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L’hypnose selon Milton Hyland Erickson

De
100 pages

Ce livre explique, de façon simple et pratique, l'hypnose ericksonienne telle que son précurseur la concevait. Il avait un grand respect pour le patient et croyait en ses capacités. Il a manié l'art de la suggestion indirecte et usé de techniques linguistiques phénoménales pour contourner les résistances inconscientes qui empêchaient le patient de se débarrasser de son symptôme.
L'utilisation de l'hypnose pour le sevrage tabagique est largement détaillée ainsi que la prise en charge de la douleur.


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Copyright
Cet ouvrage a été composé par Edilivre 175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50 Mail : client@edilivre.com www.edilivre.com
Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays.
ISBN numérique : 978-2-332-74341-1
© Edilivre, 2014
Je dédie ce livre à ma mère, Aïcha Zitouni, fille d’Hocine Zitouni.
Introduction
« La différence du changement de 0 à 1 et de 1 à 2, c’est que le passage de 1 à 2 est une progression, alors que le passage de 0 à 1, c’e st le passage du néant à la vie » Milton H. Erickson. Le processus hypnotique se caractérise par une augm entation de la réceptivité et de la suggestibilité du sujet. Une modification de l’état de conscience, spécifique, différent du sommeil et de l’état de veille ordinaire. Une dimin ution de la conduction nerveuse du stimulus douloureux. L’apparition de capacités, d’aptitudes impossibles à réaliser lors de l’état de conscience de veille ordinaire. Ainsi, chez un sujet en transe hypnotique on peut produire une paralysie, une anesthésie, une hyperesthésie, des hallucinations auditives et visuelles positives et négatives, une catatonie généralisée… L’hypnose eriksonienne mérite un intérêt particulie r. En effet, elle propose une multitude d’applications médicales, psychosomatiques, psychologiques. Il est impératif de lui consacrer un budget conséquent pour permettre u ne avancée scientifique à cette discipline qui présente depuis quelques années, un intérêt croissant au niveau des personnels soignants. Son utilisation a ainsi aidé un nombre de plus en plus croissant de patients, stressés et douloureux. Une reconnaissance des autorités sanitaires de l’ut ilité de cette discipline est impérative. Son utilisation dans un cadre officiel est nécessaire pour d’une part, étendre sa pratique à tout le secteur hospitalier et en faire profiter le plus de patients possible, et d’autre part, encadrer et agréer les futurs diplômés pour dissiper les craintes et méfiances à son égard. Cette discipline, très bénéfique pour les patients en souffrance physique et psychologique, est également très économique pour l es autorités sanitaires en termes d’anxiolytiques, antidouleurs, en jours d’hospitalisation, en consultations psychologiques. Cependant, elle est paralysée par les croyances err onées à son sujet. Une prise de conscience des autorités sanitaires est indispensab le pour, par exemple, mener une compagne publicitaire largement médiatisée, similaire à celle contre le tabac, nécessaire pour apaiser les craintes et la méfiance du public à son égard. Des études comparatives doivent être financées pour déterminer les bienfait s de l’hypnose sur le stress et la douleur. Une étude comparative doit être réalisée en chirurg ie de la main avec anesthésie locorégionale, en soin chez les grands brûlés, ou t out autre soin médico-chirurgical ne nécessitant pas une anesthésie générale. Un groupe de patients bénéficiant de techniques de communication issues de l’hypnose eri ksonienne et de l’hypnose conversationnelle (voirAu secours, je me fais opérer demain) doit être comparé à un groupe pris en charge de façon classique. Les résul tats doivent être minutieusement étudiés. La consommation d’antidouleurs, d’anxiolyt iques, d’hypnotiques, doit être rigoureusement quantifiée pour les deux groupes. Le temps de cicatrisation et de convalescence doit être également comptabilisé. Enfin, le vécu de cette expérience de soin douloureux et/ou stressant doit être apprécié pour les deux groupes. Il n’y a aucun doute qu’à l’issue de cette expérience, on se rende compte de l’énorme quantité gaspillée en drogues, en énergie, en jours d’hospitalisation, sans oublier le confort d’une prise en charge par un soignant qui p ratique convenablement l’hypnose eriksonienne, dont on prive les patients. L’hypnose de laboratoire doit être instaurée dans l es différents groupes hospitalo-universitaires pour permettre une avancée scientifi que dans ce domaine et vérifier,
quantifier tous les phénomènes observés et cités pa r les prédécesseurs. Un effort collégial conséquent doit être fourni pour faire pa sser l’hypnose de l’ombre à la lumière, de la croyance à la science.
