Enfin libérée du burn-out
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Description

Je souffle mes quarante-six bougies, ma vie est aussi sombre que les longues nuits d’hiver.
J’ai élevé avec dignité mes enfants. Je souhaite pour mon bien-être personnel me construire un avenir professionnel.Je reprends mon rôle de femme active, obtenant brillamment mon BAC professionnel de secrétaire assistante.Je travaille en tant qu’employée dans différentes entreprises, souvent au contact de personnes fragilisées et face à une hiérarchie stricte et des collègues pointilleux.Les nouvelles conditions de travail ne conviennent pas à tous.
Alors avec un aplomb certain, je crée mon entreprise de services à la personne. L’évolution est fulgurante. Les embauches, les démissions et les arrêts-maladie se succèdent néanmoins, j’affronte tous les aléas sans jamais me plaindre. Petit à petit, l’usure et la fatigue m’engloutissent.Je tente tant bien mal pour résister contre ce fléau.


***



Extrait :


Au-dessus de ma tête, les nuages sont trop nombreux, ils obscurcissent le soleil, du coup l’orage gronde. Je ne dors plus, harassée par la fatigue mentale. Je ne réagis plus devant cette situation beaucoup trop douloureuse. Mon attitude d’être humain devient parfaitement inutile à la société. Je suppose que les jours à venir rétabliront cette chute brutale, mais le plongeon me semble trop radical. Je ne vois plus une lueur d’espoir devant moi, devant mes yeux, dans ma tête, dans mon for intérieur.

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Informations

Publié par
Nombre de lectures 30
EAN13 9791034805617
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0045€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Enfin libérée du « BURN-OUT »
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Sylvie Vandroux
 
 
 
 
Enfin libérée du « BURN-OUT »
 
 
 
Couverture  : Néro
 
 
 
Publié dans la Collection Samsara,
 
 
 

 
 
 
 
© Evidence Editions 2018

 
 
 
PRÉFACE
 
 
 
Comment imaginer le monde professionnel au cours des années futures, face à ce nouveau syndrome appelé Burn-Out ? Il gagne du terrain dans notre société actuelle, il touche toute la population. Il guette tous les niveaux d’échelons petits et grands, les hommes et les femmes jeunes et moins jeunes. Il s’immisce dans notre existence, il la détruit en totalité, même l’amour ou le bonheur familial ne lui résistent pas.
Vous découvrirez, tout au long de cette histoire réelle, mon témoignage. Il est destiné à alerter un maximum d’individus, peut-être confrontés à ce phénomène difficile et complexe à combattre.
J’ai emmagasiné beaucoup d’informations pendant toute la période de construction de mon milieu professionnel, avec des méthodes différentes, tout en côtoyant des personnes aux profils divers. Certaines situations ont augmenté ma force et d’autres ont anéanti tous mes efforts. J’éprouve maintenant des sentiments dubitatifs sur la sincérité de ce milieu professionnel.
Nos capacités intellectuelles se distinguent par des tempéraments divergents et des caractères singuliers. Les nouvelles conditions de travail d’aujourd’hui ne peuvent plus convenir à tout le monde. La pression sociétale engendre un stress, annihilant la personnalité de chacun.
J’ai élevé avec dignité mes enfants. Je souhaitais pour mon bien-être personnel me construire un avenir professionnel, permettant de m’épanouir, en me réalisant : ceci était « une certitude, ma certitude ».
Cet acharnement me coûtera plus que de raison.
Suis-je donc véritablement têtue ?
Je présume que oui. Nous disposons tous d’une seule et unique vie, pour effectuer nos désirs et nos rêves. Alors, je fonce tête baissée.
Mais à quel prix ?
Jusqu’où faut-il aller ?
Existe-t-il une vraie recette ?
Je l’ignore. Pour ma part, je m’y suis entièrement dévouée, jusqu’au bout du chemin de mon ambition. J’ai donné tout ce que je pouvais accorder : l’amitié, le partage, les heures, la loyauté, la patience, l’écoute, la tolérance et la santé. Vous découvrirez comment je me suis prise en main pour sortir de ce profond traumatisme.
 
