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L'Essentiel de ce que vous devez savoir sur l'excès de poids

De
194 pages

L'excès de poids n'est jamais bénin. Même si vous vous sentez en pleine forme, sachez que les kilos en trop fatiguent votre corps. Cela peut parfois donner lieu à des problèmes de santé. L'obésité est devenue la première maladie non-infectieuse de l'histoire. Elle constitue un vrai mal chronique. À partir de ce constat, il ne devrait plus y avoir de place pour les traitements conjoncturels tels les régimes fantaisistes.

À la lecture de ce livre, vous trouverez l'essentiel de ce que vous devriez savoir sur l'excès de poids et la problématique de sa prise en charge. Vous découvrirez alors la meilleure façon de bien maigrir et de conserver votre poids de forme pour toujours.


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Cet ouvrage a été composé par Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-84397-5

 

© Edilivre, 2015

Dédicace

 

 

A la mémoire de mes parents à qui je dois tout

A ma famille qui me donne tant d’amour à tout instant

A la mémoire du Dr Belkacem Aït-El-Hadj, mon ami de

de toujours

A tous mes amis

A toutes mes patientes et mes patients qui m’ont
de tout temps accordé leur confiance.

Préface

C’est à Pékin en 1990, à l’occasion d’un stage d’Acupuncture organisé par l’École Française d’Acupuncture, à l’hôpital Gang An Men (, l’Hôpital de La Porte de la Vaste Paix) que j’ai fait la connaissance du Dr Hamid Brahimi. Deux ans plus tard, nous nous sommes retrouvés au cours d’un stage similaire dans le même service puis en 1996 à Taiwan, dans un service d’Acupuncture de la ville universitaire de Taichung. Nous avons encore partagé un voyage mémorable en 1999, au Japon, de Tokyo1 à Osaka2, riche et passionnant, tant du point de vue professionnel que culturel.

Quel que soit le niveau de formation initiale reçu en occident, l’immersion dans des structures d’acupuncture en Asie est un choc : activité intense, absence de confidentialité, profondeur des aiguilles, puissance de la stimulation par électro-acupuncture et odeur de la moxibustion… Pour chacun de nous, il existe un avant et un après les séjours en Asie.

C’est au cours d’un séjour à Alger en 2008, à l’occasion d’une mission pour le service des Vétérans du Ministère de la Défense, que j’ai eu l’opportunité de découvrir le travail du Dr Hamid Brahimi en acupuncture et plus précisément pour le traitement des obésités morbides. J’ai été impressionné par le nombre de dossiers (plus de 2000 !), par l’efficacité de sa prise en charge associant acupuncture, régime et activité physique (jusqu’à 50 % de réduction du poids chez des obèses atteignant 180 à 200 kg !). Je lui ai proposé de venir nous en parler aux Échanges George Soulié de Morant (2011 ; Paris). C’est ensuite rapidement devenu un article pour notre revue « Acupuncture et Moxibustion » (Vol.10 ; n° 2 ; A-M-J 2011). Suite logique de cette progression, voici maintenant le livre qui expose l’ensemble de cette prise en charge.

Bien connaître la médecine occidentale, la physiopathologie, les traitements, maîtriser l’Acupuncture et sa complexité, savoir utiliser dans chaque domaine ce qui va être le plus bénéfique pour chaque patient, c’est la troisième Voie. Elle est très en vogue à Taiwan, en Corée du Sud et au Japon. L’ouvrage du Dr Hamid Brahimi en est une illustration.

« On creuse sa tombe avec ses dents » dit l'adage populaire. Il correspondait bien à l'époque féodale où les seigneurs et les riches marchands festoyaient souvent, absorbant en grandes quantités des viandes de « haute graisse » (François Rabelais). Leur embonpoint était un signe extérieur de richesse mais précédait des maladies comme la goutte qui altérait profondément leur qualité de vie ou le diabète. Ces affections les emportaient rapidement, faute de traitement, dans un monde réputé meilleur, alors que les pauvres, qui vivaient dans le dénuement, étaient paradoxalement protégés de ces maladies.