Chapitre I Première transe
Joël m’invite à venir m’asseoir à côté de lui pour une séance expérimentale dans le cadre de notre formation à l’hypnose. Il s’est adressé à moi, et tout de suite j’ai trouvé qu’il était différent par rapport à son habitude, ce n’était pas le ton de la voix, mais sûrement le contexte. Je le sentais comme hypnothérapeute, comm e guide, et non plus comme enseignant. Il avait gardé son humour et son amabil ité, mais ce n’était plus le même. Avait-il déjà commencé à entrer en transe ? Il me d emanda si je pensais être facilement hypnotisable, je lui répondis par l’affirmative, pu is il me demanda de penser à quelque chose d’agréable dans mes souvenirs, un voyage, un séjour à la mer ou en montagne… Je répondis « mon voyage en Hongrie ». Il me dit : « puisque tu te dis facilement hypnotisable, ferme alors les yeux et va profondément en transe ». Je fermai les yeux et je l’entendis parler du plaisir de contempler un coucher de soleil, assis sur le sable, ébloui par les reflets de la lumière argentée de la fin d’après-midi, amusé par les grains de sable encore un peu chaud qu’on laisse filer à travers les doigts… Je l’entendis parler ainsi et je me dis qu’il n’était pas inspiré par la Hongrie, il ne devait pas connaître ce pays, mais c’est à ce moment que je mesurai son efficacité com me guide eriksonien pur et sa capacité d’adaptation à son sujet et ce qu’il propo sait. Je n’arrivais cependant pas à lâcher prise au début. Je ne m’attendais pas à ce q u’il me parle du coucher de soleil au bord de la mer, cela n’avait rien à voir avec mon voyage en Hongrie, d’autant plus que par la suite il s’est mis à me parler d’une plage en Bretagne que je ne connaissais pas du tout, mais cela ne m’a pas gêné, en fait, je puisais dans ma mémoire les images de mon enfance et de mon adolescence à Fort de l’Eau, au bord de la mer près d’Alger. Depuis la plage, on pouvait admirer le coucher de soleil et sa disparition progressive derrière la ville d’Alger, juchée sur une montagne surplombant le por t qu’on devinait au loin grâce aux innombrables bateaux qui attendaient leur tour pour décharger les marchandises. J’étais très fan des contemplations du coucher de soleil, a ssis sur le sable à la plage, ébloui et amusé par les reflets de lumières sur l’eau, prenan t de grosses poignées de sable et le laissant glisser à travers mes doigts… Mais où Joël allait-il chercher tout ça ? Simple coïncidence ? Communication inconsciente ? Je suis allé dans un processus très curieux, d’abord mes paupières se sont mises à cligner à une vitesse vertigineuse, et bien sûr à cause de ce phénomène, à larmoyer, je sentais ma tête baissée vers le bas, comme si je regardais mon nombril. Joël continuait à parler sans discontinuer de sa plage en Bretagne, m ais les mots n’avaient à ce moment-là aucune importance pour moi, par contre sa présen ce, son débit vocal incessant, le contexte, la métacommunication me semblaient être l e moteur central de cette expérience. J’avais la sensation d’être parfaitement éveillé, que je pouvais ouvrir les yeux si je le voulais, et en même temps, je sentais également que je n’avais aucun pouvoir et que je devais suivre Joël et ses instructions auxquelles je devais obéir à la lettre, il aurait pu parler pendant cinq heures, je l’aurais écouté. Soudain, à l’intérieur de ma poitrine, quelque chos e s’est réveillé, doté d’une puissante énergie. Les mouvements respiratoires son t devenus rapides, laborieux, bruyants, à chaque inspiration, j’avais l’impression de soulever un poids de dix kilos avec la seule énergie de cette inspiration, et à chaque expiration, j’avais l’impression que je devais déplacer ce même poids posé à terre, avec la seule énergie de mon souffle. C’est comme si on venait de réveiller un fauve qui dormait là, à l’intérieur de ma poitrine, depuis longtemps. Cet accès de respiration dura peut-être une minute ou deux, en fait c’est ce