Toute une vie pour grandir
Et pour tracer un chemin.
Tout ce chemin à parcourir
Mon Dieu qu’il est incertain.
Jamais plus je ne revivrai sur cette route escarpée,
Jamais plus je ne dirai : je fonce tête baissée.
Jamais plus je ne sourirai en parlant du passé.
 
 
 
 
1 – LE DÉSESPOIR
 
 
 
Décembre 2013, je souffle mes quarante-six bougies sans aucun intérêt, ni conviction sur mon futur. Mes cheveux longs, raides, ternes sont mal coiffés, ils deviennent blancs de jour en jour. Ma figure se ride, mon teint clair pâlit encore plus. Mes yeux noisette démontrent ma tristesse, mes paupières s’alourdissent par manque de sommeil. Au réveil, mes yeux sont boursouflés et cernés. On pourrait supposer que j’ai pleuré pendant des heures ou bien que j’ai passé une nuit blanche. Oui… C’est bien ça ! Mes nuits sont blanches… depuis déjà des mois…
Combien vais-je encore passer de nuits ainsi ?
Mon physique maigrelet fait plus pitié qu’envie. Je hais mon corps resté impassible à toutes les situations heureuses ou tristes. Je maudis toutes les journées s’enchaînant de façon identique. Je ressemble physiquement à une personne de dix ans supplémentaires.
Pourquoi vivre à présent, si c’est juste pour survivre ?
J’ai oublié en intégralité ce qu’était un sourire, celui qui éclairait mon visage pendant bien des années. Les fous rires, ceux qui éclatent à tout bout de champ, s’évaporent en fumée. La joie de vivre se volatilise de mon univers. Ma destinée personnelle est réussie, je suis en train de la gâcher par honte et par déshonneur. Elle ne tient plus qu’à un fil, trop détendu et mince pour résister contre ma vie professionnelle de ces dix dernières années. Du coup, tout autour de moi, mon existence s’écroule. Je glisse dans un tunnel étroit. En tombant la tête la première, trop vite pour pouvoir m’agripper aux contours, je suis dans l’impossibilité de me relever. Ma nouvelle personnalité se compare à l’hiver, sombre, triste et froid. Le sang glacé de mes veines est aussi bas en température que les gelées hivernales. Je fuis le reflet du miroir. Je me déteste et je déteste la Terre entière. Mon « espèce de monde » vit au ralenti. Encore un matin tel que tous les autres où je me lève avec difficulté. Je tourne en rond dans la maison, sans ouvrir les volets. Le noir rassure mon pessimisme, il conforte ma souffrance. Je mène un combat contre moi-même, je me force à tenir debout. Je résiste à la tentation de tout abandonner, abandonner mes enfants, mes petits-enfants, mon mari et ma vie professionnelle. C’est dur, très dur et trop pénible, hélas ! Assise sur le canapé, mon corps ne demande qu’à s’allonger. La télévision reste éteinte, le calme est mon allié. J’appréhende le regard des gens, les fuyant le plus souvent possible.
Auparavant, j’aimais tant rire, profiter de chaque instant, danser, discuter, recevoir des amis et de la famille. J’adorais me vêtir d’un style impeccable. Les chaussures, les ceintures, les bijoux toujours assortis à mes vêtements, je coordonnais tout dans les moindres détails. Ce temps-là s’est figé le jour où je suis tombée. Le fait de manger, de boire, de me maquiller, de m’habiller ou de parler m’importune. Je végète en état d’inertie et de mutisme.
Qu’ai-je donc déclenché de si incompréhensible pour en arriver là ?
Au-dessus de ma tête, les nuages sont trop nombreux, ils obscurcissent le soleil, du coup l’orage gronde. Je ne dors plus, harassée par la fatigue mentale. Je ne réagis plus devant cette situation beaucoup trop douloureuse. Je deviens un être humain parfaitement inutile à la société. Je suppose que les jours à venir rétabliront cette chute brutale, mais le plongeon me semble trop radical. Je ne vois plus une lueur d’espoir devant moi, devant mes yeux, dans ma tête, dans mon for intérieur.
Dois-je rebondir ?
Comment ?
La gloire et l’ambition se tiennent dorénavant derrière moi. Malgré tout, le désespoir persiste.
Quel avenir puis-je espérer ?
Je reste assise sans bouger. Je ne lis plus, je n’écoute pas de musique, j’évite au maximum les lieux et les personnes étrangères. Les préparatifs de Noël, ces moments attendus avec impatience, déclenchent dans mon cœur un vague à l’âme. Ils se manifestent, sinistres comme mon état, dépressifs comme mon existence, moroses. Les cadeaux des enfants se font cette année sans aucune motivation. Une enveloppe avec quelques billets fera l’affaire. Les repas sont prévus à l’extérieur, ouf ! Un tracas en moins ! Cependant, le regard familial, observateur, me préoccupe d’une façon poignante.
Je prie de toutes mes forces pour que mon cerveau cesse de tourner, tourner et tourner encore. Rien n’y fait. Il tourbillonne une fois dans un sens, une fois dans l’autre. Tout me perturbe. Une nouvelle année arrive avec tous ses aléas, et les miens sont loin d’être mineurs. Des tonnes de questions s’enchaînent à n’en plus finir.
Que me réserve-t-elle ?
Du bonheur ou du malheur ?
De l’amour ou de la haine ?
De la joie ou de la peine ?
Pourquoi autant d’abattement et de fatigue ?
Que deviendra mon avenir si je persiste dans cette voie ?
La nuit tombe à l’extérieur et je sais que demain sera un autre jour. Hélas, pour ma part, il ressemblera à celui d’aujourd’hui, d’hier, d’avant-hier, des six semaines précédentes. Et pourtant !
 