Homo Sapiens de la préhistoire est devenu Homo Urbanus. Le chasseur-cueilleur confronté à la rareté des aliments, à leur médiocre indice calorique et aux disettes, dispose de nos jours d’une abondante nourriture élaborée par une industrie agro-alimentaire au développement technologique impressionnant. Ces produits sont mis en vente dans les hypermarchés de chaînes de distribution d'envergure mondiale. Les descendants du svelte coureur des bois d’il y a quelques millénaires ou encore de l’arrière grand-père paysan un siècle en arrière, soumis aux intempéries et aux travaux de force, passent maintenant la majeure partie de leur temps assis, au travail, dans les transports ou à leur domicile devant leur télévision, rarement confrontés aux rigueurs climatiques. La quête vitale de nourriture d’autrefois se limite aujourd’hui à remplir un caddie au supermarché puis un réfrigérateur au domicile. Les aliments, préparés en usine, présentés sous plastique, prêts à manger, ont remplacé les plats préparés selon les recettes familiales transmises de mère en fille et petites filles. Le temps consacré aux repas familiaux se réduit comme peau de chagrin. Le « fast food » à l’américaine devient progressivement la référence, à la ville comme au domicile.

L’alimentation d’aujourd’hui a profondément changé de nature et porte souvent les stigmates du mode de production et de ses pollutions : nitrates, pesticides, herbicides… La pollution oblige à acheter bio, c’est dire à consommer ce qui était la norme il y a seulement quelques décennies !

Petit à petit, jour après jour, de repas trop gras en boissons sucrées, la déviation du métabolisme génère une accumulation de graisses. La courbe de progression a chez certains des allures exponentielles. En quelques années, dès l’adolescence parfois, une surcharge considérable s’installe. Il faut un programme rigoureux pour inverser la tendance et retrouver des rapports aux aliments et aux activités physiques plus adaptés. Il faut bannir la sensation d’être repu et cultiver celle d’une petite faim après les repas, surtout après le dîner, parce que « qui dort dîne ». Quand on dort, on a besoin de peu d’énergie : les calories prises en excès lors du repas du soir vont immédiatement s’ajouter au stock de graisse.

On peut grossir à « l’insu de son plein gré », bien que rapidement ce soit visible pour tous. Mais il faut maigrir en toute conscience, éclairé sur les enjeux. S’il ne faut pas culpabiliser les patients il est indispensable de les responsabiliser et de les rendre maîtres de leurs poids.

En Médecine Physique, nous savons que les charges appliquées sur les articulations des obèses, en particulier les genoux et le rachis lombaire et plus précisément chez les femmes après la ménopause, entraînent des contraintes mécaniques articulaires délétères. La gonarthrose sévère, par exemple, rend impotent et oblige à la pose d’une prothèse totale de genou. C’est la solution incontournable, mais comment oser poser une articulation prothétique chez quelqu’un dont l’IMC (Indice de Masse Corporel) dépasse les 35 voire 40 kg/m

Le développement actuel de l’Acupuncture se fait dans les spécialités : appareil locomoteur (médecine physique, médecine du sport, rhumatologie), oncologie (effets secondaires des traitements par chimiothérapie et radiothérapie), gynécologie-obstétrique (aide à la procréation, aide à la préparation à l’accouchement et à la naissance)… En faisant la démonstration de l’efficacité de l’Acupuncture dans sa prise en charge des obèses, le Dr Hamid Brahimi favorise le développement de notre spécialité en endocrinologie et nutrition, ce qui accélère son intégration dans notre système de santé.