que je pense, mais en réalité je n’ai aucune idée d e la notion du temps pendant les étapes de l’expérience. J’ai eu pendant cet accès de respiration, on va dire orageuse, une envie d’abréaction, j’ai senti de l’émotion me monter à la gorge, mais j’ai pu la contenir, il est par ailleurs utile de préciser que je n’ai ressenti aucune gêne respiratoire ni manque d’air. Je crois, sans être sûr, que ces accès de respiration orageuse sont apparus à deux ou trois reprises, elles avaient à mon sens plutôt un rapport à la profondeur de la transe et aucun lien apparent avec ce que disait Joël. Lorsqu ’il a voulu instaurer une communication avec mon esprit inconscient grâce aux signaux idéomoteurs, c’est-à-dire bouger par exemple l’index droit pour la réponse ou i et l’index gauche pour la réponse non, et qu’il m’a demandé de lui indiquer la répons e oui, je l’ai alors entendu me remercier, et j’en ai déduit que mon index droit avait bougé. Les réponses suivantes des doigts se faisaient d’elles-mêmes très facilement, mais je savais que mon doigt venait de bouger. Pendant le dernier accès de respiration orageuse, j’ai entendu Joël demander à mon inconscient de me faire revivre mon voyage en Hongr ie, je me suis senti comme flotter dans un nuage de félicité et de bien-être, comme un avion qui traverse un orage et de violentes turbulences, puis subitement se retrouve dans une atmosphère calme, sans nuages, sans pluie, sans vent, baigné dans un solei l éclatant… C’était exquis, mais là encore je ne sais pas exactement combien de temps cela a duré. J’ai entendu Joël me dire de me réorienter à l’extérieur. À la suite de cette expérience, me viennent à l’esprit ces quelques observations : – L’inconscient est une force dotée d’une énergie p hénoménale. Il s’occupe du bon fonctionnement du corps, de sa survie, de sa pérennité. La transe permet son excitation, sa mise en lumière et sa réactivité. En état de tra nse, l’inconscient coexiste avec le conscient. Le sujet se dédouble en une personne qui semble spectatrice, comme paralysée par ce qui se passe, sous l’emprise du gu ide ; et une personne qui semble archaïque, capable de mettre le corps en catalepsie , de paralyser un membre, de créer une amnésie, de produire des hallucinations, de raconter l’histoire ancestrale du sujet, de changer ses habitudes et ses automatismes. – Milton Erickson disait que pour approfondir la transe, il suffit de stimuler l’imaginaire du sujet avec ses souvenirs et ses expériences pers onnelles, mais aussi avec les expériences universelles. Quand Joël évoquait une plage en Bretagne que je ne connaissais pas, cela ne m’a pas gêné, car je puisais les images dans mon expéri ence personnelle, mais aussi probablement dans l’imaginaire universel, comme lai sser glisser le sable à travers les doigts, les lumières de fin d’après-midi et leurs reflets sur l’eau… – L’importance du discours artistiquement vague dan s le maintien et l’approfondissement de la transe...