Forteresse pour cette vie,
Je ne suis plus.
Battante pour un futur destin,
Je ne peux plus.
Acharnée d’une progression,
Je ne veux plus.
Laissez-moi tranquille,
Laissez-moi sombrer,
Ne me parlez plus,
Ne me regardez plus.
Je veux m’endormir et ne plus me réveiller,
Je veux oublier cette partie de mon existence.
Je veux stopper cet enfer incontrôlé,
Pour sortir de cet effroi dans lequel je suis enfermée.
 
 
 
 
2 – RECONSIDÉRATION PROFESSIONNELLE
 
 
 
Mariée depuis seize ans, je fête mes trente-sept ans. Une corpulence moyenne, les cheveux blonds mi-longs sont coiffés au carré. Bref, mon physique radieux démontre à la fois ma gentillesse et ma détermination. Ce caractère, je le dois à mes parents.
Mon mari musclé, brun, une figure toujours bronzée, allongée, les yeux marron avec de gros sourcils épais, laisse apparaître un aspect puissant et sensible, gentil et réservé, affectueux et endurci. Il travaille en déplacement dans le secteur métallurgique.
Je consacre mon temps à mes trois enfants depuis leur naissance. Alexis, l’aîné, âgé de seize ans, Julien, le cadet, âgé de quatorze ans, puis Angélique, la benjamine, âgée de douze ans. Les voir grandir, les guider dans leur scolarité et leurs animations extrascolaires sont mes premiers objectifs. Depuis des années, Alexis et Julien jouent au football. Je les chaperonne tous les samedis après-midi en suivant leurs compétitions. Angélique maîtrise avec enthousiasme ses cours de danse, tous les lundis soirs.
Nous vivons dans une résidence au cœur d’un village Bourguignon. Je profite chaque jour de notre grand terrain arboré entouré de verdure, au calme. J’embellis avec plaisir tout l’espace. Je tonds la pelouse une fois par semaine. Le potager doit être désherbé et arrosé pour que la récolte soit bonne. Je jardine sans aucun gant, on dit que la terre fortifie les ongles. Les saints de glace du mois de mai sont terminés, je plante mes fleurs estivales dans des vasques en briquette rouge, dans sept suspensions accrochées aux jambes de force de l’avancée de toit, et en pleine terre. Je m’en occuperai durant toute la saison. Rien n’est plus joli qu’une maison fleurie et entretenue.
Nous accueillons en toute aisance une trentaine de personnes pour certaines fêtes amicales ou familiales, dans notre séjour tapissé d’un vert pâle et meublé d’un style ancien en aulne. Il ouvre sur la cuisine équipée d’un vernis, chêne moyen, d’un plan de travail carrelé déjà démodé. J’aime recevoir et cuisiner pour mes invités. Dans ces moments-là, je passe l’après-midi aux fourneaux, à préparer un bon couscous ou bien des encornets farcis. Certains plats demandent beaucoup de temps, néanmoins les compliments des uns et des autres m’ont toujours remplie d’une grande fierté. Pour la pâtisserie, c’est une autre histoire ! Je m’applique en suivant la recette à la lettre, le goût est parfait, mais la présentation laisse à désirer. De toute évidence, on ne peut pas exceller dans tous les domaines ! Mon talent de cuisinière est bel et bien meilleur que celui de pâtissière.
Pendant une dizaine d’années et jusqu’à ce jour, je me suis dévouée à l’organisation des manifestations, auprès d’une association scolaire. Au début je suis membre du bureau, je deviens secrétaire par la suite. Enthousiaste pour l’élaboration des animations extrascolaires, je suggérais mes créations d’affiches. Ce n’est rien à côté de ce que j’assimilerai plus tard.