Par l’analyse de ses milliers de dossiers, le Dr Hamid Brahimi montre ce que l’on peut tirer de la recherche clinique en acupuncture et la mise à l’épreuve sur de grands nombres vaut bien un travail de laboratoire dont nous n’avons d’ailleurs ni les moyens ni les compétences. À chacun de nous de suivre cette voie pour enrichir la banque de données commune…

Je suis certain que cet ouvrage va encourager de nombreux médecins à pratiquer l’Acupuncture, un art médical original né en Chine il y a plusieurs millénaires, largement répandu en Asie et qui maintenant se développe dans le monde entier.

Dr Patrick Sautreuil

Spécialiste de Médecine Physique et de Neuro-Acupuncture.

Praticien Attaché Hôpital Rothschild, Assistance Publique-Hôpitaux de Paris.

Président de l’École Française d’Acupuncture et de l’Association Scientifique des Médecins Acupuncteurs de France.

Professeur Invité de la Kansai University of Health Sciences (Osaka, Japon)

Membre du Board de l’International Council of Medical Acupuncture and Related Techniques.


1.  Goto Institut

2.  Kansai University of Health Science

Avant-propos

Tous les médecins s’accordent à dire actuellement que l’excès de poids est toujours nocif pour la santé. Par ailleurs la minceur est devenue l’une des préoccupations majeures de notre époque. Que ce soit pour des raisons médicales ou esthétiques, le sujet suscite beaucoup d’intérêts et donne lieu à de nombreux articles dans les médias où de nouveaux régimes abondent chaque jour un peu plus.

Cependant, l’obésité quant à elle, ne cesse de progresser, elle devient de plus en plus massive et touche les jeunes à un âge très précoce.

Malgré une multitude de régimes, de cures, de traitements qui font parler d’eux, rien ne fait reculer les chiffres du surpoids. Le problème n’est pas aussi simple. Pour traiter convenablement une maladie on se doit tout d’abord de bien l’étudier. Ce n’est qu’après qu’on mettra en place le traitement spécifique. Ceci n’est pas le cas pour ce qui concerne notre sujet. Des dizaines de livres traitant des régimes pour maigrir sont édités chaque année, chacun d’eux vantant les résultats miraculeux de son auteur. Parallèlement à cela très peu d’ouvrages traitant de l’obésité maladie ont été publiés. Est-ce le titre qui fait peur ? Il est plus commode de présenter la solution que d’étudier le problème surtout quand la personne refuse de reconnaitre son surpoids comme une pathologie très souvent chronique alors que, bien au contraire, on lui fait miroiter le succès au bout de quelques semaines de régime.

Hélas ce déni de la maladie fait que la personne obèse ne juge pas utile d’entreprendre sérieusement un traitement au long-cours. Elle croit souvent qu’il lui suffirait d’observer un « bon petit régime » quand l’occasion s’offrirait pour régler définitivement son problème de surpoids. Voilà pourquoi il y a tant de rechutes. Les régimes se suivent et se ressemblent sans pour autant venir définitivement à bout de l’excès de poids.

En fait, ce n’est qu’à la lumière de ces connaissances que l’on devrait réfléchir secondairement à de meilleures solutions susceptibles d’être proposées.

Le but essentiel de cet ouvrage est de vous éclairer davantage sur l’obésité, maladie chronique dont la prise en charge ne consiste pas en un régime quelconque à suivre mais à apprendre comment réorganiser son mode de vie afin de conserver un poids de forme pour toujours. Quand vous parcourerez ce manuel, nul doute que votre vision sur l’obésité progressera, cela aidera alors à une meilleure observance du traitement à long terme, déterminant par là même une amélioration de votre état de santé et la clé du succès pour une meilleure qualité de vie.

C’est dans ce sens que ce livre a été conçu. Son originalité vient du fait qu’on ne parlera que très peu de recettes car elles ne peuvent être que personnalisées comme on le verra plus loin. On abordera plus volontiers le cœur du sujet, c'est-à-dire ce qui vous préoccupe, votre surpoids ; car s’intéresser uniquement au régime sans comprendre sa maladie débouchera toujours sur une prise en charge insuffisante voire inconséquente.

