parfaitement raison. N’y attachez cependant qu’une importance toute relative. Il s’agit le plus souvent de catégories commerciales (fixées au niveau du commerce de gros sur base du calibre ou encore de l’homogénéité des lots) peu utiles au consommateur. Laissez-vous plutôt guider par votre œil, votre odorat ou votre toucher pour les choisir !
2 -MÉFIEZ-VOUS DES ILLUSTRATIONS ET MENTIONS ALLÉCHANTES « aux fraises » c-ontient parfoi Un pot de yaourt s moins d’une fraise.
vouons-le : qui ne s’est jamais laissé tenter par une illustration alléchante ? Une A croquette de crevettes débordant de crevettes, un yaourt « aux fraises » plein de fruits ou un potage renfermant de « nombreuses » boulettes… Les professionnels du marketing l’ont bien compris. Ils ont fait du célèbre slogan d’un hebdomadaire, « Le poids des mots, le choc des photos », leur outil de travail. Certes, la législation est précise : lorsqu’un emballage met en évidence un ingrédient sous la forme d’une illustration ou d’une mention, le pourcentage de cet ingrédient doit être mentionné dans la liste des ingrédients. Mais pressés par le temps, nous sommes pourtant nombreux à ne faire confiance qu’à la face principale de l’emballage. Durant ma carrière, j’ai souvent eu l’occasion de décrypter ces étiquettes et, me croirez-vous ?, j’ai souvent dû m’y reprendre à deux fois pour me convaincre de certaines supercheries. Voulez-vous quelques exemples ? Un pot deyaourt(avec de belles fraises mises en avant) se dit « yaourt à 20 % de préparation de fruits – avec petits morceaux de fruits ». Incrédule, je passe à la liste des ingrédients et y lis « fraises : 6 % ». Sachant qu’une fraise pèse, en moyenne, 10 grammes, ce pot de 150 grammes ne renferme même pas UNE fraise ! Autre exemple : une boîte depotage aux boulettes vous propose une assiette fumante dans laquelle baignent de nombreuses boulettes. En y regardant d’un peu plus près, j’apprends qu’il s’agit du nombre de boulettes présentes dans la boîte… et non pas par assiette ! La démarche est bien connue : mettre en évidence les ingrédients nobles. Affirmer qu’un aliment est préparé « à l’huile d’olive » est porteur. Il n’est pourtant pas rare de constater qu’il renferme bien plus d’huile de soja ou de tournesol que d’huile d’olive.
Deux autres techniques sont aussi souvent utilisées pour nous attirer : la référence à une production « artisanale » et l’origine géographique. Très logiquement, ce qui est « artisanal » est forcément plus « naturel » et plus « sain ». Détrompez-vous pourtant. Laconfiture « de tante Joséphine »le ou potage « secret de grand-mère »renferme bien des ingrédients et additifs qu’ignoraient nos grands-parents ! Tout comme cette «salade au crabe king artisanalequi » contient bien plus de surimi (cette imitation de crabe) et d’arôme de crabe que de crabe… Ce que vous ne pouvez apprendre qu’en lisant la liste des ingrédients. Peut-on parler d’infraction ? Pas vraiment, dans la mesure où de tels paradoxes ne sont le résultat que d’un vide juridique quasi généralisé. En Belgique, seul lejambon cuit « artisanal »doit répondre à des exigences de composition plus contraignantes. La France, par contre, a davantage balisé l’utilisation des termes « campagne », « fermier », « paysan », « artisanal », « à l’ancienne », « traditionnel » et « maison » ou « fait maison ».
Un mot enfin sur l’origine prétendue de certains aliments (pizza,tiramisu,paella,pesto, etc.) : ceux-ci suggèrent, rien que par leur nom, qu’ils proviennent d’un pays ou d’une région donnée. Ils constituent souvent des arguments de vente efficaces. Mais ouvrez l’œil : desantipasti arborant fièrement les couleurs italiennes pourraient être fabriqués en Suisse ou un «jambon cru italienprovenir de France. Parfois même, certains aliments font tout pour vous faire » croire qu’ils sont ce qu’ils ne sont pas ! J’ai ainsi découvert un fromage qui, par les couleurs, le graphisme et la marque utilisés ne pouvait me convaincre que d’une seule chose : il s’agissait de feta. Rien de tout cela, pourtant, puisqu’en lisant attentivement l’étiquette, j’ai appris qu’il s’agissait d’un fromage à base de lait de vache et non de brebis. Soyons clairs : ces astuces d’étiquetage ne sont nullement synonymes d’une qualité médiocre, mais bien d’une volonté d’influencer notre acte d’achat. À nous d’y être attentifs en lisant attentivement tant la liste des ingrédients que le lieu de fabrication.