Mes amies sont Laurence et Sandrine. Laurence grande, mince, les cheveux et les yeux très noirs, d’une physionomie austère. Elle réside juste à côté de chez nous. Je l’aime pour sa prévenance. Assistante de direction dans une immense industrie, elle s’y consacre depuis de nombreuses années. Sandrine, les cheveux châtain clair, mi-longs, les yeux noisette, d’une silhouette svelte, nous a rejoints depuis peu. Sa gentillesse et son attention me rassurent. Elle dirige un pôle d’une vingtaine d’individus dans une institution réputée. À mes yeux, elles sont devenues des femmes modernes, propulsées vers une destinée professionnelle exemplaire. J’apprécie particulièrement leur qualité d’écoute. Nous partageons des instants de fous rires extraordinaires. Nos conversations sont diversifiées sur tous les points. Nous passons d’agréables moments ensemble, autour de dîners publics ou privés. Avec elles, je dévoile mon aspect naturel, leur confiant la totalité de ma vie, idem pour elles. Je les informe de mon intention d’entrer dans la vie active.
À la saison automnale 2004, je prends l’initiative de m’inscrire dans un atelier pédagogique personnalisé, pour une pratique de cours indispensables à une remise à niveau. Mon but est une réadaptation sur des bases fondamentales. L’enseignante accueille plusieurs individus de vingt à soixante ans, hommes et femmes, les lundis et jeudi après-midi. Ce lieu ressemble énormément à une salle d’étude où se trouvent tous les manuels scolaires de différents programmes à étudier. Je reçois le certificat de navigation sur Internet. J’investis dans l’outil informatique, le maîtrisant avec rapidité.
De plus, j’effectue un bilan de compétences avec, pour objectif, la recherche d’un métier correspondant à ma personnalité. À l’aboutissement des deux mois de stage pratiqué en totale assiduité, la fonction de secrétaire se révèle être le domaine le mieux approprié. J’envisage, par conséquent, une entrée en formation. Je continuerai d’élever mes enfants, tout en commençant mes premiers pas dans une spécialité inconnue. Je réussis le test pour l’intégration au centre, tout en patientant une année pour entamer ce stage.
En attendant, recrutée pour un poste de téléopératrice dans un grand centre d’appels, j’apprends la communication et les discours à tenir auprès du public. Cette expérience s’avère bénéfique face au mécontentement des personnes. J’obtiens trois contrats à durée déterminée, faisant preuve de conciliation, d’écoute, de maturité et de ponctualité. Le troisième contrat arrive à expiration au moment parfait pour enclencher mon apprentissage.
Depuis déjà quelques années, les formations adultes prennent de l’envergure. Elles se succèdent et prospèrent d’année en année dans des domaines artisanaux. La session débute en octobre. La constitution des cours se passe en deux temps. Les cours sur place, les mardis et mercredis, commencent à neuf heures et se terminent à dix-sept heures, au pôle de l’organisme prévu à cet effet. Le reste du temps, j’exécute ma besogne d’une manière consciencieuse à domicile. Le vaste immeuble est obscur et ancien, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur. Le quartier me déstabilise, pendant les jours de cours, avec un surmenage actif et visible. La formatrice, d’une cinquantaine d’années, accueille quatorze personnes, avec un parcours de connaissance hétérogène. Son chignon coiffe sa longue chevelure noire. Son teint clair, ses yeux sombres, maquillés de noir, m’impressionnent. Son caractère apparemment stoïque nous rassure pour tout le cycle. Elle utilise des mots simples, nous guide si nécessaire. Mon itinéraire professionnel ressemble à quelques étudiantes présentes, d’autres souhaitent approfondir un métier pour faire suite à un licenciement ou encore à des inaptitudes dans leur fonction.
Elle nous donne toutes les démarches à suivre durant la formation et nous fournit le matériel informatique.