« Si tu veux soulager l’homme qui a faim, donnes lui un poisson. Si tu veux l’aider durablement apprends-lui à pêcher ».

Ce dicton chinois correspond quelque peu à la méthode que nous préconisons. Apprendre à bien manger une fois pour toutes vaut mieux que de passer sa vie à suivre des régimes. L’important est de bien comprendre la raison pour laquelle on devient obèse afin de mieux s’armer pour lutter contre l’excès de poids et surtout consolider les résultats acquis.

La rééducation alimentaire que nous conseillons à la place des régimes est une méthode que nous avons élaborée et affinée au fil des ans en utilisant des modèles d’alimentation de plus en plus personnalisés. Rien ne nous fait autant plaisir que d’entendre nos patientes dire qu’elles ont appris à bien manger et que finalement cela est bien mieux que d’être astreint à suivre des régimes draconiens dont les résultats à la longue, fondent comme neige au soleil. Aussi le succès de cette méthode explique qu’elle soit exposée dans cet ouvrage.

S’il s’était agi d’écrire un livre sur les régimes pour maigrir en utilisant mille et une recettes de l’art culinaire, nous n’aurions pas trouvé grand intérêt pour au moins deux raisons.

La première est que les étals des libraires regorgent de ce genre de livres où chaque auteur y va de sa recette or un livre de plus n’apportera rien de nouveau dans cette multitude de menus qui prétendent tous faire maigrir mais se gardent souvent de préciser pour combien de temps.

La deuxième raison est que les menus sont préétablis avec un niveau calorique fixe et ne peuvent, de ce fait, avoir la même efficacité pour tout le monde, car toutes les personnes n’ont pas les mêmes besoins énergétiques dans la journée. Si un menu comporte 1500 calories dans la journée, par exemple, il ne peut être prescrit indistinctement à tous car il sera sans effet pour une personne dont le métabolisme de base est très bas alors qu’il risquera d’être trop sévère pour une personne dont les besoins quotidiens sont très importants ; il pourra occasionner alors un amaigrissement trop rapide portant essentiellement sur la masse musculaire, ce qui est la plus mauvaise façon de maigrir. Ce type de régime standardisé sans se soucier de qui l’utilisera est semblable au « prêt-à-porter » distribué de façon indiscriminée. C’est comme si on offrait un pantalon de taille 40 aussi bien à une personne qui taille 38 qu’à une autre qui taille 46. Dans les 2 cas le pantalon n’irait pas. Il faudrait plutôt s’enquérir des besoins caloriques de toute personne avant même de lui prescrire un régime. Ce dernier devra tenir compte du métabolisme de base de la personne. Editer des régimes « passe-partout » ne résoudra pas sérieusement le problème du surpoids. Et pour paraphraser la première assertion du dicton chinois cité plus haut, « si tu veux soulager l’homme qui a faim, donnes lui un poisson » ; le poisson ne devra pas être de taille standard mais sa grosseur devra dépendre du degré de faim.

Dans ce livre vous trouverez l’essentiel de ce qu’il faut savoir sur l’obésité et les principaux moyens de sa prise en charge.

La rééducation alimentaire sera traitée dans un chapitre plus important car elle constitue à notre humble avis une bonne solution pour maigrir et surtout pour ne pas reprendre du poids.

Ce manuel s’adresse à toutes les personnes qui s’intéressent au problème du surpoids ainsi qu’aux médecins qui se trouvent de plus en plus souvent confrontés à ce phénomène dans leurs consultations. Aussi avons-nous rédigé des chapitres avec des niveaux de lecture différents où chacun trouvera l’information qui l’intéresse en particulier.

Les différentes parties de ce livre sont présentées selon un lien logique ; cependant chacune d’elles constitue une entité autonome ; ainsi le lecteur pourra aller directement au chapitre qui l’intéresse sans avoir à commencer par le début comme dans un roman.

Après avoir ouvert une consultation dédiée aux problèmes du surpoids nous mettons donc à la disposition de tous, une expérience de plus de vingt ans sur le sujet par le biais de ce livre que nous estimons être une modeste contribution à ce problème de santé publique que représente l’obésité, problème qui s’accroit partout dans le monde. Puisse ce livre contribuer à trouver la meilleure façon de savoir maigrir pour mieux vivre.

Première partie

L’obésité

Définition

L’obésité se caractérise par une hypertrophie de la masse graisseuse qui se traduit par un excès de poids. Cette augmentation excessive de la graisse dans l’organisme peut nuire à la santé.

L’obésité est définie par un Indice de Masse Corporelle (ou Body Mass Index). Lorsque celui-ci est égal ou supérieur à 30, l’individu est considéré comme obèse. L’obésité résulte le plus souvent d’une alimentation trop riche et d’un manque d’exercice physique. Mais ceci n’est pas la règle, comme nous le verrons plus loin.

On décrit plusieurs types d’obésité selon la répartition des graisses et leur genèse. L’obésité peut revêtir des aspects multiformes et son traitement n’est pas le même chaque fois. Pour chaque type d’obésité le traitement est spécifique. Voila pourquoi il serait plus juste de parler d’obésités au pluriel.

De nos jours l’obésité a pris une telle ampleur dans le monde qu’elle est devenue un véritable problème de santé publique. Depuis 1997, l’Organisation Mondiale de la Santé la considère comme une maladie à part entière.

Ses répercussions sur la santé de l’individu sont tellement importantes qu’on devrait songer à mettre en place une « médecine de l’obésité ».

Epidémiologie

L’obésité est devenue la première maladie non infectieuse de l’histoire. C’est une véritable épidémie qui frappe aussi bien les pays industrialisés que les pays en voie de développement. Sur 6 milliards d’individus, 3 milliards sont sous-alimentés et les autres sont en train de devenir obèses.

Aux Etats Unis, l’obésité prend des proportions de plus en plus alarmantes. Depuis 2007, le nombre d’Américaines obèses (34 %) est plus grand que le nombre d’Américaines en surpoids (32 %). Et cette tendance ne semble pas aller vers une régression, bien au contraire. Des chercheurs établissent des projections encore plus alarmantes. En 2035, il pourrait y avoir 37 % des hommes et 44 % des femmes âgées de 35ans, obèses ; ce qui laisse prévoir une augmentation des cas de maladies cardiovasculaires chez des patients entre 35 et 50 ans. Cela se traduirait par une hausse de la mortalité due à ces affections. Signalons enfin que l’espérance de vie aux États-Unis a, pour la première fois, reculé de deux années à cause justement de l’obésité.

Dans certaines iles du Pacifique, l’obésité affecte près de deux tiers de la population. Cela est dû principalement au changement de mode d’alimentation.

L’Europe compte 30 % d’adultes en surpoids et le nombre d’enfants obèses a doublé en 5 ans.

En France : selon les résultats de l’étude Ob Epi 2012, 32,3 % des Français adultes âgés de 18 ans et plus sont en surpoids et 15 % présentent une obésité. Seuls 52,7 % de la population n’est pas en surpoids. Autrement dit c’est pratiquement 1 français sur 2 qui est concerné par une surcharge pondérale.

La progression de l’obésité semble marquer le pas en France, où l’on dénombre près de 7 millions d’adultes obèses alors qu’en 1997 ils n’étaient que 3,3 millions environ.

En Tunisie : le peu de publications en la matière nous autorise tout de même à dire que nos voisins sont également touchés par ce phénomène. Une étude datant de 1997, montre que 23,3 % des hommes et 28,2 % des femmes sont en surpoids. 6,4 % de Tunisiens et 22,7 % des Tunisiennes sont obèses.