Pour la première phase, nous apprenons toutes les bases de technique informatique avec les méthodes d’écriture, de calcul et la rapidité de l’outil.
Pour la deuxième, nous établissons les normes de courriers, les comptes-rendus, les insertions d’images, les publipostages. Ensuite, nous découvrons le tableur Excel avec des tonnes de formules et de logique de calcul pour en apprécier une manipulation convenable.
Pour la troisième et dernière période, la complexité est la rigueur, avec les évaluations à mettre en expérimentation et l’approfondissement de tous les logiciels du pack Office. Celui-ci regroupe plusieurs outils, dont Publisher, le moyen essentiel pour la création de dépliants personnels ou publicitaires, Access pour le traitement de fichiers clients   ; PowerPoint, indispensable à l’exécution des diaporamas   ; et Outlook pour l’utilisation de la messagerie.
À la fin de chaque trimestre, nous validons trois modules pour l’obtention de ce diplôme, sur dix mois. Au fur et à mesure d’une besogne soutenue, j’officialise le premier module, consistant à manier l’outil informatique. Renforcé, le deuxième instaure une mise en situation minutieuse. Sur quatorze personnes, seulement douze du groupe, dont je fais partie, le réussissent. Puis, le troisième module qui est encore plus difficile mais, cette fois-ci, je me sens sûre de moi. Durant toute cette période, nous allons deux fois, pendant cinq semaines, en stage, à la découverte du milieu professionnel, dans le but d’enrichir nos connaissances.
Les dix mois ont défilé en toute rapidité. En fin de compte, le jour conventionnel de la remise des diplômes arrive. Ce jour-là, nous affrontons un entretien individuel avec le jury, leur manifestant notre volonté d’atteindre cette spécialité et les actions régulières effectuées pendant toute cette période. Le stress grandissant me remplit d’incertitude.
Ai-je convaincu le jury ?
Qu’ont-ils pensé de mon travail et de mon discours ?
Suis-je à la hauteur pour obtenir le diplôme ?
Malgré toutes ces questions, ma conviction de parvenir à mes objectifs s’intensifie. Néanmoins, sans ce diplôme, il me serait délicat d’intégrer le monde professionnel. Mon espérance s’évade d’heure en heure. Le doute ! La peur ! En milieu d’après-midi, vers seize heures, les entretiens individuels sont terminés. Nous sommes toutes regroupées dans une salle. Le jury délibère. Les minutes paraissent interminables. Nous sommes rongées par l’inquiétude. Nous écoutons le moindre bruit et guettons la porte qui s’ouvrira. D’ores et déjà deux heures et demie d’attente. Un calme pesant remplit la pièce. Enfin, à dix-huit heures trente, la formatrice nous demande de rentrer dans la salle de cours pour la dernière fois. Dehors, la nuit tombe déjà. Toutes côte à côte, nous restons debout en silence à scruter les quatre personnes présentes devant nous. Nous sommes appelées les unes après les autres, lorsque mon tour arrive. Trois stagiaires échouent, hélas ! Quant à moi, je manifeste ma vive émotion, mes larmes se mettent à couler le long de mes joues. Non, ce n’est pas de la tristesse, mais une immense joie. Je contacte sans délai la maison par téléphone. Ma fille répond. Je lui annonce cette grande nouvelle. Devant cette belle victoire, je déborde de fierté envers ma famille, mes amies, leur prouvant ce dont je suis capable. Après des rires et des pleurs, je remercie notre formatrice, je salue toute l’équipe en leur souhaitant un avenir prospère.
Les semaines suivantes, je postule dans diverses entreprises. Par la suite, je les sonde par téléphone. Je dépose une cinquantaine de lettres de motivation et de CV. Les courriers reviennent rarement, surtout négatifs. Je ne possède pas suffisamment d’expérience dans ce domaine.
 