Au Maroc : la dernière enquête réalisée par le Ministère de la Santé a montré que 13,3 % des Marocaines étaient obèses et 26 % en surpoids ; ce qui donne un total de 39,3 % de la population ayant un poids supérieur à la normale. Les femmes, là aussi, sont plus touchées par l’obésité. Un détail à signaler tout de même chez certaines femmes au Maroc, l’obésité est désirée et même recherchée, car socialement, et pour certaines d’entre elles, elle traduit une aisance financière et une bonne santé. Pour ces femmes, obésité rime avec beauté. C’est là une réalité autant culturelle que pathologique.

En Algérie : À l’instar des pays émergeants, l’obésité est en train de prendre des proportions alarmantes qui risquent de s’accentuer davantage si rien n’est fait. Aujourd’hui, les Algériens ne souffrent plus de carences nutritionnelles. Bien au contraire, ils mangent beaucoup. Et leur alimentation est de plus en plus déséquilibrée (beaucoup de gras, beaucoup de sucres). Le déséquilibre alimentaire, conjugué à une sédentarité de plus en plus poussée, a fait que, globalement, la population a pris du poids.

Une enquête menée en 2005 par l’Institut National de Santé publique en Algérie et portant sur la transition sanitaire dans les pays d’Afrique du Nord, dénommée TAHINA (Transition And Health Impact in North Africa) confirme cette tendance à la prise de poids.

Il ressort de cette enquête que les classes d’IMC rapportées à la population âgée de 35 à 70 ns se repartissent comme suit :

5,15 % de maigreur ; 38,95 % de poids sain, 34,66 % de surpoids (pré-obésité), 20,10 % d’obésité et 1,14 % d’obésité grave (source INSP / projet TAHINA).

Premier constat : selon ces chiffres, plus de la moitié de la population âgée de 35 à 70 ans est en surpoids, plus exactement 55,9 % des personnes.

Deuxième constat : l’obésité globale représente une proportion de 21,24 % de la population. Elle touche beaucoup plus les femmes (30,08 %).

Enfin, l’obésité abdominale qui représente la forme la plus dangereuse pour la santé est observée dans 15 % des cas chez les hommes et 48 % chez les femmes.

L’obésité abdominale est un facteur aggravant de certaines maladies comme l’hypertension artérielle et le diabète, dont la prévalence est de plus en plus élevée dans la population algérienne (24,93 % pour l’HTA et 12,29 % pour le diabète). Il existe une étroite corrélation entre l’obésité et ces deux maladies et il suffit chez les obèses hypertendus et/ou diabétiques de perdre quelques kilos pour assister à une amélioration significative de leurs constantes.

Les risques pour la santé

Parmi les 10 premières causes de décès, 5 d’entre elles peuvent être aggravées par une surcharge pondérale.

Même si vous vous sentez en pleine forme, sachez que les kilos en trop sont en train de fatiguer votre corps. Cela peut parfois donner lieu à des problèmes de santé qui sont, pour la plupart, énumérés ci-dessous.

➢ Le diabète

Plus de 80 % des diabétiques de type 2 sont obèses. Plus l’obésité est importante autour de l’abdomen, plus le risque de développer un diabète est grand. Il suffit de perdre 5 à 10 % de son poids pour réduire considérablement le risque de développer un diabète. Et pour ceux qui sont déjà diabétiques, perdre 5 % de leur poids améliore la glycémie. Le fait de maigrir permet aux cellules du corps de mieux répondre à l’insuline, ce qui permettra aux diabétiques de réduire leurs médicaments hypoglycémiants et pour ceux qui sont en phase de pré-diabète, de retarder de plusieurs années l’apparition de la maladie.

➢ L’hypertension artérielle

L’obésité multiplie par 2 le risque de devenir hypertendu. 50 % des sujets hypertendus se trouvent être en surpoids. Le simple fait de maigrir va contribuer à la baisse des chiffres tensionnels, et par là même, à diminuer la posologie des médicaments antihypertenseurs.

➢ Les maladies cardiovasculaires

Prés de 70 % des sujets souffrant d’une affection cardiovasculaire sont en surpoids ou obèses. Un excès de poids paraissant insignifiant peut être une menace pour la santé. En effet il suffit de 9 kg superflus pour doubler le risque des maladies cardiaques. En revanche, il suffit de perdre 5 à 10 % de son poids pour réduire ce risque.

➢ Certains types de cancers

Même si aucune explication n’a été apportée, les statistiques établissent un lien entre obésité et cancers. Ainsi chez la femme, l’obésité va multiplier de 150 % le risque de décès dû aux cancers.

Après la ménopause, les femmes obèses sont plus exposées au risque de cancer du sein ou de l’utérus. Près de la moitié des cancers du sein ont été diagnostiqués chez les femmes obèses. Même si l’obésité ne joue pas directement un rôle dans la genèse du cancer du colon, de mauvaises habitudes alimentaires tendant à faire prendre du poids (beaucoup de graisses, peu de fibres…) vont y contribuer.

➢ L’arthrose des genoux et du rachis lombaire

L’excès de poids va multiplier par 2 ou 3 le risque d’arthrose des articulations portantes comme les genoux et les lombaires ainsi que les chevilles. Le fait de maigrir va considérablement alléger la souffrance de ces articulations.

➢ Les problèmes respiratoires

Les obèses souffrent de ronflements quand ils dorment, et d’apnées du sommeil (arrêt respiratoire) pouvant avoir des conséquences cardiovasculaires sérieuses. Souvent l’excès de poids donne lieu à une dyspnée (difficulté respiratoire) d’effort et parfois même de repos. Il suffit de perdre 10 à 15 % de son poids pour assister à une nette régression de tous ces signes.

➢ Les calculs biliaires

Plus une personne est obèse, plus elle est susceptible de développer des calculs biliaires. Chez la femme obèse de plus de cinquante ans, le risque de développer des calculs biliaires augmente de 33 %.

➢ Les effets psychologiques et sociaux

L’un des effets les plus douloureux est d’ordre affectif. Certains obèses souffrent. Ils n’aiment pas leur corps ; cela peut aller jusqu’à la dépression d’autant plus qu’on a fait de « minceur et beauté » un couple indissociable.

L’obèse ne trouve pas facilement de quoi s’habiller, et certains postes de travail lui sont fermés ; il se sent parfois discriminé. Face à tout cela, les personnes en excès de poids ont du mal à s’accepter. Elles ne se sentent bien ni dans leur corps ni dans leur tête. Dès que ces personnes maigrissent, elles se sentent « revivre » de nouveau et retrouvent un très bon moral.

➢ Les troubles de la sexualité

L’obésité diminue la sexualité, les hommes obèses ont moins de testostérone, ils peuvent donc avoir des difficultés sexuelles.

➢ Le risque de stérilité

Les femmes obèses ont plus de risques de présenter une stérilité. Un IMC à 27 multiplie par trois le risque d’infertilité anovulatoire.

L’obésité peut perturber la fonction de reproduction du stade de l’ovulation jusqu’à la fin de la grossesse.

Dans la population de femmes obèses, la prévalence du syndrome des ovaires polykystiques est également plus forte.

Comment l’obésité peut elle interférer avec la stérilité ? le tissu adipeux est un site important de production et de métabolisme des stéroïdes. L’obésité favorise le métabolisme des œstrogènes en 2-hydroxyoestrogènes (moins actifs). De nombreux travaux ont montré que la réduction pondérale permet le retour des cycles normaux chez une grande partie des femmes obèses.

Après avoir énuméré de façon non exhaustive les différents problèmes de santé pouvant être liés à l’obésité, ce qui est essentiel de ne pas perdre de vue est que 10 % du poids perdu, améliore significativement les constantes et préserve donc des complications.

Comment évaluer l’obésité ?