Ma vie est-elle déjà tracée  ?
Ou vais-je réveiller une force inanimée  ?
Je vais me battre pour réaliser,
Cette existence que j’ai tant convoitée.
Finis les couches et les petits bébés,
J’ai enfin décelé mon nouveau métier.
Devant moi s’illumine une autre réalité,
Une autre ligne à suivre, celle de ma destinée.
 
 
 
 
3 – PREMIÈRES MISSIONS
 
 
 
En décembre, la directrice d’un centre d’appel me reçoit pour un entretien. Assise derrière son bureau, elle s’avance pour me tendre la main. Elle m’informe de notre accord pour que je prenne le poste de secrétaire des ressources humaines, pour un contrat à durée déterminée de six mois. Je débuterai à neuf heures pour achever ma journée à dix-sept heures, avec une heure de pause-déjeuner. Immédiatement, elle téléphone à la responsable du service afin d’effectuer la présentation le lendemain. Cette dame menue est en totale opposition à sa supérieure, aussi bien par son aspect physique que par son caractère énergique et sévère.
En quinze mois, je suis la huitième personne pour ce poste d’assistante qui semble très éprouvant. Ce service dirige l’ensemble des actions. Je m’adapte à cette nouvelle mission en une seule et unique journée de formation avec l’employée démissionnaire. Je m’accroche à cet espoir de réussite. À deux, nous secondons la responsable, lorsqu’une troisième nous épaule en raison de la surcharge de travail. Les tâches s’accomplissent dans des délais brefs et en simultané.
Tous les jours, nous recrutons dix à douze personnes, nous enregistrons les absences et leur suivi, les arrivées et les départs de chacun. En fin de semaine, nous adressons les plannings aux salariées avec un publipostage astucieux, maîtrisé facilement. Tout se réalise dans l’urgence. Cet emploi prospère, diversifié, me prive d’instant de pause. En raison d’une charge de travail trop lourde, je ne suis plus en mesure d’assumer correctement mes tâches, qui ne me laissent guère de temps pour réfléchir à quoi que ce soit d’autre. Mon sens éthique m’oblige à me poser des questions sur la qualité de mes prestations.
En deux mois, je termine mes journées vers dix-huit heures trente, m’accordant uniquement une demi-heure de pause-déjeuner. Non, je n’effectue pas trente-cinq heures, mais plutôt quarante-cinq. Le soir, je me sens vidée, mes pensées sont axées seulement sur mon métier. Je repense sans arrêt à toutes les actions achevées le jour présent, celles à approfondir le lendemain.
Après plusieurs semaines, mes nerfs sont mis à rude épreuve. La responsable nous convie dans son bureau tous les lundis matin pour nous fixer des objectifs rigoureux, toujours davantage, en toute rapidité. Mon contrat de six mois se montre long à assumer. Malgré tout, je reste dévouée sur tous les fronts. Seule la vision du management de ma supérieure me déplaît. Étrangement, dans un service tel que celui-ci, elle est inhumaine et austère. Quant aux tâches accomplies, elles enrichissent mon expérience. De ce fait, je les noterai sur mon CV, espérant qu’elles m’aideront lors de mes prochaines démarches. Je cherche un nouveau poste pour continuer ma route, mais si possible dans des circonstances différentes.
Plus tardivement, le centre d’appel ne collaborera plus avec cette responsable des ressources humaines. J’ignore si la direction a réalisé tous les efforts fournis par les assistantes.
 
***
 
Sollicitée pour un poste de secrétaire assistante dans un service d’aide à domicile, je remplace une salariée en arrêt-maladie, et ce pour une mission à temps partiel.
Les tâches accomplies se portent sur la prise en charge des dossiers, la gestion des plannings, la rédaction des correspondances, l’accueil de la clientèle et la réception des communications téléphoniques. J’apprends avec minutie à connaître tous les divers organismes de retraite.
La directrice, hautaine, sûre d’elle et de ses appréciations, possède une voix très puissante, démontrant qu’il ne faut pas mélanger les torchons et les serviettes. Je dois garder mes distances avec les employées. Elle met une barrière solide entre les personnes travaillant au bureau, elle instaure une hiérarchie stricte. Elle teste mes capacités, demandant dix minutes avant l’heure du départ des tableaux...

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